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	<title>Archives des Hichem Djaït - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Hichem Djaït - Kapitalis</title>
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		<title>‘‘La grande discorde’’ &#124; Sainteté, ambitions, et légitimité, dans l’islam des premiers temps</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Dec 2025 08:52:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La fitna ou discorde aux premières heures de l’islam, traitée avec brio et maestria dans ‘‘La grande discorde’’ du grand historien tunisien Hichem Djaït. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/22/la-grande-discorde-saintete-ambitions-et-legitimite-dans-lislam-des-premiers-temps/">‘‘La grande discorde’’ | Sainteté, ambitions, et légitimité, dans l’islam des premiers temps</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La fitna ou discorde aux premières heures de l’islam, mettant en scène Othmane, Ali et Moawiya, est traitée&nbsp;avec brio et maestria dans ‘‘La grande discorde’’, ouvrage du grand historien tunisien, le regretté Hichem Djaït (éd. Gallimard, col. Bibliothèque des Histoires, Paris 1989, 417 p.), malgré le caractère lacunaire, critiquable et souvent partisan des sources historiques disponibles.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-18119663"></span>



<p>Il est vrai que les plumes n’avaient commencé à se délier qu’à la fin du Califat des Omeyyades ce qui renvoie les témoignages les moins distants des faits à une cinquantaine d’années. C’est d’autant plus remarquable que l’auteur est arrivé à analyser d’une manière claire les lignes de force économiques, sociologiques, politiques, et culturelles, qui traversaient la société musulmane de l’époque, et qui ont conditionné bien souvent le déroulement des événements.</p>



<p>Naturellement et malgré cela, si cet ouvrage a le mérite de synthétiser un récit bien souvent obscurci par le langage utilisé et les contradictions véhiculés par les différents auteurs traitant du sujet, il n’en demeure pas moins qu’il ne met pas fin à la controverse entourant la signification de ce qu’on ne peut qualifier que de drame ; loin de là.</p>



<p>En tant qu’Historien appartenant à la sphère culturelle musulmane, il s’est fait fort d’essayer de s’opposer d’une manière rationnelle aux opinions dépréciatives&nbsp;des orientalistes dont parmi eux les chrétiens n’ont jamais considéré l’islam que comme un faux message, et&nbsp;les laïcs comme une religion propice à la violence et au fanatisme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une explosion de fureur</h2>



<p>La tâche, il est vrai n’a pas été aisée et les résultats se sont avérés peu concluants. Fallait-il rechercher à tout prix une quelconque éthique dans cette explosion de fureur ? Le meurtre était en soi un fait grave, en l’occurrence commis par des Egyptiens, des gens venant d’un pays considéré alors plutôt comme périphérique, et dont on ne voit pas quels ressentiments graves ils pouvaient nourrir vis-à-vis d’un pouvoir qu’ils ne subissaient pas directement. La suite nous apprendra que la plupart des responsables contre lesquels on appellera vengeance venaient d’Irak.</p>



<p>Il est vrai que Othmane avait fauté en introduisant le népotisme pratiqué dans les empires voisins, romain et perse, dans sa gestion de la chose publique au profit de sa propre famille, et tout le monde s’accorde sur cela. Othmane voulait de toute évidence instaurer par rapport à ses deux devanciers la pratique d’un pouvoir de style impérial et il n’a pas hésité à humilier et à infliger des châtiments corporels à ceux qui le critiquent, y compris quelques-uns parmi les Compagnons les plus prestigieux du Prophète.</p>



<p>Il s’agissait là du premier acte de violence physique qui de par sa dimension symbolique concomitante ouvrait la voie à bien d’autres. Si les Compagnons destinés au Paradis selon les termes mêmes du Prophète n’étaient plus assurés de l’inviolabilité de leurs personnes, comment celui qui n’avait dû sa nomination à la charge suprême de la communauté des croyants que pour en avoir fait partie, aurait-il pu assurer la sienne propre ? Pour faire bonne mesure il a introduit parmi les bénéficiaires des prébendes des personnages dont l’évocation dans le Coran était accompagnée d’anathèmes.&nbsp;Le fait qu’il ait été obligé de ne pas s’opposer aux mêmes châtiments contre son propre frère utérin, accusé en tant que gouverneur de Koufa d’avoir conduit la prière en état d’ébriété, ne lui a de toute évidence pas racheté les faveurs de l’opinion publique qui compte, celle des Compagnons, dont plusieurs ne lui avaient pas pardonné la compilation du Coran aux dépens de toutes les autres versions en circulation.</p>



<p>Ou le Calife ignorait que son frère était un saoulard invétéré, ou bien il le savait et estimait néanmoins que l’intérêt de l’islam, assimilé au sien propre, était au-dessus des prescriptions du Coran. A moins évidemment d’envisager qu’à cette époque-là l’interdiction de la boisson n’eût pas été aussi rigoureuse qu’elle le deviendra&nbsp;plus tard ; ou n’eût simplement pas existé si on veut aller jusqu’au bout du raisonnement qu’une telle hypothèse induit relativement à la compilation du Coran.</p>



<p>Ce faisant à des désaccords politiques s’était surajoutée une dimension religieuse prêtant au conflit un caractère irrévocable que même la disparition de l’une des parties, Ali, n’apaisera&nbsp;pas.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un légitimisme consanguin</h2>



<p>L’auteur a argué d’un légitimisme historique relativement à ce dernier. Il eût été plus juste de parler d’un légitimisme consanguin, autrement dit de la résurgence de la vieille <em>«asabiyya»</em> (esprit de clan) arabe initiée par Othmane puisque l’entrée en lice de la veuve du prophète, Aïcha, réclamant le prix du sang du calife assassiné, soutenue par le tandem Talha et Zoubeir, deux apôtres promis au paradis et paradoxalement morts en affrontant d’autres musulmans, allait abattre le premier légitimisme, celui de la précédence de Ali, et baliser la route au second, celui de Moawia, qualifié de politique et aristocratique, autrement dit Quraychite.</p>



<p>Il est douteux que sans la troïka de la bataille du Chameau, Moawia pût jamais trouver les circonstances favorables dont il allait brillamment profiter pour accéder au sommet du pouvoir. Mais Moawia avait, pendant près de 20 ans, administré le Cham, une région frontalière avec l’empire Byzantin et qui pour vivre constamment sur le pied de guerre bénéficiait des meilleures armées, ainsi que d’un esprit de corps, une conscience collective individualisable depuis l’époque des rois de Ghassane, qu’on pourrait qualifier de proto-nationale, ainsi que l’argent assuré par la conquête de l’Egypte.</p>



<p>Face à la Mésopotamie, appelée Irak, seule capable de lui faire face,&nbsp;Moawia ne trouvait qu’une ville de Koufa travaillée par le neutralisme de Abou Moussa Al Ashari, et qui avec Basra, fatiguée de la guerre, n’aspirait qu’à jouir des bénéfices de la conquête de l’empire Perse, particulièrement après le massacre de leurs propres enfants, ces précurseurs de Daech, à Nahrawane, par Ali, son adversaire.</p>



<p>Le rôle attribué à ceux qui allaient devenir les Khawarij, au début connus comme Qurra&nbsp;ou lecteurs littéralistes du Coran, ne semble pas avoir dépassé celui de l’étincelle, mettant le feu aux poudres. Les Qurra avaient après avoir appelé à l’arbitrage selon le Livre sacré à Siffine, en avaient refusé le résultat.</p>



