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	<title>Archives des Crisis Group - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Crisis Group - Kapitalis</title>
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		<title>Gérer les tensions entre l’Algérie et le Maroc</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 26 Dec 2024 10:02:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Crisis Group appelle à mettre fin à ce qu’elle appelle «la course aux armements entre Alger et Rabat». </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/26/gerer-les-tensions-entre-lalgerie-et-le-maroc/">Gérer les tensions entre l’Algérie et le Maroc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans un <a href="https://www.crisisgroup.org/fr/middle-east-north-africa/north-africa/247-algeria-morocco-western-sahara/managing-tensions-between" target="_blank" rel="noreferrer noopener">récent rapport</a>, dont nous extrayons ci-dessous les éléments essentiels, Crisis Group, organisation internationale indépendante basée à Bruxelles, qui œuvre pour prévenir les guerres et construire la paix dans le monde, appelle à mettre fin à ce qu’elle appelle «la course aux armements entre Alger et Rabat». </em></strong></p>



<span id="more-14986462"></span>



<p>Depuis que l’Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc en 2021, les deux pays sont parvenus à éviter une confrontation armée malgré plusieurs incidents au Sahara occidental qui auraient pu conduire à l’escalade.</p>



<p>En 2020, le Maroc a décidé de normaliser ses relations diplomatiques et de renforcer sa coopération militaire avec Israël. L’Algérie a perçu ce rapprochement entre Israël et le Maroc, parmi d’autres développements, comme une menace pour sa propre sécurité.</p>



<p>Mais le principal point de discorde entre les deux pays concerne le Sahara occidental, où le Maroc revendique sa souveraineté et où l’Algérie soutient le Front Polisario, partisan de l’indépendance.</p>



<p>Jusqu’à présent, retenue mutuelle et diplomatie américaine ont permis de maintenir la paix entre les deux pays. Pourtant, les combats au Sahara occidental, la désinformation en ligne, la course aux armements et l’arrivée au pouvoir de l’administration du président élu Donald Trump constituent des facteurs de risque.</p>



<p>Les pays occidentaux peuvent aider à gérer cette crise en insistant pour que les parties en conflit au Sahara occidental protègent les civils et permettent à la mission des Nations Unies sur place de faire son travail, en limitant les ventes d’armes, en soutenant les pourparlers de l’Onu sur le Sahara occidental, et en faisant pression sur les plateformes de réseaux sociaux afin de freiner les discours de haine en ligne à la fois en Algérie et au Maroc.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les frictions entre les deux pays</h2>



<p>Au cours des dernières années, le Maroc et l’Algérie ont tous deux adopté une position plus affirmée en matière de politique étrangère. Sous le règne du roi Mohammed VI, le Maroc a renforcé son influence régionale, notamment en exerçant des pressions sur le Sahara occidental, et a élargi ses relations internationales.</p>



<p>En revanche, l’influence de l’Algérie a diminué après l’accident vasculaire cérébral du président Abdelaziz Bouteflika en 2013 et le mouvement de protestation démocratique de 2019-2021, qui a conduit les autorités à se concentrer sur la stabilité intérieure. Mais sous la présidence d’Abdelmadjid Tebboune, élu en 2019, Alger a tenté de retrouver sa place historique dans les affaires nord-africaines et sahéliennes.</p>



<p>Dans ce contexte, une série d’incidents survenus en 2020 et 2021 ont causé d’importantes frictions entre les deux pays.</p>



<p>La normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël fin 2020 a contrarié l’Algérie, qui y a vu une atteinte concertée à ses intérêts.</p>



<p>Des événements ultérieurs, notamment la déclaration du Maroc en faveur de l’autodétermination de la région algérienne de Kabylie à majorité berbère et son utilisation présumée d’un logiciel espion israélien pour recueillir des renseignements sur des responsables algériens, ont exacerbé les tensions.</p>



<p>En août 2021, lors d’une visite à Rabat, le ministre israélien des Affaires étrangères, Yair Lapid, a accusé l’Algérie d’ingérence au Sahel, pesant dans la décision d’Alger de suspendre ses relations diplomatiques avec Rabat.</p>



<p>De nouveaux développements ont ravivé le différend entre les deux pays, poussant Rabat et Alger dans une course pour l’importation de nouveaux systèmes d’armement. La désinformation en ligne, qui sévit dans les deux pays, n’a fait que jeter de l’huile sur le feu.</p>



<p>Entre-temps, les combats ont repris au Sahara occidental, le Front Polisario ayant renoncé fin 2020 à un cessez-le-feu vieux de 30 ans. Depuis lors, Rabat et le Front Polisario se sont enlisés dans une guerre d’usure qui a mis en péril la mission de l’Onu au Sahara occidental, créée en 1991. En 2022 et 2023, la mission a déclaré qu’elle pourrait avoir à se retirer, ce qui aurait pu mettre les troupes marocaines et algériennes face à face à la frontière, augmentant considérablement le risque d’une guerre transfrontalière. Grâce à l’intervention des Etats-Unis, la mission a été préservée, et les tensions ont fini par s’apaiser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que peuvent faire Washington et Bruxelles ?</h2>



<p>Les acteurs extérieurs ont joué divers rôles. Depuis Washington, l’administration Biden a tenté de prévenir un conflit direct en renforçant son engagement auprès des trois parties au cœur de la crise –&nbsp;l’Algérie, le Maroc et le Front Polisario.</p>



<p>Pris en tenaille dans le jeu à somme nulle entre Alger et Rabat, les gouvernements européens ont, eux, fait face à des difficultés sur le plan diplomatique. L’Espagne et la France ont tenté d’équilibrer leurs relations avec les deux pays, pour finalement s’aligner sur le Maroc, exprimant leur soutien à la solution privilégiée par Rabat au Sahara occidental. Dans les deux cas, ce revirement a provoqué l’ire de l’Algérie.</p>



<p>L’Union européenne a tenté de protéger ses relations avec le Maroc des répercussions de la longue bataille juridique sur le Sahara occidental devant la Cour européenne de justice, s’efforçant (avec un succès mitigé) d’équilibrer cette position par un rapprochement avec l’Algérie.</p>



