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	<title>Archives des Ali Kooly - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Ali Kooly - Kapitalis</title>
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		<title>Covid-19 en Tunisie : Ali Kooly raconte des contes de fées</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Jul 2021 10:32:03 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ali Kooly, ministre de l’Economie et des Finances d’un pays en quasi cessation de paiement, ne fait pas grand-chose pour trouver les 22 à 23 milliards de dinars dont la Tunisie a besoin pour boucler son budget pour l’exercice 2021. Mais il passe son temps à sourire aux anges et à raconter des contes de...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/06/covid-19-en-tunisie-ali-kooly-raconte-des-contes-de-fees/">Covid-19 en Tunisie : Ali Kooly raconte des contes de fées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Ali-Kooly-Medenine.jpg" alt="" class="wp-image-355296"/></figure></div>



<p><strong><em>Ali Kooly, ministre de l’Economie et des Finances d’un pays en quasi cessation de paiement, ne fait pas grand-chose pour trouver les 22 à 23 milliards de dinars dont la Tunisie a besoin pour boucler son budget pour l’exercice 2021. Mais il passe son temps à sourire aux anges et à raconter des contes de fées.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-355295"></span>



<p>C’est ainsi qu’en pleine recrudescence de la pandémie de Covid-19 et alors que les pouvoirs publics semblent dépassés par l’ampleur de la tâche, il a déclaré, le 5 juillet 2021, en marge de la réunion du Conseil régional de suivi de l’évolution de la situation pandémique à Médenine, et le plus sérieusement du monde, que<em> «la Tunisie est en train de bien gérer la pandémie, en comparaison avec les pays voisins»</em>. Ce qui est pour le moins inexact, car la Tunisie est désormais classée parmi les pays au monde où la pandémie a le plus gravement évolué au cours des dernières semaines avec une moyenne de plus de 100 morts par jour.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Doit-être être reconnaissant pour le gouvernement Mechichi&nbsp;?</h2>



<p><em>«Le gouvernement tunisien a été franc avec sa population»</em>, a cru devoir préciser M. Kooly, comme si on devait lui en être reconnaissant pour cette transparence, alors que les réseaux sociaux regorgent de témoignages, avec vidéos à l’appui, diffusés par des médecins, des agents médicaux et des citoyens prouvant la situation épidémique catastrophique dans certaines régions.</p>



<p><em>«Le gouvernement a consacré tous les moyens matériels pour garantir la vaccination pour tous les Tunisiens et signé, à cet effet, des contrats pour l’acquisition de plus de 15 millions de doses de vaccins contre le Covid-19, mais les fabricants ont privilégié d’autres pays pour des raisons qui les concernent et les négociations se poursuivent pour importer les vaccins»</em>, a encore déclaré le ministre, toujours avec ce sourire charmeur d’un vendeur de tapis qui vante sa marchandise, oubliant de préciser que tous ces contrats ont été signés avec un retard certain et qu&rsquo;il est normal que les premiers inscrits sur les carnets de commandes soient les premiers servis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plus de 100 morts et de 6000 tests positifs par jour &nbsp;</h2>



