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	<title>Archives des Guellala - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Guellala - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le Centre des Arts de Djerba &#124; Fadhel Jaziri et l’épreuve de la mémoire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 14 Jul 2026 06:27:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelhamid Larguèche]]></category>
		<category><![CDATA[Centre des Arts de Djerba]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Centre des Arts de Djerba, entre Guellala et Sedouikech au sud-est de l’île, à l'abandon, un an après la mort de son initiateur Fadhel Jaziri.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/14/le-centre-des-arts-de-djerba-fadhel-jaziri-et-lepreuve-de-la-memoire/">Le Centre des Arts de Djerba | Fadhel Jaziri et l’épreuve de la mémoire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Une visite qui serre le cœur : un an après la disparition de Fadhel Jaziri, nous avons voulu revenir au Centre des Arts de Djerba. Non par curiosité, mais par devoir de mémoire. Car certains lieux ne sont pas de simples bâtiments : ils sont les témoins d’une aventure humaine, intellectuelle et artistique. Ils incarnent une vision, une volonté, une espérance. </em></strong><em>(Photo : Centre des Arts de Djerba, situé entre Guellala et Sedouikech au sud-est de l’île, avec des espaces couverts de 7000 m<sup>2</sup>).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-19221165"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg" alt="" class="wp-image-18774922" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/05/Abdelhamid-Largueche-Portrait-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En parcourant aujourd’hui ce vaste ensemble, le silence s’impose. Les espaces conçus pour accueillir les artistes, les spectacles, les résidences de création et les rencontres internationales semblent suspendus dans une attente interminable. Le visiteur ne peut s’empêcher d’éprouver une profonde émotion devant ce qui apparaît comme une œuvre inachevée, ou plus exactement une œuvre privée de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette visite est d’abord un hommage. Un hommage à celui qui rêva ce lieu pendant des années et qui ne put véritablement le voir vivre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ultime rêve d’un créateur</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Fadhel Jaziri n’était pas seulement un metteur en scène de génie. Il appartenait à cette génération de créateurs qui considéraient la culture comme une responsabilité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses spectacles ont profondément renouvelé le théâtre tunisien, ouvert des chemins nouveaux entre patrimoine et modernité, entre mémoire populaire et création contemporaine. Son œuvre a toujours dépassé la scène : elle portait une réflexion sur l’identité tunisienne, sur la liberté de création et sur la place de l’art dans la cité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Centre des Arts de Djerba fut probablement son projet le plus ambitieux. Il y investit des années de travail, d’énergie, de persuasion et d’engagement personnel. Ce centre est le fruit de sa sueur, de ses combats et de son obstination. Il ne cherchait pas à ériger un monument à sa propre gloire, mais à offrir à la Tunisie un équipement culturel capable de dialoguer avec les plus grandes institutions artistiques de la Méditerranée.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19221186" style="width:800px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Centre-des-arts-de-Djerba.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Conférence de presse de Fadhel Jaziri, le 26 octobre 2022, à la Cité de la culture de Tunis, pour présenter</em> son projet de Centre des Arts de Djerba. </figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Quand le rêve rencontre les controverses</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais les grandes ambitions rencontrent souvent les grandes résistances. Avant même son ouverture, le Centre des Arts se trouva au cœur de controverses liées notamment à son implantation dans un périmètre relevant du bien inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’Unesco. Des associations de la société civile exprimèrent leurs inquiétudes et engagèrent diverses actions, tandis que plusieurs procédures furent ouvertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’appartient pas ici de revenir sur le fond de ces différends, qui relèvent des juridictions compétentes et des autorités concernées.<br>En revanche, nul ne peut ignorer le coût humain de cette longue période d’incertitude. Celui qui avait consacré une partie de sa vie à construire ce projet dut aussi consacrer une énergie considérable à le défendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’histoire culturelle est souvent faite de ces paradoxes : les créateurs doivent parfois lutter davantage contre les obstacles administratifs que contre les difficultés de la création elle-même.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Après la disparition de l’homme, le silence des institutions</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La disparition de Fadhel Jaziri aurait pu ouvrir un temps de rassemblement autour de son héritage. On pouvait espérer que son Centre devienne un lieu vivant, habité par les artistes, les chercheurs, les étudiants et le public. Un lieu où l’on poursuivrait son œuvre en lui donnant une dimension collective.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Force est pourtant de constater qu’un sentiment d’abandon s’installe. Un équipement culturel ne se résume pas à une architecture, aussi remarquable soit-elle. Sans programmation, sans gouvernance, sans moyens humains et financiers, un centre d’art cesse progressivement d’être un lieu de création pour devenir un simple bâtiment.<br>L’abandon est rarement spectaculaire. Il commence par quelques portes closes, quelques activités annulées, quelques budgets différés. Puis viennent le silence, le vieillissement des équipements et, finalement, l’oubli.