<p>La rivalité entre l’Algérie et le Maroc s’est étendue à d’autres parties de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne. Rabat a profité du déclin de l’influence algérienne au Sahel pour proposer la construction d’une autoroute reliant cette région au Sahara occidental contrôlé par le Maroc. En réponse, Alger a suggéré la création d’un nouveau bloc nord-africain incluant la Libye et la Tunisie, et excluant le Maroc. Au sein de l’Union africaine, les frictions entre les deux pays voisins ont parfois compromis le fonctionnement régulier des institutions.</p>



<p>Grâce à une retenue mutuelle et avec l’aide des Etats-Unis, l’Algérie et le Maroc sont parvenus à éviter un affrontement militaire, mais le danger demeure. Au Sahara occidental, à force de tâtonnements, les deux parties semblent s’être accordées sur certaines règles du jeu (liées, à certains égards, à leurs obligations en matière de droit international) visant à protéger les civils et à préserver le rôle de la mission de l’Onu sur le terrain. Mais ce statu quo précaire pourrait être menacé par plusieurs facteurs de risque, notamment les appels lancés par les activistes du Front Polisario en faveur d’une action plus agressive contre le Maroc, la course aux armements entre Alger et Rabat, les effets de la rhétorique en ligne, et la possible perturbation de l’équilibre diplomatique mis en place sous Joe Biden par la nouvelle administration Trump.</p>



<p>Les Etats-Unis étant en plein processus de transition politique, les gouvernements européens pourraient être amenés à jouer un rôle de premier plan dans la gestion des tensions entre les deux pays voisins. Ces gouvernements, aux côtés d’autres acteurs extérieurs intéressés, devraient encourager les parties concernées à considérer les nouvelles règles du jeu comme sacro-saintes, pousser les fournisseurs d’armes à limiter leurs livraisons à Rabat et à Alger afin de contenir le risque de déstabilisation lié à la course aux armements, aider à relancer les négociations sur le Sahara occidental sous l’égide de l’Onu, et inciter les plateformes de réseaux sociaux à contrôler et à réduire la désinformation et la rhétorique incendiaire.</p>



<p>Lorsque les conditions seront réunies, la prochaine étape consistera pour l’Algérie et le Maroc à rétablir leurs relations diplomatiques et, idéalement, à aller au-delà pour promouvoir la coopération en matière de sécurité frontalière, d’infrastructures et de commerce comme base d’une relation plus stable, plus productive et plus durable.</p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.crisisgroup.org/fr/middle-east-north-africa/north-africa/247-algeria-morocco-western-sahara/managing-tensions-between" target="_blank" rel="noreferrer noopener">International Crisis Group</a>.</p>



<p></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Oct 2024 07:45:43 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[décret 54]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Michaël Ayari]]></category>
		<category><![CDATA[présidentielle]]></category>
		<category><![CDATA[Union européeene]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, l’élection présidentielle du 6 octobre se tient dans un climat tendu, estime Crisis Group. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/">Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><em><strong>En Tunisie, l’élection présidentielle du 6 octobre se tient dans un climat tendu, marqué par l’arrestation d’opposants et l’exclusion de nombreux candidats, avertit l’expert de l&rsquo;International Crisis Group Michaël Ayari dans un rapport publié le 1<sup>er</sup> octobre 2024 sous le titre <a href="https://www.crisisgroup.org/fr/middle-east-north-africa/north-africa/tunisia/tunisie-une-election-presidentielle-haut-risque" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Tunisie : une élection présidentielle à haut risque».</a></strong></em></p>



<span id="more-14116759"></span>



<p><em>«Le sort de l’élection semblant scellé, les craintes se concentrent désormais sur les risques de tensions et de violences durant la période post-électorale»</em>, estime l’expert. Il ajoute, à l’adresse du président Saïed&nbsp;: <em>«Pour éviter que la situation ne dégénère, il pourrait commencer par rétablir la liberté d’expression, sérieusement mise à mal lors de son premier mandat. Il pourrait notamment&nbsp;</em><em>abolir certaines lois liberticides, comme le&nbsp;décret 54, adopté en septembre 2022 pour lutter contre les fausses informations sur Internet, mais qui a déjà conduit à l’emprisonnement de&nbsp;plus de 1&nbsp;700 personnes&nbsp;–&nbsp;dont des dizaines de personnalités publiques&nbsp;– et à un climat d’autocensure généralisée dans le pays.»</em></p>



<p><em>«Le président serait également avisé d’exhorter les forces de sécurité intérieure à cesser les arrestations contre les opposants politiques, qui conduisent le pays vers un autoritarisme de plus en plus inquiétant»</em>, a-t-il ajouté, qui avertit les partenaires occidentaux de la Tunisie, et notamment l’Union européenne, contre <em>«</em><em>la détérioration du contexte économique, politique et humanitaire</em><em>»</em> et les appelle à <em>«</em><em>encourager des réformes importantes en matière de gouvernance et de protection des droits humains.»</em></p>



<p>Pour éviter d’alimenter les réactions nationalistes et d’être accusés d’ingérence, <em>«ils pourraient, par exemple, présenter ces recommandations comme un moyen de contribuer à renforcer la stabilité intérieure du pays, aujourd’hui menacée par ces graves atteintes aux principes démocratiques»</em>, conclut-il &nbsp;</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/04/pour-crisis-group-lelection-presidentielle-en-tunisie-est-a-haut-risque/">Pour Crisis Group, l’élection présidentielle en Tunisie est «à haut risque»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Éloigner la Tunisie du défaut de paiement</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/eloigner-la-tunisie-du-defaut-de-paiement/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Oct 2023 09:17:22 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[migration irrégulière]]></category>
		<category><![CDATA[Union européeene]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les difficultés socio-économiques de la Tunisie pourraient s’aggraver en cas de défaut de paiement de sa dette, estime Crisis Group dans un rapport.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/eloigner-la-tunisie-du-defaut-de-paiement/">Éloigner la Tunisie du défaut de paiement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les difficultés socio-économiques de la Tunisie pourraient s’aggraver en cas de défaut de paiement de sa dette. Dans cet extrait de la <a href="https://www.crisisgroup.org/global/watch-list-2023-autumn-update" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Watch List 2023 – Autumn Update</a>, Crisis Group conseille à l’UE d’encourager un accord de prêt révisé avec le FMI mais de faire pression sur Tunis sur la gouvernance et les droits de l’homme.</em></strong></p>