<p>Mais si tout le cheminement de l’Historien a eu pour but d’arriver à la conclusion que les terroristes de l’islam, ceux qui ont assassiné Othmane puis Ali au nom d’une exigence, l’application littérale du texte coranique dans l’exercice du pouvoir, en faisant fi du légitimisme historique et du politique aristocratique, n’ont jamais été qu’une minorité combattue et rejetée par l’immense majorité des musulmans, il faut bien constater que contrairement aux thèses soutenues, il n’y a rien eu d’éthique dans la violence meurtrière déchainée, à Siffine, au Chameau, pour l’honneur dans ces deux champs de bataille selon l’auteur puisqu’il n’y avait pas eu d’exactions contre les survivants, ou à Nahrawane, quand le massacre avait eu pour raison la volonté des Khawarij de se battre jusqu’au dernier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un empire plus arabe que musulman</h2>



<p>Mais au-delà de l’incapacité de Ali de mobiliser ses propres partisans, ou bien celle, atavique, des Compagnons de pérenniser l’œuvre fondatrice par l’élaboration d’institutions qui en dehors de la monarchie eussent assuré la continuation du pouvoir sans heurts, une nécessité que les vicissitudes ayant fait suite à la mort du prophète avaient pleinement révélée, une réalité demeure: c’est bien la conception monarchique du pouvoir de Moawia s’appuyant sur le bloc syrien qui, tout à fait logiquement, a empêché l’empire plus arabe que musulman de s’effondrer, alors même qu’il n’avait pas encore atteint la plénitude de son expansion. Même si la présence simultanée de deux califes autoproclamés, Ali et Moawia, durant deux années, préjugeait&nbsp;du morcellement essentiellement politique qui ne manquerait pas ultérieurement de le frapper.</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.&nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp; &nbsp;&nbsp;</em></p>



<p><strong><em>‘‘La Grande Discorde &#8211; Religion et politique dans l&rsquo;Islam des origines’’, Hichem Djaït, Col. Folio/Histoire, Paris 30 octobre 2008, 544 pages.</em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ysjjIOsj1N"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/">‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Histoire du Coran’’ : de l’islam de la fin des temps à celui des émirs du Golfe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/07/histoire-du-coran-de-lislam-de-la-fin-de-la-fin-des-temps-a-celui-des-emirs-du-golfe/embed/#?secret=TAaCVgdbKc#?secret=ysjjIOsj1N" data-secret="ysjjIOsj1N" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le quotidien du Tunisien et la mise en péril de son superbe cadre de vie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/le-quotidien-du-tunisien-et-la-mise-en-peril-de-son-superbe-cadre-de-vie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 10 Dec 2024 07:37:40 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Qu’est ce qui fait que le quotidien du Tunisien soit si difficile et si décevant ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/10/le-quotidien-du-tunisien-et-la-mise-en-peril-de-son-superbe-cadre-de-vie/">Le quotidien du Tunisien et la mise en péril de son superbe cadre de vie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Tunisie est supposée être le pays du bien vivre eu égard à la douceur de son climat, à la diversité et à la beauté exceptionnelle de sa nature ou à la légendaire hospitalité et convivialité de son peuple. Cependant, si on devait citer un seul consensus qui rassemble une large majorité de Tunisiens, ce serait probablement le fait que le quotidien qu’ils partagent est loin de leurs aspirations, qu’il n’est aligné ni avec leur riche patrimoine historique, ni avec le mélange culturel unique qu’ils ont hérité et encore moins avec les capacités créatrices et organisationnelles dont ils ont fait preuve à travers le temps. Mais qu’est ce qui fait que le quotidien du Tunisien soit si difficile et si décevant&nbsp;?</em></strong></p>



<p><strong>Med-Dahmani Fathallah</strong> *</p>



<span id="more-14828667"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah.jpg" alt="" class="wp-image-13960699" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/09/Med-Dahmani-Fathallah-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Répondre à cette question primordiale et très complexe est crucial pour pouvoir élaborer des solutions correctives et mettre en place des actions préventives. On serait alors tenté d’aller chercher les réponses dans les évènements de l’histoire récente voir même lointaine du pays, aussi bien que dans les aléas des situations économiques que les tunisiens subissent. Mais même si ces facteurs peuvent à juste titre contribuer indirectement à la détermination du quotidien des gens. Il n’en demeure pas moins que ce quotidien est essentiellement déterminé par le facteur humain.</p>



<p>En effet, c’est le comportement des gens, en l’occurrence les attitudes et les habitudes qu’ils développent et qui se répandent sournoisement sans que personne ne saisisse leurs aspects délétères et antisociaux et qui se transforment en une fatalité qu’ils doivent subir.</p>



<p>Le facteur prédominant serait donc un facteur social. Serait-ce l’effritement du contrat social basé sur le respect de l’intérêt commun, du respect entre les individus et du respect envers les institutions qui soit derrière cet état de fait? J’exclue d’emblée toute tentative d’évoquer la génétique des Tunisiens qui est un sujet autrement plus complexe et plus sérieux que veut nous le faire croire la génétique récréationnelle qu’on vend au public comme un produit savant.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un peuple sans ambition empêtré dans un quotidien dégradant</h2>



<p>Pour explorer la théorie sociale il faut s’atteler d’abord à décrire puis à étudier le quotidien des Tunisiens. Déjà, l’historien, anthropologue et sociologue Tunisien, feu Hichem Djaït avait réagi au quotidien qu’il a vécu en déclarant: <em>«Je me sens humilié d’appartenir à un peuple sans horizon et sans ambition… qui n’a pas de science, pas de raison, pas de beauté, pas de vie et pas de vraie culture».</em></p>



<p>Même si Hichem Djaït se référait au déterminisme politique de son quotidien, cette façon excessive de relater ce quotidien, de la part d’un homme de lettre éclairé, dénote la difficulté de subir un quotidien difficile.</p>



<p>Mais ici la référence au quotidien tunisien aujourd’hui n’est pas politique mais plutôt sociale.</p>



<p>Le quotidien actuel en Tunisie est profondément marqué par la désorganisation. On se complait dans le chaos et le dépit du bon sens et cela se manifeste de plusieurs façons plus incongrues les unes que les autres.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="p0hkxstnL9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/omerta-intimidation-et-ordures-haro-sur-la-loi/">Omerta, intimidation, et ordures : Haro sur la loi !</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Omerta, intimidation, et ordures : Haro sur la loi ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/28/omerta-intimidation-et-ordures-haro-sur-la-loi/embed/#?secret=Sitn09LTH9#?secret=p0hkxstnL9" data-secret="p0hkxstnL9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Commençons par la levée des ordures. Le premier réflexe serait de blâmer les instances officielles qui sont chargées de cette tâche. Mais avant de tomber dans la facilite du coupable idéal, il est important d’évaluer les comportements individuels. Déverser ses ordures partout et à tous moments est un devenu un acte anodin, et vivre à côté de dépotoirs à ciel ouvert est devenu presque normal. Comment peut-on arriver à accepter l’inacceptable sans ciller&nbsp;? Quelle sorte de fatalité vivons-nous&nbsp;!</p>



<p>Est-ce que le Tunisien réalise les conséquences sanitaires d’un tel acte? Si oui, pourquoi donc ce comportement irresponsable? Pourquoi on ne cherche pas des solutions adéquates? Est-il si difficile d’organiser une collecte et une levée responsable des ordures? Pourquoi ne procède-t-on pas à une étude comparative de standard de qualité (benchmark) avec d’autre pays qui ont résolu ces problèmes?</p>



<p>Les bonnes réponses à ces questions existent et elles doivent être formulées par les citoyens aussi bien que par les responsables qui au demeurant sont aussi des citoyens. La réponse globale relève du social.</p>



<p>L’autre fléau qui pèse non seulement sur le quotidien des Tunisiens mais aussi sur l’économie du pays, ce sont les <a href="https://kapitalis.com/archive/196-afkar/4394-tunisie-y-a-t-il-une-democratie-sans-civisme" target="_blank" rel="noreferrer noopener">interminables files d’attente</a>. En Tunisie on fait la queue partout et souvent pour rien, de la boulangerie à la banque, à l’hôpital mais aussi au cabinet du médecin et bien sûr dans les administrations publiques toutes confondues. Ces attentes sont loin d’être négligeables et si on les cumule, on se rendrait compte qu’un bon pan de la vie du Tunisien est sacrifié à la futilité. Ainsi, un citoyen économiquement actif perd une bonne partie de son temps de travail à attendre pour bénéficier de services qu’il paye.</p>



