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	<title>Archives des GPRA - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des GPRA - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>L’Algérie face à l’Histoire &#124; De la souveraineté à la reconquête </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 27 Aug 2026 06:10:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Réponse à l'article du Dr Mounir Hanablia dans lequel il affirme que l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/">L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En réponse à l&rsquo;article du Dr Mounir Hanablia intitulé<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/26/tunisie-du-souverainisme-a-la-question-numide-ou-lopposition-aveugle/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> «Tunisie / Du souverainisme à la question numide, ou l&rsquo;opposition aveugle»</a> — dans lequel il affirme notamment que «l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français», réduisant ainsi l’Algérie contemporaine à un simple legs colonial —, cette tribune offre une mise au point historique et politique nécessaire.</em></strong> <em>(Photo : l&rsquo;Émir Abdelkader – 1808-1883 <em>–</em>, fondateur de l&rsquo;État algérien moderne). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Abderrahmane Cherfouh</strong> *</p>



<span id="more-19515302"></span>



<p class="wp-block-paragraph">En s’appuyant sur les travaux de grands historiens et sociologues — de Charles-Robert Ageron à Pierre Bourdieu, de Mostefa Lacheraf à Benjamin Stora —, ce texte retrace le fil ininterrompu de la souveraineté algérienne. De la diplomatie active de la Régence d’Alger avant 1830 à la fermeté des négociateurs d’Évian sur l’indivisibilité du Sahara, en passant par le martyre des camps de regroupement et le rôle des pionniers du mouvement national, cette analyse dresse un réquisitoire rigoureux contre l’amnésie mémorielle et la falsification de l’Histoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les nostalgiques de l’Algérie française qui n’ont jamais assimilé l’indépendance de 1962, l’Algérie ne serait qu’une création française. L’idée véhiculée par ce discours révisionniste est généralement que l’Algérie n’existait pas en tant que nation ou État avant la colonisation entreprise en 1830.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réapparition récente, dans les colonnes de&nbsp;<em>Kapitalis</em>, sous la plume du Dr Mounir Hanablia, de la prétention selon laquelle l’Algérie serait une création française — thèse soutenant que&nbsp;<em>«l’État algérien est le successeur en droite ligne de l’État français forgé par les troupes de Bugeaud et le duc d’Aumale »</em>&nbsp;— ne relève pas d’un simple débat historiographique anodin. Elle s’inscrit dans la résurgence d’un récit largement entretenu par les officines nostalgiques de la colonisation et relayé sur certains plateaux télévisés français, visant à dénier au peuple algérien la profondeur historique de sa souveraineté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En affirmant que l’Algérie contemporaine ne doit son existence qu’au tracé territorial de l’occupant et que le Sahara lui aurait été <em>«octroyé»</em> en 1962, ces postures procèdent d’une double confusion : l’assimilation abusive entre la délimitation administrative des frontières et l’existence pluricentenaire d’une nation, doublée d’une méconnaissance délibérée du droit international et de la mémoire des luttes populaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">I. Avant 1830, la réalité oubliée de l’État d’Alger et de sa souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour mesurer l’inanité de l’argument de la <em>«création coloniale»</em>, il convient de rappeler ce qu’était la Régence d’Alger (<em>Dawlat Al-Jaza’ir</em>) bien avant le débarquement de 1830. Loin d’être un territoire vacant, Alger fonctionnait comme une entité politique pleinement souveraine, dotée d’un gouvernement centralisé (<em>Diwan</em>), d’une administration fiscale, d’une puissance navale et d’une diplomatie active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme le rappelle l’historien Charles-Robert Ageron :&nbsp;<em>«L’Algérie n&rsquo;était pas une tabula rasa sur laquelle la France a écrit son histoire. La société algérienne, malgré les déstructurations du Code de l’Indigénat et les spoliations foncières, a conservé sa cohésion culturelle et son identité face à la domination coloniale.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Entre le XVI<sup>e</sup> et le début du XIX<sup>e</sup> siècle, l’État d’Alger a signé des dizaines de traités bilatéraux de paix, de commerce et de navigation avec l’Angleterre, les Pays-Bas, les États-Unis et la France elle-même. En droit des gens, la conclusion de ces conventions emportait reconnaissance explicite de la souveraineté algérienne. C’est d&rsquo;ailleurs auprès d’Alger que la République française avait contracté des emprunts cruciaux pour approvisionner ses armées en blé sous la Révolution. La France n’a rien créé&nbsp;<em>ex nihilo</em>&nbsp;: elle a agressé et occupé un État souverain préexistant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">II. Derrière le mythe de la «pacification» : la résistance d’un peuple face aux crimes d’État</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’affirmation selon laquelle la France aurait <em>«forgé»</em> l’Algérie masque une réalité sanglante : loin de toute soumission, le pays fut le théâtre d’une résistance populaire ininterrompue face à une politique systématique de terre brûlée et de crimes de masse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Forgé par qui, prétendez-vous ? Par Bugeaud, précisément — cet homme que la rigueur de l’histoire a définitivement relégué au rang des bourreaux. Un personnage aujourd’hui rattrapé par sa mémoire sanguinaire : à mesure que tombent ses statues et que s’efface son nom des plaques de rues et de places, la mémoire universelle le condamne définitivement comme l’un des criminels de guerre les plus atroces de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’Émir Abdelkader et les traités de souveraineté (1832-1847) :</strong>&nbsp;l’Émir n’a pas seulement combattu la politique de la terre brûlée de Bugeaud ; il a réorganisé un État moderne unifié (<em>Al-Dawla Al-Jaza’iriya</em>), doté d’une armée régulière, d’une monnaie et d’une administration. La France a dû reconnaître sa souveraineté par les traités internationaux de Desmichels (1834) et de Tafna (1837).