Tunisie | L’Etat continue de s’endetter pour payer les salaires de ses agents

L’examen du projet de budget de l’État pour 2027 par les commissions parlementaires se poursuivra jusqu’aux séances plénières consacrées à ce texte, prévues les 9 et 10 novembre2026. Rien de nouveau sous le soleil de Carthage : l’Etat va continuer de s’endetter, non pas pour investir dans les infrastructures publiques et la relance d’une économie en berne, mais pour payer les salaires et les privilèges de ses propres agents.

Globalement, le budget 2027 proposé par le gouvernement prévoit des dépenses publiques s’élevant à 68,895 milliards de dinars, soit une augmentation de 8,37 % par rapport aux 63,575 milliards prévus dans la loi de finances 2026. Les recettes sont estimées à 54,280 milliards de dinars, avec un déficit projeté de 14,615 milliards de dinars. Les recettes fiscales constituent la composante majeure des ressources prévues, atteignant 49,6 milliards de dinars.

Parmi les principales dotations ministérielles proposées, on note 9,184 milliards de dinars alloués au secteur de l’Éducation, qui représente ainsi le premier poste budgétaire. 7,89 milliards pour l’Industrie, les Mines et l’Énergie ; et 6,56 milliards pour l’Intérieur. La Défense nationale se voit allouer 5,628 milliards de dinars, soit une augmentation de 12,3 %, tandis que le secteur de la Santé bénéficie de 4,741 milliards, soit une hausse de 9 %.

Les recettes de l’Etat prévues sont estimées à 54 280 millions de dinars (MDT) et les dépenses à 68 895 MDT (en hausse de 8,37 % par rapport à 2026).

Les charges de la trésorerie et le déficit sont estimés à 28,122 milliards de dinars. Pour y faire face, le projet prévoit de mobiliser un emprunt intérieur de 19,845 milliards de dinars et un emprunt extérieur d’environ 6,877 milliards de dinars. Quant au taux d’endettement de l’Etat, il devrait se situer autour de 85% du PIB.  

Bref, l’Etat va continuer à s’endetter pour payer, surtout, les salaires de ses agents, dont le nombre s’élèverait, en 2027, à 692 702 (incluant les ministères, services centraux/régionaux et établissements publics rattachés), alors que pour un pays de 12 millions d’âmes comme le nôtre, 500 000 auraient largement suffit, surtout avec la digitalisation dont on ne cesse de nous rebattre les oreilles. A titre de comparaison, le Maroc compte aujourd’hui 575 000 fonctionnaires pour une population trois fois plus nombreuse et une économie en bien meilleure santé.    

I. B.

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