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	<title>Archives des chômage - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des chômage - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Peut-on être heureux dans la Tunisie de 2026 ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/15/peut-on-etre-heureux-dans-la-tunisie-de-2026/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Oct 2026 07:20:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il serait naïf de prétendre que les Tunisiens vivent heureux, alors qu'ils ont plusieurs raisons objectives pour se sentir malheureux. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/15/peut-on-etre-heureux-dans-la-tunisie-de-2026/">Peut-on être heureux dans la Tunisie de 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Il serait naïf de prétendre que les Tunisiens vivent heureux simplement parce qu’ils possèdent un climat agréable, la mer, une histoire millénaire, une culture riche, une gastronomie exceptionnelle, des liens familiaux encore importants et une capacité remarquable à créer de la convivialité à partir de presque rien, autant d’ingrédients qui favorisent une certaine qualité de vie. Car, le jeune diplômé qui ne trouve pas de travail, le fonctionnaire qui perd progressivement son pouvoir d’achat, le retraité qui constate que sa pension ne lui permet plus de vivre comme auparavant, la mère qui s’inquiète pour l’avenir de ses enfants, le jeune qui rêve de quitter le pays parce qu’il ne croit plus pouvoir y construire son avenir, la personne âgée qui se retrouve seule, tous vivent dans la frustration et ont de bonnes raisons de se sentir malheureux.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sadok Zerelli *</strong></p>



<span id="more-19796361"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans mon article <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/07/a-la-recherche-du-bonheur-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">A la recherche du bonheur en Tunisie</a></em>, j’ai rapporté que, selon le <em><a href="https://www.happierlivesinstitute.org/2026/03/19/world-happiness-report-2026-full-country-rankings-our-favourite-finding/?utm_term=world%20happiness%20report%202026&amp;utm_campaign=&amp;utm_source=adwords&amp;utm_medium=ppc&amp;hsa_acc=4743918760&amp;hsa_cam=23082275037&amp;hsa_grp=188125453644&amp;hsa_ad=777545864145&amp;hsa_src=g&amp;hsa_tgt=kwd-2481133821989&amp;hsa_kw=world%20happiness%20report%202026&amp;hsa_mt=b&amp;hsa_net=adwords&amp;hsa_ver=3&amp;gad_source=1&amp;gad_campaignid=23082275037&amp;gbraid=0AAAAAooB9aOIgh0j4fUQqOGVjnCGOUiWU&amp;gclid=CjwKCAjw0LzWBhBOEiwAKQd0cIy0T5WPoeVEyHUUjkjZZTaijfQKWZyRMdOEoKd_sRJX0OWCDjy_lBoCdQ8QAvD_BwE" target="_blank" rel="noreferrer noopener">World Happiness Report 2026</a></em>, publié par le Wellbeing Research Centre de l’Université d’Oxford avec Gallup et le réseau des Nations Unies, la Tunisie est classée au 105<sup>e</sup> rang sur 147 pays avec un indice global de bonheur de 4,798/10, certes devant le Maroc (112<sup>e</sup>) et l’Egypte (139<sup>e</sup>), maigre consolation, mais loin derrière l’Algérie (83<sup>e</sup>). J’ai expliqué également la méthodologie de calcul de cet indicateur du bonheur, basées sur une méthode appelée <em>«Cantril Ladder»</em> : on demande aux personnes de situer leur vie sur une échelle de 0 à 10, de la pire vie possible à la meilleure vie possible. Le classement 2026 utilise la moyenne des réponses recueillies entre 2023 et 2025.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai donné également quelques définitions du bonheur données par certains grands philosophes tels qu’Epicure ou Spinoza, ainsi l’exemple personnel vécu avec mon amie américaine Karen Polenski, qui n’ayant ni mari ni enfants et ayant consacré toute sa vie à la recherche scientifique, trouve sa joie de vivre dans l’observation et la reconnaissance des espèces d’oiseaux volant haut dans le ciel !</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avais tenu à mentionner son exemple qui devrait nous faire réfléchir tous, nous autres Tunisiens, qui aimons tellement construire de belles villas, rouler dans des voitures de luxe et montrer nos signes extérieurs de richesse, même si elle est souvent mal acquise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rechercher le bonheur dans quelle Tunisie ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si intéressant soit-il, si j’en juge par le grand nombre de lecteurs, mon article comporte une lacune majeure que je vais essayer de combler dans cet article qui est la suite logique du premier : <em>Dans quelle Tunisie on recherche le bonheur ?</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans celle de ma génération née autour des années 1950 qui a grandi dans des familles nombreuses à l’ère de la télévision en noir et blanc, ou celle de la génération née autour de l’an 2000, à l’époque de l’informatique et de Windows, ou celle des enfants nés après 2010, à l’époque d’Internet, de Facebook et du smartphone ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question est d’autant plus intéressante que les trois générations ont connu des Tunisie très différentes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première a grandi dans une Tunisie nouvellement indépendante, beaucoup plus pauvre matériellement, mais où le salaire d’un maçon ou d’un instituteur suffisait pour construire une maison pour sa famille, élever huit ou neuf enfants et en faire même souvent des cadres supérieurs pour la plupart. La vie quotidienne était plus lente, les familles plus nombreuses, les relations de voisinage plus étroites et les possibilités de comparaison avec le reste du monde beaucoup plus limitées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La deuxième génération a grandi dans une Tunisie plus instruite, plus urbanisée, davantage ouverte au monde, avec l’apparition de l’informatique, d’Internet et de nouvelles aspirations professionnelles, mais aussi où un couple, dont l’homme et la femme travaillent, peinent à élever deux ou trois enfants et dont le compte bancaire est souvent <em>«dans le rouge»</em>, sans parler du chômage particulièrement élevé chez les jeunes diplômés</p>



<p class="wp-block-paragraph">La troisième génération est née dans un monde connecté dès l’enfance. Elle dispose d’un accès sans précédent à l’information, à la connaissance, au divertissement et aux autres êtres humains. Mais elle est également exposée beaucoup plus tôt à la comparaison sociale, à la compétition, à l’incertitude économique, aux informations anxiogènes et aux effets psychologiques des réseaux sociaux.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aD1uiozVBl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/07/a-la-recherche-du-bonheur-en-tunisie/">A la recherche du bonheur en Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A la recherche du bonheur en Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/07/a-la-recherche-du-bonheur-en-tunisie/embed/#?secret=Ctg1HPACO6#?secret=aD1uiozVBl" data-secret="aD1uiozVBl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie de 2026</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays confronté au chômage, à la hausse du coût de la vie, aux difficultés du système de santé, à la dégradation du pouvoir d’achat, à l’inquiétude face à l’avenir et à l’émigration massive d’une partie de sa jeunesse, parler de bonheur peut sembler presque provocateur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, les économistes ont assimilé le progrès à l’augmentation de la richesse nationale. Plus le PIB augmente, plus une société serait supposée progresser, et plus ses citoyens devraient être heureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les économistes qui ont bâti toutes leurs théories et modèles sur l’existence d’un être imaginaire qu’ils appellent «&nbsp;<em>Homo-économicus</em>&nbsp;» qui n’a&nbsp; ni âme ni sentiment et dont le seul objectif dans la vie est maximiser son utilité s’il est un consommateur ou son profit s’il est producteur, se sont trompés sur toute la ligne, y compris moi-même qui a passé sa vie à enseigner et appliquer ces théories.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une croissance économique peut coexister avec des inégalités importantes. Un pays peut produire davantage de richesses tout en laissant une partie de sa population dans la précarité. Un individu peut disposer d’un revenu confortable et souffrir pourtant de solitude, d’angoisse ou d’un sentiment d’inutilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le bonheur est donc beaucoup plus complexe que le revenu. Il dépend certainement des conditions matérielles d’existence : pouvoir se nourrir correctement, se loger, se soigner, travailler et assurer l’avenir de ses enfants. Mais il dépend aussi de facteurs moins facilement mesurables : la liberté, la sécurité, la confiance dans l’avenir, les relations familiales, l’amitié, la dignité, la reconnaissance et le sentiment d’avoir une place dans la société.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tunisie 2026 : une économie à bout de souffle</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant longtemps, les économistes ont assimilé le progrès à l’augmentation de la richesse nationale. Plus le PIB augmente, plus une société serait supposée progresser, et plus ses citoyens devraient être heureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La situation socio-économique de la Tunisie en 2026 se caractérise par un paradoxe : malgré des atouts humains importants, une économie diversifiée et une position géographique stratégique, le pays peine à transformer ses ressources en croissance durable, en emplois de qualité et en amélioration sensible du niveau de vie de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’économie tunisienne demeure confrontée à des difficultés structurelles : faiblesse de l’investissement, lenteur des réformes, productivité limitée et dépendance à l’égard de secteurs vulnérables aux aléas climatiques et à la conjoncture internationale. Le tourisme, les industries manufacturières, les services et les exportations contribuent à l’activité, mais ne suffisent pas à créer une dynamique de croissance assez forte pour répondre aux besoins de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’agriculture reste particulièrement exposée à la sécheresse et au stress hydrique. Les difficultés des entreprises, les incertitudes économiques et les contraintes de financement freinent également l’investissement privé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, la croissance doit être appréciée non seulement en valeur globale, mais aussi au regard de la progression de la population, de l’emploi et du pouvoir d’achat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, selon les données publiées par l’INS, le PIB s’est accru au taux moyen de 1,1% durant les dix dernières années de 2017 à 2026, soit exactement le taux de croissance démographique. Cela veut tout simplement dire que le peu de croissance de la production qui a eu lieu durant ses dix dernières années a servi à nourrir les nouvelles bouches sans amélioration du niveau de vie de la population.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie surendettée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La dette publique est un indicateur essentiel pour comprendre les contraintes économiques de la Tunisie. Elle représente les engagements financiers accumulés par l’État et influence sa capacité à financer les services publics, les investissements et les politiques sociales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les données du ministère des Finances, la dette publique est passée de 66,9 % du PIB en 2017 à 82,1 % en 2025. Pour 2026, la loi de finances prévoit un ratio de 83,4 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En prenant la dette publique prévue pour 2026 (156,7 milliards de dinars) et la population estimée au 1<sup>er</sup> janvier 2026 (11,99 millions), on peut calculer une dette publique moyenne d’environ <strong>13 067 dinars par habitant.</strong> Cela veut dire que chaque Tunisien, y compris les bébés qui viennent de naître, doit travailler un certain nombre d’années de sa vie pour, non pas rembourser personnellement la dette publique puisqu’elle libellée au nom de l’Etat, mais payer suffisamment d’impôts et taxes à l’Etat pour lui permettre de le faire</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, qui dit une économie surendettée dit :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; moins de marges budgétaires</em></strong> : le remboursement du capital et le paiement des intérêts mobilisent des ressources qui pourraient financer les hôpitaux, les écoles, les infrastructures et les aides sociales&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; des contraintes de financement</em></strong> : le recours accru aux banques et aux ressources intérieures peut réduire les financements disponibles pour les entreprises privées, selon les conditions du marché&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; un risque pour les générations futures</em></strong> : si l’endettement finance principalement des dépenses courantes plutôt que des investissements productifs, les générations futures peuvent hériter d’obligations financières sans bénéficier d’une augmentation équivalente de la capacité de production&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>&#8211; des effets sur le sentiment de bonheur</em></strong> : lorsque les contraintes budgétaires se traduisent par des services publics insuffisants, une protection sociale fragile ou des perspectives d’emploi limitées, la confiance dans l’avenir peut se dégrader.