<p>Quand on sait que moins de 5% des Tunisiens ont reçu leurs deux doses de vaccin, que le nombre de personnes contaminées continue de croître à un rythme exponentiel dépassant 6000 par jour et que les services de réanimation dans les hôpitaux publics et les cliniques privées ont largement atteint leurs capacités d’accueil des malades atteints par le Covid-19, on ne peut que s’étonner de cet autosatisfecit que s’accorde, généreusement et béatement, le gouvernement Mechichi, qui ne pouvait aussi mal gérer une crise sanitaire qui dure depuis plus d’un an et dont on peut pas dire qu’elle a surpris grand-monde.</p>
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		<title>Endettement : Lamentation et auto-flagellation de l’État tunisien</title>
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		<pubDate>Sat, 22 May 2021 06:09:35 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie est désormais livrée à un État gangrené par les «quêteux» et les «quémandeux» ? À Paris, Kais Saïed, président de la république, plaide l’annulation de la dette. Au FMI, à Washington, Hichem Mechichi, chef de gouvernement, dépêche son ministre du Trésor, Ali Kooli, au FMI pour quémander 4 milliards de $ US. Au...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Ali-Kooli-Marouane-El-Abassi-Hichem-Mechichi.jpg" alt="" class="wp-image-349707"/><figcaption><em>Ali Kooli, Marouane El-Abassi et Hichem Mechichi : « Mendiants et orgueilleux » pour emprunter le titre d&rsquo;un roman d&rsquo;Albert Cossery.   </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La Tunisie est désormais livrée à un État gangrené par <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">les «quêteux»</a> et les «quémandeux» ? À Paris, Kais Saïed, président de la république, plaide l’annulation de la dette. Au FMI, à Washington, Hichem Mechichi, chef de gouvernement, dépêche son ministre du Trésor, Ali Kooli, au FMI pour quémander 4 milliards de $ US. Au Qatar, Rached Ghannouchi, le chef du parlement et cheikh éternel du clan islamiste en Tunisie fait des siennes pour quêter une aumône vitale chez son émir parrain et monteur !</em></strong></p>



<p>Par<strong> Moktar Lamari, </strong>Ph. D</p>



<span id="more-349706"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Tous ces voyages et gesticulations se font quasiment la même semaine de ce mois de mai, 2021.</p>



<p>Le tout se fait sans qu’aucun des acteurs de ce tiercé au sommet de l’État n’ait pris la peine de consulter et de se coordonner avec ses collègues.</p>



<p>Et derrière des portes closes (au Qatar, à Washington et à Paris), chacun de ces politiciens au sommet de l’État tunisien a prêché pour sa paroisse, chacun a quémandé à sa façon la charité chrétienne, et le pardon judaïque, entre autres! L&rsquo;argent n’a pas d’odeur…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Populisme et amateurisme</h3>



<p>En se rabaissant et en quémandant une dette toxique, aucun des trois premiers responsables au sommet de l’État n’a présenté un seul rapport d’évaluation, un document scientifique… et aucun signe de remise en cause, tous motus et bouche cousue, au sujet des <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">douloureuses réformes économiques</a> attendues et qui tardent à venir depuis la Révolte du jasmin en 2011. Aucun n’a profité pour appeler la Tunisie à plus de productivité, plus d’innovation et plus de compétitivité.</p>



<p>Pathétique, dramatique… surtout quand on constate, en même temps et au Bardo, les députés en guerre continue, se font des trêves juste pour voter à la va-vite, en bloc et en urgence, les lois et ratifications portant sur des prêts à tes taux exorbitants. Ils hypothèquent l’avenir des générations futures et minent sciemment la survie de la transition démocratique en Tunisie.</p>



<p>Ces mêmes députés ont récemment intimé l’ordre au gouverneur de la Banque centrale (BCT) de mettre en branle sa planche à billets, miroitant la menace de son limogeage illico presto.</p>



<p>En plus des lamentations et auto-flagellations au somment de l’État, il y aussi les pleureuses de service dans les couloirs du pouvoir et sur les plateaux des télévisions tunisiennes.</p>



<p>Beaucoup de pseudo-intellectuels et de pseudo-économistes avides de pouvoir, qui au lieu d’appeler l’État tunisien à la discipline budgétaire, au lieu de démontrer les mérites d’une gouvernance axée sur les résultats et au lieu de prendre soin des impôts douloureusement payés par les contribuables, ils multiplient le wishful thinking, pour au final rassurer les partis au pouvoir les aidant à s’entêter en leur disant que la «Tunisie est très bien placée géographiquement pour arracher l’aide internationale». En somme, pas grave continuez votre gaspillage et vous aurez des financements…</p>



