{"id":81962,"date":"2017-02-06T12:26:36","date_gmt":"2017-02-06T11:26:36","guid":{"rendered":"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/?p=81962"},"modified":"2018-06-13T12:58:02","modified_gmt":"2018-06-13T11:58:02","slug":"assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-6e-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2017\/02\/06\/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-6e-partie\/","title":{"rendered":"Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d\u2019un crime islamiste (6e partie)"},"content":{"rendered":"<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-37736 aligncenter\" src=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/wp-content\/uploads\/2016\/02\/Chokri-belaid-10.jpg\" alt=\"\" width=\"626\" height=\"380\" \/><br \/>\n<strong><em>L\u2019assassinat de dirigeant de gauche Chokri Belaid, le 6 f\u00e9vrier 2013, s\u2019inscrit dans la strat\u00e9gie des partis islamistes de recourir \u00e0 la violence pour imposer l\u2019instauration du califat islamique.<\/em> <\/strong><\/p>\n<p>Par <strong>Abdellatif Ben Salem<\/strong><\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Le bras-de-fer qui a oppos\u00e9, d\u00e8s le 6 f\u00e9vrier 2013, \u00e0 la suite de l\u2019assassinat de Chokri Belaid, le chef du gouvernement islamiste Hamadi Jebali \u00e0 son parti, Ennahdha, qui conduisait la coalition gouvernementale, s\u2019est sold\u00e9, le 19 f\u00e9vrier, par sa d\u00e9mission et la nomination de son \u00ab<em>fr\u00e8re<\/em>\u00bb et n\u00e9anmoins rival Ali Larayedh, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, connu pour \u00eatre l\u2019un des faucons du mouvement islamiste tunisien.<\/p>\n<p><strong>Hamadi Jebali contre Ennahdha<\/strong><\/p>\n<p>La mise \u00e0 l\u2019\u00e9cart de Jebali a pr\u00e9figur\u00e9 sa sortie d\u00e9finitive de la section tunisienne des Fr\u00e8res musulmans dont il \u00e9tait l\u2019un de meneurs et membre fondateur dans les ann\u00e9es 1970-1980. Sa d\u00e9termination \u00e0 imposer sa solution de sortie de la crise et du blocage politique dans lequel se trouvait le pays en ce d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 2013, en choisissant une option s\u2019inscrivant nettement en faux contre la strat\u00e9gie de son mouvement, montr\u00e9 du doigt imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019assassinat par des millions de Tunisiens comme \u00e9tant l\u2019instigateur, n\u2019\u00e9tait pas du go\u00fbt du Majlis Al-Choura, la plus haute instance consultative d\u2019Ennahdha, qui d\u00e9cr\u00e9ta sa mise en quarantaine.<\/p>\n<p>Le bruit a couru en effet que la proposition avanc\u00e9e par le chef du gouvernement islamiste dans son discours \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision d\u2019Etat, le soir m\u00eame du meurtre, vers 21 heures, de dissoudre le gouvernement et de lui substituer une \u00e9quipe de comp\u00e9tences ind\u00e9pendantes, n\u2019\u00e9tait pas le fruit de son imagination d\u00e9bordante, mais une id\u00e9e souffl\u00e9e trois jours plus t\u00f4t \u2013 supr\u00eame trahison \u2013 par Rachid Amar, chef d\u2019\u00e9tat-major interarm\u00e9es, et Abdelkrim Zbidi, ministre de la D\u00e9fense nationale, tous les deux en d\u00e9licatesse tant avec les islamistes qu\u2019avec le pr\u00e9sident provisoire Moncef Marzouki. Tout le monde savait que, depuis quelque temps, ce dernier ne dormait que d\u2019un seul \u0153il par crainte d\u2019\u00eatre arrach\u00e9 brutalement \u00e0 son sommeil en plein milieu de la nuit par un putsch militaire.<\/p>\n<p>La crise politique qui a secou\u00e9 l\u2019\u00e9difice d\u2019Ennahdha apr\u00e8s le meurtre du leader du Watad a pris des proportions in\u00e9dites avec l\u2019apparition des premiers signes de dissensions internes n\u00e9es de la d\u00e9cision, incongrue aux yeux de Rached Ghannouchi, du chef du gouvernement d\u2019acter l\u2019\u00e9chec de l\u2019islam politique au pouvoir(1).<\/p>\n<p>La d\u00e9marche de Jebali a suscit\u00e9 une peur panique dans les rangs d\u2019Ennahdha, face \u00e0 la perspective tangible d\u2019\u00eatre \u00e9ject\u00e9 du pouvoir et somm\u00e9 de rendre des comptes sur sa gestion du gouvernement et sur la vague de violence qui a d\u00e9ferl\u00e9 sur le pays.<\/p>\n<p>En tant que mouvement politique exer\u00e7ant le pouvoir, Ennahdha se voyait paradoxalement ballot\u00e9 entre l\u2019Etat et ses centres de d\u00e9cisions, qui semblaient lui filer entre les mains, et le mouvement \u2013 puissante machine ayant servi \u00e0 conqu\u00e9rir le pouvoir \u2013 qui n\u2019est plus en mesure de relever les d\u00e9fis pos\u00e9s par l\u2019exercice de ce m\u00eame pouvoir.<\/p>\n<p>Le parti islamiste commen\u00e7ait \u00e0 donner effectivement des signes d\u2019essoufflement en raison, primo du processus archiconnu de gentrification, inh\u00e9rent \u00e0 toute transition, d\u2019une force politique de l\u2019\u00e9tape de la lutte pour le pouvoir \u00e0 celle de sa conqu\u00eate; secundo en raison de l\u2019apathie qui commen\u00e7a \u00e0 gagner ses rangs par le recrutement massif dans la fonction publique, par les indemnisations mirobolantes accord\u00e9es aux <em>\u00abvictimes\u00bb<\/em> qui ont mis \u00e0 genoux les finances publiques, par les opportunit\u00e9s nouvelles d\u2019enrichissement gr\u00e2ce au partage du butin, la corruption, le trafic et le pillage des biens confisqu\u00e9s par l\u2019Etat et enfin par le chantage syst\u00e9matique juteux exerc\u00e9 sur les hommes d\u2019affaires proches de l\u2019ancienne dictature(2).<\/p>\n<p>La tentative de Jebali de s\u2019affranchir de la tutelle politique de son mouvement, en s\u2019abstenant de consulter ses instances dirigeantes, quand il a annon\u00e7a sa d\u00e9cision de dissoudre son gouvernement, a fait indirectement prendre conscience \u00e0 Ghannouchi de la fragilit\u00e9 de sa posture.<\/p>\n<p>Attaqu\u00e9 de toutes parts comme \u00e9tant l\u2019instigateur du meurtre de Belaid, les bureaux r\u00e9gionaux de son parti incendi\u00e9s, son autorit\u00e9 mise \u00e0 mal par la transgression de Jebali, il riposta par battre le rappel des franges les plus radicales(3), de ses alli\u00e9s, le Congr\u00e8s pour la r\u00e9publique (CpR) et Ettakattol, mais aussi de son arm\u00e9e de r\u00e9serve, Hizb Ettahrir, Ans\u00e2r Charia et les milices violentes et les masses islamistes fanatis\u00e9es par la propagande religieuse, pour prouver qu\u2019il est toujours le ma\u00eetre \u00e0 bord. Sonner toutefois l\u2019heure du rassemblement ne suffisait pas, encore faut-il que ses ennemis et adversaires le sachent et en mesurent surtout l\u2019ampleur.<\/p>\n<p>La condamnation par Manuel Valls, ministre fran\u00e7ais de l\u2019Int\u00e9rieur, de l\u2019assassinat de Belaid en termes peu am\u00e8nes pour les islamistes tunisiens, tombait \u00e0 pic pour lui fournir un pr\u00e9texte pour compter ses troupes et faire une d\u00e9monstration de force.