<p>Si on comptabilisait tout ce temps de travail perdu on serait étonné du montant annuel de la perte économique sèche que ce phénomène, du essentiellement au manque flagrant de l’organisation du travail, occasionne. Ceci en plus de l’impact psychologique que l’individu subit. Ainsi la chronicité du fait d’avoir à poireauter pour un banal service crée une frustration qui affecte l’humeur des individus et l’émergence d’un comportement égoïste et irrespectueux (le soi d’abord), comme le resquillage, devenu sport national.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le désordre banalisé, accepté, ordinaire </h2>



<p>Ce qui est inquiétant c’est qu’un simple défaut d’organisation de la vie sociale aboutisse à la détérioration du caractère convivial, sincère et respectueux des interactions entre individus, jadis une fierté nationale. Cette dégradation du quotidien représente une vraie menace à la cohésion sociale qui est un élément essentiel du bien vivre ensemble.</p>



<p>On ne peut pas aborder le quotidien des Tunisiens sans parler de leurs déplacements, donc de son usage de la route, qu’ils soient motorisés (les automobilistes) ou non motorisés (les piétons). Dans ce domaine on frise régulièrement le cauchemar et on n’a rien à envier à l’Inde ou à nos chers amis Egyptiens. Les symphonies cacophoniques des klaxons sont une nuisance sonore permanente.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HQUoJXwwUl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/24/je-ne-voudrais-point-du-peuple-qui-veut/">Je ne voudrais point du «Peuple qui veut» !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Je ne voudrais point du «Peuple qui veut» ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/24/je-ne-voudrais-point-du-peuple-qui-veut/embed/#?secret=dPmpkrZw8a#?secret=HQUoJXwwUl" data-secret="HQUoJXwwUl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Un anonyme aurait dit, que dans le monde, le moment le plus court entre deux évènements est le laps de temps relevé en Inde et en Egypte entre le passage du feu de signalisation du rouge au vert et le premier coup de klaxon. En Tunisie, ce record est largement battu puisqu’on klaxonne légèrement avant le passage au vert. On a inventé le klaxonnement anticipé. En Tunisie on ne klaxonne pas pour avertir par un simple bip, on klaxonne longuement et méchamment pour bien exprimer sa colère, engueuler l’autre et se frayer un chemin coute que coute. Mais le pire, c’est la prolifération de ces individus qui ont décidé que le feu rouge ce n’est pas pour eux ainsi que ces individus qui sont sélectifs, qui considèrent certains feux rouges comme désuets et donc ne s’y arrêtent pas. Ce sont ces mêmes individus qui vous engueulent copieusement si par malheur vous êtes arrêtés à un feu rouge qu’ils ont décidé d’annuler par une sorte de mystérieuse entente tacite.</p>



<p>Les comportements erronés des automobilistes Tunisiens sont nombreux et forment une panoplie très difficile à cerner. Toutes les catégories sociales sans distinction ni de niveau d’éducation ni de sexe sont impliqués dans ces comportements. Pour s’adapter les piétons ont développé des comportements aussi erronés avec en plus quelques comportements provocateurs. Ainsi le piéton traverse où et quand bon lui semble quand il ne marche pas au beau milieu de la route. A son crédit, le fait que le trottoir a été dans sa majorité pris en otage par les cafés, les restaurants, les échoppes ou les voitures garées dessus.</p>



<p>On a observé récemment que dans un élan de créativité, des automobilistes qui avaient repéré un large trottoir l’ont rapidement déclaré bon pour la circulation, ils y ont créé une nouvelle file à droite de la route et les voitures y circulent allègrement.</p>



<p>Devant de tels abus de toutes les lois et du code universel de la route ou simplement de la bonne séance, le piéton a développé le comble des gestes de provocation irresponsable qui consiste à traverser la route doucement sans se presser et surtout sans regarder, comme dans un défi qui dit aux conducteurs <em>«Ecrasez-moi et vous subirez les conséquences».</em></p>



<p>Ce serait un euphémisme que de rappeler le côté irrationnel de tous ces comportements quelles qu’en soient les causes, tant leurs aspects dangereux et inutile est évident.</p>



<p>Mais ce qui interpelle c’est surtout le peu de conscience active que manifestent les Tunisiens à l’égard de ces faits qui pourrissent leur quotidien. On en parle certes, on se plaint souvent mais c’est toujours en catimini, dans des cercles restreints tout en dégageant sa responsabilité personnelle et en blâmant l’irresponsabilité collective.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le respect de soi et d’autrui et du bien commun</h2>



<p>On voit peu ou pas d’organisation tangible pour au moins initier un débat autour de la question du quotidien difficile. Les médias et la société civile semblent ne pas prendre ces problèmes sociaux au sérieux et ne jouent pas ainsi le rôle qu’ils doivent jouer pour relayer l’information nécessaire à une prise de conscience active. Sans une prise de conscience collective suivit du développement d’actions adéquates et de leur implémentation efficace, il serait illusoire de croire qu’on puisse un jour revivre en Tunisie un quotidien de qualité.&nbsp;</p>



<p>Cette énumération des comportements erronés du quotidien Tunisien est loin d’être exhaustive. Ces comportements sont en train de mettre sérieusement en péril le beau cadre de vie du pays. Ce quotidien est d’abord la responsabilité des Tunisiens et c’est à eux et à eux seuls qu’il revient de l’améliorer et de le préserver. Le quotidien se partage et comme tous ce que les hommes sont amenés à partager, cela relève de la responsabilité collective.</p>



<p>Améliorer le quotidien ne se fera qu’à travers la redécouverte et la mise en avant de nos valeurs et en premier lieu le respect de soi et d’autrui et du bien commun. La Tunisie n’est-elle pas le berceau de la sociologie. Il incombe donc aux vaillants sociologues Tunisiens, les dignes descendants <em>d’Ibn Khaldoun</em> de retrousser leurs manches et de trouver le chemin de la repentance sociale pour que leurs concitoyens puissent se réapproprier la douceur de vie tunisienne qu’on nous enviait. Un autre illustre Tunisien, le Carthaginois Hannibal Barca, cité par ses ennemis Romains, n’a-t-il pas dit : <em>«Nous trouverons le chemin ou nous en créerons un» (‘Aut Vian inviniam aut faciam’)</em></p>



<p>* <em>Expert onusien en stratégie de l&rsquo;éducation et transfert de technologie. </em> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PSCwDrDZqH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/07/13/en-tunisie-la-vraie-crise-est-civique-et-culturelle/">En Tunisie, la vraie crise est civique et culturelle</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, la vraie crise est civique et culturelle » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/07/13/en-tunisie-la-vraie-crise-est-civique-et-culturelle/embed/#?secret=Zgo5WAbfPR#?secret=PSCwDrDZqH" data-secret="PSCwDrDZqH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘La seconde fitna’’: Contre l’orientalisme et la sacralisation, démystifier le récit fondateur</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/16/la-seconde-fitna-contre-lorientalisme-et-la-sacralisation-demystifier-le-recit-fondateur/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Jun 2024 07:29:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Abbassides]]></category>
		<category><![CDATA[Boutheina Ben Hassine]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Omeyyades]]></category>
		<category><![CDATA[prophète Mohamed]]></category>
		<category><![CDATA[seconde fitna]]></category>
		<category><![CDATA[Yazid Ibn Mouaouia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce livre détaillé traite d’une époque charnière dans l’histoire de l’islam dont les effets continuent de se faire sentir.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/16/la-seconde-fitna-contre-lorientalisme-et-la-sacralisation-demystifier-le-recit-fondateur/">‘‘La seconde fitna’’: Contre l’orientalisme et la sacralisation, démystifier le récit fondateur</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si les pays arabes représentent aujourd’hui un néant stratégique abyssal ainsi que ne fait que le confirmer leur silence face aux massacres de Gaza et un alignement inconditionnel sur le nouveau calife, Israël, dont ils paieront inévitablement le prix, il serait plus judicieux d’en chercher la raison ailleurs que dans des accusations contre des ennemis qui forcément ont beau jeu de tirer profit de nos errements.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-13319744"></span>