<span id="more-10243434"></span>



<p>Depuis juillet 2021, lorsque le président Kaïs Saïed a pris le pouvoir, limogeant le Premier ministre et suspendant le Parlement, la Tunisie a pris un nouveau tournant autocratique alors que sa crise économique sous-jacente ne cesse de s’aggraver. Le président tente de construire un système autoritaire à part entière et de s’attirer le soutien public avec une rhétorique résolument nationaliste. Il a imprégné son discours d’insinuations racistes, rejetant la responsabilité des malheurs socio-économiques du pays – tels que l’inflation et le chômage – sur les migrants d’Afrique subsaharienne, entre autres (…). Parallèlement, il a rejeté les conditions attachées à un prêt proposé par le Fonds monétaire international (FMI) visant à équilibrer le budget et à restaurer la confiance des investisseurs, poussant le pays au bord du défaut de paiement sur sa dette extérieure. Un défaut de paiement aggraverait probablement considérablement les problèmes ci-dessus en exacerbant le risque de violence et en mettant en péril la stabilité intérieure déjà fragile.</p>



<p>Au début, l’Union européenne (UE) et nombre de ses États membres ont manifesté de grandes inquiétudes quant à la direction prise par la Tunisie sous Saïed. Le président semblait vouloir annuler les acquis démocratiques du soulèvement de 2011, la première des révoltes populaires de cette année-là dans le monde arabe. Mais l’Europe a progressivement réorienté ses efforts vers la lutte contre la migration irrégulière.</p>



<p>L’augmentation des arrivées de migrants en provenance de la Méditerranée a été le principal moteur de ce changement, même si l’élection du gouvernement d’extrême droite dirigé par Giorgia Meloni en Italie y a contribué.</p>



<p>Aujourd’hui, l’UE considère la Tunisie comme un partenaire clé dans la lutte contre la migration irrégulière, une tâche qui, selon elle, nécessitera d’importantes mesures d’aide pour que Tunis puisse produire les résultats que l’Europe souhaite voir tout en maintenant la stabilité. Ces deux priorités ont pris le pas sur les discussions sur la restauration de la démocratie et de l’État de droit – produisant un flux de financement qui, selon les critiques, équivaut à un chèque en blanc pour le gouvernement de Saïed.</p>



<p>L’UE et ses États membres doivent suivre une ligne difficile : équilibrer leurs divers agendas politiques, sécuritaires et économiques en Tunisie avec le travail important de recherche des droits et des réformes de la gouvernance. Cependant, à l’heure actuelle, cet équilibre semble trop s’éloigner de la recherche des réformes qui seront nécessaires pour stabiliser le pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AOTNz1uJ28"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/18/tunisie-meloni-propose-de-decoupler-les-prets-de-lue-et-du-fmi/">Tunisie : Meloni propose de «découpler» les prêts de l’UE et du FMI</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : Meloni propose de «découpler» les prêts de l’UE et du FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/18/tunisie-meloni-propose-de-decoupler-les-prets-de-lue-et-du-fmi/embed/#?secret=LbY3zjSTZk#?secret=AOTNz1uJ28" data-secret="AOTNz1uJ28" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Plutôt que d’abandonner ce programme, l’UE devrait travailler avec les États membres pour :</p>



<p><strong><em>Encourager la Tunisie et le FMI à s’entendre sur des conditions de prêt révisées</em></strong>, en faisant pression sur Tunis pour qu’elle conclue un accord et sur les actionnaires du FMI pour qu’ils assouplissent certaines conditions (par exemple, en appelant à de plus petites réductions des dépenses);</p>



<p><strong><em>Maintenir l’accent sur les droits de l’homme et la gouvernance</em></strong> – en soulignant la nécessité de freiner la violence des justiciers et de contenir ses répercussions – en soulignant leur importance pour la stabilité intérieure ; et</p>



<p><strong><em>Commencer à se préparer à la possibilité que l’Europe doive fournir un financement d’urgence à la Tunisie</em></strong> – par exemple pour soutenir les livraisons de médicaments et de blé – si le pays ne parvient pas à parvenir à un accord avec le FMI et ne parvient pas à honorer sa dette.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un partenariat précaire avec l’Europe</h2>



<p>Depuis les actions fatidiques de Saïed en 2021, l’Europe ne sait plus quoi faire à l’égard de la Tunisie. Saïed a remplacé le système semi-parlementaire du pays par un système présidentiel qui lui permet de concentrer presque tous les pouvoirs gouvernementaux entre ses mains. Parmi les Tunisiens ordinaires, la peur de la répression, disparue après le renversement du président Zine El Abidine Ben Ali lors du soulèvement populaire de 2011, a refait surface. Depuis la mi-février, les arrestations et condamnations de personnalités publiques, notamment politiques, se sont accélérées. Plus de 35 d’entre eux sont en prison pour diverses accusations. Colportant un programme inspiré par des idées nationalistes et de gauche, le président joue sur les ressentiments, notamment envers l’ancienne classe politique, pour accroître sa popularité.</p>



