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	<title>Archives des Aramco - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Aramco - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Oct 2026 10:55:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'Arabie saoudite dispose de peu d’options face aux attaques meurtrières des Houthis en provenance du Yémen et semble pris au piège.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/13/les-houthis-sement-la-panique-en-arabie-saoudite/">Les Houthis sèment la panique en Arabie saoudite</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une série d’attaques de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière menée par les Houthis yéménites a frappé l’aéroport international roi Khaled de Riyad samedi 10 octobre 2026 faisant 13 morts et 309 blessés. L’aéroport est fermé jusqu’à nouvel ordre, les écoles de la capitale ont basculé en enseignement à distance et plusieurs entreprises du centre d’affaires de Riyad ont mis leur personnel en télétravail. Les attaques n’ont pas épargné le reste du Royaume, l’aéroport de Dammam et des installations énergétiques du géant pétrolier Aramco ont aussi été visés. Ces frappes et leurs conséquences écornent l’image de l’Arabie Saoudite et peuvent compromettre la concrétisation des objectifs de diversification et de modernisation de l’économie saoudienne, priorité du prince héritier Mohammed ben Salmane surtout que pour le moment, aucune issue au conflit ne se profile.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19791734"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon l’analyse du magazine britannique <a href="https://www.economist.com/middle-east-and-africa/2026/10/11/saudi-arabia-is-increasingly-under-siege" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Economist</a> intitulée <em>«L’Arabie saoudite est de plus en plus assiégée»</em>, le Royaume dispose de peu d’options face aux attaques meurtrières en provenance du Yémen et semble pris au piège. L’attaque visant l’aéroport international de Riyad était la plus sanglante jamais perpétrée par les Houthis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samedi, des témoins oculaires ont rapporté que des missiles avaient touché directement le terminal 3, réservé aux vols intérieurs, provoquant l’effondrement d’une partie de sa toiture. Au moins 13 personnes ont été tuées —saoudiens et résidents étrangers— et 309 autres ont été blessées, certaines se trouvant dans un état critique. L’aéroport reste fermé jusqu’à nouvelle ordre et la date de sa réouverture n’a pas encore été précisée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le lendemain, dimanche, les Houthis ont lancé une nouvelle attaque contre le terminal 4 cette fois-ci, provoquant un incendie. Cette attaque, la plus grave subie par le Royaume depuis plus d’une décennie, survient à peine deux semaines avant que le pays n’accueille une importante conférence sur l’investissement. Elle soulève des questions quant aux capacités de défense aérienne saoudiennes et à l’avenir de la guerre au Yémen, un conflit qui s’est récemment ravivé après une trêve de plusieurs années.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> affirme que les Houthis contrôlent toujours la majeure partie du Yémen, malgré la campagne aérienne menée par l’Arabie saoudite en 2015 visant à les évincer du pouvoir. Si le cessez-le-feu de 2022 a gelé les lignes de front, la guerre plus large dans le Golfe, déclenchée par les États-Unis et Israël en février, a rendu cette trêve manifestement intenable. À l’approche de l’été, les deux camps se préparaient à reprendre les combats.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pn35QjRfwp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/">Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/27/mohammed-ben-salmane-seul-face-aux-houthis/embed/#?secret=77gwQ8H6XW#?secret=pn35QjRfwp" data-secret="pn35QjRfwp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les Houthis contrôlent la côte sud-ouest du Yémen</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le mois dernier, les Houthis ont lancé une offensive leur permettant de prendre rapidement le contrôle d’une grande partie de la côte sud-ouest du Yémen, y compris la ville portuaire de Mokha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Saoudiens et leurs alliés yéménites (forces armées dépendant du gouvernement internationalement reconnu) ont entamé une contre-offensive ce mois-ci mais leur progression a été lente. S’ils ont reconquis une bande côtière, ils semblent marquer le pas aux abords de la localité de Dhubab, située à 40 kilomètres au sud de Mokha.