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	<title>Archives des chômage - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des chômage - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#124; Le patronat réagit aux restrictions aux importations  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 08 Apr 2026 12:42:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[déficit commercial]]></category>
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		<category><![CDATA[Utica]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ls restrictions imposées récemment aux importateurs suscitent de sérieuses inquiétudes chez les chefs d'entreprise tunisiens. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/08/tunisie-le-patronat-reagit-aux-restrictions-aux-importations/">Tunisie | Le patronat réagit aux restrictions aux importations  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Comme on pouvait s’y attendre, la circulaire n° 4 de l’année 2026 émise par la Banque centrale de Tunisie (BCT), le 26 mars 2026, et qui impose aux importateurs de produits classés comme «non prioritaires» de financer à 100 % leurs achats à l’étranger, sans recours à des crédits bancaires, ni à des avances, ni à des garanties, n’a pas manqué de susciter des inquiétudes chez les opérateurs économiques. Ces inquiétudes sont exprimées dans le communiqué ci-dessous, publié ce mercredi 8 avril 2026, par l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) qui préconise une approche concertée, équilibrée et progressive.</em></strong></p>



<span id="more-18600099"></span>



<p>Compte tenu des effets attendus de cette circulaire sur plusieurs secteurs et activités, ainsi que sur la situation économique et sociale en général, l’Utica, à la lumière des réunions et consultations menées avec les structures sectorielles concernées et relevant de son organisation, tient à souligner les éléments suivants :</p>



<p>· La Tunisie continue à faire face au défi du déséquilibre de ses équilibres extérieurs, notamment l’aggravation notable du déficit commercial au cours des dernières années, en particulier sous l’effet du secteur de l’énergie qui, à lui seul, représente plus de la moitié du déficit global.</p>



<p>·&nbsp;La situation préoccupante du marché du travail et la hausse des taux de chômage, notamment parmi les diplômés de l’enseignement supérieur.</p>



<p>·&nbsp;L’extension du secteur informel, qui fragilise les équilibres des finances publiques, perturbe les conditions d’une concurrence loyale et limite la capacité de régulation de l’État.</p>



<p>Tout en reconnaissant la nécessité de rationaliser les importations afin de préserver les réserves en devises et de contenir les déséquilibres macroéconomiques, l’Utica exprime son inquiétude quant aux effets négatifs attendus de cette circulaire sur le tissu économique national, en particulier sur les petites et moyennes entreprises.</p>



<p>Elle souligne que toute mesure restrictive doit impérativement prendre en compte la réalité du fonctionnement des entreprises et met en garde contre les conséquences directes et immédiates d’une application rigide et non ciblée, susceptible d’engendrer des effets inverses, notamment&nbsp;:</p>



<p>&#8211; une perturbation des mécanismes de financement dans plusieurs secteurs d’activité ;</p>



<p>&#8211; une expansion du marché parallèle, les contraintes accrues dans le circuit formel rendant les circuits informels plus attractifs ;</p>



<p>&#8211; des dysfonctionnements dans les chaînes d’approvisionnement ;</p>



<p>&#8211; une augmentation des coûts de production ;</p>



<p>&#8211; une pression inflationniste supplémentaire sur les prix à la consommation.</p>



<p>Ces effets pourraient, à leur tour, entraîner :</p>



<p>&#8211; une baisse des recettes fiscales et douanières de l’État ;</p>



<p>&#8211; un ralentissement de l’investissement ;</p>



<p>&#8211; une perte de compétitivité des entreprises ;</p>



<p>&#8211; une accentuation des tensions sociales, notamment sur le marché de l’emploi.</p>



<p>Face à ces enjeux, l’Utica préconise l’adoption d’une approche équilibrée, progressive et concertée et considère qu’une révision urgente des modalités d’application de cette circulaire s’impose.</p>



<p>À court terme, il est recommandé de :</p>



<p>&#8211; réviser la liste des produits soumis à restrictions de manière ciblée ;</p>



<p>&#8211; simplifier les procédures administratives et renforcer la transparence ;</p>



<p>&#8211; accélérer les remboursements et les procédures liées à l’AIR ainsi que les trop perçus fiscaux de la TVA et autres.</p>



<p>&#8211; instaurer des délais standardisés et contraignants pour les opérations bancaires (domiciliation, crédits documentaires, etc.) ;</p>



<p>&#8211; faciliter les procédures d’exportation et accompagner les entreprises à fort potentiel exportateur.</p>



<p>À moyen et long terme, les priorités devraient porter sur :</p>



<p>&#8211; le renforcement de la production nationale ;</p>



<p>&#8211; la réévaluation de certains accords commerciaux dont les effets réels sur notre tissu productif restent déséquilibrés;</p>



<p>&#8211; la mise en œuvre d’une stratégie de substitution intelligente aux importations;</p>



<p>&#8211; le renforcement du contrôle des circuits parallèles contournant la réglementation des changes ;</p>



<p>&#8211; le développement des capacités exportatrices ;</p>



<p>&#8211; l’accélération du financement des projets d’énergies renouvelables, devenue une priorité stratégique.</p>



<p>Dans cette perspective, plusieurs actions concrètes peuvent être engagées :</p>



<p>&#8211; mettre en place des incitations fiscales en faveur de la production locale ;</p>



<p>&#8211; améliorer l’accès au financement pour les entreprises productives ;</p>



<p>&#8211; accélérer la digitalisation des procédures du commerce extérieur ;</p>



<p>&#8211; intensifier la lutte contre le commerce informel ;</p>



<p>&#8211; développer les infrastructures logistiques et soutenir les secteurs à fort potentiel d’exportation.</p>



<p>Enfin, l’Utica réaffirme son engagement à collaborer étroitement avec les autorités publiques et propose l’instauration d’un cadre permanent de concertation avec la BCT et les ministères concernés.</p>



<p>Un dialogue structuré et continu permettra de mieux coordonner les politiques économiques et de garantir l’efficacité des mesures mises en œuvre, dans un esprit de partenariat et de responsabilité partagée.</p>



<p><strong><em>Communiqué.</em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Que faire et par où commencer ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/07/tunisie-que-faire-et-par-ou-commencer/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 07 Apr 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[classe moyenne]]></category>
		<category><![CDATA[crise]]></category>
		<category><![CDATA[endettement]]></category>
		<category><![CDATA[réforme]]></category>
		<category><![CDATA[relance]]></category>
		<category><![CDATA[Ridha Ben Slama]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment reconstruire la Tunisie, quand ses fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue ? </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie fait face depuis au moins trois décennies à un défi de transformation socioéconomique et culturelle pour répondre aux attentes des Tunisiens. C’est encore la question centrale qui hante les esprits : Comment reconstruire, quand les fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue, entre la sclérose autoritaire et le chaos fragmenté de la transition post-2011&nbsp;? Une feuille de route pour sortir de la crise et se relancer… &nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Ridha Ben Slama *</strong></p>



<span id="more-18590989"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Il arrive que nous prenions de la distance, un instant, pour porter un regard sur notre Tunisie. Lorsque les contingences courantes se dissipent, nous distinguons <em>«la forêt plutôt que l’arbre»</em>. La trame de fond réapparait, on perçoit l’âme d’une nation, on discerne qu’elle représente un cas exceptionnel parmi les autres nations et ce à travers une sédimentation humaine et culturelle qui s’est opérée depuis la nuit des temps. Les traditions, les langues et les architectures se superposent. On construit le <em>«nouveau»</em> sur les fondations de l’ancien. Les vagues humaines successives, jointes aux populations premières, apportent leurs propres sédiments (mots, saveurs, coutumes) qui finissent par se solidifier pour former une culture locale unique et foisonnante.</p>



<p>Les influences extérieures ne sont pas simplement juxtaposées, elles fusionnent. C’est le passage de la<em> «coexistence»</em> à la transculturalité. C’est là que s’est forgée cette identité méditerranéenne, complétée ensuite par les différentes strates civilisationnelles.</p>



<p>Aussi bien par sa situation géographique que par sa capacité de résilience, la Tunisie représente un pont entre les continents africain et européen. Quant à la sociologie et l’identité<strong>,</strong> le concept de la <em>«Tunisité»</em> ou <em>«Tunisianité»</em>, synthétise cette capacité unique de brassage humain et d’assimilation qui a créé une société extraordinairement axée sur la réviviscence et l’ouverture. On reprend des savoir-faire ou des philosophies de la vie pour les adapter aux enjeux contemporains. C’est un socle solide qui ne craint pas les vents de l’histoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une longue tradition de réformisme</h2>



<p>Le réformisme en Tunisie a été une trajectoire rarissime dans sa sphère géographique d’Est en Ouest, marquée par une volonté précoce de concilier authenticité et modernité.</p>



<p>Il y a quelques similitudes avec le tournant historique qu’illustre l’ère Meiji (1868-1912), une période charnière pour le Japon.</p>



<p>Avant même le protectorat colonisateur qui interrompit cet élan, la Tunisie avait lancé des réformes radicales pour moderniser ses institutions.&nbsp;Sous Mohammed Bey, le Pacte Fondamental (1857)garantissait pour la première fois la liberté de culte et l’égalité devant la loi pour tous les citoyens, sans distinction de religion. La Tunisie devient le premier pays du monde dit arabe à se doter d’une constitution (1861), limitant le pouvoir absolu du Bey. Khaireddine Pacha fonda le Collège Sadiki en 1875. Cette institution devient la pépinière d&rsquo;une nouvelle élite, bilingue et ouverte sur les sciences modernes, qui portera plus tard le mouvement national.&nbsp;</p>



<p>Au début XX<sup>e</sup> siècle, les <em>«Jeunes Tunisiens»</em> réclamèrent une réforme profonde du systèmecolonial pour obtenir l’égalité des droits et militèrent pour l’éducation des masses et la modernisation de la justice et de l’administration.</p>



<p>À l’indépendance, le nouvel État indépendant privilégia l’éducation et les droits sociaux (Le Code du statut personnel en 1956, un investissement massif dans l’éducation…).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le défi de la transformation structurelle  </h2>



<p>Cependant, le pays fait face depuis au moins trois décennies à un défi de transformation socioéconomique et culturelle pour répondre aux attentes des Tunisiens. C’est encore la question centrale qui hante les esprits : Comment reconstruire, quand les fondations ont été fragilisées par trente ans de navigation à vue, entre la sclérose autoritaire et le chaos fragmenté de la transition post-2011&nbsp;?</p>



<p>Pour s’affranchir et se relever de ces <em>«systèmes autodestructeurs»</em>, le pays pourrait actionner trois leviers de résilience.</p>



<p><em>1. Réhabiliter l’État stratège</em> : sortir du court-termisme pour redonner à l’administration son rôle de planificateur. Cela passe par une réforme de la fonction publique et une lutte réelle contre l’économie de rente qui étouffe l’initiative&nbsp;;</p>