<p>Aucun de ces pseudo-économistes n’ose se compromettre au sujet du licenciement des sureffectifs, de ces milliers d’emplois fantômes dans le secteur public, et toute la corruption et malversation liée. Tous espèrent décrocher un poste de conseillers ou de contrats de consultations payés par les instances internationales, mais tributaires des autorisations des partis au pouvoir.</p>



<p>Une situation désolante et accablante et de tous les points de vue. Avec un dénouement injuste pour les ambitions de ceux qui ont payé de leur peau la Révolte du Jasmin. Une réalité ubuesque, dramatique pour un pays pourtant riche en capital humain et en diversité ethnoculturelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le péché originel</h3>



<p>Qui l’eut cru que l’État tunisien se transforme en État de quêteux et de quémandeux, 10 ans après la révolte du jasmin.</p>



<p>Plusieurs raisons ont amené la Tunisie à cet état de pauvreté et d’endettement déplorables.</p>



<p>Le péché originel a été commis quand le parti religieux Ennahdha, avec plein pouvoir entre 2012 et 2014, décide de bourrer l’administration publique, en recrutant et en deux ans, 200.000 fonctionnaires inutiles, payés pour ne rien faire.</p>



<p>Bourrage qui a démantelé le sens du service public et qui a miné l’idée de la performance du secteur administratif et sociétés d’État. Ces fonctionnaires fantômes et employeurs fictifs ont été injectés partout dans l’appareil public, sans concours au mérite, sans examen des besoins… mais seulement au regard des liens de proximité idéologique.</p>



<p>Depuis lors, la masse salariale des fonctionnaires a atteint de plafonds (18% du PIB). Et cela coûte au contribuable 5 milliards de DT annuellement. Autant d’argent qui ne va pas dans l’entretien des infrastructures, dans la modernisation des services publics (éducation, santé, services sociaux, R&amp;D, etc.) et dans les créneaux d’investissement productif.</p>



<p>Depuis 2011, 10 gouvernements et 467 ministres qui se sont relayés au pouvoir. Tous ont dépensé sans compter, tous ont dopé les politiques publiques par des programmes improvisés et qui ne répondent pas aux critères de l’économie (réduction des coûts), de l’efficacité (fin et moyens) et d’efficience (cost-benefit ratio).</p>



<p>Beaucoup de ces élites et partis ont considéré l’État comme une prise de guerre, un butin à dépecer à gré…, bar ouvert, merci pour la dette et merci aux contribuables qui subissent une pression fiscale asphyxiante.</p>



<p>Résultats : l’attractivité du pays aux investisseurs internationaux est réduite à zéro et la valeur du travail (et productivité) a été démantelée comme jamais dans l’histoire de la Tunisie.</p>



<p>La Tunisie démocratique a enfanté une constitution qui consacre l’instabilité gouvernementale et qui met au pouvoir des partis et des mécanismes fondés sur l’incompétence économique et l’irresponsabilité face à l’histoire.</p>



<p>Le parti islamiste Ennahdha a été de toutes les coalitions foireuses et feuilles de route pipées par l’avidité pour le pouvoir et rien que pour le pouvoir.</p>



<p>Aujourd’hui les coffres de l’État sont exsangues et la Tunisie est techniquement en faillite. L’État n’arrive pas à financer 22 milliards de DT sur un budget totalisant 57 milliards. Le pays est incapable de se payer des vaccins Covid-19, l’économie saigne de ses quatre veines.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Tunisie, un laboratoire du monétarisme du FMI</h3>



<p>La Tunisie a sollicité le FMI 4 fois en 10 ans. Le FMI a octroyé des prêts totalisant 4,7 milliards de $US, depuis 2011. Des prêts qui ont donné le feu vert à plus de 70 milliards de $US, en prêts et en donations.</p>



<p>Sans craindre le risque moral, le FMI a fait de la Tunisie un laboratoire expérimental de ses politiques monétaristes, dans les pays en contestation de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.</p>



<p>Des prêts assortis de conditions d’octroi très changeantes… avec des aides placébo et tout le kit lié.</p>



