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	<title>Archives des Habib Bouguiba - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Habib Bouguiba - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie &#8211; Algérie &#124; Le grand reniement de l’été 1962</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 18 Aug 2026 11:40:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, s'est retournée contre son hôte dès l’indépendance algérienne, en 1962. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/18/tunisie-algerie-le-grand-reniement-de-lete-1962/">Tunisie &#8211; Algérie | Le grand reniement de l’été 1962</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Comment l’«armée algérienne des frontières», logée et nourrie par la Tunisie, a retourné ses armes contre son hôte dès l’indépendance algérienne, acquise en 1962. Ce rappel historique ne cherche pas à enfoncer un coin entre deux pays «frères, amis et voisins», comme on dit habituellement, et qui ont appris, au fil des décennies, à coopérer dans le respect de leurs intérêts mutuels, mais à maintenir présent à l’esprit des faits qui ne doivent jamais être oubliés ou passés sous silence au prétexte de ne pas remuer l’eau stagnante du conformisme. </em></strong><em>(Photo: Combattants de l&rsquo;ALN à Ghardimaou en Tunisie en mars 1962).</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-19458401"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">La mémoire des relations maghrébines contemporaines reste profondément marquée par la fracture de l’été 1962. Au cœur de cette rupture se trouve la trajectoire de l’Armée de libération nationale (ALN) algérienne basée à l’extérieur, surnommée <em>«l’Armée des frontières»</em>, dont le passage sur le sol tunisien et les choix politiques post-indépendance ont durablement redéfini la géopolitique régionale. (Lire à ce sujet <em><a href="https://www.jeuneafrique.com/1309681/politique/algerie-reportage-dans-les-rangs-de-larmee-de-liberation-nationale-en-1962/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">« Algérie 1962 : reportage dans les rangs de l’Armée de libération nationale »</a></em>, par Béchir Ben Yahmed (<em>Jeune Afrique</em>, mars 1962). </p>



<h2 class="wp-block-heading">Le confort de la base arrière face au sacrifice des maquis :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À partir de 1958, le conflit algérien subit un tournant stratégique. Le commandement militaire français érige les lignes Morice et Challe, des barrières électrifiées et minées qui coupent hermétiquement l’Algérie de ses voisins tunisien et marocain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation engendre une scission majeure au sein des forces nationalistes entre :</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; celles de l’ALN de l’intérieur confinées dans les wilayas historiques&nbsp;: les maquisards subissent de plein fouet les grandes offensives françaises. Privés d’approvisionnement en armes et en soins, ils paient un tribut humain considérable&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph">&#8211; et celles de l’ALN de l’extérieur&nbsp;: sous la direction du colonel Houari Boumédiène, près de 30 000 hommes se structurent en Tunisie, notamment autour du quartier général de Ghardimaou.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Préservée du gros des combats par le blocus de la frontière, cette force s’entraîne, s’arme lourdement auprès du bloc de l’Est et bénéficie d’une infrastructure logistique stable offerte par l’État tunisien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette asymétrie suscite rapidement de vives tensions critiques. Dans les maquis exsangues de l’intérieur, l’armée de l’extérieur commence à être désignée sous les qualificatifs sévères d’<em>«armée des planqués»</em> ou de <em>«touristes de Tunis»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le politologue et historien Mohammed Harbi, lui-même ancien cadre du FLN, a largement analysé cette réalité : <em>«L’Armée des frontières s&rsquo;est constituée en dehors des combats réels du territoire national. Elle représentait une force d’appareil, un instrument de pouvoir politique plutôt qu’une force de libération active sur le terrain»</em> (Mohammed Harbi, <em>‘‘Le FLN, mirage et réalité’’</em>, 1980).</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’été 1962, lors de la crise dite <em>«de l’été»</em>, cette armée intacte et disciplinée marche sur Alger, écartant le Gouvernement provisoire (GPRA) et prenant le contrôle des structures de l’État pour fonder l’Armée nationale populaire (ANP).