Suite à plusieurs décès survenus dans les établissements pénitentiaires en Tunisie durant les dernières vagues de chaleur, annoncés par les avocats et les familles des victimes, l’Organisation tunisienne contre la torture (OTCT) réclame des mesures «urgentes et adéquates» pour protéger les détenus des effets des vagues de chaleur et du changement climatique dans les prisons tunisiennes.
L’OTCT appelle, également, dans un communiqué publié le 2 septembre 2026, à des interventions immédiates pour remédier à la surpopulation carcérale, et demande notamment des travaux d’entretien des infrastructures pénitentiaires ; ainsi que la libération des personnes incarcérées pour des délits mineurs — y compris celles placées en détention provisoire —, ainsi que celle des personnes âgées et des détenus atteints de maladies chroniques.
L’OTCT réclame plus particulièrement la libération des personnes condamnées en vertu du décret 54 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication et du Code des télécommunications, tout en prônant un recours accru aux peines alternatives, telles que les travaux d’intérêt général, les sanctions pécuniaires et le bracelet électronique.
Dans le même communiqué, l’organisation revendique également, pour les associations de défense des droits humains, un meilleur accès aux informations concernant la situation des détenus ainsi que la possibilité d’effectuer des visites indépendantes dans les établissements pénitentiaires.
Cet appel fait suite à une série de signalements émanant d’organisations, d’avocats et de familles concernant les conditions de détention durant les vagues de chaleur exceptionnelles qui ont frappé la Tunisie cet été.
Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Bassem Trifi, avait fait état ces derniers jours — en citant des sources judiciaires — de cinq décès survenus le 28 août dans les prisons du Grand Tunis.
À ce jour, les autorités n’ont publié aucun bilan global permettant de vérifier le nombre et, surtout, les causes des décès signalés.
L’administration pénitentiaire avait toutefois démenti, le 22 août, les informations faisant état d’une détérioration générale de l’état de santé des détenus ou de cas de défaut de soins médicaux, affirmant que le suivi sanitaire s’effectuait conformément aux procédures établies.
Le porte-parole Hatem Akrout avait indiqué que 20 773 consultations avaient été réalisées dans des hôpitaux publics pour des détenus au cours du premier semestre 2026.
La question de la chaleur dans les prisons avait déjà été soulevée ces dernières semaines par d’autres organisations de défense des droits humains, qui établissaient un lien entre les risques sanitaires et la surpopulation, l’état des infrastructures et la difficulté d’accès aux soins. Cependant, aucun lien de causalité entre les températures extrêmes et les décès signalés n’a encore été établi officiellement, les autorités préférant ne pas communiquer sur ce sujet.
I. B.



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