<p>Très tôt, troublée par la dérive autoritaire, l’UE a insisté sur le retour à un régime démocratique. En septembre 2021, par exemple, le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, s’est rendu à Tunis et a déclaré que <em>«le libre exercice du pouvoir législatif et la reprise de l’activité parlementaire… doivent être respectés»</em>. De hauts responsables de l’UE – ainsi que des États membres comme la France et l’Allemagne – ont maintenu la pression sur les questions de droits et de gouvernance après que Saïed ait prononcé un discours raciste largement critiqué en février. Dans ce discours, il a affirmé que <em>«des hordes de migrants illégaux»</em> étaient à l’origine de <em>«violences et d’actes inacceptables»</em>, ajoutant que le <em>«but ultime»</em> des migrants d’Afrique subsaharienne en Tunisie était de <em>«transformer la composition démographique»</em> du pays. Ses propos s’accompagnent d’une répression brutale contre les migrants. Les forces de sécurité tunisiennes semblent devenir de plus en plus agressives en expulsant vers la frontière libyenne des migrants en provenance d’Afrique subsaharienne. Les migrants s’inquiètent de plus en plus des attaques de justiciers et de la violence collective – ce qui correspond à des incidents tels que les attaques de juillet contre des migrants subsahariens à Sfax, une ville côtière.</p>



<p>Les dirigeants européens ont été particulièrement frustrés que Saïed se soit engagé dans un recul démocratique aussi flagrant, malgré les sommes considérables envoyées à la Tunisie au cours de la transition démocratique d’après 2011, qui était pour beaucoup un puissant symbole des promesses des soulèvements arabes.</p>



<p>En 2016, selon un rapport de l’UE, le pays était l’un des principaux bénéficiaires du financement de l’UE au titre de la politique européenne de voisinage (PEV), ayant reçu environ 8,5% de l&rsquo;allocation totale. Conformément à la PEV, ces fonds ont favorisé une nouvelle approche des relations avec Tunis, axée sur la coopération politique et l’intégration économique et sociale. En 2020, le projet de réforme s’était déjà heurté à la résistance tunisienne, en grande partie à cause de la montée d’une nouvelle classe politique lors des élections de 2019, hostile aux réformes imposées par l’Occident et critique de la trajectoire démocratique du pays. Les choses n’ont fait qu’empirer après <em>«l’auto-coup d’État»</em> de Saïed en 2021.</p>



<p>Outre les questions de droits et de gouvernance, les différends sur les réformes économiques ont compliqué les efforts visant à fournir à la Tunisie l’aide financière dont elle a désespérément besoin, alors que son économie est sous le choc (entre autres) des chocs générés par la pandémie de Covid-19 et la guerre de la Russie en Ukraine.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="58cqpcDEqN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/18/tunisie-union-europeenne-oui-a-la-reciprocite-non-a-lingerence/">Tunisie &#8211; Union européenne : oui à la réciprocité, non à l&rsquo;ingérence !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Union européenne : oui à la réciprocité, non à l&rsquo;ingérence ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/18/tunisie-union-europeenne-oui-a-la-reciprocite-non-a-lingerence/embed/#?secret=j7g9irFebx#?secret=58cqpcDEqN" data-secret="58cqpcDEqN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Le FMI semblait prêt à offrir une bouée de sauvetage avec un prêt de stabilisation de 1,9 milliard de dollars sur 48 mois après avoir conclu un accord au niveau des services avec Tunis fin 2022. Mais cela aurait obligé Tunis, entre autres choses, à réduire les subventions aux carburants et à réformer les entreprises détenues par l’État – des mesures politiquement impopulaires en raison de leur impact potentiel sur l’emploi et les revenus. Saïed, ainsi que le principal syndicat tunisien et des experts apparentés, ont qualifié ces conditions de <em>«diktats étrangers»</em> et ont suggéré que leur impact social serait trop important. Ils évoquent le risque d’émeutes similaires à celles de janvier 1984, déclenchées par la hausse des prix du pain et des céréales (même si le FMI n’a pas proposé dans ce cas de supprimer les subventions au pain). En réponse, l’UE et plusieurs États membres ont plaidé pour que Tunis adopte l’ensemble des réformes attachées au prêt du FMI. Bruxelles a conditionné la poursuite de sa propre aide financière à un accord de crédit du FMI et au respect de ses conditions. Pour l’heure, Tunis semble laisser les négociations en suspens.</p>



<p>Alors que les responsables de l’UE continuent de déplorer l’absence de réformes, exhortent Tunis à conclure l’accord avec le FMI et soulignent la nécessité de revigorer les institutions démocratiques tunisiennes, les États membres – en particulier l’Italie – semblent de plus en plus préoccupés par la hausse de la migration irrégulière en provenance de Tunisie. Les arrivées en Italie ont triplé au cours des deux dernières années, pour atteindre 56 000 en août 2022.</p>



<p>Dans ce contexte, le gouvernement Meloni, entré en fonction en 2022, n’a visiblement pas condamné le fameux discours de Saïed en février. L’Italie penche de plus en plus en faveur d’un assouplissement des conditions des prêts du FMI – craignant que l’alternative ne soit un effondrement économique et encore plus de migration. D’autres pays européens restent attachés au projet de réforme, et certains (comme la France et l’Allemagne) ont exprimé leur profonde inquiétude face au discours anti-migrants de Tunis. Mais en matière de politique européenne, les inquiétudes concernant l’effondrement économique et le défi associé que représente la gestion des problèmes de migration irrégulière occupent de plus en plus le devant de la scène.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Gérer le risque de défaut</h2>



<p>La question est de savoir ce qui se passe maintenant. La Tunisie court un risque sérieux et rapidement croissant de défaut de paiement sur sa dette extérieure, et elle aura besoin d’une aide extérieure pour relever ce défi. D’ici 2024, avec des remboursements de dettes étrangères de 2,6 milliards de dollars prévus (y compris une obligation libellée en euros arrivant à échéance en février, équivalant à 900 millions de dollars), on ne sait toujours pas comment le gouvernement sera en mesure d’obtenir des fonds suffisants pour faire face à ces dettes.</p>



<p>Le prêt du FMI en discussion serait le moyen le plus fiable pour Tunis de rester à jour dans ses paiements. Dans les conditions actuelles, le gouvernement aurait du mal à trouver un financement externe alternatif pour couvrir les coûts, alors que les indicateurs économiques de la Tunisie continuent de se détériorer. Les principales agences de notation, Fitch et Moody’s, ont abaissé la note de crédit de la Tunisie, rendant encore plus difficile pour le pays d’emprunter à l’étranger.</p>



