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	<title>Archives des Forough Farrokhzad - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Forough Farrokhzad - Kapitalis</title>
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		<title>Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 May 2025 07:24:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment le traducteur et éditeur iranien Jalaal Alavinia a fait découvrir la poésie contemporaine iranienne dans un pays comme la France. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/">Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Faire découvrir la poésie contemporaine iranienne dans un pays comme la France — terre d’une des plus grandes traditions littéraires — relève d’un véritable défi. Pourtant, Jalaal Alavinia, traducteur et éditeur iranien de 79 ans, installé à Paris, s’y consacre depuis plus de vingt ans avec passion et détermination. En traduisant des figures majeures telles que Forough Farrokhzad, Ahmad Shamlou ou Sohrab Sepehri, il a ouvert aux lecteurs francophones une fenêtre sur une poésie riche, moderne et souvent méconnue. Pour lui, la culture n’est pas seulement un pont entre les peuples : elle est aussi, peut-être, le levier le plus puissant pour sortir l’Iran de ses impasses politiques. Cette conversation revient sur son parcours, ses choix éditoriaux et sa vision du rôle crucial de la culture dans l’avenir de l’Iran.</em></strong></p>



<p>Propos recueillis par <strong>Mostafa Khalaji</strong></p>



<span id="more-16598927"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p><strong><em>Kapitalis&nbsp;: Vous avez traduit en français les œuvres de grandes figures de la poésie persane contemporaine telles que Forough Farrokhzad, Ahmad Shamlou, Sohrab Sepehri, Akhavan Sâlès, Shafi’î Kadkani, Simin Behbahani. Qu&rsquo;est-ce qui vous a guidé dans le choix de ces poètes?</em></strong></p>



<p><strong>Jalaal Alavinia&nbsp;:</strong> Tout d’abord la nécessité de faire connaître les œuvres de ces grandes figures de la poésie iranienne moderne au public francophone. Seuls quelques poèmes de deux ou trois de ces poètes avaient été traduits avant l’année 2004 quand j’ai commencé mon activité éditoriale à Paris. Pourtant ce sont des immenses poètes dont la poésie est d’une grande qualité thématique et linguistique.</p>



<p>Ensuite le souhait d’accorder la priorité à la poésie des femmes, car elles ont opéré une révolution au niveau du contenu de la poésie en renversant la relation homme-femme.</p>



<p>La femme réelle qui était la bien-aimée imaginaire, invisible, non-existante et passive, objet de l’adoration rhétorique, est devenue dans la poésie des poétesses contemporaines le sujet transformant l’homme en son bien-aimé, et la conquérante des domaines thématiques monopolisés par les hommes comme amour, sexualité, politique, philosophie et les questions sociétales. Elles ont aussi démontré leur capacité de manier la langue et d’écrire des poèmes aussi sophistiqués, élaborés et artistiques que les hommes. Encore elles ont réussi à introduire, depuis le XIX<sup>e</sup> siècle, une vision du monde moderne dans la poésie persane et se dissocier de la civilisation visionnaire de l’ancien monde.</p>



<p>La poésie des hommes aussi a subi une transformation fondamentale, car la poésie classique était essentiellement mystique, mais celle des poètes modernes est devenue très sociale, poltique et même teintée des idéologies contemporaines et a traité les thèmes de la liberté, de la patrie, de l’amour charnel, etc.</p>



<p>Je considérais qu’il fallait montrer aux yeux du monde occidental cette modernité de la poésie persane, où plus exactement iranienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zQwudCUIHb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exil douloureux de la littérature persane » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/embed/#?secret=4bU1bjkP2o#?secret=zQwudCUIHb" data-secret="zQwudCUIHb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong><em>Traduire la poésie est sans doute l’un des exercices les plus complexes. Quelles sont, selon vous, les principales difficultés spécifiques à la traduction de la poésie persane vers le français ? Et comment peut-on préserver «l’âme de la langue» dans la traduction de la poésie?</em></strong></p>