<p><em>2. Miser sur le capital humain par un retour aux sources&nbsp;:</em> la seule véritable richesse de la Tunisie a toujours été son intelligence (<em>«matière grise»)</em>. Relancer la dynamique du système éducatif est l’unique moyen de recréer une classe moyenne (décimée) capable de porter un projet de société soudée et ouverte sur les défis du monde&nbsp;;</p>



<p><em>3. Réconcilier l&rsquo;identité et la modernité</em> : cesser les guerres idéologiques stériles qui n’ont provoqué que des occasions manquées. Le réformisme tunisien a toujours réussi quand il a su marier ses racines méditerranéennes et arabo-africaines avec une vision universelle des droits et du progrès&nbsp;;</p>



<p><em>4. Décentraliser l’économie :</em> la Tunisie exige une valorisation des régions pour transformer des zones de tension en pôles de production.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouveau contrat social entre État et citoyens</h2>



<p>Bien que la Tunisie possède une capacité de <em>«résilience silencieuse»</em>, celle-ci risque de s’épuiser faute de sursaut salvateur. La boussole ne pourra être retrouvée que si un nouveau contrat social clair est établi entre l’État et les citoyens. Le double blocage crée un effet de ciseau : l’asphyxie financière réduit la marge de manœuvre de l’État, tandis que le mode de gouvernance, caractérisé par une concentration des pouvoirs, peine à générer les réformes structurelles nécessaires. Surtout que le pays navigue dans une zone de haute turbulence financière, marquée par un isolement relatif sur les marchés internationaux. Cela s’est traduit par une croissance anémique<strong>.</strong></p>



<p>L’économie a enregistré une croissance de 2,5 % en 2025 selon l’Institut national de la statistique (INS), mais elle reste insuffisante pour réduire le chômage ou stabiliser durablement le pouvoir d&rsquo;achat. On constate une dépendance au financement intérieur. L’État sollicite massivement les banques locales et la Banque centrale, ce qui risque d’<em>«évincer»</em> le crédit au secteur privé.</p>



<p>Il y a certes une esquisse timide d’amélioration mais elle est fragile,l’agence Fitch Ratings a relevé la note de la Tunisie à «B-» en septembre 2025, saluant une réduction du déficit courant, il convient de le préciser, grâce aux recettes touristiques et aux transferts des Tunisiens à l’étranger.&nbsp;</p>



<p>Le mode de gouvernance centralisé a épuisé ses effets, il soulève des défis quant à l’élaboration d’une vision économique de long terme. Il y a un manque de prévisibilité un climat d’incertitude pour les partenaires bilatéraux et multilatéraux. Les mesures ponctuelles (sauvetage d’entreprises publiques, budgets de salaires en hausse de 3,6 % pour 2026) ne parviennent pas à engager la grande transformation économique espérée, ce sont plutôt les urgences contre le structurel.</p>



<p>Le pays se trouve à la croisée des chemins, avec une reprise qui dépendra de facteurs externes et de la capacité à rétablir une boussole claire.&nbsp;</p>



<p>Les prévisions du FMI anticipent une croissance de 2,1 % pour 2026, signe d’un ralentissement par rapport à 2025. Les défis sont persistants notamment concernant la vulnérabilité aux chocs climatiques (sècheresse) et l’endettement public record (autour de 90 % du PIB) restent des menaces majeures pour la stabilité.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contrat de confiance entre Etat et société civile</h2>



<p>Face à tous ces défis, un contrat de confiance est vivement sollicité. Sans un consensus minimal avec les corps intermédiaires (syndicats, patronat, société civile), aucune réforme structurelle — aussi techniquement parfaite soit-elle — ne pourra être acceptée ou appliquée sur le terrain. Cela repose sur une communication claire, une fermeté bienveillante et la connexion plutôt que la contrainte. Il est crucial d&rsquo;adopter une posture calme, de donner des consignes positives et précises à la fois.</p>



<p>Pour que ce dialogue ne soit pas une simple formalité, mais le moteur d’une vision d’avenir, il devrait s’articuler autour de trois chantiers prioritaires :</p>



<p><em>1. Un Pacte de productivité et de soutien.</em> Le dialogue social va au-delà de la question des salaires. Il doit devenir un échange : modernisation de l’outil de production et flexibilité contre garanties de protection sociale (santé, transport, chômage). L’idée est de sortir de la logique de confrontation pour entrer dans une logique de co-construction de la valeur.</p>



<p><em>2. La planification économique de «territoires»</em>. Une vision adaptée à tous les niveaux signifie qu’on ne peut plus décider de tout depuis Tunis. Le dialogue doit inclure les forces vives régionales pour identifier les spécialisations par zone (énergies renouvelables au Sud, industries mécaniques au Sahel, agro-technologie au Nord-Ouest). Cela permet de créer des opportunités là où se trouve la jeunesse, freinant ainsi l’exode, l’expatriation et le découragement.</p>



<p><em>3. La réforme de l’école et de la formation</em>. C’est le choix d’avenir par excellence. Le dialogue avec les corps intermédiaires doit impérativement intégrer les acteurs de l’éducation pour aligner, sur 10 ans, les compétences des jeunes avec les besoins de l’économie de demain (numérique, transition écologique). C’est le seul moyen de recréer l’ascenseur social.</p>



<p><em>4. La transparence comme boussole</em>. Pour que tous les niveaux de la société adhèrent, l’État doit jouer la carte de la vérité sur les chiffres de la dette et des finances publiques. Ce n’est qu’à travers cette clarté que les efforts demandés peuvent être compris et que les fruits de la croissance future peuvent être équitablement répartis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour un nouveau collectif de la société civile</h2>



<p>La Tunisie a déjà prouvé par le passé qu’elle est capable de générer des solutions par le dialogue. L’émergence d’un nouveau collectif de la société civile, indépendant des clivages partisans et des appareils traditionnels (parfois perçus comme trop rigides ou accrochés à une forme de clientélisme), semble être la clé pour briser l’immobilisme. Pour que ce collectif, réussisse cette<em> «approche chirurgicale»</em>, il devrait s&rsquo;appuyer sur trois piliers de crédibilité :</p>



<p><em>1. Une expertise de «terrain» et technocratique entrecroisées</em>. Contrairement aux think-tanks classiques, ce collectif doit réunir des praticiens de l’économie (entrepreneurs, agriculteurs, ingénieurs), des universitaires et des acteurs associatifs régionaux. Cette mixité permet de proposer des solutions qui ne sont pas seulement théoriques, mais applicables immédiatement au niveau local.</p>



<p><em>2. Une méthode : le «diagnostic partagé»</em>. La paralysie vient souvent du fait que chaque acteur a sa propre version de la situation. Le collectif doit imposer un audit de vérité sur les comptes de l’État et des entreprises publiques. Une fois les chiffres acceptés par tous, la marge de discussion sur les <em>«sacrifices»</em> et les <em>«investissements»</em> devient rationnelle et non plus émotionnelle ou idéologique.</p>



<p>3<em>. Le collectif pourrait structurer son action autour des axes d’une «sortie planifiée»</em>, et permettrait de porter une vision d’avenir&nbsp;: sécurité alimentaire et énergétique par une transition verte massive (solaire, hydraulique), créatrice d’emplois locaux, suppression des rentes de situation par la digitalisation radicale de l’administration, libérant ainsi l’initiative privée des jeunes, transformation des subventions universelles (souvent inefficaces) en aides directes ciblées sur les familles les plus précaires, tout en finançant un plan d’urgence pour l&rsquo;école publique.</p>



<p>Le principal obstacle pour un tel collectif reste sa tolérance par la bureaucratie en place et sa capacité à ne pas être récupéré politiquement.</p>



<p>En Tunisie, la force de la société civile a toujours été sa capacité à s’unir dans les moments de péril imminent. C’est une approche à la fois stratégique et rationaliste. En se positionnant comme un mécanisme de proposition consultative, ce collectif ne cherche pas de conflit frontal, mais utilise la puissance de l’expertise et de l’adhésion citoyenne pour rendre ses solutions incontournables et admises.</p>



<p>Pour <em>«prescrire»</em> ce nouveau contrat social sans passer par la contrainte politique classique, le collectif doit transformer la réflexion technique en une exigence citoyenne.</p>



<p>Trois leviers pourraient être actionnés pour réussir ce pari :</p>



<p><em>1. La légitimité de l’évidence</em> : en produisant des études chiffrées, sourcées et sans idéologie, le collectif place les décideurs devant leurs responsabilités. Quand une solution est techniquement imparable et socialement juste, ne pas l’appliquer se traduit par un coût politique majeur.</p>



<p><em>2. La pédagogie de masse</em> : ce nouveau contrat social ne doit pas rester dans les lieux fermés. Il doit être communiqué. Si le citoyen comprend qu’une réforme (même difficile) garantit l’avenir de ses enfants ou la baisse de l’inflation à moyen terme, il devient le premier défenseur du collectif.</p>



<p><em>3. Le rôle de «médiateur» </em>: ce collectif peut servir de passerelle. Il offrirait une porte de sortie honorable à toutes les parties, basée sur l’intérêt national plutôt que sur les intérêts corporatistes.</p>



<p>Cette démarche permettrait de briser le <em>«centralisme bureaucratique»</em> qui a démontré son échec en Tunisie. Un <em>«Livre Blanc»</em> serait publié, il ne consiste pas seulement à aligner des statistiques, mais à réaliser un électrochoc de vérité. En dissipant le brouillard des chiffres, souvent perçus comme opaques ou embellis, le collectif installe d’emblée sa crédibilité scientifique et son indépendance. Ce document devrait être le miroir sans complaisance de la Tunisie, structuré autour de la vérité financière, en dressant l’inventaire réel de la dette publique, de la situation des entreprises étatiques et des réserves de change. C’est le préalable pour que chaque Tunisien comprenne l&rsquo;urgence des réformes.</p>



<p>Concernant la vérité sociale, il s’agirait de mesurer le coût réel de la vie, l’état de dégradation des services publics (santé, transport, école) et le niveau de précarité des classes moyennes, souvent les grandes oubliées des statistiques.</p>



<p>La vérité du potentiel gâché devrait être chiffré, ce que l’économie perd chaque année à cause de la corruption, de la bureaucratie et de l’économie informelle. Cela permettrait de transformer la frustration en une volonté de changement productif.</p>



<p>Le <em>«Livre Blanc»</em> serait ensuite soumis à l’épreuve du terrain. Ces assises ne sont pas des réunions de doléances, mais des ateliers de solutions locales par l’identification des verrous (pourquoi tel projet agricole à tel endroit ou telle usine sont bloqués ?), la valorisation des spécificités, en transformant chaque région en un pôle de compétitivité (tourisme médical, énergies propres, artisanat d’exportation…), faire des acteurs locaux (agriculteurs, diplômés chômeurs, entrepreneurs) des co-auteurs du projet.</p>



<p>L’intégrité et l’absence d’ambition politique de ce noyau d’experts garantiraient que le diagnostic sera reçu comme une <em>«vérité sur l’état des lieux»</em> et non comme une opinion partisane.</p>



