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	<title>Archives des Ahmed Ben Bella - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Ahmed Ben Bella - Kapitalis</title>
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		<title>Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</title>
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		<pubDate>Mon, 20 Apr 2026 11:09:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région du Maghreb. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/20/non-a-la-captation-du-patrimoine-de-la-tunisie/">Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de </em></strong><strong><em>légitimation politique</em></strong><em> <strong>plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. </strong></em><strong><em>Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine «numide» ou «punique» est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région.&nbsp;</em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p><strong>Ridha Ben Slama</strong> *</p>



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<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Faut-il rappeler encore à ceux qui se confinent dans une posture pathétique et feignent d’ignorer que notre pays possède une identité étatique propre, bien antérieure à la colonisation (1881), et ce contrairement à beaucoup d’autres pays&nbsp;? Faut-il répéter que la Tunisie actuelle est l’aboutissement d’une longue succession de civilisations qui ont chacune contribué à son assise territoriale et culturelle&nbsp;? Depuis des millénaires, elle possède l’une des identités étatiques les plus anciennes et les plus continues au monde, dépassant largement le cadre des frontières coloniales du dernier siècle.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">1- La Tunisie (Ifriqiya) le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région</h2>



<p>La justesse de l’approche exige de dépasser un exercice trop contemporain, qui envisage une souveraineté territoriale définie seulement par des frontières, à savoir le <em>«contour extérieur d’une nation pleinement consciente d’elle-même»</em> <sup>(1)</sup>.</p>



<p>Pratiquement, durant des siècles, l’autorité d’un État s’exerçait non sur un espace borné par des frontières identifiées, mais également sur son rayonnement culturel. Les limites de l’État enfermeraient aussi celles, mouvantes, des terrains de parcours de ces tribus vassales à un État.</p>



<p>Carthage (IX<sup>e</sup>-II<sup>e</sup> siècle av. J.-C.) avait déjà structuré le territoire sous une forme étatique puissante, avec une administration, une monnaie et une diplomatie propre. Ce n’était pas seulement une cité, mais le centre d’un empire maritime thalassocratique qui comprenait la majeure partie de la Tunisie actuelle (le Zeugitane et la Byzacène). L’empire s’étendait sur toutes les côtes de la Méditerranée occidentale, de l’actuelle Libye (Tripolitaine) jusqu’au sud de l’Espagne, en passant par la Sardaigne, la Corse, la Sicile et les côtes actuellement algériennes et marocaines.&nbsp;</p>



<p>Quant à Thugga (actuelle Dougga) <sup>(2)</sup>, elle est reconnue par les historiens comme l’une des premières capitales, foyer majeur du <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">royaume Massyle</a> au IV<sup>e</sup> siècle av. J.-C. Elle est décrite par Diodore de Sicile comme une <em>«ville d’une belle grandeur»</em>, servant de résidence royale avant l’unification des différentes tribus. Cette dynastie était traditionnellement une alliée de Carthage. Les rois Massyles participaient grâce à ses cavaliers, réputés au combat, avec les troupes carthaginoises, notamment en Sicile ou en Espagne. Les textes des auteurs de l’antiquité soulignent que des rois comme Zelalsen (grand-père de Massinissa) ou l&rsquo;ancêtre Aylimas y avaient établi leur centre de pouvoir. Le roi Gaïa, père de Massinissa, maintenait cette alliance étroite, envoyant même son fils combattre aux côtés des Carthaginois en Espagne contre Rome. La cavalerie numide, considérée comme l’une des meilleures cavaleries légères de l’Antiquité, reposait sur une organisation unique centrée sur la mobilité extrême et une symbiose parfaite entre le cavalier et sa monture. </p>



<p>L’influence carthaginoise à Thugga était manifeste à travers l’architecture et les inscriptions. Le célèbre Mausolée libyco-punique témoigne de ce mélange des cultures libyque et punique au sein de la noblesse massyle. Les Massyles occupaient la région entre l’Ampsaga (correspondant aujourd’hui à l’Oued el-Kebir, dont le Rhummel est le principal affluent en Algérie actuelle) et les terres carthaginoises, avec pour capitale Sarim Batim (actuelle Constantine) qui était le nom donné à la ville par les Carthaginois lorsqu’ils y ont établi un comptoir commercial, bien avant qu’elle ne devienne à une certaine époque la capitale de la Numidie.Né à Thugga, Massinissa servit d’abord dans les rangs de l’armée carthaginoise avant de s’allier à Rome en 206 av. J.-C. après avoir été évincé de son trône par Syphax (roi des Massæsyles soutenu par Carthage). Sa victoire lui avait permis d’unifier les deux royaumes.</p>



<p>Le revirement de Massinissa a été l’un des tournants majeurs de l’histoire antique. Ce n’était pas une défection soudaine, mais une décision stratégique dictée par la survie du royaume de ses ancêtres mais aussi pour des motifs personnels.&nbsp;Plusieurs facteurs avaient poussé Massinissa à abandonner l’alliance carthaginoise pour rejoindre Scipion l’Africain (Rome). À la mort de son père Gaïa, le trône massyle était disputé entre les héritiers. Les suffètes de Carthage, au lieu de soutenir Massinissa (pourtant l’un de leurs généraux en Espagne), jouèrent double jeu pour garder le contrôle sur la Numidie.</p>



<p>Massinissa était d’abord fiancé à la belle Sophonisbe, fille du général carthaginois Hasdrubal Gisco. Pour sceller une alliance politique plus <em>«utile»</em>, Carthage la donna finalement en mariage à son rival, Syphax (roi des Massæsyles). Humilié et spolié de ses terres par Syphax avec l’appui de Carthage, Massinissa rompit définitivement. En combattant en Espagne, il put observer de près la puissance militaire de Rome. Il comprit que le vent tournait et que Rome était un allié plus solide pour réaliser son ambition. Après la guerre, il annexa les territoires de Syphax et unifia les tribus sous un seul sceptre, de la Moulouya jusqu’aux frontières de Carthage. Il poursuivit la sédentarisation des populations et développa l’agriculture. Les quartiers <em>«numides»</em> à Thugga, sous le forum romain, montrent que la ville était déjà une cité organisée et prospère sous son règne.</p>



<p>Après la chute de Carthage en 146 av. J.-C., les Romains conservèrent cette unité territoriale. Le nom <em>«Africa»</em> désignait spécifiquement la Tunisie avant de s’étendre à tout le continent. Situé au cœur de la Méditerranée, le territoire constituait une entité historique qui contrôlait des contrées s’étendant à travers l’Afrique du Nord et la Méditerranée. Cela correspondait au nord et à l’est de la Tunisie actuelle, avant de s’étendre pour inclure l’actuelle Tripolitaine (Libye) et une partie de l’Est actuellement algérien (Constantinois).</p>



<p>Massinissa était donc né à Dougga (Thugga). Pour les historiens, c’est un enfant du pays, à savoir la Tunisie. Pourtant, quelques faussaires prétendent que Massinissa serait <em>«le père de l’État algérien moderne»</em>, puisqu’il avait unifié les tribus numides. Une statue lui a d’ailleurs été érigée au cœur d’Alger en 2021, ce qui a été perçu comme une tentative de <em>«captation»</em> d’une figure massyle, issue d’une dynastie établie à Thugga.&nbsp;</p>



<p>La seconde <em>«captation»</em> est celle de Saint Augustin qui était certes né à Thagaste (Souk Ahras, en Algérie actuelle). Thagaste est située à environ 240 km de Carthage, mais elle faisait partie d’une région profondément <em>«punicisée»</em>. Saint Augustin lui-même, bien que citoyen romain de culture latine, se revendiquait fier de ses origines puniques. Car le punique était encore parlé par les populations rurales autour de Thagaste au IV<sup>e</sup> siècle apr. J.-C., soit plus de 500 ans après la chute de Carthage.</p>



<p>Augustin s’était formé intellectuellement à Carthage, y avait enseigné et avait passé une grande partie de sa vie dans la sphère d’influence carthaginoise. Il se définissait lui-même comme un <em>«fils de Carthage»</em> <sup>(3)</sup>, ce qui pousse les historiens tunisiens à rappeler que son héritage philosophique et théologique appartient à l’école de pensée de l’actuelle Tunisie.</p>



<p>À l&rsquo;époque, il se considérait comme un <em>«Africain»</em> au sens de la province d’Africa (Tunisie), et non selon des frontières nationales nées en 1962.</p>



<p>Même si ces grandes figures appartenaient à une époque où les frontières actuelles n’existaient pas formellement (la Numidie ou l’Afrique proconsulaire), leur existence résulte d’une culture et d’une civilisation punique incarnées par Carthage. Les transformer en <em>«citoyens»</em> d’un pays parce qu’ils auraient vécu, à un certain moment, dans des villes <em>«recouvrées»</em> est une incongruité.</p>



<p>Quelques mythomanes invétérés mènent aujourd’hui une politique active de <em>«patrimonialisation»</em> (colloques sur Massinissa, promotion du circuit de Saint Augustin) pour assoir une profondeur historique nationale qui fait défaut dans le récit colonial.&nbsp;Il est indubitable que même leurs concitoyens en Algérie, qui font preuve de discernement, ne peuvent que se dissocier de leurs supercheries. Saint Augustin et Massinissa ont agi dans un cadre géographique et politique dont Tunis-Carthage était le pôle majeur.</p>



<p>Cette territorialisation de l’histoire, où un pays cherche par tous les moyens à construire un récit national exclusif, est un anachronisme qui sert surtout des agendas politiques douteux. L’objectif serait vraisemblablement de créer un lien fictif direct. Il y a une inexactitude géographique qui utilise les frontières actuelles, imposées par le colonialisme, pour diviser des empires (Carthage, la Numidie, la Proconsulaire).</p>



<p>L’enseignement de l’histoire devient un outil détourné de légitimation politique plutôt qu’une discipline de recherche scientifique. Un exemple parmi d’autres, le Haut-Commissariat à l&rsquo;Amazighité en Algérie milite activement pour l’unification de ces concepts dans les manuels afin de consacrer l’image d’un État numide précurseur de l’Algérie ! Le débat sur l’usurpation vient souvent du fait que les frontières d’aujourd’hui ne correspondent pas aux réalités historiques durant des siècles. Une grande partie du patrimoine <em>«numide»</em> ou <em>«punique»</em> est partagée entre la Tunisie et ses voisins de l’Est comme de l’Ouest. Cependant, la Tunisie (l’ancienne Ifriqiya) a toujours été le centre névralgique, urbain et intellectuel de toute la région. </p>



<p>Une mise au point sur la situation de toutes ces figures historiques et du patrimoine, permet de distinguer les faits historiques des dynamiques de <em>«nationalisation»</em> de l’histoire.</p>