<p>Ce livre détaillé traite d’une époque charnière dans l’histoire de l’islam dont les effets continuent de se faire sentir. Il n’est pas ici opportun d’évoquer les guerres dont l’enjeu a été le pouvoir après la mort du prophète Mohamed et qui ont abouti à la l’accession au califat de Mouaouia Ibn Abi Sofian, chef de la famille Omeya à la suite du modus vivendi obtenu avec l’accord de l’imam Hassan Ibn Ali, chef de la famille Hachem, reconnaissant au premier la dignité de la charge, jusqu’à sa mort, ce dernier devenant ainsi son successeur.</p>



<p>Le conflit a rebondi lorsque Mouaouia revenant sur ses engagements tenta de faire introniser comme héritier son fils, Yazid, réputé être un sybarite avide de plaisirs et incapable d’assurer les charges de l’Etat. C’est&nbsp; Moughira&nbsp;Ibn Chou’ba, l’un des apôtres,&nbsp;<em>«promis au paradis»</em>, qui le premier le suggéra, pour éviter d’être limogé de son poste de gouverneur en Irak.</p>



<p>A la mort de son père, le premier souci de Yazid fut de tenter d’obtenir l’hommage des chefs considérés comme les plus dangereux, Hussein Ibn Ali, petit-fils du prophète Mohamed, et Abdallah Ibn Zoubeir, arrière petit-fils du premier calife Abou Bakr, résidant à Médine.</p>



<p>Tous deux pour échapper aux pressions du gouverneur et pour se soustraire à cette obligation s’enfuirent à la Mecque et devinrent ainsi des opposants déclarés au premier calife.</p>



<p>Là, Hussein reçut un message venu de la ville irakienne d’Al-Koufa écrit par des partisans (<em>chiaa</em>) de son père Ali lui promettant l’aide et la reconnaissance nécessaires pour réclamer la dignité califale, selon eux usurpée par la famille Omeya.</p>



<p>Hussein décida d’envoyer secrètement son cousin Mouslim Ibn Aqil afin de préparer son arrivée. Mais prévoyant, et connaissant le danger représenté par l’Irak, le calife envoya à Al-Koufa un gouverneur énergique, Oubaidallah Ibn Ziyad, chargé de lui barrer la route et de le réduire, au besoin en le tuant. Établissant une véritable surveillance policière, il réussit grâce à ses informateurs à localiser l’agent secret et cousin de l’Imam Hussein, et à démanteler son organisation. La répression fut terrible. Ils furent tous torturés, précipités du haut des remparts du palais, achevés et décapités, leurs têtes étant envoyées au Calife Yazid à Damas, sans aucune prise en compte d’éventuels liens familiaux ou tribaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Atrocités, viols, séquestration des biens</h2>



<p>Lorsque l’imam Hussein apprit la nouvelle, il était déjà engagé dans le désert sur la route vers l’Irak avec toute sa famille, essentiellement des jeunes, des femmes et des enfants. S’étant enquis auprès du poète Al-Farazdaq sur les habitants d’Al-Koufa chez qui il se rendait, il suscita cette réponse cinglante: <em>«Leurs cœurs sont avec toi, leurs épées sont avec tes ennemis»</em>. Malgré cela il refusa de rebrousser chemin, cédant à la volonté des enfants de Mouslim Ibn Aqil désireux de le venger, et fut intercepté aux confins de l’Irak par des cavaliers envoyés par le gouverneur d’Al-Koufa à sa recherche. Il se retrouva privé d’eau face à une armée d’une dizaine de milliers d’hommes et refusant de prêter hommage, il fut massacré avec sa famille, et décapité, sa tête envoyé au Calife à Damas. Les corps ne furent pas enterrés et furent abandonnés aux bêtes sauvages. Seuls les femmes et un jeune, Ali, furent laissés en vie.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ynF8pqN7Wg"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/">‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Les derniers jours de Muhammad’’ : Enquête de Héla Ouardi » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/05/09/les-derniers-jours-de-muhammad-enquete-de-hela-ouardi/embed/#?secret=jFXiuX2Wzo#?secret=ynF8pqN7Wg" data-secret="ynF8pqN7Wg" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Entretemps, Médine où habitaient les illustres compagnons et témoins du prophète Mohamed avec leurs familles avait également refusé de prêter hommage à Yazid considéré comme un usurpateur, et la famille Omeya s’était retrouvée encerclée dans la maison d’Al-Hakam. Une armée professionnelle de 12.000 hommes avait donc été envoyée du Cham (Syrie)&nbsp;pour réduire la ville rebelle sous les ordres d’un vieux combattant connu pour sa fidélité à la famille Omeya, Muslim Ibn Okba. Il s’ensuivit une bataille dite d’Al-Hourra contre les gens de Médine et l’armée du Cham composée de troupes aguerries contre les Byzantins, n’avaient fait qu’une bouchée de leurs adversaires.</p>



<p>Tous les vaincus furent massacrés, et ainsi disparut la première génération des musulmans compagnons du prophète Mohamed, et Mouslim Ibn Okba n’épargna même pas son propre cousin.</p>



<p>La ville fut soumise trois jours durant aux exactions de la soldatesque et au pillage. Les femmes furent violentées et il en résulta plus de 900 naissances, qualifiées d’enfants d’Al-Hourra. Le quatrième jour, la population fut réduite au statut d’esclave et dut prêter serment. Il restait à réduire Abdallah Ibn Zoubeir&nbsp;réfugié à la Mecque appuyé par ses partisans, par des combattants kharijites et même par des troupes venues d’Ethiopie envoyées par le Négus. Le rebelle avait manifesté son opposition en refusant de prier ou d’accomplir les rites du pèlerinage sous l’autorité des officiels omeyyades. Le gouverneur de Médine lui avait bien envoyé son frère et néanmoins ennemi Amr ibn Zoubeir pour le capturer mais ce dernier avait échoué, s’était laissé prendre, avait été torturé et fouetté, et était mort en détention d’infection et d’épuisement.</p>



<p>Ainsi après la réduction de Médine à l’obéissance du calife Yazid, l’armée du Cham dirigée par Hussein ibn Noumeir, remplaçant son prédécesseur, mort,&nbsp;s’était dirigée vers la Mecque avec ses catapultes pour réduire le dernier bastion de l’opposition. Abdallah Ibn Zoubeir s’était réfugié dans la Kaaba et l’armée omeyyade&nbsp;l’avait bombardé usant de ses lance-pierres et de ses catapultes, ce qui avait abouti à l’incendie et la destruction du monument sacré.</p>



<p>Alors que le siège se poursuivait, Abdallah Ibn Zoubeir apprit soudain que le calife Yazid était mort à Damas à l’âge de 38 ans. Il en informa ses ennemis qui refusèrent durant 40 jours de le croire avant d’en avoir confirmation. L’armée du Cham décida alors de lever le siège et de rentrer chez elle, après l’accomplissement&nbsp;du rituel du Hajj, il faut le préciser,&nbsp;et proposa à Ibn Zoubeir de l’emmener en Syrie, de le soutenir, et de l’introniser calife, moyennant sans aucun doute son pardon pour la destruction de la Kaaba et ses exactions contre la population de Médine, mais il refusa.</p>



