Vendredi n’est pas férié en Tunisie alors que c’est le cas du dimanche. N’est-il pas plus judicieux d’envisager un week-end vendredi et samedi ?

Par Rafik Souidi


Dans un pays dont la population est à plus de 99,9% de confession musulmane cette aberration culturelle n’a d’égale dans l’absurdité que les contorsions administratives des horaires du travail hebdomadaire. Le jour de la prière commune étant le vendredi et l’office religieux ayant lieu après que le soleil ait atteint son zénith, on fait déplacer des millions de travailleurs pour uniquement la matinée et on réitère la manœuvre pour une grande partie des fonctionnaires le samedi matin.

En effet la durée hebdomadaire du travail étant majoritairement de 48 heures comment ne pas les faire travailler le samedi matin si le vendredi après-midi et le dimanche sont non-ouvrables ?

Pour faire encore plus compliqué, le secteur bancaire comme une grande partie du secteur privé, est ouvrable toute la journée du vendredi mais chômé le samedi.

Pour une réorganisation plus rationnelle

Ne serait-ce pas plus simple et plus correct d’envisager un week-end de deux jours à savoir le vendredi et le samedi pour simplifier la vie des gens et unifier définitivement les horaires administratifs du secteur public et du privé ?

Le dimanche n’a rien de sacré en Tunisie et il n’y a donc aucune raison valable d’en faire notre jour de repos hebdomadaire. Ce résidu du protectorat a été maintenu après l’indépendance contre tout bon sens, il faudrait donc y mettre fin.

La productivité et nos échanges avec l’Europe ne s’en porteraient pas plus mal car cela permettrait de gagner un jour de travail en entier, soit le dimanche, en lieu et place de deux bouts de journées le vendredi et le samedi.

D’ailleurs avec la semaine de trente-cinq heures en France, notre premier partenaire économique, le week-end de trois jours – vendredi, samedi, dimanche – y est devenu quasiment la norme.


L'enfer du transport urbain

D’importantes économies sur les frais de transport seraient aussi réalisées par cette réorganisation plus rationnelle. La santé et le repos des travailleurs tunisiens ne doivent pas non plus être en reste et leur droit à un week-end plein et entier est indiscutable.

Enfin le rituel de la prière du vendredi nécessite un minimum de préparation pour que les croyants pratiquants se rendent sereinement à la mosquée et non plus dans le stress de la sortie des bureaux ou la poussière des chantiers.

Mettre fin aux «jours sans fin» !

La vie infernale d’un travailleur à la chaine avait été décrite avec justesse par Charlie Chaplin dans son chef d’œuvre ‘‘Les Temps Modernes’’. En Tunisie, par ces temps cinématographiques délétères, il conviendrait de simplifier au maximum la vie des gens car ce que subit une majorité d’employés avec des horaires et des conditions de transport calamiteuses, en particulier à Tunis, ce sont «des jours sans fin», non sans allusion à un autre film, ‘‘Groundhog Day’’...

Il serait donc plus naturel et logique d’instituer le vendredi suivi du samedi comme week-end officiel et il conviendrait d’en débattre dans le cadre d’un aménagement plus judicieux du temps libre.

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