<p>Le concept d’Ifriqiya est un patrimoine centralisé à Tunis. Par contre historiquement, le terme<em> «Algérie»</em> est une création administrative bien plus tardive, alors que le terme Ifriqiya (dont dérive le nom Tunisie) désignait un ensemble cohérent incluant l’Est algérien actuel et la Tripolitaine.&nbsp;Quant à la controverse historique sur Cirta, j’ai eu l’occasion de l’aborder amplement dans un article précédent (4).</p>



<p>Ce procédé apocryphe appliqué à la géographie et à l’histoire sert à faire des raccourcis pour imposer une lecture biaisée. Cela s’apparente à de l’instrumentalisation ou <em>«mésusage»</em> de l’histoire et de la géographie. Lorsqu’on simplifie à l’extrême ou qu’on manipule ces disciplines, l’objectif est généralement de créer un récitqui semble, de premier abord, indiscutable parce qu’il s’appuie sur des <em>«faits»</em> — même si ces derniers sont sortis de leur contexte.</p>



<p>On projette arbitrairement des concepts modernes (nations, frontières…) sur des époques anciennes où ils n’existaient pas réellement sous ces formes. Le fait d’utiliser des toponymes anciens ou spécifiques pour nier l’identité actuelle d’un lieu, en modifiant légèrement le curseur, on transforme une analyse complexe en un outil de triviale propagande.</p>



<p>Après les guerres puniques, Carthage fut reconstruite par Rome, devenant l’une des provinces les plus prospères (Africa proconsulaire 146 av. J.-C. &#8211; 439 ap. J.-C.). Puis, elle a été envahie par les Vandales, suivie de la reconquête byzantine sous Justinien I<sup>er</sup> en 533. L’année 698 marqua un tournant définitif avec la fin de l’influence byzantine en Afrique du Nord. La confrontation décisive opposa les armées du Hassan Ibn Numan, aux forces de l’Exarchat de Carthage. Plutôt que de reconstruire Carthage, trop exposée aux attaques maritimes de la flotte byzantine, Tunis fut choisie en tant que site plus protégé.</p>



<p>En 705, Kairouan devint officiellement la capitale de l’Ifriqiya et la base de rayonnement au Maghreb. Sous la dynastie Aghlabide (800–909), la Tunisie connut une prospérité immense. On lança la conquête de la Sicile, le pays devient une puissance maritime majeure. Kairouan dirigeait la Tunisie, l’Est algérien, la Tripolitaine et avait même conquis la Sicile et Malte. L’Ifrîqiya proprement dite, comprenait les anciennes Proconsulaire (ou Zeugitane) et Byzacène, séparées depuis Dioclétien, d’autre part le Zâb (une province stratégique entre le Sahara et la Méditerranée, servant de carrefour commercial majeur). On rencontre également l’expression d’<em>«Ifrîqiya proprement dite»</em> chez H. R. Idris qui écrit : <em>«À l’Ifrîqiya proprement dite, ensemble de plaines où les communications sont faciles, rares les passages obligés et les massifs fermés, pays fortement organisé autour de Kairouan, s’oppose le Maghreb central, complexe de massifs montagneux, plus ou moins anarchiquement isolés les uns des autres»</em> <sup>(5)</sup>. Il retrouve là une distinction strictement géographique, voire topographique, qui rejoint implicitement des considérations plus politiques (opposition entre l’<em>«organisation»</em> autour de Kairouan et l’<em>«anarchie»</em> à l’ouest).</p>



<p>En 909, une nouvelle dynastie s’établit. L’Empire Fatimide avait englobé tout le Maghreb.&nbsp;Il fonda une nouvelle capitale sur la côte, Mahdia, avec son port militaire fortifié. Les Fatimides finirent par partir conquérir l’Égypte pour y fonder Le Caire, laissant la Tunisie sous la gestion des Zirides. Lorsque ces derniers rompirent avec le Caire, le calife fatimide envoya les tribus bédouines des Banu Hilal et des Banu Salim pour punir l’Ifriqiya. Avec les invasions hilaliennes (XI<sup>e</sup> siècle), c’était un tournant dramatique. Ces invasions entrainèrent une désorganisation immense, notamment de l’agriculture sédentaire.</p>



<p>Tunis devint la capitale de la Tunisie (Ifriqiya) en deux étapes majeures : elle fut d’abord promue sous les Almohades en 1159, puis son statut est définitivement scellé sous la dynastie des Hafsides en 1228. Les Almohades (1121-1269) chassaient les Normands Tunisie (qui occupaient les côtes) et unifiait le Maghreb. Au cours de cette période la notion de territoire tunisien <em>«central»</em> se cristallisa le mieux sous le nom d’Ifriqiya. L’empire almohade, affaibli militairement et idéologiquement, se désagrégea, perdant sa cohésion sous le règne d’Al-Ma’moun (1227-1232). C’est dans ce contexte de déclin que la Tunisie s’émancipa de fait sous la tutelle de la dynastie hafside.</p>



<p>En 1229, les Hafsides rejettent l’autorité des Almohades et deviennent maîtres de l’Ifriqiya. L’Empire Hafside (1229-1574) représenta l’âge d’or de l’État tunisien médiéval. À son apogée, le royaume hafside de Tunis s’étendait de Bougie (Béjaïa en Algérie actuelle) à l’ouest jusqu’à Tripoli à l’est. Tunis était alors la capitale culturelle et politique incontestée du Maghreb central et oriental. C’était sans doute la période la plus stable et la plus riche de la Tunisie médiévale. Des liens commerciaux intenses se nouèrent avec les cités italiennes (Venise, Gênes) et l’Espagne. La capitale Tunis était devenue l’une des cités les plus peuplées et les plus riches, au rayonnement intellectuelreconnu. C’est l’époque du grand historien et philosophe Ibn Khaldoun, père de la sociologie moderne.&nbsp;</p>



<p>Pour le pouvoir central de Tunis, la frontière incluait la province de Bougie, avec à sa tête un gouverneur doté de compétences élargies. Les premiers souverains hafsides maintinrent un contrôle direct sur cette région. Dès 1280 le sultan nomme son fils gouverneur de Bougie et de sa région, avec une autonomie de commandement (<em>Ibar</em>, VI, p. 685, <em>Berbères</em>, II, p. 384), reconnaissant la nécessité de donner à ce gouverneur les moyens de faire face à la menace des Abdelwadides ou des Mérinides à l’ouest. Vers 1370, le sultan de Tunis nomma à son tour à Bougie son fils aîné. Il lui céda son autorité sur les impôts et sur l’armée<em> (Ibar</em>, VI, p. 88, <em>Berbères</em>, III, p. 88.), lui donna <em>«le commandement absolu </em>[de sa ville et de sa province] <em>et la permission de prendre le titre, le cérémonial et les insignes de la royauté»</em> (<em>Ibar</em>, VI, p. 876, <em>Berbères</em>, III, p. 90.). Ces prérogatives exceptionnelles ne sont pas sans risque. On connaît le passage de la <em>Muqaddima </em>dans lequel Ibn Khaldûn explique que <em>«toute dynastie est plus forte à son centre qu’à ses frontières»,</em> où se manifeste souvent en premier la perte de vitalité de la dynastie <sup>(6)</sup>.</p>



<p>Cette situation provoqua en effet, à plusieurs reprises, des sécessions par rapport à Tunis. Néanmoins ces dernières étaient davantage motivées par les prétentions des émirs de Bougie au sultanat que par une réelle volonté d’indépendance, donc par un sentiment centrifuge. Lorsque le sultan Abû Zakariyâ’ (1228-1249) confie à son fils et héritier Abû Zakariyâ’ Yahyâ le gouvernement de Bougie, il étend la domination de ce dernier à l’ensemble des anciens territoires hammadides, avec des villes comme Alger, Constantine, Bône, et le territoire du Zâb : <em>«il donna à son fils le gouvernement de la marche de Bougie, capitale du royaume des Banû Hammâd et lui confia l’administration de l’ensemble de sa région»</em> (<em>Ibar</em>, VI, p. 619, <em>Berbères</em>, II, p. 329).</p>



<p>Ibn Khaldûn définit donc ce territoire frontière avant tout par un ensemble de villes dominées par Bougie, avec leurs arrière-pays. L’allégeance de ces villes envers le pouvoir central se manifeste par l’acceptation des gouverneurs envoyés par le souverain et par la <em>bay‘a</em> prononcée au moment de l’accession au trône de ce dernier, renouvelée régulièrement par la <em>khutba </em>prononcée en son nom.</p>



<p>La délimitation du territoire de cette marche occidentale repose donc sur une autre unité de base, la tribu. Mais il serait erroné de considérer ces tribus d’un point de vue purement ethnique, sans référence à l’espace<sup>(7)</sup>. Outre le fait que certaines de ces tribus sont sédentaires, le nomadisme n’exclut nullement la conscience d’un territoire tribal articulé autour de points d’eau et de zones de pâturages, à l’intérieur duquel se font les déplacements saisonniers. Il n’exclut pas plus le fait que ce territoire soit perçu comme faisant partie de l’espace de souveraineté d’un pouvoir d’État auquel la tribu faisait allégeance <sup>(8)</sup>.</p>



<p>Il s’agit de relever un fait authentifié, sous les Aghlabides, les Fatimides puis l’État Hafside qui s’étendait sur l’Ifriqiya, ce qui signifie que la Tunisie englobait des territoires allant de Bougie (Béjaïa) jusqu’aux environs de Tripoli, et incluait des zones de la Grande Kabylie notamment Alger et contrôlant des territoires jusqu’à la Grande Syrte (1228 à 1574). Le pays avait maintenu une autonomie politique forte, centrée sur Mahdia, Kairouan puis Tunis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">2- Alerte, face aux tentatives d&rsquo;expropriation mémorielle</h2>



<p>En 1574, la Tunisie fut appariée à l’Empire Ottoman, avant d’acquérir une autonomie relative à partir de 1705. Le règne de Hammouda Pacha (1782-1814) marqua l’apogée de la dynastie husseinite en Tunisie. Son autorité a été testée par plusieurs conflits armés contre la Régence d’Alger, où Mustapha Pacha a été assassiné et les chroniques mentionnent Ahmed II Pacha comme successeur, une période marquée par de forte agitation et de successions rapides. La milice des janissaires jouait un rôle prédominant dans la destitution ou l’assassinat des deys d’Alger, rendant le pouvoir instable.</p>