<\/p>\n<p>Au moment m\u00eame o\u00f9 les yeux du monde entier restaient braqu\u00e9s sur l\u2019\u00e9volution dangereuse de la situation politique dans notre pays apr\u00e8s l\u2019assassinat de Belaid, Ghannouchi d\u00e9cide d\u2019envahir, le 9 f\u00e9vrier, avec ses partisans \u00e9paul\u00e9s par le magma salafiste, l\u2019avenue Bourguiba, pour pourfendre Valls et la France(4) et pr\u00e9tendument rejeter <em>\u00abtoute ing\u00e9rence \u00e9trang\u00e8re\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait un subterfuge \u2013 coup classique du machiav\u00e9lisme islamiste \u2013, il lui importait que les gens pensent qu\u2019il \u00e9tait en total d\u00e9calage par rapport \u00e0 la dynamique du moment. L\u2019essentiel pour lui \u00e9tait de faire oublier le million et demi des tunisien-ne-s d\u00e9mocrates rassembl\u00e9s la veille pour faire leurs adieux au martyr Chokri Belaid.<\/p>\n<p>A la fin, il n\u2019a rassembl\u00e9 que quelques milliers, un bide total, malgr\u00e9 la manipulation des chiffres par Ali Larayedh, alors ministre de l\u2019Int\u00e9rieur. Les manifestants, pour la plupart des barbus surexcit\u00e9s, venus d\u00e9noncer les propos accusateurs de Valls, ont lanc\u00e9 des menaces contre Jebali et appel\u00e9 \u00e0 l\u2019application de la charia et \u00e0 la d\u00e9fense de la<em> \u00abl\u00e9gitimit\u00e9\u00bb<\/em>&#8230;<\/p>\n<p>Hamadi Jebali confiera, trois ans plus tard, qu\u2019avant m\u00eame l\u2019assassinat de Belaid, face aux tergiversations d\u2019Ennahdha et ses alli\u00e9s faisant tra\u00eener en longueur les n\u00e9gociations sur la sortie de la crise gouvernementale, il d\u00fbt sommer la Tro\u00efka (coalition tripartite domin\u00e9e par les islamistes) de lui r\u00e9pondre par oui ou par non \u00e0 sa proposition de dissoudre le gouvernement et de nommer \u00e0 sa place une \u00e9quipe de comp\u00e9tences ind\u00e9pendante.<\/p>\n<p>La r\u00e9ponse lui est parvenue le 6 f\u00e9vrier&#8230; et c\u2019\u00e9tait un non sanglant.<\/p>\n<p>C\u2019\u00e9tait le soir du meurtre qu\u2019il pronon\u00e7a pour la premi\u00e8re fois au milieu de son intervention t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, cette phrase \u00e9nigmatique qui n\u2019a cess\u00e9, depuis, de susciter des interrogations: <em>\u00abNous avons bien re\u00e7u le message et notre r\u00e9ponse est claire.<\/em>\u00bb (5) A qui Jebali s\u2019adressait-il en particulier? Quand bien m\u00eame nous connaissons \u00e0 l\u2019avance sa r\u00e9ponse \u2013 la formation d\u2019un gouvernement de comp\u00e9tences ind\u00e9pendant ou la d\u00e9mission \u2013 la question \u2013 ou la r\u00e9ponse c\u2019est selon \u2013 sur le contenu v\u00e9ritable du message auquel il faisait allusion, reste toute enti\u00e8re?<\/p>\n<p>Quatre ann\u00e9es sont pass\u00e9es depuis cette journ\u00e9e tragique et on n\u2019a pas avanc\u00e9 d\u2019un pouce dans la d\u00e9couverte de la v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Ennahdha entre crise interne et violence externe<\/strong><\/p>\n<p>Evoqu\u00e9 plus haut, ce paradoxe in\u00e9dit \u2013 v\u00e9cu par Ennahdha comme une r\u00e9bellion\/trahison de l\u2019un de ses membres &#8211; cr\u00e9\u00e9 par la tentative de Jebali, \u00e0 la fois chef de gouvernement islamiste et secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du mouvement Ennahdha, de la \u00ab<em>d\u00e9brancher<\/em>\u00bb du gouvernement a eu l\u2019effet d\u2019une v\u00e9ritable secousse tellurique, mena\u00e7ant de faire imploser de l\u2019int\u00e9rieur un parti islamiste, b\u00e2ti sur l\u2019ob\u00e9issance aveugle de ses membres au credo th\u00e9ologique et sur une architecture organisationnelle verticale, calqu\u00e9e sur le mod\u00e8le des partis totalitaires(6), th\u00e9oriquement en mesure de l\u2019immuniser contre tout \u00e9ventualit\u00e9 de dispersion ou de clivage(7).<\/p>\n<p>L\u2019assassinat du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Watad, \u00e0 propos duquel on ignore s\u2019il existe un lien causal avec la crise interne provoqu\u00e9e par la guerre entre les factions rivales du mouvement islamiste, a confirm\u00e9 a posteriori les visions pr\u00e9monitoires sur les liens inextricables entre la gestion des islamistes de leurs crises et d\u00e9boires internes, et le recours \u00e0 la violence en externe(8).<\/p>\n<p>Belaid a plus d\u2019une fois d\u00e9montr\u00e9, au cours de ses interventions publiques, ce lien \u00e9troit entre l\u2019usage indistinct de la violence contre les mouvements sociaux et les guerres silencieuses \u00e0 laquelle se livraient les chefferies islamistes.<\/p>\n<p>Camoufler les conflits internes ne constitue pas l\u2019unique objectif derri\u00e8re l\u2019exercice de la violence, il vise \u00e9galement \u00e0 d\u00e9stabiliser le pays et \u00e0 pousser la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 la division en deux camps pour ensuite les dresser l\u2019un contre l\u2019autre.<\/p>\n<p>Le but derri\u00e8re l\u2019assassinat de Belaid \u00e9tait d\u2019attiser la polarisation du pays jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame limite et l\u2019incitation du camp d\u00e9mocrate\/progressiste \u00e0 tomber dans le pi\u00e8ge classique : r\u00e9pondre aux armes par les armes. Il ne s\u2019agit gu\u00e8re d\u2019un bricolage de quelques extr\u00e9mistes illumin\u00e9s de chez-nous mais bel et bien d\u2019une th\u00e9orie conspirative bas\u00e9e sur ce que les fascistes italiens appelaient \u00ab<em>la strat\u00e9gie de la tension<\/em>\u00bb.<\/p>\n<p>Cette th\u00e9orie fut mise en application par les ultras franquistes(9) justement au cours de la p\u00e9riode de transition politique en Espagne (1975-1981). Elle consiste \u00e0 provoquer diff\u00e9rents groupes sociaux par des attentats sanglants ou par des meurtres : ouvriers, jeunes, \u00e9tudiants, avocats, journalistes, d\u00e9put\u00e9s, forces de l\u2019ordre, arm\u00e9e, afin que l\u2019un des ces groupes r\u00e9ponde par la violence, fournissant un pr\u00e9texte \u00e0 l\u2019embrasement g\u00e9n\u00e9ral du pays, \u00e0 la guerre civile ou \u00e0 l\u2019appel \u00e0 l\u2019arm\u00e9e pour sauver le pays ! Dans le cas qui nous occupe, ce sera plut\u00f4t \u00abal-tamk\u00een\u00bb, d\u00e9riv\u00e9 islamiste du putschisme fasciste.<\/p>\n<p>Au lendemain de l\u2019assassinat, la polarisation politique \u00e9tait telle que dans les heures qui l\u2019ont suivi, le pays semblait tanguer comme un bateau ivre. La jeune nation surgie des torpeurs des si\u00e8cles pass\u00e9es et du colonialisme s\u2019acheminait \u00e0 la vitesse grand V vers une rupture historique en deux camps irr\u00e9ductibles. Le 6 f\u00e9vrier au matin personne ne savait de quoi demain sera-t-il fait?