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	<title>Archives des dégagisme - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des dégagisme - Kapitalis</title>
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		<title>Débat à Paris : Les Tunisiens de l’étranger au chevet de leur pays</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Jan 2025 07:35:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisiens de l’étranger]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Espérance. Un mot qui résonne en Tunisie. Et particulièrement auprès des Tunisiens de l'étranger. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/27/debat-a-paris-les-tunisiens-de-letranger-au-chevet-de-leur-pays/">Débat à Paris : Les Tunisiens de l’étranger au chevet de leur pays</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Espérance. Un mot qui résonne particulièrement en Tunisie. Au temps de l’espoir a succédé le temps de l’espérance. Espérance rime avec tempérance. Le mot «espoir» a un impact sonore plus violent, plus bref, comme la soudaineté révolutionnaire. Les espoirs de la révolution, l’espérance d’une issue à la situation difficile actuelle du pays prédomine dans les esprits.</em></strong></p>



<p><strong>Jean-Guillaume Lozato</strong>, à Paris<strong> *</strong></p>



<span id="more-15309682"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Jean-Guillaume-Lozato-2.jpg" alt="" class="wp-image-10755817" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Jean-Guillaume-Lozato-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Jean-Guillaume-Lozato-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/12/Jean-Guillaume-Lozato-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Pour demeurer dans le pragmatisme, les Tunisiens devront d’urgence analyser la situation aussi bien à partir d’une focalisation interne que d’un point de vue plus externe. Et ce samedi 25 janvier 2025, Paris a été une fois de plus le lieu de convergence de débatteurs issus de la diaspora. Après les habituelles initiatives de l’Atuge (Association des Tunisiens des grandes écoles), c’est au tour cette fois-ci d’un groupe&nbsp; plus hétéroclite composé de politiciens, commerçants, ouvriers, intellectuels, d’ébaucher le débat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vers où se dirige la Tunisie ?</h2>



<p>La révolution dite du Jasmin a éclaté, s’était propagée tel l’éclair. Elle avait agi en thuriféraire de la contestation formée dans la rue arabe. Une contre-culture s’est mise en place. Puis une culture à part entière par l’intermédiaire de la scène médiatique ou musicale. Avec la notion de dégagisme générateur de changement. Puis d’impatience.</p>



<p>Quatorze ans après, la ligne politique et institutionnelle présente un encéphalogramme plat tandis que l’électrocardiogramme populaire a voyagé l’euphorie à l’insatisfaction grandissante.</p>



<p>Oui, à l’origine la Tunisie qui était apparue réformiste, progressiste et en avance grâce à des résultats plus qu’encourageants en matière d’alphabétisation sous l’impulsion du courant bourguibiste. Sous la gouvernance Ben Ali, l’étendue de son appareil sécuritaire et l’efficience de ses services secrets étaient apparues au grand jour en sachant répondre sur le champ aux intimidations terroristes. Avec le revers de la médaille de la violence policière. Puis l’accord de privilèges exagérés et répétés à une caste minoritaire composée de personnes très proches des acteurs du régime. Aussi, lorsqu’eut lieu un fléchissement du niveau de vie et une diminution de l’accès au crédit sur lesquels le président Ben Ali&nbsp; reposait sa légitimité pour calmer les esprits locaux comme internationaux, l’impensable se produisit suite à l’auto-immolation de Mohamed Bouazizi.</p>



<p>Depuis ce mois de janvier 2011, des nouveaux partis politiques se sont créés. Des dirigeants se sont succédé. L’actuel président de la République Kaïs Saïed n’est ni politologue ni encore moins politicien de formation. Une chose, qui le différencie, pourrait néanmoins l’avantager et sauver le pays : en tant que constitutionnaliste réputé, cet universitaire de formation détient les capacités pour proposer une accélération des méthodes bureaucratiques marquées tantôt par l’immobilisme, tantôt par la complication menant à la subdivision arbitraire disharmonieuses des tâches puis à la division entre partenaires. Pour qu’après le gouvernement et les économistes aient tout le temps de mettre en œuvre des stratégies destinées à autre chose qu’à simplement limiter la casse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les opportunités offertes par le pays</h2>



<p>La nation tunisienne compte parmi les destinations touristiques classiques. Un ensoleillement qui n’est pas à démontrer, des plages belles et variées, des étendues désertiques. Sans compter les possibilités de randonnée pédestre. Attention, le pays ne doit pas se résumer uniquement à l’image de cette Tunisie estivale et festive qui attend les nouveaux arrivants débarqués à l’aéroport et en route pour les clubs de Djerba, Hammamet ou Monastir. D’autant plus qu’elle dispose de sites moins mis en valeur à faire découvrir, qui redynamiserait l’image commerciale adaptée à un public en quête de nouveautés autres que le prélassement en bord de mer.</p>



<p>La superficie du territoire, alliée à un nombre peu élevé d’habitants, en fait un lieu plus facile à analyser et plus propice à une étude de marché pour les investisseurs étrangers. Les acteurs économiques et politiques tunisiens doivent prendre l’initiative d’informer tout en se faisant informer. De savoir se vendre comme l’on dit chez les commerciaux ou les publicitaires. Et pour qu’il y ait symbiose, il faut que s’opère une synergie des forces en présence.</p>



<p>Certes, le sol n’offre pas d’immenses richesses hydrocarbures. Et puis une population atteignant péniblement 13 millions d’habitants à la masse salariale peu élevée ne représente pas un marché de consommation à courtiser en priorité étant donné l’attentisme ambiant régissant l’import-export dont les acteurs sont conscients de l’importance de l’économie informelle.</p>



<p>Toutefois, des alternatives existent et l’intensification de la diversification est possible. L’économie est affaire d’argent mais aussi de vitesse de l’information. D’où la nécessité de repenser le rapport au temps par rapport à la productivité. D’où la nécessité de mieux diffuser les éléments contribuant à une meilleure connaissance du marché tunisien et de l’offre des exportateurs (par exemple le secteur de la bonneterie demeuré quasiment confidentiel avec l’Italie). Puis repenser la compétitivité s’impose. Le potentiel culturel intervient aussi pour compléter ce listing non exhaustif.</p>