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les enfumades et la terreur :</strong>&nbsp;Bugeaud et ses généraux (Pélissier dans le Dahra en 1845, Cavaignac chez les Sbéhas) ont inauguré des méthodes de guerre génocidaires, enfumant et murant des tribus entières dans des grottes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Lalla Fatma N&rsquo;Soumer (1854-1857) :</strong>&nbsp;dans le Djurdjura, la résistance menée par cette figure héroïque a prouvé le rôle fondamental et précoce des femmes algériennes dans la défense de la patrie.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les Ouled Sidi Cheikh, 1871 et les déportations en Nouvelle-Calédonie :</strong>&nbsp;du Sud aux Hauts-Plateaux, puis en Kabylie sous l’impulsion du Cheikh Mokrani et du Cheikh El-Haddad, le peuple s’est soulevé. La réponse coloniale fut d’une fureur féroce : séquestre de 500 000 hectares de terres, spoliations foncières (loi Warnier) et effondrement social qui provoqua la terrible famine de 1867-1869 où plus de 500 000 Algériens périrent. Pour parfaire cette entreprise de déstructuration, l’administration coloniale a systématiquement décapité la résistance de ses cadres dirigeants. Assimilés cyniquement à des criminels de droit commun par des juridictions d’exception, des centaines de chefs d’insurrection, d’érudits et de notables furent condamnés au bannissement et déportés vers le bagne de Nouvelle-Calédonie afin d’isoler le peuple de ses guides légitimes.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EmMsWZWwLi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/">1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/embed/#?secret=O2ddTGNwmM#?secret=EmMsWZWwLi" data-secret="EmMsWZWwLi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">III. Du mouvement national à la Guerre de Libération : la reconquête de la souveraineté</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie moderne s’est forgée dans le sang de ses martyrs et la maturation de son mouvement national — et non, comme le prétend l’auteur, sous l’effet d’une prétendue impulsion extérieure attribuée au débarquement américain de 1942 et à la défaite nazie en Tunisie. L’intellectuel et historien Mostefa Lacheraf rappelait justement que la résistance algérienne, au XIX<sup>e</sup> comme au XX<sup>e</sup> siècle, témoigne d’un refus permanent de l’état de fait colonial pour réaffirmer une personnalité historique que la violence coloniale n’a jamais pu dissoudre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>De l’Émir Khaled à l’Étoile Nord-Africaine, jusqu&rsquo;au 8 mai 1945 :</strong>&nbsp;dès les années 1920, l’Émir Khaled — petit-fils de l’émir Abdelkader — posait les premières pierres du nationalisme moderne en réclamant la fin du régime de l’indigénat et une représentation politique réelle pour les Algériens. Dans cette continuité, Messali Hadj et l’Étoile Nord-Africaine (ENA) franchirent un cap décisif dès 1926 en revendiquant l’indépendance totale. L’historien Mahfoud Kaddache a parfaitement démontré comment la conscience nationale s’est structurée à travers cette trajectoire du mouvement national. Malgré les péripéties politiques, la rupture définitive fut consommée le 8 mai 1945 : les massacres de Sétif, Guelma et Kherrata démontrèrent tragiquement l’illusion et l’impossibilité de toute voie réformiste.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le CRUA et le 1<sup>er</sup> Novembre 1954 : l’aboutissement de l’unité nationale :</strong>&nbsp;face aux divisions politiques, la jeune garde révolutionnaire fonde le Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action (CRUA), jetant les bases de l’insurrection décisive. En juin 1954, la réunion historique du <em>«groupe des 22»</em> à Clos-Salembier scelle l’option des armes, portée par des figures issues de toute l’Algérie profonde — des Aurès à la Kabylie, du Nord au Sud, de l’Oranie au Titteri. Cette convergence totale des provinces et des trajectoires militantes apporte la preuve éclatante de l’unité fondamentale du pays et de sa résistance face au colonisateur. Comme le souligne fort justement l’historien Benjamin Stora :&nbsp;<em>« La guerre d’indépendance algérienne n’est pas née d’un coup de tonnerre dans un ciel serein le 1<sup>er</sup> novembre 1954. Elle est le produit d’un long processus de dépossession, de refus du statut colonial et d’une suite de résistances jamais éteintes depuis 1830.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La guerre contre-insurrectionnelle et les camps de regroupement :</strong>&nbsp;cette politique de répression a atteint son paroxysme avec l’instauration des <em>«zones interdites»</em> et la création des camps de regroupement. Comme l’ont établi les travaux d’historiens et de sociologues — notamment Michel Cornaton, Pierre Bourdieu, Abdelmalek Sayad et Régine Goutalier —, plus de 2,3 millions de paysans algériens ont été arrachés à leurs terres et déportés dans des camps d’enfermement. Ce déracinement forcé a provoqué la mort de près de 200 000 civils, principalement des enfants et des vieillards, emportés par la faim et la maladie. Ce drame humain à huis clos témoigne de la volonté de déstructurer fondamentalement la société rurale algérienne pour briser son soutien à la Révolution.