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="yo862xx5nR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pourquoi-linflation-ne-baisse-pas-en-tunisie/">L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pourquoi-linflation-ne-baisse-pas-en-tunisie/embed/#?secret=nA707w0tD1#?secret=yo862xx5nR" data-secret="yo862xx5nR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une inflation persistante</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La maîtrise de l’inflation constitue le deuxième grand échec et défi que la Tunisie d’après la révolution de 2011 n’a pas su relever, après celui de l’absence de relance économique : selon les données de l’INS, le taux moyen d’inflation sur la période 2017-2026 s’élève à 6,7% et il s’élève encore à 5,6% en redressement annuel pour le dernier mois de septembre 2026.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les ménages, la hausse passée des prix continue de peser sur le pouvoir d’achat, même lorsque l’inflation ralentit. Les retraités, les salariés aux revenus modestes et les familles nombreuses sont particulièrement exposés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La maîtrise de l’inflation constitue un enjeu majeur : notamment pour les produits alimentaires. À cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement en eau, potable ou minérale, les contraintes énergétiques et les insuffisances de certains services publics.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Parenthèse 1&nbsp;:</em></strong> j’ouvre ici une parenthèse pour signaler qu’en tant qu’économiste spécialiste en théorie monétaire que j’avais enseigné pendant plusieurs années, j’ai attribué dans plusieurs articles publiés dans Kapitalis cet échec dans la maitrise de l’inflation en Tunisie à la politique monétaire entièrement erronée suivie par la Banque centrale de Tunisie (BCT) depuis 2017. Celle-ci est basée sur la manipulation de la variable du taux directeur, une politique qui réussit dans les pays développés où les fuites des transactions sont très faibles, mais qui est inefficace en Tunisie où l’économie sous terraine représente environ 52% du PIB et où la vitesse de circulation de la monnaie s’accélère à chaque fois que la BCT relève son taux directeur, rendant ainsi caduque l’hypothèse fondamentale de stabilité de la vitesse de circulation de la monnaie qui est la base même de la fameuse équation quantitative de la monnaie (connue sous le nom d’équation de Cambridge)&nbsp; développée par l’économiste américain Milton Friedman et qui se trouve à la base de la politique du taux directeur pour maîtriser l’inflation .</p>



<p class="wp-block-paragraph">À la place, j’avais préconisé une politique basée sur la manipulation de la variable du taux de réserves obligatoires imposé aux banques commerciales par des circulaires de la BCT. Nul doute, à mon avis d’expert en la matière, que cette politique serait infiniment plus efficace car elle agit mécaniquement sur la capacité des banques à accorder des crédits à la consommation et contribuer ainsi à augmenter l’inflation. Mais c’était comme p&#8230;r dans le sable ! (voir à ce sujet : <em>L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ?).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Parenthèse 2&nbsp;:</strong> Dans un autre article non moins intéressant et que je considère même le meilleur article de vulgarisation économique que j’ai rédigé depuis plusieurs années que je publie dans Kapitalis, au titre provocateur «<em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/03/les-statistiques-officielles-sont-une-forme-de-mensonges-scientifiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Les statistiques officielles sont une forme de mensonge scientifique</a></em>», j’ai expliqué qu’aussi bien le taux d’inflation, que le taux de chômage et que le taux de croissance économiques publiés par l’INS ne reflètent pas la véritable réalité socio-économique dans le pays pour des raisons de méthodologie de calcul de ces indicateurs macroéconomiques. L’inflation ressentie par les citoyens est nettement plus élevée, le taux de chômage vécu est nettement plus important et les taux de croissance réel du PIB sont nettement plus faibles que ne le laissent apparaître les chiffres officiels publiés par l’INS.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’invite les lectrices et les lecteurs de cet article à relire ces articles parce qu’ils ont un lien direct avec la problématique traitée ici : Peut-on être heureux dans la Tunisie de 2026, car la Tunisie de 2026 des chiffres officiels est différente de la Tunisie profonde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le chômage : une atteinte à la dignité et à l’espoir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La réduction du chômage constitue le troisième grand échec de la politique économique et sociale menée après 2011, et le marché du travail demeure l’un des principaux points faibles du modèle économique tunisien. Durant toute la décennie 2017-2026, le taux de chômage moyen s’est établi à 15,5%, soit presque le même niveau qu’en 2026, qui s’élève selon l’INS à 14,9 % au deuxième trimestre 2026, mais les données de la Banque mondiale donnent environ 38 % pour les 15-24 ans en 2025 y compris pour les jeunes diplômés de l’enseignement supérieur, ce qui favorise le découragement, l’émigration et la perte de compétences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le travail procure un revenu, mais aussi une identité sociale, une autonomie et le sentiment d’être utile. Pour un jeune diplômé qui ne trouve pas d’emploi, la frustration peut être particulièrement forte : après des années d’études et d’efforts, les perspectives espérées ne se réalisent pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chômage prolongé peut entraîner un sentiment d’injustice, une perte de confiance en soi et le désir de quitter le pays. L’émigration apparaît alors parfois moins comme un choix positif que comme une recherche d’une vie jugée plus prometteuse.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="kVfK0QonXc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/03/les-statistiques-officielles-sont-une-forme-de-mensonges-scientifiques/">Les statistiques officielles sont une forme de mensonges scientifiques</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les statistiques officielles sont une forme de mensonges scientifiques » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/03/les-statistiques-officielles-sont-une-forme-de-mensonges-scientifiques/embed/#?secret=tR531c1dJn#?secret=kVfK0QonXc" data-secret="kVfK0QonXc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;absence de filet social</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, il n’y a ni une association telle que <em>Amadeus</em> en France pour aider les sans-abris à trouver un logement, ni de <em>Resto du Coeur</em> pour servir un repas chaud à ceux et celles qui ont faim, ni d’<em>Armée de Salut</em> pour offrir aux SDF un lit et une douche chaude ne serait-ce que pour quelques jours…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Chez nous, celui ou celle que le sort, ou la chance ou même quelquefois sa propre famille lâche, se retrouve à nos feux rouges à faire la manche ou à fouiller nos poubelles à la recherche de quelques restes de repas ou de bouteilles en plastique vides à revendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or, comme l’explique les auteurs du &nbsp;&nbsp;World Happiness Report 2026 et comme le prouve l’exemple de la Finlande où les habitants se disent les plus heureux (7,786/10) alors qu’ils vivent six mois par an à -20 degrés Celsius, l’une des variables explicatives du sentiment de bonheur est et le soutien social et la possibilité de compter sur des proches en cas de difficulté. Une autre variable qu’ils mentionnent explicitement aussi est la générosité, notamment le fait de donner à des œuvres caritatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, le sentiment de bonheur dépend non seulement des ressources dont dispose un individu, mais aussi de la sécurité dont il bénéficie face aux aléas de la vie. Or, lorsque les mécanismes de protection sociale sont insuffisants, comme en Tunisie, chaque difficulté économique, chaque maladie et chaque perte de revenu peut devenir une source d&rsquo;angoisse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Tunisie, malgré l’existence de dispositifs de sécurité sociale, de couverture sanitaire et d’aides publiques, leur portée, leur niveau de protection et leur accessibilité restent très limités et ne permettent pas toujours de répondre efficacement aux besoins de toutes les catégories de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’absence d’un filet social suffisamment protecteur transforme alors l’incertitude économique en insécurité existentielle. Cette insécurité a des conséquences psychologiques importantes : inquiétude permanente, sentiment de vulnérabilité, perte de confiance dans l’avenir et impression d’être abandonné par la collectivité. Elle peut également affaiblir les solidarités familiales, lorsque les proches, eux-mêmes confrontés à des difficultés, ne sont plus en mesure d’apporter une aide suffisante. Or, à l’absence de filet social s’ajoute l’éclatement familial</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’éclatement familial</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La famille a longtemps constitué, en Tunisie, l’un des principaux piliers de la solidarité, de la sécurité affective et de la protection sociale. Elle permettait de partager les ressources, d’accompagner les enfants, de soutenir les personnes âgées et de surmonter collectivement les difficultés de l’existence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les transformations économiques, sociales et culturelles fragilisent parfois ce modèle. Les séparations et les divorces, les conflits entre générations, l’éloignement des enfants partis étudier ou travailler à l’étranger, ainsi que l’individualisation croissante des modes de vie peuvent affaiblir les solidarités familiales traditionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour illustrer l’éclatement familial dans la Tunisie de 2026, je citerais la baisse du nombre de mariages simultanément à l’accroissement du nombre de divorces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 2023, on comptait environ 22 divorces prononcés pour 100 mariages célébrés la même année. Ce rapport est un indicateur annuel, et non la proportion des mariages qui finiront par un divorce.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les mariages diminuent : de 83 105 en 2019 à 72 953 en 2023, soit une baisse d’environ 12,2 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport entre divorces et mariages augmente : il est passé d’environ 20,8 % en 2019 à 22 % en 2023.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le bonheur suppose aussi la dignité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il existe une dimension du bonheur dont on a beaucoup parlé durant la révolution de 2011 et qui est même une des raisons du déclenchement de celle-ci : la dignité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Être heureux, ce n’est pas seulement éprouver du plaisir. C’est aussi pouvoir regarder sa vie avec le sentiment qu’elle a un sens et que l’on compte pour quelqu’un.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un retraité qui a travaillé quarante ans et qui doit ensuite compter chaque dinar peut ressentir une profonde injustice.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un jeune diplômé qui passe des années à chercher un emploi peut finir par perdre confiance en lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une personne âgée qui fouille les poubelles (qu’on appelle <em>barbachas</em> et qui sont de plus en plus nombreux dans nos villes) pour récupérer des bouteilles en plastique ne souffre pas seulement du manque d’argent. Elle souffre aussi du regard de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La dignité humaine ne devrait jamais dépendre du niveau de revenu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le manque de confiance dans l’avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-être est-ce là l’un des problèmes les plus importants de la Tunisie contemporaine : la difficulté de croire en demain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un individu peut accepter une situation difficile s’il pense qu’elle est temporaire. Mais lorsqu’il ne voit aucune perspective d’amélioration, la difficulté devient beaucoup plus lourde à supporter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là où la politique au sens politicien du terme s’invite dans l’équation du bonheur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le manque de démocratie, l’absence de liberté d’expression, le décret 54 selon lequel on peut se retrouver en prison pour un statut d’opinion publié sur Facebook, éloignent davantage le mirage du bonheur et rendent la vie au quotidien encore plus étouffante, je dirais même encore plus que les coupures d’électricité ou d’eau potable ou le manque de beurre, de sucre, de médicaments, de riz, etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : le paradoxe tunisien</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie possède pourtant des ingrédients qui pourraient favoriser une certaine qualité de vie : un climat agréable, la mer, une histoire millénaire, une culture riche, une gastronomie exceptionnelle, des liens familiaux encore importants et une capacité remarquable à créer de la convivialité à partir de presque rien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un café partagé avec un ami, une conversation interminable autour d’un verre de thé, un repas familial, une promenade au bord de la mer, un voisin qui rend service à son voisin…, toutes ces choses ont une valeur économique nulle, mais ont une valeur humaine immense.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait cependant naïf de ma part de prétendre que les Tunisiens vivent heureux simplement parce qu’ils possèdent une culture de la convivialité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jeune diplômé qui ne trouve pas de travail, le fonctionnaire qui voit son salaire perdre progressivement son pouvoir d’achat, le retraité qui constate que sa pension ne lui permet plus de vivre comme auparavant, la mère qui s’inquiète pour l’avenir de ses enfants, le jeune qui rêve de quitter le pays parce qu’il ne croit plus pouvoir y construire son avenir, la personne âgée qui se retrouve seule, tous vivent une forme différente de frustration.