<p>Cherchant à mettre fin au tribut versé à Alger, Hammouda Pacha fit réparer les remparts de la Médina de Tunis, de la Kasbah, et fit construire de nouvelles casernes comme celle d’El Attarine. Il déclara la guerre au Dey d’Alger en 1807. Le conflit culmina lors de la bataille de Constantine, où les troupes d’Alger subirent une défaite décisive. La victoire la plus emblématique contre les Algériens (ou plutôt Algérois) a été celle de juillet 1807. Le vizir Youssouf Saheb Ettabaâ intercepta l’armée algérienne à l’Oued Sarrat et l’écrasa, l’obligeant à fuir et à abandonner son artillerie. Cette victoire permit à la Tunisie de ne plus payer le tribut annuel à Alger. Une seconde guerre éclata en 1813. Les défenses tunisiennes ont tenu bon. Les troupes algériennes ont tenté de pénétrer en Tunisie mais ont été maintenues à la frontière. Le conflit s’est achevé par un traité en décembre 1813, signé par le Dey Hadj Ali d’Alger et le Bey Hammouda Pacha de Tunis.</p>



<p>Avec les Husseinites, la Tunisie avait agi comme un État quasi indépendant du pouvoir ottoman, avec ses propres traités internationaux et son premier texte constitutionnel en 1861 (le premier de la sphère proche orientale).&nbsp;Il est documenté que cette quête d’autonomie s’est manifestée par des actions symboliques, les navires tunisiens utilisaient leur propre pavillon et refusaient de se conformer strictement à l’usage des fanions ottomans, surtout lors de la période d’autonomie croissante sous Ahmed Bey I (1837-1855). Mais, avec la signature du Traité du Bardo en 1881, la Tunisie fut placée sous domination française.</p>



<p>À travers ce rapide périple historique, il a été possible de constater que, depuis l’antiquité et durant des siècles, le pouvoir central sur une vaste superficie était basé à Carthage-Dougga, Le Kef, Kairouan, Mahdia puis à Tunis. Par conséquent, son autorité se déployait sur des espaces territoriaux plus vaste que ceux de la Tunisie actuelle, aussi bien à l’Est qu’à l’Ouest. Des villes comme Annaba (Hippone) ou Constantine étaient administrativement et culturellement rattachées à la mouvance tunisienne. Cette antériorité historique explique pourquoi de nombreux Tunisiens perçoivent les digressions actuelles comme une tromperie et une forme d’expropriation mémorielle.&nbsp;Dès la fin du Moyen Age, le discours comme la pratique montrent l’émergence d’une appréhension politique de l’espace, qui se développe à l’époque moderne et contemporaine. La marche de Bougie à l’époque hafside en offre un bon exemple <sup>(9)</sup>.</p>



<p>Depuis quelques années, de nombreux Tunisiens relèvent avec étonnement la diffusion de contrevérités instillées notamment sur les réseaux sociaux, traduisant des tentatives de captation du patrimoine tunisien par certains individus qui manquent de tact et souffrent d’une carence éducative. Cette posture fourbe touche au cœur de l’identité nationale et de la légitimité historique, elle représente une tentative de réappropriation patrimoniale. Ajoutant à ces divagations, les propos d’un ancien parlementaire algérien et expert économique, du nom de Houari Tigharsi, qui ont suscité une vive controverse. En juillet 2022 <sup>(10)</sup>, lors d’une intervention télévisée, ce quidam a qualifié la Tunisie de <em>«wilaya»</em> (province ou gouvernorat) de l’Algérie, dans une interview accordée à la chaîne <em>Sky News Arabia</em>.</p>



<p>Bien que ces propos n’engagent pas -heureusement- l’État algérien, ils ont provoqué une vague d’indignation et ont été largement relayés par des médias comme une ébauche de velléités hégémoniques. Certains observateurs notent que ce type de discours (qualifier la Tunisie de <em>«wilaya»</em>) circule parfois dans des cercles proches du pouvoir des voisins de l’Ouest sans être ouvertement approuvé, ce qui contribue à alimenter les critiques sur une volonté d’hégémonie régionale qui avancerait à pas de loup. Cette <em>«maladresse»</em> n’est pas un hasard. Elle répondrait à un besoin intériorisé de forger une identité nationale (sur le dos des autres) dans une profondeur historique mythique dépassant l’ère coloniale. Surtout, il n’y a pas eu de dénonciation officielle spécifique du gouvernement algérien concernant ces propos, alors qu’ils avaient provoqué une vive indignation en Tunisie, les autorités n’ont pas émis de condamnation publique directe à propos de ses déclarations.</p>



<p>Au-delà de ce personnage, la même expression est parfois utilisée de manière condescendante dans certains débats médiatiques algériens. En mai 2023, l’ambassadeur d’Algérie en Italie avait déclaré que Rome et Alger s’entendaient pour <em>«préserver la stabilité de la Tunisie»</em>, une phrase perçue à Tunis comme une forme d’ingérence (D’aucuns diront&nbsp;: de quoi je me mêle).</p>



<p>L’absence de justifications est précisément ce qui alimente régulièrement la rancœur d’une partie importante de l’opinion tunisienne, qui n’y voit non pas un dérapage isolé, mais le reflet d’une certaine perception condescendante persistante.</p>



<p>L’ancien diplomate Elyes Kasri <sup>(11)</sup> a été l’une des voix les plus critiques, alertant sur ce qu’il perçoit comme une <em>«dérive»</em>, certains observateurs allant jusqu’à évoquer ironiquement une transformation en <em>«70<sup>e</sup> wilaya algérienne»</em>. Il a récemment remis sur le tapis la question des territoires frontaliers (environ 20 000 km²) qui ont été intégrés à l’Algérie après l’indépendance, perçus par certains Tunisiens comme une spoliation historique.</p>



<p>Cette perception d’une <em>«main basse»</em> sur le patrimoine tunisien alimente effectivement de vifs débats, où la question de l’appropriation culturelle est devenue un sujet de tension récurrent.</p>



<p>Le conflit le plus emblématique concerne la zone saharienne et la célèbre Borne 233 (Garet El Hamel).&nbsp;La Tunisie revendiquait une bande de territoire au sud-ouest, s’étendant de la borne 222 (Fort Saint) jusqu’à la borne 233. Ce territoire, riche en ressources pétrolières (gisement d’Edjelé), aurait permis à la Tunisie d’étendre sa souveraineté sur environ 20 000 km². En plein conflit de Bizerte (1961), le président Habib Bourguiba a tenté de matérialiser cette souveraineté en envoyant un commando planter le drapeau tunisien sur la borne 233. Un affrontement armé avec les troupes françaises stationnées sur place fit 13 morts côté tunisien.</p>



<p>Il y a lieu de souligner que la frontière tuniso-algérienne a été historiquement une zone complexe, avec des barrages érigés pendant la guerre d’Algérie et des conflits territoriaux passés (1628, 1807). Les frontières actuelles sont en partie le résultat de négociations laborieuses, notamment le traité de 1628 entre la Régence indépendante de Tunis et la Régence du Dey d’Alger, qui est resté la base jusqu’à ce que les autorités militaires françaises en Algérie ne le remettent en cause en 1845.&nbsp;Les frontières modernes commencent à se dessiner, souvent au prix de conflits avec la Régence d’Alger à l’ouest (appelé traité d’Es-Settara), qui mit fin à la guerre et confirma la fixation de l’Oued Serrat comme frontière ouest. Les traités successifs ont fini par fixer les limites que nous connaissons aujourd’hui, bien que les tribus frontalières aient longtemps circulé librement.</p>



<p>L’examen des documents cartographiques coloniaux révèle que le tracé des frontières actuelles est le produit d’une série de conventions et de décisions administratives françaises qui ont systématiquement favorisé l’Algérie (alors considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Régence de Tunis.&nbsp;La Convention de 1901: un procès-verbal entre le gouverneur général d’Algérie et le résident général de France en Tunisie amorce le détachement de portions territoriales au profit de l’administration algérienne.</p>



<p>La Convention de Tripoli (1910)signée entre le Bey de Tunis et l’Empire Ottoman (pour la Tripolitaine), délimite la frontière sud. Bien qu’elle reconnaisse la borne 233 <sup>(12)</sup> (Garet El Hamel) comme point ultime du territoire tunisien, la France refusa par la suite d’appliquer strictement ce tracé pour conserver le contrôle sur des zones qu’elle considérait comme stratégiques.</p>



<p>Le grignotage du Sahara s’est effectué à travers les conventions successives en 1910 et 1929 qui ont entériné un<em> «découpage imaginaire»</em>. Avant que la France et l’Italie ne figent les frontières par des traités (comme celui de 1910 avec la Libye), les tribus et populations (comme les Werghemma) évoluaient dans un espace fluide, défiant les tentatives coloniales de fixer des limites territoriales strictes.</p>



<p>Il est clairement établi que la France privilégia l’unité administrative de son<em> «département algérien»</em>, annexant de facto des zones de parcours de tribus tunisiennes (comme les Frachich) pour garantir la sécurité des colons en Algérie.&nbsp;Le contentieux majeur portait donc sur une étendue de près de 20 000 km² (soit la superficie d’un pays comme la Slovénie) située au sud.&nbsp;Ce territoire englobe des zones riches comme El Borma, Ouargla et Berkine, piliers de l’actuelle puissance pétro-gazière algérienne.</p>



<p>Quant à la Borne 233, elle demeure le symbole de la spoliation. La France avait juridiquement reconnu son appartenance à la Tunisie, mais a maintenu une ambiguïté pour protéger le triangle stratégique Bir Romane &#8211; Borne 233 &#8211; Fort Saint.&nbsp;</p>



<p>L’accord de 1964, lors de la conférence du Caire, représentait un arrangement entre Habib Bourguiba et Ahmed Ben Bella. Il prévoyait la restitution de ces 20 000 km² à la Tunisie. Après la chute de Ben Bella en 1965, le nouveau pouvoir algérien (Boumediene) a refusé d’honorer cet accord, s’appuyant astucieusement sur le principe de l’OUA concernant <em>«l’intangibilité des frontières héritées du colonialisme»</em> pour sanctuariser ces gains territoriaux.&nbsp;</p>



<p>Ces documents montrent que la cartographie n’était pas un simple relevé géographique, mais un outil de gestion des conflits et d’expansion coloniale, transformant des limites de parcours tribaux en frontières d’État rigides au profit de l’entité la plus <em>«française»</em> du Maghreb à l’époque.&nbsp;</p>



<p>On ne peut que constater que la Tunisie a dû faire face à des tensions territoriales significatives avec ses voisins, principalement liées au legs de l’administration coloniale française qui avait favorisé l’Algérie (considérée comme un prolongement de la métropole) au détriment de la Tunisie.&nbsp;</p>



<p>Finalement, le pouvoir tunisien abandonna ses revendications pour préserver la paix, par des accords successifs : celui de 1970 sur le tracé sud (Bir Romane &#8211; Fort Saint)&nbsp;et celui de 1983 sur le tracé nord (Méditerranée &#8211; Bir Romane).&nbsp;</p>



