Une nouvelle version du plan d’action du Pacte pour la Méditerranée sera présentée par l’Union européenne (UE) dans les prochains jours ; et la Tunisie est appelée à y jouer un rôle de premier plan, a annoncé à Hammamet l’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, lors de son intervention, jeudi 5 novembre 2026, à la 28e édition du Forum international de Réalités, consacré aux relations euro-méditerranéennes face aux chocs mondiaux.
Selon M. Perrone, le Pacte vise à dépasser la simple gestion des crises pour bâtir un partenariat stratégique capable d’anticiper les urgences et de dégager des solutions communes, renforçant ainsi la prospérité, la stabilité et la sécurité des deux côtés de la Méditerranée.
Le diplomate a évoqué les répercussions des conflits internationaux sur les prix, les coûts de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement, ainsi que les défis liés à la transition écologique, à la numérisation et à l’intelligence artificielle, en précisant que le Pacte pour la Méditerranée constitue un instrument distinct de l’Accord d’association entre la Tunisie et l’UE, signé en 1995.
Alors que ce dernier régit principalement les relations commerciales bilatérales — et peut faire l’objet d’une révision ou d’une modernisation —, le Pacte s’inscrit comme une initiative stratégique régionale (et non comme un nouvel accord commercial) visant à favoriser une croissance plus durable, inclusive et résiliente.
Le premier plan d’action du Pacte, présenté par la Commission européenne le 17 avril dernier, comprend 21 initiatives dans les domaines de la formation, de la mobilité, de la coopération économique, de la sécurité et de l’intégration régionale. Le document évoqué par M. Perrone constituera une mise à jour opérationnelle, et non une révision de l’Accord d’association — pour laquelle la possibilité d’un dialogue spécifique entre Bruxelles et Tunis demeure ouverte.
Intérêts partagés et de bénéfices mutuels
Evoquant lui aussi le Pacte pour la Méditerranée de l’UE, l’ambassadeur d’Italie Alessandro Prunas a parlé d’«un nouveau partenariat entre les pays de la Méditerranée, fondé sur des relations d’égal à égal et des avantages mutuels : tel est l’esprit que l’Italie a souhaité lui insuffler. Une approche qui inspire traditionnellement les relations de l’Italie avec les pays de la rive sud et qui trouve l’une de ses expressions les plus significatives dans l’héritage d’Enrico Mattei», le célèbre industriel et homme politique italien, dont le plan de l’Italie pour l’Afrique, lancé en 2023, porte le nom.
«Aujourd’hui, avec le Plan Mattei, cette vision se traduit par de nouvelles initiatives concrètes, telles que le projet Elmed, qui vise à redessiner la géographie énergétique de la Méditerranée sur la base d’intérêts partagés et de bénéfices mutuels», a poursuivi M. Prunas.
I. B.



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