<p>En fin de compte, Abdallah Ibn Zoubeir se proclamerait&nbsp;calife jusqu’à ce que plusieurs années plus tard il soit capturé et tué à la Mecque par l’armée omeyyade&nbsp;dirigée par le célèbre général Al Hajjaj Ibn Youssef.</p>



<p>Dans tout cela, l’État omeyyade n’avait pas fait de quartier contre ses opposants. Atrocités, viols, séquestration des biens, utilisation des membres des tribus ou des familles les uns contre les autres, massacres de la famille du prophète, violations des mois sacrés, destruction de la maison du seigneur (Kaaba), la répression avait été bien plus sévère sous Yazid que sous Mouaouia, en usant pour ce faire de fonctionnaires dont la seule qualité avait été la fidélité, qui souvent dérogeaient&nbsp;aux normes arabes de la noblesse.</p>



<p>Ainsi le gouverneur Ibn Ziyed, qui avait mené une répression impitoyable, était considéré comme le descendant d’une esclave et d’une prostituée. Faudrait-il s’en enorgueillir ou le décrier?</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’islam, outil de propagande dans la lutte pour le pouvoir</h2>



<p>Quant aux principes et aux normes de l’islam, ils n’avaient été que des outils de propagande dans la lutte pour le pouvoir. Parmi tous les protagonistes, seul Hussein Ibn Ali était apparu comme un croyant sincère dans toute la plénitude du terme, soucieux d’épargner l’effusion du sang. Mais il faut reconnaître que s’étant placé en situation d’infériorité, il ne peut pas en être crédité. Par ailleurs, il n’avait pas le charisme nécessaire pour convaincre les guerriers envoyés contre lui de se retourner en sa faveur. Son imprévoyance dans son équipée irakienne qui s’était conclue&nbsp;aussi tragiquement à Karbala prouve que, n’ayant pas eu le souci de préserver sa propre famille, il n’aurait pas eu les qualités nécessaires pour gérer un empire, ce que n’a fait que confirmer la <em>«trahison»</em> des habitants d’Al-Koufa qui pourtant l’avaient sollicité pour venir chez eux, et l’impéritie de son envoyé Muslim Ibn Aqil.&nbsp;</p>



<p>A l’opposé, l’Etat omeyyade appuyé sur une bureaucratie efficace menée par des fonctionnaires énergiques, ainsi que sur la fidélité des notables chargés de redistribuer vers leurs clans les rentes issues du jihad, s’était assurée les complicités nécessaires qui lui avaient permis de triompher de ses adversaires.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mEyVhIQ50W"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/">A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« A propos du terrorisme islamiste : le Vieux de la Montagne à l’Assemblée du peuple » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/09/09/a-propos-du-terrorisme-islamiste-le-vieux-de-la-montagne-a-lassemblee-du-peuple/embed/#?secret=KBZMfka3k1#?secret=mEyVhIQ50W" data-secret="mEyVhIQ50W" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Certes, la révolte de Médine d’expression religieuse avait été en grande partie due au sentiment d’injustice et au particularisme d’une région ayant pour elle la légitimité historique mais qui se sentait marginalisée au profit de la nouvelle aristocratie du Cham s’assurant les meilleures terres et accaparant&nbsp;l’eau.</p>



<p>Pour autant, sur le plan politique, la légitimité de l’Etat s’était établie sur une propagande qui ne manquait pas d’arguments convaincants: le prix du sang du calife Othman assassiné, la nécessaire union et son corollaire, l’obéissance due au calife représentant la volonté de Dieu, et chargé de mener le jihad contre les infidèles pour le bien et la prospérité de la communauté, par les revenus et les terres qu’elle en retirerait.</p>



<p>Ce fut là l’acte de naissance d’un césaro-papisme qui marque jusqu’à nos jours la vie politique dans les pays musulmans. Tributaires de l’Etat qui les corrompait, les notables ne tentèrent jamais d’établir le nécessaire contre-pouvoir qui ailleurs aboutit au parlement, et la religion finit par devenir un appendice de l’autorité politique.</p>



<p>Enfin, parmi tous les protagonistes de la seconde fitna, Abdallah Ibn Zoubeir s’était effectivement révélé celui qui, associant une légitimité familiale et religieuse incontestables, avait marqué son opposition au nom de la choura violée par l’exercice personnel du pouvoir califal, tout en étalant autant de cynisme et d’absence de scrupules (combien de frères et de neveux avait-il sacrifié à ses ambitions?) que ses adversaires. Mais son mauvais calcul au moment de la mort du calife Yazid, alors que la route du pouvoir était largement ouverte, lui avait été fatale.</p>



<p>Pour conclure, il n’est pas ici opportun de chercher pourquoi les musulmans ont commencé à s’accuser d’être <em>kafirs</em> pour s’étriper malgré les versets du Coran le leur interdisant formellement;&nbsp;cela sera traité ultérieurement, quand la grande fitna sera abordée.</p>



<p>Eu égard à l’abondante bibliographie sur le sujet qui date pour la plupart de l’époque du califat Abbasside, il est raisonnable de penser que les Omeyyades eussent pu aussi être dénigrés par ceux qui les ont renversés, supplantés, massacrés, des successeurs en mal de justification, soucieux de préserver la légitimité de l’institution califale afin de la détourner à leur profit, de rétablir la réputation de la famille de Ali héritier du prophète en tant que cousin et gendre, et subséquemment de son oncle Al- Abbas, mais aussi de dénigrer leurs prédécesseurs au point de les accuser de mécréance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">On ignorerait ainsi tout de la véritable histoire de l’islam</h2>



<p>Conformément à cette documentation qui reste la seule disponible, les musulmans ont été capables de violer, torturer, et tuer les membres de leur propre communauté,&nbsp;tout comme l’avaient fait contre la leur propre&nbsp;les Anglais durant la <em>«guerre&nbsp;des deux roses»</em>, les Allemands pendant celle <em>«des trente&nbsp;ans»</em>, les Espagnols durant la dernière guerre d’Espagne, ou selon la Bible les Israélites contre la tribu de Benjamin. Il demeure nécessaire de le préciser pour régler son compte à un exceptionnalisme judéo-chrétien soi-disant fondateur de la morale des peuples civilisés.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LnX8GLVYub"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/30/le-17-du-ramadan-ou-la-defaite-de-lutopie-face-a-lesprit-de-clan-en-islam/">Le 17 du ramadan, ou la défaite de l’utopie face à l’esprit de clan, en islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le 17 du ramadan, ou la défaite de l’utopie face à l’esprit de clan, en islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/04/30/le-17-du-ramadan-ou-la-defaite-de-lutopie-face-a-lesprit-de-clan-en-islam/embed/#?secret=teP4QfOGsX#?secret=LnX8GLVYub" data-secret="LnX8GLVYub" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mais en supposant que les faits rapportés par les auteurs du Tafsir et de la Sira soient vrais, cela remettrait en question le bien-fondé d’une religion censée conférer à ses adeptes un sens moral élevé. Si ces&nbsp;faits ne le sont pas, les clercs abbassides auraient créé un tissu de mensonges et une histoire à charge dont on assume aujourd’hui les conséquences.</p>



<p>On ignorerait ainsi tout de la véritable histoire de l’islam, comme  par exemple si le scandale se fut situé ou non dans l’usage de méthodes répressives contre les musulmans réservées en principe aux populations vaincues et occupées. Des musulmans ont été capables de massacrer la famille de leur prophète et d’outrager les femmes de la ville sainte de Médine, alors même que dans le Coran on fait reproche aux Juifs de tuer les envoyés de Dieu injustement.</p>