<\/p>\n<p>Les alli\u00e9s des islamistes au sein de la Tro\u00efka, Ettakattol de Mustapha Ben Jaafar et le CpR de Moncef Marzouki, voyaient leur marge de man\u0153uvre r\u00e9duite soudain \u00e0 n\u00e9ant par la gestion unilat\u00e9rale d\u2019Ennahdha des suites de l\u2019assassinat. Simples comparses servant de d\u00e9cor, ils se retrouvent contraints et forc\u00e9s de partager avec les islamistes, solidarit\u00e9 gouvernementale oblige, la responsabilit\u00e9 intellectuelle de l\u2019homicide, et l\u2019unique choix qui leur restait \u00e9tait de se coucher s\u2019ils tenaient \u00e0 garder leurs strapontins au sein du gouvernement. Les rares voix qui se sont timidement \u00e9lev\u00e9es \u00e7a et l\u00e0 dans leurs rangs, ou les gesticulations chaplinesques du faux proph\u00e8te Marzouki (10), jouant en permanence la partition de <em>\u00abl\u2019Etat profond\u00bb<\/em> (<em>\u00abal-dawla al-\u2018am\u00eeqa\u00bb<\/em>) et le refus n\u00e9vrotique de la d\u00e9mission, ont \u00e9t\u00e9 soit inaudibles soit franchement ringardes pour qu\u2019on en puisse tenir compte.<\/p>\n<p>S\u00fbr de lui, Jebali ne se doutait pas \u2013 blind\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait par son statut de secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du mouvement islamiste et de chef du gouvernement \u2013, que Rached Ghannouchi ne lui pardonnera jamais son \u00e9cart de comportement. La riposte du pr\u00e9sident Ennahdha sera effectivement sans merci et il n\u2019abandonnera la partie qu\u2019une fois il l\u2019aura litt\u00e9ralement broy\u00e9 sous son rouleau compresseur, comme il l\u2019avait fait d\u00e9j\u00e0 dans le pass\u00e9 d\u2019autres <em>\u00abr\u00e9calcitrants\u00bb<\/em>(11).<\/p>\n<p>Agitant le spectre du retour \u00e0 la case prison, le pr\u00e9sident du bureau politique d\u2019Ennahdha mobilisa l\u2019ensemble du mouvement pour contraindre Jebali \u00e0 la d\u00e9mission. Il r\u00e9ussit \u00e0 unir autour de lui tous les chefs de file de la frange jihadiste : Sadok Chourou, Habib Ellouze, les fr\u00e8res Larayedh (Ali et Ameur), Noureddine B\u2019hiri, Fathi Ayadi, Abdellatif Mekki, Moncef Ben Salem, et le provocateur ministre de l\u2019Agriculture Mohamed Ben Salem, qui a menac\u00e9 d\u2019\u00e9triper Belaid en direct \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision, Abdelkrim Harouni publiquement responsable du bureau de la jeunesse islamiste, mais qui, dans une autre vie, occupait la fonction de commandant en chef d\u2019une arm\u00e9e de communicants nahdhaouis sur les r\u00e9seaux sociaux avant d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 en 2011 ministre de Transport, et Sahbi Atig, Riadh Bettaieb, Houcine Jaziri, Abderraouf Najjar, Ridha Idriss. Tous montent au cr\u00e9neau pour d\u00e9noncer la mollesse du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, et son refus de solliciter l\u2019avis de son parti.<\/p>\n<p>Pour bien prouver leur intention de se maintenir au pouvoir, une manifestation baptis\u00e9e <em>\u00abmily\u00fbniyya\u00bb<\/em>, qui n\u2019a drain\u00e9 en fin de compte que quelques 10.000 manifestants, fut convoqu\u00e9e \u00e0 la h\u00e2te, le 16 f\u00e9vrier 2016, Ghannouchi marchait en t\u00eate du cort\u00e8ge, mot d\u2019ordre central : \u00ab<em>abattre<\/em>\u00bb Jebali.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les flops r\u00e9p\u00e9titifs de ces marches, Ghannouchi parviendra par l\u2019intimidation et le chantage \u00e0 la terreur \u00e0 atteindre son but: \u00e9viter l\u2019\u00e9clatement d\u2019Ennahdha et retarder de quelques mois le projet mort-n\u00e9 de dissolution du gouvernement, de nomination d\u2019un nouveau au mandat limit\u00e9 \u00e0 la gestion des affaires courantes, et de convocation d\u2019\u00e9lections. A la place, il proposera d\u2019amorcer avec l\u2019opposition un dialogue sur un remaniement minist\u00e9riel partiel.<\/p>\n<p><strong>La violence au service du projet islamiste<\/strong><\/p>\n<p>Chokri Belaid s\u2019int\u00e9ressait de pr\u00e8s aux querelles intestines, opposant, dans le huis-clos de la secte islamiste, ses factions rivales(12). Il savait que rien ne les diff\u00e9renciait, sinon la question du timing et le mode op\u00e9ratoire de la concr\u00e9tisation du projet islamiste int\u00e9gral et, par voie de cons\u00e9quence, l\u2019outil, autrement dit le bras arm\u00e9 qu\u2019il fallait mettre sur pied sous le faux pr\u00e9texte de d\u00e9fense du processus r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>En tant que section locale de la Confr\u00e9rie internationale des Fr\u00e8res musulmans, Ennahdha n\u2019eut aucun mal \u00e0 se doter tout au long de son histoire d\u2019une branche militaire conform\u00e9ment aux enseignements du fondateur Hassan Al-Banna pour qui \u00ab<em>la force est le chemin le plus s\u00fbr pour r\u00e9aliser la justice, celui qui ne c\u00e8de pas par la persuasion, c\u00e9dera par la force\u00bb<\/em>.<\/p>\n<p>La question militaire, autrement dit l\u2019usage de la violence arm\u00e9e, en tant qu\u2019\u00e9l\u00e9ment essentiel mais occult\u00e9, du m\u00e9canisme de \u00abgestion du projet islamiste\u00bb est indissociable du bin\u00f4me pr\u00e9dication\/action politique, il constitue l\u2019angle mort de leur vision id\u00e9ologique et morale. Une esp\u00e8ce de doctrine absolue, qu\u2019on pourrait appeler le \u00ab<em>dogme profond<\/em>\u00bb ou \u00ab<em>al-aq\u00eeda al-am\u00eeqa<\/em>\u00bb, tant elle est dissimul\u00e9e dans les plis et replis de l\u2019id\u00e9ologie mortif\u00e8re de l\u2019islam politique.<\/p>\n<p>M\u00eame lorsque les islamistes n\u2019ont pas la possibilit\u00e9 de l\u2019exercer eux-m\u00eames parce que la dynamique propre \u00e0 leur pays ne le permettait pas, ils le revendiquent, l\u2019appuient et en l\u00e9gitiment l\u2019usage chez les autres. Quelques jours avant de recevoir \u00e0 Calcutta, en 2016, l\u2019un des innombrables prix c\u00e9l\u00e9brant le pacifisme du Mahatma Gandhi, Rached Ghannouchi n\u2019a-t-il pas qualifi\u00e9, sans \u00e9tats d\u2019\u00e2me, la barbarie de l\u2019organisation terroriste de l\u2019Etat islamique autoproclam\u00e9, de manifestation d\u2019un <em>\u00abislam furieux\u00bb<\/em>?<\/p>\n<p>D\u00e8s sa cr\u00e9ation, en effet, le Mouvement de la tendance islamique (MTI), anc\u00eatre d\u2019Ennahdha, enjoignait \u00e0 ses membres de s\u2019abstenir de fumer et de pratiquer les arts martiaux. La premi\u00e8re formation paramilitaire Front islamique tunisien voit le jour en 1986, le terroriste Seifallah Ben Hassine, alias Abou Iyadh, actuel chef de l\u2019organisation terroriste Ansar Charia, comptait alors parmi ses dirigeants les plus en vue, avant de prendre ses distances.<\/p>\n<p>Vint ensuite le Groupe islamique arm\u00e9 suivi par Groupe s\u00e9curitaire (1986-1987) qui a tent\u00e9 de renverser le r\u00e9gime d\u2019Habib Bourguiba.<\/p>\n<p>Ce tr\u00e8s bref rappel historique prend une r\u00e9sonnance particuli\u00e8re, aujourd\u2019hui, apr\u00e8s les d\u00e9clarations surprenantes de Sadok Ghodhbane, chef de \u00ab<em>l\u2019unit\u00e9 technique et planification<\/em>\u00bb du commando cantonn\u00e9 \u00e0 la base de la garde nationale de Laouina, qui a \u00e9t\u00e9 charg\u00e9e par Ben Ali d\u2019investir, dans la nuit du 7 novembre 1987, le palais de Carthage, premi\u00e8re \u00e9tape du coup d\u2019Etat.