<p>Dans la démarche expérimentale, la Tunisie offre aussi (gratuitement) tous les indicateurs de réaction et de survie pour des secteurs économiques en agonie et en déperdition avancée.</p>



<p>La Tunisie, seule démocratie où le parti islamiste élu démocratique a été de tous les gouvernements (depuis 2010), offre des conditions idéales pour mixer les dosages entre instruments monétaires et fiscaux, avec en plus des variables sensibles et mesurant toutes les facettes des tensions sociopolitiques et compositions des coalitions au pouvoir.</p>



<p>Parmi les conditions exigées par le FMI figure une loi instituant la BCT (2016). Depuis, les politiques monétaires ont prêté allégeance aux apprentis monétaristes de tout acabit.</p>



<p>Hier au parlement le gouverneur de la BCT, Marouane El-Abassi, a sorti sa rage contre les critiques de ses politiques monétaires. Des chroniques critiques, signées notamment par des économistes tunisiens résident en Amérique du Nord et principalement au Canada, dont l’auteur de ces lignes.</p>



<p>M. El-Abassi n’a pas besoin de cette sortie dégradante pour la BCT et pour la valeur du dinar. Cet économiste, sans dossier de publications scientifiques reconnues par les pairs, dévoile inutilement sa haine contre des chercheurs qui sont cités des milliers de fois (dans les revues scientifiques) et qui comprennent les jeux de coulisses entre le FMI et la BCT en Tunisie. Des économistes qui sont consultés par les institutions de financement internationales et des analystes qui ont accès aux documents les plus confidentiels présentés par la BCT et le gouvernement tunisien aux instances internationales.</p>



<p>Depuis 2016, le taux d’intérêt directeur a flambé atteignant 7,75%, faisant monter les taux d’intérêt à plus de 12% pour les PME, les consommateurs. L’investissement privé a chuté de 26% du PIB à moins de 4% aujourd’hui. <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/une-autre-devaluation-du-dinar-tunisien/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Le dinar a été amputé de 60%</a> de sa valeur face aux devises. Les banques tunisiennes ont engrangé des bénéfices colossaux, alors que la croissance économique est quasiment négative sur la décennie post-2011.</p>



<p>La lutte contre l’inflation (essentiellement importée) est devenue un épouvantail, une cible d’ajustement idéale pour la manipulation du taux d’intérêt directeur, enrichir les banques et les multinationales présentes en Tunisie.</p>



<p>Et malgré la Covid-19, le taux d’intérêt directeur reste très élevé (6,25%), 4 fois plus important qu’au Maroc, 3 fois plus qu’en Jordanie ou au Sénégal.</p>



<p>Les scènes de lamentations des élites de l’État au niveau international sont aussi fortement corrélées avec des élections qui ont mis au pouvoir des partis et leaders politiques sans programme économique. Des amateurs, des néophytes et des profanes en économie.</p>



<p>Au pouvoir, ces élites pilotent à vue, gouvernent à l’aveuglette et sans évaluation. Une démarche qui ne fait que précariser les équilibres macro-économiques et stratégiques de la Tunisie. Des élus et des élites au sommet de l’État, qui sont mal conseillés et qui n’aiment pas la critique! Des élites qui font fi de la règle qui dit que l’arbre se juge à ses fruits.</p>



<p>Disons au final qu’une démocratie à crédit ne pourra être qu’une démocratie au rabais. Et pas besoin de rappeler que la dette toxique s’est bel et bien incrustée dans les instances de l’État de la Tunisie post-2011.</p>