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant la Guerre de Libération nationale (1954-1962), la puissance coloniale a déployé un système répressif et contre-insurrectionnel global visant à briser la résistance populaire, à isoler le territoire et à étouffer l’Armée de Libération Nationale (ALN) :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L&rsquo;institutionnalisation de la torture :</strong>&nbsp;sous le couvert de la loi sur les <em>«pouvoirs spéciaux»</em> (1956) et durant la bataille d’Alger (1957), la torture est passée d’un excès individuel à une méthode d’État rationalisée et généralisée par l’armée coloniale (notamment les parachutistes) et les services de renseignement (DOP). Utilisation de la gégène, exécutions sommaires ciblées (les <em>«crevettes Bigeard»</em>), noyades, immersions et sévices atroces sont devenus des pratiques courantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le martyre des femmes algériennes :</strong>&nbsp;les femmes algériennes — moudjahidate, poseuses de bombes, agentes de liaison ou civiles — ont payé un tribut particulièrement lourd, subissant des violences sexuelles ciblées et la torture. L’arrestation de Djamila Boupacha en 1960 et sa défense par l’avocate Gisèle Halimi, soutenue par Simone de Beauvoir et le <em>«Comité Djamila Boupacha»</em> (rejoint par Jean-Paul Sartre, Louis Aragon et Pablo Picasso), dévoila au monde entier l’usage du viol et de la torture comme armes de guerre coloniales. Elles s’inscrivent dans la lignée des figures majeures comme Djamila Bouhired, Djamila Bouazza, Zohra Drif et Baya Hocine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le soutien des clercs et des intellectuels :</strong>&nbsp;face aux dérives, une minorité d’hommes d’Église et d’intellectuels français choisirent la conscience contre la raison d’État : Mgr Thomas Duval (archevêque d’Alger), le théologien Jacques de Bollardière démissionnant de son commandement, ou encore le réseau Jeanson organisant le soutien logistique et financier au FLN en métropole.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>L’enferment territorial :</strong>&nbsp;pour étouffer la Révolution, l’armée française entreprit l’isolement hermétique des frontières par les lignes électrifiées Morice et Challe (plus de 2 000 km de barrières sous haute tension) et l’enfouissement de millions de mines antipersonnel (<em>«bandes de la mort»</em>), tuant et mutilant des combattants et des civils pendant et longtemps après le conflit.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5trYwl05dO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/embed/#?secret=lY6AMAb9mt#?secret=5trYwl05dO" data-secret="5trYwl05dO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">IV. Le Sahara : un territoire libéré, non une concession coloniale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Prétendre que le Sahara aurait été <em>«octroyé»</em> à l&rsquo;Algérie lors des Accords d’Évian relève d’une contrevérité flagrante. Consciente de la manne pétrolière de Hassi Messaoud et des enjeux nucléaires, la France a tenté d’amputer l’Algérie de son Sud en créant l’Organisation Commune des Régions Sahariennes (OCRS) en 1957.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme l’a souligné l’historien Gilbert Meynier, le FLN a su incarner l’âme d’une nation en armes, imposant au GPRA une intransigeance absolue lors des négociations d’Évian quant à l’indivisibilité du territoire. De Gaulle a dû renoncer à ce projet de partition face à la fermeté des négociateurs algériens. Le Sahara algérien n’a pas été donné : il a été défendu par les armes depuis la résistance des Touaregs sous Moussa ag Amastan jusqu’à l’intransigeance politique des négociateurs de la Révolution.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion : la souveraineté ne se donne pas, elle s’arrache</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie n’est pas née d’un décret du duc d’Aumale ni d’une concession de la France aux Accords d’Évian. Elle est le produit d’une continuité étatique séculaire et du prix exorbitant payé par plusieurs générations d’Algériens pour recouvrer leur liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire ne saurait être falsifiée au point de présenter la fin de la colonisation comme un legs ou un arrangement de circonstance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’indépendance de l’Algérie n’a été ni négociée par complaisance, ni <em>«octroyée»</em> par un décret français : elle a été arrachée dans le sang, au prix du sacrifice ultime d’un million et demi de martyrs. Présenter un tel peuple comme l’héritier passif d’une structure <em>«forgée par Bugeaud»</em> relève d’une profonde indignité mémorielle et d’un déni de la réalité historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Répéter la rhétorique mémorielle des nostalgiques de la colonisation pour nourrir des ressentiments politiques au Maghreb est une démarche historiquement fausse et irresponsable. Face aux révisionnismes, la rigueur des faits, des traités, de la recherche historique et du sang versé demeure la seule vérité intemporelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ZSKl9hYIeZ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/">La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La nécessité historique d’une transition démocratique consensuelle en Algérie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/02/la-necessite-historique-dune-transition-democratique-consensuelle-en-algerie/embed/#?secret=9p4WfIFtLs#?secret=ZSKl9hYIeZ" data-secret="ZSKl9hYIeZ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/27/lalgerie-face-a-lhistoire-de-la-souverainete-a-la-reconquete/">L’Algérie face à l’Histoire | De la souveraineté à la reconquête </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Le grand reniement de l’été 1962</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 11:40:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, s'est retournée contre son hôte dès l’indépendance algérienne, en 1962. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/">Tunisie &#8211; Algérie | Le grand reniement de l’été 1962</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, a retourné ses armes contre son hôte dès l’indépendance algérienne, acquise en 1962. Ce rappel historique ne cherche pas à enfoncer un coin entre deux pays «frères, amis et voisins», comme on dit habituellement, et qui ont appris, au fil des décennies, à coopérer dans le respect de leurs intérêts mutuels, mais à maintenir présent à l’esprit des faits qui ne doivent jamais être oubliés ou passés sous silence au prétexte de ne pas remuer l’eau stagnante du conformisme. </em></strong><em>(Photo: Combattants de l&rsquo;ALN à Ghardimaou en Tunisie en mars 1962).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19458401"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La mémoire des relations maghrébines contemporaines reste profondément marquée par la fracture de l’été 1962. Au cœur de cette rupture se trouve la trajectoire de l’Armée de libération nationale (ALN) algérienne basée à l’extérieur, surnommée <em>«l’Armée des frontières»</em>, dont le passage sur le sol tunisien et les choix politiques post-indépendance ont durablement redéfini la géopolitique régionale. (Lire à ce sujet <em><a href="https://www.jeuneafrique.com/1309681/politique/algerie-reportage-dans-les-rangs-de-larmee-de-liberation-nationale-en-1962/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Algérie 1962 : reportage dans les rangs de l’Armée de libération nationale »</a></em>, par Béchir Ben Yahmed (<em>Jeune Afrique</em>, mars 1962). </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le confort de la base arrière face au sacrifice des maquis :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1958, le conflit algérien subit un tournant stratégique. Le commandement militaire français érige les lignes Morice et Challe, des barrières électrifiées et minées qui coupent hermétiquement l’Algérie de ses voisins tunisien et marocain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation engendre une scission majeure au sein des forces nationalistes entre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; celles de l’ALN de l’intérieur confinées dans les wilayas historiques&nbsp;: les maquisards subissent de plein fouet les grandes offensives françaises. Privés d’approvisionnement en armes et en soins, ils paient un tribut humain considérable&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; et celles de l’ALN de l’extérieur&nbsp;: sous la direction du colonel Houari Boumédiène, près de 30 000 hommes se structurent en Tunisie, notamment autour du quartier général de Ghardimaou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Préservée du gros des combats par le blocus de la frontière, cette force s’entraîne, s’arme lourdement auprès du bloc de l’Est et bénéficie d’une infrastructure logistique stable offerte par l’État tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette asymétrie suscite rapidement de vives tensions critiques. Dans les maquis exsangues de l’intérieur, l’armée de l’extérieur commence à être désignée sous les qualificatifs sévères d’<em>«armée des planqués»</em> ou de <em>«touristes de Tunis»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le politologue et historien Mohammed Harbi, lui-même ancien cadre du FLN, a largement analysé cette réalité : <em>«L’Armée des frontières s&rsquo;est constituée en dehors des combats réels du territoire national. Elle représentait une force d’appareil, un instrument de pouvoir politique plutôt qu’une force de libération active sur le terrain»</em> (Mohammed Harbi, <em>‘‘Le FLN, mirage et réalité’’</em>, 1980).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’été 1962, lors de la crise dite <em>«de l’été»</em>, cette armée intacte et disciplinée marche sur Alger, écartant le Gouvernement provisoire (GPRA) et prenant le contrôle des structures de l’État pour fonder l’Armée nationale populaire (ANP).</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accueil tunisien et le compromis de la Borne 233 :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’installation de l’appareil politique et militaire algérien en Tunisie s’est faite avec l’appui direct du président Habib Bourguiba. Ce soutien s’est traduit par des coûts matériels et humains significatifs pour la jeune République tunisienne, illustrés notamment par le bombardement par l’armée française du village frontalier de Sakiet Sidi Youssef, le 8 février 1958, qui fit des dizaines de victimes civiles tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, un contentieux territorial existait concernant le tracé de la frontière saharienne. Durant la période coloniale, l’administration française avait unilatéralement modifié les délimitations au profit des Territoires du Sud de l’Algérie, englobant des zones potentiellement riches en hydrocarbures au détriment de la Tunisie (notamment autour de la Borne 233 / Garat El Hamel et du secteur d’El Borma).