Me Lassaad Mechri, avocat et fervent défenseur des droits humains, toujours présent dans les prétoires et les parloirs pour défendre les victimes de la répression politique, est décédé hier soir, samedi 26 septembre 2026, chez lui, à la cité El Ghazela, à l’Ariana, des suites d’une crise cardiaque foudroyante. Il laisse une épouse et deux enfants éplorés.
Ses collègues du Conseil de l’ordre des avocats de Tunisie pleurent aujourd’hui un être cher, attentionné et affectueux, toujours disponible pour les autres et à l’écoute de leurs souffrances. Plus qu’un avocat à la force de l’âge et au faîte de sa carrière professionnelle que la Tunisie perd, c’est un homme au grand cœur qui disparaît en un clin d’œil, comme une lumière étouffée par la noirceur d’une interminable nuit. Celle que traverse aujourd’hui la Tunisie, le pays qu’il aimait tant et qui n’a cessé de le décevoir et d’éteindre ses espoirs.
Son ami, le journaliste Fahem Boukaddous lui a rendu un hommage poignant dans un post facebook où il a notamment écrit : «Il avait en lui quelque chose de ces enfants que la vie n’a pas corrompus. Spontané, enjoué, d’une bonté presque insoutenable, il possédait un rire malicieux, un sourire qui devançait ses paroles et un cœur ouvert aux autres comme à leurs souffrances. Pour lui, la loyauté était une seconde nature, l’amitié une responsabilité, et la mémoire un engagement qui ne s’éteignait pas, même après la disparition de ceux qu’il chérissait.» Et de conclure : «Comment croire que tu ne seras plus là, désormais ? Qui nous adressera ces mots spontanés ? Qui prendra l’initiative de demander des nouvelles ? Qui portera les nouvelles des vivants aux vivants, et celles des disparus jusqu’à notre mémoire ? Qui laissera derrière lui cet espace chaleureux que tu comblais si naturellement ? Tu es parti, mais les traces de ta présence demeurent en nous. Il reste ta voix, ton rire, ta bonté, ton courage, ta loyauté, ainsi que tous ceux que tu aimais et que tu défendais.»
I. B.



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