<p>Il y aurait également des risques et des inconvénients à accepter un prêt du FMI. Du point de vue de la Tunisie, les avantages économiques à long terme sont sans aucun doute difficiles à évaluer et dépendront dans une certaine mesure des conditions finalement négociées, de la mesure dans laquelle les réformes seront mises en œuvre et de l’état de l’économie mondiale au fil du temps. Ses conséquences politiques pourraient également être difficiles à gérer. Du point de vue des bailleurs de fonds, il est tout à fait possible que, bien qu’il ait signé l’accord, Saïed fasse du FMI le bouc émissaire de chaque mesure impopulaire qu’il pourrait contenir. Une telle posture nationaliste pourrait déclencher des troubles, les Tunisiens tenant l’institution financière pour responsable de leur situation économique – et peut-être diriger leur colère contre les Occidentaux (ou les actifs occidentaux) dans le pays.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ypSCq2jsR9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/13/tunisie-fmi-je-taime-moi-non-plus/">Tunisie-FMI : «Je t’aime, moi non plus !»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI : «Je t’aime, moi non plus !» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/13/tunisie-fmi-je-taime-moi-non-plus/embed/#?secret=dBkvj1AVhp#?secret=ypSCq2jsR9" data-secret="ypSCq2jsR9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Néanmoins, les risques liés à l’octroi d’un prêt dépassent de loin les risques d’un scénario sans accord, qui, en l’absence d’une nouvelle injection de financements extérieurs ou d’une amélioration inattendue des perspectives macro-économiques de la Tunisie, pourrait être catastrophique.</p>



<p>L’UE devrait cesser son aide financière, car elle est conditionnée à un accord du FMI. En 2021 et 2022, alors que les négociations avec le FMI étaient en cours, la Commission européenne a aidé le pays à éviter un défaut de paiement en empruntant 600 millions d’euros à des créanciers privés à des taux bonifiés, puis en les prêtant à la Tunisie. Mais s’il n’y a pas d’accord du FMI, la Commission ne pourra plus faire cela et ses options pour aider la Tunisie seront faibles.</p>



<p>Quant aux États arabes du Golfe, alors que l’Arabie Saoudite a accordé à la Tunisie un prêt bonifié de 400 millions de dollars et une subvention de 100 millions de dollars en juillet, ni Riyad ni les autres capitales du Golfe ne sont susceptibles d’offrir davantage de crédit en l’absence d’un accord du FMI et d’un programme clair de réforme économique.</p>



<p>Ainsi, à moins que les revenus issus des exportations de pétrole et de phosphate, des envois de fonds des travailleurs et du tourisme ne rebondissent au-delà des attentes les plus optimistes, ou que les taux d’intérêt mondiaux ne baissent de manière significative et ne réduisent la dette extérieure de la Tunisie, l’échec des négociations avec le FMI pousserait probablement le gouvernement à la faillite.</p>



<p>Un défaut de paiement plongerait la Tunisie dans une dangereuse spirale descendante. Cela pourrait déstabiliser le secteur bancaire, en particulier compte tenu de la forte exposition des banques nationales aux bons et obligations du Trésor, ainsi qu’aux devises étrangères.</p>



<p>Cela pourrait également évincer le secteur privé en raison d’un resserrement du crédit alors que les besoins d’emprunt du gouvernement augmentent; provoquer une baisse de la production; générer encore plus d’inflation; permettre une corruption encore plus grande (qui semble augmenter à mesure que la situation économique se détériore); stimuler l&rsquo;économie souterraine; et déclencher des affrontements le long des chaînes de distribution agricole dans les zones rurales.</p>



<p>À leur tour, les personnes protestant contre la forte détérioration de la situation économique et sociale pourraient déclencher une réaction violente de la part des partisans de Saïed, qui pourraient tenter de diriger les frustrations populaires vers les hommes d’affaires et les membres de l’opposition politique ayant des liens avec l’Occident. Dans l’une ou l’autre de ces circonstances, de nombreux Tunisiens quitteraient probablement le pays, souvent en tentant la traversée de la Méditerranée vers l’Europe.</p>



<p>En partie à cause de ces craintes, Bruxelles a assoupli sa ligne sur les questions de droits et de gouvernance avec Tunis, donnant à Saïed des incitations supplémentaires pour accepter un accord avec le FMI en offrant de nouveaux financements conditionnels à un accord et en débloquant d’autres fonds, plus réduits, pour soutenir le pays et ses capacités de contrôle des migrations.</p>



<p>En juillet, l’UE et la Tunisie ont signé un protocole d’accord pour établir un partenariat bilatéral qui englobe la coopération dans les domaines économique, de la transition numérique, de l’énergie verte et de la migration.</p>



<p>Les médias européens et tunisiens ainsi que les groupes de la société civile ont fustigé cet accord pour avoir omis de mentionner le bilan du gouvernement en matière de droits humains, ainsi que pour avoir établi ce qu’ils ont qualifié de programme d’argent contre la migration.</p>



<p>Dans le cadre de cet accord, Bruxelles a offert 900 millions d’euros d’assistance macrofinancière conditionnée à un accord avec le FMI, 150 millions d’euros d’aide budgétaire inconditionnelle et 105 millions d’euros pour financer le retour des migrants ainsi que les efforts tunisiens pour empêcher la migration irrégulière vers l’UE.</p>



<p>Dans le cadre de ce dernier accord, et suite aux discussions de fin septembre entre les États membres de l’UE, la Tunisie doit traiter les demandes d’asile des réfugiés à destination de l’Europe sur son propre sol, plutôt que de permettre à ces personnes de traverser la Méditerranée et de déposer leur demande.</p>



<p>Dans le même temps, le nombre de migrants traversant la Méditerranée a augmenté de 69% depuis l’annonce de ce plan. Mais comme la migration est en partie motivée par des facteurs indépendants de la volonté de la Tunisie, et en partie causée par sa propre mauvaise gouvernance, une augmentation du financement en l’absence de réformes risque en soi d’avoir des résultats décevants.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce que l’UE peut faire</h2>