<p>La force de cette équipe (économistes, sociologues, statisticiens) résiderait dans l’impartialité des données, en utilisant des méthodologies internationales incontestables, ils ôtent tout argument de manipulation. Le statisticien apporte la rigueur, l’économiste la viabilité, et le sociologue l’acceptabilité humaine. C’est cette synthèse qui manque cruellement. Leur réputation d’experts désintéressés protège le collectif contre les tentatives de décrédibilisation. La clause d’inéligibilité volontaire (par exemple sur une période de 5 à 10 ans) est l’acte qui sépare l’expertise de l’attentisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le maillon nécessaire des expatriés</h2>



<p>L’inclusion des expatriés est le maillon nécessaire pour parfaire cette <em>«synthèse tunisienne»</em>. Ces experts expatriés sont souvent les gardiens des standards de performance mondiaux et possèdent un recul critique que le quotidien tunisien peut parfois embrumer. Leur intégration dans ce noyau dur apporte des avantages stratégiques, dont le transfert de <em>«best practices»</em>. Qu’il s&rsquo;agisse de gestion de la dette, de transition énergétique ou de réforme de la santé, ils ont vu ce qui fonctionne ailleurs. Ils peuvent adapter ces modèles aux spécificités locales pour éviter à la Tunisie de <em>«réinventer la roue»</em> avec des méthodes obsolètes.</p>



<p>Ces figures occupent souvent des postes clés dans de grandes institutions internationales ou des centres de recherche. Leur présence au sein du collectif rassure les marchés et facilite l’accès à des expertises de pointe souvent inaccessibles. Vivant à l’extérieur des circuits de pouvoir locaux, ils renforcent la garantie d’indépendance du groupe. Ils n’ont aucun lien d’intérêt avec l’administration ou les lobbys de rente tunisiens.</p>



<p>L’enjeu serait de créer une osmose, les experts résidents apporteraient la connaissance viscérale du terrain et de l’administration, tandis que les experts tunisiens exerçant à l’étranger injecteraient l’exigence et la rigueur des normes internationales. Ensemble, ils formeraient une équipe capable de rédiger un Livre Blanc d’une crédibilité mondiale. L’objectif serait de créer un processus <em>«ascendant»</em> où la légitimité naîtrait de la compétence reconnue et non d’une nomination administrative.</p>



<p>En commençant par le social, le collectif toucherait au quotidien des Tunisiens tout en posant les bases d&rsquo;une réforme financière rigoureuse.</p>



<p>Le calcul du coût de l’inaction d’ici 2030 serait utile, il agirait comme un électrochoc rationnel qui transforme l’apathie en urgence nationale. Il y a une réalité comptable immuable&nbsp;: réformer coûte cher, mais ne rien faire coûte infiniment plus. Ce chapitre du Livre Blanc devrait chiffrer le coût de&nbsp;:</p>



<p><em>&#8211; la «Génération Perdue» (Éducation)</em><strong> :</strong> calculer la perte de PIB sur 10 ans due au décrochage scolaire et à l’inadéquation des diplômes. Si 100 000 jeunes quittent l’école chaque année sans qualification, quel est le manque à gagner en productivité et le coût en sécurité sociale/chômage en 2030 ?;</p>



<p><em>&#8211; l’hémorragie du capital santé :</em> chiffrer le coût pour l’État de le départ massif à l’étranger des médecins et des cadres de santé (investissement de formation perdu au profit de l’étranger) combiné à la dégradation des hôpitaux. Quel sera le prix à payer pour importer des soins ou gérer des crises sanitaires avec un système exsangue dans 5 ans ?;</p>



<p><em>&#8211; l’impact sur la souveraineté financière</em>&nbsp;: démontrer que sans réforme profonde du service public, la part du budget dévorée par les <em>«pansements»</em> (subventions inefficaces, gestion de l’urgence) rendra le pays totalement dépendant de l’aide extérieure pour sa simple survie quotidienne d’ici 2030.</p>



<p>Cette approche est dépourvue de toute prétention, elle tente simplement de favoriser un échange authentique et serein, permettant une communication honnête et constructive. C’est exactement ce qui permet de passer d’un débat en sourdine à une véritable intelligence collective. En retirant l’enjeu du <em>«qui a raison»</em>, on libère de l’espace pour que les idées se libèrent.</p>



<p><em>* Essayiste et écrivain. &nbsp;</em></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Un potentiel économique freiné par la bureaucratie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/05/tunisie-un-potentiel-economique-freine-par-la-bureaucratie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Apr 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelwaheb Ben Moussa]]></category>
		<category><![CDATA[administration publique]]></category>
		<category><![CDATA[bureaucratie]]></category>
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		<category><![CDATA[dette]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie a un potentiel économique qui s'érode au fil des ans par la faute d'une administration publique étouffante.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La bureaucratie n’est pas un détail de gestion. C’est le premier obstacle à l’emploi, à l’investissement et à l’avenir des jeunes. La Tunisie a du potentiel. Tout le monde le dit depuis trente ans — les institutions internationales, les économistes, les hommes politiques. Et ce potentiel, pendant ce temps, s’érode. Les jeunes diplômés partent. Les investisseurs hésitent. Les projets dorment dans des tiroirs en attendant des autorisations qui n’arrivent jamais.</em></strong> <em>(Siège du gouvernement à la Kasbah: la bureaucratie contre l&rsquo;économie). </em> </p>



<p><strong>Abdelwaheb Ben Moussa *</strong></p>



<span id="more-18583337"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le problème n’est pas le manque de ressources naturelles ni l’absence de compétences. Il est administratif. Il est structurel. Et il est évitable.</p>



<p>Entre 2012 et 2018, la Tunisie a perdu 46 places au classement Doing Business de la Banque mondiale. Ce n’est pas une statistique abstraite : c’est la traduction chiffrée de milliers de projets abandonnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des chiffres qui ne mentent pas</h2>



<p>Créer une entreprise en Tunisie nécessite en moyenne 9 procédures distinctes — contre moins de 5 dans la plupart des pays développés. Obtenir un permis de construction mobilise 18 démarches, contre 13 au Maroc et 9 en France. Exporter un produit tunisien vers l’Europe coûte 50 heures de démarches administratives — contre 13 heures dans les économies avancées.</p>



<p>Ce ne sont pas des chiffres de think tank. Ce sont des données de la Banque mondiale, confirmées par la Banque africaine de développement en 2024 et par le FMI dans ses consultations les plus récentes.</p>



<p>La Tunisie est aujourd’hui classée comme le pays <em>«le plus risqué»</em> du continent africain pour les entreprises, selon le Country Risk Atlas 2026.</p>



<p>Chaque procédure en trop est une raison de plus de ne pas investir. Chaque délai inutile est un emploi non créé. L’administration tunisienne, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, n’est pas neutre : elle est activement défavorable à l’activité économique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un potentiel réel, une économie bloquée</h2>



<p>La Tunisie n’est pas un pays sans atouts. Son tissu industriel, son secteur agricole, sa main-d’œuvre qualifiée et sa position géographique en font un candidat naturel à une croissance soutenue. Les secteurs porteurs existent : énergies renouvelables, industrie technologique, numérique, agro-industrie.</p>



<p>Mais ces secteurs ne se développeront pas dans un environnement où les autorisations mettent des mois, où l’accès au foncier industriel relève du parcours d’obstacle, et où l’incertitude réglementaire décourage les investisseurs avant même qu’ils ne déposent un dossier.</p>



<p>La dette publique atteint 81 % du PIB en 2024. Le chômage des jeunes dépasse 30 % dans plusieurs régions de l’intérieur. La croissance économique n’a été que de 1,4 % en 2024. Ces chiffres ne sont pas le résultat d’une malchance conjoncturelle. Ils sont le résultat d’une gouvernance économique qui n’a pas rompu avec ses blocages structurels.</p>



<p>L’économie informelle représente entre 40 et 60 % de l’activité totale en Tunisie. C’est la mesure exacte de l’échec du cadre formel à offrir des conditions viables à ceux qui veulent entreprendre légalement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Trois réformes concrètes, pas une de plus</h2>



<p>Le diagnostic est posé depuis longtemps. Ce qui manque, c’est l’action. Trois réformes précises, immédiatement réalisables, permettraient de changer la donne sans attendre une hypothétique révolution administrative globale.</p>



<p>Première réforme : la digitalisation réelle des services aux entreprises. Pas les portails en ligne qui reproduisent les formulaires papier en PDF. Un service numérique vrai, avec des délais légaux contraignants, une traçabilité des dossiers et une obligation de réponse. La Banque mondiale a identifié ce levier comme prioritaire pour la Tunisie dans sa stratégie pays 2025. Plusieurs pays africains moins bien dotés ont déjà franchi ce pas.</p>



<p>Deuxième réforme : la mise en place d’un guichet unique opérationnel pour les investisseurs — avec une autorité réelle sur les administrations sectorielles. Les guichets uniques tunisiens existent sur le papier. Ils n’ont pas le pouvoir de débloquer les dossiers quand une administration sectorielle oppose un refus ou simplement n’est pas réactive.</p>



<p>C’est précisément ce pouvoir de coordination qui leur fait défaut.</p>



<p>Troisième réforme : l’instauration de délais légaux opposables pour toute décision administrative à incidence économique. Pas de réponse dans les 30 jours : accord tacite. Ce mécanisme, appliqué dans plusieurs pays méditerranéens, a prouvé son efficacité pour réduire les délais sans dégrader la qualité des décisions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question politique que personne ne pose</h2>



<p>Ces réformes ne sont pas complexes sur le plan technique. Elles sont complexes sur le plan politique — parce qu’elles remettent en cause des pratiques, des positions de pouvoir et des habitudes institutionnelles solidement ancrées.</p>



<p>La vraie question n’est donc pas <em>«Que faut-il faire ?»</em>. Elle est : <em>«Qui a intérêt à ce que rien ne change ?»</em> La réponse à cette question explique pourquoi les diagnostics se succèdent depuis quinze ans sans que les réformes suivent.</p>



<p>La Tunisie n’est pas condamnée à l’inertie administrative. D’autres pays, avec des points de départ similaires, ont réformé leur environnement des affaires en moins de cinq ans — le Rwanda, la Géorgie, le Maroc sur certains segments — et en ont tiré des gains de croissance mesurables.</p>



<p>Le potentiel de la Tunisie n’est pas une promesse d’avenir. C’est une réalité présente que l’administration empêche de se concrétiser. Changer cela, c’est possible. La question est de savoir si c’est voulu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ingénierie avant les discours</h2>



<p>Chaque grande réforme administrative commence par une décision politique claire, suivie d’un calendrier précis et d’indicateurs de résultat opposables. Pas d’un comité de réflexion de plus. Pas d’un rapport supplémentaire. Une décision, un calendrier, une obligation de résultat.</p>



<p>La Tunisie a aujourd’hui tous les éléments pour construire cela. Les modèles existent. Les compétences techniques sont disponibles. L’urgence est réelle — et croissante.</p>