<p>En dépit de toutes ces péripéties, Tunisiens et Algériens dans leur ensemble partagent des liens profonds et sont pour une coexistence pacifique. Car la proximité n’est pas seulement géographique, elle est humaine. Les familles transfrontalières, les mariages mixtes et l’histoire commune de la lutte pour l’indépendance créent un sentiment d’appartenance commune qui dépasse les discours politiques ou les polémiques de réseaux sociaux.&nbsp;</p>



<p>Les populations des deux pays aspirent avant tout à la paix, au développement économique et à la libre circulation sans arrière-pensées hégémoniques. La coexistence paisible est perçue comme la seule voie viable pour la prospérité régionale dans un monde de plus en plus instable.</p>



<p>Pourtant, ces <em>«fauteurs de troubles»</em> qui cherchent à semer la discorde, bénéficient souvent d’une visibilité disproportionnée sur internet, mais ils ne représentent pas la volonté des millions de Tunisiens et d’Algériens qui cultivent le respect et l’amitié au quotidien. Cette notion grotesque de <em>«grand frère»</em> est souvent perçue comme paternaliste et ne correspond pas aux aspirations des sociétés modernes qui privilégient le partenariat et l’égalité.</p>



<p>Une logique de respect mutuel est essentielle pour plusieurs raisons. Chaque nation a son propre parcours, ses défis et sa souveraineté à protéger. Le respect de ces spécificités est la base de toute relation saine et durable, c’est le meilleur rempart contre les malentendus. En se traitant d’égal à égal, la coopération devient plus efficace. Il ne s’agit pas de <em>«donner des leçons»</em>, mais de partager des solutions. Les termes de supériorité ou les tentatives d’ingérence sont souvent ceux qui alimentent les réactions de rejet. Toute tentative perçue comme hégémonique risque de compromettre les relations en brisant la confiance et en créant un déséquilibre qui génère inévitablement résistance et conflits. Ce qui crée un terrain propice aux blocages de communication, nuisant à la relation sur le long terme.</p>



<p>En somme, la force de la relation entre deux États souverains et ses citoyens réside dans cette capacité à se considérer comme des partenaires stratégiques, sans qu&rsquo;une tutelle morale ou politique ne vienne entacher cette amitié. À bon entendeur, salut&nbsp;!</p>



<p><em>* Ecrivain.</em></p>



<p><strong><em>Notes&nbsp;:</em></strong></p>



<p><em>1- Lucien Febvre, “Frontières : le mot et la notion”, Bulletin du Centre International de Synthèse, XLV, 1928, repris dans Pour une histoire à entière, Paris, 1962, p. 17-18.</em></p>



<p><em>2- Dougga (Thugga). Études épigraphiques<strong> &#8211; </strong>Sous la direction de Mustapha Khanoussi et Louis Maurin, Ausonius Éditions,1997, 278 pages.</em></p>



<p><em>3- Saint Augustin, numide universel, La Vie, 16/04/2026.</em></p>



<p><em>4- Carthage, la Tunisienne (1-2), Nos ancêtres les Massyles, Kapitalis, 5 et 6 juillet 2025.</em></p>



<p><em>5</em>&#8211; <em>Hady-Roger Idris, La Berbérie orientale sous les Zirides, X<sup>ème</sup>-XII<sup>ème</sup> siècle, Paris, 1962, p. 409.</em></p>



<p><em>6- Ibn Khaldûn, Discours sur l’Histoire universelle. Al-Muqaddima, trad. Vincent Monteil, Paris, 1967-8, p. 318.</em></p>



<p><em>7- Voir notamment les réflexions de Laroussi Amri, et sa critique des thèses d’É.-F. Gautier, Pour une sociologie 8 &#8211; des ruptures. La tribu au Maghreb médiéval, Tunis, 1997, p. 189 sqq.</em></p>



<p><em>8- Sur ce rapport entre allégeance et territoire, voir notamment Vincent Geisser, Rapport préliminaire à l’atelier «formes d’allégeances et territorialisation», Villes et territoires au Maghreb, op.cit., p. 115-117.</em></p>



<p><em>9 &#8211; Cf. Dominique Valérian, Bougie, port maghrébin à la fin du Moyen Age, thèse d’université, Université Paris I, décembre 2000.</em></p>



<p><em>10- Tunisie numérique, 18 juillet 2022.</em></p>



<p><em>11 &#8211;</em> <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/05/carthage-la-tunisienne-1-2/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Carthage Tunisienne</a>, <em>Kapitalis, 2 nov. 2025.</em></p>



<p><em>12- Ben Salem, Mohamed Mémoire DES de Droit Public : l&rsquo;affaire de la borne 233</em>&#8211;<em>Faculté Droit de Tunis-1971-1972.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fmsJcYGVfb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/">Carthage, la «Tunisienne» | Nos ancêtres les Massyles (2-2)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carthage, la «Tunisienne» | Nos ancêtres les Massyles (2-2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/embed/#?secret=xdeOCO7syZ#?secret=fmsJcYGVfb" data-secret="fmsJcYGVfb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/20/non-a-la-captation-du-patrimoine-de-la-tunisie/">Non à la captation du patrimoine de la Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Décès de Mohammed Harbi, historien majeur du nationalisme algérien</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 02 Jan 2026 07:17:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[El Harrouch]]></category>
		<category><![CDATA[FLN]]></category>
		<category><![CDATA[guerre de libération]]></category>
		<category><![CDATA[Houari Boumediene]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed Harbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’historien de la révolution algérienne Mohammed Harbi est décédé le 1ᵉʳ janvier 2026 à Paris, à l’âge de 92 ans, </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/deces-de-mohammed-harbi-historien-majeur-du-nationalisme-algerien/">Décès de Mohammed Harbi, historien majeur du nationalisme algérien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’historien algérien Mohammed Harbi est décédé le 1ᵉʳ janvier 2026 à Paris, à l’âge de 92 ans, après avoir lutté plusieurs jours contre une infection pulmonaire. La disparition de cette figure intellectuelle de premier plan marque la fin d’un parcours exceptionnel, à la croisée du militantisme politique, de la recherche historique et de la critique du pouvoir postcolonial.</em></strong></p>



<span id="more-18175994"></span>



<p>Né le 16 juin 1933 à El Harrouch, dans l’Est de l’Algérie alors sous domination coloniale française, Mohammed Harbi s’engage très tôt dans le mouvement nationaliste. Il rejoint successivement le Parti du peuple algérien (PPA) puis le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD), organisations qui constitueront le socle politique du futur Front de libération nationale (FLN).</p>



<p>Arrivé à Paris en 1952 pour poursuivre ses études, Harbi combine activité universitaire et engagement militant, notamment au sein de la Fédération de France du FLN pendant la guerre de libération.</p>



<p>De l’activisme politique à l’historiographie</p>



<p>Après l’indépendance de l’Algérie en 1962, il participe aux premières expériences politiques du nouvel État. Proche du président Ahmed Ben Bella, il devient conseiller technique et s’investit dans la revue <em>Révolution africaine</em>. Défenseur d’un socialisme inspiré du marxisme, il soutient l’expérience de l’autogestion, perçue alors comme un projet de transformation sociale et politique.</p>



<p>Le coup d’État de Houari Boumediene en 1965 constitue un tournant décisif. Opposé à l’instauration d’un régime autoritaire, Harbi entre en dissidence. Il est arrêté, emprisonné, puis placé en résidence surveillée. Cette rupture avec le pouvoir marque une étape essentielle dans son itinéraire intellectuel : l’ancien acteur politique va progressivement se consacrer à l’analyse critique de l’histoire contemporaine algérienne.</p>



<p>En 1973, il parvient à quitter clandestinement l’Algérie et s’installe en France. Il entame alors une carrière universitaire, notamment à l’université Paris-VIII, où il enseigne l’histoire et développe une œuvre historiographique qui fera date. Harbi devient l’un des premiers historiens algériens à interroger de manière méthodique les récits officiels de la guerre de libération et de la construction de l’État post-indépendance.</p>



<p>Son ouvrage ‘‘<em>Le FLN, mirage et réalité</em>’’, publié en 1980, constitue une référence incontournable. S’appuyant sur une documentation rigoureuse et une connaissance intime des mécanismes internes du mouvement nationaliste, il y analyse les luttes de pouvoir, les exclusions et la progressive confiscation de la souveraineté populaire. Il poursuivra ce travail avec ‘‘<em>Les Archives de la révolution algérienne’’</em>, contribuant à ouvrir un champ historiographique longtemps verrouillé.</p>



<p>Rigueur intellectuelle et indépendance d’esprit</p>



<p>Reconnu pour sa rigueur intellectuelle, son indépendance d’esprit et son refus des mythes politiques, Harbi a constamment défendu la liberté de recherche et le pluralisme historiographique. Jusqu’à la fin de sa vie, il a insisté sur la nécessité de regarder le passé avec lucidité afin de construire des sociétés fondées sur le droit, la citoyenneté et la responsabilité politique.</p>



<p>Son dernier ouvrage publié, la traduction en tamazight du premier tome de ses mémoires, <em>‘‘Tudert deg iseɣ’’</em> (Koukou Éditions, 2024), témoigne de son attachement à la transmission et à la pluralité culturelle.</p>



<p>Avec la disparition de Mohammed Harbi, l’Algérie et le Maghreb perdent un historien majeur, dont l’œuvre demeure une référence essentielle pour comprendre le nationalisme algérien, ses espoirs, ses impasses et ses héritages.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SfEGM79B3d"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/mohammed-harbi-et-les-derives-du-nationalisme-algerien/">Mohammed Harbi et les dérives du nationalisme algérien</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mohammed Harbi et les dérives du nationalisme algérien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/02/mohammed-harbi-et-les-derives-du-nationalisme-algerien/embed/#?secret=jswV6F8Hn5#?secret=SfEGM79B3d" data-secret="SfEGM79B3d" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Algérie &#124; Prison avec sursis pour le journaliste Saad Bouakba</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/algerie-prison-avec-sursis-pour-le-journaliste-saad-bouakba/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Dec 2025 11:32:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[MEDIA]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abderahmane Hiraoui]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[liberté de la presse]]></category>
		<category><![CDATA[Saad Bouakba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une peine de 3 ans de prison avec sursis contre le journaliste Saad Bouakba, figure de la presse nationale algérienne .</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/algerie-prison-avec-sursis-pour-le-journaliste-saad-bouakba/">Algérie | Prison avec sursis pour le journaliste Saad Bouakba</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le tribunal de Bir Mourad Raïs à Alger a prononcé, jeudi 4 décembre 2025, une peine de 3 ans de prison avec sursis contre le journaliste algérien Saad Bouakba, figure de la presse nationale. Un jugement qui lui permet de quitter le tribunal libre, mais qui relance des questions sensibles sur l’histoire officielle, la liberté de critique et la place de la presse indépendante en Algérie.</em></strong></p>