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour préserver la cohésion de la lutte de libération, Habib Bourguiba accepte de formaliser un compromis temporaire. Le 6 juillet 1961, un accord est signé à Tunis entre le gouvernement tunisien et Ferhat Abbas, président du GPRA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet accord stipulait explicitement que les revendications territoriales tunisiennes étaient légitimes, mais que leur règlement définitif et la restitution des portions sahariennes contestées seraient traités de manière fraternelle au lendemain de l’indépendance de l’Algérie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord du 6 juillet 1961 ou le contrat de confiance bafoué :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument souvent avancé par la suite selon lequel les frontières coloniales étaient intangibles occulte un document historique capital : cet accord officiel de 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte prévoyait noir sur blanc la création d’une commission mixte tuniso-algérienne chargée de redéfinir le tracé frontalier saharien (autour de la borne 233) immédiatement après l’indépendance. Le GPRA y reconnaissait formellement le préjudice territorial subi par la Tunisie sous l’administration coloniale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En reniement complet de la signature du GPRA à l’été 1962, le clan militaire de Houari Boumédiène n’a pas seulement appliqué le droit international de l’époque ; il a orchestré un coup de force politique contre les engagements solennels de ses propres pères fondateurs civils.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rupture de 1962 et l’établissement du rapport de force :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’accès à l’indépendance en juillet 1962 et l’évincement des cadres civils du GPRA par le commandement militaire de Boumédiène, les nouveaux dirigeants d’Alger opèrent un revirement complet sur la question des frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe de l’<em>uti possidetis juris</em> (l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation) est immédiatement opposé à Tunis, annulant de fait les engagements contractés en 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le recul historique et géopolitique, ce principe adopté par l’Organisation de l’unité africaine lors du sommet du Caire (1964) prend de plus en plus l’allure d’une supercherie et d’une tentative de blanchiment du partage colonial fait par les puissances européennes lors du Congrès de Berlin de 1878.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les diplomates et historiens soulignent le sentiment d’amertume engendré par cette volteface algérienne : <em>«Le revirement algérien de 1962 sur la Borne 233 fut un choc pour Tunis. L’Algérie nouvelle, forte de l’arsenal militaire accumulé sur le sol tunisien, a immédiatement adopté un rapport de force hégémonique, opposant une fin de recevoir absolue aux requêtes de Bourguiba et menaçant d’utiliser la force si la Tunisie n’actait pas l’abandon de son Sahara»</em>, notait à ce propos Chantal Chanson-Jabeur, dans <em>‘‘Le différend frontalier tuniso-algérien’’</em> (in<em> Cahiers de la Méditerranée</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux revendications persistantes de Tunis, l’État algérien déploie des unités militaires le long de la frontière saharienne. Confronté à une disproportion manifeste des forces militaires, le gouvernement tunisien choisit la voie de la désescalade diplomatique pour éviter un conflit ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Habib Bourguiba exprimera publiquement, lors d’un discours officiel devant l&rsquo;Assemblée nationale, en 1962, cette frustration lors de plusieurs allocutions officielles : <em>«Nous avons partagé notre pain, nos terres et notre sécurité avec nos frères algériens. Nous avons essuyé les bombes de Sakiet Sidi Youssef pour leur cause. Voir aujourd’hui une armée que nous avons aidé à nourrir et à abriter se retourner contre nos frontières et nous menacer par les armes pour garder les terres que la France nous avait volées est une amère démonstration d’ingratitude.»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du sanctuaire au chantage ou le crépuscule de la fraternité:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’amertume tunisienne face à cet épisode ne relève pas seulement de la perte géopolitique, mais du cynisme de la méthode. Les troupes de l’ALN, incapables de briser le blocus français, avaient trouvé en Tunisie un sanctuaire inespéré où elles ont été nourries, soignées et protégées au prix de vies tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tragédie de l’été 1962 réside dans ce basculement : cette même force militaire, devenue puissante grâce à l’hospitalité tunisienne, s’est retournée contre son bienfaiteur dès le lendemain de sa libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux demandes légitimes de restitution de la Borne 233, Alger n’a pas répondu par le dialogue, mais par le déploiement de blindés et des menaces d’invasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce grand reniement a brutalement dissipé les illusions d’une fraternité maghrébine désintéressée — souvent résumée par le slogan populaire <em>«Khawa Khawa»</em> —, installant à sa place la dure réalité d’un rapport de force militaire dicté par la découverte des gisements de pétrole d’El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce différend frontalier a abouti le 16 avril 1970 à la signature d’un accord de délimitation de la frontière entre les deux États, entérinant le tracé colonial au profit de l’Algérie et taisant les revendications tunisiennes sur le secteur d’El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conjoncture de cet accord et les modalités de sa signature rappellent de nombreux accords internationaux signés sous la pression et qui ont fini par s’estomper en raison de l’évolution de la conjoncture bilatérale ou internationale car bien mal acquis ne profite jamais.