<p>C’est ça la Tunisie. Un territoire non dénué de nationalisme, tout en étant ouvert vers l’international, en lui proposant des produits locaux variés, un artisanat de premier plan y compris dans des domaines réservés comme la sparterie. Un aperçu qui donne à voir plusieurs facettes en terre tunisienne. Une déclinaison qui a tout pour inciter les politiciens ou simples citoyens à repenser l’aménagement du territoire, non plus en fonction de la région du Sahel trop longtemps privilégiée, mais à partir de Tunis. La capitale aura par la suite le devoir d’indiquer la marche à suivre. Mais ses décideurs devront se montrer conscients de l’importance de toutes les <em>wilayas</em>, même si les directives seront lancées depuis la première ville du pays. L’occasion de décongestionner le centre-ville en délocalisant certaines missions. Puis de transposer cette échelle de raisonnement à tout le pays en contrôlant plus précisément les municipalités. Un monde marqué par le flou dans le recensement des intermédiaires ainsi que par des lourdeurs administratives justifiées ou non. Une réalité développée et dénoncée par les intervenants, ainsi que l’assistance, lors d’une récente réunion parisienne, samedi 25 janvier 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des opportunités avec la diaspora</h2>



<p>Grâce à l’organisation déployée par Fouad Hammadi, Kamel Lourimi, Mokhtar Chaïbi et la collaboration de Najet-Najwa Guezzani, l’Assemblée du Peuple s’est vue représentée par le député Badreddine Gammoudi, secondé par quelques collaborateurs installés en France ou venus de Tunisie pour l’occasion. Allocutions et séance de questions/réponses autour du rôle des Tunisiens de l’étranger ont rapidement introduit des réclamations à propos des tarifs exorbitants pour les transferts d’argent, les billets vendus par l’avionneur Tunisair, la corruption nocive tant pour les immigrés que pour les résidents permanents. Une ambiance d’assemblée plénière s’y est substituée au fur et à mesure, tombant à la fin dans un capharnaüm démocratique à l’image des tâtonnements de l’espace politicien national apparu immédiatement après la fuite de Ben Ali.</p>



<p>En faisant abstraction de ce samedi parisien, on peut penser que c’est par l’entremise de ses représentants à l’étranger que le rebond est envisageable pour la Tunisie. Une éventualité forte reposant sur le triptyque suivant : des actifs tunisiens, une matière grise en mouvement, un regard pouvant passer de double à périphérique de la part des travailleurs installés en France, en Belgique, en Angleterre, en Suisse, en Allemagne, en Espagne, en Italie, au Canada, aux Etats-Unis, en Arabie Saoudite&#8230;</p>



<p>Le Tunisien standard a pour particularité un certain ethnocentrisme auquel il tient comme un banquier tient à une valeur refuge. En parallèle, il sait faire preuve de curiosité, d’ouverture en partie grâce au contact avec les touristes, à la moyenne d’instruction des citoyens, au commerce ancestral.</p>



<p>Prenons le cas d’une localité comme Kairouan. Ville historique, elle s’est spécialisée dans la confection et la vente de tapis renommés. On peut la définir comme un exemple alliant traditionalisme, conservatisme mais aussi faculté d’échange en raison du talent de ses artisans et de son emplacement à l’intérieur des terres sans non plus se situer trop vers l’ouest si souvent délaissé du territoire national, c’est-à-dire dans une position éloignée du littoral mais pas exagérément non plus.</p>



<p>Le travailleur tunisien, salarié ou auto-entrepreneur, officiant à l’extérieur des frontières reprend ces codes. D’une époque où la plupart des expatriés travaillaient dans le secteur primaire ou dans le bâtiment, nous sommes passés à un moment-clé où le Tunisien émigré peut se présenter aussi bien comme chef d’entreprise, que comme restaurateur ou comme informaticien.</p>



<p>Désormais, les natifs du Grand Tunis, celui du Kef, de Bizerte, de Sousse, de Gafsa, de Gabès ou de Ghomrassen peuvent se croiser aussi bien à la City qu’à Wall Street ou Bruxelles. Paris ou Nice n’en ont plus l’exclusivité. La raison d’un tel phénomène est à chercher auprès de l’extension des compétences comprenant le savoir en économie, en finance, en gestion de patrimoine et en high-tech. Sans compter que le flux de Tunisiens partis travailler à l’étranger comprend plus de femmes qu’auparavant.</p>



<p>Les expatriés mais aussi les descendants des premiers Tunisiens installés en Occident forment un vivier utile dont il faut sonder les avis et les aspirations afin de les coordonner avec les idées et les attentes de leurs compatriotes restés dans la mère patrie.</p>



<p>Une autre catégorie à laquelle peu de spécialistes font référence intéresserait les chercheurs, politiciens, hommes d’affaires tunisiens .Ce sont les membres de la communauté euromaghrébine qui sont de parfaits intermédiaires entre Européens de souche et populations arabo-musulmanes. Ces derniers matérialisent un moyen d’effectuer des transversalités en matière de compréhension des autres pays arabes, de leur façon de s’insérer dans l’interface méditerranéenne.</p>



<p>En rentrant encore plus dans le détail, l’observateur s’aperçoit que le Grand Maghreb revêt une importance stratégique peu exploitée commercialement entre ses membres.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un partenariat avec le Maroc</h2>



<p>Entretemps, le Maroc s’est affirmé comme la révélation arabe et africaine de cette décennie. Et ceci a fait partie des sujets de discussion lancés en cette soirée pluvieuse.</p>



<p>L’ex-Empire Chérifien est passé d’un poste émergent à une position de confirmation. Dans l’image et dans les faits. Y compris dans des domaines jugés plus légers comme le divertissement, le sport comme l’ont démontré les Lions de l’Atlas à Qatar 2022 et actuellement son équipe de football féminine.</p>