<p>Y a-t-il eu&nbsp;des viols&nbsp;de femmes juives à Gaza le 7&nbsp;Octobre dernier ainsi que le prétendent les sionistes pour justifier leurs propres crimes? On peut légitimement se poser la question, même s’il n’est actuellement pas opportun de le faire. Mais le sera-t-il jamais? Il n’est donc pas sûr qu’il n’y&nbsp;ait jamais eu une <em>«meilleure communauté»</em>, pas plus qu’un peuple élu. Pourtant, l’essence de l’islam, tout comme d’ailleurs celle du judaïsme ou du christianisme, c’est le courage de protester contre l’injustice, dont la manifestation contemporaine la plus éclatante est le mouvement dans les campus américains et en Occident contre la guerre à Gaza. Il faudrait donc cesser d’idéaliser un passé qui nous vaut souvent aujourd’hui dans le monde, non seulement de prêter le flanc aux attaques de nos ennemis, mais également&nbsp;le mépris à cause de nos Etats arabes qui s’associent par opportunisme ou absence de&nbsp; sens moral à leurs entreprises, tant bien même ces attaques seraient dirigées seulement contre quelques-uns parmi nous, ceux qui dérangent.</p>



<p>Si les pays arabes représentent aujourd’hui un néant stratégique abyssal ainsi que ne fait que le confirmer leur silence face aux massacres de Gaza et un alignement inconditionnel sur le nouveau calife, Israël, dont ils paieront inévitablement le prix, il serait plus judicieux d’en chercher la raison ailleurs que dans des accusations contre des ennemis qui forcément ont beau jeu de tirer profit de nos errements.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘La seconde fitna au temps di calife Yazid Ibn Mouaouia’’ (en arabe), de Boutheina Ben Hassine, préface de Hichem Djaït, éditions Al-Jamal, 1er mars 2013, 705 pages.  </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L8VmYv7Wig"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/">‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La chute du califat de Cordoue’’: l’autre grande discorde de l’islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/22/la-chute-du-califat-de-cordoue-lautre-grande-discorde-de-lislam/embed/#?secret=YxDyBB6hqp#?secret=L8VmYv7Wig" data-secret="L8VmYv7Wig" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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			</item>
		<item>
		<title>La pensée de Yadh Ben Achour : pour un islam sans soumission</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/la-pensee-de-yadh-ben-achour-pour-un-islam-sans-soumission/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/la-pensee-de-yadh-ben-achour-pour-un-islam-sans-soumission/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 04 May 2024 10:28:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdallah Laroui]]></category>
		<category><![CDATA[Académie tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Beït Al-Hikma]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Mahjoub]]></category>
		<category><![CDATA[Yadh Ben Achour]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=12682043</guid>

					<description><![CDATA[<p>Rencontre à Beit Al-Hikma sur sur les récents ouvrages de Yadh Ben Achour. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït Al-Hikma, a organisé, le mardi 30 avril 2024, à son siège à Carthage-Hannibal, une conférence sur le thème «De l’herméneutique à l’éthique : sur les récents ouvrages de Yadh Ben Achour».</em></strong></p>



<span id="more-12682043"></span>



<p>La conférence a été donnée par l’académicien Pr Mohamed Mahjoub qui s’est attelé à relire certains des derniers textes du Pr Yadh Ben Achour&nbsp;: <em>‘‘La deuxième Fatiha’’</em> (2011), <em>‘‘L’Islam et la démocratie’’</em> (2020), <em>‘‘L’Ethique des révolutions’’</em> (2023), et ce, à partir d’un fil conducteur&nbsp;: celui d’une <em>«libération»</em>, d’une sortie, d’une ouverture, qui commence comme une levée des obstacles à la lecture des textes sacrés, par une interprétation interne, d’un côté, et externe, de l’autre.</p>



<p>Cette approche permet de se situer sur le terrain d’une universalité possible, d’une humanité partagée, d’un islam sans soumission.</p>



<p>Il s’agit d’une lecture qui se veut ni exclusivement génétique, ni particulièrement structuraliste, mais qui cherche à montrer que le cheminement de Yadh Ben Achour est celui d’une réflexivité cherchant à trouver dans le retour sur soi les ressources d’un renouveau.</p>



<p>L’éthique, dans le concept à la fois large et inclusif qu’en donne Ben Achour, parvient à s’affirmer comme nouvelle transcendance dans laquelle la liberté s’affirme comme la demande majeure d’un sujet à la fois réfléchissant et narrateur, à&nbsp;la fois absolu, et attaché au témoignage contraignant de l’historique, et même du vécu, inaugurant, ainsi, une sorte de nouvelle orientation de la philosophie comme<em> «idée»</em>, mais aussi comme <em>«témoignage»</em>.</p>



<p>Le conférencier s’est essayé, par ailleurs, à situer &#8211; dans le cadre de sa propre tentative de <em>«problématiser l’Aujourd’hui philosophique» </em>&#8211; Yadh Ben Achour par rapport à deux autres figures de la pensée arabe contemporaine&nbsp;: Hichem Djaït et Abdallah Laroui.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/04/la-pensee-de-yadh-ben-achour-pour-un-islam-sans-soumission/">La pensée de Yadh Ben Achour : pour un islam sans soumission</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Europe et islam : les origines d&#8217;un antagonisme pérenne</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Mar 2022 11:03:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[monde arabo-musulman]]></category>
		<category><![CDATA[occident]]></category>
		<category><![CDATA[terrorisme islamiste]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>« L&#8217;Europe et l&#8217;Islam », essai de l&#8217;historien tunisien Hichem Djaït, décédé le 1ᵉʳ juin 2021, a l’immense mérite de susciter toujours, plusieurs décennies après sa publication, un effort de réflexion sur l’avenir de l&#8217;islam, au moins dans les limites de certaines convictions qu&#8217;entre les années 60 et l’époque actuelle, beaucoup de musulmans ont partagées. Par Dr...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/03/Hichem-Djait.jpg" alt="" class="wp-image-385522"/></figure></div>



<p><strong><em>« L&rsquo;Europe et l&rsquo;Islam », essai de l&rsquo;historien tunisien Hichem Djaït, décédé le 1ᵉʳ juin 2021, a l’immense mérite de susciter toujours, plusieurs décennies après sa publication, un effort de réflexion sur l’avenir de l&rsquo;islam, au moins dans les limites de certaines convictions qu&rsquo;entre les années 60 et l’époque actuelle, beaucoup de musulmans ont partagées. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-385521"></span>



<p> Ce livre a été publié après <em>«la victoire arabe» </em>de la guerre d’Octobre 1973 et le premier choc pétrolier, avant la révolution iranienne de 1979, en pleine ère de confrontation entre l’économie de marché et le socialisme. Il prétend restituer dans l’histoire contemporaine et sur l’échiquier géopolitique la présence qu’il estime devoir être reconnue au monde arabo-musulman et que l’Europe conquérante et victorieuse a pendant longtemps niée, mais cette prétention est atténuée par une interrogation, celle de sa capacité à rattraper son retard, sans s’insérer dans la vision marxiste de l’histoire, c’est-à-dire sans perdre son âme.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le passif historique entre islam et occident</h2>



<p>L’auteur, historien dont l’érudition est remarquable, rappelle en reprenant les thèses des orientalistes pour le plus souvent les réfuter, parfois celles des marxistes, ou bien des penseurs allemands tels Hegel et Spengler, comment l’idée de l’Europe est née d’un contentieux historique contre l’islam qui s’est développé, d’abord à partir de l’Eglise, ensuite de l’Orientalisme, pour durer et prospérer.</p>



<p>C’est en s’interrogeant sur les racines de cette hostilité immanente que le concept de la modernité occidentale est analysé et expliqué, pour aboutir en fin de compte à la conclusion que ses racines plongent dans le vieux fond oriental qualifié d’arabe que l’islam en réalité n’a fait que parachever, et qui a inspiré la civilisation gréco-romaine, puis à travers le christianisme, les peuples germaniques conquérants de l’empire romain. Le concept central de ce modernisme est sa capacité à emprunter puis à se remettre en question, contrairement aux cultures dont l’objectif est de pérenniser les caractères propres d’une société. Son caractère universel est donc intrinsèque à sa genèse, et l’Europe n’en a été que la matrice, peut-être de circonstance selon une vision historiciste.</p>