<\/p>\n<p>Ce que Ben Ali ignorait, ce soir-l\u00e0, nous l\u2019appr\u00eemes 29 ans plus tard, en 2016, par la bouche m\u00eame de ce Ghodhbane, qui a r\u00e9v\u00e9l\u00e9, au cours d\u2019une intervention sur une cha\u00eene priv\u00e9e, son affiliation secr\u00e8te au Groupe s\u00e9curitaire d\u2019Ennahdha, tout en pr\u00e9cisant que la garde rapproch\u00e9e de Ben Ali, pr\u00e9sente ce soir-l\u00e0 dans la salle de commandement du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur, \u00e9tait presque exclusivement compos\u00e9e d\u2019agents infiltr\u00e9s appartenant au dit Groupe s\u00e9curitaire, qui s\u2019appr\u00eatait lui aussi \u00e0 renverser le r\u00e9gime, d\u00e8s le lendemain, le 8 novembre 1987.(13)<\/p>\n<p>Les chefs responsables de ce groupe \u00e9taient alors Mohamed Chammam, Moncef Ben Salem, Salah Karkar, Hamadi Jebali, Mohamed Ben Salem, qui avait pour mission, comme on le saura plus tard, de supprimer physiquement les dirigeants politiques de l\u2019\u00e9poque(14).<\/p>\n<p>Les nombreuses cellules appel\u00e9es \u00ab<em>groupes de combat<\/em>\u00bb, qui ont tent\u00e9 de renverser en 1991 le r\u00e9gime de Ben Ali \u00e0 travers un putsch militaire, combin\u00e9 \u00e0 un \u00ab<em>soul\u00e8vement arm\u00e9<\/em>\u00bb destin\u00e9, dans l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un soul\u00e8vement d\u2019une partie de la population contre un \u00e9ventuel coup de force islamiste, \u00e0 r\u00e9primer les citoyens r\u00e9calcitrants qui refuseraient d\u2019accepter le fait accompli.<\/p>\n<p>On notera que le recours \u00e0 la violence arm\u00e9e a \u00e9t\u00e9 r\u00e9affirm\u00e9 dans les motions d\u00e9fendues au cours du congr\u00e8s du mouvement en 1988, malgr\u00e9 l\u2019\u00e9chec cuisant du coup d\u2019Etat du 8 novembre.<\/p>\n<p>Des ann\u00e9es plus tard, Rached Ghannouchi joua un r\u00f4le politique clef dans la conversion du FIS \u00e0 la lutte arm\u00e9e sous l\u2019appellation de Groupe islamique arm\u00e9 (GIA), suite \u00e0 la suspension du processus \u00e9lectoral en 1992.<\/p>\n<p>Parmi les documents de la CIA d\u00e9classifi\u00e9s r\u00e9cemment, on trouve un rapport \u00e9voquant la pr\u00e9sence d\u2019au moins deux dirigeants d\u2019Ennahdha pr\u00e9sents \u00e0 une r\u00e9union \u00e0 Khartoum d\u2019islamistes radicaux du monde entier pr\u00e9sid\u00e9e par Oussama Ben Laden, futur chef d\u2019Al-Qa\u00efda. L\u2019assistance, pr\u00e9cisait la note, a affirm\u00e9 sa volont\u00e9 de combattre l\u2019occident par tous les moyens.(15)<\/p>\n<p><strong>Les liens entre Ennahdha et la salafiyya-jihadiyya<\/strong><\/p>\n<p>Nous arrivons finalement \u00e0 la p\u00e9riode postr\u00e9volutionnaire marqu\u00e9e par la r\u00e9cup\u00e9ration des \u00abcomit\u00e9s de protection de la r\u00e9volution\u00bb pluriels au d\u00e9part, ceux-ci ne tard\u00e8rent pas \u00e0 \u00eatre happ\u00e9s par Ennahdha et ses alli\u00e9s extr\u00e9mistes pour les transformer en milices violentes \u00e0 sa solde sous le nom des Ligues de protection de la r\u00e9volution (LPR).<\/p>\n<p>Entre 2011 et 2013, un pacte secret aurait \u00e9t\u00e9 conclu entre l\u2019organisation terroriste Ansar Charia et Ennahda. Le pr\u00e9sident du parti islamiste ne s\u2019est jamais expliqu\u00e9 sur l\u2019\u00e9change amical qu\u2019il eut avec des salafistes jihadistes(16) o\u00f9 il estimait <em>\u00abque ni l\u2019arm\u00e9e ni la police ni l\u2019administration, bien qu\u2019elles soient entre nos mains, ne sont s\u00fbres\u00bb<\/em>(17) &#8211; Je n\u2019insisterai pas sur les menaces prof\u00e9r\u00e9es par Noureddine Bhiri, alors ministre de la Justice, de l\u00e2cher sur les Tunisien-ne-s ses 50.000 jihadistes. Je ne reviendrai pas non plus sur la constitution d\u2019un escadron de combattantes f\u00e9minines niqab\u00e9es \u00e0 l\u2019Iranienne form\u00e9es au Zamaqtel \u00e0 Korba(18) ou sur le noyautage m\u00e9thodique des institutions de l\u2019Etat(19).<\/p>\n<p>Ennahdha \u00e0 toujours men\u00e9 une action militaire combin\u00e9e : constitution d\u2019une force paramilitaire, et parall\u00e8lement infiltration pour hacker l\u2019arm\u00e9e nationale de l\u2019int\u00e9rieur, pour construire une ceinture de protection autour de son pouvoir et parer \u00e0 toute \u00e9ventualit\u00e9 de coup d\u2019Etat ou de lev\u00e9e en masse contre les islamistes.<\/p>\n<p>Jusqu\u2019\u00e0 2012, les liens entre la salafiyya-jihadiyya, dont Ansar Charia est l\u2019expression arm\u00e9e, et Ennahdha \u00e9taient tr\u00e8s \u00e9troits. Manifestations communes ou les slogans f\u00eatant l\u2019unit\u00e9 \u00ab<em>nahdhawiyya-salafiyya<\/em>\u00bb \u00e9taient scand\u00e9s avec ferveur par le m\u00e9prisable Recoba, la racaille des LPR et le peuple d\u2019Ennahdha.<\/p>\n<p>La coexistence entre les deux organisations \u00e9tait r\u00e9gie par une sorte de pacte d\u2019entente non \u00e9crit : Ennahdha s\u2019engage \u00e0 recruter un grand nombre de salafistes dans la fonction publique, dans les services de s\u00e9curit\u00e9 et dans le syst\u00e8me d\u2019enseignement, en \u00e9change, Ansar Charia lui apporterait son appui le cas \u00e9ch\u00e9ant militaire(20) et populaire de la n\u00e9buleuse jihadiste contre ses ennemis d\u00e9mocrates.<\/p>\n<p>Les deux entit\u00e9s avaient collabor\u00e9 fructueusement sur le dossier syrien, par exemple. Des agents de l\u2019appareil para-policier au sein des diff\u00e9rents services de l\u2019Int\u00e9rieur, de la douane, de la gendarmerie, de l\u2019administration p\u00e9nitentiaire, de la justice facilitaient les d\u00e9marches de d\u00e9part des terroristes pour les fronts syrien, irakien et libyen.<\/p>\n<p>Sayyid Ferjani, ancien putschiste, membre de Majliss Al-Choura, conseiller au cabinet de Noureddine Bhiri, ministre islamiste de la Justice, a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019origine de la signature \u2013 en connivence avec B\u2019hiri ? \u2013 d\u2019un protocole avec le ministre des Affaires religieuses Noureddine Khadmi, ancien serviteur de la dictature converti au jihad global, permettant \u00e0 des associations de pr\u00e9dication telles que Bar\u00eeq, Al-Ins\u00e2n, Hurr\u00eeya wa Ins\u00e2f et Al-\u2018ad\u00e2la wa rad al-\u2018itib\u00e2r, de d\u00e9velopper en toute libert\u00e9, sous pr\u00e9texte de diffusion de la bonne parole en milieu carc\u00e9ral, une intense propagande en faveur du jih\u00e2d : 3500 d\u00e9tenus rejoindront, entre 2011 et 2012, les zones des conflits en Syrie, en Irak et en Libye, des nombreux autres rejoindront progressivement les<em> \u00abfoyers\u00bb<\/em> terroristes du massif montagneux du Ch\u00e2mbi, \u00e0 Kasserine, faisant de la Tunisie le pays le plus touch\u00e9 par le ph\u00e9nom\u00e8ne du jihad global tant \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur qu\u2019\u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de ses fronti\u00e8res.<\/p>\n<p>Sayyid Ferjani et ses hommes \u00e9cumaient alors les centres p\u00e9nitenciers et les maisons d\u2019arr\u00eat du pays (21), offrant la libert\u00e9 \u00e0 ceux qui accepteraient de partir pour le jihad.