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">فلا عاش في تونس من خانها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">و لا عاش من ليس من جندها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">نموت و نحيا على عهدها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">حياة الكرام و موت العظام</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éléments bibliographiques:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Harbi, Mohammed, Le FLN, mirage et réalité : des origines à l&rsquo;indépendance (1945-1962), Éditions Jeune Afrique, 1980.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Meynier, Gilbert, Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Toumi, Mohsen, La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, PUF, 1989.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Stora, Benjamin, Histoire de la guerre d&rsquo;Algérie (1954-1962), La Découverte, 2004.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dzCsX2VwD3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-non-a-la-spoliation-a-lintimidation-et-a-la-vassalisation/">Tunisie &#8211; Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-non-a-la-spoliation-a-lintimidation-et-a-la-vassalisation/embed/#?secret=VkH9Gj1GAX#?secret=dzCsX2VwD3" data-secret="dzCsX2VwD3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Aux origines d’un contentieux territorial</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 06 Aug 2026 10:28:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[différends frontaliers]]></category>
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		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'auteur situe les vieux différends frontaliers entre la Tunisie et l'Algérie dans leur contexte historique exact, loin de tout révisionnisme.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/06/tunisie-algerie-aux-origines-dun-contentieux-territorial/">Tunisie &#8211; Algérie | Aux origines d’un contentieux territorial</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>L’auteur de cette tribune répond à l’article du Dr Abderrahmen Cherfouh <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/01/en-diabolisant-lalgerie-on-dessert-les-interets-de-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘En diabolisant l’Algérie, on dessert les intérêts de la Tunisie’’</a>, qui répondait, pour sa part, à un article de l’ambassadeur Elyes Kasri intitulé <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/30/les-menaces-reelles-a-la-stabilite-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘Les menaces réelles de l’instabilité tunisienne’’</a>, tous deux publiés par Kapitalis. Il situe les relations tuniso-algériennes, et notamment les vieux différends frontaliers entre les deux pays, dans leur contexte historique exact, loin de toute propagande ou de révisionnisme.</em></strong> <em>(Photo : Houari Boumediene revient sur la parole donnée par le GPRA et Ahmed Ben Bella à Habib Bourguiba). </em></p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;<strong>Abderrahmane Fekih *</strong></p>



<span id="more-19383945"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai aucune raison de douter de votre sincérité mais je dois à la vérité d’apporter quelques éclaircissements à votre discours par des faits historiques que vous semblez ignorer, dans le seul but de rétablir la vérité afin de mieux dépasser nos malentendus pour ne pas dire nos différends.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attaché comme vous à des relations algéro-tunisiennes de coopération fraternelle à l’abri de tous risques de conflit mais j’ai du mal à comprendre les faits exposés ci-après à moins que vous ayez des éléments de réponse correctifs que je ne connais pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La dimension coloniale des frontières terrestres</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Durant l’occupation de l’Algérie par la France celle-ci se croyant installée pour toujours a annexé plus d’un territoire de tous les pays limitrophes à l’Algérie&nbsp;: c’est une vérité historique bien établie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A l’aube de l’indépendance, la Tunisie a réclamé à la France de lui restituer les territoires <strong>spoliés</strong>, le contentieux n’est-il pas franco-tunisien sur le plan juridique Dr. Cherfouh&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">La réaction du GPRA à l’époque fut immédiate, en prétendant que c’est <em>«un coup de poignard dans le dos de&nbsp;l’Algérie combattante»</em> et d’ajouter qu’après l’indépendance de l’Algérie <em>«le problème sera réglé entre frères».</em> La mauvaise foi du GPRA ne peut être plus flagrante car transformer un litige franco-tunisien en litige algéro-tunisien n’est pas la meilleure façon de le résoudre, mais d’<em>«acheter du temps&nbsp;!