<p>Ce pays arabo-berbère dont l’étymologie-même de sa désignation le rapproche directement du Grand Maghreb a su attirer des acteurs économiques de premier plan comme le constructeur automobile Renault, et leur permettre de faire fructifier leurs affaires. La recette? Une stabilité politique, un espace de vie nettement mieux sécurisé qu’il y a une vingtaine d’années, une autocritique sereine alliée à l’objectivité et dans le même temps à la fierté nationale comme lors du dernier séisme qui secoua la patrie de Mohammed VI.</p>



<p>Ce pays placé à l’extrémité occidentale de l’aire arabophone a le point commun, avec le pays du jasmin, de se baser sur une économie non centrée sur la rente pétrolière. Sans vraiment être concurrents, Maroc et Tunisie se présenteraient davantage comme complémentaires donc comme partenaires. Des différences (l’un est gouverné selon le système d’une royauté, tandis que l’autre suit le système républicain) se voient compensés par des similitudes ou au moins intérêts communs comme l’avantage de fournir des denrées agrumicoles de qualité, de posséder des richesses halieutiques, de réserves de phosphates… Un partenariat plus poussé détient les capacités pour avantager les deux parties. Le Maroc verrait son aura internationale encore plus renforcée tout en consolidant ses bases arabes. La Tunisie aurait la possibilité de bénéficier du carnet d’adresse d’un Etat caractérisé par une ouverture atlantique non négligeable, à tel point que le groupe danois de transport maritime Maersk a décidé de faire de Tanger Med son étape principale, au lieu du port espagnol d’Algesiras, pour ses itinéraires entre Moyen-Orient et Etats-Unis.</p>



<p>Malchance peut rimer avec chance. Espérance rime avec persévérance. C’est ce que se doit de penser le Palais de Carthage en misant sur les avis experts des compatriotes installés à l’étranger. Kaïs Saied doit les prendre en compte en tant que conseillers et non simplement comme des contestataires vivant seulement pour la critique.</p>



<p>En 2022, le Palais de Carthage a eu la mésaventure de découvrir que le déficit commercial s’était élevé à 58%. En 2023, le taux de couverture des importations par les exportations a progressé de 7,9%, permettant au déficit de reculer à 32,4%. Mais nous nous plaçons ici dans l’ambivalence. Ces signes de reprise restent timides ou ciblés, obligeant le PIB à subir une contraction de 1,5%. Quelques consolations sont arrivées, avec une reprise de la fréquentation touristique dont le danger serait de faire croire que parier sur l’extérieur serait seulement parier sur les visiteurs étrangers. Alors qu’une diaspora de plus en plus titrée et influente se tient à l’écoute.&nbsp; Après les appels à la formation et à la prise en compte de la high-tech lancés par l’Atuge avant Noël, cette fois-ci ce fut le mot <em>«rassemblement»</em> qui a été scandé plusieurs fois par le député Badreddine Gammoudi et ses compagnons d’un soir.</p>



<p>L’ordre du jour s’apparente à une longue liste de perfectionnements ou de consolidations à souhaiter. En dehors des vigilances classiques prônées par les économistes, la Tunisie doit se concentrer sur les observations de sa diaspora, et tenter d’innover en développant une passerelle sous la forme d’une économie de niche, où le recours régulier à l’économétrie anticiperait mieux une demande coudée et ses conséquences .Tout en se renforçant diplomatiquement autour de cette nouvelle configuration qu’est la stratification sociale globalisée.</p>



<p>* <em>Universitaire.</em></p>
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		<title>Les élections et après : Ennahdha a tranché, Vox Populi, vox Dei&#8230;</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 20 Oct 2019 12:31:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au terme des dernières élections législatives et présidentielles, le mouvement islamiste Ennahdha pourrait rafler tous les pouvoirs. Pendant ce temps, les perdants, qui pataugent, auront beaucoup de peine à former une force d’opposition. Bonjour la tyrannie. Par Yassine Essid En mai 2002, Jacques Chirac avait remporté l’élection présidentielle en défaisant Jean-Marie Le Pen du Front...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/10/20/les-elections-et-apres-ennahdha-a-tranche-vox-populi-vox-dei/">Les élections et après : Ennahdha a tranché, Vox Populi, vox Dei&#8230;</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Kais-Saied-Rached-Ghannouchi.jpg" alt="" class="wp-image-248556"/></figure>



<p><strong><em> Au terme des dernières élections législatives et présidentielles, le mouvement islamiste Ennahdha pourrait rafler tous les pouvoirs. Pendant ce temps, les perdants, qui pataugent, auront beaucoup de peine à former une force d’opposition. Bonjour la tyrannie. </em></strong></p>



<p> Par <strong>Yassine Essid</strong></p>



<span id="more-248555"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/10/Yassine-Essid.jpg" alt="" class="wp-image-118739"/></figure></div>



<p> En mai 2002, Jacques Chirac avait  remporté l’élection présidentielle en défaisant Jean-Marie Le Pen du Front national au second tour par  (82,1%)  de voix contre (17,9%) pour son adversaire. Un taux <em>«à la Saddam»</em>, comme on l’avait qualifié à l’époque.  L’ancien président français avait alors bénéficié des voix de tous les partis politiques, y compris ceux de la gauche qui avait opté pour un ralliement contre-nature dans la mesure où le candidat de la droite libérale incarnait malgré tout à ses yeux la protection de la démocratie et des valeurs républicaines contre l’extrémisme fascisant du candidat Le Pen. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> L’«ange» Saïed contre le «diable» Karoui</h3>