<span id="more-18036386"></span>



<p>La plainte avait été déposée par Mahdia Ben Bella, fille de l’ancien président Ahmed Ben Bella, avec le soutien du ministère des Moudjahidine, au titre de <em>«l’atteinte à un symbole de l’État»</em>. En cause : des propos tenus par Bouakba dans un entretien diffusé sur la plateforme <em>Ru’ya</em>, où il évoquait la gestion douteuse des fonds du Front de libération nationale (FLN) en se référant à un ouvrage ancien.</p>



<p>La famille Ben Bella a dénoncé une accusation <em>«diffamatoire»</em> et <em>«inacceptable» </em>de l’ancien président.</p>



<p>L’audience a attiré de nombreux journalistes, avocats et acteurs du monde public, dans une atmosphère tendue. Le procureur avait requis sept ans de prison ferme contre Bouakba et deux ans de prison ferme contre Abderahmane Hiraoui, directeur de la plateforme.</p>



<p>Le verdict final est moins lourd : 3 ans avec sursis pour Bouakba ; 1 an avec sursis pour Hiraoui; fermeture de la plateforme <em>Ru’ya</em> et confiscation de son matériel.</p>



<p>Âgé de 72 ans, Saad Bouakba — dont la carrière s’étend sur plus d’un demi-siècle — a nié toute volonté d’atteinte à la mémoire du premier président de l’Algérie indépendante. Il a affirmé que ses propos s’appuyaient sur un ouvrage publié par un ancien responsable bancaire suisse dans les années 1980, jamais officiellement démenti.</p>



<p>Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs journalistes font l’objet de poursuites en Algérie, notamment pour diffamation, atteinte aux institutions ou diffusion d’<em>«informations fausses»</em>.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CL7inxQlcB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/algerie-saad-bouakba-poursuivi-en-justice-pour-avoir-interroge-lhistoire/">Algérie | Saâd Bouakba poursuivi en justice pour avoir interrogé l’histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Algérie | Saâd Bouakba poursuivi en justice pour avoir interrogé l’histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/algerie-saad-bouakba-poursuivi-en-justice-pour-avoir-interroge-lhistoire/embed/#?secret=LqAqedTS6m#?secret=CL7inxQlcB" data-secret="CL7inxQlcB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/05/algerie-prison-avec-sursis-pour-le-journaliste-saad-bouakba/">Algérie | Prison avec sursis pour le journaliste Saad Bouakba</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Algérie &#124; Saâd Bouakba poursuivi en justice pour avoir interrogé l’histoire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/algerie-saad-bouakba-poursuivi-en-justice-pour-avoir-interroge-lhistoire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 02 Dec 2025 08:20:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[FLN]]></category>
		<category><![CDATA[Saâd Bouakba]]></category>
		<category><![CDATA[Saïd Sadi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’incarcération en Algérie du journaliste Saâd Bouakba, 79 ans, pour «atteinte aux symboles de la Révolution» ouvre une nouvelle crise. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/algerie-saad-bouakba-poursuivi-en-justice-pour-avoir-interroge-lhistoire/">Algérie | Saâd Bouakba poursuivi en justice pour avoir interrogé l’histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’incarcération du journaliste Saâd Bouakba, 79 ans, pour «atteinte aux symboles de la Révolution» ouvre une crise qui dépasse largement son cas personnel. Au-delà de la procédure engagée à la suite d’une plainte déposée par la fille du premier président algérien, Ahmed Ben Bella, c’est une question fondamentale qui surgit : peut-on débattre librement, en Algérie, de l’histoire, de ses zones d’ombre, de ses conflits internes ? </em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<span id="more-18013073"></span>



<p>Cette interrogation a poussé Saïd Sadi, ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) et député d’Alger, à publier une mise en garde sévère contre ce qu’il appelle le <em>«chaos mémoriel»</em> où il relance un débat central : qui a le droit d’interroger l’histoire algérienne ?</p>



<p>La judiciarisation de propos portant sur l’histoire du FLN n’est pas anodine. Dans une récente interview, Saâd Bouakba évoquait les zones grises liées à la gestion du <em>«trésor de la Révolution»</em> et les luttes internes qui ont marqué la période postindépendance. Des sujets sensibles, déjà étudiés par des historiens algériens et étrangers, mais rarement discutés publiquement sans provoquer de vives réactions.</p>



<p>Cette fois, la réaction a pris la forme d’un mandat de dépôt et d’une action en justice engagée par des institutions publiques. C’est un tournant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Saïd Sadi alerte sur une dérive mémorielle</h2>



<p>Pour Saïd Sadi, l’affaire Bouakba dépasse les limites du dossier judiciaire. Elle s’inscrit dans une dynamique préoccupante où l’histoire devient un terrain de surveillance et de punition.</p>



<p>L’ancien dirigeant du RCD rappelle que des critiques plus dures ont été formulées depuis les années 1980 sans jamais conduire à des poursuites. Qu’évoque alors cette volonté nouvelle de contrôler les récits ?</p>



<p>Selon lui, il s’agit là d’une tentative d’instaurer une <em>«orthodoxie mémorielle»</em>, un récit unique sur la Révolution, qui reléguerait toutes les lectures alternatives ou critiques au rang d’atteintes sacrées. Sadi met en garde : un pays qui clôt le débat sur son passé se condamne à ne plus comprendre son présent.</p>



<p>Ce qui inquiète une partie de l’opinion publique, c’est le glissement d’un débat d’historiens vers un contentieux pénal. Est-ce à la justice de trancher la manière dont un événement doit être raconté ? À partir de quand une version divergente devient-elle une offense ? Et surtout : qui définit ce qu’est un <em>«symbole»</em> ou une <em>«atteinte»</em> ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Criminalisation du débat historique</h2>



<p>L’enjeu n’est pas de valider ou d’invalider les propos de Bouakba. L’enjeu, c’est le droit d’interroger — en tant que journaliste, chercheur, citoyen — des faits qui relèvent du domaine public et de la construction nationale. Lorsque ce droit se restreint, c’est l’espace civique qui se rétrécit.</p>



<p>L’Algérie est traversée par plusieurs mémoires : celles des combattants, des exclus du récit officiel, des témoins silencieux, des chercheurs qui tentent d’apporter nuance et documents… Vouloir figer cette pluralité dans un récit unique, sanctifié, revient à effacer une partie du vécu collectif. Or, le passé algérien est complexe : il comporte des grandeurs, des fautes, des silences, et des contradictions.</p>



<p>Une mémoire vivante ne doit pas être une mémoire punie. Aussi cette affaire est-elle un test pour la liberté d’expression et pour l’avenir du pays. Elle pourrait devenir un tournant. Car si la justice s’installe durablement dans la régulation du récit historique, d’autres voix critiques pourraient être inquiétées. Mais elle pourrait (ou devrait) aussi ouvrir un débat, un vrai, sur la manière de réconcilier histoire et mémoire, sans menaces ni interdits.</p>



<p>Cette séquence soulève une question centrale : veut-on une mémoire contrôlée, ou une mémoire partagée ? L’histoire ne se défend pas en emprisonnant ceux qui l’interrogent. Elle se défend en ouvrant les archives, en encourageant la recherche, en acceptant la complexité — et en laissant le débat public respirer.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/02/algerie-saad-bouakba-poursuivi-en-justice-pour-avoir-interroge-lhistoire/">Algérie | Saâd Bouakba poursuivi en justice pour avoir interrogé l’histoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Histoire &#124; Ces territoires tunisiens accaparés par l’Algérie   </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Nov 2025 09:52:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Berkine]]></category>
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		<category><![CDATA[Elyes Kasri]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Houari Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Ouargla]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après les développements de la question du Sahara occidental, des voix rappellent les territoires tunisiens accaparés par l’Algérie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/histoire-ces-territoires-tunisiens-accapares-par-lalgerie/">Histoire | Ces territoires tunisiens accaparés par l’Algérie   </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Après le vote, vendredi 31 octobre 2025, par le Conseil de Sécurité de l’Onu de la résolution 2797 (2025) stipulant le règlement pacifique du conflit du Sahara Occidental dans le cadre de l’autodétermination de la population sahraouie sous la souveraineté marocaine, des voix s’élèvent en Tunisie pour rappeler à notre souvenir les territoires tunisiens accaparés par l’Algérie.</em></strong> <em>(Ph. Bourguiba reçoit Boumediene à Tunis en 1972). </em></p>



<span id="more-17790248"></span>



<p>C’est le cas de l’ancien diplomate Elyes Kasri qui, dans un<a href="https://www.facebook.com/story.php?story_fbid=1574139797374771&amp;id=100043362961998&amp;mibextid=wwXIfr&amp;rdid=75054IwfOeN4siAA#" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> post Facebook</a>, publié ce dimanche 2 novembre, s’est insurgé contre ce qu’il appelle les<em> «adeptes de la ‘‘khawakhawite’’ </em>[par allusion aux Tunisiens frappés d’un tropisme algérien, Ndlr]<em> qui refusent obstinément, par aveuglement idéologique ou par instinct de soumission, avec des relents masochistes et antipatriotiques, d’admettre la défaite stratégique du régime algérien et la mise à nu implicite de sa gloutonnerie territoriale au détriment de ses voisins»</em>.</p>



<p>Le diplomate appelle ses compatriotes à se mettre <em>«pour une fois du côté de la souveraineté de la Tunisie et de son intégrité territoriale.»</em></p>



<p>Elyes Kasri fait ici allusion à un contentieux territorial assez méconnu : celui des 20 000 km² de territoire tunisien accaparés par l’Algérie. Derrière le tracé imposé par les <em>«Frères algériens»</em> se cachent les gisements d’El Borma, d’Ouargla et de Berkine, piliers de la puissance pétrolière algérienne actuelle. Cette injustice historique, que le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) avait promis de réparer dès que l’indépendance algérienne serait acquise, Habib Bourguiba a tenté en vain de la réparer après 1962. Mais le militaire Houari Boumediene, qui a éjecté le civil Ahmed Ben Bella du pouvoir à Alger en 1965, n’en voulait plus parler. Il y a certes eu des négociations tendues tout au long des années 1960, mais Bourguiba, en position de faiblesse, a préféré capituler et acter l’abandon des territoires objet de contentieux par un protocole d’accord signé en avril 1968 confirmé par un protocole d’accord complémentaire signé en janvier 1970. (<a href="https://www.youtube.com/watch?v=gQgvkwrsgDw" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Vidéo: Bourguiba parle de Boumediene</a>).</p>



<p>C’est de l’Histoire ancienne, certes, mais il y a des moments dans la vie des peuples où certains faits doivent être rappelés pour que le présent et l’avenir puissent être éclairés par le passé.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.  </strong> </p>