<p>À mon avis, il n’y a pas de difficulté majeure à la traduction vers le persan, car cette poésie contemporaine a été très influencée, au niveau du contenu général et de la forme par la poésie européenne. Elle s’est libérée aussi des <em>«carcans»</em> des règles de la versification classique, et s’est donné beaucoup de liberté pour s’exprimer. Si le traducteur n’insiste pas à reproduire la musique originale de la poésie persane, classique ou moderne, et s’il arrive à chercher plutôt l’équivalent exacte de diverses expressions, sa version française produira toute seule une musique propre à la langue française. Pour préserver <em>«l’âme de la langue»</em>, une traduction fidèle et exacte, ou de sens, donner des ailes à <em>«l’âme de la langue»</em>, à l’instar de la traduction de Hafez par Charles Henri de Fouchécour. Des tentatives de traduire librement et plutôt de créer une poésie propre à la langue de la traduction en se servant des thèmes de la langue originale pourront aussi transmettre l’âme de la langue, comme l’expérience très réussi de Edward Fitzgerald.</p>



<p><strong><em>Vous avez également traduit des auteurs classiques comme Sa’adi, Attar, Hallâj. En quoi l’approche de ces textes diffère-t-elle de celle des poètes modernes?</em></strong></p>



<p>Ma principale motivation a été de faire connaître la poésie inédite de ces poètes, surtout leurs poèmes d’amour (<em>ghazals</em>) et leurs quatrains. Car malheureusement ce genre de poème n’a pas été traduit en français pour des raisons étonnantes. Manque d’intérêt des spécialistes français&nbsp;?</p>



<p>N’ayant pas une formation académique et la maitrise suffisante de la langue pour produire une forme classique, je me suis contenté d’une traduction en langue moderne de cette poésie, de rester fidèle au sens et de préserver un minimum de la musique originale. Selon moi une traduction libre de la poésie classique, libre des rimes et des rythmes, plait beaucoup plus au goût des français.</p>



<p><strong><em>Quel a été l’accueil du public francophone face à ces traductions de la poésie iranienne contemporaine? Existe-t-il un lectorat sensible à cette littérature?</em></strong></p>



<p>Au départ un accueil très timide. J’ai mis 20 ans pour pouvoir diffuser largement la poésie persane moderne et intéresser le public, dernièrement grâce aux écrivaines françaises, Abnousse Shalmani et Cécile Holdban, et certains médias comme Radio France. Forough Farrokhzad, grâce à l’effort des écrivaines et des médias précités a conquis la France entière.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EetIPOBrkn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/embed/#?secret=Pzs1tQCi0t#?secret=EetIPOBrkn" data-secret="EetIPOBrkn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong><em>En tant que fondateur de la maison d’édition </em></strong><strong>Lettres persanes<em>, vous avez aussi un regard d’éditeur. Quels sont les défis spécifiques à la publication d’œuvres persanes en France?</em></strong><strong><em><br></em></strong>Demande limitée pour la littérature iranienne, manque de moyens, capital, structures de soutien et d’aide insuffisants, et enfin la situation géopolitique du pays.</p>



<p><strong><em>Vous avez dit un jour que «le travail culturel est la forme la plus utile d’action pour l’Iran aujourd’hui». Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie pour vous concrètement ?</em></strong></p>



<p>La politique et la religion ont conduit le pays à la catastrophe. Les forces politiques prometteurs à l’intérieur sont inexistantes&nbsp;; à l’extérieur elles sont divisées et faibles. Seules les activités culturelles au sens large en Iran et en dehors du pays sont les leviers du rassemblement large des iraniennes et iraniens, et les vraies sources d’une résurrection future du pays, en attendant une ouverture politique.</p>
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		<title>Iran &#8211; Tunisie &#124; Un échange littéraire inattendu</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 06:21:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abou El Kacem Chebbi]]></category>
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		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[Mostafa Khalaji]]></category>
		<category><![CDATA[Nizar Chakroun et Fatma Ben Mahmoud]]></category>
		<category><![CDATA[Reza Amiri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un dialogue littéraire et culturel s’est spontanément établi entre l’Iran et la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Sans qu’aucune concertation préalable n’ait eu lieu, un dialogue littéraire et culturel s’est spontanément établi entre l’Iran et la Tunisie et un intérêt réciproque est en train de s’installer aussi bien à Tunis qu’à Téhéran.</em></strong></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji</strong></p>