<p>* <em>Ph. D. en évaluation des politiques économiques, universitaire au Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis :</em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bYlIQNeQK0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/une-autre-devaluation-du-dinar-tunisien/">Une autre dévaluation du dinar tunisien ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Une autre dévaluation du dinar tunisien ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/04/une-autre-devaluation-du-dinar-tunisien/embed/#?secret=O04unvENjX#?secret=bYlIQNeQK0" data-secret="bYlIQNeQK0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="i46kCTyd5g"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/">Économie : les bluffs d’État en Tunisie?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Économie : les bluffs d’État en Tunisie? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/embed/#?secret=3YY3i8bjYV#?secret=i46kCTyd5g" data-secret="i46kCTyd5g" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="60W09bUYSQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/">La Tunisie entre quêteurs et raquetteurs !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie entre quêteurs et raquetteurs ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/03/la-tunisie-entre-queteurs-et-raquetteurs/embed/#?secret=MAJ08gvJ3h#?secret=60W09bUYSQ" data-secret="60W09bUYSQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/05/22/endettement-lamentation-et-auto-flagellation-de-letat-tunisien/">Endettement : Lamentation et auto-flagellation de l’État tunisien</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Économie : les bluffs d’État en Tunisie?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/29/economie-les-bluffs-detat-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 29 Apr 2021 06:18:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>L’État tunisien doit cesser de «bluffer» au sujet des réformes économiques. Le ministre des Finances Ali Kooli et le Gouverneur de la Banque centrale (BCT), Marouane El-Abassi sont sur le départ pour Washington, avec un mot d’ordre : quémander le plus possible de prêts en promettant le plus possible de «réformes économiques». Mission impossible? Par...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/04/Chef-de-gouvernement.jpg" alt="" class="wp-image-347310"/><figcaption><em>Au palais de la Kasbah, les chefs de gouvernement se succèdent et les mensonges d&rsquo;Etat se poursuivent. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>L’État tunisien doit cesser de «bluffer» au sujet des réformes économiques. Le ministre des Finances Ali Kooli et le Gouverneur de la Banque centrale (BCT), Marouane El-Abassi sont sur le départ pour Washington, avec un mot d’ordre : quémander le plus possible de prêts en promettant le plus possible de «réformes économiques». Mission impossible?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D.</p>



<span id="more-347309"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Sans programmatique de réformes crédibles dans ses fins, moyens et échéancier, cette mission est vouée à l’échec. Pis, elle va souiller davantage la crédibilité internationale de la Tunisie, berceau et seul rescapé du Printemps arabe. Pourquoi?</p>



<p>Sans verser dans le cynisme partisan, j’ai recensé une dizaine de bluffs de réformes économiques, promises officiellement au FMI et jamais menées à terme, puisque mal conçues, mal calibrées et impossibles à implanter comme telles.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Lamentations et auto-flagellation</h3>



<p>Avant de supplier le FMI et quémander de nouvelles dettes, le gouvernement tunisien doit expliquer, chiffres à l’appui, pourquoi n’a-t-il pas tenu ses promesses de réformes économiques.</p>



<p>Contrairement aux argumentaires voulant attribuer, à l’instabilité gouvernementale, les échecs des réformes économiques promises par le passé, je suis de ceux qui mettent en relief deux facteurs. Le premier a trait à l’incompétence gouvernementale en matière de conception (pertinence et raison d’être), d’élaboration (fins, moyens. échéanciers et instruments), d’implantation et d’évaluation des politiques publiques qu’elles soient budgétaires, financières, monétaires ou fiscales. Le deuxième a trait à l’inconséquence des élites au pouvoir et au déficit de leadership mobilisateur et transformationnel.</p>



<p>La notoriété des nations met des décennies à se faire, mais cette même notoriété peut se défaire en quelques jours et semaines. La crédibilité des peuples et des institutions obéit à la même logique et aux mêmes valeurs éthiques : promettre c’est livrer, gouverner c’est réformer, gouverner n’est pas s’agripper au pouvoir, malgré les échecs à répétition.</p>



<p>En matière de réformes économiques, la liste des promesses non tenues par la Tunisie est longue.</p>



<p>Pour preuve, les 6 dernières lettres d’intention signées par la Tunisie (trois chefs de gouvernements, 5 ministres des Finances et deux gouverneurs de la BCT) et adressées au FMI n’ont pas eu d’autres objectifs que de soudoyer les experts du FMI et les amener à financer les gaspillages et la mal-gouvernance en Tunisie. Leur subterfuge consiste à miroiter des réformes économiques peu analysées et absentes des programmes électoraux des partis politiques.</p>