</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accueil tunisien et le compromis de la Borne 233 :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’installation de l’appareil politique et militaire algérien en Tunisie s’est faite avec l’appui direct du président Habib Bourguiba. Ce soutien s’est traduit par des coûts matériels et humains significatifs pour la jeune République tunisienne, illustrés notamment par le bombardement par l’armée française du village frontalier de Sakiet Sidi Youssef, le 8 février 1958, qui fit des dizaines de victimes civiles tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parallèlement, un contentieux territorial existait concernant le tracé de la frontière saharienne. Durant la période coloniale, l’administration française avait unilatéralement modifié les délimitations au profit des Territoires du Sud de l’Algérie, englobant des zones potentiellement riches en hydrocarbures au détriment de la Tunisie (notamment autour de la Borne 233 / Garat El Hamel et du secteur d’El Borma).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour préserver la cohésion de la lutte de libération, Habib Bourguiba accepte de formaliser un compromis temporaire. Le 6 juillet 1961, un accord est signé à Tunis entre le gouvernement tunisien et Ferhat Abbas, président du GPRA.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet accord stipulait explicitement que les revendications territoriales tunisiennes étaient légitimes, mais que leur règlement définitif et la restitution des portions sahariennes contestées seraient traités de manière fraternelle au lendemain de l’indépendance de l’Algérie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord du 6 juillet 1961 ou le contrat de confiance bafoué :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’argument souvent avancé par la suite selon lequel les frontières coloniales étaient intangibles occulte un document historique capital : cet accord officiel de 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce texte prévoyait noir sur blanc la création d’une commission mixte tuniso-algérienne chargée de redéfinir le tracé frontalier saharien (autour de la borne 233) immédiatement après l’indépendance. Le GPRA y reconnaissait formellement le préjudice territorial subi par la Tunisie sous l’administration coloniale française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En reniement complet de la signature du GPRA à l’été 1962, le clan militaire de Houari Boumédiène n’a pas seulement appliqué le droit international de l’époque ; il a orchestré un coup de force politique contre les engagements solennels de ses propres pères fondateurs civils.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La rupture de 1962 et l’établissement du rapport de force :</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’accès à l’indépendance en juillet 1962 et l’évincement des cadres civils du GPRA par le commandement militaire de Boumédiène, les nouveaux dirigeants d’Alger opèrent un revirement complet sur la question des frontières.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le principe de l’<em>uti possidetis juris</em> (l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation) est immédiatement opposé à Tunis, annulant de fait les engagements contractés en 1961.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec le recul historique et géopolitique, ce principe adopté par l’Organisation de l’unité africaine lors du sommet du Caire (1964) prend de plus en plus l’allure d’une supercherie et d’une tentative de blanchiment du partage colonial fait par les puissances européennes lors du Congrès de Berlin de 1878.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les diplomates et historiens soulignent le sentiment d’amertume engendré par cette volteface algérienne : <em>«Le revirement algérien de 1962 sur la Borne 233 fut un choc pour Tunis. L’Algérie nouvelle, forte de l’arsenal militaire accumulé sur le sol tunisien, a immédiatement adopté un rapport de force hégémonique, opposant une fin de recevoir absolue aux requêtes de Bourguiba et menaçant d’utiliser la force si la Tunisie n’actait pas l’abandon de son Sahara»</em>, notait à ce propos Chantal Chanson-Jabeur, dans <em>‘‘Le différend frontalier tuniso-algérien’’</em> (in<em> Cahiers de la Méditerranée</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux revendications persistantes de Tunis, l’État algérien déploie des unités militaires le long de la frontière saharienne. Confronté à une disproportion manifeste des forces militaires, le gouvernement tunisien choisit la voie de la désescalade diplomatique pour éviter un conflit ouvert.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le président Habib Bourguiba exprimera publiquement, lors d’un discours officiel devant l&rsquo;Assemblée nationale, en 1962, cette frustration lors de plusieurs allocutions officielles : <em>«Nous avons partagé notre pain, nos terres et notre sécurité avec nos frères algériens. Nous avons essuyé les bombes de Sakiet Sidi Youssef pour leur cause. Voir aujourd’hui une armée que nous avons aidé à nourrir et à abriter se retourner contre nos frontières et nous menacer par les armes pour garder les terres que la France nous avait volées est une amère démonstration d’ingratitude.»