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme c’est souvent le cas au Yémen, les campagnes militaires démarrent avec vigueur mais s’enlisent rapidement dans une impasse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, les Houthis continuent de tenter d’encercler Taëz, la troisième plus grande ville du Yémen et bastion de la résistance anti-houthie. Ils ont également repris leurs attaques de missiles et de drones contre les infrastructures saoudiennes, notamment les raffineries de pétrole et les bases militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis ont fait des aéroports une cible privilégiée, avertissant les voyageurs d’éviter l’espace aérien saoudien. Au cours des trois dernières semaines, ils ont multiplié les attaques d’envergure croissante contre l’aéroport de Riyad. Une attaque au missile, survenue le 8 octobre, a fait trois morts —dont un pilote— et a entraîné la destruction d’un avion appartenant à une compagnie aérienne saoudienne publique. Si les compagnies aériennes étrangères ont annulé des centaines de vols, les autorités saoudiennes ont maintenu l’aéroport ouvert jusqu’à l’attaque sanglante de samedi dernier.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> souligne que l’incapacité des Saoudiens à intercepter les missiles reste inexpliquée alors même qu’ils disposent de systèmes de défense aérienne sophistiqués, notamment des batteries Thaad et Patriot de fabrication américaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, comme c’est le cas dans de nombreux pays de la région, ils s’inquiètent de l’épuisement de leurs stocks de missiles intercepteurs après près de huit mois de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quelques heures avant la dernière attaque, les organisateurs de la conférence annuelle Future Investment Initiative (Initiative pour l’investissement futur), prévue le 26 octobre, ont déclaré qu’ils comptaient toujours maintenir l’événement. Cet événement annuel, organisé par le prince héritier et surnommé le <em>«Davos du désert»</em>, attire généralement l’élite du monde de la finance et des affaires, son annulation serait donc source d’embarras.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, on ignore combien de dirigeants d’entreprises souhaiteront y assister, ni même comment ils rejoindront le Royaume. Les déplacements aériens vers d’autres villes pourraient ne pas être une option envisageable, les Houthis ayant également pris pour cible l’aéroport de Dammam, situé à quatre heures de route à l’est de la capitale, Riyad.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9EiHewYu2b"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/">Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Houthis s’emparent du détroit de Bab el-Mandeb, le monde retient son souffle » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/14/les-houthis-semparent-du-detroit-de-bab-el-mandeb-le-monde-retient-son-souffle/embed/#?secret=eYyKZCl94t#?secret=9EiHewYu2b" data-secret="9EiHewYu2b" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le gouvernement saoudien confronté à une guerre prolongée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les Houthis dirigent de main de fer les zones sous leur contrôle. Ils financent leur machine de guerre grâce à des taxes et des redevances exorbitantes qui pèsent lourdement sur une population déjà épuisée. Si une décennie de guerre a appauvri le Yémen, ils restent prêts et capables de poursuivre le combat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, le gouvernement saoudien est confronté à une guerre prolongée, marquée par des attaques répétées contre les aéroports et les infrastructures énergétiques, ce qui compromet ses plans de diversification économique et sape la concrétisation de la vision 2030 de Mohammed ben Salmane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, des analystes politiques sur les réseaux sociaux saoudiens insistent sur le fait que le pays se battra jusqu’à remporter une victoire décisive sur les Houthis. Les sources de <em>The Economist</em> ayant récemment rencontré les dirigeants du Royaume affirment que le prince héritier est déterminé à reconquérir les territoires perdus au profit des Houthis le mois dernier. Un responsable occidental a déclaré : <em>«Je ne sais pas s’ils ont des objectifs clairs au-delà de cela»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Arabie saoudite a obtenu un certain soutien international ce mois-ci en activant des accords de défense commune signés en août avec le Pakistan et la Turquie. Le Pakistan a déployé des milliers de soldats en Arabie saoudite, bien qu’il affirme ne pas vouloir participer à la guerre au Yémen. Le Royaume-Uni a envoyé un avion