<p> Le parallèle avec l’écrasante victoire du candidat indépendant Kaïs Saïed par 72,71 % de voix,  contre 27% pour Nabil Karoui, du parti Qalb Tounes, au second tour de la présidentielle tunisienne, dimanche dernier, 13 octobre 2019, ne manque pas de se poser. Entre le profil douteux d’un ex-détenu et celui non moins incertain d’un autiste, la question du choix ne se posait même pas. Mais pour contrer ce  diable malfaisant de Karoui, fallait-il que l’ange Saïed  soit à même de l’emporter par un résultat irréfutable. Sa victoire fut alors jugée écrasante et qualifiée d’irrésistible déferlante. Cette vague inédite de<em> «dégagisme»</em> par les urnes, qui avait déjà profondément affecté les partis traditionnels aux législatives, s’était communiquée inexorablement à la présidentielle.</p>



<p> Le succès du «professeur» avait donné lieu à une liesse populaire disproportionnée car totalement manipulée par les artisans et les bénéficiaires de cette victoire qu’ils mettront sûrement et rapidement à profit. Le problème  demeure que Saïed n’est pas Chirac et un tel engouement en faveur d’un automate sans relief, sans faits d’armes glorieux, sans appartenance idéologique, qui n’a ni vision socio-économique, ni propositions alternatives pour concrétiser les priorités qu’attend un pays à l’avenir plus qu’incertain, mettent en question la question du respect des critères de la démocratie au cours de la campagne présidentielle. </p>



<p> L’arrestation de Karoui comme sa libération, survenue à point nommé, décidée la veille du scrutin pour ne pas entacher celui-ci d’irrégularité, démontre qu’il y aurait là une ambiguïté de plus entre la vie politique et la réaction judiciaire, et révèle surtout l’existence d’un Etat dans l’Etat, ou plutôt un autre Etat que l’Etat. </p>



<p> De plus, la communication extravertie de Karoui n’a pas joué en sa faveur et avait même fini par irriter son propre camp. Le mot de l’énigme est en fait dans la forte mobilisation des islamistes et leurs hackers (les internautes en savent quelque chose), et le large soutien financier d’Ennahdha, majoritaire aux législatives, et qui n’aura pas à s’embarrasser de négocier une coalition gouvernementale avec d’autres partis islamo-compatibles. Le mouvement islamiste raflera ainsi tous les pouvoirs. Pendant ce temps, les perdants, qui pataugent, auront beaucoup de peine à former une force d’opposition. Bonjour la tyrannie. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Qui se nourrit de sornettes risque de mourir de faim</h3>



<p> Déclaré officiellement président de la république, la seule chose qu’on a retenu des priorités du nouveau chef de l’Etat est sa déclaration, inutile et nulle, que nous sommes désormais un pays en guerre contre le sionisme et Israël. Comme disait Staline,<em> «combien de divisions»</em>? En attendant la mobilisation générale, les lobbys juifs d’Occident apprécieront. Cette idée farfelue, exprimée dans un pays qui peine à libérer certains de ses quartiers urbains des délinquants et des extrémistes musulmans, est de l’ordre de la démagogie. Le projet de libération de la Palestine repose depuis 60 ans dans le coin de la désillusion de tous les  régimes arabes. Qui se nourrit de sornettes risque de mourir de faim. Et pour donner à manger aux Tunisiens, l’automate de Carthage devrait plutôt retourner consulter attentivement ses fiches jaunies d’enseignant à la retraite. Il y trouverait peut-être le moyen de trouver les quatre milliards de dollars nécessaires pour couvrir le déficit du prochain budget. </p>



<p> Depuis l’intrusion du marketing en politique, une campagne pour l’élection présidentielle se construit, au-delà de la personnalité du candidat, de ses engagements et combats politiques passées, autour de l’identité du  parti auquel il appartient : de gauche, de droite, ou du centre.  Ses  objectifs concrets traduisent le dévouement à une cause, véhiculent des valeurs morales ou sociales : démocratie, liberté, justice, dignité, et avenir radieux. Bref, une terminologie largement usitée parce que profondément vagues et qui commence d’ailleurs à souffrir partout d’une certaine réticence. </p>



<p> De plus en plus, un candidat, aujourd’hui en campagne, est appelé à  discuter et à  argumenter. Il s’appuiera sur les  bilans de ses prédécesseurs pour mettre en valeur le sien, exposera des projets d’action pour améliorer davantage la qualité de vie  de ses concitoyens ou pour dégager le pays d’une conjoncture défavorable. Dans ce système sémiotique, ce sont les thématiques les plus tangibles, inspirées par  le blocage de la croissance dont les conséquences sociales dramatiques (pauvreté, inégalité, précarité  et chômage) qui se sont aggravées durant les dernières années qui doivent guider ses premiers pas dans la fonction et alimenter ses discours, sans parler d’une approche claire des relations internationales. Ses proclamations belliqueuses et son intention d’inaugurer son mandat par une visite en Algérie, un régime encore instable car confronté à de massives et régulières protestations des Algériens, en disent long sur l’amateurisme de la diplomatie à la Saïed.</p>



<p> Généralement les candidats à une élection présidentielle fleurissent à l’ombre des partis. Il arrive cependant qu’un candidat en campagne fasse cavalier seul, se prétend indépendant, dégagé de toute tutelle, indifférent de savoir comment et par quel miracle il a réussi à accéder au second tour sans autres moyens que son visage maussade, sa démarche assurée d’un maréchal des logis et son mutisme absurde : une réaction de défense qui couvre en fait un effondrement de la pensée. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un automate emporté par la mystique des masses inconscientes</h3>



<p> Le nouveau président, qui affirme n’avoir jamais rien demandé à personne, s’est pourtant réjoui du spectacle merveilleux des va-nu-pieds, des électeurs soudoyés, de la renaissance des  comités populaires, des comités de la révolution et autres milices de quartiers qui le connaissent à peine mais battent les tambours, crient son nom à tue-tête et scandent le slogan <em>«Le Peuple veut !»</em>, point de départ d’un nouveau processus révolutionnaire au long cours.</p>



<p> Devant un tel enthousiasme à l’endroit de sa personne, il a fini par décontracter son visage renfrogné, éprouver une émotion de joie car emporté par la mystique des masses inconscientes et manipulées qui se chargeront  de l’encadrement collectif du moment qu’il a pris soin de leur confier le droit d’envisager à leur façon les contours  de la société tunisienne future. </p>