<p>L’UE et ses États membres sont confrontés à des choix très imparfaits lorsqu’il s’agit de la Tunisie. Les efforts visant à aider Tunis à stabiliser le pays et à éviter les troubles intérieurs ne peuvent pleinement réussir sans un engagement du gouvernement en faveur de réformes, tant en matière de droits et de gouvernance qu’en matière d’économie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="DrVvU9eqv8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/">Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Solutions pour sortir du bras de fer entre Kaïs Saïed et le FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/22/solutions-pour-sortir-du-bras-de-fer-entre-kais-saied-et-le-fmi/embed/#?secret=uAARjTuIuY#?secret=DrVvU9eqv8" data-secret="DrVvU9eqv8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Pourtant, si les donateurs européens et autres poussent trop fort en faveur des réformes, leur aide à la stabilisation pourrait ne pas être la bienvenue. La meilleure voie à suivre implique donc probablement une sorte d’exercice d’équilibre, que les acteurs européens devraient poursuivre comme suit :</p>



<p><strong><em>Premièrement, l’UE et ses États membres devraient appuyer de tout leur poids les efforts visant à négocier un accord entre la Tunisie et le FMI.</em></strong> Même si les chances d’obtenir un oui sont modestes, il y a quand même des raisons de continuer à essayer.</p>



<p>Au-delà de continuer à brandir des carottes sous la forme d’une éventuelle aide, l’UE devrait faire pression sur le FMI et des actionnaires influents comme les États-Unis pour s’assurer que les conditions qu’elle recherche sont réalistes tout en poussant le gouvernement vers des réformes. En particulier, ils devraient faire pression sur le Fonds pour qu’il propose des conditions révisées qui appellent Tunis à procéder à des réductions de dépenses plus faibles et plus douces, en particulier dans les subventions énergétiques, et peut-être à développer des objectifs budgétaires plus réalistes; la réduction des surtaxes de remboursement de la dette du FMI pourrait également aider. Même si l’UE ne peut pas fixer les conditions d’un prêt du FMI, ses pressions politiques peuvent contribuer à adoucir les positions des deux parties et à rendre un accord plus probable. Les États membres qui disposent des meilleurs canaux vers Tunis devraient envoyer le message que quels que soient les effets à long terme du prêt du FMI dont les Tunisiens s’inquiètent, ils ne peuvent être pires qu’un défaut de paiement.</p>



<p><strong><em>Deuxièmement, l’UE et ses États membres ne devraient pas laisser l’attention croissante portée à la stabilisation économique et à la migration irrégulière éclipser le débat sur les droits de l’homme et la réforme de la gouvernance.</em></strong> Afin de formuler la nécessité de réformes dans des termes qui pourraient trouver un écho à Tunis, ils devraient se concentrer sur ces réformes comme étant essentielles à la stabilité sociale, avec une attention particulière sur le changement des comportements les plus susceptibles de provoquer des troubles violents.</p>



<p>L’UE pourrait poursuivre cet agenda lors des prochaines réunions du Conseil de l’association UE Tunisie, qui offre des opportunités de coopération avec les autorités tunisiennes pour soutenir la réforme de la justice, promouvoir les droits de l’homme et sauvegarder l’État de droit.</p>



<p>En tête de liste, <strong><em>Bruxelles devrait faire pression sur le président Saïed pour qu’il réduise la violence des justiciers</em></strong>, que ce soit envers les migrants d’Afrique subsaharienne ou contre toute autre personne. En effet, entre janvier et avril, de nombreux Tunisiens de l’intérieur du pays ont signalé que des partisans autoproclamés de Saïed, connus sous le nom de <em>«milices Kaïs»</em>, avaient commencé à s’en prendre aux individus qui critiquaient le président dans les cafés.</p>



<p>En réaction à d’éventuelles manifestations antigouvernementales et aux nouveaux discours de Saïed rejetant la faute sur certains acteurs, ces groupes auto-organisés pourraient intensifier les violences contre les migrants. Ils pourraient également commencer à orchestrer des manifestations et des attaques contre l’opposition, ainsi que contre des hommes d’affaires et des boucs émissaires extérieurs, tels que des partisans étrangers de l’opposition et des ONG internationales. Tunis devrait œuvrer pour les en empêcher.</p>



<p>Enfin, <strong><em>l’UE devrait également se préparer à la possibilité de devoir prêter une aide d’urgence en cas de défaut de paiement de la Tunisie.</em></strong> Même si cette aide aurait des objectifs différents de ceux du type de financement disponible si le prêt du FMI était conclu, une aide pour soutenir les livraisons de blé tendre et de médicaments pourrait être nécessaire afin d’éviter une crise humanitaire, qui pourrait dégénérer en troubles dangereux.</p>



<p>L’UE devrait également envisager de soutenir des mécanismes de financement, par exemple pour permettre l’importation de produits pétroliers. Bruxelles devrait commencer dès maintenant à tester cette approche possible avec les États membres, afin de parvenir à un consensus sur ce qu’elle serait prête à offrir.</p>



<p>Alors que des pays comme l’Allemagne et l’Italie ont encore des divergences sur la quantité de capital politique à dépenser pour tenter de mettre un terme à la dérive autoritaire, l’accent mis sur le maintien de la paix intérieure en Tunisie pourrait les aider à surmonter cette division.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.crisisgroup.org/middle-east-north-africa/north-africa/tunisia/steering-tunisia-away-default" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Crisis Group</a>. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/23/eloigner-la-tunisie-du-defaut-de-paiement/">Éloigner la Tunisie du défaut de paiement</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Séminaire à Hammamet : « Internet et systèmes : risques et sécurité » (29-31 octobre 2019)</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/20/seminaire-a-hammamet-internet-et-systemes-risques-et-securite-29-31-octobre-2019/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Mkada]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 08:17:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[conférence internationale]]></category>
		<category><![CDATA[Crisis Group]]></category>
		<category><![CDATA[Hôtel Alhambra Thalasso Hammamet]]></category>
		<category><![CDATA[Université de Sfax]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La 14e édition de la conférence internationale sur les risques et la sécurité d&#8217;internet et des systèmes (CRiSIS 2019) va se tenir à l&#8217;hôtel Alhambra Thalasso, à Yasmine-Hammamet, en Tunisie du 29 au 31 octobre 2019. La Conférence internationale sur les risques et la sécurité d&#8217;internet et des systèmes (CRiSIS 2019) est la 14e d&#8217;une...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/20/seminaire-a-hammamet-internet-et-systemes-risques-et-securite-29-31-octobre-2019/">Séminaire à Hammamet : « Internet et systèmes : risques et sécurité » (29-31 octobre 2019)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/CRiSIS-2019..jpg" alt="" class="wp-image-248417"/></figure>



