La musique italienne comme trait d’union entre les deux rives de la Méditerranée, entre tradition et modernité, grandes scènes et sites archéologiques, symboles de l’histoire partagée entre l’Europe et l’Afrique du Nord. Tel est le fil conducteur de la Semaine de la musique italienne en Tunisie, qui sera clôturée ce soir, samedi 8 août 2026, dans le cadre spectaculaire de l’amphithéâtre romain d’El Jem avec le concert «Napoli nel Mediterraneo» de l’Orchestra Instabile di Arezzo (Oida). (Photo : Concert de Rondo Veneziano à Carthage).
Cette initiative, organisée dans le cadre des célébrations du 70e anniversaire des relations diplomatiques entre l’Italie et la Tunisie, a permis de présenter, sur les principales scènes estivales du pays, différentes facettes de la musique italienne. Après l’ouverture le 2 août au Festival d’Hammamet avec Mario Biondi — l’une des voix italiennes les plus célèbres à l’international — et le concert du Rondò Veneziano le 4 août au théâtre romain de Carthage, c’est donc El Jem qui accueillera la clôture de la manifestation.
Un parcours traversant des genres, des époques et des langages variés, tout en instaurant un dialogue entre la musique italienne et certains des lieux les plus emblématiques du patrimoine culturel tunisien.
«Napoli nel Mediterraneo» proposera un voyage au cœur de la tradition musicale napolitaine et italienne, allant des célèbres chansons classiques napolitaines aux grands airs d’opéra, en passant par des morceaux issus de la tradition populaire.
Sur la scène de l’amphithéâtre d’El Jem — l’un des monuments romains les mieux conservés au monde —, l’Orchestra Instabile d’Arezzo sera dirigé par le maestro Filippo Zambelli, avec la participation des solistes Gianni Bruschi, Loredana Carannante et Carlo Putelli.
Le choix de Naples comme figure centrale de l’événement revêt une signification particulière dans le cadre d’une manifestation bâtie sur le dialogue entre les deux rives de la Méditerranée. La tradition musicale napolitaine, marquée au fil des siècles par des métissages, des échanges et des influences venus de cultures diverses, devient en effet le symbole d’un espace méditerranéen où les identités ne s’opposent pas, mais se rencontrent et se transforment.

Des siècles de métissages culturels méditerranéens
«La culture est l’un des piliers du partenariat entre l’Italie et la Tunisie. En intégrant la Semaine de la musique italienne à trois des principaux festivals tunisiens, nous célébrons non seulement le cap des 70 ans de nos relations diplomatiques, mais aussi des siècles de dialogue, d’échanges et de métissages culturels qui ont contribué à façonner nos sociétés et constituent le fondement de la relation privilégiée entre nos peuples», a déclaré l’ambassadeur d’Italie en Tunisie, Alessandro Prunas, à la veille de l’événement.
Le lien entre musique, patrimoine et diplomatie culturelle s’est également manifesté avec éclat à Carthage, où, le 4 août, le concert du Rondò Veneziano a suscité une longue et chaleureuse ovation de la part du public du théâtre romain, dans le cadre de la 60e édition du Festival international de Carthage.
La soirée a revêtu une dimension particulière grâce à la présence du maestro Gian Piero Reverberi, fondateur, compositeur et chef d’orchestre historique du Rondò Veneziano ; il est remonté exceptionnellement sur le podium pour ce qui, selon la production, constituait son ultime concert et sa dernière apparition publique. Sa participation a conféré à cet événement tunisien une valeur artistique et symbolique unique, en faisant un moment appelé à marquer l’histoire de l’ensemble.
Reverberi avait mis un terme à ses activités de concertiste depuis quelques années pour des raisons de santé. Toutefois, quelques jours avant le concert de Carthage, il était remonté sur scène par surprise lors de la première date de la tournée à Bergame, dirigeant certains des derniers morceaux en rappel et recevant, là aussi, une longue ovation.

Après avoir pris connaissance de la portée institutionnelle de la soirée tunisienne — inscrite parmi les initiatives de l’ambassade d’Italie et de l’Institut culturel italien pour célébrer les 70 ans de relations diplomatiques entre les deux pays —, le maestro a décidé de faire une exception et de diriger à nouveau l’orchestre.
Selon la production, sa participation s’est faite à titre entièrement gracieux, comme un geste personnel témoignant de son adhésion à la valeur culturelle et symbolique de l’initiative.
Le Festival international de Carthage constitue, du reste, l’un des principaux carrefours culturels de la Méditerranée. Créé en 1964, il se déroule chaque année en juillet et août dans le célèbre théâtre romain, site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1979. Né à l’initiative du ministère des Affaires culturelles pour promouvoir le dialogue interculturel et valoriser le patrimoine historique national, le festival porte chaque été la musique et les arts contemporains au cœur d’un site datant de l’Antiquité.
Au fil des décennies, la manifestation a progressivement renforcé sa dimension internationale, passant du statut d’événement essentiellement local à celui de rendez-vous culturel parmi les plus anciens et les plus reconnus d’Afrique du Nord et du bassin méditerranéen.
C’est Mario Biondi — artiste au rayonnement international affirmé, invité à célébrer le vingtième anniversaire de ‘‘Handful of Soul’’, l’album qui a marqué sa percée sur la scène européenne — qui a inauguré la Semaine de la musique italienne le 2 août au Festival international de Hammamet. Avec un répertoire mêlant soul et jazz, Biondi a incarné la facette la plus contemporaine de la musique italienne exportée à l’étranger, ouvrant ainsi un cycle qui a ensuite mis à l’honneur la musique orchestrale ainsi que les traditions musicales vénitienne et napolitaine.
De Hammamet à Carthage, jusqu’à l’amphithéâtre d’El Jem, la Semaine de la musique italienne ne se présente pas seulement comme une série de concerts, mais comme un itinéraire culturel traversant des lieux et des langages qui témoignent de la profondeur des liens unissant l’Italie et la Tunisie. Un parcours où la musique devient un instrument de diplomatie culturelle tout en s’affirmant comme un langage universel, capable de restituer à la Méditerranée sa vocation historique d’espace de rencontre, d’échange et de métissage.
D’après Agenzia Nova.



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