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du sanctuaire au chantage ou le crépuscule de la fraternité:</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’amertume tunisienne face à cet épisode ne relève pas seulement de la perte géopolitique, mais du cynisme de la méthode. Les troupes de l’ALN, incapables de briser le blocus français, avaient trouvé en Tunisie un sanctuaire inespéré où elles ont été nourries, soignées et protégées au prix de vies tunisiennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La tragédie de l’été 1962 réside dans ce basculement : cette même force militaire, devenue puissante grâce à l’hospitalité tunisienne, s’est retournée contre son bienfaiteur dès le lendemain de sa libération.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face aux demandes légitimes de restitution de la Borne 233, Alger n’a pas répondu par le dialogue, mais par le déploiement de blindés et des menaces d’invasion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce grand reniement a brutalement dissipé les illusions d’une fraternité maghrébine désintéressée — souvent résumée par le slogan populaire <em>«Khawa Khawa»</em> —, installant à sa place la dure réalité d’un rapport de force militaire dicté par la découverte des gisements de pétrole d’El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce différend frontalier a abouti le 16 avril 1970 à la signature d’un accord de délimitation de la frontière entre les deux États, entérinant le tracé colonial au profit de l’Algérie et taisant les revendications tunisiennes sur le secteur d’El Borma.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La conjoncture de cet accord et les modalités de sa signature rappellent de nombreux accords internationaux signés sous la pression et qui ont fini par s’estomper en raison de l’évolution de la conjoncture bilatérale ou internationale car bien mal acquis ne profite jamais.</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">فلا عاش في تونس من خانها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">و لا عاش من ليس من جندها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">نموت و نحيا على عهدها</p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph">حياة الكرام و موت العظام</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éléments bibliographiques:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Harbi, Mohammed, Le FLN, mirage et réalité : des origines à l&rsquo;indépendance (1945-1962), Éditions Jeune Afrique, 1980.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Meynier, Gilbert, Histoire intérieure du FLN (1954-1962), Fayard, 2002.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Toumi, Mohsen, La Tunisie de Bourguiba à Ben Ali, PUF, 1989.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; Stora, Benjamin, Histoire de la guerre d&rsquo;Algérie (1954-1962), La Découverte, 2004.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="dzCsX2VwD3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-non-a-la-spoliation-a-lintimidation-et-a-la-vassalisation/">Tunisie &#8211; Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie – Algérie | Non à la spoliation, à l’intimidation et à la vassalisation ! » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/tunisie-algerie-non-a-la-spoliation-a-lintimidation-et-a-la-vassalisation/embed/#?secret=VkH9Gj1GAX#?secret=dzCsX2VwD3" data-secret="dzCsX2VwD3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Il y a 50 ans mourait Mahmoud El Materi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/13/il-y-a-50-ans-mourait-mahmoud-el-materi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Dec 2022 06:02:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mahmoud El Materi]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bouguiba]]></category>
		<category><![CDATA[M’hamed Chenik]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Bey]]></category>
		<category><![CDATA[Néo-Destour]]></category>
		<category><![CDATA[Tahar Ben Ammar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les chemins d'El Materi et Bourquiba s'étaient souvent croisés, et plus souvent encore décroisés.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/13/il-y-a-50-ans-mourait-mahmoud-el-materi/">Il y a 50 ans mourait Mahmoud El Materi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Décédé le 13 décembre 1972, voilà exactement cinquante ans, Dr Mahmoud El Materi était l&rsquo;un des leaders du mouvement national tunisien. Il n’est pas assez connu des nouvelles générations, qui gagneraient à mieux méditer le parcours exemplaire de cet homme d’exception.</em></strong> (Illustration: les chemins d&rsquo;El Materi et Bourquiba s&rsquo;étaient souvent croisés, et plus souvent encore décroisés). </p>