<p><strong><em>Lire à ce sujet :</em></strong> <a href="https://fr.le360.ma/monde/territoires-tunisiens-spolies-par-lalgerie-genese-des-revendications-contemporaines_NVQPTNSE5FABNJL3SNQJ5ORW4M/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Territoires tunisiens spoliés par l’Algérie: genèse des revendications contemporaines»</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UYQDxkaXIX"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/01/le-sahara-occidental-revient-au-maroc-juste-retour-de-lhistoire/">Le Sahara occidental revient au Maroc | Juste retour de l’Histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Sahara occidental revient au Maroc | Juste retour de l’Histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/01/le-sahara-occidental-revient-au-maroc-juste-retour-de-lhistoire/embed/#?secret=QGSsJz6vlq#?secret=UYQDxkaXIX" data-secret="UYQDxkaXIX" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<title>Mohamed Boudiaf │ Un espoir brisé, une mémoire ravivée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/29/mohamed-boudiaf-%e2%94%82-un-espoir-brise-une-memoire-ravivee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Jun 2025 12:18:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Chadly Bendjedid]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Boudiaf]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Mediène]]></category>
		<category><![CDATA[Saida Abouba]]></category>
		<category><![CDATA[Sid Ahmed Ghozali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>‘‘Boudiaf, un espoir brisé’’ est le premier roman de Saida Abouba, qui sur l’assassinat tragique de l’ancien président algérien Mohamed Boudiaf. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/29/mohamed-boudiaf-%e2%94%82-un-espoir-brise-une-memoire-ravivee/">Mohamed Boudiaf │ Un espoir brisé, une mémoire ravivée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>‘‘Boudiaf, un espoir brisé’’ est le titre du premier roman de Saida Abouba, une œuvre forte et émouvante qui revient sur l’assassinat tragique de l’ancien président Mohamed Boudiaf, le 29 juin 1992, événement marquant et douloureux de l’histoire algérienne récente, dont on commémore aujourd’hui le 33<sup>e</sup> anniversaire.</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-16894258"></span>



<p>Loin du simple récit historique, l’autrice fait le choix de la fiction romanesque pour porter la voix d’un peuple meurtri et exprimer les déchirements intimes et collectifs suscités par cette disparition brutale.</p>



<p>Par une écriture directe, sincère et souvent très intense, Saida Abouba donne vie à des personnages profondément humains, ancrés dans le quotidien d’une Algérie en crise. Ces figures incarnent à la fois la douleur, la colère, la résilience et la quête de justice. Elles sont le reflet d’une société fracturée, qui peine à panser ses blessures et à retrouver confiance en l’avenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un moment charnière</h2>



<p>Le roman ne se focalise pas sur la reconstitution biographique de Mohamed Boudiaf, mais plutôt sur l’impact moral et psychologique que son assassinat a eu sur la nation algérienne. Il restitue avec force et pudeur le choc collectif, la désillusion, et la peur d’un avenir incertain.</p>



<p>À travers la fiction, Saida Abouba interroge ce moment charnière qui a ouvert la décennie noire, avec ses violences et ses silences pesants.</p>



<p>Ce récit est aussi un message adressé aux jeunes générations, souvent éloignées des drames passés mais néanmoins héritières de leurs conséquences.</p>



<p>L’autrice invite à une prise de conscience, à une transmission de la mémoire comme une responsabilité sacrée, un devoir de vigilance face aux dangers de l’oubli. Ce roman se présente ainsi comme un pont entre passé et présent, entre mémoire et espoir.</p>



<p><em>‘‘Boudiaf, un espoir brisé’’</em> est donc plus qu’un simple hommage. C’est une œuvre de littérature engagée, qui mêle émotion, témoignage et dénonciation. Par la force de son écriture, Saida Abouba affirme la nécessité de raconter ce qui ne doit jamais se taire, et ouvre une nouvelle voix dans la littérature algérienne contemporaine.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour rappel</h2>



<p>Au retour d’un long exil au Maroc (1962-1992), suite à un désaccord avec Ahmed Ben Bella, Boudiaf débarque à Alger, le 16 janvier 1992, après la démission du président Chadly Bendjedid cinq jours plus tôt. Il est rappelé en Algérie pour devenir le président du Haut Comité d’État, en charge provisoire des pouvoirs de chef de l’État. Il apparait alors comme un homme nouveau sans lien avec l&rsquo;establishment politique et militaire. </p>



<p>Souhaitant une Algérie démocratique tournée vers la modernité, Boudiaf dit vouloir mettre fin à la corruption qui gangrenait l’État. En juin de la même année, il lance un nouveau parti politique, le Rassemblement patriotique national. Au même moment, il envisage de limoger le général Mohamed Mediène, le chef du gouvernement Sid Ahmed Ghozali et de lancer une purge anticorruption. La suite on la connaît : l’Algérie plonge dans une <em>«décennie noire»</em>… En est-elle vraiment sortie ?</p>



<p>L&rsquo;erreur fatale de Boudiaf : il s’est pris au sérieux, un peu trop au regard de son ou de ses assassins. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/29/mohamed-boudiaf-%e2%94%82-un-espoir-brise-une-memoire-ravivee/">Mohamed Boudiaf │ Un espoir brisé, une mémoire ravivée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Entretien avec Hamid Grine &#124; Lumière brisée de Jean Sénac</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/30/entretien-avec-hamid-grine-lumiere-brisee-de-jean-senac/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 30 Mar 2025 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Taleb-Ibrahimi]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Hamid Grine]]></category>
		<category><![CDATA[homosexualité]]></category>
		<category><![CDATA[Houari Boumédiène]]></category>
		<category><![CDATA[Jean Sénac]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hamid Grine revient sur l’assassinat mystérieux, en 1971, de Jean Sénac, poète engagé et fervent défenseur d’une Algérie libre et fraternelle.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/30/entretien-avec-hamid-grine-lumiere-brisee-de-jean-senac/">Entretien avec Hamid Grine | Lumière brisée de Jean Sénac</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans son dernier ouvrage, ‘‘Sénac et son diable’’ (coédité par Rives, Alger, Algérie, et Gaussen, Marseille, France, en mars 2025), Hamid Grine * revient sur l’assassinat mystérieux de Jean Sénac, poète engagé et fervent défenseur d’une Algérie libre et fraternelle, dont la vie et la mort restent entourées de zones d’ombre.</em></strong></p>



<p>Entretien réalisé par <strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-16035832"></span>



<p>À travers cette enquête, l’auteur s’attache à déconstruire les récits romancés qui ont longtemps entouré cette affaire pour restituer une vérité plus nuancée. Crime politique ou crime de mœurs ? Figure mythifiée ou poète incompris ? Sénac était-il un martyr ou un homme en décalage avec son époque ? Autant de questions auxquelles l’auteur tente de répondre en s’appuyant sur des témoignages inédits et des documents d’archives.</p>



<p>Dans cet entretien, Hamid Grine nous plonge au cœur de son investigation, tout en interrogeant la place de l’intellectuel en Algérie et la mémoire parfois sélective d’une nation en quête de vérité.</p>



<p><strong><em>Kapitalis : Pourquoi avoir choisi de revenir sur le crime de Jean Sénac plus de 50 ans après sa mort ? Qu’est-ce qui vous a poussé à écrire ce livre ?</em></strong></p>



<p><strong>Hamid Grine</strong> : Deux raisons m’ont motivé. La première est sentimentale. Jean Sénac a marqué ma jeunesse à travers son émission <em>‘‘Poésie sur tous les fronts’’</em> (1967-1971), que je suivais assidûment. Il me faisait rêver, et je fais partie de ceux qui n’oublient jamais les rêves de leur jeunesse. Son assassinat a été un choc immense pour le jeune lycéen que j’étais alors. On avait tué une possibilité de rêve et d’évasion.</p>



<p>La seconde raison est liée à mon insatisfaction vis-à-vis des différentes versions biographiques sur son assassinat. J’ai vécu dans l’Alger de Sénac, que j’ai connu furtivement, et la ville qu’il décrivait ne correspondait pas à celle que je connaissais. J’ai voulu creuser plus profondément.</p>



<p><strong><em>Dans votre enquête, vous affirmez que l’assassinat de Sénac n’était pas un crime politique mais un crime de mœurs. Qu’est-ce qui vous permet d’en être certain ?</em></strong></p>



<p>J’ai eu la chance, juste après la mort de Sénac, d’assister à un dîner en présence d’un officier de police ayant participé à l’enquête. Il nous a fourni des arguments solides : Sénac n’était pas un opposant politique, bien au contraire, il soutenait le régime. S’il avait été perçu comme une menace, il aurait été expulsé vers la France.</p>



<p>L’officier nous a aussi expliqué que Sénac était très imprudent. Il draguait ouvertement des hommes dans une société machiste et mettait chez lui des amants de passage qu’il connaissait à peine. Son fils adoptif, Jacques Miel, l’avait averti à plusieurs reprises du danger qu’il courait et lui conseillait de rentrer en France.</p>



<p>Quant à l’hypothèse d’un crime islamiste, elle ne tient pas la route : les islamistes n’étaient pas encore une force structurée en 1973. Ce mouvement n’a émergé qu’en 1976, lors du débat sur la Charte nationale, comme l’a confirmé le général-major Benyelles dans ses mémoires.</p>



<p><strong><em>Quels ont été les éléments les plus marquants ou surprenants que vous avez découverts au cours de votre recherche ?</em></strong></p>



<p>Deux rencontres ont été cruciales. La première, avec l’assassin présumé, que personne n’avait interrogé auparavant. La seconde, avec Ahmed Taleb-Ibrahimi, ministre de l’Information et de la Culture à l’époque de Sénac, qui m’a apporté un éclairage inédit sur la perception du poète par le pouvoir.</p>



<p><strong><em>Pouvez-vous nous en dire plus sur l’enquête judiciaire qui a eu lieu à l’époque ?</em></strong></p>



<p>La police algérienne a mené une enquête rigoureuse. Aucun suspect n’a été ignoré. Certains amants de Sénac, même ceux résidant à 400 km d’Alger, ont été interrogés à plusieurs reprises. Ses proches ont dû fournir des alibis.</p>



<p>Un diplomate, qui avait accompagné Sénac en chasse de <em>«chair fraîche»</em> en Oranie un mois avant le meurtre, témoigne du sérieux de l’enquête. Pourtant, certains continuent de nier la nature crapuleuse du crime sans aucun argument solide.</p>



<p><strong><em>Comment cette enquête a-t-elle été perçue par les proches de Sénac et par la société ?</em></strong></p>



<p>Ses proches, pour la plupart, ont refusé d’admettre la culpabilité du jeune homme arrêté. Ils reprennent le narratif de Sénac lui-même, qui se voyait mourir en Lorca.</p>



<p>Quant à la société, Sénac n’était connu et apprécié que d’une élite culturelle. Un poète proche de lui a reconnu dans un quotidien algérien le caractère homophobe du crime et le sérieux de l’enquête.</p>