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Et lorsque les frustrations s&rsquo;accumulent, elles peuvent finir par transformer le rapport que les citoyens entretiennent avec leur propre pays.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Post-Scriptum&nbsp;</strong>: J’ai hésité à ajouter ce post-scriptum, mais je me suis décidé finalement à le faire parce qu’il n’est pas loin du sujet traité dans cet article, à savoir celui du bonheur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon une interview de Nesrine Ben Ali qui circule sur Facebook, les trois derniers mots que son père à prononcé avant de quitter ce monde sont&nbsp;: «<em>Taalet Hkaya Fargha</em>», dans le sens où <em>«la vie ne valait pas la peine d’être vécue</em>»&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà un homme que la nature a doté d’un physique et d’une santé avantageux, qui a gravi tous les échelons du pouvoir, a régné en maître absolu sur la Tunisie pendant 23 ans, a accumulé toutes&nbsp; les richesses matérielles et immatérielles imaginables, habité dans les plus beaux palais, a eu droit aux plus grands honneurs et&nbsp;réceptions diplomatiques, roulé dans les voitures les plus luxueuses, épousé plusieurs femmes et gouté à tous les plaisirs terrestres possibles et imaginables et qui trouve finalement que la vie ne valait pas la peine d’être vécue&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’avoue que venant de sa bouche, ces trois mots m&rsquo;ont fait réfléchir et ont contribué à la définition du bonheur que j’ai indiquée dans mon précèdent article, à savoir : <strong><em>«</em></strong><em>le bonheur est en chacun de nous et il appartient à chacun de nous de le chercher au fond de lui-même et non pas dans les biens matériels ou dans la compagnie des autres».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire et consultant international. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/15/peut-on-etre-heureux-dans-la-tunisie-de-2026/">Peut-on être heureux dans la Tunisie de 2026 ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La Tunisie officielle se porte comme un charme</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/la-tunisie-officielle-se-porte-comme-un-charme/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 12:49:42 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[indicateurs financiers]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhair Attallah]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les responsables ont tendance à brosser un tableau reluisant de la situation dans le pays. Y aurait-il deux Tunisie, une officielle et une réelle ?  </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les responsables du gouvernement ont la fâcheuse tendance de mettre la poussière sous le tapis et de brosser un tableau reluisant de la situation générale dans le pays. Zouhair Attallah, chef de cabinet du ministère des Finances, qui est parmi les mieux informés des indicateurs financiers de la Tunisie, ne déroge pas à cette règle.</em></strong><em><strong> </strong>(Photo: ministère des Finances, La Kasbah, Tunis). </em></p>



<span id="more-19773976"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Intervenant lors du 4<sup>e</sup> Forum financier arabe du Prix de Sharjah pour les finances publiques, organisé à Tunis les 6 et 7 octobre 2026, en collaboration avec l’Organisation arabe pour le développement administratif (relevant de la Ligue des États arabes) et le Département central des finances de Sharjah, sous le thème <em>«Résilience financière et durabilité : concevoir des budgets adaptables et maximiser la valeur pour l’argent public»,</em> il a déclaré que la Tunisie a réussi — malgré les crises sanitaires, les catastrophes naturelles et l&rsquo;instabilité du contexte mondial — à faire preuve de résilience, à enregistrer des taux de croissance positifs et à maintenir l’inflation, le déficit et l’endettement à des niveaux qu’il a qualifiés d’<em>«acceptables»</em>. <em>«Ces résultats ont été obtenus grâce aux efforts considérables déployés par les institutions publiques et à une bonne préparation pour absorber et affronter ces circonstances exceptionnelles»</em>, a-t-il précisé, selon le compte-rendu du forum diffusé sur la page Facebook du ministère, vendredi 9 octobre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Attallah a également souligné la démarche de réforme engagée par le ministère à court et moyen termes, notamment à travers le renforcement des cadres juridique, institutionnel, organisationnel et humain, la consolidation des principes de bonne gouvernance, ainsi que l’amélioration de l’efficacité et de la transparence des politiques publiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que de bonnes nouvelles en somme&nbsp;pour un auto-satisfécit que des économistes objectifs, examinant les indicateurs macroéconomiques de notre pays, trouveraient immérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec une inflation de 5,3 %, un déficit budgétaire de 5,2 %, un endettement de 82 % et un chômage de 15,2 %, pour une croissance atone d’à peine 2,5 % (chiffres officiels de 2025), on ne peut pas dire que la Tunisie se porte bien ou qu&rsquo;elle est en train d’avancer sur la voie du progrès socio-économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non seulement, notre pays a beaucoup régressé par rapport à ses indicateurs de 2010, mais il est en train de manger le pain de ses générations montantes en s’endettant à tour de bras. Et il ne s&rsquo;endette pas pour investir dans la mise en place d’infrastructures publiques mais pour financer ses dépenses de fonctionnement, et notamment les salaires de ses 700 000 à 750 000 fonctionnaires, ni inventifs, ni productifs ni efficaces.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Non, M. Atallah, la Tunisie ne se porte pas aussi bien que vous le dites ! Interrogez les Tunisiens, qui voient leur pouvoir d&rsquo;achat régresser et leurs conditions de vie se détériorer jour après jour, ils vous diront exactement le contraire. </p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B.</strong></p>
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		<title>Tunisie &#124; La marche des diplômés chômeurs se termine en queue de poisson</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/08/tunisie-la-marche-des-diplomes-chomeurs-se-termine-en-queue-de-poisson/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 08 Oct 2026 08:12:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[déficit budgétaire]]></category>
		<category><![CDATA[diplômés chômeurs]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[loi n° 18/2025]]></category>
		<category><![CDATA[Menzel Bouzaiane]]></category>
		<category><![CDATA[secteur public]]></category>
		<category><![CDATA[Sidi Bouzid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La marche des diplômés chômeurs s’est terminée en queue de poisson aux portes de Tunis sans que les marcheurs n’aient obtenu satisfaction. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/08/tunisie-la-marche-des-diplomes-chomeurs-se-termine-en-queue-de-poisson/">Tunisie | La marche des diplômés chômeurs se termine en queue de poisson</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Partie le 27 septembre</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>2026</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>de Menzel Bouzaiane, dans le gouvernorat de Sidi Bouzid, en direction du palais présidentiel de Carthage, la marche des diplômés chômeurs réclament l&rsquo;application de la loi n° 18 du 22 décembre</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>2025 relative au recrutement exceptionnel dans fonction</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>et</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>les entreprises publiques,</em></strong></em></strong> <strong><em><strong><em>des diplômés de l’enseignement supérieur restés longtemps sans emploi, s’est terminée en queue de poisson sans que les marcheurs n’aient pu obtenir satisfaction.</em></strong></em></strong> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-19767982"></span>



<p class="wp-block-paragraph">La mobilisation, qui comptait initialement 23 personnes, a progressivement rallié de nouveaux participants en cours de route. Selon le comité de coordination, le nombre de participants a dépassé les 120 personnes, incluant des chômeurs venus d’autres gouvernorats ainsi que des membres de leurs familles ayant choisi de les accompagner.<strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous voulons l</em><em>’</em><em>application de la loi, pas une rencontre avec le président»</em>, a déclaré à la presse Nesma Mahfoudhi, l’une des coordinatrices de la marche, résumant ainsi la position des participants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un emploi offert sur un plateau d’argent</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La revendication porte sur l’ouverture de la plateforme numérique prévue par la réglementation, la définition d’un calendrier de recrutement et le lancement de la première tranche avant la fin de&nbsp;2026, le recrutement devant se faire&nbsp;sur une période maximale de trois ans&nbsp;et selon des critères prenant notamment en compte l’âge — avec une priorité accordée aux personnes de plus de 40 ans —, l’année d’obtention du diplôme, la situation sociale et le principe d’un seul bénéficiaire par famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A leur arrivée aux portes de Tunis, après une marche de quelque 300  kilomètres à pieds, marquée par une grande fatigue et des problèmes de santé &#8211; plusieurs participants ayant dû recevoir des soins lors des différentes étapes -, les marcheurs ont été empêchés d’avancer davantage et sommés de rentrer au bled les mains vides. L’une des marcheuses, qui s’est montrée intraitable dans la défense de ce qu’elle considère comme un droit, a été arrêtée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Votre appel a été entendu par le président de la république»</em>, leur a-t-on dit, et des mesures seront prises bientôt pour accélérer l’application de la loi n° 18/2025, qui engage le gouvernement à recruter les diplômés chômeurs par tranches.&nbsp;Mais comme ils se sont lassés des promesses non tenues et qu’ils traînent leur détresse depuis plusieurs années, certains depuis 15 ans et plus, les diplômés chômeurs de Menzel Bouzaiane, l’un des berceaux de la révolution de 2011, rechignent à donner foi à la nouvelle promesse. Et le malaise reste entier. Le malentendu aussi. Car toute cette affaire est né d’un malentendu qu’il va être difficile de lever.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, les membres de l’Union des diplômés chômeurs (UDC), qui sont derrière la <em>«Marche de la dignité»</em><em>,</em> pensent, sans doute à tort, qu’un diplôme ouvre automatiquement la voie à un recrutement dans la fonction publique qui, de ce point de vue, devient un droit inaliénable. Or, on le sait, cela est totalement faux. Un diplôme, quel qu’il soit, est à peine une ligne dans un CV, un indicateur de mérite parmi d’autres. Un emploi ne s’offre pas, il se mérite, par la motivation, le talent, l’expérience et la confiance que l’on inspire à l’employeur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un diplômé ne doit donc pas dormir sur ses lauriers et attendre un hypothétique emploi dans la fonction publique qui risque de ne jamais venir : son diplôme ne vaut rien s’il n’est pas complété par des formations, des acquis, des savoir-faire&#8230; C’est ce que les responsables auraient dû expliquer à ces jeunes diplômé(e)s dont certain(e)s sont presque quinquagénaires. Et non succomber à un populisme de mauvais aloi, dicté par des calculs électoralistes, en leur faisant miroiter la perspective d’un emploi offert sur un plateau d’argent.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="U1WUTmtcjG"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/tunisie-la-marche-des-diplomes-chomeurs-reprend-apres-un-arret-a-jelma/">Tunisie | La marche des diplômés chômeurs reprend après un arrêt à Jelma  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | La marche des diplômés chômeurs reprend après un arrêt à Jelma   » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/30/tunisie-la-marche-des-diplomes-chomeurs-reprend-apres-un-arret-a-jelma/embed/#?secret=xZARoREzSv#?secret=U1WUTmtcjG" data-secret="U1WUTmtcjG" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une loi populiste qui n’aurait pas dû être promulguée </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Disons les choses clairement et sans détour : la fameuse<em> </em>loi n° 18/2025, qui a été défendue par tous les partis politiques et les organisations de la société civile, y compris l&rsquo;UGTT, la centrale ouvrière, et portée par le président Kaïs Saïed, n’aurait jamais dû être promulguée parce qu’elle est inapplicable dans un pays faisant face à une grave crise financière et dont le déficit budgétaire continue de se creuser sur fond d’endettement, intérieur et extérieur, d’inflation structurelle et de croissance économique atone peinant à atteindre 1,5 ou 2 %.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette loi est d’autant plus inapplicable, également, que la fonction publique en Tunisie emploie plus de 700 000 salariés &#8211; là où des pays d’une même grandeur démographique se contenteraient de 200 000 ou 300 000. Près du tiers de ces salariés sont payés d’ailleurs pour ne rien faire, des employés fantômes percevant des salaires fictifs et protestant régulièrement pour exiger des augmentations salariales. Beaucoup d’entre eux ont du reste un second emploi, réel celui-là, dans la contrebande et le marché parallèle qui nuit à l’économie nationale et grève les recettes de l’État par l’évasion fiscale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lieu de faire de vagues promesses et de prendre des engagements solennels qu’il n’est pas en mesure de respecter, l’État &nbsp;aurait dû jouer, plus efficacement et avec plus de détermination, le rôle qui est censé être le sien dans la gestion des affaires publiques : &nbsp;mettre en place les conditions requises pour impulser l’investissement, la croissance, la création de richesses et d’emplois, seul moyen pour réduire le déficit budgétaire, l’endettement et le chômage structurel qui touche, bon an mal an, autour de 15% de la population active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A notre connaissance, l’humanité n’a pas inventé d’autres moyens pour sortir du sous-développement, de la pauvreté et de la dépendance de l’aide étrangère qui sont aujourd’hui le lot des Tunisiens soixante-dix ans après leur indépendance. Et c’est dommage&#8230; &nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/08/tunisie-la-marche-des-diplomes-chomeurs-se-termine-en-queue-de-poisson/">Tunisie | La marche des diplômés chômeurs se termine en queue de poisson</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’économie tunisienne sous pression</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/05/leconomie-tunisienne-sous-pression/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 05 Sep 2026 09:44:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[inflation]]></category>