ravitailleur en vol et la France a promis d’envoyer des troupes pour protéger un important terminal pétrolier sur la mer Rouge. Donald Trump a rejeté à plusieurs reprises les demandes du prince Mohammed ben Salmane de mener des frappes aériennes américaines mais le président américain a laissé entendre qu’il pourrait reconsidérer la question après l’attaque de samedi contre l’aéroport de Riyad. Néanmoins, aucune de ces mesures ne s’avérera décisive face aux Houthis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre option consiste à conclure un accord mais les Houthis en exigeront un prix élevé. Ils s’attendront à des gains économiques, à la levée du blocus saoudien sur l’espace aérien yéménite et à d’autres concessions. Cela créerait un précédent dangereux : les Houthis comprendraient que les attaques contre les infrastructures civiles constituent une forme efficace de chantage.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après plus d’une décennie de guerre, les Saoudiens ne disposent clairement plus de bonnes options et il n’y a pas de voie de sortie à l’horizon, du moins pour l’instant.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Budget 2022 : la Tunisie va allouer 7,2 milliards de dinars pour les hydrocarbures et matières premières</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/02/budget-2022-la-tunisie-va-allouer-72-milliards-de-dinars-pour-les-hydrocarbures-et-matieres-premieres/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 02 Jan 2022 12:11:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le gouvernement Najla Bouden prévoit d&#8217;allouer 7,2 milliards de dinars de son budget pour 2022 soit 5,3% du produit intérieur brut (PIB) aux hydrocarbures, aux matières premières et aux transports. Selon un rapport sur le budget de l&#8217;Etat 2022, les besoins de financement des secteurs des hydrocarbures, de l&#8217;électricité et du gaz sont estimés à...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/10/Greve-stations-services-essence.jpg" alt="" class="wp-image-66905"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le gouvernement Najla Bouden prévoit d&rsquo;allouer 7,2 milliards de dinars de son budget pour 2022 soit 5,3% du produit intérieur brut (PIB) aux hydrocarbures, aux matières premières et aux transports.</em></strong></p>



<span id="more-375576"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Selon un rapport sur le budget de l&rsquo;Etat 2022, les besoins de financement des secteurs des hydrocarbures, de l&rsquo;électricité et du gaz sont estimés à 5,1 milliards de dinars, à condition que le baril de pétrole brut Brent soit à 75 dollars.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le rapport, la production nationale d&rsquo;hydrocarbures pourrait atteindre 2,22 millions de tonnes de pétrole brut et 2,268 millions de tonnes d&rsquo;équivalent pétrole (Tep) de gaz. La consommation de gaz naturel s&rsquo;élèvera à 5,778 millions de tonnes en 2022, en hausse de 1,6 % par rapport aux projections pour 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La consommation de produits pétroliers raffinés augmentera de 0,7% en 2022 par rapport à 2021. Le pays importera 2,944 millions de tonnes de produits pétroliers raffinés contre 2,905 millions de tonnes prévus en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à l&rsquo;importation de gaz algérien, elle augmentera de 7,6% à 2,696 millions de tonnes en 2022.<br>Le gouvernement devra, par ailleurs, rembourser un prêt saoudien de 120 millions de dinars contracté avec la compagnie pétrolière Aramco.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur un autre plan, le gouvernement entend réserver un budget de 3,7 milliards de dinars, contre 2,2 milliards de dinars en 2021. Ainsi, 3 milliards seront alloués au secteur des céréales tandis que 480 millions de dinars iront au secteur des huiles végétales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon le rapport, près de 429 millions de dinars ont été économisés dans le cadre de la politique de rationalisation des subventions aux produits de base.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant les transports, le gouvernement consacrera 600 millions de dinars au secteur des transports scolaires et universitaires ainsi que des tarifs réduits et des transports gratuits pour les catégories pauvres contre 500 millions de dinars en 2021.</p>
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		<title>Attaque contre les installations de l’Aramco : La nouvelle guerre à petit prix</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/29/attaque-contre-les-installations-de-laramco-la-nouvelle-guerre-a-petit-prix/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 29 Sep 2019 12:25:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Arabie saoudite]]></category>