<p><strong><em>L’annulation de la condamnation de l’accusé par Houari Boumediene a suscité des spéculations. Quel impact cette décision a-t-elle eu ?</em></strong></p>



<p>Elle a semé le doute chez les proches et les biographes de Sénac, en raison du manque de communication des autorités. Pourtant, il n’y avait rien de mystérieux : la justice a suivi ses procédures et l’accusé a été libéré après une révision de son procès.</p>



<p><strong><em>Jean Sénac apparaît comme un poète engagé mais aussi profondément solitaire. Comment son rapport à la société algérienne a-t-il évolué ?</em></strong></p>



<p>Sénac n’était pas un solitaire. Il était toujours entouré d’amis et d’amants. Mais il a connu trois périodes distinctes : sous Ahmed Ben Bella, il était un acteur culturel central; sous Boumediene, ses relations au pouvoir se sont étiolées.</p>



<p>Après son départ de la radio en 1971, il a sombré dans la dépression et l’excès, se sentant mis à l’écart.</p>



<p><strong><em>Sa marginalisation, notamment due à son homosexualité, a-t-elle influencé son parcours ?</em></strong></p>



<p>Hamid Grine : Absolument. Son homosexualité affichée et provocatrice lui a porté préjudice dans une société conservatrice. S’il avait été plus discret, son sort aurait peut-être été différent.</p>



<p><strong><em>Quel message espérez-vous transmettre avec ce livre ?</em></strong></p>



<p>Je voulais raconter un homme tel qu’il était, loin des clichés et des fantasmes. C’est un livre de bonne foi, comme dirait Montaigne.</p>



<p><strong><em>Pensez-vous que votre livre contribuera à la réhabilitation de la mémoire de Sénac ?</em></strong></p>



<p>L’avenir nous le dira. Aujourd’hui, en Algérie, on parle peu de Sénac, et quand on le fait, c’est davantage pour son assassinat que pour son œuvre.</p>



<p>* <em>Hamid Grine, né le 20 juin 1954 à Biskra, est un écrivain, romancier et ancien journaliste algérien. Auteur d’une œuvre riche et variée, il s’est illustré aussi bien dans le roman que dans l’essai, explorant des thématiques allant de l’identité à la mémoire, en passant par le pouvoir et la société algérienne contemporaine.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/30/entretien-avec-hamid-grine-lumiere-brisee-de-jean-senac/">Entretien avec Hamid Grine | Lumière brisée de Jean Sénac</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Nov 2022 06:23:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Bella]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Rahmouni]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Néo Destour]]></category>
		<category><![CDATA[Salah Ben Youssef]]></category>
		<category><![CDATA[Thala]]></category>
		<category><![CDATA[Zitouna]]></category>
		<category><![CDATA[Zitouniens]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ahmed Rahmouni, patriote ou traître, piétiné dans le conflit existentiel ayant opposé Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/">Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>C’est l’histoire d’un clerc pris dans la tourmente de l’Histoire&nbsp;: Ahmed Rahmouni, patriote ou traître, piétiné dans le conflit existentiel ayant opposé, au milieu du siècle dernier, les deux «frères» ennemis&nbsp;: Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef. &nbsp;&nbsp;&nbsp;</em></strong></p>



<p>Par<strong> Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-4885071"></span>



<p>Il y avait eu au début du siècle dernier la guerre civile en Irlande entre les partisans de Michaël&nbsp; Collins,&nbsp;et ceux de Simon De Valera à propos de l’autonomie concédée par les Britanniques au premier et l’indépendance totale et immédiate exigée par le second.</p>



<p>Plus près de nous, au milieu du siècle dernier, le conflit entre le Bureau politique du Néo Destour et son secrétariat général, Salah Ben Youssef, demeure pour tous ceux qui ne l’ont pas vécu personnellement, ou à travers les souffrances endurées par leurs familles et leurs proches, une abstraction plus que l’Histoire elle-même. Habib Bourguiba a tenté de l’enfouir au plus profond de l’inconscient collectif du pays et Zine El Abidine Ben Ali, en réhabilitant le vaincu, a pensé asseoir son pouvoir en clôturant définitivement un sujet toujours gênant.</p>



<p>Le parti Ennahdha, en rouvrant&nbsp;le dossier des victimes au nom du droit des familles à la justice et à la vérité, a tenté sournoisement de remettre en question la légitimité politique de Bourguiba en se situant dans l’alternative que l’exercice personnel du pouvoir et la narration unique officielle de l’Histoire ont escamotée. Et dans ce sens le récit biographique de Ahmed Rahmouni doit&nbsp; être perçu non pas comme la réhabilitation des idées politiques des vaincus, mais comme plutôt un exemple de ces <em>«subaltern studies»</em> qui, dans les années 80 du siècle dernier, dans les universités américaines, avaient tenté de fournir une version de l’Histoire autre que celle des guerriers, des princes et des rois, dans les pays décolonisés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combat pour le pouvoir</h2>



<p>L’auteur a donc recueilli les témoignages écrits issus de l’administration coloniale et beylicale, et oraux des habitants, des témoins, des familles, pour démontrer que la lutte de libération nationale, si on peut appeler cela ainsi, avait été la plupart du temps un combat pour le pouvoir entre les différentes composantes de l’élite autochtone.</p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WrCG185I3D"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/24/la-vraie-fausse-affaire-ben-youssef-ou-la-chasse-aux-fantomes/">La vraie fausse affaire Ben Youssef où la chasse aux fantômes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La vraie fausse affaire Ben Youssef où la chasse aux fantômes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/24/la-vraie-fausse-affaire-ben-youssef-ou-la-chasse-aux-fantomes/embed/#?secret=MSO24jNt6U#?secret=WrCG185I3D" data-secret="WrCG185I3D" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p>En ce sens, le Cheikh Ahmed Rahmouni, originaire de Foussana dans le district de Thala à 20 kilomètres de la frontière algérienne, constitue un cas peu ordinaire parce qu’étant d’extraction paysanne et issu d’une région reculée du pays, rien ne le destinait à devenir professeur à la prestigieuse université de la Zitouna de Tunis. Et en effet, en général, seuls les rejetons des familles tunisoises les plus prestigieuses, les <em>«baldiya»</em>, y occupaient les plus hautes fonctions et cela fournissait ainsi la preuve que l’égalitarisme de l’islam et l’idée intrinsèque de justice que son enseignement sous-tend n’y étaient pas tenus en particulière estime.</p>



<p>Le Cheikh Rahmouni pense n’avoir dû sa réussite qu’au hasard, la présence inattendue du Cheikh Mohamed Tahar Ben Achour durant son exposé de thèse et son commentaire élogieux ayant emporté l’adhésion du jury.</p>



<p>Après cela, le Cheikh avait adhéré à l’Association des Jeunes Musulmans, à la Voix de l’Étudiant&nbsp;Zitounien, et il avait créé de nombreuses écoles coraniques (pas dans le sens des medersas pakistanaises) pour lutter contre l’analphabétisme, ainsi que la section de la Zitouna à Thala qui serait reconnue après trois années d’activités par l’administration publique. Il était ainsi devenu une personnalité de premier plan dans la région de Thala. Cela ne l’avait pas empêché de connaître des démêlés avec quelques uns de ses collègues, et d’être accusé par eux de malversations financières, mais l’administration de la Zitouna se rangea de son côté et le disculpa.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ceC44RBVbJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/01/peut-on-rehabiliter-ben-youssef-sans-vouer-bourguiba-aux-gemonies/">Peut-on réhabiliter Ben Youssef sans vouer Bourguiba aux gémonies ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Peut-on réhabiliter Ben Youssef sans vouer Bourguiba aux gémonies ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/01/peut-on-rehabiliter-ben-youssef-sans-vouer-bourguiba-aux-gemonies/embed/#?secret=4AvEHEHCPO#?secret=ceC44RBVbJ" data-secret="ceC44RBVbJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Cependant cette affaire ne faisait qu’annoncer&nbsp;les luttes personnalisées&nbsp;que les différends politiques dans la région cèleraient. Il faut dire que le Cheikh Rahmouni faisait aussi partie du Bureau politique du Destour (l’ancien) et dans les années 50, il s’était opposé à la politique de conciliation avec l’administration du protectorat&nbsp; lorsque le Néo Destour avait participé au gouvernement de Mhamed Chenik et que le portefeuille de la Justice avait été confié à&#8230; Salah Ben Youssef.</p>



<p>Ce dernier ne s’était pas fait faute de rappeler aux Zitouniens&nbsp;qu’ils ne constituaient qu’une composante du mouvement national aux nécessités duquel ils devaient se soumettre, en abandonnant l’agitation politique lorsque la situation l’exigeait, comme c’était alors le cas. Et Ahmed Rahmouni avait répliqué qu’ils ne recevraient d’ordre de personne et qu’ils gardaient leur autonomie de décision.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De volte-face en scissions</h2>



<p>Cependant ces frictions disparurent lorsque le Néo Destour, se rendant compte de l’inanité des discussions avec les autorités coloniales, opta pour la lutte armée en janvier 1952, après l’interdiction de son congrès. Des hommes comme Lazhar Chraiti, un ancien de la guerre de Palestine de 1948, Sassi Lassoued et Mahjoub Ben Ali prirent le maquis dans les montagnes de Gafsa et de Kasserine au nom de ce qu’on a appelé l’Armée nationale de libération.</p>



<p>Si des soldats, des gendarmes et des colons français furent tués, la chasse aux collaborateurs fit de nombreuses victimes innocentes tunisiennes à l’instar de Saïd Ben Mohamed de Afrane. Et naturellement le Cheikh Rahmouni ne se faisait pas faute d’apporter toute l’aide qu’il pouvait aux maquisards, logistique et financière.</p>



<p>Cependant, avec l’année 1954, le Néo Destour opérait un nouveau revirement en faveur de la reprise des discussions avec la France et les cellules du parti disséminées à travers tout le pays étaient chargées de mettre au pas les récalcitrants dont le Cheikh Rahmouni faisait partie, en usant au besoin de la manière forte.</p>



<p>Ainsi plusieurs représentants du courant zitounien, tel Abdelkarim Gamha, étaient assassinés, et&nbsp;Rahmouni craignant pour sa vie finissait par démissionner du bureau politique de l’ancien Destour, et les maquisards étaient obligés de remettre leurs armes aux autorités françaises comme condition préalable à l’ouverture des négociations.</p>



<p>En fin de compte, les accords sur l’autonomie interne étaient signés en 1955, mais le Cheikh Rahmouni se trouvait en butte à l’hostilité déclarée&nbsp;du représentant local du Néo Destour à Thala, Mohamed Ben Lamine, qui ne manquait&nbsp;pas une occasion de le dénigrer. Et quand celui-ci fut nommé comme sous-préfet, les ennuis commencèrent. Mais entre septembre 1955 et octobre 1956 la Tunisie connaissait une terrible crise politique avec l’affrontement entre Bourguiba et Ben Youssef, qui estimait que les accords sur l’autonomie&nbsp;interne étaient une grave erreur, la quasi scission du parti, et les affrontements entre les militants de factions rivales du même parti.</p>