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		<category><![CDATA[Sahar Mechmech]]></category>
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		<category><![CDATA[Union européeene]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les Tunisiens ne cessent de dénoncer la dégradation de leurs conditions socio-économiques et du niveau de vie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/05/leconomie-tunisienne-sous-pression/">L’économie tunisienne sous pression</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Ces derniers mois, les Tunisiens ont manifesté pour dénoncer la dégradation des conditions socio-économiques et du niveau de vie dans le pays. Pourtant, officiellement, les indicateurs de croissance économique sont à la hausse. Que se passe-t-il donc ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sahar Mechmech *</strong></p>



<span id="more-19575529"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Sahar-Mechmech.jpg" alt="" class="wp-image-19575565" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Sahar-Mechmech.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Sahar-Mechmech-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/09/Sahar-Mechmech-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Au cours des dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans toute la Tunisie pour dénoncer des coupures massives d’électricité et d’eau imposées par le gouvernement en pleine vague de chaleur, alors que les infrastructures du pays peinaient à répondre à la demande énergétique. Ces coupures surviennent dans un climat social tendu, les Tunisiens manifestant déjà contre la hausse du coût de la vie. Ainsi, le 16 mai, des centaines de Tunisiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la répression ainsi que la détérioration des conditions socio-économiques et du niveau de vie. Pourtant, fin avril encore, le président Kais Saied vantait le succès de la politique d’autosuffisance de la Tunisie, affirmant qu’elle avait permis de réduire l’inflation et de relancer la croissance. Il n’a pas tort. Officiellement, la croissance s’est quelque peu améliorée, l’inflation a effectivement baissé et la situation de l’emploi s’est légèrement redressée. Qu’est-ce qui alimente alors la colère de la population ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un examen plus approfondi des perspectives et des réalités économiques intérieures de la Tunisie révèle une certaine fragilité, de fortes tensions sociales et des divisions politiques internes, exacerbées — en grande partie — par le fait que les indicateurs économiques ne se reflètent pas dans le quotidien des Tunisiens. Cette situation est toutefois nuancée par le financement croissant des partenaires internationaux qui, tantôt allège les pressions, tantôt les aggrave.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Excès d’optimisme ou triomphalisme prématuré</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2026, le gouvernement ne propose pas de rupture avec les politiques économiques en vigueur avant le 25 juillet 2021 [date de la proclamation de l’état d’exception par Kaïs Saïed, Ndlr], caractérisées par des restrictions des dépenses publiques et des réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus. Alors que des réformes fiscales radicales en 2025 avaient amélioré la répartition de la charge fiscale et accru la contribution des entreprises, la loi de finances 2026 échoue à s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie tunisienne. La hausse des dépenses sociales ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui se traduit par une réduction implicite des services sociaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, aucune réforme structurelle profonde ne vise les acteurs en situation de monopole ou de rente qui constituent la trame de l’économie tunisienne. Depuis l’indépendance de la Tunisie dans les années 1950, ce groupe d’acteurs économiques bénéficiant de soutiens politiques a érigé un arsenal de barrières réglementaires à l’entrée dans des secteurs clés et contrôle la majeure partie du financement privé au sein de l’économie. La loi perpétue également une pratique risquée, en vigueur depuis des années, consistant à emprunter auprès de la Banque centrale à un taux d’intérêt de 0 % sans générer une croissance proportionnelle à l’endettement, ce qui menace d’alimenter l’inflation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’absence de réformes structurelles, le budget de l’État pour 2026 prévoit une croissance de 3,3 % sur l’année, un chiffre supérieur aux 2,1 % anticipés par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui représente un écart significatif. Une croissance plus faible signifie moins de ressources pour l’État afin de répondre à des besoins sociaux croissants en pleine crise du coût de la vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le budget table également sur un prix du pétrole avoisinant les 60 dollars le baril, une hypothèse mise à mal par la flambée des coûts de l’énergie consécutive à la guerre en Iran. Le prix a dépassé les 100 dollars le baril à plusieurs reprises cette année et s’établissait autour de 90 dollars le baril au 29 juillet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie reste un pays importateur d’énergie pratiquant des subventions énergétiques ; la hausse imprévue du prix du pétrole alourdira sa facture d’importation, entamant ainsi ses précieuses réserves de devises (dollars et euros) nécessaires au règlement des importations essentielles auprès de ses partenaires commerciaux. Cette hausse des prix pétroliers augmentera également les dépenses de l’État consacrées aux subventions énergétiques afin de maintenir la stabilité des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur. La hausse des prix, supérieure aux prévisions, entraînera un creusement des déficits budgétaires, un besoin accru d’emprunt et, potentiellement, une pression croissante pour réduire les dépenses afin de remédier aux déséquilibres budgétaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inflation mondiale découlant de la guerre impliquant l’Iran menace également d’éroder les envois de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ; ces transferts constituent une source essentielle de devises pour les importations et représentaient 30 % des réserves en 2024. Le conflit suscite de vives inquiétudes quant à l’inflation en Europe — où vit la majeure partie de la diaspora tunisienne — ce qui pourrait entraîner une baisse de ces transferts de fonds.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le secteur du tourisme, autre source majeure de devises, est lui aussi exposé à des risques. Malgré les assurances du gouvernement affirmant que le tourisme tunisien n’était pas affecté par le conflit régional, les premiers indicateurs font état d’un ralentissement et d’une baisse des réservations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les tensions sur les devises compromettent la capacité de la Tunisie à importer des produits de première nécessité — notamment des denrées alimentaires, des médicaments et de l’énergie — et pourraient provoquer des pénuries comparables à celles observées en 2023.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les signes de telles restrictions sont déjà manifestes. En mars, la Banque centrale de Tunisie a émis de nouvelles directives visant à limiter les importations afin de préserver ses réserves limitées de dollars et d’euros. Ces directives stipulent que les importations de produits <em>«non essentiels»</em> — tels que les vêtements, le dentifrice et le papier toilette — doivent être réglées au comptant et non à crédit. Cette décision a été critiquée par des organisations influentes comme la Conect, qui représente les employeurs et les entreprises ; celle-ci a qualifié ces directives d’obstacle potentiel à la croissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Alert, une organisation luttant contre les monopoles en Tunisie, a averti que ces mesures risquaient d’ancrer davantage les pratiques monopolistiques dans le secteur de l’import-export, les grandes entreprises disposant plus facilement de liquidités que les petites.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces restrictions à l’importation menacent d’aggraver les pénuries actuelles de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fissures naissantes entre la présidence et le parlement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement à la montée des pressions économiques, le gouvernement de Saïed fait face à des tensions politiques croissantes. L’Assemblée, qui était étroitement alignée sur Saïed à la suite des élections législatives de 2022, est de plus en plus en désaccord avec le gouvernement sur les questions économiques. En avril 2025, elle a refusé d’approuver un emprunt, invoquant le manque de clarté quant à ses retombées. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2026, l’Assemblée a rejeté certaines propositions du ministère des Finances et en a adopté d’autres tout en émettant de vives réserves. Le ministre des Finances a même quitté une séance parlementaire après une vive altercation avec certains députés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lors des débats sur des contrats de concession controversés dans le domaine de l’énergie solaire, plusieurs députés ont dénoncé ces textes, les qualifiant tour à tour de dangereux, coloniaux, humiliants et contraires à la souveraineté énergétique. En réaction à cette levée de boucliers et avant le vote sur ces concessions, le président Saïed a limogé le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi que le directeur général de l’Électricité et des Énergies renouvelables, bien que tous les contrats aient finalement été adoptés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, à la suite de coupures massives d’électricité et d’eau survenues en juillet, le Parlement a tenu une séance le 27 juillet pour débattre de la situation ; les députés y ont critiqué la conjoncture ainsi que l’absence de réaction officielle du gouvernement. Ils ont également reproché au gouvernement son absence lors de cette séance, bien qu’un député ait précisé que l’Assemblée n’avait adressé aucune invitation ou convocation officielle au gouvernement pour y participer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tensions ne doivent pas être interprétées comme une rupture franche avec Kaïs Saïed. L’Assemblée continue de donner la priorité à bon nombre de ses réformes clés — celles qu’il qualifie de <em>«révolution législative»</em> et qui ont profondément restructuré l’arsenal juridique tunisien — et de les adopter. Il convient plutôt de voir dans ces tensions une tentative de l’Assemblée de se démarquer quelque peu de Saïed, dont le bilan économique est jugé insuffisant, alors même que la Tunisie se dirige vers les élections législatives de 2027.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces tensions dépassent le cadre politique pour s’étendre à l&rsquo;espace civique dans son ensemble.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les boucs émissaires, anciens comme nouveaux</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à la montée des tensions économiques et politiques, le gouvernement tente de reproduire la stratégie qu’il a appliquée avec succès en 2023 : désigner des boucs émissaires.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Saïed continue d’évoquer de mystérieux saboteurs sans jamais les nommer. Il persiste à sacrifier des membres de son gouvernement pour apaiser la colère populaire, comme en témoigne le limogeage d’un ministre mentionné plus haut. Ses partisans — qu’ils siègent à L’Assemblée, soient présents sur le terrain ou actifs sur les réseaux sociaux — continuent de présenter les migrants subsahariens en situation irrégulière comme un fardeau pour les ressources économiques et une menace pour la sécurité nationale. Le conflit qui l’oppose depuis des années à la principale centrale syndicale du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), s’est intensifié au cours de l’année écoulée. Parallèlement, la répression à l’encontre de la société civile — dont les acteurs sont perçus par Saïed comme des agents de l’ingérence étrangère — s’est accentuée ces derniers mois : les autorités suspendent des organisations, engagent des poursuites pour obtenir leur dissolution définitive et emprisonnent militants, journalistes, magistrats et même des députés dissidents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La vague d’enquêtes pénales la plus récente vise des fonctionnaires chargés du dossier de l’électricité. Cette initiative, couplée aux déclarations du président qualifiant ces coupures d’<em>«événements inhabituels»</em> et affirmant que <em>«l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à harceler les citoyens et à attiser les tensions»</em>, semble viser à présenter ces perturbations majeures comme le fruit d’un complot contre le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette interprétation contredit les déclarations du syndicat de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), qui attribue les coupures à une hausse de la demande dépassant les capacités de production lors de la récente vague de chaleur. Le défi de répondre à la demande en électricité est aggravé par le manque d’investissements dans la production, la dernière grande centrale électrique ayant été inaugurée en 2019.