<p><em> «Le peuple veut !»</em> Il  appartiendra donc au prochain gouvernement de défendre le point de vue du peuple, d’appliquer sa politique  afin de réaliser une pleine démocratie. La souveraineté populaire était ainsi réduite à ces instants de liesses savamment organisées et adroitement orchestrées. Une mise en scène de l’unanimité et de l’accord parfait, exaltant l’adhésion sans limite du peuple envers son bienfaiteur. </p>



<p> En réalité, l’appel à la volonté du peuple n’est qu’une sinistre machination artistement combinée par Ennahdha pour entraîner à sa perte son «oiseau rare» en donnant à sa victoire une forme de plébiscite. A priori, il n’y a rien dans la doctrine islamiste qui ressemble à une identité  de vue avec le programme politique de Saïed puisqu’il n’en a pas. L’appui d’Ennahdha ne serait en fait qu’une avance sur salaire. De son côté, Saïed ne fait que ressusciter l’engagement du vassal qui scelle sa parole et sa foi, son lien de subordination personnel vis-à-vis d’un seigneur qu’il ne saurait trahir sans félonie.</p>



<p> Outrepassant tout anachronisme, le peuple, troupeau docile, manipulable et infantilisé est de retour. On le veut soumis au paternalisme bienveillant de son pasteur. Or cette fois la figure du leader politique n’a rien de charismatique. Mais l’histoire des vicissitudes du peuple tunisien est constamment relayée par l’imposture. Cette élection en est une autre et n’a rien d’une communion entre un peuple et son chef, mais celle d’un peuple qui entend cumuler à lui seul le titre de décideur, ranimer toutes sortes de revendications qui s’exprimeront sur le mode tribal, régional ou confessionnel, exacerbant d’anciens cadres de solidarités qui n’avaient plus lieu d’être.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Des groupes bigarrés générateurs de tensions et de dissolution sociale </h3>



<p> Chaque groupement représente une tendance, une sensibilité, une mouvance particulière; chaque groupe est mu par des intérêts spécifiques interdisant toute reconstitution homogène du corps politique nécessaire à tout Etat moderne. La nouvelle composition de l’Assemblée révèle déjà la représentativité de cette toile humaine hétéroclite et de ces groupes bigarrés générateurs de tensions faisant apparaître le spectre de la dissolution sociale qui va dans le sens du projet à la fois hégémonique et rassembleur des islamistes. </p>



<p> Mais Saïed ou autre, pour pouvoir redistribuer il faut produire des richesses, et les chants des manifestants en liesse le soir de sa victoire n’étaient pas un hymne au travail. Loin s’en faut.</p>



<p> Par ailleurs, la jeunesse, qui s’estime autonome et souveraine grâce aux réseaux sociaux, a cessé depuis longtemps de se reconnaître en ceux qui nous gouvernent. Elle est réfractaire à leur discours, aussi lénifiant soit-il, car impatiente et uniquement en attente de résultats tangibles. </p>



<p> Le peuple, principalement les pauvres et les membres de la classe moyenne en décrochage continu, si peu fiable, veut et doit être envisagé désormais comme un assemblage d’individus qui échappent de plus en plus aux partis car ils n’y voient aucune utilité pour se dévouer à la cause qu’ils défendent, si tant est qu’elle exista. Ils adhèrent de moins en moins aux institutions dites représentatives : syndicats, unions et corporations ou organisations de sociétés civiles. Les organes de médiation entre le gouvernement et le public sont dévalorisés et déconsidérées. Ceux qui seront appelés à diriger le pays et représenter le peuple se doivent d’être en cohérence avec le changement qui s’est opéré dans la société. Qu’ils soient dotés d’une grande aptitude à percevoir les aspirations profondes notamment d’une jeunesse en complète disjonction avec l’univers mental et le système de croyance des régimes façonnés par l’Etat et les partis, fussent-ils d’obédience islamiste. </p>



<p> Enfin, le temps est désormais à l’efficacité et à l’anticipation afin d’éviter la menace d’un émiettement immaîtrisable qui susciterait l&rsquo;ambition de réinventer une souveraineté aussi indivisible qu’absolue.  Kaïs Saïed ou Rached Ghannouchi ? </p>
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		<title>Tunisie : Faillite d’une classe politique enfermée dans ses fausses certitudes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 28 Sep 2019 10:42:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[dégagisme]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[système]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a peu d’espoir, aujourd’hui, en Tunisie, que la sphère politique rompe avec les démons hérités du passé : conquête et conservation du pouvoir par l’entremise de combinaisons, d’arrangements et d’accommodements refaisant jouer à plein les mécanismes d’allégeance rétribuée permettant de prévenir de possibles conflits de loyauté. Ce qui élimine toute possibilité de changement...</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Tataouine-crise-sociale.jpg" alt="" class="wp-image-93701"/><figcaption><em>Après les émeutes, la colère populaire s&rsquo;exprime par les urnes à travers une forme de  «dégagisme total».  </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Il y a peu d’espoir, aujourd’hui, en Tunisie, que la sphère politique rompe avec les démons hérités du passé : conquête et conservation du pouvoir par l’entremise de combinaisons, d’arrangements et d’accommodements refaisant jouer à plein les mécanismes d’allégeance rétribuée permettant de prévenir de possibles conflits de loyauté. Ce qui élimine toute possibilité de changement et aggrave le fossé entre élites dominantes et peuple réel.</em></strong></p>



<p> Par<strong> Hédi Sraieb</strong> *</p>



<span id="more-243502"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Hedi-Sraieb.jpg" alt="" class="wp-image-204341"/></figure></div>



<p> Avant de nous engager plus avant, il convient de rappeler que la mission première de la politique c’est de travailler et d’agir pour<em> «le plus grand bonheur du plus grand nombre».</em> </p>