<p>Le Cheikh, accusé d’empêcher les Zitouniens&nbsp;de participer aux réunions du Néo Destour (clan de Bourguiba), se retrouva une première fois en prison pour une semaine, puis une seconde fois pour un mois parce qu’on l’avait accusé d’avoir participé au congrès général de la Zitouna en présence de Salah Ben Youssef.</p>



<p>Finalement, l’accusation se révélant infondée, il fut muté à Tunis, en tant qu’enseignant en 1956 et quelques mois après, il était accusé sur&nbsp;dénonciation d’un étudiant d’attenter à la sûreté de l’Etat et de dénigrer des ministres du gouvernement tunisien durant ses cours, ce qu’il a toujours nié, quoique les paroles rapportées eussent bien reflété le fond de sa pensée, et il eut fort bien pu les avoir proférées. En 1956, il était condamné à trois années de prison mais, gracié&nbsp;9 mois avant l’échéance de sa peine, il fut réintégré dans l’enseignement public parce qu’un autre contestataire, Ahmed Soua, lui-même condamné, l’avait été.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’affaire du complot</h2>



<p>Les choses ne devaient pas en rester là. En décembre 1961, après l’assassinat de Salah Ben Youssef et les évènements de Bizerte, il était de nouveau arrêté en compagnie d’un groupe de militaires et de civils comprenant entre autres les maquisards Lazhar Chraiti et Sassi Lassoued et le Zitounien Abdelaziz El Akremi, considéré comme l’âme de la conspiration. Tous étaient accusés de complot en vue de changer le régime politique par la force et d’assassiner le chef de l’Etat.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1sO7hbe7y2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/18/habib-bourguiba-et-salah-ben-youssef-devant-le-tribunal-de-lhistoire/">Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef devant le tribunal de l’Histoire</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Habib Bourguiba et Salah Ben Youssef devant le tribunal de l’Histoire » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/18/habib-bourguiba-et-salah-ben-youssef-devant-le-tribunal-de-lhistoire/embed/#?secret=T0v3lJQm0b#?secret=1sO7hbe7y2" data-secret="1sO7hbe7y2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Durant les interrogatoires le Cheikh Rahmouni&nbsp;était étiqueté comme yousséfiste, ce qui revenait à trop simplifier les choses. L’enquête devait démontrer l’amateurisme des conjurés qui se réunissaient dans des cafés et dont les uns pensaient que la révolte devrait débuter dans les montagnes et s’étendre ensuite sur tout le pays alors que les autres ne savaient pas ce qu’ils feraient une fois qu’ils se saisiraient&nbsp;du président, ou s’il fallait ou non pilonner le palais présidentiel avec les chars.</p>



<p>Rahmouni parlait, lui, de l’aide d’un pays étranger, sans doute l’Algérie. Et évidemment dans tout cela on ignorera toujours de quel régime politique la Tunisie aurait été dotée si le complot avait réussi. Mais c’est l’un des conjurés, Ali Ben Belgacem, qui sans doute pris de panique, s’empressa de dénoncer le complot que la sûreté&nbsp;de l’Etat n’avait pas pu découvrir.</p>



<p>Il est certain que toutes les personnes impliquées furent torturées et les aveux obtenus demeurent donc hypothétiques. Durant un procès qui rappelait le livre de Kafka, des avocats nommés d’office (aucun membre du barreau ne voulut faire partie de la défense) se déclarèrent honteux de devoir défendre des <em>«traîtres»</em> et en fin de compte ils convainquirent leurs clients d’exprimer leur repentir et de solliciter la clémence du président .Ce fut peine perdue et leurs espoirs furent déçus. Douze personnes furent condamnées à mort dont sept militaires, et parmi elles dix furent exécutées à peine un mois après les faits. Seuls Moncef El-Materi, futur père de Sakhr, et un certain Guiza, virent leurs peines commuées sur intervention de Wassila, l’épouse du président.</p>



<p>Visiblement Bourguiba avait été désireux d’en finir rapidement et de tourner la page et il ne voulait pas que ce procès devienne une tribune contre son pouvoir en expliquant pourquoi l’élite de l’armée, issue de Saint Cyr, associée à des maquisards et à des Zitouniens imbus de leurs privilèges, avait tenté de l&rsquo;assassiner.&nbsp;Cela ne l’empêcha pas d’accuser Ahmed Ben Bella, à qui il reprochait d’accueillir les Yousséfistes en Algérie, et les communistes qui n’avaient absolument rien eu à&nbsp;voir dans la conjuration. Bourguiba tentait ainsi de retirer les dividendes politiques de l’affaire en restreignant les libertés, et en déblayant le terrain de toute opposition organisée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une bien tardive réhabilitation</h2>



<p>En 2013, les restes de feu Ahmed Rahmouni furent découverts à Tunis grâce à une analyse ADN et ré-inhumés à Thala dans une atmosphère de grande ferveur populaire, preuve s’il en est, même post mortem, que, au moins chez lui, il ne fut jamais tenu pour un traître mais plutôt, si ce n’est pour un héros, du moins pour une victime de l’injustice; pas celle de la justice ni de Bourguiba, la réalité de la participation au complot étant indubitable, mais des circonstances, qui ont fait qu’entre Bourguiba et Ben Youssef, il fallût faire un choix, et que celui qui ne fût&nbsp;pas l’ami fût l’ennemi. Mais les souvenirs ne s&rsquo;estompent pas facilement face à l’Histoire officielle.</p>



<p>Pour conclure, qui Ahmed Rahmouni fut-il ? En dépit des allégations de son avocat, il ne fut pas plus un traître que ne le furent les Décembristes ou les membres de Narodnaia&nbsp; Volia en Russie. Sur la fin de sa vie avec la rédaction en 1961 d’un article sur les juridictions divines et séculières publié dans le premier numéro de la revue ‘‘<em>Al Maarifa</em>’’, d’ailleurs interdit, il sembla glisser vers le radicalisme musulman, et cela peut expliquer dans une certaine mesure la décision fatale qu’il prit de participer au complot. Mais il est non moins certain que la décision de Bourguiba de supprimer le Waqf et d’empêcher ainsi le financement de l’enseignement de la Zitouna lui en a aliéné tous les enseignants en les privant du prestige inhérent à leurs fonctions et en les réduisant au rang de simples fonctionnaires appointés par l&rsquo;Etat.</p>



<p>Cependant il demeure nécessaire de savoir si un enseignement qui consacrait au plus 20% de ses horaires aux matières profanes était nécessaire au nom de la préservation de l’authenticité de la nation et si sa suppression était assimilable aux atteintes à la foi. L’école républicaine gratuite ouverte à tous les enfants quelles que soient leurs origines a en tous cas permis à des millions de Tunisiens une promotion économique et sociale par l’acquisition de compétences modernes par le biais de la langue française, que l’enseignement élitiste de la Zitouna n’aurait jamais permise.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WrCG185I3D"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/24/la-vraie-fausse-affaire-ben-youssef-ou-la-chasse-aux-fantomes/">La vraie fausse affaire Ben Youssef où la chasse aux fantômes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La vraie fausse affaire Ben Youssef où la chasse aux fantômes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/05/24/la-vraie-fausse-affaire-ben-youssef-ou-la-chasse-aux-fantomes/embed/#?secret=MSO24jNt6U#?secret=WrCG185I3D" data-secret="WrCG185I3D" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Un intellectuel maghrébin&nbsp; affirmait que la langue française était un butin de guerre, et les nationalistes en Inde ont toujours considéré la langue anglaise comme un facteur d’unité dans un pays aux langages multiples et n’ont jamais éprouvé de complexes à l’utiliser, mais en Tunisie l’usage du français a posé problème parce que le pouvoir de la Zitouna était basé exclusivement sur l’expertise dans l’usage des subtilités de la langue arabe.</p>



<p>C’est surtout l’instauration du Code du statut personnel et le laïcisme proclamé de Bourguiba qui en ont scandalisé beaucoup. Mais l’accusation d’apostasie partout dans le monde et tout au long de l’Histoire a souvent servi d’alibi à des frustrations économiques, sociales, ou politiques. On peut considérer que Bourguiba n’y aurait sans doute pas prêté le flanc s’il ne s’était pas attaqué à l’institution de la Zitouna. Il était pressé d’entraîner son peuple vers le modernisme mais celui-ci ne l’était pas et 60 ans&nbsp;après, avec l’irruption du parti Ennahdha et du populisme conservateur sur la scène politique, il s’avère qu’il ne le soit toujours pas et le pays en paie le prix lourd.</p>



<p>Dans ce contexte, on peut donc comprendre sans forcément y agréer&nbsp;la trajectoire de Ahmed Rahmouni, de surcroît en butte aux attaques des petits chefs locaux des cellules du Néo Destour qui dans les régions de l’intérieur ne concevaient pas pour les notables d’autre attitude que la soumission et la pleine coopération avec les autorités.</p>



<p>Ahmed Rahmouni ne fut donc pas un yousséfiste, mais c’est simplement Salah Ben Youssef, à l’origine un moderniste aussi intransigeant que Bourguiba, qui en surfant sur la grande vague du panarabisme nassérien de l’époque a fini&nbsp;par adopter les idées de l’ancien Destour relativement à l’identité nationale, par conviction ou par opportunisme.</p>



<p>Plus simplement, on peut dire que le Cheikh Ahmed Rahmouni, nationaliste destourien (ancien) fier et imbu des principes de l’islam, chassé de sa région par des machinations politiques et emporté dans le tourbillon d’un combat des chefs qui le dépassait, était le membre d’une caste privilégiée en voie de disparition, celle des Zitouniens, et il a choisi de mourir plutôt que vivre dans un pays qu’il ne reconnaissait plus; tout comme le firent les Samouraïs à l’ère Meiji.</p>



<p>C’est en tous cas ce que laisse suggérer la lecture de ce livre dont le mérite est de faire resurgir des brumes de l’histoire et d’expliquer ce destin tragique, qui éclaire d’un jour nouveau une époque cruciale du pays en suscitant l’indulgence et la compassion.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique</em>.</p>



<p>‘<strong><em>‘Ahmed Rahmouni, son parcours et son destin, dans le sillage du conflit Bourguiba-Ben Youssef (1920-1963)’’, en arabe, du Dr Idris Raissi, préfacé par Dr Mohamed Dhifallah, Sotumedia Editions, Tunis,&nbsp;2018.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/09/ahmed-rahmouni-le-conjure-rescape-des-trefonds-de-la-memoire/">Ahmed Rahmouni, le conjuré rescapé des tréfonds de la mémoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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