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour expliquer ce déficit d’investissement, certains experts pointent du doigt l’insuffisance des ressources allouées par l’État, le non-paiement intégral par le gouvernement et les entreprises publiques de leurs dettes envers la Steg pour leur consommation d’électricité, ainsi que le défaut de paiement par le gouvernement des subventions universelles à l’électricité accordées aux citoyens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout comme en 2023, cette répression vise à détourner l’attention des problèmes économiques chroniques et à vider l’espace politique et civique de toute opposition, laissant Saïed comme seul arbitre des décisions en Tunisie et unique interlocuteur pour les partenaires internationaux du pays.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La diplomatie tunisienne en quête d&rsquo;alliances internationales</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En contraste avec les divisions internes, la Tunisie intensifie sa coopération et ses emprunts financiers auprès de plusieurs partenaires internationaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’échelle régionale, la Tunisie poursuit son rapprochement avec l’Algérie, ayant signé fin 2025 plus de vingt accords de coopération dans des domaines variés, dont un accord controversé de coopération militaire. Récemment, lors d’une interview, le président algérien a tenu des propos fermes liant la sécurité des deux pays et réaffirmant l’engagement de l’Algérie à défendre la Tunisie contre le terrorisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les relations avec la Libye semblent également s’être intensifiées, marquées par une rencontre de haut niveau entre le Premier ministre tunisien et le président du Parlement libyen, la signature d’un nouveau protocole d’accord sur la coopération en matière de marché du travail, ainsi que l’annonce de projets concernant une nouvelle liaison maritime et la gestion partagée d’une nappe phréatique commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces initiatives témoignent de la volonté de la Tunisie de s’affirmer comme un partenaire actif en Afrique du Nord, s’assurant ainsi un accès privilégié aux ressources énergétiques de ses deux voisins riches en hydrocarbures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a par ailleurs renforcé ses liens avec ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ainsi qu’avec les institutions financières internationales. Cela s’est traduit par l’octroi de nouveaux prêts — notamment de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD)— par le renforcement des accords euro-tunisiens et par la mise à jour de la coopération migratoire avec l’Italie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une grande partie de ces financements vise à stabiliser le pays et à réduire la migration irrégulière, la Tunisie étant à la fois un pays d’origine et un pays de transit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Toutefois, les retombées des récentes concessions dans le secteur de l’énergie solaire démontrent clairement que, sans adhésion de l’opinion publique, les financements internationaux risquent de susciter une levée de boucliers et de ne pas apporter de réponse aux tensions sociales et politiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le domaine des énergies renouvelables, et bien que celles-ci soient indispensables à la sécurité énergétique du pays, la population a le sentiment que le gouvernement et le parlement offrent des contrats avantageux à des investisseurs étrangers et mettent en place un câble sous-marin pour exporter de l’électricité vers l’Italie, alors même que les entreprises tunisiennes peinent à opérer dans un contexte difficile et que le pays subit des coupures de courant à répétition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de la crise pour aller vers la prospérité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’intensification du soutien financier international, le statu quo politique et social en Tunisie demeure extrêmement fragile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan intérieur, il est nécessaire de faire preuve de plus de sérieux pour identifier et démanteler les structures qui entravent la concurrence et perpétuent les monopoles, notamment les coûts élevés des prêts à l’investissement ainsi que les barrières administratives complexes et changeantes qui freinent la création et la gestion d’entreprises. Ces mesures permettraient aux petites et moyennes entreprises — véritables moteurs d’une croissance économique durable — de mieux accéder aux opportunités commerciales et aux financements.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement doit également rétablir sa crédibilité auprès de la population en investissant judicieusement dans les infrastructures et les dépenses sociales afin de répondre aux besoins des citoyens. Enfin, il doit mettre un terme à toutes les pratiques répressives contre-productives qui n’ont fait qu’attiser la colère et le sentiment de dépossession au sein de la population.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De leur côté, les alliés internationaux de la Tunisie doivent réorienter le financement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière : les problèmes structurels du pays et l’insuffisance des dépenses sociales. Les initiatives de coopération économique, y compris dans le secteur de l’énergie, doivent susciter l’adhésion du public en faisant preuve d’une plus grande transparence concernant la propriété des projets, les tarifs, les créations d’emplois prévues, les recettes publiques et l’impact environnemental. En l’absence de transparence et de redevabilité, les risques de rejet et de tensions continueront de s’accumuler.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale. Seules des réformes structurelles profondes, un nouveau contrat social et un retour à un contexte démocratique et ouvert permettront d’apaiser la colère sociale actuelle et de bâtir une économie stable, durable et inclusive, capable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><em>Traduit de l&rsquo;anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Responsable du programme «Économies inclusives» au sein de Tahrir institute for Middle East Policy. (</em><a href="https://timep.org/2026/07/30/power-cuts-protests-and-lack-of-policy-tunisias-economy-under-pressure/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Timep</em></a><em>).</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NU6tBOUm5E"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/cinq-mesures-pour-preserver-leconomie-tunisienne/">Cinq mesures pour préserver l’économie tunisienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Cinq mesures pour préserver l’économie tunisienne » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/02/cinq-mesures-pour-preserver-leconomie-tunisienne/embed/#?secret=3yyxv6mqTy#?secret=NU6tBOUm5E" data-secret="NU6tBOUm5E" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>La Tunisie face aux intempéries socio-économiques</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/28/la-tunisie-face-aux-intemperies-socio-economiques/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 28 Aug 2026 09:12:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[entrepreneuriat]]></category>
		<category><![CDATA[Etat-providence]]></category>
		<category><![CDATA[Med-Dahmani Fathallah]]></category>
		<category><![CDATA[nouvel ordre mondial]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie fait face à une crise structurelle profonde, née de l’interconnexion de plusieurs cercles vicieux. Comment s'en sortir ? </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le monde traverse de grandes intempéries socio-économiques. Tous les observateurs s’accordent à dire qu’une transition vers un nouvel ordre mondial s’opère. Un processus irréversible qui semble hélas dominé par la guerre, l’injustice et le chaos s’est mis en place. Bien que tous les pays soient affectés à des degrés divers, les Tunisiens sont légitimement en droit de chercher les moyens d’intégrer cette mutation avec le minimum de désagréments. Pour y parvenir, il convient de faire un état des lieux sans complaisance.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Med-Dahmani Fathallah</strong> *</p>



<span id="more-19522615"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah.jpg" alt="" class="wp-image-13960699" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie fait face à une crise structurelle profonde, née de l’interconnexion de trois cercles vicieux :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; le piège de la rente administrative et économique : la Tunisie souffre d&rsquo;une économie duale. D’un côté s’impose un secteur privé corporatiste, protégé par des barrières à l’entrée et une bureaucratie asphyxiante ; de l’autre subsiste un secteur informel massif qui absorbe une jeunesse marginalisée. L’État-providence historique, jadis vecteur de mobilité sociale par l’éducation, est devenu budgétairement insoutenable ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; l’épuisement du contrat social post-indépendance : la promesse d’ascension sociale par le diplôme est rompue, générant un chômage structurel massif chez les jeunes diplômés (de 25 % à 38 % selon les catégories). Il en résulte une fuite dramatique des cerveaux et une érosion de la confiance envers l’ensemble des institutions (partis, syndicats, justice, corporations, associations) ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; le choc géopolitique et environnemental mondial : dépendante des importations d’énergie et de céréales, la Tunisie subit de plein fouet la fragmentation du commerce international, le resserrement financier mondial et la crise climatique (les sécheresses récurrentes frappant de plein fouet l’agriculture). À cela s’ajoutent des pressions extérieures étouffantes visant à forcer le pays à s’aligner sur l’une ou l&rsquo;autre des puissances rivales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que peuvent faire les Tunisiens pour traverser la tempête ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à l’inflation, à l’effondrement du pouvoir d’achat et à l’incertitude du quotidien, des tentations collectives surgissent fréquemment : le repli, la colère stérile et la confrontation. Pourtant, la sociologie des crises nous enseigne qu’aucun pays ne s’est jamais redressé par le chaos. Toute refondation durable exige deux préalables absolus : la sagesse collective et la non-violence méthodique, fondements de la résilience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La violence, qu’elle soit physique, verbale ou institutionnelle détruit le capital social, effraie l’investissement et dégrade le tissu communautaire. Les révolutions sociales dépourvues de projet économique rationnel mènent invariablement à des récessions plus sévères. La sagesse consiste à reconnaître que les solutions miracles venues d’ailleurs ou dictées par des slogans partisans conduisent inévitablement à d&rsquo;amers échecs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour surmonter ces intempéries, l’effort doit devenir horizontal : il s’agit de mobiliser le pouvoir d’agir des citoyens à travers des actions concrètes, pacifiques et structurantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons identifié quatre leviers citoyens pour l’action :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; basculer de la culture de la rente vers celle de l’initiative : pendant des décennies, le modèle tunisien a habitué le citoyen à tout attendre de l’État. Aujourd&rsquo;hui, l’État n’en a plus les moyens financiers ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; s’orienter vers le micro-entrepreneuriat et les coopératives : plutôt que de viser l’emploi public, la jeunesse doit s’organiser en coopératives agiles, ciblant les secteurs d’avenir : agriculture durable, économie circulaire, traitement de l’eau et le numérique en intégrant l’IA comme technologie incontournable ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; mettre le cap sur la simplification citoyenne : les communautés locales peuvent instaurer des réseaux d’entraide pour contourner les lourdeurs administratives, notamment en mutualisant l’outillage agricole ou en organisant des circuits courts entre producteurs et consommateurs ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; réinventer le lien communautaire et la solidarité locale : la force historique de la Tunisie réside dans la solidité de son tissu familial et social. Face à la crise, ce réseau doit se structurer de manière novatrice :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; s’orienter vers les tontines d&rsquo;investissement et la micro-épargne : structurer des fonds de solidarité de quartier afin de financer des micro-projets locaux, sans dépendre de taux bancaires prohibitifs ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; miser sur l’économie du partage : généraliser l’entraide pour la garde d’enfants, le covoiturage et le soutien scolaire gratuit, garantissant ainsi le niveau éducatif des enfants issus de milieux défavorisés ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; réorienter la diaspora vers l’investissement d’impact : la communauté tunisienne à l’étranger transfère chaque année des devises essentielles à la subsistance des familles. Toutefois, cet appui ne doit plus se limiter à la simple consommation et s’orienter vers des investissements rentables. La diaspora peut structurer des fonds d’investissement à impact social pour soutenir directement les startups et PME dans les régions de l&rsquo;intérieur (investisseurs citoyens et <em>«business angels»</em>) ;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; transférer les compétences : organiser des programmes de mentorat à distance pour former les jeunes aux compétences les plus recherchées sur le marché international.