&nbsp;»</em>. Car la France ayant rogné de façon arbitraire des terres sur le territoire tunisien pour les annexer à l’Algérie, il était de son devoir de corriger son abus de pouvoir d’autant plus qu’elle avait le pouvoir de le faire sans aucune difficulté&nbsp;et sans léser l’Algérie&nbsp;: c’était juste retour à la situation antérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le GPRA n’a rien voulu savoir et a maintenu sa position contre toute logique. Ainsi donc tout se passe comme si le GPRA s’est déjà approprié les territoires annexés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand l’Algérie a recouvré son indépendance le gouvernement tunisien a rappelé au gouvernement algérien sa promesse de solution à l’amiable (<em>«entre frères»</em>&nbsp;!) du problème. Mais le gouvernement algérien, au lieu d’honorer son engagement envers la Tunisie (vous savez certainement comme moi le caractère sacré de la parole donnée dans notre culture commune), a préféré se référer au principe de ne pas modifier les frontières héritées de la colonisation décrété par l’Organisation de l’Unité Africaine de l’époque pour éviter à l’Afrique les affres des guerres de frontières. Ce principe étant décrété après l’engagement pris par le GPRA n’est pas opposable à la Tunisie car il ne pouvait pas avoir d’effet rétroactif (vous en convenez j’espère, vous qui semblez si bien connaitre le droit).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Devant la position ferme de l’Etat algérien, Bourguiba a préféré contre mauvaise fortune faire bon cœur pour ne pas entrer en conflit (pour ne pas dire en guerre) contre son voisin en déclarant qu’<em>«il renonce à ses revendications (pourtant légitimes) en hommage aux martyres algériens»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce contexte qu’il faut placer l’accord du 20 mars 1970&nbsp;: ce dernier n’est pas le résultat d’une négociation (mais d’un rapport de forces&nbsp;!) entre deux partenaires égaux mais entre une Algérie dominante imbue de sa puissance (et non de son droit) et une Tunisie qui n’a pour elle que la légitimité des faits historiques qui ne pèsent pas lourds malheureusement dans les relations internationales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes l’accord ci-dessus (résultat du rapport des forces de l’époque&nbsp;!) a réglé définitivement le problème sur le plan juridique pour établir la paix entre voisins mais pas sur le plan légitimité. La mémoire populaire en gardera souvenir longtemps comme d’une injustice insupportable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le comble c’est que l’Etat Algérien, pour remercier Bourguiba de son geste de conciliation, n’a pas trouvé mieux que de forer un puit oblique pour pomper le pétrole du seul bassin pétrolier tunisien El Borma !</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut pas qualifier cet acte de bienveillant ni de fraternel mais bel et bien de prédateur, ne vous en déplaise&nbsp;!</p>



<h2 class="wp-block-heading">La sécurité énergétique en question  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette sécurité n’est pas due à la magnanimité de l’Algérie ni à sa bienveillance envers la Tunisie mais à la position stratégique dont l’Algérie bénéficie pour exporter son gaz vers l’Europe. Donc un peu d’humilité SVP (pour ne pas dire trêve d’arrogance&nbsp;!).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Vous prétendez que l’Algérie <em>«subventionne le gaz qui éclaire les foyers tunisiens»</em> sans préciser à quelle hauteur, c’est pour le moins une contrevérité (pour ne pas dire une insulte gratuite aux Tunisiens), car les fournitures de gaz à la Tunisie sont régies par la loi de l’offre et la demande et les prix sur le marché international&nbsp;(je suis bien placé pour le savoir en tant qu’ingénieur ex-chef du Département de la distribution électrique de la Steg à la retraite) : donc l’Algérie ne nous fait pas de cadeaux contrairement à vos insinuations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les vérités historiques étant ainsi établies, à mon humble avis les peuples nord-africains resteront unis à jamais par les liens de fraternité, de sang et d’entraide tissés durant des siècles de vie commune malgré les aléas politiques. Mais les responsables algériens seront toujours vus par les Tunisiens comme arrogants, dominateurs et particulièrement malveillants envers la Tunisie, tant qu’ils ne changent pas de comportements sur la base du principe <em>«il faut rendre à César ce qui appartient à César&nbsp;!&nbsp;Est-ce trop demander&nbsp;?»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ose espérer que la compétition entre les responsables nord-africains pour exercer leur hégémonie sur la Région se transforme en volonté de servir sincèrement les intérêts bien compris de leurs peuples respectifs loin de tout esprit hégémonique et de toute volonté de puissance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils gagneraient à réduire leurs égos pour se mettre au service de leurs peuples et non au service de leurs intérêts personnels étroits. Ces derniers ont coûté déjà à la communauté nord-africaine la non-réalisation de son unité décidée pourtant par l’accord de Tanger de 1958, la même année que la création du pool charbon acier fondateur de l’Union Européenne actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que les Européens que tout séparent (langues, religions, histoires tumultueuses, etc.) construisent leur Etat Fédéral patiemment <em>«pierre à pierre et brique à brique»,</em> nos leaders ont perdu leur temps dans des querelles marginales stériles (d’abord querelle de leadership ensuite le problème du Sahara créé de toutes pièces et maintenant le Maroc trouve son intérêt avec le pire ennemi des Arabes et des Musulmans, Israël, et non avec son voisin, l’Algérie, à laquelle tout le lie (géographie, langue, culture, religion, histoire commune, etc.).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statu quo n’est pas dans l’intérêt des peuples nord-africains mais il faut espérer que ces derniers finissent par imposer à leurs leaders les mesures correctives nécessaires pour assurer d’abord la réalisation de l’unité nord-africaine ensuite sa prospérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ingénieur, ex-chef du département de la distribution électrique de la Steg à la retraite.</em></p>