<span id="more-16054000"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16054020" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Juillet 2024. Je me promenais dans les rues du centre-ville de Tunis, une ville qui me rappelle beaucoup mon pays natal. Je suis entré dans l’une des petites librairies conviviales pour chercher des romans récemment publiés par des écrivains tunisiens francophones.</p>



<p>En explorant les rayons, j’ai été à la fois surpris et ravi de découvrir deux livres : la traduction en arabe de <em>Le Prince Ehtejab</em> de Houshang Golshiri et une biographie de Forough Farrokhzad écrite par Farzaneh Milani.</p>



<p>Golshiri est l’un des écrivains les plus modernes de la littérature contemporaine iranienne, et Farrokhzad est aussi la plus grande poétesse de langue persane. Ma joie venait du fait que ces deux livres sont d&rsquo;excellents choix pour permettre au lecteur tunisien de découvrir une part importante de la riche littérature iranienne contemporaine.</p>



<p><em>Le Prince Ehtedjab</em> est le roman le plus important de Golshiri, écrit dans un style de flux de conscience et offrant une critique de l’histoire contemporaine de l’Iran.</p>



<p>Forough Farrokhzad, quant à elle, a introduit des thèmes modernes dans la poésie féminine iranienne et a abordé la féminité d’une manière nouvelle, brisant ainsi les frontières préexistantes sur ce sujet :</p>



<p class="has-text-align-left"><em>J’ai péché, péché dans le plaisir,<br>Dans des bras chauds et enflammés.<br>J’ai péché, péché dans des bras de fer,<br>Dans des bras brûlants et rancuniers.<br>&#8230;<br>J’ai péché, péché dans le plaisir,<br>Près d’un corps tremblant et évanoui.<br>Seigneur ! Je ne sais ce que j’ai fait<br>Dans ce lieu calme, sombre et muet…</em></p>



<p class="has-text-align-center">(<em>Traduit par Nazli et Jalal Alavinia</em>)</p>



<p>Mais ma surprise venait du fait que je ne m’attendais pas à trouver de tels livres dans les rayons d’une librairie tunisienne. Car quatorze ans auparavant, avant la révolution tunisienne, lorsque j’avais vécu plusieurs mois dans ce pays, je n’avais pas vu de tels ouvrages de littérature iranienne dans les librairies de Tunis.</p>



<p>À cette époque, j’avais senti que les lecteurs tunisiens n’étaient pas très familiers avec la littérature contemporaine iranienne, mais cette méconnaissance était réciproque. En Iran, où j&rsquo;avais grandi et exercé mon métier de journaliste, la littérature tunisienne n’était pratiquement jamais abordée dans les médias et les cercles littéraires.</p>



<p>En 2007, lors de mon entretien avec Reza Amiri à Téhéran, un traducteur éminent de la littérature arabe en persan, il avait affirmé que les Iraniens n’avaient pas une véritable connaissance de la littérature arabe moderne.</p>



<p>Ce traducteur, qui avait notamment traduit les œuvres de Naguib Mahfouz, m’avait dit : <em>«En réalité, on peut dire que nous ne connaissons ni le roman arabe des 30 dernières années, ni la poésie arabe récente. La raison de cette méconnaissance est le manque d’intérêt des lecteurs et des éditeurs iraniens pour la littérature arabe.»</em> Il avait ajouté : <em>«Nous ne devons pas seulement blâmer les traducteurs. La littérature contemporaine repose sur le dialogue, et nous n’avons aucun dialogue créatif avec la littérature arabe.»</em></p>