<span id="more-5654702"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Né fin décembre 1897, à Tunis, Dr El Materi fut l’un des fondateurs, avec Habib Bourguiba, du Néo-Destour, et le premier président de ce parti nationaliste qui réussit, au terme d’un long combat, à obtenir, en 1956, l’indépendance de la Tunisie et à contribuer à la construction de l’Etat tunisien moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au lendemain de l’indépendance, Dr El Materi fût marginalisé et son combat passé sous silence pendant des décennies par les historiographes attitrés de Bourguiba. Mais il n’a pas tardé à être réhabilité par les historiens du mouvement national et son grand apport à la libération de la nation enfin reconnu et documenté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ayant perdu sa mère et son père alors qu’il était enfant en bas âge, Mahmoud El Materi a fait des études brillantes au collège Sadiki à Tunis puis en France où il obtint sa licence en sciences, puis son doctorat en médecine avec mention très honorable le 6 juillet 1926. Il est le troisième médecin tunisien musulman à être diplômé de la faculté de médecine de Paris et le onzième formé dans une faculté européenne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le pondéré El Materi et le bouillonnant Bourguiba</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Durant son séjour à Dijon, Mahmoud El Materi écrit des articles politiques dans plusieurs journaux de l’époque. À Paris, il est d&rsquo;abord membre du Parti communiste français, qu’il quitte rapidement pour le Parti socialiste français, et milite pour la Ligue des droits de l’homme et l’Étoile nord-africaine dont il est un membre fondateur. Il collabore alors à plusieurs journaux et, en 1924, il retrouve un vieil ami du collège Sadiki, Bourguiba. Ils entament ensemble une carrière militante au sein des associations étudiantes réunissant des Tunisiens à Paris.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’âge de 28 ans, en novembre 1926, il rentre définitivement à Tunis et est rejoint par Bourguiba. Ils fondent ensemble, en 1932, le journal nationaliste <em>L’Action tunisienne</em>. Puis rejoignent les rangs du Destour avant d’en démissionner en septembre 1933 et de créer, le 2 mars 1934, le Néo-Destour dont El Materi est élu président.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Suit ensuite un long combat politique entamé par deux ans d’exil à Bordj le Bœuf, dans le sud tunisien, et des tournées aux quatre coins du pays. Réputé pour sa modération et sa probité morale, El Materi ne tarde pas à avoir des désaccords avec le bouillonnant Bourguiba. Il démissionne de la présidence du parti, mais poursuit le combat pour l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Proche de Moncef Bey, dont il était le médecin particulier, il est nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement nationaliste de M’hamed Chenik en 1943, gouvernement qui tombe après la destitution et l’exil de Moncef Bey. Il fait toutefois partie du second gouvernement Chenik comme ministre de l’Intérieur en 1950 chargé de négocier avec la France les accords préalables pour l’autonomie interne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après une seconde déportation au sud du pays, avec les autres leaders nationalistes dont Bourguiba, Dr El Materi poursuit son action aux côtés de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/09/28/tahar-ben-ammar-une-biographie-subjective/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Tahar Ben Ammar</a>, chargé poursuivre les négociations entamées par le gouvernement Chenik et qui mènent vers l’autonomie interne puis l’indépendance. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nommé ministre de la Santé publique dans le premier gouvernement formé par Bourguiba le 15 avril 1956, non pas en tant que membre du Néo-Destour mais comme indépendant, El Materi ne tarde pas à avoir de nouveaux désaccords avec ce dernier et démissionne de son poste. Resté député, il marque nettement son opposition à Bourguiba lors de débats ou de votes à l’Assemblée nationale et essuie des attaques personnelles de son compagnon de combat devenu entre-temps un autocrate attitré.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr El Materi prend alors sa retraite politique tout en se consacrant à la médecine comme premier président de l’Ordre des médecins de Tunisie et comme pionnier de l’organisation du secteur de la santé.</p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong> (avec Wikipedia).