<p>Cette phrase de Jeremy Bentham (1748-1832) date des toutes premières années de la révolution industrielle. Elle n’a jamais été autant d’actualité même si l’on veut y substituer certains termes par d’autres plus précis. <em>«Mieux être»</em> pourrait,  peut-être, mieux convenir que le <em>«plus grand bonheur» </em>trop abstrait ! Trop de nos politiciens, embourbés dans des considérations tacticiennes et court-termistes, en ont oublié le fondement même de leur action.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Tous emportés par cette nouvelle vague de «dégagisme»</h3>



<p> Quoi qu’il en soit, la quasi-totalité des élites politiques, ou supposées telles, ont cru pouvoir s’affranchir de cette exigence incontournable ! Les formations politiques ayant été au pouvoir durant les neuf années écoulées, mais aussi celles de l’opposition parlementaire ont toutes fait les frais de l’oubli de cette condition première de l’exercice du pouvoir.</p>



<p> Les premiers pour n’avoir pas été capables de juguler la crise sociale, les seconds pour avoir été incapables de proposer une alternative crédible. Tous, certes à des degrés divers, ont été emportés par cette nouvelle vague de <em>«dégagisme»</em>! Toute la sphère politique institutionnelle, que d’aucuns appellent <em>«système»</em> ou <em>«establishment»</em>, est victime de ce vote sanction dévastateur. </p>



<p> Dit autrement, ces élections témoignent, à leur manière, d’une puissante <em>«crise de légitimité»</em> !</p>



<p> Pour l’heure, le maître mot est celui d’indépendance ! Candidats indépendants comme listes indépendantes. La défiance de nos concitoyens a atteint un degré tel de ressentiment teintée d’hostilité, que seuls les prétendants au pouvoir se réclamant d’un total affranchissement de la dite classe politique ont une petite chance de recueillir l’assentiment d’un électorat décontenancé et exaspéré. </p>



<p> Il va sans dire que rien n’est joué d’avance ! Les perdants ont d’autant moins dit leur dernier mot, qu’une résurrection sous une forme inédite est toujours possible. On ne meurt jamais en politique, dit l’adage. Alors patientons encore quelques semaines.</p>



<p> Reste que <em>«la crise de légitimité»</em> n’est ni superficielle ni passagère. Il s’agit donc d’une crise de l’exercice du pouvoir dans toutes ses acceptions. En d’autres termes, une véritable crise de l’autorité de l’Etat et dont les manifestations sont bien trop nombreuses pour être détaillées ici.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une classe politique incapable de penser l’avenir autrement que sous la forme du consensus </h3>



<p> Faisons une hypothèse. Tout se passe comme si les attentes de <em>«travail, liberté, dignité nationale»</em>, triptyque exprimé tout au long de la période insurrectionnelle, avaient été perçues comme illusoires et utopiques ! Car à l’évidence et en effet, rien ne prédisposait cette classe politique à relever un tel défi ! Son éloignement des méandres du pouvoir, son enfermement dans des jeux politiciens, son incapacité à penser l’avenir autrement que sous la forme du consensus, ont empêché cette classe politique d’imaginer un autre destin pour le pays. </p>



<p> Une telle hypothèse se vérifie à en juger par la manière dont les formations politiques et leurs figures les plus en vue, ont abordé la question de l’Etat et de la gouvernabilité. Tous ont jugé bon de <em>«gérer»</em> l’Etat du mieux possible, bien sûr, plutôt que de le<em> «transformer»</em>. Ce faisant, ils ont ignoré ou feint d’ignorer la profondeur de la crise globale multidimensionnelle que connaissait le pays depuis de nombreuses années : une société véritablement à deux vitesses ! </p>



<p>D’un côté des couches supérieures et moyennes éduquées et bien formées pouvant faire face à toute forme d’adversité du fait de leur capital culturel et relationnel. De l’autre des couches sociales moyennes en voie de déclassement rapide, véritablement désarmée, en butte à la cherté croissante de la vie et à la dégradation continue des services publics. Sans oublier aussi les couches sociales inférieures vivant dans une précarité toujours plus grande aux limites de l’extrême pauvreté.</p>



<p> Tous les politiques de cette période ont refoulé les demandes de <em>«mieux être»</em>, certes différenciées, croyant fermement qu’une meilleure conduite de l’Etat pouvait résoudre les difficultés et déboucher sur un apaisement. Pour preuve de la véracité de cette hypothèse, ce sont effectivement tous les <em>«laissés-pour-compte»</em>, (c’est-à-dire tous ceux marginalisés auxquels les politiques ne prêtent aucune attention) qui ont mis en tête du scrutin présidentiel deux figures extérieures au sérail. </p>



<p> Cet électorat composite de déclassés (Bourdieu) a donc choisi pour le second tour de la présidentielle celui qui affirmait mettre la lutte contre la pauvreté en tête de ses priorités (Nabil Karoui, Ndlr) ou bien encore celui qui affirmait vouloir redonner la parole au peuple, en l’occurrence aux exclus (Kais Saïd, Ndlr).</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Vers une nouvelle séquence d’instabilité avec son cortège de turbulences</h3>



<p> La profonde crise de légitimité, que certains illustrent par le délitement de l’Etat ou par la déliquescence de son fonctionnement, ne risque pas de se résorber de sitôt. Quelle que soit l’issue des deux prochains scrutins, il y a fort à parier que le pays va connaître une nouvelle séquence d’instabilité avec son cortège d’indéterminations, et de turbulences…</p>



<p> Mais alors pourquoi cette classe politique a-t-elle failli ? Une question lancinante mais complexe que tout un chacun se pose et à laquelle il faudra bien répondre ! On ne peut ici d’esquisser que quelques traits saillants qui renvoient à l’histoire des pratiques politiques en Tunisie. </p>