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9, l\u2019activit\u00e9 publique et occulte d\u2019Ennahdha interagit avec celle d\u2019Ansar Charia, un peu \u00e0 l\u2019image des rapports qu\u2019entretenait, mutatis mutandus, le parti abertzale (nationaliste basque) Herri Batasuna et l\u2019organisation s\u00e9paratiste ETA, avant que cette derni\u00e8re renonce \u00e0 la lutte arm\u00e9e il y a cinq ans environ. Quant l\u2019ETA commet un attentat \u00e0 la bombe, le parti nationaliste se tait : il n\u2019applaudit ni ne condamne.<\/p>\n<p>En Tunisie, c\u2019est un peu diff\u00e9rent, toutes les actions terroristes commises dans notre pays, s\u2019ils ne sont pas des mensonges mont\u00e9s de toute pi\u00e8ce par les Services, ne peuvent \u00eatre, d\u2019apr\u00e8s le public d\u2019Ennahdha et du CpR devenu Al-Irada, que l\u2019\u0153uvre d\u2019une vaste conspiration internationale visant \u00e0 nuire \u00e0 l\u2019islam et aux musulmans !<\/p>\n<p><strong>Ansar Charia et la n\u00e9buleuse jihadiste tunisienne <\/strong><\/p>\n<p>L\u2019organisation terroriste Ansar Charia a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e en 2011 par le \u00abguide\u00bb du courant jihadiste, Al-Khatib Al-Boukhari Al-Idrissi (de Sidi Ali Ben Aoun) alias Ab\u00fb Oussama.<\/p>\n<p>Wahhabite converti au salafisme jihadiste takfiri pur et dur, dont il est devenu en Tunisie une r\u00e9f\u00e9rence incontournable et chef spirituel autoproclam\u00e9(22). Non-voyant, tr\u00e8s discret, Al-Boukh\u00e2ri Al-Idrissi se montre rarement en public. Le seul portrait qui circule de lui dans les m\u00e9dias est un faux, semble-t-il. Il n\u2019intervient exclusivement que dans les mosqu\u00e9es salafistes sur les questions doctrinales pour \u00e9noncer des avis, apaiser les tensions qui surgissent de temps \u00e0 autres au sein des courants salafistes jihadistes, ou pour fournir des r\u00e9ponses \u00e0 des interpellations th\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>El\u00e8ve du mufti wahhabite de l\u2019Arabie saoudite Abdelaziz Ibn Abdull\u00e2h Ibn Al-B\u00e2z (1993-1999), il \u00e9tudia 9 ans durant dans ce pays, avant de rentrer en Tunisie o\u00f9 il fut arr\u00eat\u00e9 par Ben Ali. La mosqu\u00e9e Al-Oumma, jouxtant son domicile, qu\u2019il a fait construire \u00e0 Sidi Ali Ben Aoun sur un terrain lui appartenant, b\u00e9n\u00e9ficie, en infraction \u00e0 la loi, d\u2019un statut de quasi extraterritorialit\u00e9, et constitue depuis 2012 un vrai casse-t\u00eate pour les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>La mosqu\u00e9e personnelle d\u2019Al-Idr\u00eessi est devenue un maz\u00e2r sanctuaris\u00e9 du salafisme national et r\u00e9gional o\u00f9 toute pr\u00e9sence m\u00e9diatique est bannie. Quatre ans apr\u00e8s sa construction, elle demeure en dehors de tout contr\u00f4le et totalement inaccessible, except\u00e9 pour ses disciples et partisans(23). Ce que l\u2019opinion ignore ce que cette mosqu\u00e9e priv\u00e9e est tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9e au jour d\u2019aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Al-Idrissi est connu comme le divulgateur du concept de \u00abpilier absent\u00bb \u0627\u0644\u0641\u0631\u064a\u0636\u0629 \u0627\u0644\u063a\u0627\u0626\u0628\u0629, autrement dit de l\u2019obligation l\u00e9gale du jihad. Il semblerait aussi que la devise de l\u2019organisation terroriste de l\u2019Etat islamique \u00ab\u0628\u0627\u0642\u064a\u0629 \u0648 \u062a\u062a\u0645\u062f\u062f\u00bb serait inspir\u00e9e d\u2019un po\u00e8me compos\u00e9 par lui : \u0627\u0644\u0627\u0633\u0644\u0627\u0645 \u0627\u0630\u0627 \u062d\u0627\u0631\u0628\u0648\u0647 \u0627\u0634\u062a\u062f \u0648 \u0627\u0630\u0627 \u062a\u0631\u0643\u0648\u0647 \u0625\u0645\u062a\u062f. (24)<\/p>\n<p>Le cofondateur d\u2019Ansar Charia est Seifallah Ben Hassine alias Ab\u00fb Iyadh (Al-Kal\u00e0a Al-Kobra), ancien militant du Mouvement de la tendance islamique (MTI) pr\u00e9sentement Ennahdha. En 1986, il est parmi les responsables les plus en vue de sa branche arm\u00e9e, le Front islamique tunisien (FIT). Ancien combattant d\u2019Al-Qa\u00efda en Afghanistan, il fut arr\u00eat\u00e9 en Turquie et extrad\u00e9 en 2003 vers la Tunisie. O\u00f9 il \u00e9copera de 43 ans de prison pour terrorisme. Il collabora \u00e9pisodiquement avec les services des renseignements tunisiens (<em>Al-Isti\u2019l\u00e2m\u00e2t Al-\u00c2mma<\/em>). B\u00e9n\u00e9ficiant de la loi d\u2019amnistie, il quittera la prison en 2011.<\/p>\n<p>Instigateur de l\u2019attaque le 14 septembre 2012 contre l\u2019ambassade des Etats-Unis et l\u2019\u00e9cole am\u00e9ricaine \u00e0 Tunis, il quitte clandestinement le pays gr\u00e2ce \u00e0 la complicit\u00e9 d\u2019un membre de la police parall\u00e8le. C\u2019est au moment de sa fuite que les relations entre le mouvement islamiste et la n\u00e9buleuse d\u2019Ansar Charia se sont temporairement distendues sous la pression nationale et internationale.<\/p>\n<p>Echappant \u00e0 son contr\u00f4le, Ennahdha ne pouvait plus couvrir plus longtemps les activit\u00e9s terroristes d\u2019Ans\u00e2r Chari\u00e2 : l\u2019\u00e9mirat islamique avort\u00e9 de Sejnane, l\u2019introduction massive des armes, l\u2019affaire de l\u2019Universit\u00e9 de la Manouba, la pers\u00e9cution des intellectuels, des artistes, des hommes et des femmes des m\u00e9dias.<\/p>\n<p>Surfant sur la mont\u00e9e de la vague jihadiste, Ans\u00e2r Charia s\u2019est senti pousser des ailes, elle se posera d\u00e9sormais en concurrent direct d\u2019Ennahdha, lui disputant m\u00eame la revendication du projet d\u2019instauration de l\u2019Etat islamique.<\/p>\n<p>D\u2019un c\u00f4t\u00e9, le parti islamiste savait que le programme d\u2019Ans\u00e2r Charia est relay\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du mouvement par nombre des dirigeants disposant d\u2019une large assise au sein de la jeunesse nahdhaouie, press\u00e9s d\u2019en finir avec ce qu\u2019ils appellent les <em>\u00abla\u00efques\u00bb<\/em>, d\u2019un autre c\u00f4t\u00e9, sa proximit\u00e9 devenue trop voyante avec l\u2019organisation terroriste comportait un risque \u00e9norme, celui de ne plus b\u00e9n\u00e9ficier \u2013 du moins en apparence \u2013 de l\u2019adoubement de l\u2019administration am\u00e9ricaine et des pays europ\u00e9ens.<\/p>\n<p>En effet, archiconnues par les services d\u2019intelligence de plusieurs pays, ces liaisons risquaient de lui sauter \u00e0 la figure un de ces matins, ruinant d\u00e9finitivement la nettet\u00e9 du s\u00e9quen\u00e7age des \u00e9l\u00e9ments de langage, comme on dit en mati\u00e8re de communication, que les islamistes envoyaient syst\u00e9matiquement aux m\u00e9dias <em>mainstream<\/em> avec la connivence int\u00e9ress\u00e9e des pseudo sp\u00e9cialistes et journalistes, allemands et fran\u00e7ais en particulier, dans le but de se construire l\u2019image d\u2019un p\u00f4le de \u00ab<em>mod\u00e9ration<\/em>\u00bb dans un paysage politique postr\u00e9volutionnaire ind\u00e9chiffrable et turbulent.<\/p>\n<p>Chokri Belaid plus que tout autre responsable politique du camp progressiste gardait un \u0153il toujours sur les man\u0153uvres des instances dirigeantes que Ghannouchi d\u00e9signait \u2013 et il ne croyait pas si bien d\u00e9signer \u2013 par l\u2019expression <em>\u00abmatbakh al-haraka\u00bb<\/em>, ou la cuisine du mouvement et ses plats invariablement concoct\u00e9s avec les m\u00eames ingr\u00e9dients de base, la mythomanie pseudo r\u00e9volutionnaire et le double langage.