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	<title>Archives des Ali Shariati - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Ali Shariati - Kapitalis</title>
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		<title>Tragédie iranienne et banalisation du mal</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 18 Mar 2026 07:42:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Rencontre à Tunis sur le thème "Ali Shariati et la résistance dans la littérature iranienne", sur fond de guerre contre l'Iran.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/18/tragedie-iranienne-et-banalisation-du-mal/">Tragédie iranienne et banalisation du mal</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>À l’occasion de International Quds Day, célébré vendredi 13 mars, la 60<sup>e</sup> édition du Forum arabe de la poésie de résistance s’est tenue les 13 et 14 mars 2026 à l’espace Yanni à Tunis, autour du thème : «Ali Shariati et la résistance dans la littérature iranienne». Dans un monde traversé par les guerres, les fractures idéologiques et l’épuisement des systèmes politiques, cette rencontre rappelle que la résistance n’est pas seulement une affaire militaire ou diplomatique. Elle est aussi une question de conscience.</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi&nbsp;</strong></p>



<span id="more-18486768"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg" alt="" class="wp-image-15290578" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/01/Manel-Albouchi-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il existe dans l’histoire des peuples des moments où quelque chose se fissure. Les institutions restent debout. Les discours continuent de circuler. Les idéologies parlent encore. Mais une fatigue s’installe dans le cœur du système. On pourrait appeler cela l’épuisement symbolique du pouvoir. Le monde contemporain en porte les signes. Les guerres se multiplient. Les sociétés se polarisent. Les peuples oscillent entre colère et lassitude.</p>



<p>Dans ce paysage incertain, la résistance change de forme. Elle cesse parfois d’être un cri collectif. Elle devient un travail intérieur.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La pensée comme résistance</h2>



<p>Dans le monde iranien, une figure intellectuelle a tenté de penser ce moment avec une intensité rare : Ali Shariati.</p>



<p>Inspiré de Frantz Fanon, de Jean-Paul Sartre et de Karl Marx, Shariati tenta une expérience intellectuelle singulière : penser la libération humaine à partir de l’intérieur de la tradition islamique. Il parlait d’un phénomène dangereux qu’il appelait l’<em>«estahmâr»</em> (un mot difficile à traduire). Ce n’est pas seulement la domination. C’est l’abrutissement des consciences.</p>



<p>Pour Shariati, un peuple peut être dominé de plusieurs façons : par la nature, lorsqu’il vit dans la peur et l’ignorance ; par d’autres hommes, lorsqu’il subit l’exploitation économique ou politique ; mais la domination la plus subtile est celle des idées figées, lorsque l’idéologie remplace la pensée, lorsque la mémoire devient rituel, lorsque la tragédie devient habitude.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le danger de l’habitude</h2>



<p>Shariati mettait souvent en garde contre un phénomène paradoxal. Le danger n’est pas seulement d’oublier une tragédie. Le danger est de s’y habituer. Il évoquait la mémoire de Karbala. Selon lui, si la tragédie se transforme en simple rituel annuel, elle perd sa force morale. Elle devient un spectacle. Et le spectacle endort les consciences. Cette intuition résonne aujourd’hui bien au-delà de l’histoire iranienne.</p>



<p>Dans un monde saturé d’images de guerre et de violence, l’humanité court un risque : celui de s’habituer au drame ou la banalisation du mal si on se refaire à Hannah Arendt.</p>



<p>Dans les périodes de tension politique, les identités deviennent rigides. Chacun se définit par un rôle : militant, moderniste, religieux, progressiste, patriote…</p>



<p>Ces identités peuvent donner un sens à l’action collective. Mais elles peuvent aussi devenir des masques psychiques. Il arrive pourtant que ces masques se fissurent lorsqu’un individu cesse un instant de défendre un rôle social. Là une parole plus simple apparaît. Une parole qui parle de fatigue, d’injustice réelle, de peur de l’avenir, de désir de dignité. Selon Carl Gustav Jung, on dirait que le <em>persona</em> se fissure. Et qu’une parole plus authentique surgit.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18486809" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Manifestation-pro-iranienne-Tunis.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Manifestation à Tunis contre la guerre en Iran.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Sociétés et révolutions</h2>



<p>Les sociétés qui ont traversé des révolutions connaissent souvent ce moment. La révolution française n’a pas seulement été un événement politique. Elle a été précédée par des décennies de pensée. Les écrits de Jean-Jacques Rousseau, de Montesquieu ou de Voltaire avaient préparé le terrain symbolique de la rupture. Les idées avaient précédé l’événement. La révolution tunisienne, elle, est née d’un geste plus spontané. Elle fut d’abord un soulèvement social. Mais après la rupture vient toujours une question plus difficile : qui pense l’après ? Les révolutions peuvent ouvrir une brèche dans l’histoire. Mais elles ne suffisent pas à produire une vision durable.</p>