<p> Le phénomène ancien de dépolitisation générale de la société a régénéré un discours politique aseptisé et techniciste duquel disparaît tout clivage, toute antinomie. La quasi-totalité des formations politiques se réclament du <em>«Centre»</em> censé représenter l’essentiel des forces vives du pays et par là l’unité du pays. Les notions de droite et de gauche sont le plus souvent évacuées ou n’ont aucune consistance réelle, pas plus que celles de majorité et d’opposition notamment et s’agissant des grandes orientations en matière économique et sociale. </p>



<p> De fait règne en maître une sorte de pensée unique dont on ne peut se défaire en particulier à la lecture des programmes comme à l’écoute des discours politiques. Il n’y a le plus souvent pas plus de l’épaisseur d’une feuille de papier qui distingue les dits programmes. Une pensée unique et dominante qui cherche de surcroît son inspiration dans le néo-libéralisme mondialiste. </p>



<p>Tous et à quelques exceptions près, inaudibles de surcroît, disent la même chose : la Tunisie doit devenir une large plateforme marchande, tantôt dans une version Dubaï tant dans celle de Singapour quand ce n’est pas le hub d’intermédiation entre le Nord et l’Afrique subsaharienne ! De quoi bondir de joie et devenir euphorique, s’imaginent sans doute ces responsables politiques, évacuant du même coup la question décisive : pour qui ? Une réponse intuitée laisse pantois plus d’un de nos concitoyens !</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un divorce de fait entre les élites dominantes et le peuple réel</h3>



<p> Pas étonnant alors que les différentes franges de la population finissent par conclure que d’une part les différentes formations disent la même chose et que d’autre part elles ne répondent pas aux vrais problèmes auxquels est confronté le pays et singulièrement à ceux des exclus du modèle inclusif. D’où ce divorce entre les dites élites dominantes et le peuple réel.</p>



<p> Apolitisme et indépendance tendent à devenir les seuls critères éligibles à la façon d’exprimer l’alternative politique et du même coup permettre de renouer les liens dissolus entre gouvernés et gouvernants ! Il n’en est rien !</p>



<p> Très vite et à l’usage ces prétendus apolitiques et indépendants vont se révéler pour ce qu’ils sont vraiment : d’authentiques politiques (pour ne pas dire politiciens) dans leur conduite comme dans leur choix et au final très similaires à ceux qu’ils accusent de tous les maux, la démagogie en plus !</p>



<p> Il y a donc peu d’espoir que la sphère politique rompe avec les démons hérités du passé récent: conquête et conservation du pouvoir par l’entremise de combinaisons, d’arrangements et d’accommodements refaisant jouer à plein les mécanismes d’allégeance rétribuée (cooptation) permettant de prévenir de possibles conflits de loyauté. Une logique de gouvernabilité capricieuse et instable, exposée aux humeurs opportunistes, velléitaires et versatiles…</p>



<p> En un mot tout ce que nous avons vécu durant près de dix ans, pourrait bien être reconduit, certes sous une forme renouvelée, mais toujours sans perspective d’un devenir meilleur !</p>



<p><em>* Docteur d’Etat en économie du développement. </em></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></strong></h3>



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		<title>In memoriam : Ben Ali ou la grandeur et la décadence d’un chef d’Etat mal-aimé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 20 Sep 2019 11:10:01 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Mohamed Bouazizi]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution du jasmin]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le décès hier, jeudi 19 septembre 2019, de Zine El Abidine Ben Ali, l’ancien président tunisien en exil depuis la Révolution du Jasmin, renvoie à de multiples palabres. Entre constatations et nostalgie. Le moment d’une vraie table-ronde est-il arrivé pour les acteurs de la vie politique tunisienne? Par Jean-Guillaume Lozato * Ben Ali a déplu....</p>
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<figure class="wp-block-image"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Regne-de-Ben-Ali.jpg" alt="" class="wp-image-241336"/><figcaption><em>Le parcours de Ben Ali en 4 images.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Le décès hier, jeudi 19 septembre 2019, de Zine El Abidine Ben Ali, l’ancien président tunisien en exil depuis la Révolution du Jasmin, renvoie à de multiples palabres. Entre constatations et nostalgie. Le moment d’une vraie table-ronde est-il arrivé pour les acteurs de la vie politique tunisienne?</em></strong></p>



<p> Par <strong>Jean-Guillaume Lozato</strong> *</p>



<span id="more-241335"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/09/Jean-Guillaume-Lozato-1.jpg" alt="" class="wp-image-241349"/></figure></div>



<p> Ben Ali a déplu. Ben Ali n’est plus. Un constat qui devrait ravir le peuple tunisien dans son ensemble au vu des circonstances belliqueuses de son départ forcé en janvier 2011. Ce serait trop simple. La politique est une circonvolution. Dans la plupart des Etats le nombre d’IEP et par voie de conséquence le nombre d’étudiant en sciences politiques démontrent l’importance cruciale de surveiller l’opinion publique comme le lait sur le feu.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un bilan mitigé mais…</h3>



<p> Feu Zine El Abidine Ben Ali a eu l’avantage de récupérer un pays engagé sur la voie du bourguibisme. Un concours de circonstances et une santé défaillante de son prédécesseur le conduisant au fauteuil bien confortable de premier dirigeant d’une nation apparaissant à l’époque (1987) comme bien engagée sur la voie du progrès.</p>



<p> Ce progrès, le militaire de formation a eu le génie de l’allier à la sécurité alors que le spectre du terrorisme à caractère islamiste pointait depuis l’Algérie toute proche lors de la <em>«décennie noire»</em>. Tout en ouvrant de plus en plus le marché tunisien aux doctrines libéralistes. Jusqu’à renforcer l’appareil boursier.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un dogme militaro-capitaliste.</h3>



<p> C’est à la façon d’un Berlusconi que le militaire de carrière a troqué l’uniforme pour le costume présidentiel, posant tel un chef d’entreprise sur les innombrables campagnes d’affichage à son effigie. Une posture, une gestuelle, un regard déterminé, un sourire commercial. Une allure d’homme d’affaires qui a permis de conquérir un électorat avide de pouvoir d’achat. Une classe moyenne choyée par le parti présidentiel, le Rassemblement constitutionnel (RCD) tout en s’enrichissant soi-même. Voilà le tour de force de Ben Ali. Séduire et intimider.</p>