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xhDG0XV9LV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/tahar-ben-ammar-le-combattant-subtil-de-lindependance-de-la-tunisie/">Tahar Ben Ammar, le combattant subtil de l’indépendance de la Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tahar Ben Ammar, le combattant subtil de l’indépendance de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/11/20/tahar-ben-ammar-le-combattant-subtil-de-lindependance-de-la-tunisie/embed/#?secret=q3jod527qu#?secret=xhDG0XV9LV" data-secret="xhDG0XV9LV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/13/il-y-a-50-ans-mourait-mahmoud-el-materi/">Il y a 50 ans mourait Mahmoud El Materi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L&#8217;homme d&#8217;Etat dont la Tunisie a besoin</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/21/lhomme-detat-dont-la-tunisie-a-besoin/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 21 May 2022 07:16:44 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie n'a pas besoin aujourd'hui de pauvres technocrates paumés qui rasent les murs et parent au plus urgent, mais d'hommes politiques capables de parler un langage de vérité aux citoyens, de leur tendre un miroir pour qu'ils se regardent en face, de les mettre devant leurs responsabilités historiques, de leur demander non pas des sacrifices, mais de retrousser les manches et de se mettre au travail. Il n'y a malheureusement pas d'autre solution, car il n'y a pas de miracle pour les cancres et les médiocres !</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/21/lhomme-detat-dont-la-tunisie-a-besoin/">L&rsquo;homme d&rsquo;Etat dont la Tunisie a besoin</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La Tunisie n&rsquo;a pas besoin aujourd&rsquo;hui de pauvres technocrates paumés qui rasent les murs et parent au plus urgent, mais d&rsquo;hommes politiques capables de parler un langage de vérité aux citoyens, de leur tendre un miroir pour qu&rsquo;ils se regardent en face, de les mettre devant leurs responsabilités historiques vis-à-vis de leurs enfants et petits-enfants, de leur demander non pas des sacrifices (car ils ne savent pas en faire, les pauvres chéris!), mais de retrousser les manches et de se mettre au travail. Il n&rsquo;y a malheureusement pas d&rsquo;autre solution</em></strong><em><strong>, car il n&rsquo;y a pas de miracle pour les cancres et les médiocres !</strong></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Ridha Kefi</strong></p>



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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Ridha-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-203122"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un pays comme la Tunisie (surtout depuis 2011), qui vit au jour le jour et dont le gouvernement se contente de parer au plus urgent et de colmater les brèches, sans vision ni plan ni stratégie, la pandémie de Covid-19 et la guerre russo-ukrainienne n&rsquo;ont pas été des cadeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour le comprendre et, surtout, le déplorer, on n&rsquo;a pas attendu que le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT) Marouane Abassi, nous apprenne, ce que nous savions déjà, à savoir que le besoin supplémentaire induit par la crise russo-ukrainienne sur le budget de l&rsquo;Etat tunisien s&rsquo;élève désormais à 5 milliards de dinars.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le salut par&#8230; l&rsquo;endettement&nbsp;!</h2>



<p class="wp-block-paragraph">S&rsquo;exprimant, vendredi 20 mai 2022, lors de la 7e édition du Forum sur la fiscalité, organisé à Sfax par l&rsquo;Institut arabe des chefs d&rsquo;entreprise (IACE), M. Abassi a souligné que <em>«le recours aux ressources du Fonds monétaire international est essentiel», </em>car le FMI permet le financement à des coûts raisonnables et fournit un effet de levier pour le financement d&rsquo;autres donateurs et du marché financier international, a-t-il ajouté.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Depuis la transmission d&rsquo;une demande formelle au FMI pour l&rsquo;accès à ses ressources sous la forme d&rsquo;une facilité élargie de crédit, les autorités tunisiennes ont fait de grands efforts pour mettre en place un programme de réforme approprié avec cette institution internationale»</em>, a aussi indiqué M. Abassi, en rappelant que <em>«les autorités ont réussi à mobiliser 700 millions de dollars auprès de la Banque africaine d&rsquo;import-export (Afreximbank), ce qui a partiellement desserré la pression sur le budget de l&rsquo;État et a assuré un pont de financement jusqu&rsquo;à la conclusion de l&rsquo;accord avec le FMI.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Des finances publiques gérées comme une épicerie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, ces propos soporifiques, destinés à calmer momentanément les esprits brouillés par la flambée des prix des matières premières et des services (énergie, céréales, transport, biens d&rsquo;équipement, etc.), ne sauraient voiler à nos yeux la réalité de la situation compliquée (et le mot est faible) où se trouvent les finances publiques dans notre pays, aujourd&rsquo;hui gérées comme une épicerie, comme l&rsquo;avait fait remarquer un jour Fadhel Abdelkefi, président du parti Afek Tounes, financier lui-même et ancien ministre des Finances par intérim, qui sait, bien sûr, de quoi il parle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le problème, c&rsquo;est que que la comptabilité d&rsquo;une épicerie est souvent