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le cas du Centre des Arts de Djerba dépasse largement le destin d’un établissement. Il pose une question fondamentale : quelle place la Tunisie accorde-t-elle à la culture ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis plusieurs décennies, notre pays inaugure des institutions culturelles avec enthousiasme, puis peine à assurer leur fonctionnement durable. Les annonces sont nombreuses ; les politiques publiques de long terme beaucoup moins. Or la culture ne peut vivre au rythme des seules cérémonies d’inauguration. Elle exige une vision, une continuité administrative, des financements stables et une volonté politique qui dépasse les alternances gouvernementales. Faute de cela, les bâtiments deviennent les monuments silencieux de promesses inachevées.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19221190" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Fadhel-Jaziri-Najla-Bouden.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Fadhel Jaziri présentant son projet à l’ancienne cheffe de gouvernement Najla Bouden, le 23 juin 2023, en présence de la ministre des Affaires culturelles Hayet Ketat Guermazi.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Préserver un héritage national</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le Centre des Arts de Djerba n’appartient plus uniquement à son fondateur. Il appartient désormais à la mémoire culturelle de la Tunisie. Le faire vivre constituerait le plus bel hommage que la nation puisse rendre à Fadhel Jaziri. Ce serait reconnaître que les grandes œuvres ne meurent pas avec ceux qui les ont imaginées.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, laisser ce lieu s’enfoncer dans l’inactivité reviendrait à perdre bien davantage qu’un investissement matériel. Ce serait renoncer à une certaine idée de la culture comme bien commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’avenir du Centre des Arts de Djerba concerne les pouvoirs publics, les collectivités locales, les institutions culturelles, les artistes et la société civile.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est encore temps d’imaginer une gouvernance renouvelée, respectueuse à la fois des exigences de protection du patrimoine mondial, des impératifs juridiques et de la vocation artistique du lieu. Il est encore temps de transformer une controverse en réussite collective. Car un pays se juge aussi à la manière dont il traite les œuvres de ses créateurs après leur disparition.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour que le silence ne soit pas le dern<strong>ier mot</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En quittant le Centre des Arts, une pensée s’impose. Les pierres attendent. Elles attendent les artistes, les étudiants, les musiciens, les metteurs en scène, les visiteurs. Elles attendent que l’intelligence, la beauté et la création reprennent possession de ces espaces.<br>Un an après la disparition de Fadhel Jaziri, il ne suffit plus d’évoquer son souvenir dans les discours commémoratifs. Le véritable hommage consiste à sauver son dernier grand rêve.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Laisser ce lieu s’éteindre serait une défaite pour la culture tunisienne. Le faire revivre serait, au contraire, une victoire de la mémoire sur l’oubli, de la création sur l’indifférence et de l’avenir sur le renoncement.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur&nbsp;émérite d&rsquo;histoire, Conseiller en patrimoine.&nbsp;Ancien membre du Comité du Patrimoine Mondial à l’Unesco.</em></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-19221193" style="width:800px" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/07/Centre-des-arts-de-Djerba-Theatre.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Un théâtre de plein air de 3000 places face à la mer. </em> </figcaption></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<item>
		<title>Plaidoyer pour une autonomie institutionnelle et administrative de l’île de Djerba</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/04/20/plaidoyer-pour-une-autonomie-institutionnelle-et-administrative-de-lile-de-djerba/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Apr 2020 10:35:33 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[CHU de Medenine]]></category>
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		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[écharge contrôlée de Bouhamed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Face au dénigrement redondant du droit de Djerba à un traitement égalitaire, à la politique discriminatoire de deux poids deux mesures dont l’île est victime, prônée parfois sans gêne par certains acteurs du gouvernorat de Medenine, l’heure n’est-elle pas à la remise en cause de cette dépendance institutionnelle et administrative, fort accablante et lourdement pénalisante...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/Djerba..jpg" alt="" class="wp-image-267781"/></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face au dénigrement redondant du droit de Djerba à un traitement égalitaire, à la politique discriminatoire de deux poids deux mesures dont l’île est victime, prônée parfois sans gêne par certains acteurs du gouvernorat de Medenine, l’heure n’est-elle pas à la remise en cause de cette dépendance institutionnelle et administrative, fort accablante et lourdement pénalisante pour Djerba et sa population cosmopolite ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Naceur Bouabid</strong> *</p>