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Exercer une citoyenneté responsable et éclairée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bien naviguer à travers les intempéries sociales exige une transformation des comportements individuels au quotidien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Consommation locale et raisonnée : privilégier les produits nationaux pour limiter la fuite des devises et soutenir l’agriculture comme l’artisanat locaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sobriété énergétique et gestion de l’eau : face aux défis climatiques, l’adoption de gestes civiques rigoureux pour la préservation des ressources constitue un acte de patriotisme économique direct.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il convient de souligner que plusieurs de ces recommandations font déjà l’objet d’initiatives sur le terrain. Il importe de les soutenir et de les auditer régulièrement afin d’en assurer la pérennité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle de l’État à l’avenir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’État doit demeurer le socle indéfectible de cet édifice. Son rôle consiste à moderniser les infrastructures et, surtout, à abroger les lois obsolètes tout en promulguant un cadre légal incitatif pour stimuler l’effort citoyen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En soi, la tempête actuelle n’est ni une fatalité, ni une sentence de souffrances infinies. Elle constitue le signal brutal qu’un modèle épuisé doit céder la place à une société de responsabilité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plaçant la retenue, le travail collaboratif et la non-violence au cœur de leur démarche, les Tunisiens ont l’opportunité de prouver que la véritable souveraineté d’un peuple ne réside pas dans la rhétorique politique, mais dans sa capacité à se prendre en charge avec dignité et solidarité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><strong>Note de l’auteur </strong>:</em> <em>En tant qu’universitaire retraité, mon analyse est affranchie de toute posture partisane ou idéologique. Mon unique objectif est d&rsquo;examiner rigoureusement les dynamiques de la crise tunisienne afin de proposer un cadre citoyen et pragmatique.</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Le Courant Populaire pointe l’échec de l’Etat face à l’émigration</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/24/tunisie-le-courant-populaire-pointe-lechec-de-letat-face-a-lemigration/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Aug 2026 11:06:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Attayar Chaâbi]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[Courant populaire]]></category>
		<category><![CDATA[émigration]]></category>
		<category><![CDATA[pauvreté]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La persistance de l’émigration irrégulière découle de l’incapacité de l’État à mettre en place un modèle de développement équitable,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/24/tunisie-le-courant-populaire-pointe-lechec-de-letat-face-a-lemigration/">Tunisie | Le Courant Populaire pointe l’échec de l’Etat face à l’émigration</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Courant Populaire (Attayar Chaâbi) a réaffirmé que la question de l’émigration irrégulière n’est pas qu’un simple problème de sécurité, mais qu’il s’agit d’un problème fondamentalement économique et social découlant de l’incapacité de l’État à mettre en place un modèle de développement productif et équitable, capable d’assurer la prospérité du peuple et d’offrir aux jeunes des perspectives d’avenir.</em></strong></p>



<span id="more-19497538"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué, diffusé le 23 août sur sa <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=100072287924362" target="_blank" rel="noreferrer noopener">page Facebook</a>, le parti a appelé les institutions étatiques à apporter leur soutien aux familles des victimes du naufrage de migrants irréguliers disparus au large de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, au cours de la semaine écoulée, soulignant que la noyade de plusieurs citoyens tunisiens s’apparente au <em>«cri de douleur déchirant»</em> d’un peuple dont les espoirs et les rêves ont été brisés, et qui se retrouve partagé entre l’émigration légale, qui draine les talents et le capital intellectuel du pays, et l’émigration irrégulière, qui cause des tragédies et des blessures profondes à la société dans son ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mettre un terme à cette souffrance exige le lancement d’un projet national global, capable de faire cesser les épreuves des Tunisiens et de garantir des services publics de qualité dans les domaines de l’éducation, de la santé et des transports, tout en assurant une gouvernance moderne et l’approvisionnement en eau et en électricité, a souligné le Courant populaire, ajoutant que l’absence d’investissements et d’opportunités d’emploi aggraverait l’hémorragie migratoire sous toutes ses formes et augmenterait le chômage et la pauvreté.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B. </strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Budget 2027 &#124; Opération réussie, mais le patient cherche encore son pouls</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/07/budget-2027-operation-reussie-mais-le-patient-cherche-encore-son-pouls/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Aug 2026 10:08:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[2027]]></category>
		<category><![CDATA[Budget de l’Etat]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Bellagha]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[loi de finances]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le taux croissance de 1,9% prévu pour 2027 en Tunisie doit être mis en regard d’une inflation de 5% attendue pour la même période. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/07/budget-2027-operation-reussie-mais-le-patient-cherche-encore-son-pouls/">Budget 2027 | Opération réussie, mais le patient cherche encore son pouls</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le projet de loi de finances 2027 de la Tunisie avance, comme chaque année, drapé de son vocabulaire propre : trajectoire budgétaire, équilibres macroéconomiques, hypothèses de croissance. Parmi ces chiffres, un seul retiendra l&rsquo;attention du grand public, parce qu’il est censé résumer tous les autres : +1,9%. C’est le taux de croissance annoncé pour porter le budget de l’année qui vient. Un chiffre sobre, presque discret, qui ne fera pas la une, et c’est bien pour cela qu’il mérite qu’on s’y arrête.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ilyes Bellagha *</strong></p>



<span id="more-19391774"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg" alt="" class="wp-image-6080029" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/Ilyes-Bellagha-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Un pourcentage de croissance nationale ne parle jamais d’un foyer. Il parle d’un agrégat — la somme de tout ce qui se produit dans le pays, exportateurs prospères et petits commerces à l’arrêt confondus, ramenée à une seule ligne. Cette ligne a une vertu et un vice identiques : elle rassure en lissant. Elle additionne la marge d’une entreprise qui exporte et le panier qui rétrécit chaque semaine chez une mère de famille, et en tire une moyenne qui ne ressemble à la vie de personne en particulier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Or cette croissance de 1,9% doit être mise en regard d’une inflation attendue autour de 5% pour la même période. Un pays qui produit un peu plus de richesse, pendant que les prix montent trois fois plus vite, ne s’enrichit pas : il perd du pouvoir d’achat réel, même si les communiqués officiels parlent, eux, d’une économie <em>«en résilience»</em> ou , mieux, <em>«en croissance»</em>. Ajoutons à cela un chômage des jeunes qui dépasse 38%, et l’idée qu’une croissance sous les 2% puisse créer un mouvement sensible dans la vie de ce tiers de la jeunesse relève de la fiction statistique plus que de l’analyse économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien de tout cela n’est un mensonge à proprement parler. C’est plus subtil, et plus grave : c’est une vérité qui a cessé de regarder ce qu’elle est censée décrire : un processus d’appauvrissement général que rien, pour le moment, ne semble pouvoir arrêter.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Peut-on vivre sans chiffres ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il fut un temps où un Tunisien savait que l’année avait été mauvaise sans qu’aucun institut ne le lui confirme. Il le savait au poids du couffin, à la file qui s’allongeait devant la boulangerie, au silence plus lourd dans les cafés, au nombre de mariages reportés dans le quartier. Ce savoir-là n’avait besoin d’aucun médiateur : il naissait directement de l’expérience vécue, lentement, mais il appartenait à celui qui le portait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le chiffre est venu s’interposer entre l’homme et sa propre condition. Il ne s’est pas contenté de la mesurer — il a fini par l’arbitrer. Un citoyen peut aujourd’hui sentir sa vie se dégrader et douter malgré tout de sa propre perception, parce que <em>«les chiffres»</em> annoncent une amélioration, qui, à l’analyse, n’en serait finalement pas une. Le rapport entre le sentir et le savoir s’est inversé : ce n’est plus l’expérience qui nourrit le chiffre, c’est le chiffre qui autorise, ou interdit, l’expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peut-on alors vivre sans chiffres ? Non, évidemment — aucune société complexe ne se gouverne à l’instinct, et le prétendre serait une régression, pas une lucidité. Mais la vraie question n’est pas l’existence du chiffre : c’est sa justesse et sa place dans la hiérarchie du savoir. Est-il un outil au service de ce que les gens vivent, ou est-il devenu le seul juge légitime de ce qu’ils ont le droit de ressentir ? Le glissement s&rsquo;est fait sans bruit, du chiffre-témoin au chiffre-verdict.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le jargon comme dissimulation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Foucault l’avait déjà repéré : la statistique n’est pas née pour éclairer les gouvernés, mais pour permettre à l’État de gérer sa population comme on gère un cheptel — natalité, mortalité, rendement. Le mot lui-même le trahit : Statistik, la science de l’État. Le chiffre n’a jamais été un outil démocratique de transparence ; il a toujours été, à l’origine, un instrument de pilotage du haut vers le bas. Ce qui a changé, ce n’est pas sa nature, c’est le discours qui l’accompagne aujourd’hui, celui d’une transparence <em>«partagée avec le citoyen»</em> — alors que le citoyen, précisément, n’en possède ni le code ni la clé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le jargon médical fonctionne selon la même logique. Une bosse devient un hématome sous-cutané, une fêlure une fissure corticale : la précision n’est pas fausse, mais elle déplace l’autorité du patient vers celui qui maîtrise le vocabulaire. Le citoyen qui dit <em>«je n&rsquo;arrive plus à finir le mois»</em> est renvoyé, poliment, à son ignorance des grands équilibres — pendant que le communiqué, avec ses trois chiffres après la virgule, est reçu comme la vérité elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le politique n’a donc plus besoin de mentir pour dissimuler une décision : il lui suffit de la formuler dans une langue que le citoyen ne parle pas. Ce n’est plus la censure qui protège l’arbitrage budgétaire, c’est le jargon. On ne cache plus l’information, on la rend techniquement imprenable — comme un dossier médical illisible pour qui n’a pas fait la faculté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’opération a réussi</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le budget 2027 sortira du bloc opératoire dans quelques mois, et l’on nous dira, avec la fierté calme des grands communiqués, que la croissance atteindra 1,9%, l’inflation sera contenue et les équilibres financiers de l’Etat plus ou moins préservés. L’opération, en somme, aura parfaitement réussi… dans les limites de ce qui est permis d’espérer ou de prévoir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Personne, dans le compte-rendu, ne demandera comment ira le patient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est tout le génie du jargon : il permet de déclarer un succès sans jamais croiser le regard de celui qu’on a opéré. Le chirurgien qui annonce que l’opération a réussi ne ment qu’à moitié — techniquement, son geste a été exact, son protocole respecté à la lettre. Il a raison dans sa langue. Il a simplement oublié de vérifier si quelqu’un respirait encore de l’autre côté du drap.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le +1,9% sera de la même nature : une opération réussie, sur le papier, dans la langue de ceux qui l’ont conduite. Que le patient — cette majorité qui vit dans une tout autre langue, celle du couffin et de la fin de mois — n’en ait pas survécu, cela ne figurera dans aucun rapport, parce que ce n’est simplement pas ce que le rapport a été conçu pour mesurer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors on pourra, comme Pangloss au chevet des ruines, continuer d’affirmer que tout va pour le mieux dans le meilleur des budgets possibles — pendant que le patient, lui, cherche encore son pouls.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* Architecte. </p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Sebta et Melilla &#124; Ce que les autorités au Maroc ne disent pas</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/sebta-et-melilla-ce-que-les-autorites-au-maroc-ne-disent-pas/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 04 Aug 2026 10:25:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Lotfi]]></category>