<p>Certes, le FMI n’est pas naïf à ce point, il en a vu faire d’autres États encore plus «filous»: du Chili au Congo, de l’Argentine à l’Afghanistan, en passant par le Liban, l’Irak ou même la Grèce.</p>



<p>Durant les cinq dernières années, le FMI a joué le jeu pour prêter, espérant que la Tunisie démocratique retrouve sa raison et que ses partis politiques se ressaisissent de façon digne, honnête pour entreprendre des réformes économiques devenues incontournables.</p>



<p>Pour les ministres et les partis qui passent leur temps à quémander et à se doper par la dette, filouter c’est comme s’auto-flageller, pour tout perdre au bout du compte. Perdre ses partenaires prêteurs et perdre son honneur.</p>



<p>Pas besoin de pipo (politique politicienne), pas besoin de réseauter et pas besoin de multiplier les apartés avec les ambassadeurs présents à Tunisie, le gouvernement tunisien doit comprendre que le FMI, la Banque mondiale, l’Union européenne… Fitch, Moody’s, sont sur la même longueur d’onde et ils ont des procédures et des mécanismes de gouvernance qu’on ne peut altérer ou corrompre, surtout quand on vient de gouvernements et de pays gangrenés par la corruption.</p>



<p>Les partenaires internationaux de la Tunisie post-2011 s’accordent sur l’essentiel des réformes économiques attendues et souhaitées par de larges franges des citoyens du pays.</p>



<p>Plus concrètement, quelles sont ces promesses non tenues sur le terrain des réformes économiques? On va les recenser en points de formes faciles à communiquer pour le commun des payeurs de taxes en Tunisie.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Réingénierie de l’État</h3>



<p>1-<strong><em> Le gouvernement tunisien s’est engagé depuis 2017 à libérer au moins 25 000 fonctionnaires annuellement. </em></strong>Le tout pour réformer l’État et réduire le fardeau de la masse salariale sur les taxes et les recettes fiscales de l’État.</p>



<p>La Tunisie n’a rien livré à ce sujet, bien au contraire, plus de 80 000 postes de fonctionnaires ont été créés depuis 2018. Souvent par des emplois fictifs visant à absorber la grogne sociale et recruter les militants (sympathisants) des partis au pouvoir.</p>



<p>Et le FMI le sait pertinemment. Dans ses interactions avec le gouvernement, il ne cesse de questionner au sujet de la multiplication des fonctionnaires fantômes. On estime le nombre de ces <em>ghost workers in tunisian civil services</em> (au sein de l’État et sociétés d’État) à l’équivalent de 187 000 emplois équivalents temps plein. Un fonctionnaire sur quatre est aujourd’hui payé par les contribuables pour ne rien faire, absolument rien de rien.</p>



<p>2- <strong><em>Le gouvernement tunisien s’est engagé à ne remplacer qu’un fonctionnaire sur 4 ayant quitté la fonction publique. </em></strong>Une autre promesse mal conçue et dont la faisabilité ne pouvait se faire sans leviers innovants et mesures compensatoires modulables et crédibles. Et à ce sujet, l’État tunisien n’a rien fait, ne disposant pas des compétences pour élaborer et évaluer ce type de package (<em>mix policy</em>) forcément complexe de par ses leviers et incitatifs.</p>



<p>3- <strong><em>Le gouvernement tunisien s’est engagé à geler les augmentations salariales des fonctionnaires depuis 2017. </em></strong>Tout faux, la masse salariale des fonctionnaires a augmenté de plus de 12% par an, depuis.</p>



<p>Le gouvernement tunisien s’est engagé à réduire la masse salariale pour la passer à 12% du PIB en 2020. Cette masse salariale est aujourd’hui de l’ordre de 18% du PIB, et sa trajectoire n’est pas prête à s’inverser. Les gouvernements successifs s’accrochent au pouvoir, et ne veulent rien faire pour réduire les gaspillages dans les salaires et émoluments des fonctionnaires de l’État (salaire, prime, avantages en nature, privilège, train de vie…).</p>