<p>D’autres pays ont transformé en moins d’une décennie une administration pesante en avantage compétitif. La Tunisie peut faire de même. Mais l’histoire économique ne retient pas les pays qui avaient du potentiel — elle retient ceux qui ont eu le courage de s’en saisir.</p>



<p>Les rapports s’accumulent. Les diagnostics sont posés. Ce qui manque désormais, ce n’est ni l’expertise ni les modèles : c’est la décision. Et le temps presse. **</p>



<p><em>* Ingénieur en informatique, cadre d’une banque publique.</em></p>



<p><em>** Cet article a été rédigé avec l’appui d’un outil d’intelligence artificielle pour la structuration du texte et la vérification de la cohérence des données. Les analyses, les choix éditoriaux et les prises de position sont ceux de l’auteur.</em></p>



<p><strong><em>Sources</em></strong><em> : Banque mondiale (Doing Business, rapports pays 2024-2025)&nbsp;; Banque africaine de développement (2024-2025)&nbsp;; FMI (consultations Article IV)&nbsp;; Country Risk Atlas 2026&nbsp;; PNUD (déclarations Abdallah Dardari, 2025).</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LyNSyvVsrI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/">Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/embed/#?secret=Qbe5S4yix1#?secret=LyNSyvVsrI" data-secret="LyNSyvVsrI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>«Décrochage historique» de la Tunisie en matière de liberté économique  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/16/decrochage-historique-de-la-tunisie-en-matiere-de-liberte-economique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 08:27:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[climat des affaires]]></category>
		<category><![CDATA[Economic Freedom Index]]></category>
		<category><![CDATA[Hachemi Alaya]]></category>
		<category><![CDATA[liberté économique]]></category>
		<category><![CDATA[réformes structurelles]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie a obtenu, en 2026, son plus mauvais score et son plus mauvais rang depuis 1995 en matière de liberté économique. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La plus grande menace pour l’économie tunisienne, ce n’est pas la hausse des cours mondiaux de l’énergie suite à la guerre israélo-américaine contre l’Iran, même si celle-ci va creuser davantage les déséquilibres macroéconomiques de l’Etat et son déficit budgétaire déjà préoccupants, mais l’absence (ou le report sine die) des réformes structurelles nécessaires qui risque d’enfoncer durablement le pays dans la catégorie des pays stagnants.</em></strong></p>



<p><strong>Latif Belhedi </strong></p>



<span id="more-18481147"></span>



<p>Dans ce contexte, l’économiste Hachemi Alaya a tiré la sonnette dans sa lettre d’information hebdomadaire <em>‘‘EcoWeek’’</em> (n° 11-26 du 15 mars 2026) en soulignant ce qu’il a appelé le <em>«décrochage historique»</em> de la Tunisie dans l’<em><a href="https://economicfreedom.heritage.org/pages/country-pages/tunisia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economic Freedom Index</a></em> publié par la Heritage Foundation. Notre pays y a obtenu, en effet, en 2026, son plus mauvais score (48,1/100 points) et son plus mauvais rang (156<sup>e</sup>/176) depuis 1995, année où il a signé son accord d’association avec l’Union européenne. Ce score vaut à la Tunisie d’intégrer la catégorie des pays où la liberté économique est <em>«réprimée»</em>.</p>



<p>Conclusion de l’économiste, qui passe en revue les résultats d’autres études internationales corroborant ce <em>«décrochage historique»</em> de notre pays en matière de liberté, <em>«dans sa triple dimension politique, économique et État de droit»</em>&nbsp;: <em>«Sans réforme de la justice et sans libéralisation économique, la prospérité économique de la Tunisie restera plafonnée. Il importe peu que les indicateurs macroéconomiques soient bons, les investisseurs étrangers resteront frileux sans une amélioration de l’État de droit.»</em></p>



<p>Entre lourdeurs administratives, instabilité monétaire et corruption, le climat des affaires ne cesse de se dégrader, provoquant stagnation économique, chômage élevé, notamment chez les jeunes, et fuite des compétences à l’étranger. </p>



<p>On est décidément loin, très loin, des dynamiques entrepreneuriales des années 1990-2000 qui ont vu la Tunisie enregistrer une croissance annuelle moyenne de 5 % et être classée parmi les pays pré-émergents. &nbsp;&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-center">* * *</p>



<p>Nous traduisons, par ailleurs, ci-dessous la fiche &lsquo;Tunisie&rsquo; du l&rsquo;<em><em><a href="https://economicfreedom.heritage.org/pages/country-pages/tunisia" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economic Freedom Index</a></em>&nbsp;2026</em>&nbsp;:</p>



<p><em>«L’indice de liberté économique de la Tunisie s’élève à 48,1, la plaçant au 156<sup>e</sup> rang mondial selon l’Indice de liberté économique 2026. Ce score a baissé d’un point par rapport à l’année dernière, et la Tunisie se classe 11<sup>e</sup> sur 14 pays de la région Moyen-Orient/Afrique du Nord. Son indice de liberté économique est inférieur aux moyennes mondiales et régionales. L’économie tunisienne est considérée comme «réprimée» selon l’Indice 2026.</em></p>



<p><em>La Tunisie traverse une transition difficile et des réformes plus profondes, notamment des mesures visant à renforcer le système judiciaire et à lutter plus efficacement contre la corruption, sont indispensables pour améliorer la gouvernance politique et économique. Le cadre réglementaire demeure opaque et inefficace. Le marché du travail, à la fois rigide et stagnant, n’a pas permis de générer une croissance dynamique de l’emploi. Les entreprises publiques continuent d’influencer les prix. Le gouvernement a mis en œuvre des taux d’imposition plus élevés, dont une taxe de 40 % sur les banques et les compagnies d’assurance, afin de réduire le déficit chronique.»</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/16/decrochage-historique-de-la-tunisie-en-matiere-de-liberte-economique/">«Décrochage historique» de la Tunisie en matière de liberté économique  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 12 Mar 2026 07:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[inflation]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour sortir d'une stagnation économique prolongée, la Tunisie doit faire sauter d'urgence le verrou bureaucratique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/">Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie se trouve à un tournant historique. Longtemps saluée pour la diversité de son économie et la qualité de son capital humain, elle pourrait basculer soit dans une stagnation prolongée, soit dans une véritable transformation. Mais pour que ce potentiel se concrétise, il faudra dépasser l’entrave historique que représente l’administration.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelwaheb Ben Moussa</strong> *</p>



<span id="more-18462435"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg" alt="" class="wp-image-18394138" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/02/Abdelwahab-Ben-Moussa-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Contrairement à certains voisins mono-sectoriels, la Tunisie dispose d’un mix industriel, agricole et technologique qui, correctement exploité, peut absorber certains chocs économiques. L’industrie manufacturière, le tourisme, l’agriculture et les services constituent un socle solide, soutenu par une main-d’œuvre qualifiée et une proximité stratégique avec l’Europe.</p>



<p>Pourtant, cette diversification reste fragile : croissance faible, inflation persistante et chômage des jeunes souvent supérieur à 30 %. La dette publique, supérieure à 80 % du PIB, limite la marge de manœuvre de l’État. La diversification seule ne suffit pas : sans réformes structurelles, les atouts du pays resteront largement inexploités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Faire face au frein bureaucratique</h2>



<p>L’administration tunisienne, héritée d’un État centralisé et renforcée après la révolution de 2011, demeure un obstacle majeur à l’investissement et à la création d’entreprises. Les procédures complexes et la multiplication des autorisations étouffent l’initiative privée et favorisent l’informalité.</p>



<p>Certains diront que la bureaucratie protège les citoyens et encadre l’économie. C’est vrai dans une certaine mesure. Mais l’excès de procédures freine la compétitivité et le développement. La digitalisation, la simplification des licences et la mise en place d’un guichet unique pour les investisseurs pourraient accélérer les projets tout en maintenant la régulation et la transparence.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des secteurs porteurs pour relancer l’économie</h2>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="1000" data-id="18462442" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235.jpg" alt="" class="wp-image-18462442" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235-240x300.jpg 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235-768x960.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Tunisie-20235-580x725.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="1000" data-id="18462440" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne.jpg" alt="" class="wp-image-18462440" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne-240x300.jpg 240w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne-768x960.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Relance-Tunisienne-580x725.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</figure>



<p>Plusieurs secteurs – énergies renouvelables, industrie technologique, numérique et agro-industrie – pourraient soutenir une croissance annuelle de 3 à 4 % en Tunisie d’ici 2035. Mais cette trajectoire reste conditionnée par des réformes structurelles, notamment la modernisation de l’administration et la gestion des défis économiques et climatiques.</p>



<p>Si la Tunisie parvient à canaliser ses forces, plusieurs secteurs pourraient devenir les véritables moteurs d’une relance durable d’ici 2035. Imaginez un pays où le désert tunisien n’est plus un obstacle, mais une source de puissance énergétique. Des panneaux solaires étincelants s’étendent sur des hectares, et des éoliennes tournent au rythme des vents méditerranéens, produisant de l’électricité non seulement pour alimenter le pays, mais aussi pour exporter vers l’Europe.</p>



<p>Les énergies renouvelables représentent bien plus qu’une solution écologique : elles sont un levier stratégique pour réduire la dépendance énergétique, attirer des investissements et créer des emplois dans des régions longtemps délaissées.</p>



<p>L’industrie automobile et électronique pourrait devenir un autre pilier de cette transformation. Déjà intégrée aux chaînes européennes, la Tunisie a l’opportunité de se positionner sur les véhicules électriques et les composants high-tech. Chaque usine capable de produire localement des pièces pour l’Europe ou de créer des composants électroniques de pointe est une promesse de modernisation industrielle et de dynamisation de l’exportation, tout en développant des compétences technologiques rares dans la région.</p>



<p>Dans les villes comme Tunis, Sfax et Sousse, le secteur numérique et les startups offre un horizon tout aussi prometteur. Des jeunes ingénieurs et développeurs, formés dans les meilleures écoles tunisiennes, rêvent de transformer l’innovation en valeur économique. Les coûts compétitifs et l’expertise locale peuvent faire naître un véritable écosystème technologique, capable de rivaliser avec les hubs régionaux et d’attirer des investisseurs internationaux.</p>



<p>Enfin, l’agro-industrie modernisée pourrait revitaliser les régions intérieures. Imaginez des champs équipés de systèmes d’irrigation intelligents et de technologies avancées, transformant les produits locaux en biens exportables à forte valeur ajoutée : huile d’olive de qualité, dattes soigneusement sélectionnées, fruits et légumes conditionnés pour les marchés européens. Ce secteur ne serait pas seulement un moteur économique : il offrirait des emplois stables, réduisant les disparités régionales et donnant un nouvel élan aux zones rurales.</p>



