L’ouvrage, qui reliera les deux rives de la Méditerranée via le détroit de Sicile, dans le cadre du projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, aura une capacité bidirectionnelle de 600 mégawatts et un coût global estimé à environ 1,42 milliard d’euros. Ce projet baptisé Elmed, entre dans une nouvelle phase de mise en œuvre avec l’attribution des principaux contrats pour la réalisation des stations de conversion et du câble sous-marin, ainsi que le lancement de la procédure parlementaire relative au financement des infrastructures nécessaires au renforcement du réseau électrique tunisien.
La mise en service de cet ouvrage est actuellement prévue entre 2028 et 2030, sous réserve de tout nouveau report. Selon une mise à jour publiée cette semaine par le cabinet de conseil tunisien Aius, spécialisé dans l’assistance technique aux projets énergétiques, les contrats portant sur les principaux composants de l’interconnexion ont été attribués.
En juin 2026, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) et l’opérateur italien Terna ont confié à Hitachi Energy la réalisation des deux stations de conversion, pour un montant d’environ 770 millions d’euros. Les installations seront situées à Mlaabi, dans la zone de Menzel Temime (gouvernorat de Nabeul), et à Partanna, en Sicile.
Quant au contrat relatif au câble sous-marin, il a été attribué au groupe italien Prysmian pour un montant d’environ 460 millions d’euros. La liaison s’étendra sur environ 200 kilomètres sous la Méditerranée.
La seconde phase, baptisée Elmed II, concerne le renforcement du réseau national tunisien, indispensable pour acheminer l’électricité produite dans les régions centrales et méridionales vers le nord et le cap Bon, et pour permettre l’intégration de nouvelles sources d’énergie renouvelables.
Le projet prévoit notamment une ligne aérienne à haute tension de 400 kilovolts entre Grombalia, dans le gouvernorat de Nabeul, et Kondar, dans le gouvernorat de Sousse, sur une longueur d’environ 85 kilomètres. Des lignes de raccordement supplémentaires sont également prévues entre Ezzahra et Grombalia, ainsi qu’entre Seltene et Grombalia, totalisant environ 20 kilomètres. L’infrastructure concernera les gouvernorats de Nabeul, Ben Arous, Zaghouan et Sousse.
Pour ce volet, un accord de financement de 43 millions d’euros (environ 145 millions de dinars) a été signé le 15 janvier 2026 entre la Tunisie et la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), assorti d’une garantie de l’État tunisien. Le prêt, accordé à la Steg, devra être remboursé sur une période de 18 ans, incluant cinq années de différé d’amortissement. Le 2 novembre, le projet de loi n° 66/2026, relatif à l’approbation de la convention de garantie, a été transmis à la commission parlementaire des Finances et du Budget avec une demande d’examen en urgence.
Le projet Elmed bénéficie du soutien de plusieurs bailleurs de fonds, notamment l’Union européenne (UE) — via une subvention de 307,6 millions d’euros —, la Banque mondiale, la Berd, la Banque européenne d’investissement (BEI) et l’institution allemande KfW.
Le projet vise à renforcer l’intégration énergétique entre les deux rives de la Méditerranée et à favoriser le développement des énergies renouvelables en Tunisie. La liaison permettra des flux d’électricité dans les deux sens : la Tunisie pourra exporter vers le marché européen l’électricité produite à partir de sources renouvelables, tout en étant en mesure d’importer de l’énergie depuis l’Italie pour compenser d’éventuels déficits de production nationale. Par ailleurs, cette interconnexion constitue un élément stratégique de la coopération énergétique entre l’Italie et la Tunisie, dans un contexte marqué par la diversification des approvisionnements et l’intégration progressive des marchés électriques nord-africain et européen.
I. B.



Donnez votre avis