<p>Comble du malheur, en ces temps de Covid-19, l’État tunisien compte quasiment 80 000 voitures de fonction (pour les fonctionnaires) et seulement 300 lits de réanimation dans l’ensemble de ses hôpitaux publics (desservant 12 millions d’humains).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Restructurer les sociétés d’État, repenser la fiscalité</h3>



<p>4-<strong><em> Le gouvernement tunisien s’est engagé aussi à mettre en place un programme de gestion axée sur la performance dans sociétés d’État</em></strong> (Tunis Air, Steg, Stir, Office des Céréales, Régie du Tabac…). Le gouvernement s’est engagé à communiquer ces contrats de performance et leur monitoring périodiquement au FMI. Mais, rien n’a été fait à ce sujet, et les résultats de ce programme n’ont pas été publiés de façon transparente.</p>



<p>Le <em>‘‘Livre blanc’’</em> au sujet des sociétés d’État (publié en 2019) est simplement une farce incroyable. Ce document ne remplit pas les conditions de la rigueur scientifique (dans son montage, dans ses constats, dans ses chiffres, dans ses références bibliographiques…). Il n’est pas le résultat d’une investigation évaluative mesurant les performances. Un rapport qui déshonore les économistes, par sa démarche d’«évaluation-rituelle», plutôt que d’évaluation objective, sans biais de sélection… et avec neutralité politique de ses auteurs.</p>



<p>Pas pour rien, ces 200 sociétés d’État accumulent une dette publique avoisinant les 10 milliards de dinars, avec des déficits annuels grandissants, avec des gains de productivité négatifs… et avec une gestion calamiteuse dans ses résultats et connexions politiques.</p>



<p>5- <strong><em>Le gouvernement tunisien s’est engagé (depuis 2017) à mettre en œuvre des mécanismes d’évaluation de l’efficacité des mesures fiscales</em></strong>, avec le soutien d’experts américains financés par l’USAID, l’Union européenne, et de nombreux partenaires internationaux. Aucun rapport sérieux n’a été publié publiquement à ce sujet. Le PNUD et l’USAID doivent rendre des comptes à ce sujet et pour le commun des mortels en Tunisie.</p>



<p>6- <strong><em>Le gouvernement tunisien s’est engagé pour faire progresser les investissements gouvernementaux (publics) d’au moins 1% au total, depuis 2017, pour le faire plafonner à 7,5% du PIB, en 2021</em></strong>. Rien de cet engagement n’a été suivi d’actions sérieuses pour relancer l’investissement privé et les incitatifs liés.</p>



<p>La politique de relance appelée <em>Stop and go</em> a été dramatique pour la relance de l’investissement. Elle était discrétionnaire, mal conçue et mal-évaluée (ex ante). Le dernier rapport publié avec la griffe de la Banque mondiale indique que le problème du financement de l’investissement constitue désormais la principale entrave rencontrée par les entreprises privées (PME surtout). L’accès aux financements est aujourd’hui plus entravant que les problématiques de la corruption ou de l’instabilité des gouvernements.</p>



<p>7- <strong><em>Le gouvernement tunisien s’est engagé à appuyer fortement les caisses de retraite et sécurité sociale</em></strong> (CNRPS et CNSS) pour éviter le défaut de paiement, voire la faillite de ces institutions très déficitaires, y compris la CNAM.</p>



<p>Mais depuis lors, les services publics offerts par ces organismes ne sont plus ce qu’ils étaient. Et c’est la santé des citoyens qui est sacrifiée, alors que la Covid-19 sévit comme jamais, sans que le citoyen ne puisse se soigner dignement et correctement dans les cliniques privées! Les hôpitaux publics se délabrent les uns après les autres dans l’indifférence totale, sans le minimum de services dignes de ce nom.</p>