<p>Si ces quatre secteurs sont développés de manière cohérente et planifiée, le pays pourrait soutenir une croissance annuelle de 3 à 4 %, ramener le chômage global à environ 10 % et créer des emplois répartis entre le littoral et l’intérieur, donnant enfin vie au potentiel longtemps contenu de la Tunisie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vigilance face aux risques persistants</h2>



<p>Pourtant, cette projection optimiste n’est pas automatique. La Tunisie doit naviguer avec prudence face à plusieurs obstacles majeurs. La dette publique élevée continue de limiter les marges de manœuvre, freinant les investissements et la construction d’infrastructures vitales. Le chômage des jeunes, toujours très élevé dans certaines régions, reste un facteur de tension sociale et une menace pour la rétention des talents. Et le spectre du stress climatique plane sur l’agriculture et l’industrie agroalimentaire : sécheresses répétées et raréfaction de l’eau pourraient fragiliser la production, ralentissant les ambitions de croissance.</p>



<p>Ces défis ne sont pas insurmontables, mais ils mettent en évidence une vérité simple : le succès dépendra de la cohérence des politiques publiques et de la capacité à réformer l’administration. Sans cette volonté de modernisation et d’action structurée, même les meilleures idées resteront lettre morte, et le potentiel de la Tunisie continuera d’être étouffé par ses propres structures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Agir ou périr</h2>



<p>La Tunisie a tous les atouts pour réussir : diversification économique, capital humain qualifié et position stratégique. Mais le temps presse. L’administration doit être modernisée, les procédures simplifiées, et les investissements ciblés et protégés.</p>



<p>Le choix est clair et brutal : soit la Tunisie réforme son administration et libère son potentiel, soit elle condamne ses talents, ses richesses et ses ambitions à mourir sous le poids de ses propres procédures.</p>



<p><em>* Ingénieur informatique, cadre d’une entreprise publique.</em></p>



<p><em>** Un outil d’intelligence artificielle a été utilisé pour affiner la structure, fluidifier le texte et vérifier la cohérence des informations factuelles.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/12/tunisie-reformer-ladministration-avant-quelle-netouffe-le-pays/">Tunisie | Réformer l’administration avant qu’elle n’étouffe le pays</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Légère baisse du chômage, qui reste élevé (15,2%)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/15/tunisie-legere-baisse-du-chomage-qui-reste-eleve-152/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Feb 2026 13:14:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[emploi]]></category>
		<category><![CDATA[INS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au 4e trimestre de 2025, le taux de chômage en Tunisie est resté élevé, s’établissant à 15,2%, contre 15,4% au 3e trimestre. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au 4<sup>e</sup> trimestre de 2025, le taux de chômage en Tunisie est resté élevé, s’établissant à 15,2%, contre 15,4% au 3<sup>e</sup> trimestre, selon les indicateurs de l’emploi et du chômage publiés ce dimanche 15 février 2026 par l’Institut national de la statistique (INS).</em></strong></p>



<span id="more-18364054"></span>



<p>Le nombre de chômeurs s’est établi à 645 200, en baisse de 8 500 par rapport au 3<sup>e</sup> trimestre 2025 (653 700).</p>



<p>Le taux de chômage augmente à 12,6% pour les hommes (contre 12,1% au 3<sup>e</sup> trimestre), et diminue à 20,8% après 22,4% au 3<sup>e</sup> trimestre chez les femmes.</p>



<p>Chez les jeunes âgés de 15 à 24 ans, ce taux est resté très élevé, même s’il a diminué au cours du 4<sup>e</sup> trimestre, atteignant 38,4 % contre 40,1 % au 3<sup>e</sup> trimestre 2025. Il se décompose en 37 % pour les hommes et 41,3 % pour les femmes.</p>



<p>Tout en restant également très élevé pour les diplômés de l’enseignement supérieur, le taux de chômage augmente pour atteindre 22,5% au 4<sup>e</sup> trimestre (contre 24,9 % au 3<sup>e</sup> trimestre). Ce taux est de 11,7 % chez les hommes et de 30,5 % chez les femmes.</p>



<p>D’après l’INS, au 2<sup>e</sup> trimestre de 2025, la population active s’inscrit en baisse, s’établissant à 4 255 000 individus contre 4 259 300 au 3<sup>e</sup> trimestre, soit une baisse de 4 300 individus.</p>



<p>Cette population se répartit en 2 931 500 hommes et 1&nbsp;323 500 femmes, soit respectivement 68,9 % et 31,1 % de l’ensemble de la population active.</p>



<p>Cependant, la baisse de la population active au cours du 4<sup>e</sup> trimestre de 2025 a entraîné un recul du taux d’activité de 0,2 point, pour s’établir à 45,9 % de la population en âge de travailler (15 ans et plus), contre 46,1 % au 3<sup>e</sup> trimestre 2025.</p>



<p>Le nombre d’occupés a augmenté de 4 200, pour s’établir à 3&nbsp;609 800 au 4<sup>e</sup> trimestre de 2025, contre 3&nbsp;605&nbsp;600 au 3<sup>e</sup> trimestre de la même année. Cette population est répartie de manière inégale entre les deux sexes : 2&nbsp;561 800 d’hommes contre 1&nbsp;048 100 milliers de femmes, soit respectivement 71 % et 29 % de la population active occupée.</p>



<p>53,3 % des occupés travaillent dans le secteur des services, 18,9% dans les industries manufacturières, 12,9 % dans les industries non manufacturière et 14,8% dans l’agriculture et de la pêche.</p>
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		<title>La famille comme dernier filet social</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/13/la-famille-comme-dernier-filet-social/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Feb 2026 09:02:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[emploi]]></category>
		<category><![CDATA[Etat social]]></category>
		<category><![CDATA[famille]]></category>
		<category><![CDATA[retraite]]></category>
		<category><![CDATA[sécurité sociale]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dans un monde traversé par des crises économiques récurrentes, la famille s’impose de plus en plus comme le dernier filet social. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans un monde traversé par des crises économiques récurrentes, des mutations profondes du travail et un affaiblissement progressif des systèmes publics de protection sociale, la famille s’impose de plus en plus comme le dernier filet social. Là où l’État peine à garantir la sécurité matérielle, l’accès à l’emploi et la protection contre la précarité, ce sont les solidarités familiales qui absorbent les chocs. Cette fonction, souvent idéalisée, repose pourtant sur des équilibres fragiles, des sacrifices invisibles et une redistribution informelle des charges sociales, dont les retraités constituent aujourd’hui l’un des piliers majeurs.</em></strong></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *<strong><em></em></strong></p>



<span id="more-18355883"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Avant l’avènement de l’État-providence, la famille représentait la principale institution de protection contre les aléas de l’existence : maladie, vieillesse, chômage, orphelinat. Les travaux historiques de Laslett et Wall (1972) montrent que les sociétés préindustrielles reposaient largement sur des mécanismes d’entraide intergénérationnelle, structurés par la parenté et la proximité résidentielle.</p>



<p>Même après l’émergence des systèmes publics de sécurité sociale au XXᵉ siècle, la famille n’a jamais disparu de ce paysage. Elle est restée un acteur complémentaire, intervenant là où les dispositifs institutionnels ne pouvaient répondre à la singularité des situations individuelles.</p>



<p>Dans de nombreuses sociétés du Sud, cette complémentarité s’est transformée en substitution : la famille ne complète plus l’État, elle le remplace souvent (Antoine, 2000).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le retrait progressif de l’État social</h2>



<p>Depuis les années 1980, les politiques d’ajustement structurel, la libéralisation des économies et la réduction des dépenses publiques ont fragilisé les systèmes de protection sociale, y compris dans les pays qui en disposaient historiquement (Harvey, 2005). Le chômage de masse, l’extension du travail précaire et l’informalité ont réduit la capacité des individus à se projeter dans un avenir sécurisé.</p>



<p>Dans ce contexte, la famille devient une zone tampon : elle absorbe le choc du chômage, soutient les parcours éducatifs prolongés, compense l’insuffisance des salaires et pallie l’accès inégal aux soins. Comme le souligne Robert Castel (1995), la désaffiliation sociale ne conduit pas immédiatement à l’exclusion tant que les liens familiaux tiennent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les formes contemporaines de solidarité familiale</h2>



<p><em>Soutien matériel et financier</em> : la solidarité financière intrafamiliale est aujourd’hui massive. Transferts d’argent, cohabitation prolongée, mutualisation des dépenses sont devenus des stratégies de survie. Bettio et Villa (1998) montrent que dans les contextes de chômage structurel, les familles redistribuent les ressources internes pour maintenir un minimum de stabilité sociale.</p>



<p><em>Travail du soin non rémunéré</em> : la prise en charge des enfants, des personnes âgées, des malades ou des personnes en situation de handicap repose largement sur la famille. Ce travail, majoritairement assuré par les femmes, constitue un pilier invisible de l’économie (Benería, 2003). Hochschild et Machung (1989) parlent à ce propos de <em>«seconde journée de travail»</em>, souvent épuisante et socialement dévalorisée.</p>



<p><em>Soutien moral et identitaire</em> : au-delà de l’aspect matériel, la famille demeure un espace de reconnaissance, d’appartenance et de continuité symbolique. Dans des sociétés marquées par l’incertitude, elle offre un cadre de sens et une protection psychologique essentielle.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les retraités : nouveaux amortisseurs sociaux</h2>



<p><em>La pension comme revenu stable du foyer</em> : dans de nombreux pays, et particulièrement en Tunisie, la pension de retraite représente l’un des rares revenus réguliers et prévisibles. Alors que les jeunes générations sont confrontées au chômage, à la précarité ou à l’informalité, ce revenu destiné à assurer la dignité de la vieillesse devient une ressource collective.</p>



<p>Il n’est plus exceptionnel qu’un retraité assure, partiellement ou totalement, la subsistance de deux, voire trois membres de sa famille : enfants adultes sans emploi, jeunes diplômés en attente, petits-enfants scolarisés. La pension sert alors à couvrir les dépenses fondamentales : alimentation, loyers, soins médicaux, frais scolaires et transport.</p>



<p>Guillemard (2010) souligne que cette situation marque une inversion du contrat intergénérationnel : ce ne sont plus les actifs qui soutiennent les retraités, mais les retraités qui soutiennent les actifs — ou les exclus du marché du travail.</p>



<p>Une solidarité contrainte&nbsp;qui n’est ni contractualisée ni reconnue. Elle repose sur une obligation morale profonde : ne pas abandonner les siens. Pourtant, elle a un coût élevé : l’appauvrissement progressif des retraités, dont la pension est diluée ; les renoncements aux soins, par manque de moyens ; et la disparition du temps de repos, la retraite devenant une période de gestion permanente de la précarité familiale.</p>



<p>Selon Castel (1995), cette situation illustre la transformation silencieuse de la protection sociale : l’État délègue implicitement aux familles — et en particulier aux personnes âgées — la responsabilité de la cohésion sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les coûts invisibles de la solidarité familiale</h2>