<p>A la lueur des développements ultérieurs que le monde a connus, ce livre possède une lucidité remarquable, et même un caractère parfois prémonitoire, même s’il pose comme postulat que le socialisme (scientifique) en tant que réalité pérenne.</p>



<p>Le passif historique entre islam et occident s’est alourdi avec les guerres du Golfe et contre le terrorisme, et il est douteux que celles-ci eussent été menées sans la chute du mur de Berlin et l’éclatement de l’Union Soviétique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le mythe d’une oumma solidaire vole en éclat</h2>



<p>La Chine a mené (sa courte) marche vers l&rsquo;économie de marché avec le succès planétaire que le monde lui reconnaît volontiers, sans passer sous les fourches caudines de la démocratie, contrairement au Japon. Mais l’idée centrale de ce livre est toujours d’actualité, c’est celle de l’avenir de l’islam en tant que fait historique et géopolitique dans le monde d’aujourd’hui, alors que la voie d’échappement vers le marxisme est désormais hors service, et que la guerre contre le terrorisme, avec l’invasion, l’éclatement et la dévastation de l’arc de cercle qui s’étend de l’Atlantique à l’Asie Centrale a fait voler en éclat le mythe d’une oumma politiquement solidaire dont l&rsquo;auteur il faut le reconnaître a toujours pris acte.</p>



<p>Au début des années 70, il n’ y avait ni islamisme ni terrorisme islamiste; ils ne sont donc nullement une donnée inhérente au fait islamique ainsi que l’avatar le plus tardif de l’orientalisme créé par la propagande de guerre américaine et repris par le populisme xénophobe occidental, tend à le faire croire, pour l’utiliser contre l’immigration.</p>



<p>Le matérialisme dialectique constituait en effet une alternative à l’aliénation des pays d’islam, pour beaucoup d’intellectuels, l’autre alternative étant le libéralisme, la lutte ayant pour enjeu le contrôle des masses.</p>



<p>Le fait islamique en tant que réalité apparaissait en voie de dissolution, seule une certaine idée de la solidarité persistait au moins dans le discours politique, et les masses, demeuraient les dépositaires de ses manifestations culturelles, dont les pouvoirs tenaient à tirer leur légitimité.</p>



<p>Cinquante années plus tard, après l’accession des islamistes à la réalité politique dans un cadre imposé de l’extérieur, le discours et les symboles de la solidarité ont disparu, la normalisation avec l&rsquo;État d’Israël en constitue la manifestation la plus éclatante. Mais l’émergence de l’intellectuel musulman éclairé descendant en droite ligne de la Nahda du XIXe siècle, que l’auteur, l’un de ses ultimes représentants, appelait de ses vœux, n’a pas eu lieu; c’est le salafiste qui finalement a pris sa place, et par un jeu d’ imposture récupéré la symbolique du modernisme, au point d’en baptiser l’un des partis politiques les plus rétrogrades qui aient accédé au pouvoir dans ce pays, avec les conséquences que l’on sait.</p>



<h2 class="wp-block-heading"> La question du devenir de l’islam n’est pas réglée </h2>



<p>La question du devenir de l’islam, après 20 ans de guerre en Irak et 40 ans en Afghanistan, n’est donc toujours pas réglée, et il apparaît aujourd’hui comme l’homme malade du monde, pris en étau entre les Etats-Unis, la Chine, l’Europe en tant qu’entité géographique, et depuis toujours, la Russie.</p>



<p>Ce sont les masses, ainsi que l’a justement rappelé Yadh Ben Achour, qui demeurent les dépositaires du fait islamique, dans tout son empirisme; à la notable différence près qu’elles sont privées de l’élite intellectuelle moderniste, qui pour ne pas perdre son âme, leur sied, et qu’elles ont accédé, pour une bonne part d’entre elles, aux contraintes du consumérisme.</p>



<p>On regrettera que l’auteur, aujourd’hui décédé, se soit abstenu de donner une suite à cet ouvrage au regard des bouleversements politiques survenus dans le monde arabe et musulman après la guerre anti-terroriste et se soit cantonné à une relecture, certes critique et de valeur, des origines du fait musulman. Mais on lui reconnaîtra néanmoins l’immense mérite de susciter toujours plusieurs décennies après sa publication un effort de réflexion sur l’avenir, au moins dans les limites de certaines convictions qu&rsquo;entre les années 60 et l’époque actuelle, beaucoup de musulmans ont partagées.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<ul class="wp-block-list"><li><em><strong>L&rsquo;Europe et l&rsquo;Islam, essai de Hichem Djaït, 192 pages, éditions du Seuil, Paris, 1er mars 1978.</strong></em></li></ul>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="gDFr5PWKPk"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/20/lorthodoxie-sunnite-les-fondements-de-lechec-de-la-revolution-du-jasmin/">L&rsquo;orthodoxie sunnite : Les fondements de l&rsquo;échec de la révolution du jasmin</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;orthodoxie sunnite : Les fondements de l&rsquo;échec de la révolution du jasmin » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/20/lorthodoxie-sunnite-les-fondements-de-lechec-de-la-revolution-du-jasmin/embed/#?secret=BKttlPSAJ8#?secret=gDFr5PWKPk" data-secret="gDFr5PWKPk" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ewU4mnHhzt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/19/medecine-et-service-civil-en-tunisie-fausse-solution-pour-un-vrai-probleme/">Médecine et service civil en Tunisie : fausse solution pour un vrai problème</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Médecine et service civil en Tunisie : fausse solution pour un vrai problème » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/19/medecine-et-service-civil-en-tunisie-fausse-solution-pour-un-vrai-probleme/embed/#?secret=69wQkPIcTw#?secret=ewU4mnHhzt" data-secret="ewU4mnHhzt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nDSUCEq103"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/13/blood-and-faith-la-normalisation-de-lepuration-ethnique-en-europe/">«Blood and Faith» : La normalisation de l&rsquo;épuration ethnique en Europe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Blood and Faith» : La normalisation de l&rsquo;épuration ethnique en Europe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/13/blood-and-faith-la-normalisation-de-lepuration-ethnique-en-europe/embed/#?secret=fkdJwyaVUm#?secret=nDSUCEq103" data-secret="nDSUCEq103" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
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		<item>
		<title>Création d&#8217;une chaire Hichem Djaït pour l&#8217;histoire et les cultures de l&#8217;islam</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/19/creation-dune-chaire-hichem-djait-pour-lhistoire-et-les-cultures-de-lislam/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Mar 2022 08:47:48 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Sidhom]]></category>
		<category><![CDATA[Hayet Ketat Guermazi]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[Institut du monde arabe]]></category>
		<category><![CDATA[Mojeb Al Zahrani]]></category>
		<category><![CDATA[Tayeb Ould Aroussi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Chaire Hichem Djaït pour l&#8217;Histoire et les Cultures de l&#8217;Islam a été officiellement lancée à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis. Cette chaire est fondée par l&#8217;Institut du Monde Arabe (IMA) en partenariat avec l&#8217;Université de Tunis, en hommage à la mémoire du grand islamologue et spécialiste du monde arabo-musulman Hichem...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/12/hichem-Djaït.jpg" alt="" class="wp-image-29236"/></figure></div>



<p><strong><em>La Chaire Hichem Djaït pour l&rsquo;Histoire et les Cultures de l&rsquo;Islam a été officiellement lancée à la Faculté des sciences humaines et sociales de Tunis. Cette chaire est fondée par l&rsquo;Institut du Monde Arabe (IMA) en partenariat avec l&rsquo;Université de Tunis, en hommage à la mémoire du grand islamologue et spécialiste du monde arabo-musulman Hichem Djaït.</em></strong></p>