<p>Depuis deux ans, les députés, les ministres et les notables politiques du pays ont eu le droit de se faire soigner (eux et leurs familles élargies) aux frais des contribuables dans les hôpitaux militaires. Une discrimination qui ne dit pas son nom et une honte à la démocratie issue du Printemps arabe.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Séparer les banques de la mainmise de l’État (<em>doom loop</em>)</h3>



<p>8- <strong><em>Devenue indépendante du gouvernement depuis 2016, la BCT s’est engagée à contenir l’inflation avec des taux d’intérêt directeur élevés</em></strong> (4 fois ceux du Maroc ou de la Jordanie). Avec 11% à 13% de taux d’intérêt procurés par les banques, la Tunisie s’est auto-flagellée en asphyxiant l’investissement privé. La part de l’investissement dans le PIB est passée de 26% en 2010 et moins de 6% en 2020.</p>



<p>Le cartel des banques tire profit de cette politique monétaire et engrange des bénéfices colossaux, alors que la croissance est proche de zéro. Un cartel qui s’enrichit, sans prendre des risques, alors que le tissu industriel se disloque à vue d’œil, sous le regard bienveillant de la BCT.</p>



<p>9- <strong><em>Le gouvernement et la BCT ont promis un taux de change flexible, signifiant de facto la dévaluation continue du dinar. </em></strong>La promesse a été tenue : le dinar a déjà perdu plus 35% de sa valeur depuis mars 2016. Les consommateurs, les investisseurs paient les frais, perdant progressivement confiance dans le système bancaire et se réfugiant dans le système monétaire informel.</p>



<p>Plus aberrant encore, durant les 3 derniers mois, la BCT a imprimé plus de 3 milliards de dinars pour financer les déficits de l’État.</p>



<p>10- <strong><em>La Tunisie s’est engagée, et depuis 2017, à gérer avec transparence et sur la base de données ouvertes. </em></strong>Le gouvernement Chahed s’est commis en transférant sur une base mensuelle 30 indicateurs macro-économiques aux instances du FMI. L’INS, le ministère des Finances, le ministère de l’Énergie, la BCT… sont concernés par cette réédition de compte systématique des indicateurs aux instances du FMI.</p>



<p>Certains indicateurs sensibles sont communiqués au FMI de façon hebdomadaire. Et cette information stratégique est accessible aux agences de notation, aux bailleurs de fonds, aux fonds vautours… bien avant les institutions tunisiennes, les citoyens et même les médias locaux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Cessons de faire la manche, retroussons-nous les manches</h3>



<p>Pour être crédibles et pour parler au nom de la jeune démocratie tunisienne, le ministre des Finances Ali Kooli et sa délégation doivent se doter d’un bilan évaluatif au sujet de ces promesses et engagements non tenus.</p>



<p>La Tunisie doit arrêter de faire la manche auprès des bailleurs de fonds. La Tunisie est capable de se retrousser les manches pour faire mieux.</p>



<p>Mais en attendant, il faut une reddition de compte complète, objective et détaillée.</p>



<p>Vivement un portrait sommatif qui explique le pourquoi et le comment… qui ont poussé la Tunisie à ne pas honorer ses promesses de réformes économiques, et quelles ont été les conséquences de ces défaillances sur la crédibilité de la Révolte du Jasmin sur la scène internationale. Le tout avec des risques de défaut de paiement plus que jamais probables dans le contexte…</p>



<p>La Tunisie compte des compétences mondialement reconnues, et surtout des compétences honnêtes et capables d’élaborer ce bilan sommatif qui peut crever l’abcès de la mal-gouvernance et tirer les leçons de ces échecs à répétition.</p>



<p>Et ce ne sont pas les rencontres organisées au sein du think-tank Beit Al-Hikma qui vont convaincre le FMI du bien-fondé des réformes économiques discutées et «emballées» derrière des portes-clauses.</p>



<p>L’histoire ne pardonnera pas…</p>



<p>* <em>Universitaire au Canada.</em></p>



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