<p> Naturellement tout système recèle un point faible et est soumis à des aléas. Lorsque des difficultés ont commencé à apparaître à mi-parcours, l’erreur de l’ex-dictateur a été de sous-estimer ses conseillers et à ne pas tenir compte de certains prévisionnistes. Les canaux du <em>«benalisme»</em> ont commencé à se trouver soumis à des remous par l’intermédiaire d’entités distinctes et au départ sans connections les unes avec les autres. Par exemple les chefs d’entreprises locaux las de devoir payer des pots-de-vin; les commerçants tributaires de règles horaires trop strictes dans certains gouvernorats; les étudiants devant composer avec le poids idéologique des instances gouvernementales. Puis vinrent les intellectuels de divers bords, les artistes, les paysans délaissés dans certaines zones estimées comme non prioritaires, les ouvriers au fur et à mesure de l’abaissement du niveau de vie à partir de 2009/2010. Enfin, un autre élément s’est invité à cet amoncellement: l’interprétation du fait religieux.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Quand politique et religion ne font pas bon ménage</h3>



<p> Combattre le fondamentalisme terreau fertile de tous les extrêmes est un service rendu aux croyants très pieux, comme aux laïcs, comme aux athées. Le problème est que le gouvernement tunisien des années 1987-2011 l’a fait presque uniquement par la force et non par la pédagogie. Reléguant du même coup tout fervent croyant musulman au rang de suspect.</p>



<p> Oui la religion est d’abord une affaire privée avant d’être une affaire d’Etat. Même l’Occident avait eu à gérer ce problème avec le catholicisme. Il ne s’agit pas d’un apanage exclusivement arabo-musulman. Contraindre des islamistes à l’exil a contribué à ensevelir Ben Ali, petit à petit. La conséquence de cela a été qu’au lendemain du départ de ce dernier les salafistes ont semé le doute dans la société tunisienne pourtant jusque là caractérisée par la tolérance et dans certains cas une profonde laïcité. </p>



<p> Ben Ali aurait-il voulu trop plaire aux Occidentaux? Il y a de fortes chances. C’est à partir du milieu des années 2000 que la présence montante du voile sur la tête des femmes tunisiennes aurait du pousser à la réflexion un ancien chef d’Etat qui lui ne se voilait pas la tête mais la face en négligeant les convictions d’appartenance à la communauté musulmane du peuple dont il avait la charge. Avec de surcroît un élément de communication incompatible : la présence de son épouse Leila Trabelsi.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Les Trabelsi, un facteur déclenchant</h3>



<p> L’ex-première dame avait pour faculté de rassembler toutes les hostilités eu égard à son image de parvenue. Le tout renforcé par les frasques des membres de sa famille, d’énormes malversations financières ainsi qu’une réputation peu crédible. Cette erreur de recrutement conjugal aura été fatale au haut dirigeant. De plus c’est une femme agent municipal qui a été, à son insu, la cause de l’immolation par le feu de Mohamed Bouazizi, étincelle du Printemps Arabe. Un épisode qui a fait éclater toutes les rancœurs. Sans Leila Trabelsi, le clan Ben Ali serait peut-être encore aux commandes de la nation tunisienne à l’heure actuelle…</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une Tunisie en friche</h3>



<p> Le paysage tunisien actuel se retrouve extrêmement mosaïqué. L’électorat national a pris l’habitude du dégagisme. Une méthode qui a ressemblé à un tirage au sort au vu des dernières élections présidentielles ayant conduit à un duel final entre Kaïs Saïed et Nabil Karoui, deux extra-terrestres. L’un tout en froide retenue, l’autre tout en expression. Un déséquilibre symptomatique du yo-yo de l’opinion publique tunisienne qui n’est désormais que tunisoise. Avec à la clé une crise de représentativité et un vote impacté par le morcellement  régional.</p>



<p> La situation est des plus urgentes pour ce pays arabe ni pétrolier ni marqué par une grande superficie territoriale. </p>



<p> Pauvre Tunisie, coincée entre deux voisins géants disposant d’hydrocarbures et le regard rempli d’incertitudes tournée vers une Europe lui donnant des conseils le plus souvent remplis d’ infantilisations primaires.</p>



<p> Pauvre Tunisie qui a voulu ouvrir la voie de la démocratie mais qui ne voit qu’un chemin bordé de brouillard. </p>



<p> Pauvre Tunisie qui en est réduite à subir de véritables mascarades pour ses élections (la présence d’Abir Moussi entre autres…).</p>



<p> La première issue de secours devra être la reprise économique et par là la reprise du tourisme de masse en nommant les responsables adéquats sous peine d’accroissement de fuite des matières grises. La Tunisie devra aussi établir des sortes de tables rondes avec des personnalités autochtones qui résident sur le territoire et à l’étranger afin de dresser un état des lieux en variant les points de vue sans se soumettre à la flagornerie d’intervenants étrangers soucieux des intérêts de leurs investisseurs. C’est ce qui avait perdu Ben Ali. Des observateurs ou analystes tels que l’historien militaire Fayçal Cherif ou l’universitaire spécialiste en communication des médias Slaheddine Oueslati (qui avait prédit le renversement de Ben Ali mais que peu de gens avaient bien voulu écouter hélas) auraient tout à fait le profil. </p>



<p> Pour finir tout un symbole: il y a quelques semaines est décédé le député partisan de la laïcité Naceur Brahmi, lui-même cousin de Mohamed Brahmi, assassiné il y a quelques années. Preuve en est que la situation est urgente avec la disparition progressive des différents acteurs de la Révolution alors que la Tunisie n’est toujours pas sortie de l’impasse.</p>



<p><em>* Enseignant en langue et civilisation italiennes auprès de l’ENSG et de l’UPEMLV, auteur de recherches universitaires sur le football italien comme phénomène de société.</em></p>



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