«L’Union européenne est à vos côtés», a lancé la Délégation de l’Union européenne (UE) en Tunisie dans un message en arabe, diffusé le 5 novembre 2026 sur sa page Facebook officielle, dans le cadre d’une campagne de communication consacrée aux relations bilatérales, où elle souligne la volonté de Bruxelles de poursuivre le chemin parcouru avec Tunis, en misant sur la stabilité, la prospérité et une croissance partagée. Ce message intervient à un moment où des voix se multiplient dans le pays pour exiger la révision des termes de l’accord d’association signé entre Tunis et Bruxelles en 1995, perçus comme très déséquilibrés et davantage soucieux des intérêts stratégiques de l’Europe.
Latif Belhedi
Le 5 novembre 2026, le Parlement européen à Bruxelles a accueilli la quatrième réunion de la Commission parlementaire mixte UE–Tunisie. À cette occasion, les deux délégations ont adopté une déclaration conjointe réaffirmant leur volonté de poursuivre un dialogue régulier et constructif, fondé sur le respect de la souveraineté, la confiance et les intérêts mutuels. Elles ont également réaffirmé leur attachement aux valeurs communes consacrées par l’Accord d’association, notamment la démocratie, l’État de droit et le respect de l’ensemble des droits fondamentaux. Économie, investissement, énergie, numérique, jeunesse et mobilité : autant de domaines au cœur des échanges et des perspectives de coopération.
Par la même occasion, la Délégation de l’UE en Tunisie a réaffirmé son engagement à consolider le partenariat avec notre pays, à travers une coopération renforcée, des investissements et des initiatives concrètes visant à soutenir le développement économique, à relever les défis communs et à créer de nouvelles opportunités pour les citoyens des deux rives de la Méditerranée.
«Le cœur de notre partenariat ne se résume pas à des accords et à des projets», souligne la Délégation, mettant en avant, avant tout, l’importance du dialogue permanent, des échanges entre les personnes ainsi que des liens humains, culturels et économiques qui unissent les Tunisiens et les Européens.

Partenaire privilégié, dites-vous ?
L’initiative retrace plus d’un demi-siècle de relations, amorcées en 1969 avec le premier accord commercial entre la Tunisie et la Communauté économique européenne, suivies par l’ouverture de la représentation européenne à Tunis en 1979 et la signature de l’Accord d’association du 17 mai 1995.
Ce lien a été davantage renforcé en 2012, lorsque la Tunisie s’est vu accorder le statut de partenaire privilégié, puis, le 16 juillet 2023, par la signature d’un mémorandum sur un partenariat stratégique et global, articulé autour de cinq axes : la stabilité macroéconomique, le commerce et les investissements, la transition énergétique, les échanges entre les citoyens, ainsi que la migration et la mobilité.
Ce nouveau message intervient dans un contexte de réflexion sur l’avenir des relations économiques bilatérales. Les autorités tunisiennes réclament depuis quelque temps une révision de l’Accord d’association de 1995, estimant qu’il ne correspond plus pleinement aux équilibres commerciaux actuels ni aux priorités nationales.
L’ambassadeur de l’UE à Tunis, Giuseppe Perrone, a récemment réaffirmé la volonté des Européens d’engager un dialogue constructif sur la modernisation de cet accord.
Sur le plan financier, Bruxelles a annoncé en octobre la signature prochaine d’un accord de 80 millions d’euros destiné à soutenir le budget tunisien, dans le cadre d’un programme en faveur de l’inclusion sociale.
Selon les données de la Commission européenne, l’aide bilatérale apportée par l’UE à la Tunisie s’élève, au total, à 770 millions d’euros pour la période 2021-2025.

Des mots soporifiques en attendant des actes concrets
Parmi les projets stratégiques figure également Elmed, une interconnexion électrique sous-marine entre la Tunisie et l’Italie, conçue pour favoriser les échanges énergétiques et le développement des énergies renouvelables.
La relance de la communication européenne confirme ainsi la volonté de Bruxelles de valoriser un partenariat qui, au-delà des dossiers économiques et énergétiques ainsi que de la coopération en matière migratoire, vise à renforcer la dimension humaine des relations euro-méditerranéennes, par le biais de l’éducation, de la recherche, de la culture et de la mobilité.
Il reste à suivre ces mots soporifiques, que la bureaucratie de Bruxelles affectionne, par des actes concrets qui soit rééllement bénéfiques pour la Tunisie, et non seulement pour l’Europe. Car la coopération en matière d’enseignement et de recherche ne bénéficie aujourd’hui qu’à l’Europe qui continue d’attirer médecins, ingénieurs, technologues et autres talents recherchés, aux dépens de la Tunisie qui se vide de ses ressources humaines.
S’agissant des flux migratoires, l’UE peut se frotter les mains pour avoir ralenti voire baissé de manière draconienne ceux en provenance des côtes tunisiennes grâce à la collaboration volontaire et efficace de notre gouvernement. Et d’avoir aussi, par là même, transformé la Tunisie de pays de transit des migrants sub-sahariens en pays de résidence de ces derniers, avec tous les problèmes que cela comporte. Et cela pour des cacahuètes, pour utiliser un jargon européen !
Avec Ansa.



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