<\/p>\n<p>Belaid \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9coute et int\u00e9grait r\u00e9guli\u00e8rement dans ses analyses les r\u00e9sonances des conflits internes sur les sph\u00e8res du pouvoir, et leurs retentissements sur les rapports entre la soci\u00e9t\u00e9 tunisienne et le parti islamiste.<\/p>\n<p>Belaid \u00e9tait parmi les premiers des dirigeants r\u00e9volutionnaires \u2013 nous ne le dirons jamais assez \u2013 \u00e0 d\u00e9celer un lien de cause \u00e0 effet de l\u2019antagonisme entre les diverses cliques au sein de l\u2019organisation des Fr\u00e8res musulmans et la mont\u00e9e subite des tensions politiques et sociales dans les pays.<\/p>\n<p>Pour trouver des \u00e9chappatoires \u00e0 ses crises internes, Ennahdha a toujours cherch\u00e9, d\u2019apr\u00e8s lui, \u00e0 les exporter \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur pour provoquer artificiellement des troubles et des mouvements de protestation n\u2019\u00e9pargnant pas parfois son propre camps, mais aussi, \u00e0 d\u00e9clencher par procuration des actions arm\u00e9es de type terroriste, qu\u2019on aura l\u2019occasion de d\u00e9montrer prochainement, exemple \u00e0 l\u2019appui.<\/p>\n<p>En 2011, alors que la pulsation r\u00e9volutionnaire \u00e9tait \u00e0 son z\u00e9nith et les possibilit\u00e9s de r\u00e9formes en profondeur de la soci\u00e9t\u00e9 et de l\u2019Etat \u00e9taient immenses, Ennahdha se livrait m\u00e9thodiquement aux mystifications et aux travestissements des sens de l\u2019exercice de la libert\u00e9 et du droit, en les ramenant sans cesse \u00e0 un contenu religieux et traditionnel et obsol\u00e8te.<\/p>\n<p>Tout en impulsant de par son positionnement religieux une involution incroyable, Ennahdha diffusait \u00e0 grand renfort de propagande ind\u00e9cente l\u2019amalgame consistant \u00e0 assimiler le pouvoir islamiste \u00e0 un pouvoir r\u00e9volutionnaire et l\u2019opposition d\u00e9mocratique \u00e0 une force contre-r\u00e9volutionnaire, voire <em>\u00abcomplice de l\u2019ancienne dictature<\/em>\u00bb. D\u2019o\u00f9 l\u2019invention n\u00e9cessaire, pour clarifier les postures des uns et des autres au sein du processus r\u00e9volutionnaire, d\u2019un nouveau concept <em>\u00abal-iltif\u00e2f\u00bb<\/em>, autrement dit la confiscation ou, comme l\u2019a tr\u00e8s bien rendu Jean-Luc M\u00e9lenchon en langue fran\u00e7aise, <em>\u00abla captation insupportable de l\u2019autorit\u00e9 r\u00e9volutionnaire\u00bb<\/em>(25) et de ses objectifs.<\/p>\n<p>Les dirigeants nahdaouis se font accueillir, un peu partout, par les officines des lobbies sionistes am\u00e9ricains, par les r\u00e9seaux des anciens amis de Ben Ali dont la fid\u00e9lit\u00e9 est \u00e0 g\u00e9om\u00e9trie variable.<\/p>\n<p>Elisabeth Guigou et Claude Bartolone ont effectu\u00e9 un nombre incalculable de visites au bureau du gourou de Montplaisir. Angela Merkel \u00e0 d\u00e9roul\u00e9 le tapis rouge pour Hamadi Jebali pou s\u2019entendre dire sur le sol allemand m\u00eame que \u00ables salafistes ne sont pas des martiens\u00bb, ou par les cercles dirigeants europ\u00e9ens qui se bousculaient pour s\u2019entretenir avec Ghannouchi (26). Ce dernier, re\u00e7u avec les honneurs dus aux artisans d\u2019une r\u00e9volution dont il n\u2019\u00e9tait ni l\u2019auteur, ni l\u2019inspirateur, ni \u00e0 plus forte raison le guide, mais bien le fossoyeur, raflait avec Marzouki, qui leur servait \u00e0 ces moments-l\u00e0 la soupe en abondance, des m\u00e9dailles et des distinctions qui ne leur revenaient pas.<\/p>\n<p>En mati\u00e8re de th\u00e9ologie, notamment quand celle-ci ob\u00e9it \u00e0 la raison politique, il existe une r\u00e8gle fondamentale non \u00e9crite, selon laquelle, quand deux personnes ne pensent pas de la m\u00eame fa\u00e7on, l\u2019une d\u2019elle doit \u00eatre br\u00fbl\u00e9e sur la place publique. Cela a \u00e9t\u00e9 vrai pour Hamadi Jebali dans le conflit qui l\u2019a oppos\u00e9 \u00e0 son mouvement, on ignore si sa mort publique \u2013 autrement dit son expulsion brutale du champs politique \u2013 en est la conclusion logique (du conflit) ou une \u00e9ni\u00e8me repr\u00e9sentation (au sens de spectacle) d\u2019un jeu de r\u00f4le soigneusement con\u00e7u pour leurrer l\u2019opinion et brouiller les pistes, mais dont l\u2019objectif final \u00e9tait de sauver Ennahdha du p\u00e9ril en tentant de circonscrire les cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses provoqu\u00e9es par l\u2019assassinat d\u2019un dirigeant d\u2019envergure.<\/p>\n<p>Des telles supputations ne sont pas superf\u00e9tatoires quand on a affaire \u00e0 un groupe politique qui manipule \u00e0 merveille la dissimulation et le mensonge. Nous gardons malgr\u00e9 tout espoir qu\u2019un jour, la justice sinon l\u2019histoire mettront au clair la responsabilit\u00e9 du parti islamiste dans la tentative de destruction du mode de vie des Tunisiens et des malheurs qui se sont abattus sur eux pendant les trois ann\u00e9es cr\u00e9pusculaires du r\u00e8gne de la Tro\u00efka.<\/p>\n<p>Les g\u00e9n\u00e9rations futures seront alors en droit d\u2019obtenir des r\u00e9ponses claires \u00e0 leurs interrogations, comme nous tentons nous-m\u00eames de le faire aujourd\u2019hui pour la p\u00e9riode \u00e9coul\u00e9e.<\/p>\n<p><em><strong>Pr\u00e9c\u00e9dents articles de la s\u00e9rie :<\/strong> <\/em><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2015\/06\/29\/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste\/\"><em>Assassinat de Chokri Bela\u00efd: Les dessous d\u2019un crime islamiste<\/em><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2015\/11\/12\/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-2e-partie\/\"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d\u2019un crime islamiste (2e partie)<\/em><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2016\/01\/17\/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-3e-partie\/\"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d\u2019un crime islamiste (3e partie)<\/em><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2016\/10\/28\/assassinat-de-chokri-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-4e-partie\/\"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d\u2019un crime islamiste (4e partie)<\/em><\/a><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/kapitalis.com\/tunisie\/2016\/12\/27\/assassinat-de-belaid-les-dessous-dun-crime-islamiste-5e-partie\/\"><em>Assassinat de Chokri Belaid : Les dessous d\u2019un crime islamiste (5e partie)<\/em><\/a><\/p>\n<p><strong>Notes :<\/strong><br \/>\n<em>1)- Ces quelques notes sur le conflit qui opposa Hamadi Jebali \u00e0 son mouvement n\u2019ont pas la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre exhaustives ni ne tendent \u00e0 le laver de quoi que ce soit. Le chef du gouvernement de la Tro\u00efka reste pour nous tout aussi responsable qu\u2019Ali Larayedh et d\u2019autres dirigeants islamistes, du