<p>La solidarité familiale, si essentielle soit-elle, repose sur des charges humaines souvent invisibles : Inégalités de genre, les femmes assumant la majorité du travail domestique et de soin ; pressions normatives, qui limitent les choix individuels ; et épuisement psychologique, notamment chez les aidants familiaux âgés (Schulz &amp; Sherwood, 2008).</p>



<p>Cette solidarité, lorsqu’elle n’est pas soutenue par des politiques publiques, peut devenir un facteur de vulnérabilité supplémentaire.</p>



<p>Urbanisation, mobilité géographique, recomposition des ménages, individualisation des trajectoires modifient profondément les formes de solidarité (Beck &amp; Beck-Gernsheim, 1995). Si la famille reste un refuge, ses capacités d’absorption ne sont pas infinies. Plus la précarité se prolonge, plus les tensions internes augmentent.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Famille et politiques sociales : une complémentarité nécessaire</h2>



<p>Comme le montre Esping-Andersen (1990), les sociétés qui reposent excessivement sur la famille tendent à reproduire les inégalités sociales et générationnelles. À l’inverse, les modèles où l’État investit dans les services publics (santé, éducation, garde, aide aux aidants) permettent de libérer la solidarité familiale de sa fonction de survie pour lui redonner une fonction de lien.</p>



<p>Reconnaître le rôle des familles implique donc la valorisation du travail de soin, le soutien aux aidants familiaux, notamment retraités, et le renforcement des services publics de proximité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">En guise de conclusion</h2>



<p>La famille demeure aujourd’hui le dernier filet social, celui qui empêche la chute brutale dans la misère lorsque les institutions publiques faiblissent. Mais cette fonction de protection ne s’est pas construite par hasard. Elle est l’héritage direct des sociétés agraires, où la terre constituait un capital transmissible, partagé et travaillé collectivement par plusieurs générations. Dans ce modèle, la solidarité familiale n’était pas seulement une valeur morale : elle était une nécessité économique. La survie dépendait de la coopération entre parents, enfants et aînés, et la continuité du patrimoine assurait une forme de sécurité intergénérationnelle.</p>



<p>Or, à mesure que les sociétés s’éloignent de la terre et s’urbanisent, ce socle matériel de la solidarité s’effrite. La terre, support de transmission et d’ancrage, est remplacée par des revenus monétaires instables, des emplois précaires et des parcours professionnels discontinus. La famille continue alors d’assumer un rôle de protection, mais sans capital productif à redistribuer, uniquement à partir de revenus fixes et souvent modestes, comme les pensions de retraite.</p>



<p>C’est dans ce contexte que les retraités deviennent les garants silencieux de la survie économique de plusieurs générations. Leur pension, conçue pour assurer une vieillesse digne, se transforme en revenu collectif, compensant le chômage, la précarité et l’insuffisance des politiques publiques. Cette solidarité, profondément ancrée dans la culture, est pourtant mise à rude épreuve : elle repose sur des épaules vieillissantes, sans renouvellement assuré.</p>



<p>À long terme, une question fondamentale se pose : une solidarité familiale héritée de l’économie agraire peut-elle survivre durablement dans une société urbaine, individualisée et monétarisée ? Rien n’est moins sûr. Plus les liens à la terre se rompent, plus la mobilité fragmente les familles, plus les ressources se raréfient, plus cette solidarité risque de s’affaiblir, voire de se rompre.</p>



<p>Penser une société juste aujourd’hui implique donc de ne pas sacraliser la famille comme substitut éternel à l’État, mais de reconnaître que ce modèle de solidarité a des racines historiques précises et des limites structurelles. Soutenir la famille, c’est aussi construire des politiques sociales capables de prendre le relais là où l’héritage agraire ne peut plus jouer son rôle. Une société digne est celle qui n’abandonne ni ses jeunes à l’attente sans fin, ni ses anciens à la charge de porter seuls le poids d’un monde qui a changé.</p>



<p><em>* Universitaire.</em></p>



<p><strong>Références bibliographiques&nbsp;:</strong></p>



<p>Antoine P. (2000). <em>Famille et solidarités en Méditerranée</em>. Presses Universitaires.</p>



<p>Beck U., Beck-Gernsheim E. (1995). <em>The Normal Chaos of Love</em>. Polity Press.</p>



<p>Benería L. (2003). <em>Gender, Development and Globalization</em>. Routledge.</p>



<p>Bettio F., Villa P. (1998). <em>Foundations of Care</em>. Social Policy Review.</p>



<p>Castel R. (1995). <em>Les métamorphoses de la question sociale</em>. Fayard.</p>



<p>Esping-Andersen G. (1990). <em>The Three Worlds of Welfare Capitalism</em>. Princeton.</p>



<p>Guillemard A.-M. (2010). <em>Vieillissement et protection sociale</em>. PUF.</p>



<p>Harvey D. (2005). <em>A Brief History of Neoliberalism</em>. Oxford.</p>



<p>Hochschild A., Machung A. (1989). <em>The Second Shift</em>. Viking.</p>



<p>Laslett P., Wall R. (1972). <em>Household and Family in Past Time</em>. Cambridge.</p>



<p>Schulz R., Sherwood P. (2008). <em>Family Caregiving</em>. American Journal of Nursing.</p>



<p>Sen A. (1999). <em>Development as Freedom</em>. Oxford University Press.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#124; La formation professionnelle comme moteur de la transformation économique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/26/tunisie-la-formation-professionnelle-comme-moteur-de-la-transformation-economique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 26 Jan 2026 07:58:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[formation professionnelle]]></category>
		<category><![CDATA[IA]]></category>
		<category><![CDATA[marché du travail]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face aux besoins croissants de l'économie, le modèle de la formation professionnelle doit être repensé en Tunisie.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La formation professionnelle en Tunisie se trouve aujourd’hui à un moment charnière. Face à un marché du travail en pleine mutation et des besoins économiques croissants, il est crucial de repenser son modèle, son financement et sa gouvernance. Le chômage des jeunes, la digitalisation des métiers et les nouveaux besoins des entreprises exigent un système agile et performant, capable de préparer les compétences de demain.</em></strong></p>



<p><strong>Ferid Herelli &amp; Taoufik Halila *</strong><strong></strong></p>



<span id="more-18289503"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="300" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/03/Taoufik-Halila-Ferid-Herelli-i.jpg" alt="" class="wp-image-12164922"/></figure>
</div>


<p>La formation professionnelle en Tunisie, se base actuellement sur un réseau d’établissements publics (Epna), supervisé par l’Agence tunisienne de la formation professionnelle (ATFP) qui est chargée de mettre en œuvre la politique nationale en matière de formation professionnelle, en coordination avec les différents acteurs du secteur. Elle suit et contrôle la gestion de l’ensemble des centres de formation répartis sur l’ensemble des régions dans différentes spécialités.</p>



<p>La mission du Centre national de formation continue et de promotion professionnelle (CNFCPP) consiste à jouer un rôle moteur d’assistance et d’accompagnement dans le diagnostic des besoins en formation&nbsp;; élaborer les différents&nbsp;plans de formation, et les évaluer&nbsp;; gérer le dispositif de financement des activités de la formation continue programmée par les entreprises; soutenir le secteur de la consultance et des études dans le domaine de la formation continue et dispenser des cycles de formation diplômante au profit des travailleurs favorisant la promotion professionnelle.</p>



<p>Le Centre national de formation de formateurs et d’ingénierie de formation (Cenafif) est&nbsp;chargé, quant à lui,&nbsp;d’arrêter les méthodologies relatives aux différents domaines de l&rsquo;ingénierie de la formation et ce en tenant en compte l’évolution technologique dans chaque secteur d’activité économique et assister les établissements de formation dans leurs implantations&nbsp;; d’élaborer et actualiser les programmes de formation professionnelle et aider à leurs exploitations dans les établissements concernés&nbsp;; de promouvoir la recherche appliquée à l’ingénierie et à l&rsquo;innovation et mettre en œuvre les outils et moyens pédagogiques et didactiques nécessaires à leurs implémentations dans les programmes de formation&nbsp;; et d’élaborer les plans de formation technique, pédagogique et fonctionnelle visant la qualification et le recyclage des personnels de formation relevant des secteurs public et privé, les mettre en œuvre et en évaluer les résultats.</p>



<p>Il y a lieu de mentionner aussi que la loi d’orientation de 1993 a structuré le système en distinguant formation initiale et continue, et encadrant l’offre privée avec une harmonisation des diplômes délivrés. Toutefois,&nbsp;il demeure, à ce jour, quelques lourdeurs procédurales, bureaucratiques qui entravent la bonne marche de la globalité du système.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Formation initiale et continue<strong></strong></h2>



<p>La <strong>formation initiale </strong>délivre trois principaux diplômes : le Certificat d’aptitude professionnelle (CAP), le Brevet de technicien professionnel (BTP) et le Brevet de technicien supérieur (BTS). Ces parcours visent à préparer les jeunes à un métier précis et à faciliter leurs insertions dans le marché du travail.</p>



<p>Financée par la faxe de formation professionnelle (TFP) et le Programme national de formation continue (Pronafoc), la <strong>formation continue </strong>met l’accent sur la mise à jour de développement des compétences, notamment dans les métiers en évolution rapide.</p>



<p>Par ailleurs, des formations non diplômantes sont également proposées par des organismes ou grandes entreprises publics et privés, qui disposent de centres de formation intégrés tels que la STEG, la SNCFT, Tunisair, la Stir, la CTFA (assurances), etc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison au niveau international&nbsp;<strong></strong></h2>



<p>Contrairement à la Tunisie, où l’État finance majoritairement la formation, des pays comme l’Allemagne, la Suisse et l’Autriche reposent sur un modèle dual où les entreprises sont pleinement&nbsp;impliquées dans le système&nbsp;de formation tutoriel, ou les stagiaires suivent un régime pratique de près de 60% de présence dans les entreprises&nbsp;et ce&nbsp;selon chaque spécialité. En effet, 80 % du financement provient du secteur privé, et les apprentis alternent école et entreprise, garantissant l’adéquation des compétences aux besoins économiques avec un solide partenariat entre entreprises, syndicats et institutions de formation.</p>



<p>Dans ce contexte, il y a lieu de mentionner le fruit&nbsp;du partenariat réussi avec la Chambre de commerce tuniso-allemande (AHK), qui vient de fêter 10 ans d’existence, une unité spécialisée dans l’insertion professionnelle à travers le modèle Corp.&nbsp;et de saluer, d’autre part,&nbsp;l’expérience réussie de la coopération entre la Suisse (à travers l’organisme Swisscontact) et la Tunisie (à travers la Chambre nationale des intégrateurs des réseaux des télécommunications (Cnirt) relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) dans l’élaboration et l’exécution de programmes de formation des techniciens spécialisés dans la technologie de déploiement de la&nbsp; fibre optique répondant aux normes nationales et internationales</p>



