L’Institut arabe des chefs d’entreprise (IACE) a publié, jeudi 10 septembre 2026, une note stratégique intitulée «Le capital scientifique, un levier de croissance » et en sous-titre : «Pourquoi la réforme des mathématiques doit devenir une priorité économique nationale». Première d’une série de trois publications de l’IACE consacrées aux mathématiques, cette note analyse le rôle du capital scientifique dans la capacité de la Tunisie à innover, à créer de la valeur et à renforcer sa compétitivité. Elle met en lumière les conditions nécessaires pour faire du capital scientifique un levier de croissance et de souveraineté économique.
Le recul des performances en mathématiques ne concerne pas uniquement la Tunisie. Les résultats de Pisa 2025 montrent une baisse de 22 points des scores en mathématiques dans les pays de l’OCDE entre 2015 et 2025, soit plus d’une année d’apprentissage, constate d’emblée l’étude.
Les mathématiques sont généralement abordées comme une question relevant du système éducatif. Selon la note, qui propose un changement de perspective, les mathématiques constituent également un enjeu de politique économique.
Dans une économie fondée sur la connaissance, les compétences scientifiques conditionnent la capacité d’un pays à former les talents, à soutenir l’innovation, à améliorer sa productivité et à renforcer sa compétitivité. Leur développement relève ainsi d’un investissement stratégique dans le capital humain.
Un affaiblissement global des compétences scientifiques
L’analyse de l’IACE montre que la Tunisie est confrontée à une érosion progressive de son capital scientifique. Cette évolution ne résulte pas uniquement des performances scolaires, mais d’un affaiblissement plus global de la capacité du système à produire, renouveler et valoriser les compétences scientifiques nécessaires aux transformations économiques futures.
Or, ces compétences ne font pas encore l’objet d’un pilotage stratégique comparable aux autres déterminants de la croissance. L’absence d’indicateurs réguliers et d’un cadre de suivi dans la durée limite la capacité des décideurs à anticiper les fragilités et à orienter les politiques publiques.
Cette situation engendre un coût économique largement sous-estimé. Les insuffisances dans les apprentissages scientifiques affectent progressivement le potentiel d’innovation, de productivité et de création de valeur de l’économie nationale, tout en réduisant la capacité de la Tunisie à répondre aux besoins croissants en compétences technologiques et industrielles.
Le développement du capital scientifique exige ainsi une approche de long terme, dépassant les cycles politiques et budgétaires. Il suppose une vision stratégique, des indicateurs de suivi et une gouvernance capable d’assurer la continuité des choix publics. Au regard de ces constats, trois orientations apparaissent prioritaires :
• Mettre en place un système national de suivi des compétences scientifiques ;
• Définir une trajectoire nationale de développement du capital scientifique ;
• Renforcer la gouvernance interministérielle de cette politique.
Renforcer la qualité des compétences mobilisées par l’économie
Au-delà de la seule question des mathématiques, la note de l’IACE invite à reconnaître le capital scientifique comme une infrastructure immatérielle essentielle de la compétitivité nationale.
Ses messages clés sont les suivants :
• Les compétences mathématiques constituent un levier stratégique de compétitivité nationale : dans une économie fondée sur la connaissance, elles conditionnent la capacité à former les talents, soutenir l’innovation et renforcer durablement la productivité ;
• La Tunisie connaît une érosion progressive de son capital scientifique : Cette évolution fragilise la capacité du pays à produire les compétences nécessaires aux transformations économiques futures ;
• Le capital scientifique doit devenir un objet de pilotage stratégique : son développement exige des indicateurs réguliers, une vision de long terme et une gouvernance capable d’assurer la continuité des politiques publiques ;
• Transformer le capital éducatif en capacité productive constitue l’enjeu central : l’objectif n’est plus seulement d’accroître le nombre de diplômés, mais de renforcer la qualité des compétences mobilisées par l’économie.
Les analyses présentées dans cette note montrent que la capacité d’un pays à développer son capital scientifique constitue désormais un facteur déterminant de sa compétitivité économique.
Le défi tunisien ne réside pas uniquement dans le niveau des ressources consacrées à l’éducation. Il concerne surtout la capacité à transformer cet investissement en compétences capables de soutenir l’innovation, la productivité et la création de valeur.
Dans une économie fondée sur la connaissance, la qualité des apprentissages et la maîtrise des compétences scientifiques fondamentales deviennent des conditions essentielles du développement.
Le capital scientifique doit ainsi être considéré comme une infrastructure immatérielle stratégique. Comme toute infrastructure essentielle, il nécessite une vision de long terme, des mécanismes de suivi et une gouvernance capable d’assurer la continuité des choix publics.
Pour la Tunisie, l’enjeu n’est donc plus seulement de renforcer l’enseignement des mathématiques. Il est de reconnaître que les compétences scientifiques fondamentales constituent un investissement dans la capacité productive future du pays. Cette reconnaissance constitue une première étape. Elle doit désormais être accompagnée d’une réflexion sur les conditions permettant de préserver et de renouveler durablement ce capital scientifique, en particulier à travers la capacité du système national à former les compétences nécessaires aux générations futures.
Lire la note dans son intégralité.



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