		<category><![CDATA[Bouchta Boukhalfa]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[Espagne]]></category>
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		<category><![CDATA[jeunes]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<category><![CDATA[Mellila]]></category>
		<category><![CDATA[Mohammed VI]]></category>
		<category><![CDATA[Sebta]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les récents de Sebta et Melilla révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse la jeunesse au Maroc. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/04/sebta-et-melilla-ce-que-les-autorites-au-maroc-ne-disent-pas/">Sebta et Melilla | Ce que les autorités au Maroc ne disent pas</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Des organisations syndicales marocaines estiment que les tentatives de migration collective vers les «villes occupées» de Sebta (ou Ceuta) et Melilla, enclaves battant pavillon espagnol situées au nord du Maroc, ainsi que les scènes tragiques et les pertes humaines qu’elles ont entraînées, «révèlent la profondeur de la crise sociale et économique que traverse une partie de la jeunesse marocaine».</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Habib Glenza</strong>, <em>à Lodz</em>.</p>



<span id="more-19373818"></span>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<em>«Ce phénomène préoccupant est le résultat d’un cumul de dysfonctionnements dans les domaines de l’emploi, de l’éducation et de la protection sociale, auxquels s’ajoute la baisse du pouvoir d’achat»</em>, estime l’Organisation démocratique du travail (ODT) qui a imputé au gouvernement <em>«la responsabilité politique de son échec à élaborer des politiques économiques et sociales capables de créer des emplois décents et de réduire le chômage, la pauvreté et la précarité, notamment chez les jeunes»</em>. Et l’accuse également d’avoir <em>«affaibli les institutions de médiation sociale et démocratique, telles que les partis politiques, les syndicats et les organisations sérieuses de la société civile, en marginalisant leur rôle d’encadrement et d’éducation à la citoyenneté»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un communiqué adressé au journal <em>Hespress</em>, l’ODT affirme que cette situation <em>«a contribué à élargir le cercle de la frustration et de la déviance, ainsi qu’à favoriser le développement de la traite des êtres humains, du trafic de drogue et de la migration irrégulière».</em> Et appelle à <em>«l’ouverture d’un large dialogue national sur les questions de la jeunesse et de la migration, débouchant sur de nouvelles politiques publiques capables de traiter les causes structurelles de la migration irrégulière»</em>, tout en plaidant pour la recréation d’un département gouvernemental dédié aux questions de la migration, de l’asile et des Marocains du monde, afin d’assurer une meilleure&nbsp;gouvernance de ce dossier stratégique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Corruption et répartition inégalitaire des richesses   </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bouchta Boukhalfa, ancien vice-secrétaire général de la Confédération démocratique du travail (CDT), a déclaré que les images en provenance des deux enclaves occupées, en particulier de Sebta, <em>«restent entourées de nombreuses zones d’ombre»</em>. Selon lui, les vagues de passages collectifs <em>«suscitent une profonde inquiétude sociale et portent des messages qui dépassent leur seule dimension sécuritaire ou conjoncturelle, révélant des dysfonctionnements structurels touchant de larges franges de la société»</em>. Il ajoute que <em>«ce phénomène n’est pas dissociable du contexte socio-économique que connaît le Maroc»</em>. À ses yeux, il constitue <em>«une réaction directe à la propagation de la corruption et à l’affaiblissement des fondements sociaux des classes populaires et moyennes, dans un contexte marqué par l’absence d’une répartition équitable des richesses et par la persistance d’une économie de rente, poussant de nombreux jeunes à rechercher des voies d’émigration quels qu’en soient les risques»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le responsable syndical a également souligné que <em>«la flambée des prix des produits de première nécessité et de consommation, conjuguée à la baisse du pouvoir d’achat et à l’extension de la précarité, a renforcé le sentiment de frustration et de perte d’espoir chez une grande partie de la population»</em>. Selon lui, cette situation est indissociable de politiques publiques qui <em>«ont échoué à garantir des conditions de vie dignes et la justice sociale»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«La responsabilité de cette situation incombe à l’État dans toutes ses composantes, tant au niveau stratégique que gouvernemental, ainsi qu’à la coalition au pouvoir»</em>, qu’il accuse d’avoir <em>«affaibli les institutions de gouvernance et leurs mécanismes de contrôle, aggravant les tensions sociales qui se traduisent aujourd’hui par différentes formes de protestation et de désespoir, dont les tentatives de passage collectif vers l’autre rive»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le gouvernement porte une large responsabilité    </h2>



<p class="wp-block-paragraph">De son côté, Ali Lotfi, secrétaire général de l’ODT, considère que <em>«les choix politiques du gouvernement actuel en matière d’emploi ont montré leurs limites»</em>. Selon lui,<em> «un quasi-consensus existe sur le fait que les différents programmes gouvernementaux dans ce domaine n’ont pas produit les résultats escomptés»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Le plus préoccupant est que le gouvernement a consacré des milliards de dirhams à ces programmes pour créer des emplois en faveur des jeunes et des chômeurs, sans que ces importants investissements ne se traduisent par une amélioration des indicateurs de l’emploi»</em>, affirme-t-il.</p>



<p class="wp-block-paragraph">«Ces éléments permettent de mieux comprendre ce qui s’est produit à Sebta», affirme Ali Lotfi, en rappelant que <em>«le taux de chômage dépasse 13 %, avec des niveaux encore plus élevés chez les jeunes Marocains»</em>, citant les données présentées par le gouverneur de Bank Al-Maghrib au Roi Mohammed VI. <em>«Le chômage et la situation sociale témoignent de l’échec des politiques de l’emploi et illustrent l’ampleur des déséquilibres qui alimentent la migration irrégulière»</em>, conclut le dirigeant syndical, en affirmant, également, que <em>«l’ensemble du gouvernement porte la responsabilité de la situation actuelle, car le problème ne se limite pas à l’emploi»</em>. Il pointe aussi les difficultés du système éducatif, évoquant <em>«l’aggravation du décrochage scolaire, qui conduit de nombreux jeunes vers le chômage et la précarité dès leur plus jeune âge»</em>, ainsi qu’un <em>«abandon universitaire important, de nombreux étudiants quittant leurs études avant d’obtenir leur licence»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Ali Lotfi, <em>«la pauvreté, le chômage, la cherté de la vie et l’échec des politiques publiques, notamment dans les domaines de l’éducation et de l’emploi, constituent des facteurs dont le gouvernement actuel porte une large responsabilité»</em>. Selon lui, ces éléments sont directement liés <em>«aux tensions sociales actuelles et à certaines formes d’expression observées au sein de la génération Z lors des récentes protestations, auxquelles se sont ajoutées les tentatives de passages collectifs, nourries par le mirage d’un avenir meilleur»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au final, la vitrine offerte à l’étranger par la monarchie marocaine a été fissurée et les difficultés sociales du pays ont explosé, laissant voir une réalité peu reluisante que les inégalités dans la distribution des richesses nationales, ajoutées aux brimades auxquelles sont soumis les jeunes chômeurs, s’aggravent d’année en année et ne font que retarder une révolution annoncée. Sans des réformes radicales, sur les plans aussi bien politiques (davantage de libertés), qu’économique (davantage d’emplois) et social (davantage d’équité), la marmite pourrait exploser à tout moment. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités sont une nouvelle fois averties : l’immobilisme ne saurait être une politique viable à terme.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PsVPfu54X8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/ceuta-miroir-dun-monde-desequilibre/">Ceuta | Miroir d’un monde déséquilibré</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ceuta | Miroir d’un monde déséquilibré » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/ceuta-miroir-dun-monde-desequilibre/embed/#?secret=NPUnikiBby#?secret=PsVPfu54X8" data-secret="PsVPfu54X8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>Economie tunisienne &#124;  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 26 Jul 2026 07:45:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[développement]]></category>
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		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[Noureddine Horchani]]></category>
		<category><![CDATA[sous-traitance]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre 1960 et 2026, l’économie tunisienne aurait perdu des centaines de milliards de dollars en termes de richesses nationales. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/26/economie-tunisienne-pour-une-euthanasie-salvatrice-1-3/">Economie tunisienne |  Pour une euthanasie salvatrice ! (1-3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le diagnostic est accablant&nbsp;: l’économie tunisienne aurait perdu des centaines de milliards de dollars en termes de PIB global, de PIB par habitant, de création d’emplois ou d’accumulation de la richesse, depuis les années soixante jusqu’à nos jours, à cause de choix de politiques économiques erronées et de stratégies timorées et minimaliste&nbsp;! Ces choix auraient- ils empêché la Tunisie de se transformer en leader régional de l’industrie navale par exemple ou en hub méditerranéen de l’industrie financière ou même en pole des industries électroniques&nbsp;? Notre pays aurait-t-il ainsi raté des occasions de devenir une puissance régionale dans quelques domaines que ce soit&nbsp;? </em></strong><em>(Photo: Palais du gouvernement, à la Kasbah).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Noureddine Horchani *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-19314241"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg" alt="" class="wp-image-17670549" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/10/Noureddine-Horchani-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Ne cherchons pas des réponses à ces questions chez les comptables focalisés plutôt sur les équilibres financiers de l’Etat et les ratios de la comptabilité publique. Pendant des décennies, notre économie aurait supporté des manques à gagner substantiels qui auraient pu propulser notre pays au rang des pays développés. C’est ce que nous révèle, avec beaucoup de réserves de notre part, les conclusions d’un exercice d’extrapolation réalisé grâce à l’IA.&nbsp;&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">La démarche consiste à procéder à un benchmark avec des pays du bassin méditerranéen et avec la Corée du sud dont les économies étaient relativement proches de la nôtre vers les années 1960 en termes de PIB, de PIB per capita, de tissu entrepreneurial, de démographie, d’infrastructure et de développement humain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est le cas du Portugal, pays aux 10 millions d’habitants avec lequel nous partagions, à l’époque, un nombre de caractéristiques de sous-développement et des défis semblables&nbsp;: rareté des ressources, pauvreté, analphabétisation, détérioration des services de santé, etc. Nous étions même mieux lotis que ce pays sur certains registres. Il s’agit pour nous de comparer des parcours de développement entre pays afin d’évaluer les choix de politique économique et de politique tout court.