<p>Lorsque les systèmes politiques se fatiguent, une autre dynamique apparaît. Les grandes structures perdent leur capacité d’inspiration. Alors les initiatives individuelles commencent à prendre la relève : un enseignant crée un espace de pensée, un écrivain redonne sens aux mots, un citoyen refuse la passivité. Ces gestes sont souvent invisibles. Mais ils constituent la matière silencieuse des transformations futures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La liberté intérieure</h2>



<p>Aujourd’hui, dans un monde traversé par les crises géopolitiques, les conflits idéologiques et l’incertitude économique, la question de la lucidité devient centrale. Car la domination ne repose pas uniquement sur la force. Elle repose souvent sur la fatigue morale des sociétés. Lorsqu’un peuple cesse de croire que le changement est possible, la domination devient presque inutile. Elle se maintient d’elle-même.</p>



<p>C’est peut-être ici que commence la véritable résistance. Non dans les slogans. Mais dans la conscience. Lorsque l’individu cesse de répéter les récits imposés. Et commence à interroger le monde avec lucidité. Car la liberté humaine n’est peut-être rien d’autre que cela : la capacité d’être le poète de sa propre existence.</p>
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		<item>
		<title>Printemps de Téhéran │ Des saisons avortées</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 05:59:52 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mozaffareddine Shah Qajar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’influence des intellectuels iraniens semble aujourd’hui à son niveau le plus bas. Pourquoi une telle régression ?</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’influence des intellectuels iraniens a connu de nombreux hauts et bas depuis les premiers signes de la révolution constitutionnelle persane sous le règne de Mozaffareddine Shah Qajar (1896-1907), mais elle semble aujourd’hui à son niveau le plus bas. Pourquoi une telle régression, alors même que le taux d’alphabétisation en Iran est à son plus haut niveau et qu’Internet facilite de plus en plus l’accès à l’information ? Les intellectuels iraniens n’ont-ils aucune solution aux multiples crises du pays, ou bien est-ce que personne ne les écoute ?</em></strong> <em>(Ph. Depuis le Mouvement vert en 2009, ce sont les citoyens issus de la classe moyenne qui ont pris les rênes de la protestation.)</em></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji *&nbsp;</strong></p>



<span id="more-16542187"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’apparition d’un groupe d’intellectuels en Iran remonte à la veille du mouvement constitutionnel à la fin de l’époque Qajar. Ils ambitionnaient de rénover en profondeur la culture, la société et finalement la sphère politique du pays.</p>



<p>Ces intellectuels ont en grande partie réussi, allant jusqu’à transformer la langue persane.</p>



<p>Ces évolutions se sont poursuivies jusqu’à la fin du règne de Reza Chah. Mais sous Mohammad Reza Chah, la répression politique et les restrictions visant les intellectuels, pour la plupart proches des courants de gauche, les ont tenus éloignés de la scène politique durant de longues années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Modernité et révolutions</h2>



<p>À la veille de la révolution <em>«islamique»</em> de 1979, de nombreux intellectuels et écrivains iraniens soutenaient les efforts pour mettre fin au régime du Chah. À cette époque, deux groupes d’intellectuels — les laïcs de gauche d’un côté, et ceux qu’on appellera plus tard les <em>«intellectuels religieux»</em> de l’autre — ont rejoint la révolution.</p>



<p>La figure principale des intellectuels religieux était Ali Shariati, qui, en fusionnant les idées du socialisme avec la religion chiite, promouvait une idéologie nouvelle et séduisante à travers des discours enflammés dans un centre religieux de Téhéran. Ses livres et ses conférences attiraient un large public.</p>



<p>Mais le régime issu de la révolution a rapidement réprimé les courants intellectuels, n’accordant même que peu de faveur aux œuvres de Shariati, décédé peu avant la victoire de la révolution.</p>



<p>L’activité de l’Association des écrivains iraniens — principal syndicat des écrivains et intellectuels après la révolution — fut interdite, et dans les années 1990, une vague d’assassinats et d’exécutions visa des intellectuels, écrivains et artistes dissidents, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.</p>



<p>Cependant, des notions issues notamment de la traduction des penseurs occidentaux, comme la <em>«démocratie»</em> ou la <em>«société civile»</em>, ainsi que les combats des intellectuels religieux tels qu’Abdolkarim Soroush contre les privilèges du clergé, ont favorisé la victoire de Mohammad Khatami, candidat réformiste, à l’élection présidentielle de 1996.</p>