<h2 class="wp-block-heading">Défis et opportunités </h2>



<p>Le système actuel tunisien doit relever plusieurs défis/. Il doit, d’abord, <strong>renforcer le partenariat avec le secteur privé</strong>, en introduisant des incitations fiscales et financières. Il doit, ensuite, <strong>favoriser un rapprochement avec les Centres techniques sectoriels</strong> à travers des&nbsp;conventions de partenariat avec le secteur privé&nbsp;pour exploiter rationnellement les infrastructures technologiques et donner une nouvelle impulsion au développement des compétences au sein des PME-PMI. Il doit, également, <strong>moderniser les infrastructures et les contenus&nbsp;de la formation</strong>&nbsp;pour intégrer les métiers émergents (technologies numériques, cyber sécurité, énergies renouvelables, intelligence artificielle…)</p>



<p>Il doit, par ailleurs, <strong>développer la formation dans les secteurs à forte croissance et à fort potentiel d’emploi</strong>, tels que&nbsp;(composants automobiles, aéronautiques, industrie pharmaceutique, mécatronique, etc.), et <strong>assurer une&nbsp;gouvernance transparente, participative et orientée</strong> vers des résultats mesurables à travers des Key performance indicators (KPI).</p>



<p>Ces défis représentent des opportunités pour faire de la formation professionnelle un véritable moteur de croissance économique, en préparant des jeunes compétents&nbsp;et bien préparés&nbsp;afin de satisfaire les besoins des entreprises.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelques recommandations</h2>



<p>Dans cette optique, quelques recommandations doivent être faites, notamment&nbsp;: 1- <strong>l’adaptation rapide aux nouveaux métiers</strong>, en révisant constamment les programmes pour qu’ils répondent aux exigences des secteurs émergents comme l’IA,&nbsp;les nouvelles technologies et la transition écologique&nbsp;; 2- <strong>le renforcement de la formation tout au long de la vie</strong> par l’apprentissage continu, nécessitant des formations de&nbsp;courts durées, agiles et accessibles, aussi bien en présentiel qu&rsquo;à distance&nbsp;; 3- <strong>la personnalisation des parcours </strong>en offrant des formations sur mesure, s’intégrant dans le quotidien, pour fidéliser les jeunes&nbsp;; 4- <strong>l’amélioration de l’insertion professionnelle</strong> en assurant une meilleure adéquation&nbsp;entre la formation et l’emploi, notamment pour réduire l’instabilité professionnelle des jeunes&nbsp;; 5- <strong>le développement des compétences</strong> (<em>soft skills</em>) en faisant de l’adaptabilité, la collaboration et l’intelligence émotionnelle des éléments cruciaux au-delà des techniques proprement dites&nbsp;; 5- <strong>la levée des barrières financières</strong> en&nbsp;garantissant l’accès de tous à ces formations, souvent coûteuses, pour éviter l’exclusion.&nbsp;</p>



<p>Il s’agit, également, de 1- <strong>co-construire les programmes</strong>&nbsp;avec les acteurs économiques et les chambres professionnelles pour aligner compétences et besoins du marché&nbsp;; 2- <strong>promouvoir la labellisation et la certification</strong> pour introduire une certification tierce partie à travers une mise à niveau systématique avec les labels internationaux. (ISO 9001-21000) etc.&nbsp;;3- <strong>rééquilibrer le financement&nbsp;</strong>de&nbsp;la formation professionnelle&nbsp;en augmentant la contribution des entreprises tout en encourageant un soutien public plus vulnérable notamment au niveau de l’infrastructure technologique&nbsp;; 4- <strong>valoriser la formation des formateurs et accorder des motivations substantielles pour le suivi des nouveautés technologiques, </strong>notamment&nbsp;auprès des jeunes et des startups, en mettant en avant les perspectives d’emploi et les évolutions de carrière&nbsp;; 5- <strong>renforcer la culture de l’innovation</strong>&nbsp;<strong>et l’adoption de nouvelles technologies</strong> en sensibilisant les jeunes écoliers pour s’intéresser aux nouveaux métiers.</p>



<p>La Tunisie dispose de l’opportunité de transformer son système de formation professionnelle en un levier stratégique pour l’emploi, la compétitivité et l’avenir de sa jeunesse. En s’inspirant des modèles performants de l’Europe centrale, en modernisant les infrastructures, les contenus et la gouvernance, et en engageant activement les entreprises, le pays peut bâtir une formation professionnelle agile et pertinente pour 2030.</p>



<p>Cette réforme permettra non seulement de réduire le chômage, mais aussi de renforcer la compétitivité économique, de garantir un avenir prometteur à la jeune génération tunisienne&nbsp;et de créer&nbsp;une&nbsp;nouvelle richesse pour le pays.</p>



<p><em>* Conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT). </em><em></em></p>



<figure class="wp-block-table"><table class="has-fixed-layout"><tbody><tr><td></td><td><br><br></td></tr></tbody></table></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/26/tunisie-la-formation-professionnelle-comme-moteur-de-la-transformation-economique/">Tunisie | La formation professionnelle comme moteur de la transformation économique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 08:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tounes]]></category>
		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/">Tunisie | Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><span><em style="font-weight: bold;">Le 14 janvier 2011, la Tunisie écrivait une page glorieuse de son histoire. Zine el-Abidine Ben Ali fuyait le pays, emportant avec lui des richesses spoliées et le destin pathétique d</em></span><strong><em>e finir ses jours et d’être enterré en Arabie Saoudite, loin du pays qu’il avait gouverné pendant vingt-trois ans. Ce jour-là, Tunis vibrait d’espérance. Les poètes proclamaient que «le destin répondrait aux aspirations du peuple». Le monde entier applaudissait ce petit pays maghrébin qui osait défier la tyrannie. Quinze ans plus tard, le bilan est d’une brutalité insoutenable : la Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-18273412"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Comparez la Tunisie de 2011 avec la Serbie de 2000, et vous mesurerez l’abîme qui sépare une vraie transition d’une mascarade. Lorsque Slobodan Milošević est tombé, le nouveau gouvernement serbe a agi avec détermination : rétablissement des relations avec le FMI, réouverture du commerce, stabilisation macroéconomique immédiate. L’inflation a chuté de moitié, la croissance a explosé à 6% par an, les capitaux étrangers sont revenus en masse. Les Serbes ont cru que les règles avaient changé, et l’économie a répondu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paix sociale à crédit</h2>



<p>La révolution du jasmin, elle, a accouché d’un monstre. Des élections compétitives, certes. Une constitution démocratique, effectivement. Mais l’économie ? Totalement sacrifiée sur l’autel de la lâcheté politique et du clientélisme généralisé. Les gouvernements successifs – qu’ils soient islamistes, laïques, technocrates ou populistes – ont tous adopté la même stratégie suicidaire : acheter la paix sociale à crédit.</p>



<p>La masse salariale du secteur public a explosé, passant de 12% du PIB en 2010 à plus de 15% aujourd’hui. Des dizaines de milliers de postes ont été créés non pas pour améliorer les services publics, mais pour calmer les manifestants.</p>



<p>L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ce syndicat mafieux déguisé en défenseur des travailleurs, a obtenu tout ce qu’elle voulait : augmentations salariales, primes garanties, impunité totale pour ses adhérents. Résultat ? Un État obèse, paralysé, incapable de fournir le moindre service décent malgré une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un suicide économique par consensus</h2>



<p>Pendant ce temps, les choix difficiles ont été systématiquement reportés. Les subventions – cette drogue économique qui représente aujourd’hui 6,3% du PIB – n’ont jamais été réformées. Pire : elles ont augmenté. L’essence, le pain, l’électricité, l’eau et même le gaspillage… tout est subventionné. Pas pour aider les pauvres, qui en bénéficient proportionnellement moins, mais pour éviter les émeutes. La Tunisie dépense des milliards de dinars pour subventionner les 4&#215;4 des classes aisées pendant que les hôpitaux publics manquent de gaze. Et depuis peu de médicaments vitaux.</p>



<p>Les entreprises publiques ? Toujours là, toujours aussi inefficaces, toujours aussi corrompues, toujours aussi irrespectueuses du droit citoyen à un service public digne de nom. La Tunisair perd des centaines de millions chaque année. La Steg, la Sonede, la Pharmacie centrale – toutes au bord de la faillite, toutes maintenues en vie par perfusion budgétaire. Et l’économie doit payer la facture, par une sur-fiscalisation honteuse.</p>



<p>Aucun gouvernement n’a osé les privatiser, les restructurer, ou même simplement exiger qu’elles cessent de saigner les finances publiques. Aucune évaluation sérieuse de ces vampires des taxes des contribuables. Pourquoi ? Parce que l’UGTT menace de grève générale au moindre murmure de réforme.</p>



<p>La rigidité du marché du travail ? Intacte. Le Code du travail tunisien, cette relique protectionniste des années 1960, rend le licenciement quasiment impossible. Résultat : les entreprises privées n’embauchent plus, ou embauchent au noir.</p>



<p>Le chômage des jeunes – le grief initial qui a déclenché la révolution – stagne autour de 40% dans certaines régions. Les diplômés universitaires attendent des années un emploi public qui ne viendra jamais, pendant que le secteur privé étouffe sous les contraintes réglementaires. Leurs diplômes ne valent plus rien, tellement l’UGTT a bourré le système éducatif par les moins compétents.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La corruption viscérale</h2>



<p>Et la corruption ? Ah, la corruption ! Le régime de Ben Ali était une kleptocratie familiale organisée. Au moins avait-elle une certaine efficacité : tu payais la famille Trabelsi, et ton business fonctionnait.</p>



<p>Depuis 2011, la corruption s’est démocratisée. Elle est devenue diffuse, décentralisée, tentaculaire. Chaque parti politique, chaque administration, chaque niveau de gouvernement a développé ses propres réseaux de prédation.</p>



<p>En 2018, la confiance dans le gouvernement avait chuté de moitié par rapport à 2011. Les investisseurs ont compris que la <em>«nouvelle Tunisie»</em> n’était que l’ancienne en pire : plus instable, plus corrompue, plus paralysée.</p>



<p>Les IDE se sont effondrés. En 2010, malgré la dictature, la Tunisie attirait 1,5 milliard de dollars d’investissements étrangers. En 2023, après treize ans de <em>«démocratie»</em>, ce chiffre peinait à atteindre 800 millions.</p>



<p>Les investisseurs ont vu de nouvelles politiques s’empiler sur l’ancienne économie sans rien changer au fond. Pire encore : ils ont vu l’instabilité politique détruire la seule chose que Ben Ali offrait – la prévisibilité. Sous la dictature, on savait à quoi s’attendre.</p>



<p>Depuis 2011, personne ne sait rien. Les gouvernements tombent tous les dix mois. Les politiques changent au gré des coalitions et humeurs de leur patron. Les promesses ne valent rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du chaos démocratique au chaos autoritaire</h2>



<p>Puis vint Kaïs Saïed. Élu triomphalement en 2019 avec 73% des voix, porté par le ras-le-bol généralisé envers la classe politique. Le 25 juillet 2021, il suspend le parlement, concentre tous les pouvoirs, promet de <em>«nettoyer»</em> le système. Les Tunisiens fatigués applaudissent. Enfin, quelqu’un va agir !</p>