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Développement du sous-développement ou management équitable de la misère</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche analogique nous permet de cerner le manque à gagner supporté par l’économie tunisienne et de réaliser que d’autres alternatives auraient pu être envisagées qui auraient abouti à la construction d’une économie nationale prospère, développée, résiliente et en compétition avec ces économies qui nous ressemblaient il y a une soixantaine d’années mais qui nous ont largement dépassés pour être classées aujourd’hui parmi les vingt plus grandes économies du monde grâce à des choix judicieux et surtout ambitieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant que ces économies (Espagne, Portugal, Grèce, Corée du Sud) prospéraient, la Tunisie s’engouffrait dans ce que les économistes tiers-mondistes qualifient de développement inégal fondé sur la stratégie minimaliste de sous-traitance et de dépendance à l’égard des économies du centre développé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, cette stratégie a joué un rôle social indéniable en absorbant des milliers de chômeurs non qualifiés puis relativement qualifiés surgissant dans la périphérie des villes sous l’effet de l’exode rural et la désertification des campagnes appauvries par les politiques publiques. Cependant, elle a favorisé l’émergence d’une économie de rente qui arrive aujourd’hui à son terme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, l’Etat n’arrive plus aujourd’hui à assurer, après plus d’un demi-siècle d’indépendance politique, la prospérité et le développement intégral. Pire encore, la situation de l’économie tunisienne se dégrade et elle n’est même plus capable, après 2020, d’honorer aisément ses factures de denrées alimentaires de base&nbsp;: blé, café, viande, etc., ou de moderniser les machines de production de son phosphate indispensable aux équilibres de ses finances ni même de sauver financièrement sa compagnie de transport aérien&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Etat est aujourd’hui incapable d’assurer la maintenance de ses écoles, de ses hôpitaux, de ses routes et des canalisations d’eau <em>(Banque mondiale&nbsp;: Diagnostic des infrastructures en Tunisie &#8211; Décembre 2019)</em>. Sfax, la capitale du sud, n’a bénéficié d’une autoroute l’arrimant à Tunis qu’en 2009 soit 53 ans après l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’une loi de finance à une autre et d’un plan de développement à un autre, les décennies passent et on a l’impression d’un remake permanent du même scénario reproduisant la gestion de la pauvreté, du manque et de la misère.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les plans de développement qui se sont succédé depuis l’indépendance n’ont résolu ni le problème de la pauvreté, estimée en 2023 à 18,4% de la population, soit une aggravation par rapport à 2021 où il atteignait + 16% ni celui des disparités régionales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan de développement 2026 – 2030 annonce une stratégie économique fondée sur la priorité du social&nbsp;!! Cette orientation nous laisse perplexe car il s’agit d’une invitation à partager équitablement la misère en l’absence d’une stratégie de création préalable de la richesse.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Limite du modèle économique ou carence de la pensée politique&nbsp;?&nbsp;</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Des solutions non orthodoxes empruntées à des expériences étrangères peuvent être appliquées pour la relance de l’économie tunisienne, comme le New Deal appliqué aux Etats Unis au lendemain de la crise de 1929 et les mesures économiques prises dans le cadre du plan Marshall destiné à relancer les économies européennes exsangues et dévastées par les conséquences de la seconde guerre mondiale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces programmes n’étaient pas cohérents avec les principes de l’orthodoxie de la comptabilité publique. Un respect rigoureux des principes des <em>«équilibres financiers»</em> et de l’orthodoxie libérale capitaliste n’auraient pas permis de réaliser ces projets économiques à succès, inédits et hors normes. Notre pays a besoin d’emprunter l’esprit de ces initiatives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie doit innover dans sa politique économique, faire preuve de courage et même de sens du risque calculé sans se soucier de la rigueur des équilibres financiers. La prudence excessive affichée par les dirigeants de la Banque centrale depuis longtemps, traduite par l’application d’un taux directeur élevé décourageant l’investissement et la création d’entreprise, ne devrait pas être considérée comme un mérite ou une prouesse économique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette approche doit être bannie car elle n’a résolu ni l’inflation qui accable le consommateur ni la détérioration des finances publiques qui ne cesse de s’aggraver. Au contraire, il est temps aujourd’hui de récompenser la prise de risque à tous les niveaux, celui de l’Etat et celui des opérateurs économiques, et d’encourager l’innovation et pourquoi pas la folie créatrice. C’est-à-dire, en d’autres termes, ménager le citoyen avant de ménager les comptes publiques. &nbsp;&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de l’approche comptable&nbsp;: l’illusion des équilibres financiers&nbsp;</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le plan de développement 2026- 2030 table sur un taux de croissance cible de 4% annuel ce qui témoigne de l’exiguïté des perspectives et de l’absence d’ambitions. Pourtant les artisans des plans de développement successifs, des techniciens souvent respectables et sincères, savent pertinemment qu’un taux de chômage endémique de plus de 15%, qu’un flux annuel de plus de 50 000 nouveaux diplômés du supérieur atterrissant sur le marché du travail ainsi que les inégalités régionales de plus en plus aiguisées d’une année à une autre, ne peuvent être endigués qu’à travers des taux de croissance à deux chiffres que le modèle économique en place et les plans de développement successifs sont&nbsp; incapables structurellement d’atteindre. Notre benchmarking ne consiste pas donc pas à comparer des chiffres qui en définitive ne reflètent que des réalités socio- économiques et surtout culturelles différentes. Il s’agit au contraire de se libérer de la tyrannie des chiffres chère aux comptables et de comparer des parcours, et des visions de politiques économiques. Soyons clairs, il est question de comparer des ambitions&nbsp;!!</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour beaucoup d’observateurs le mode de développement est souvent invoqué pour justifier le sous-développement. Force est de constater que les Etats qui ont réussi leur développement (Portugal, Grèce, Espagne, Corée du Sud) n’ont vraisemblablement pas perdu leur temps à discuter du mode de développement à adopter&nbsp;: <em>«développement inclusif»</em>, <em>«développement durable»</em>, <em>«développement autocentré»</em>, avant de planifier leur décollage économique. L’économie tunisienne aurait pu suivre la même trajectoire à succès suivie par ces Etats prospères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En nous appuyant sur des scénarios plus au moins ambitieux traités par l’IA, nous pouvons cerner le manque à gagner que l’économie tunisienne aurait supporté dans sa globalité et par secteur en adoptant des stratégies économiques passives, timorées et sans ambitions.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Enseignant en sciences politiques et ancien cadre de banque.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Autres articles de la série : </strong></p>



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		<title>Tunisie &#124; La croissance n’obéit pas aux décrets !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Jul 2026 06:41:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Entre 2020 et 2026, la Tunisie a gagné un centre unique de décision politique mais perdu plusieurs moteurs de croissance. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/25/tunisie-la-croissance-nobeit-pas-aux-decrets/">Tunisie | La croissance n’obéit pas aux décrets !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’idée directrice serait simple : entre 2014-2019, la Tunisie souffrait d’instabilité gouvernementale mais conservait une certaine ouverture économique ; entre 2020 et 2026, elle a gagné un centre unique de décision politique mais perdu plusieurs moteurs de croissance. Le paradoxe est là : davantage de pouvoir exécutif n’a pas produit davantage de performance économique.</em></strong> <em>(Photo: Réunion de Kaïs Saïed avec plusieurs ministres et hauts cadres de l&rsquo;Etat, le 22 juillet 2026, consacrée aux coupures d&rsquo;électricité et d&rsquo;eau et aux incendies de forêts). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-19312613"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le verdict des chiffres est plus sévère que celui des opposants. Durant les années précédant l’arrivée de Kaïs Saïed, la croissance demeurait faible, autour de 2 % en moyenne, mais l’économie restait insérée dans les circuits internationaux, négociait avec le Fonds monétaire international (FMI), attirait encore des investissements directs étrangers et bénéficiait d’une relative prévisibilité institutionnelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2020, la pandémie explique une partie du choc initial, mais elle n’explique pas la persistance d’une croissance molle, d’un investissement privé atone, d’un chômage structurel élevé, d’une dette publique proche de 85 % du PIB et d’un financement croissant de l’État par la Banque centrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport de l’<em>Economist Intelligence Unit (EIU)</em> décrit une économie enfermée dans un cercle où déficits budgétaires, faibles investissements, chômage élevé et accès limité aux financements extérieurs se renforcent mutuellement.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pouvoir verticalisée, économie horizontalement figée</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le paradoxe est presque ironique. Le pouvoir s’est verticalisé ; l’économie, elle, s’est horizontalement figée. Les gouvernements de la période 2014-2019 tombaient rapidement, mais les investisseurs savaient encore où se trouvait le ministère des Finances. Depuis 2021, les gouvernements durent davantage que les certitudes économiques. La concentration des décisions n’a pas réduit l’incertitude ; elle l’a déplacée vers une seule variable : la volonté présidentielle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’inflation est certes redescendue autour de 5 %, mais cette amélioration repose autant sur les prix administrés, les contrôles des changes, le ralentissement de la demande et la compression des importations que sur une restauration profonde des équilibres macroéconomiques. L’<em>EIU</em> souligne d’ailleurs que les tensions inflationnistes demeurent sous-jacentes et pourraient réapparaître avec la monétisation des déficits publics.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Même constat pour le déficit extérieur. Son amélioration récente constitue moins une victoire de compétitivité qu’une conséquence des restrictions sur les importations, du rebond du tourisme et des transferts des Tunisiens résidant à l’étranger. Les recettes touristiques et les remises des migrants compensent progressivement ce que l’économie productive peine à créer. Une économie qui importe moins faute de devises n’est pas nécessairement une économie qui produit davantage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une confiance internationale affaiblie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le dinar, lui aussi, semble plus stable. Mais cette stabilité ressemble davantage à une perfusion qu’à une guérison. Contrôle du marché des changes, rationnement implicite des devises et intervention administrative remplacent progressivement les mécanismes d’ajustement habituels. L’<em>EIU</em> estime d’ailleurs que cette stabilité reste fragile tant que les réserves extérieures dépendent d’un financement extérieur limité et d’une confiance internationale affaiblie.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le coût le plus lourd apparaît sans doute ailleurs : dans l’investissement. Le ratio investissement/PIB demeure inférieur aux besoins de l’économie tunisienne, tandis que les investissements directs étrangers restent modestes au regard des standards historiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus inquiétant encore, l’émigration des diplômés est devenue une véritable variable d’ajustement du marché du travail. Lorsque les capitaux hésitent à entrer et que les ingénieurs choisissent de sortir, l’économie exporte progressivement ce qu’elle produit de plus coûteux : son capital humain. L’<em>EIU</em> souligne explicitement que les diplômés quittent de plus en plus le pays faute de perspectives.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Incertitude sur la trajectoire macroéconomique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À cela s’ajoute un changement plus profond encore : la relation avec les institutions internationales. Depuis 2021, la Tunisie n’a plus tenu de consultation au titre de l’article IV du FMI. Le rapport souligne que cette absence prive investisseurs et créanciers d’une évaluation indépendante de la soutenabilité de la dette et nourrit l’incertitude sur la trajectoire macroéconomique. Refuser le thermomètre n’a jamais fait disparaître la fièvre.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le plus frappant reste finalement le contraste entre le discours et les résultats. La lutte contre les <em>«lobbies»</em> devait libérer l’économie ; elle a surtout accru l’attentisme. La souveraineté économique devait réduire la dépendance extérieure ; elle a renforcé la dépendance au financement domestique de la Banque centrale. La centralisation politique devait accélérer les décisions ; elle a surtout concentré les risques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire économique retiendra peut-être moins la Constitution de 2022 que cette étrange expérience macroéconomique : remplacer la confiance des marchés par la confiance dans l’autorité, substituer l’investissement par l’administration, et espérer que la croissance finisse par obéir aux décrets. Les lois peuvent modifier l’architecture d’un régime ; elles ne modifient pas les équations de la croissance. À la fin, les investisseurs, les ménages et les entreprises votent eux aussi. Non avec des bulletins, mais avec leurs capitaux, leurs projets et, de plus en plus souvent, leurs billets d’avion.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Blog de l’auteur.</em> <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">E4T</a>.</p>



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