CpR ou de pseudos \u00absociaux-d\u00e9mocrates\u00bb d\u2019Ettakattol de Ben J\u00e2afar qu\u2019on a un peu tendance \u00e0 oublier parfois, des ann\u00e9es noires qu\u2019a connues notre pays de 2011 \u00e0 2014: l\u2019assaut contrez l\u2019UGTT, la r\u00e9pression f\u00e9roce des mouvements sociaux \u00e0 Siliana, la campagne de r\u00e9pression sans nom men\u00e9e contre les forces vives du pays le 9 avril 2012 qu\u2019Ettakattol a justifi\u00e9e avec vigueur par la voie du ministre des Affaires sociales Khalil Ezzaouia quand il a d\u00e9clar\u00e9, le jour m\u00eame, \u00e0 une radio p\u00e9riph\u00e9rique que \u00ables Tunisiens doivent s\u2019estimer heureux qu\u2019on ne leur a pas tir\u00e9 dessus \u00e0 balles r\u00e9elles\u00bb, et bien \u00e9videmment la corruption qui a battu des records jamais in\u00e9gal\u00e9es, la mont\u00e9e du terrorisme, les assassinats politiques, les massacres des soldats de l\u2019arm\u00e9e nationale et des agents des forces de s\u00e9curit\u00e9. <\/em><\/p>\n<p><em>2). Une source m\u2019a racont\u00e9 comment Lotfi Zitoun, chef du cabinet et spin doctor de Rached Ghannouchi, a tent\u00e9 de racketter sans succ\u00e8s un homme d\u2019affaire tunisien \u00e0 Paris en 2012. Voyant que ce dernier ren\u00e2clait \u00e0 payer la note qu\u2019il assimila \u00e0 un nouveau 26\/26, Zitoun lui dira que cette fois-ci, il lui demandait poliment, mais la prochaine fois ce sera obligatoire et finit par le mettre engarde : \u00abN\u2019oublies pas que nous sommes l\u00e0 au moins pour quarante ans\u00bb. <\/em><br \/>\n<em>Si cette information est authentique, je lance un appel pressant \u00e0 cet homme d\u2019affaire afin qu\u2019il t\u00e9moigne de sa m\u00e9saventure. Ni le CpR ni Ettakattol ne sont en reste, tout le monde avait entendu parler des visites peu courtoises qu\u2019effectuait Ilyes Fakhfakh, ministre de Finances \u2013 autrement dit de deux leviers principaux pour une op\u00e9ration de chantage parfaite, les imp\u00f4ts et des banques ! \u2013 aux domiciles de certains hommes d\u2019affaires pour leur demander de faire \u00abun petit effort pour le parti\u00bb. <\/em><\/p>\n<p><em>3)- Etaient pr\u00e9sents devant le th\u00e9\u00e2tre municipal Habib Ellouze, Maherzia Labidi, Rached Ghannouchi et Sihem Badi (CpR), ancienne membre d\u2019Ennahdha juqu\u2019au mois de septembre 2011.<\/em><\/p>\n<p><em>4)- \u00abUn fascisme islamique qui monte un peu partout en Tunisie et en Egypte\u00bb, r\u00e9action de Manuel Valls alors ministre fran\u00e7ais de l\u2019Int\u00e9rieur.<\/em><\/p>\n<p><em>5)- <a href=\"https:\/\/www.nessma.tv\/fr\/replay\/interviews\/discours-du-chef-du-gouvernement-hamadi-jebali-du-06-fevrier-2013.html\">Nessma TV.<\/a>\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>6) Dixit Rached Ghannouchi qui a finalement reconnu fin janvier 2016 \u00abqu\u2019Ennahda est effectivement un parti totalitaire\u00bb (\u00abhizb shum\u00fbl\u00ee\u00bb).<\/em><\/p>\n<p><em>7) Apr\u00e8s avoir remis sa d\u00e9mission, fin f\u00e9vrier 2013, Hamadi Jebali a attendu plus de deux ans pour couper d\u00e9finitivement le cordon ombilical avec Ennahdha. L\u2019exemple de Abdelfattah Mourou est \u00e9difiant \u00e0 plus d\u2019un titre, depuis sa condamnation de la d\u00e9rive terroriste d\u2019Ennahdha au d\u00e9but des ann\u00e9es quatre-vingt dix, il a pass\u00e9 environ 20 ans, ni vraiment dehors, ni vraiment dedans. Son retour au bercail en 2012 lui a valu son poste actuel de num\u00e9ro deux de l\u2019Assembl\u00e9e des repr\u00e9sentants du peuple (ARP). Apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 \u00e9loign\u00e9 de la direction du Mouvement, Salah Karkar (d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2012) fut accueilli en grande pompe 20 ans plus tard par Ghannouchi en personne comme chef historique d\u2019Ennahdha .<\/em><\/p>\n<p><em>8) C\u2019est sous cet angle qu\u2019il faut revoir les circonstances r\u00e9elles qui entouraient l\u2019attaque des milices islamistes contre l\u2019UGTT. A l\u2019occasion des pr\u00e9paratifs du dernier congr\u00e8s de la Centrale syndicale, Kacem Afia, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que des syndicalistes li\u00e9s \u00e0 certaines parties \u2013 euph\u00e9misme d\u00e9signant Ennahdha \u2013 toujours en exercice, \u00e9taient impliqu\u00e9s dans l\u2019attaque du 4 d\u00e9cembre 2012 contre le si\u00e8ge de l\u2019UGTT, Cette attaque qui rappelle la campagne de destruction men\u00e9e, dans les ann\u00e9es trente, par les Sections d\u2019Assaut du parti nazi contre les syndicats et les partis d\u00e9mocratiques allemands, visait en r\u00e9alit\u00e9 le sabotage des conventions collectives tout \u00e0 l\u2019avantage des salari\u00e9s sign\u00e9es le matin m\u00eame au palais du gouvernement, et bien \u00e9videmment contre Hamadi Jebali et son gouvernement, coupable aux yeux d\u2019Ennahdha d\u2019avoir c\u00e9d\u00e9 aux pressions du syndicat. Ces accords, faut-il le rappeler, n\u2019\u00e9taient pas du go\u00fbt des secteurs radicaux. <\/em><\/p>\n<p><em>9) J\u2019\u00e9voque ici le massacre d\u2019Atocha le 24 janvier 1977. En plein centre de Madrid, 5 avocats en droit de travail proches des Comisiones Obreras, syndicat communiste non encore reconnu \u00e0 cette \u00e9poque, abattus \u00e0 bout pourtant dans leur bureau par trois malfrats appartenant \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite franquiste, qui agissaient \u2013 dans le cadre d\u2019une conspiration visant \u00e0 faire d\u00e9railler le processus de transition \u2013 en connivence avec des cercles du pouvoir qui les ont aid\u00e9s et prot\u00e9g\u00e9s leur fuite. Il est frappant de constater la similitude entre les fun\u00e9railles dignes et pacifiques de Belaid et des cinq avocats. L\u2019assassinat de Belaid comme celle des avocats de la rue Atocha ont \u00e9t\u00e9 deux moments cl\u00e9 dans le processus de transition de la dictature \u00e0 la d\u00e9mocratie en Tunisie et en Espagne, les d\u00e9mocrates des deux pays n\u2019ont pas r\u00e9pondu aux armes par les armes. <\/em><\/p>\n<p><em>10) \u00ab[\u2026] La Tunisie est un pays fin. Un pays qui n\u2019a pas de tradition de violence et qui a eu un moment des hommes comme moi [\u2026]\u00bb. Devait d\u00e9clarer Marzouki au cours d\u2019un entretien conduit par Beno\u00eet Delmas (Afrique.lepoint.fr, 04\/10\/2016).<\/em><\/p>\n<p><em>11) On se souviendra longtemps de l\u2019incident au cours duquel Abdelfattah Mourou fut copieusement corrig\u00e9 par un salafiste en pleine r\u00e9union publique \u00e0 Kairouan. Ghannouchi \u2013 qui n\u2019a jamais pr\u00f4n\u00e9 l\u2019usage la violence, oh que non ! mais ne faisait que servir \u00abinnocemment\u00bb de caution politique aux violents \u2013 n\u2019a pas boug\u00e9 le petit doigt pour d\u00e9fendre son num\u00e9ro deux.<\/em><\/p>\n<p><em>12) Lire \u00e0 ce sujet la traduction fran\u00e7aise d\u2019une s\u00e9lection de trois interventions m\u00e9diatiques de Chokri Belaid : <a href=\"http:\/\/www.kapitalis.com\/politique\/27440-hommage-a-chokri-belaid-les-dernieres-paroles-d-un-juste-3-sur-3.html\">\u2018\u2018Hommage \u00e0 Chokri Belaid : Les derbi\u00e8res paroles d\u2019un juste\u2019\u2019 <\/a><\/em><em>.