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		<category><![CDATA[armement américain]]></category>
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		<category><![CDATA[Houthis]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au lieu d’amasser des armes sophistiqués mais inefficaces, car mal utilisées, les Saoudiens feraient mieux de confier la défense de leur pays entièrement aux Américains, leur payant dîme et tribut afin de vivre en paix et en sécurité pour se consacrer à ce qu’ils font de mieux : les meurtres à la tronçonneuse. Par Yassine...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Aَttaque-contre-les-installations-Aramco.jpg" alt="" class="wp-image-243662"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au lieu d’amasser des armes sophistiqués mais inefficaces, car mal utilisées, les Saoudiens feraient mieux de confier la défense de leur pays entièrement aux Américains, leur payant dîme et tribut afin de vivre en paix et en sécurité pour se consacrer à ce qu’ils font de mieux : les meurtres à la tronçonneuse. </em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"> Par <strong>Yassine Essid </strong></p>



<span id="more-243661"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" class="wp-image-118739"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">  Le 14 septembre 2019, deux sites pétroliers importants de l’Aramco, la compagnie nationale saoudienne d’hydrocarbures, ont été la cible d’attaques des rebelles Houthis. Ces frappes dévastatrices ont conduit à la suspension provisoire de la production sur les deux sites touchés, ce qui représente environ 50% de la production totale de l’entreprise, soit 5,7 millions de barils/jour, environ 5% de la production mondiale quotidienne de brut.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les Houthis, qui en sont à leur troisième attaque du genre en cinq mois contre des infrastructures pétrolières saoudiennes, ont revendiqué les frappes. Donald Trump avait  au départ préféré réserver son jugement en déclarant qu’il avait sa petite idée quant aux vrais coupables. Tulsi Gabbard, représentante de l’Etat d’Hawaï au Congrès des Etats-Unis, candidate démocrate à la présidentielle de 2020, et qui n’a pas la langue dans sa poche, avait déclaré que si le président Trump n’a pas encore désigné le responsable, c’est parce qu’il attend de recevoir les instructions de ses <em>«maîtres saoudiens»</em>. En d’autres termes, déclara-t-elle, à<em> «faire jouer à notre pays le rôle de la ‘‘chienne’’ de l’Arabie saoudite».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading"> De riches rois fainéants surarmés</h3>



<p class="wp-block-paragraph"> Comme disait Mao, une guerre ne peut être gagnée si l’on se fige dans son immobilisme. Or dans ce domaine les monarchies du Golfe en sont devenues l’incarnation la plus sordide. À ce titre, ils ne méritent même plus le titre de bédouins par lequel on qualifie leurs ancêtres itinérants et nettement plus entreprenants. Ils ne sont rien de plus que de riches rois fainéants surarmés, régnant sur des populations de rentiers culturellement arriérés et rongées par la surconsommation de tout ce qu’on produit en Occident et ailleurs.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Pour tout pays, la politique militaire se fonde sur la défense du territoire, l’endiguement de troubles intérieurs, la crainte de l’hégémonie de certains Etats. Pour la région du Golfe, le facteur idéologique et confessionnel est devenu un motif suffisant pour le renforcement du potentiel militaire des monarchies pétrolières. Dans un tel contexte, la construction d’alliances ou de solidarités politiques vise à présenter un front commun dissuasif ou défensif contre toute attaque qui prend la forme d’agression armée. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Par ailleurs, la politique d’une superpuissance, comme les Etats-Unis, consiste à défendre ses intérêts dans le monde et à protéger ses ressources d’approvisionnement d’éventuels rivaux et agresseurs. Des traités de défense, un front commun et autres coalitions imposent aux signataires une garantie voire une obligation de défendre leurs alliés par un effort de prévention ou d’intervention. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Il arrive aussi qu’un pays riche, capable de se doter d’armes à haute technologie, voire l’arme nucléaire, décide de devenir une puissance régionale afin de contrecarrer la menace d’un adversaire qu’il juge hostile et dangereux. Or, en d’autres temps et en d’autres circonstances, les frappes ayant touché le cœur économique du principal exportateur de pétrole dans le monde, auraient été considérées comme un <em>casus belli </em>susceptible d’entraîner les Saoudiens et leurs alliés dans un conflit généralisé. Mais les attaques répétées des Houthis appuyés par l’Iran, répondent en fait à un plan parfaitement calculé dans lequel Téhéran avait beaucoup plus à gagner qu’à perdre. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> La guerre est en continuel changement, les opérations militaires doivent être sans cesse révisées. L’art de la guerre étant fondé sur la raison et la dissimulation, ceux qui remportent des batailles sont ceux qui ont médité, calculé et dissimulés leurs intentions avant d’engager le combat. Dans cette affaire, l’homme demeure le facteur décisif; les armes sont importantes mais non pas décisives. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Rompus au jeu de guerre autant qu’au jeu d’échecs, un jeu par excellence de l’art de la guerre et de l’art du gouvernement, les frappes iraniennes constituent les éléments essentiels qui se traduisent sur l’échiquier mondial par la recherche de la combinaison jamais dévoilée  qui ne vise pas le mat immédiat. À l’instar des jeux d’échecs, la diplomatie iranienne est moins un jeu, qu’un exercice de l’esprit et l’habilité à tromper l’ennemi. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un appétit pour les armes jamais satisfait </h3>



<p class="wp-block-paragraph"> L’appétit de l’Arabie saoudite pour les armes, jamais satisfait, s’est accru parallèlement à ses ambitions régionales et à la rivalité qui l’oppose à l’Iran. La guerre en cours au Yémen et l’inquiétude suscitée par l’influence iranienne se traduisent par une augmentation démesurée pour ne pas dire indécente d’achats d’armes. Les États-Unis lui fournissent un très large éventail que les princes d’Arabie se pressent de payer rubis sur l’ongle : avions de combat, chars et missiles, capteurs très perfectionnés et matériel de collecte de renseignements, souvent embarqué à bord d&rsquo;avions, en plus des frégates et autres navires. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> En réalité, tout le paquet d’armes que l’Arabie saoudite souhaite posséder correspond à ce que les États-Unis sont toujours disposés à lui fournir. Il y aurait là un arsenal capable de terroriser tous les pays de la région. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Alliée stratégique des Occidentaux, entretenant avec les Etats-Unis un partenariat scellé depuis 1954 basé sur la sécurité et le pétrole, l’Arabie saoudite est le plus grand acheteur d’armes au monde et le plus gros employeur du complexe militaro-industriel américain qui lui fournit 70% de son arsenal militaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Ravis de tourner la page de l’ère Obama, les dirigeants saoudiens ont chaleureusement salué l’arrivée au pouvoir du VRP en biens militaires stratégiques made in USA : Donald Trump.  Reçu avec faste à Ryad pour son premier déplacement présidentiel à l’étranger, il appela vigoureusement  à «isoler» l’Iran chiite accusé, entre autres, d’armer les rebelles au Yémen soumis depuis 2015 à des pluies de bombes d’une coalition arabe dirigée par les Saoudiens. La déclaration de Trump  a suffi à lui rapporter des méga-contrats excédant 380 milliards de dollars, dont 110 pour des ventes d’armements américains. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Classé troisième plus gros budget militaire au monde, représentant 8% du PIB de la monarchie, les dépenses consacrées à la défense des forces armées saoudiennes avaient atteint, en 2018, 67.6 milliards de dollars. Or ce redoutable arsenal, destiné, entre autres, à renforcer la politique américano-saoudienne d’endiguement de l’Iran, s’est avéré bien maigre pour protéger les installations  pétrolières, du royaume wahhabite et ses  atouts les plus précieux. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Au cours des cinquante dernières années, les États-Unis ont formé l’armée saoudienne et vendu au royaume pour plus de 150 milliards de dollars d’armes de haute technologie, notamment des avions de combat et des systèmes de défense anti-aérienne tactique mobile contre les cibles évoluant à basse altitude. Les batteries de missiles anti-missiles MiM 104 F Patriot étaient censées répondre à toutes formes de menaces en protégeant  en priorité les installations pétrolières saoudiennes. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les  récentes attaques ont révélé non seulement d’inquiétantes carences dans le système de défense d’un pays disposant d’un coûteux appareil militaire, mais constituent un tournant dans la conduite de la guerre en général. Voilà une armée suréquipée, qui n’a toujours pas réussi à venir à bout des insurgés Houthis soutenus par l’Iran, malgré une campagne de bombardement de quatre ans qui a fait plus de 8.500 morts et plus de 9.600 blessés, des civils en majorité. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Pour couronner le tout, 18 drones et 7 missiles de croisières bon marché et d’un niveau technologique moins avancé que leurs équivalents modernes ont trompé le dispositif anti-missile saoudien. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Surarmée, l’armée saoudienne est incapable d’agir efficacement</h3>