<p>Quatre ans plus tard, le verdict est sans appel : Saïed a encore plus enfoncé le sens du travail et du mérite. Une catastrophe intégrale véhiculée par encore moins de compréhension des principes fondamentaux de l’économie. On détruit les institutions démocratiques sans rien construire à la place. On écarte les partis politiques sans proposer d’alternative. On dissout le parlement sans améliorer la gouvernance. On concentre tous les pouvoirs pour… ne rien faire, comme réforme structurante, courageuse et conçues à l’aune des résultats.</p>



<p>Ou plutôt si : on a aggravé la situation. On a rejeté l’accord avec le FMI, ce qui aurait au moins apporté 1,9 milliard de dollars et imposé des réformes structurelles. Et pour quel argument ?</p>



<p>La <em>«souveraineté nationale»</em> et le refus des <em>«diktats néolibéraux»</em>. Noble posture. Sauf qu’il n’a aucun plan B.</p>



<p>La dette publique atteint 81% du PIB. Le service de la dette engloutit 14% du PIB – de l’argent qui ne va ni dans l’éducation, ni dans la santé, ni dans les infrastructures. Les réserves en devises fondent à vue d’œil. Les pénuries de produits de base se multiplient.</p>



<p>Pendant ce temps, l’État donne des discours surréalistes sur les <em>« complots étrangers »</em> et les «&nbsp;<em>traîtres à la nation »</em>. Il arrête des opposants politiques. Il musèle les médias. Il persécute les migrants subsahariens dans des raids racistes dignes des heures les plus sombres.</p>



<p>Et l’économie ? Elle continue de sombrer dans l’indifférence la plus totale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le naufrage en chiffres</h2>



<p>Les chiffres sont implacables. Catastrophiques. La croissance moyenne post-2011 ? Misérable 1,5% par an, contre 4-5% sous Ben Ali. Le chômage ? Passé de 13% en 2010 à plus de 16% aujourd’hui, et toujours autour de 40% pour les jeunes diplômés. L’inflation ? Chroniquement supérieure à 7-8% ces dernières années, atteignant 10% en 2023. Les salaires réels ? En baisse constante depuis quinze ans. La paupérisation ronge les classes moyennes, alors que les affaires proposèrent pour les plus aisés à Tunis et sa banlieue nord.</p>



<p>La Tunisie de 2026 est objectivement plus pauvre, plus endettée, plus désespérée qu’en 2010. Le PIB par habitant en termes réels a à peine progressé d’un iota.</p>



<p>Des centaines de milliers de Tunisiens – souvent les plus qualifiés – ont fui le pays. Les <em>boat people</em> se noient par centaines en Méditerranée chaque année, fuyant ce paradis démocratique que le monde entier leur envie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ancre institutionnel, ce chaînon manquant</h2>



<p>Le problème fondamental ? L’absence totale de crédibilité institutionnelle. Une rupture politique ne produit des résultats économiques que si elle établit un point d’ancrage clair : qui décide, selon quelles règles, et pour combien de temps.</p>



<p>La Tunisie post-2011 n’a jamais fourni cette clarté. Gouvernements éphémères (une quinzaine de premiers ministres et plus de 750 ministres), coalitions fragiles, constitution réécrite, institutions détruites puis reconstruites puis détruites de nouveau.</p>



<p>Aucun investisseur sensé ne peut miser sur un pays où les règles du jeu – notamment fiscales – changent tous les dix-huit mois. Aucune entreprise ne peut planifier quand elle ne sait pas si le gouvernement tiendra encore l’année prochaine. Aucun citoyen ne peut investir dans l’avenir quand cet avenir est illisible.</p>



<p>L’économie de la rupture est une question de crédibilité. La Tunisie post-2011 a détruit méthodiquement toute crédibilité. Chaque gouvernement a promis des réformes avant de capituler face à l’UGTT. Chaque coalition a juré de réduire la dépense publique avant d’augmenter les salaires pour acheter la paix sociale. Chaque président a proclamé la guerre à la corruption tout en laissant prospérer les réseaux clientélistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le verdict final</h2>



<p>La révolution tunisienne n’a pas échoué par accident. Elle a été consciemment sabotée par une classe politique incapable, lâche et corrompue.</p>



<p>Des islamistes d’Ennahdha aux laïcs de Nidaa Tounes, des technocrates aux populistes, tous ont préféré leur survie politique immédiate à l’intérêt national à long terme. Tous ont refusé les choix difficiles. Tous ont bradé l’avenir pour acheter le présent.</p>



<p>Et les Tunisiens ? Ils paient cash. Quinze ans après avoir renversé un dictateur, ils sont plus pauvres, plus désespérés, plus impuissants. Le destin devait répondre à leurs aspirations. Il leur a craché au visage.</p>



<p>La révolution tunisienne restera dans l’histoire comme la preuve éclatante qu’un changement de régime sans transformation économique structurelle ne produit qu’une chose : le chaos stérile.</p>



<p>La Tunisie post-2011 est un cimetière d’espoirs, un monument à l’incompétence collective, une démonstration grandeur nature que la démocratie sans responsabilité économique mène droit à l’abîme. Le jasmin est mort. Il ne reste que les épines du cactus (el hindi) qui entouraient le Jasmin… de l’espoir !</p>



<p><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur </em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia</a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WKS6SUKgqt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/">Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/embed/#?secret=GmlKYdWWC9#?secret=WKS6SUKgqt" data-secret="WKS6SUKgqt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Des signes de reprise économique en Tunisie, selon la Tap</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/des-signes-de-reprise-economique-en-tunisie-selon-la-tap/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 12:17:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[huile d'olive]]></category>
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		<category><![CDATA[tourisme]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’année 2025 a observé des signes de reprise  économique en Tunisie, avec une croissance prévue de 2,6%, contre 1,4% en 2024. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/des-signes-de-reprise-economique-en-tunisie-selon-la-tap/">Des signes de reprise économique en Tunisie, selon la Tap</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’année 2025 a marqué un tournant dans la trajectoire économique de la Tunisie, qui est parvenue à atténuer les effets persistants des crises mondiales successives et à atteindre une relative stabilité de ses principaux indicateurs macroéconomiques, sortant ainsi de la récession prolongée qui a caractérisé ces dernières années, souligne la Tap.</em></strong></p>



<span id="more-18158437"></span>



<p><em>«Ceci démontre l’efficacité de la stratégie de résilience de l’État tunisien, qui privilégie la réactivation des moteurs de croissance tout en préservant les principaux équilibres budgétaires dans un contexte international difficile»</em>, ajoute l’agence de presse publique, qui précise que la croissance s’est stabilisée à 2,4 % en glissement annuel au cours des neuf premiers mois de 2025 et que les projections pour l’ensemble de l’année convergeant vers 2,6 % (contre 1,4 % en 2024). Ce chiffre est très proche des prévisions de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international, qui tablaient tous deux sur un taux de croissance compris entre 2,5 % et 2,6 % pour 2025.</p>



<p>Bien qu’ils restent relativement élevés, le chômage et l’inflation ont légèrement reculé, soutenus par l’amélioration des performances des secteurs productifs&nbsp;: l’agriculture a bénéficié de conditions climatiques favorables&nbsp;; l’activité industrielle esquisse une reprise ; et le tourisme maintient une dynamique haussière solide, selon l’Institut national de la statistique (INS).</p>



<p>Les experts estiment que, même si elle reste modeste en valeur absolue, cette croissance de 2,6% représente un tournant après des années d’incertitude et de volatilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les trois moteurs de croissance</h2>



<p>Elle repose sur la résilience des secteurs productifs et sur les efforts du gouvernement pour restructurer les finances publiques et améliorer l’adaptabilité de l’économie, conformément à une approche nationale axée sur l’autosuffisance, la diversification et l’optimisation des ressources.</p>



<p>Toujours selon la Tap, le retour à la croissance en Tunisie n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat de performances dans trois secteurs clés : l’agriculture, les services et le tourisme, conjuguées à une inflation modérée et à des réserves de change confortables.</p>



<p>L’agriculture a enregistré une hausse de 9,8&nbsp;% de sa valeur ajoutée (11,5&nbsp;% en glissement annuel au troisième trimestre, selon les données de l’INS), les abondantes récoltes d’huile d’olive et de dattes contribuant à réduire le déficit commercial dans un contexte de prix élevés des matières premières mondiales.</p>



<p>Le tourisme s’est imposé comme un moteur de croissance essentiel. Au 20 décembre 2025, les recettes touristiques totalisaient près de 2 milliards de dollars, soit une augmentation de 6,3 % par rapport à l’année précédente, tandis que le nombre de touristes dépassait les 11 millions, éclipsant le pic pré-pandémique de 9,4 millions enregistré en 2019.</p>



<p>La production de phosphate a connu un fort rebond, la production commerciale ayant augmenté de 55 % en glissement annuel au premier semestre 2025, soit le niveau le plus élevé depuis dix ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Assouplissement de la politique monétaire</h2>



<p>Les transferts de fonds des Tunisiens de l’étranger ont atteint 8,5 milliards de dinars tunisiens (environ 2,2 milliards de dollars américains) au 27 décembre, soit une hausse de 6 % sur un an. Le secteur des services a progressé de 1,9 % et la valeur ajoutée industrielle de 3,4 %.</p>



<p>L’inflation s’est modérée et la politique monétaire s’est assouplie. L’inflation annuelle s’est établie à 4,9 % en 2025, sous l’effet d’un ralentissement de la hausse des prix des produits alimentaires de première nécessité.</p>



<p>Cette situation a permis à la Banque centrale de Tunisie d’abaisser son taux directeur à 7,5 % en mars, première mesure d’assouplissement après des années de resserrement monétaire, améliorant ainsi les conditions de crédit pour les petites et moyennes entreprises. </p>



<p>Les investissements directs étrangers et de portefeuille ont progressé, atteignant 2,885 milliards de dinars tunisiens fin septembre 2025, soit une hausse de 28,1 % sur un an.</p>



<p>Les exportations de phosphates et de dérivés ont augmenté de 11,9 %, tandis que celles du secteur de la construction mécanique et électrique ont progressé de 6,7 %.</p>



<p>Les exportations d’énergie, en revanche, ont chuté de 39 %.</p>



<p>Les réserves de change s’élevaient à 108 jours de couverture des importations au 26 décembre, ce qui était suffisant pour honorer les obligations extérieures.</p>



<p>En fin, la Tunisie a intégralement honoré ses échéances de remboursement de la dette extérieure pour 2025, selon les données du ministère des Finances, et le dinar tunisien s’est apprécié de 2,8 % par rapport au dollar américain et de 0,5 % par rapport à l’euro à fin septembre 2025.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/des-signes-de-reprise-economique-en-tunisie-selon-la-tap/">Des signes de reprise économique en Tunisie, selon la Tap</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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