<\/em><\/p>\n<p><em>13) Voir la vid\u00e9o de Sadok Godhbane toujours r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Londres, six ans apr\u00e8s la R\u00e9volution, sur Al-Hiwar Attounsi, le 7 d\u00e9cembre 2016.<\/em><\/p>\n<p><em>14) Apr\u00e8s la R\u00e9volution ,78 membres du groupe s\u00e9curitaire ont \u00e9t\u00e9 recrut\u00e9s en 2012 sans enqu\u00eate s\u00e9curitaire pr\u00e9alable par l\u2019islamiste Ali Larayedh, ministre de l\u2019Int\u00e9rieur.<\/em><\/p>\n<p><em>15) Parmi les militants d\u2019Ennahdha qui vivaient alors \u00e0 Khartoum, dont certains venaient d\u2019Alg\u00e9rie, on citera Rached Ghannouchi, Amer Larayedh, Mohamed Ben Salem, Hachmi Hamdi et Mohamed Zouari, abattu r\u00e9cemment par le Mossad devant son domicile \u00e0 Sfax. <\/em><\/p>\n<p><em>16) Voici le t\u00e9moignage du blogueur et hacker tunisien r\u00e9fugi\u00e9 en France \u00e0 l\u2019hebdomadaire \u2018\u2018Le Point\u2019\u2019 au sujet des liens entre Ennahdha et Ansar Charia : \u00abTout commence \u00e0 la r\u00e9ception du message d\u2019un inconnu: \u00abJe suis en contact proche avec des islamistes.\u00bb L\u2019homme dit avoir d\u00e9couvert Amine \u00e0 travers ses prises de position publi\u00e9es sur le site du Parti pirate. Il a des documents, il souhaiterait les confier \u00e0 l\u2019activiste. Amine, intrigu\u00e9, ne r\u00e9fl\u00e9chit pas bien longtemps avant d\u2019accepter. \u00abDe Paris, il demande \u00e0 un ami du Parti pirate de r\u00e9cup\u00e9rer les documents \u00e0 Tunis. Un interm\u00e9diaire les achemine ensuite en France. Dans l\u2019enveloppe, Amine trouve deux pages tap\u00e9es \u00e0 la machine. Elles sont r\u00e9dig\u00e9es en arabe. Les formulations sont br\u00e8ves et concises. C\u2019est un compte-rendu et il est \u00e0 peine croyable. \u00c0 lire le document, un d\u00e9jeuner \u00e0 huis clos aurait \u00e9t\u00e9 organis\u00e9 dans le plus grand secret, le 4 juillet 2012, dans un restaurant du quartier maritime de la Goulette, \u00e0 Tunis. Ce d\u00e9jeuner aurait r\u00e9uni deux acteurs cl\u00e9s de la sc\u00e8ne tunisienne: Rached Ghannouchi, le responsable du parti islamiste Ennahdha, et Abou Iyadh, un ancien combattant d\u2019Al-Qa\u00efda en Afghanistan devenu le chef de l\u2019organisation jihadiste tunisienne, Ansar Charia. Officiellement, les deux hommes n\u2019ont aucune relation. Le jihadiste a toujours reproch\u00e9 aux responsables du parti islamiste de se comporter comme des ti\u00e8des, les deux factions affirment n\u2019entretenir aucun lien. Abou Iyadh est un homme en guerre ouverte. Deux mois apr\u00e8s le d\u00e9jeuner d\u00e9voil\u00e9 par le document, il dirige un assaut meurtrier, cinq morts, contre l\u2019ambassade am\u00e9ricaine de Tunis; en 2013, il est recherch\u00e9 pour l\u2019assassinat du dirigeant de gauche, Chokri Bela\u00efd et du d\u00e9put\u00e9 de la Constituante Mohamed Brahmi. Que le \u00ab\u2009mod\u00e9r\u00e9\u2009\u00bb et le \u00ab\u2009dur\u2009\u00bb aient pu ainsi se rencontrer pour dialoguer est stup\u00e9fiant. Amine est fascin\u00e9e. Il d\u00e9couvre que, pendant ce d\u00e9jeuner, Abou Iyadh aurait d\u00e9voil\u00e9 \u00e0 Rached Ghannouchi son intention d\u2019\u00e9tendre le djihad en Tunisie afin d\u2019imposer la charia. Une vague d\u2019attentats et d\u2019assassinats cibl\u00e9s, explique le jihadiste, permettrait de terroriser la population et d\u2019orienter la r\u00e9volution vers l\u2019accomplissement du r\u00eave islamique. Au nombre des personnalit\u00e9s \u00e0 abattre: le communiste Hamma Hammami; l\u2019avocat Chokri Bela\u00efd, assassin\u00e9 huit mois apr\u00e8s le d\u00e9jeuner. <\/em><\/p>\n<p><em>17) <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Gk4p2VfNQlQ&amp;app=desktop\">Vid\u00e9o int\u00e9grale de la rencontre<\/a>.\u00a0<\/em><\/p>\n<p><em>18) Lire \u00e0 ce propos le t\u00e9moignage \u00e9difiant intitul\u00e9 \u00abReportage dans un camp d\u2019entrainement des femmes en niqab \u00e0 Korba\u00bb, Businessnews &#8211;\u00a008\/08\/2012. <\/em><\/p>\n<p><em>19) Issam Dardouri \u2013 actuellement en prison \u2013 a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l\u2019existence d\u2019une v\u00e9ritable brigade de police salafiste (shurtat al-hisba) qui avait pris ses quartiers \u00e0 l\u2019a\u00e9roport de Tunis Carthage entre 2012-2013 et dont la mission \u00e9tait d\u2019accueillir entre autres les t\u00e9l\u00e9pr\u00e9dicateurs salafistes takfiri <\/em><\/p>\n<p><em>20) A la m\u00eame p\u00e9riode en Egypte, l\u2019islamiste Mohamed Morsi Al-\u2018Ay\u00e2at avait d\u00e9j\u00e0 conclu un pacte secret avec Al-Zaw\u00e2hiri portant sur le transfert et la r\u00e9installation des colonnes combattantes d\u2019Al-Qaida dans certaines r\u00e9gions d\u2019Egypte et dans le D\u00e9sert du Sina\u00ef. Les enregistrements des \u00e9changes t\u00e9l\u00e9phoniques entre le pr\u00e9sident islamiste et le chef d\u2019Al-Qa\u00efda \u00e0 ce propos ont constitu\u00e9s les pi\u00e8ces \u00e0 conviction lors du proc\u00e8s de Morsi.<\/em><\/p>\n<p><em>21) Consulter sur la toile les t\u00e9moignages d\u2019Olfa Ayari d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e du syndicat \u00abPrison et r\u00e9forme\u00bb et de Walid Zarrouk autre syndicaliste condamn\u00e9 et jet\u00e9 en prison dans une affaire d\u2019opinion. <\/em><\/p>\n<p><em>22) La seule action qu\u2019on lui conna\u00eet est l\u2019appel lanc\u00e9e en 2012 \u00e0 un rassemblement devant le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res pour exiger de la diplomatie tunisienne qu\u2019elle prenne en charge la \u00abcause\u00bb des d\u00e9tenus tunisiens d\u2019Al-Qa\u00efda emprisonn\u00e9s en Irak. <\/em><\/p>\n<p><em>23) Le gouverneur de Sidi Bouzid, Mourad Mahjoubi a annonc\u00e9 triomphalement, il y a trois mois, la fermeture de 7 mosqu\u00e9es non-conformes \u00e0 la loi, dont deux \u00e0 Sidi Ali Ben Aoun. Du pur enfumage destin\u00e9 \u00e0 cacher l\u2019impuissance de l\u2019Etat \u00e0 prendre ses responsabilit\u00e9s vis-\u00e0-vis de la mosqu\u00e9e priv\u00e9e d\u2019Al-Idrissi<\/em><\/p>\n<p><em>24) Lire Article de Monia Arfaoui in Assabah News, 24 mars 2016.<\/em><\/p>\n<p><em>25) Autorit\u00e9 vaut ici paternit\u00e9. \u00abLa semaine du choc\u00bb, blog de Jean-Luc M\u00e9lenchon, 13 f\u00e9vrier 2013. <\/em><\/p>\n<p><em>26) Il a fallu attendre les attentats de \u2018\u2018Charly Hebdo\u2019\u2019 et du Bataclan et les massacres au camion b\u00e9lier \u00e0 Nice et \u00e0 Berlin pour que les \u00e9lites europ\u00e9ennes prennent enfin conscience du danger des compromissions avec l\u2019islam politique et ses diff\u00e9rents embranchements terroristes.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019assassinat de dirigeant de gauche Chokri Belaid, le 6 f\u00e9vrier 2013, s\u2019inscrit dans la strat\u00e9gie des partis islamistes de recourir \u00e0 la violence pour imposer l\u2019instauration du califat islamique. 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