<p>Cette faible connaissance mutuelle était d’autant plus surprenante que, par le passé, Iraniens et Arabes se connaissaient très bien. Historiquement et culturellement, ils partageaient de nombreux points communs. Il suffit de lire les poèmes des grands maîtres de la littérature persane, comme Saadi et Hafez, pour constater leur parfaite maîtrise de la littérature arabe. Ou encore, de lire les œuvres d’Ibn Khaldoun, le grand penseur tunisien, pour comprendre à quel point il était familier de la culture iranienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tournant culturel de la révolution du jasmin</h2>



<p>La révolution tunisienne de 2011 a contribué à faire connaître davantage ce pays dans le monde, y compris en Iran.</p>



<p>Beaucoup ont alors découvert que la Tunisie n’était pas seulement une destination touristique en Afrique du Nord, comme les agences de voyages dans les rues de Téhéran en faisaient la publicité, mais aussi un pays pionnier dans de nombreux domaines, aussi bien dans le monde arabe que dans le monde islamique.</p>



<p>Le choix d&rsquo;un poème d&rsquo;Abou El Kacem Chebbi, le célèbre poète tunisien, comme slogan lors des manifestations de la révolution a mis en évidence la richesse de la culture et de la littérature tunisienne&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-left"><em>Lorsqu&rsquo;un jour le peuple veut vivre,<br>force est pour le destin de répondre,<br>Force est pour les ténèbres de se dissiper,<br>force est pour les chaînes de se briser.</em></p>



<p>Chebbi était un fervent défenseur de la liberté et de la volonté humaine. Son humanisme, intimement lié à son engagement social et politique, résonne avec le lecteur iranien, car on retrouve des thèmes similaires dans la poésie persane contemporaine.</p>



<p>Par exemple, Ahmad Shamlou, l’un des poètes les plus importants de la langue persane, a décrit dans ses poèmes un être humain combatif, contestataire et épris de liberté.</p>



<p>D’une manière générale, depuis l’époque de la Révolution constitutionnelle persane jusqu’à nos jours, l’humanisme s’est manifesté sous différentes formes dans l’art et la littérature persane. C’est pourquoi le célèbre poème de Chebbi est particulièrement apprécié par les Iraniens.</p>



<p>Au cours des années ayant suivi la révolution tunisienne, les traducteurs iraniens, notamment ceux spécialisés en littérature arabe, ont montré un intérêt grandissant pour la traduction d’œuvres littéraires tunisiennes vers le persan.</p>



<p>Le roman <em>L’Italien</em> de Chokri Mabkhout, des poèmes de Fathi Sassi, ainsi que des nouvelles de Nizar Chakroun et Fatma Ben Mahmoud, font partie des œuvres tunisiennes qui ont récemment été traduites et publiées en Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dialogue littéraire</h2>



<p><em>L&rsquo;Italien</em> est un roman fascinant et profond qui explore avec acuité les dimensions sociales, politiques et culturelles de la société tunisienne. À travers une langue expressive et un style évocateur, Mabkhout dépeint avec justesse l’ambiance de la Tunisie des années 1990. En mettant en lumière les contradictions et les défis de cette société, il entraîne le lecteur dans son univers littéraire, tout comme le fait Golshiri. Ce dernier, dans son roman <em>Le Prince Ehtejab</em>, offre également au lecteur tunisien une fenêtre sur la société iranienne contemporaine.</p>



<p>En réalité, sans qu’aucune concertation préalable n’ait eu lieu, un dialogue littéraire et culturel s’est spontanément établi entre les deux pays, concrétisant ainsi le souhait exprimé il y a plusieurs années par Reza Amari lors d’un échange avec moi.</p>



<p>Mais dans la préface de son livre destiné aux lecteurs iraniens, Fatma Ben Mahmoud a exprimé sa <em>«surprise»</em> de voir une partie de ses écrits traduite en persan. Elle a également mentionné que sa perception de l’Iran s’était principalement construite à travers le cinéma iranien et a reconnu, de manière implicite, sa méconnaissance de la littérature persane contemporaine.</p>



<p>Ces réflexions illustrent que, malgré les avancées notables, le chemin reste encore long pour renforcer véritablement les échanges littéraires entre les deux pays.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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