<span id="more-295056"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Naceur-Bouabid.jpg" alt="" class="wp-image-295058"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">La scène révoltante de ces dizaines de pseudo médecins, infirmières et infirmiers <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/04/17/refus-daccueillir-des-patients-a-lhopital-de-medenine-ouverture-dune-information-judiciaire/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rassemblés devant la porte du CHU de Médenine</a>, a ressuscité le souvenir non moins douloureux de la sempiternelle crise des déchets vécue par le tout Djerba depuis 2013.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’époque, des énergumènes d’une autre trempe, issus vraisemblablement du même moule, faisaient obstruction, des semaines durant, aux engins de l’Agence nationale de gestion des déchets (Anged) pour leur interdire l’accès à la décharge contrôlée de Bouhamed. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette décharge est régionale et toutes les délégations du gouvernorat en ont droit à l’exploitation, hormis celles de Djerba, sous prétexte qu’elle en dispose d’une à Guellala, alors sévèrement endommagée et hors d’état d’usage depuis les événements sanglants du 6 octobre 2013. Il n’était question que d’un recours provisoire pour débarrasser les rues, les quartiers, la campagne de l’île des ordures amoncelées et soulager une île sinistrée et une population meurtrie. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils faisaient la sourde oreille, insensibles aux supplications de beaucoup de représentants de la société civile de l’île, et prenaient goût, en revanche, à crier haut et fort, cyniquement, effrontément et sans scrupules <em>«Dégage déchets Djerba ! Gardez-les chez vous !».</em></p>



<h3 class="wp-block-heading">La médiocrité humaine dans toute son ampleur</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui encore, dans cette même contrée, l’inhumanité est de nouveau au rendez-vous, la bassesse et la médiocrité humaines sont on ne peut manifestes. Au lieu d’assister un malade en détresse, présentés jusqu’à chez eux, sous leurs yeux aveuglés par la rancune, ce personnel médical et paramédical de la dernière heure, indigne du noble statut qu’ils prétendent porter, ont préféré mobiliser leurs efforts, dans une promiscuité incompatible avec l’urgence du moment, pour faire obstruction à l’ambulance portant le malade et lui interdire l’accès à l’hôpital. Et de nouveau, surgit la formule usée et désuète, criée avec la même véhémence, la même rancœur <em><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2020/04/16/coronavirus-lhopital-de-medenine-refuse-dheberger-une-patiente-dans-un-etat-critique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Dégage Corona ! Gardez vos malades chez vous !».</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pourquoi autant d’aversion, de rage, de haine ? Pourquoi, chaque fois que Djerba est dans un besoin pressant de la solidarité de la région à laquelle administrativement elle appartient, dans un moment critique de détresse, ne récolte-t-elle que négligence, que rejet et malédiction ? Est-elle vouée à subir ingratement ce sort réducteur, dans une région qui lui est constamment hostile, semée d’embûches de toutes sortes, et qui ne lui voue que dénigrement et rejet?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, paradoxalement, à ce même moment, des concitoyens rapatriés dans la nécessité d’être placés en quarantaine sanitaire ont été orientés vers Djerba qui les a accueillis sans discernement d’appartenance ou d’une quelconque autre considération mesquine. D’autres sont en phase de l’être. Les pouvoirs publics locaux et la société civile se démènent tous azimuts pour les assister, avec dévouement et sens du devoir, et leur apporter le soutien et le réconfort à la mesure des moyens en possession.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fidèle à sa vocation millénaire d’île accueillante, féconde de générosité, tolérante à souhait, son cosmopolitisme ambiant en apporte la preuve, Djerba n’a jamais dérogé à cette règle d’or, ni trahi cette vocation. Sa population demeure attachée à ces principes de vie et de conduite, respectueux des valeurs et des devoirs de citoyenneté, sans populisme, sans fanfaronnade, et dans la discrétion.</p>



<h3 class="wp-block-heading">A quand une remise en cause du système administratif?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ce dénigrement redondant du droit de Djerba à un traitement égalitaire, à ce favoritisme exacerbant pratiqué depuis belle lurette au profit des autres délégations au détriment de celles de Djerba, à cette politique discriminatoire de deux poids deux mesures devenue désormais coutumière, prônée parfois sans gêne par certains acteurs régionaux, l’heure n’est-elle pas à la remise en cause de cette dépendance institutionnelle et administrative fort accablante et lourdement pénalisante pour Djerba et sa population cosmopolite ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une réflexion rationnelle, objective et réaliste devrait être décidée et menée pour revoir le système de fonctionnement administratif et institutionnel qui n’est plus pour convenir, qui n’est plus pour être adapté à Djerba et aux contraintes que son insularité exige. Son statut d’île fait d’elle, comme de toutes les autres îles, une entité géographique spécifique devant faire l’objet de traitements spécifiques, sans commune mesure avec les territoires continentaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Attribuer davantage d’autonomie institutionnelle et administrative à Djerba ne pourra qu’assurer une meilleure gestion de son territoire, de ses ressources, de ses écosystèmes, de sa biodiversité, dans un souci majeur de développement durable. En aucun cas, une telle requête ne pourra et ne devra être interprétée comme une entorse à l’ordre établi dans le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il suffit de voir ce qui se passe ailleurs, dans d’autres pays pionniers en matière de décentralisation et de gouvernance locale, à l’instar de l’Italie, la France, le Portugal, l’Espagne ou encore le Danemark, qui ont reconnu, constitutionnellement, les spécificités de leurs îles respectives qu’ils ont dotés d’un statut spécifique leur conférant une autonomie de décision et de gestion de leurs territoires.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Acteur de la société civile et ancien président de l’Association de sauvegarde de l’île de Djerba.</em></p>
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