<p>La relative liberté de publication de livres et de journaux qui suivit cette élection renforça l’influence des journalistes, écrivains et intellectuels. Mais ce <em>«printemps de Téhéran»</em>, à l’instar d’autres <em>«printemps»</em> dans l’histoire contemporaine iranienne, fut de courte durée. Il se mua en automne avec la fermeture massive des journaux, la destitution du ministre de la Culture, les arrestations et les exils.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uBYjIMlVlP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exil douloureux de la littérature persane » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/embed/#?secret=WdjjioBi96#?secret=uBYjIMlVlP" data-secret="uBYjIMlVlP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une perte d’influence</h2>



<p>Daryush Shayegan, célèbre philosophe iranien décédé en 2018, m’avait déclaré quelques années avant sa mort : <em>«Avant la révolution islamique, nous avions des penseurs comme Jalal Al-e Ahmad et Shariati, qui avaient une influence sur la société intellectuelle. Mais je pense qu’aujourd’hui, les intellectuels n’ont plus cette influence.»</em> Il ajoutait : <em>«Certes, leurs livres sont lus pour s’informer, mais les écrivains ne sont plus des modèles, et la société iranienne a dépassé les intellectuels.»</em></p>



<p>Pourquoi Shayegan considérait-il que la société iranienne avait devancé ses intellectuels? En résumé, la principale raison tient au fait que les échecs politiques du siècle passé ont entraîné l’échec des mouvements intellectuels qui soutenaient ces transformations politiques.</p>



<p>La chute du régime pahlavi a marqué celle des intellectuels laïcs, nationalistes et en partie conservateurs. L’échec des idéaux ayant mené à la révolution de 1979 — tels que l’<em>«indépendance et la liberté»</em> — a scellé celui des intellectuels de gauche. Quant à l’échec des réformes sous Mohammad Khatami, il a totalement désillusionné la population vis-à-vis des <em>«intellectuels religieux»</em>, qui espéraient associer régime islamique et démocratie.</p>



<p>Depuis la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, les intellectuels sont les grands absents de toutes les contestations et mouvements de changement.</p>



<p>Lors du <em>«Mouvement vert»</em>, le soulèvement postélectoral qui suivit l&rsquo;élection présidentielle de 2009, ce sont les citoyens issus de la classe moyenne qui ont spontanément pris les rênes de la protestation. Dans les mouvements économiques des années suivantes, les ouvriers se sont mobilisés. Et dans les dernières manifestations connues sous le nom de <em>«Femme, Vie, Liberté»</em>, ce sont les femmes et jeunes filles ordinaires, non issues de l’élite, qui ont entièrement porté le mouvement.</p>



<p>Dans toutes ces protestations, lorsqu’un intellectuel prenait la parole, ce n’était que pour apporter un soutien a posteriori, sans rôle dans leur genèse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RA57VJIiKN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/embed/#?secret=bDbWSqg0Kd#?secret=RA57VJIiKN" data-secret="RA57VJIiKN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Où en est-on actuellement ?</p>



<p>Aujourd’hui, certains intellectuels autrefois influents, comme Abdolkarim Soroush, vivent en exil. Les rares figures qui s’expriment encore à l’intérieur du pays sont peu connues du grand public et se contentent d’analyser la situation actuelle.</p>



<p>En réalité, l’Iran contemporain est dépourvu d’un intellectuel de masse, moteur d’un mouvement.</p>



<p>Hatam Ghaderi, ancien professeur d’université à Téhéran, considère que les intellectuels eux-mêmes sont responsables de cette situation. Lors d’un discours récent à Téhéran, évoquant les échecs successifs des révolutions en Iran, il affirma que tous les régimes politiques du dernier siècle ont conduit les intellectuels — surtout les intellectuels de gauche et religieux — à ne proposer pour toute solution que la <em>«révolution»</em>.</p>



<p>Il a mis en doute l’efficacité de cette réponse, en déclarant : <em>«La révolution devrait être la dernière option.»</em></p>



<p>Cet intellectuel iranien a souligné que, contrairement à ceux d’autres régions du monde, les intellectuels iraniens posent rarement des <em>«questions»</em>; ils avancent directement des <em>«réponses»</em>. <em>«Les intellectuels pensaient être d’une certaine manière consacrés, et semblaient puiser leur énergie et leur pensée de cette reconnaissance»</em>, a-t-il conclu.</p>



<p>* <em>Journaliste et écrivain iranien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/14/printemps-de-teheran-%e2%94%82-des-saisons-avortees/">Printemps de Téhéran │ Des saisons avortées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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