<p><strong><em>La 14e édition de la conférence internationale sur les risques et la sécurité d&rsquo;internet et des systèmes (</em></strong><em style="font-weight: bold;">CRiSIS 2019</em><strong><em>)</em></strong> <strong><em>va se tenir à l&rsquo;hôtel Alhambra Thalasso, à Yasmine-Hammamet, en Tunisie du 29 au 31 octobre 2019.</em></strong></p>



<span id="more-248396"></span>


<p>La Conférence internationale sur les risques et la sécurité d&rsquo;internet et des systèmes (<span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://crisis2019.redcad.org/" target="_blank" rel="noopener noreferrer">CRiSIS</a> 2019</span>) est la 14e d&rsquo;une série consacrée aux problèmes de sécurité des applications, des réseaux et des systèmes liés à internet devenu essentiel pour l’échange d’informations entre des groupes d’utilisateurs et des organisations d’horizons et de besoins différents.</p>


<p>Les utilisateurs sont exposés à des risques croissants en matière de sécurité et de confidentialité, en raison du développement d&rsquo;attaques en ligne de plus en plus sophistiquées, de la croissance de la cybercriminalité, etc.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, les attaquants ne manquent pas de motivation et sont de plus en plus expérimentés. Pour aggraver les choses, les attaques sont devenues facilement accessibles. De plus, la complexité croissante ainsi que l&rsquo;immaturité des nouvelles technologies telles que les périphériques et réseaux omniprésents, mobiles et sans fil, soulèvent de nouveaux défis en matière de sécurité.</p>



<p>Dans ce contexte, de nouveaux mécanismes et techniques de sécurité devraient être déployés, pour atteindre un niveau d&rsquo;assurance acceptable dans des domaines critiques que l&rsquo;énergie, le transport, la santé, la défense, les banques, l&rsquo;infrastructure, les systèmes et réseaux intégrés, les systèmes avioniques, etc.</p>



<p>CRiSIS est un forum pour les acteurs de la sécurité informatique et réseau de l&rsquo;industrie du monde universitaire et gouvernemental, qui se rencontrent, échangent des idées et présentent les avancées récentes en matière de menaces et de vulnérabilités de sécurité liées à Internet, ainsi que les solutions pour y faire face.</p>



<p>L’événement est organisé par l&rsquo;Université de Sfax au plan local, et par CRiSIS group au niveau international. </p>


<p>Le <span style="color: #0000ff;"><a style="color: #0000ff;" href="http://crisis2019.redcad.org/Website/Program.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="programme (s’ouvre dans un nouvel onglet)">programme</a></span> qui sera animé par une multitude d&rsquo;experts tunisiens et étrangers va permettre d&rsquo;examiner de nombreux thèmes tels que l&rsquo;analyse du risque et sa gestion, le contrôle et la permission d&rsquo;accès, la sécurité des systèmes embarqués, <span lang="fr" tabindex="0">du réseau et du cloud, la politique de sécurité de l&rsquo;information, la p</span><span lang="fr" tabindex="0">rotection des données et l&rsquo;apprentissage automatique de la sécurité, et le s</span><span lang="fr" tabindex="0">ystème de détection et le blockchain.</span></p>
<p style="text-align: right;"><em>Synthèse et traduction de l&rsquo;anglais de</em><strong>Amina Mkada</strong><span lang="fr" tabindex="0">  </span></p><p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/20/seminaire-a-hammamet-internet-et-systemes-risques-et-securite-29-31-octobre-2019/">Séminaire à Hammamet : « Internet et systèmes : risques et sécurité » (29-31 octobre 2019)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Crisis Group : «La Tunisie se rend aux urnes dans un contexte délétère»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/13/crisis-group-la-tunisie-se-rend-aux-urnes-dans-un-contexte-deletere/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Amina Mkada]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 13 Sep 2019 11:19:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Crisis Group]]></category>
		<category><![CDATA[élections présidentielles de 2019]]></category>
		<category><![CDATA[processus électoral]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«La Tunisie se rend aux urnes dans un contexte délétère» intitule Crisis Group son article publié le 12 septembre 2019, où l&#8217;analyste politique Michaël Béchir Ayari fait part de possibles risques de déraillement du processus électoral et même de violences. Extraits. Par Michaël Béchir Ayari La Tunisie entre dans une période électorale déterminante pour sa...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/09/13/crisis-group-la-tunisie-se-rend-aux-urnes-dans-un-contexte-deletere/">Crisis Group : «La Tunisie se rend aux urnes dans un contexte délétère»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/élections-présidentielles-2019.jpg" alt="" class="wp-image-239322"/></figure>



<p><em><strong>«La Tunisie se rend aux urnes dans un contexte délétère» intitule </strong></em><a rel="noreferrer noopener" aria-label="Crisis Group (s’ouvre dans un nouvel onglet)" href="https://www.crisisgroup.org/middle-east-north-africa/north-africa/tunisia/la-tunisie-se-rend-aux-urnes-dans-un-contexte-deletere?utm_source=Sign+Up+to+Crisis+Group%27s+Email+Updates&amp;utm_campaign=67be327f9d-EMAIL_CAMPAIGN_2019_09_12_01_41&amp;utm_medium=email&amp;utm_term=0_1dab8c11ea-67be327f9d-359958477" target="_blank"><em><strong>Crisis Group</strong></em></a><em><strong> son article publié le 12 septembre 2019, où l&rsquo;analyste politique Michaël Béchir Ayari fait part de possibles risques de déraillement du processus électoral et même de violences. Extraits.</strong></em></p>