<p class="wp-block-paragraph"> De plus, bien que largement soutenue par les services de surveillance américains, l’armée saoudienne a été incapable d’agir efficacement, renforçant ainsi l’opinion largement partagée que l’Arabie saoudite est simplement incapable de se défendre. Pendant trois ans, les services de renseignements américains n’avaient cessé d’indiquer, vainement, à leurs homologues saoudiens l’emplacement des insurgés Houthis qui franchissaient allégrement les frontières,  pénétraient le territoire du royaume sans jamais être inquiétés. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Maintenant, comment expliquer le succès de la récente attaque de missiles de croisière à basse altitude et de drones lancés du Yémen qui ont réussi à tromper les 6 batteries de missiles sol-air Patriot qui avaient été déployées justement pour contrecarrer de telles incursions ? </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les raisons invoquées par les Saoudiens pour justifier un tel revers est que les drones  ennemis volaient beaucoup trop bas pour être détectés et provenaient d’une direction différente de celle à laquelle on aurait pu s’attendre. De telles explications semblent troublantes au regard des mérites vantés par les fabricants américains des missiles d’interception.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> En effet, dans leur argumentaire, les Saoudiens écartent sciemment la défaillance localisée de leur système de défense et refusent à mettre en cause l’efficacité même de leur armée, sa faible maîtrise du matériel militaire, le fait que le système de défense antiaérien était déployé à proximité d’importantes installations militaires au lieu de protéger les infrastructures pétrolières.  </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Partout et toujours, la détermination de l’institution militaire est tributaire de la nature des sentiments qu’éprouvent les combattants quant à leur rôle et missions spécifiques. Dans ce domaine, l’armée saoudienne commence à s’interroger quant au bien-fondé de la rivalité avec l’Iran via une interminable guerre d’agression contre le Yémen perdue d’avance. Des officiers américains ayant participé à des programmes de formation de l&rsquo;armée saoudienne ont décrit leur frustration vis-à-vis de leurs homologues d’Arabie. L’armée saoudienne, disent-ils, ne dispose pas du même type de corps d’armée qui constitue l’épine dorsale de toute organisation militaire. De même que de nombreux officiers saoudiens  montent en grade grâce au favoritisme, népotisme et leurs liens avec la famille royale. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Par ailleurs, ce même système est moins à même de constituer une grande armée professionnelle dotée d’un code de discipline strict enraciné dans une chaîne de commandement qui impose la rigueur. Il en est ainsi de l’armée de l’air saoudienne qui n’exige pas le même type de formation continue, avec des heures de vol obligatoires comme celles imposées aux pilotes de l’armée de l’air et de la marine des États-Unis. Au cours des premiers mois de la campagne de bombardement au Yémen, de nombreux pilotes saoudiens étaient dès lors incapables de voler à basse altitude et ont fini par larguer des bombes à haute altitude, faisant davantage de victimes civiles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Les attaques contre l’usine de traitement de pétrole Abqaiq et le champ pétrolifère de Khurais ont considérablement atténué cette dichotomie. Bien que des responsables militaires aient déclaré qu’il était impossible de protéger complètement les cibles fixes telles que les champs pétrolifères de toutes les attaques aériennes sur une vaste zone, le fait que l’Arabie saoudite compte plusieurs entités responsables de la défense aérienne, souvent concurrentes, entrainait un manque de coordination, voire l’absence de toute coordination. Cela a empêché tout effort visant à mettre en place une défense adéquate, toujours selon les responsables du Pentagone et les analystes militaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Ainsi, le fait d’être en décalage permanent avec les gouvernants génère un puissant sentiment de mécontentement pouvant entraîner de forts désinvestissements allant jusqu’à la défection. Même la soi-disant coalition de guerre anti-yéménite a été réduite à la portion congrue depuis que les Emirats ont décidé de la quitter par crainte d’avoir à subir les missiles et les drones d’Ansar Allah.  </p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Epave-des-drones-et-des-missiles-iraniens.jpg" alt="" class="wp-image-243663" width="500" height="352"/><figcaption><em>Epaves des drones et des missiles iraniens.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading"> Un armement américain dernier cri inefficace car mal utilisé</h3>



<p class="wp-block-paragraph"> Tout compte fait, ces événements révèlent surtout  que pour les richissimes monarchies du Golfe, l’important n’est-il pas d’avoir toujours l’armement américain dernier cri pour en faire des objets de parade dans les défilés sans avoir la capacité d’en faire l’instrument d’une force militaire efficace et dissuasive ? </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Quant aux fomentateurs de l’attaque, il ne fait aucun doute  qu’Iraniens  et Houthis se sont partagé les rôles. L’Iran orchestrant l’opération et fournissant le matériel, les Houthis  se contentant de mettre à disposition le lieu de lancement et de revendiquer après coup la paternité des frappes. Mais cette insistance excessive sur l’identification des responsables  occultes en réalité le vrai problème : comment une puissance très moyenne comme l’Iran, de surcroît victime de sanctions américaines draconiennes, disposant de ressources et d’une expertise limitées, est-elle arrivée à infliger des dommages sans précédent à une Arabie saoudite surarmée, censée être défendue par les Etats-Unis, la plus grande puissance militaire du monde ?</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Ce qui entraîne une deuxième interrogation. Pourquoi l’Arabie saoudite, appuyée par son allié américain, n’exercera-elle pas de représailles ? Parce qu&rsquo;ils sont conscients qu’une contre-attaque ne sera jamais une partie de plaisir. Ce qui s’est passé en septembre peut se reproduire, avec cette fois pour objectif  non pas seulement les installations de production de pétrole mais aussi les usines de dessalement qui fournissent une grande partie de l’eau douce du royaume. Des  infrastructures idéalement concentrées pour servir de cible aux drones et  aux petits missiles.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Par ailleurs, l’indiscutable suprématie aérienne des États-Unis, la puissance de l’Otan et d’Israël contre toute menace potentielle, a été battue en brèche par l’attaque des installations saoudiennes. Le cercle très fermé des pays disposant d’une inégalable puissance de frappe aérienne n’est plus un dispositif  impénétrable. Il est désormais à la portée de pays bien moins nantis. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Certains experts avaient noté ce changement, estimant que les frappes en Arabie saoudite constituent un avertissement stratégique clair que désormais l’ère de la suprématie aérienne des États-Unis dans le Golfe ainsi que le monopole quasi américain en matière de capacité de frappe de précision sont en train de s’étioler. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Une nouvelle génération de drones, de missiles de croisière et de missiles balistiques de précision à faible coût et à fort rendement a fait son entrée dans les stocks iraniens et commence à se répandre chez les Houthis du Yémen et le Hezbollah de Liban.</p>



<p class="wp-block-paragraph"> Regardez de près l’épave des drones et des missiles iraniens et vous constaterez que les redoutables armes qui ont servi aux raids aériens et secoué l’économie mondiale n’avaient pas l’aspect d’un équipement militaire coûteux, en tout cas pas autant que les missiles Patriot qui se sont avérés si inutiles mais hors de prix, valant 3 millions de dollars pièce. <br> Bientôt les gouvernements du monde entier exigeront de leur état-major qu’ils leur expliquent pourquoi ils ont besoin de dépenser des milliards de dollars alors que des substituts peu coûteux mais efficaces sont disponibles. </p>



<p class="wp-block-paragraph"> Tout compte fait, les Saoudiens feraient mieux de confier la défense de leur pays entièrement aux Américains, leur payant dîme et tribut afin de vivre en paix et en sécurité pour se consacrer à ce qu’ils font de mieux : les meurtres à la tronçonneuse. </p>



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