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		<title>Messaoud Ben Jemaâ, un symbole de l’amitié tuniso-algérienne s’éteint  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/21/messaoud-ben-jemaa-un-symbole-de-lamitie-tuniso-algerienne-seteint/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 Dec 2024 06:42:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le résistant et militant tunisien, Messaoud Ben Jemaâ, ami de la Révolution de libération, est décédé. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le résistant et militant tunisien, Messaoud Ben Jemaâ, ami de la Révolution de libération, est décédé, a indiqué, vendredi 20 décembre 2024, un communiqué du ministre algérien des Moudjahidine et des Ayants-droit.</em></strong><em></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abderrahmane Cherfouh </strong>*</p>



<span id="more-14934383"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Le défunt était l’un des <em>«fils fidèles de la Tunisie, pays frère, ayant consacré ses efforts au soutien de la lutte du peuple algérien pour la liberté et l’indépendance, notamment en mettant son café El-Dinar situé à Tunis (Tunisie) à la disposition des dirigeants de la Révolution et des militants du Front de libération nationale (FLN) pour tenir ses réunions»</em>, précise la même source.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme beaucoup d’autres Tunisiens , Messaoud Ben Jemaâ fait partie de ceux qui ont fait don de soi pour une cause noble et juste,&nbsp;mus par un seul idéal, contribuer à la libération de l’Algérie du joug colonial français. Il est le symbole&nbsp; de la mémoire et du soutien quasi-indéfectible de la Tunisie à la révolution algérienne.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Soutien tunisien à la révolution algérienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut rappeler à tous ceux qui feignent de l’oublier&nbsp; que la Tunisie du président Bourguiba, nouvellement indépendante à l’époque, n’avait&nbsp; pas lésiné sur les moyens pour apporter son aide et sa contribution à la révolution algérienne&nbsp;et a été pour beaucoup dans la victoire de l’Algérie remportée contre le colonialisme français. Nier l’aide considérable, le soutien fraternel, et le rôle important qu’a joué ce pays frère durant la révolution&nbsp; algérienne pour arracher sa liberté c’est faire preuve d’ingratitude et de mauvaise foi.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&nbsp;Il faut rappeler que la Tunisie a été sur tous les fronts et a servi comme base logistique,&nbsp; de repli, et support diplomatique et médiatique à l’Algérie durant son long combat pour arracher son indépendance. Et c’est à Tunis que le Gouvernement provisoire de la république algérienne (GPRA) a établi son siège aidé par le président Bourguiba et c’est à Tunis que l’équipe de football du FLN s’est installée. La Tunisie a aussi accueilli 200 000 réfugiés civils algériens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce petit rappel historique s’impose pour illustrer cette solidarité agissante&nbsp;incarnée par la tragédie qui a eu pour théâtre le village de Sakiet Sidi Youssef, gouvernorat du Kef, en Tunisie. Cette tragédie symbolise le lien de sang qui unit ces deux peuples et illustre la solidarité du peuple tunisien avec l’Algérie qui, outre son caractère spontané et fraternel, était aussi l’expression de l&rsquo;attachement profond qu’éprouvent les Tunisiens à leurs frères algériens. Exerçant son soi-disant <em>«droit de poursuite»</em> contre les bases arrières du FLN, l’aviation française&nbsp;avait bombardé le 8 février 1958 ce petit village frontalier, provoquant&nbsp;la mort d’une centaine de personnes et le double de blessés, la plupart des femmes et des enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut aussi rappeler que pendant la décennie noire, en Algérie, la Tunisie n’a jamais fermé ses frontières avec son voisin de l’ouest, renouvelant une nouvelle fois encore sa fidélité légendaire à l’Algérie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Au-delà des vicissitudes de l’histoire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les relations privilégiées qu&rsquo;entretiennent les deux&nbsp;nations et les liens très solides qu’elles ont noués au cours de leur histoire commune&nbsp;suscitent la jalousie de certains cercles&nbsp; hostiles à ce rapprochement qui n’apprécient guère&nbsp;cet accord entre ces deux pays frères et cherchent à briser leur entente, trop parfaite à leur goût, par la diabolisation médiatique,&nbsp;l’exploitation de petits faits mineurs qu’ils transforment en des crises majeures, et les campagnes savamment orchestrées et entretenues pour attiser la tension et la haine entre les deux peuples. Ces tentatives cherchent aussi à isoler l’Algérie et la Tunisie de leur environnement naturel; mais vu la solidité des relations bilatérales, toutes ces tentatives seront vouées à l&rsquo;échec.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin, Canada.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ekV8WIvbXD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/tunisie-algerie-pour-un-futur-base-sur-le-respect-mutuel/">Tunisie &#8211; Algérie : pour un futur basé sur le respect mutuel </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Algérie : pour un futur basé sur le respect mutuel  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/16/tunisie-algerie-pour-un-futur-base-sur-le-respect-mutuel/embed/#?secret=SIQNozbpUU#?secret=ekV8WIvbXD" data-secret="ekV8WIvbXD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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