<p>Par <strong>Michaël Béchir Ayari</strong> </p>



<span id="more-239276"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Michael-Béchir-Ayari-.-.jpg" alt="" class="wp-image-239313" width="200" height="200"/></figure></div>



<p>La Tunisie entre dans une période électorale déterminante pour sa stabilité. Si l’intensité de la campagne présidentielle lancée le 2 septembre témoigne d’une certaine vitalité démocratique, la plupart des observateurs de la vie politique tunisienne sont inquiets: aucun compromis ou pacte politique pré-électoral n’adoucit la compétition, d&rsquo;où beaucoup d’incertitudes. </p>



<p>Actuellement, aucun signe n’indique nettement de quel côté la balance va pencher au niveau international et régional, tandis que l’expérience du consensus n’a pas rendu la Tunisie plus gouvernable.&nbsp; </p>



<p>Les élites politiques tunisiennes ont donc du mal à se positionner sur un échiquier géopolitique mouvant, et hésitent sur la recette politique à même de stabiliser durablement le pays. Elles comptent sur les urnes pour clarifier le rapport de forces, plutôt que sur le dialogue avec leurs adversaires. </p>



<p>Par ailleurs, de nombreux Tunisiens n’ont plus confiance en la neutralité des institutions, le régime politique issu de la Constitution de 2014 et la démocratie, ce qui pourrait favoriser le déraillement du processus électoral. Car contrairement aux scrutins de 2014, les élections de 2019 n’ont pas été précédées d’une période de <em>«dépolitisation de l’administration publique</em>».  </p>



<p>Au contraire, depuis mai 2017, lorsque le chef du gouvernement Youssef Chahed a lancé une <em>«guerre contre la corruption</em>» sélective, les querelles politiciennes se sont multipliées: la scène politique s’est polarisée autour de son maintien ou de son départ. Ceci a contribué à paralyser l’action publique et le travail législatif, et a également divisé et discrédité la classe politique, renforçant la conviction chez nombre de citoyens que Chahed, appuyé par Ennahdha, instrumentaliserait l’administration publique à des fins électorales, notamment les ministères de la Justice et de l’Intérieur. </p>



<p>Les événements récents semblent leur donner raison: le 18 juin 2019, à un mois du début du dépôt des candidatures pour le scrutin présidentiel, le gouvernement fait adopter au parlement une série d’amendements au Code électoral qui empêchent de fait le favori des sondages, Nabil Karoui, de se présenter. Le 20 juillet 2019, la présidence de la République annonce le refus de Béji Caïd Essebsi, chef de l’Etat de promulguer cette loi qu’il qualifie de <em>«taillée sur mesure</em>» contre certains partis ou personnalités politiques. Le parti de Chahed Tahya Tounes (Vive la Tunisie) accuse alors Caïd Essebsi de violation de la Constitution. Et le 23 août, Karoui est incarcéré dans des conditions floues, pour des soupçons de fraude fiscale et de blanchiment d’argent. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Quels sont les risques possibles de déstabilisation? </h3>



<p>Beaucoup de Tunisiens expriment leur inquiétude quant au résultat du 1er tour du scrutin présidentiel: l’éventuelle présence au 2e tour de Kaïs Saïed (qui prône une refonte totale du système politique accusé d’avoir donné naissance à un cartel) ou d’outsiders comme Lotfi Mraihi, un conservateur au franc-parler originaire d&rsquo;une région déshéritée du Nord-Ouest, pourrait déstabiliser la classe politique.  </p>



<p>Un 2e tour plus probable Karoui-Mourou susciterait de vives tensions: les forces de gauche et la principale centrale syndicale l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) risqueraient d’agiter le spectre anti-islamiste contre Mourou. Ces conflits pourraient même mobiliser les corps professionnels. </p>



<p>Autre scénario possible: l’absence de Karoui au 2e tour et une qualification confortable de Chahed. Ceci encouragerait les partisans de Karoui à contester l’équité du scrutin, en raison sinon de trucages du moins de son incarcération, qui l’a empêché de faire campagne. </p>



<p>Dans ce cas de figure, Moussi et Zbidi leur emboîteraient probablement le pas, en remettant en cause la transparence et le caractère concurrentiel du processus électoral. Le 4 septembre, Zbidi avait en effet accusé publiquement Chahed d&rsquo;utiliser les moyens de l&rsquo;Etat pour sa campagne électorale.</p>



<p>Aussi, une crise parlementaire et gouvernementale de plusieurs mois est envisageable, pouvant conduire à de nouvelles élections législatives dans un climat économique morose et une situation sécuritaire encore incertaine.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Que faire pour éviter le risque réel de déraillement?</strong> </h3>



<p>Les principales forces politiques et syndicales doivent se montrer responsables et éviter de remettre en cause la validité des résultats, si les missions d’observations électorales ne relèvent pas d’irrégularités majeures. Elles doivent d’ores et déjà multiplier les espaces de discussion, en dépit du ressentiment entre les candidats et leurs équipes de campagne, notamment, d’un côté celles de Karoui-Zbidi, et de l’autre celle de Chahed si de soudaines disgrâces ministérielles ou de règlements de compte ont lieu dans le cadre de la <em>«guerre contre la corruption</em>». </p>



<p>Même si l’intensité de la bataille électorale est salutaire sur le plan démocratique, elle risque, si elle rejaillit sur les institutions publiques, les syndicats et les corps professionnels, de cliver la société tunisienne en profondeur dans les 5 prochaines années. Les partenaires internationaux de la Tunisie doivent également se garder de toute ingérence, ou au moins réactiver les canaux de dialogue et de médiation consulaire, pour aider à apaiser les tensions.<strong> </strong></p>



<p style="text-align:right"><strong>A.M.</strong></p>
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