mieux gérée que le budget de l&rsquo;Etat tunisien pour l&rsquo;exercice en cours, dont on ne sait pas encore, alors que l&rsquo;année est à moitiée consommée, comment il va être financé pour les mois à venir. Et là on parle de besoins pressants, à commencer par les salaires d&rsquo;une fonction publique pléthorique et inefficace et les dépenses de fonctionnement des différents services publics (transport, santé, éducation&#8230;)</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un grand malade appelé <em>«Tunisie»</em></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ne rien arranger, et au-delà des propos diplomatiques des responsables du FMI, qui sont visiblement embarrassés face à un grand malade appelé <em>«Tunisie»</em>, qu&rsquo;on ne peut laisser sans soins urgents, mais qui refuse de prendre ses médicaments (il les trouve trop amers), notre pays peut toujours demander un prêt de 4 milliards de dollars de l&rsquo;instance financière internationale, en espérant trouver le 1 milliard restant dont sa situation exige chez d&rsquo;autres bailleurs de fonds, il ne peut, en vérité et dans les meilleurs des cas, se voir accorder plus de 1,5 ou 2 milliards de dollars. Et l&#8217;embarras du FMI réside dans le fait que la Tunisie, depuis qu&rsquo;elle a eu de nouveau recours à ses services, en 2013, s&rsquo;engage toujours à mettre en œuvre des réformes économiques, à maîtriser ses dépenses publiques et à mieux utiliser ses ressources financières qui se raréfient, mais s&rsquo;entête à faire exactement le contraire. Les gouvernements qui se succèdent restant impuissants face aux pressions des partis politiques cherchant à partager le gâteau avec leurs membres, des organisations nationales à l&rsquo;esprit corporatiste borné et d&rsquo;une population devenue aussi dépensière que revendicative et, la démocratie aidant, carrément ingérable.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Technocrates paumés et dangereux utopistes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Abassi peut toujours nous chanter des rengaines, en nous promettant de nous en sortir en nous endettant davantage (la belle affaire !), ce dont le pays a besoin aujourd&rsquo;hui ce n&rsquo;est pas de pauvres technocrates paumés qui parent au plus urgent, mais d&rsquo;hommes politiques capables de parler un langage de vérité aux citoyens, de leur tendre un miroir pour qu&rsquo;ils se regardent en face, de les mettre devant leurs responsabilités historiques vis-à-vis de leurs enfants et petits-enfants, de leur demander non pas des sacrifices (car ils ne savent pas en faire, les pauvres chéris!), mais de retrousser les manches et de se mettre au travail.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie d&rsquo;aujourd&rsquo;hui n&rsquo;a pas besoin non plus de dangereux rêveurs, utopistes ou opportunistes, comme le président de la république, Kaïs Saïed, qui promet aux Tunisiens la prospérité&#8230; en les dotant d&rsquo;une nouvelle constitution qui conforte sa propre soif de pouvoir, comme si l&rsquo;accumulation des lois suffit pour changer un pays ou un peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie a besoin aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un homme de la trempe d&rsquo;un Winston Churchill qui, le 13 mai 1940, dans son premier discours devant la Chambre des communes, après sa nomination au poste de Premier ministre du Royaume-Uni durant la Seconde Guerre mondiale, a lancé aux Britanniques sa célèbre phrase&nbsp;: <em>«I have nothing to offer but blood, toil, tears and sweat»</em> (<em>«Je n&rsquo;ai à offrir que du sang, du labeur, des larmes et de la sueur»</em>). Le résultat, on le connaît&nbsp;: la Grande-Bretagne a gagné la guerre et enchaîné les décennies de propérité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais à défaut de Winston Churchill, la Tunisie a besoin aujourd&rsquo;hui d&rsquo;un homme de la trempe de Habib Bouguiba qui n&rsquo;avait de cesse d&rsquo;appeler les Tunisiens à retousser les manches, à travailler et à tirer le meilleur d&rsquo;eux-mêmes, en citant, dans la plupart de ses discours, le même hadith attribué au prophète Mohamed, disant «&nbsp;<strong>إِنَّ ٱللَّهَ لَا يُغَيِّرُ مَا بِقَوْمٍ</strong><strong> حَتَّىٰ يُغَيِّرُوا۟ مَا بِأَنفُسِهِمْ</strong> <em>(«</em><em>Allah ne change pas la situation d’un peuple tant qu’ils ne changent pas d’eux-mêmes»)</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">M. Saïed peut toujours poser devant l&rsquo;Histoire, droit comme un doigt, la main sur le cœur et un trémolo dans la voix, en se prenant pour le calife Omar, il ne sera jamais un vrai chef d&rsquo;Etat tant qu&rsquo;il continue de caresser ses administrés dans le sens du poil, d&rsquo;éviter de leur dire la vérité et de leur raconter des fables qui n&rsquo;endorment que les niais et les crédules parmi eux, qui adorent être bercés de douces illusions.</p>



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