<span id="more-384470"></span>



<p>Une cérémonie officielle s&rsquo;est déroulée à cette occasion, mercredi 16 mars 2022, en présence du ministre des Affaires culturelles Hayet Ketat Guermazi, du président de l&rsquo;université de Tunis Habib Sidhom, du directeur général de l&rsquo;IMA Mojeb Al Zahrani et du président directeur Tayeb Ould Aroussi.</p>



<p>Des universitaires, des journalistes et des chercheurs parmi les jeunes étudiants et professeurs présents à l&rsquo;événement, ont parlé de l&rsquo;œuvre de Djaït.</p>



<p>Habib Sidhom a annoncé la création de bourses de recherche, en France ou en Allemagne, pour les étudiants dont le sujet de recherche porte sur l&rsquo;œuvre ou la personnalité de feu Djaït.</p>



<p>La ministre des Affaires culturelles a rappelé, pour sa part, l&rsquo;œuvre d&rsquo;un grand intellectuel qui s&rsquo;est imprégné de la pensée d&rsquo;Ibn Khaldoun et sa contribution considérable au développement d&rsquo;une pensée libératrice.</p>



<p>Le directeur général de l&rsquo;IMA a déclaré que l&rsquo;institut continuera à soutenir la chaire Hichem Djaït pour l&rsquo;histoire et les cultures de l&rsquo;islam à travers l&rsquo;organisation de conférences et de séminaires sur son travail.</p>



<p><em>«Cette initiative est à la mémoire du professeur Hichem Djaït, islamologue et expert du monde arabo-musulman qui a enseigné l&rsquo;histoire médiévale à l&rsquo;Université de Tunis dans les années 70, et en reconnaissance de ce qu&rsquo;il a représenté tout au long de son parcours universitaire et pour les travaux qu&rsquo;il a portés. à l&rsquo;Université de Tunis en termes d&rsquo;enseignement, de formation et de recherche»</em>, a déclaré l&rsquo;IMA dans un communiqué.</p>



<p>Né le 6 décembre 1935 et mort le 1er juin 2021 à Tunis, Hichem Djaït est l&rsquo;auteur de nombreux ouvrages de référence, notamment<em> La Personnalité et le devenir arabo-islamique,</em> Paris, 1974, <em>L&rsquo;Europe et l&rsquo;Islam,</em> Paris, 1976, <em>Al-Kūfa, naissance de la ville islamique, </em>Paris, 1986, <em>La Grande Discorde : religion et politique dans l&rsquo;islam des origines, </em>Paris,1989, <em>La Vie de Muhammad,</em> en tois volumes (Paris-Tunis, 2001-2020), <em>Penser l&rsquo;Histoire, penser la Religion,</em> Tunis, 2021.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
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		<item>
		<title>Penser avec Hichem Djaït : Le temps des semailles</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/04/penser-avec-hichem-djait-le-temps-des-semailles/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jun 2021 10:31:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamologues tunisiens]]></category>
		<category><![CDATA[La vie de Muhammad]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Djalāl Al-’Adhm]]></category>
		<category><![CDATA[Tor Andræ]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’honorable professeur Hichem Djaït n’est plus. Je ne saurai définir rigoureusement mon rapport à sa pensée. En effet, je l’ai lu très tôt alors que j’étais imprégné de matérialisme dialectique, ce qui avait induit un jugement selon lequel les écrits de Djaït manquaient de tranchant, défaut que je leur avais attribué, en tant qu’adolescent ingénu,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/04/penser-avec-hichem-djait-le-temps-des-semailles/">Penser avec Hichem Djaït : Le temps des semailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Hichem-Djait-1.jpg" alt="" class="wp-image-351278"/></figure></div>



<p><strong><em>L’honorable professeur Hichem Djaït n’est plus. Je ne saurai définir rigoureusement mon rapport à sa pensée. En effet, je l’ai lu très tôt alors que j’étais imprégné de matérialisme dialectique, ce qui avait induit un jugement selon lequel les écrits de Djaït manquaient de tranchant, défaut que je leur avais attribué, en tant qu’adolescent ingénu, épris, jadis, par la radicalité de feu Sadok Djalāl Al-’Adhm ¬– bien que, évidemment, avec un recul de plus d’une décennie, les deux démarches admissent pour moi des singularités propres qui rendaient caduque et malvenue toute tentative comparative.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Mohamed Ben Mustapha</strong> *</p>



<span id="more-351272"></span>



<p>Je ne suis absolument pas un fétichiste de la lecture : je ne lis que pour m’orienter face une force problématique du Dehors. Ainsi, ce que j’ai cherché à comprendre, plus tard, dans le corpus de Djaït, se réduisait au premier tome de <em>‘‘La vie de Muhammad’’</em>, opus où l’historien pratiquait une élégante synthèse historico-<em>«théologique»</em> (au sens large). J’admets, par conséquent, ne pas être compétent pour me prononcer sur son œuvre d’historien<em> «pur»</em>.</p>



<p>Revenons au premier tome du livre mentionné. Indubitablement, Djaït fait preuve d’une finesse intellectuelle, à mon humble avis, totalement absente chez les <em>«islamologues»</em> tunisiens. Il est, en cela, un veilleur solitaire, un érudit glorieusement installé dans sa tour poussiéreuse – détermination très proche à mon cœur, ainsi qu’à la représentation que je me fais des auteurs exigeants. Cela demeure assez rare pour être mentionné. Et l’hommage, la modestie et le respect s’imposent sans la moindre surévaluation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Une vive critique de certains moments de la «sīra»</h3>



<p>Djaït analyse minutieusement l’étymologie du<em> «wah’y»</em>, de la<em> «ru’yah»,</em> etc., bref de la galaxie conceptuelle de la révélation et de la vision. Muhammad, qu’il soit <em>«dément»</em> ou <em>«lucide»,</em> fut bel et bien, ce <em>«nabi’y ummi’y»</em> (cf. la sémantique que déploie Djaït à ce propos), qui, en son for intérieur, en son<em> «fu’ād»,</em> avait empiricisé un <em>«événement de Dieu»</em>, vectorisé par Jibra-El (cf. l’étymologie en hébreux).</p>



<p>La discussion intéressante que dépeint Djaït, sur la dualité Esprit-Saint/Jibra-El, est édifiante, et pose un fait problématique pressant. Bien qu’il rejette, selon l’exégèse qu’il distille des sourates<em> ‘‘An-Najm’’ </em>et <em>‘‘At-Tarkwir’’</em>, la possibilité de théophanie pour Muhammad, critiquant en cela l’anthropomorphisme du judaïsme archaïque (cf. l’épisode de Jacob et El), il insiste sur la double inscription, la double «présence» de Dieu dans le monde et ailleurs (<em>«Allah est la lumière des cieux et de la terre»</em>).</p>



<p>Djaït, historien, élabore une vive critique de certains moments de la <em>«sīra» </em>(<em>«mythe de la Caverne»</em>, en l’occurrence). Partout où la conjoncture historique impulsait un motif catégorique, un<em> «ou bien… ou bien» </em>de Kierkegaard, l’auteur singulier qu’il fut ne cédait aucunement sur sa démarche <em>«désintéressée»</em>, si je puis dire, résistant en cela à toute reprise idéologique islamique ou islamiste.</p>



<p>J’ai fait remarquer, au début de ce texte, que seul le tome premier de<em> ‘‘La vie de Muhammad’’</em> représentait, pour mes recherches, un intérêt massif, dans la mesure où il s’agissait d’une synthèse historico-<em>«théologique» </em>au sens large. Par théologique au sens large, j’entends le déploiement d’une Idée du divin surgissant dans le sillage d’un immanentisme événementiel du Tout-Autre. C’est en ce point que l’on recueille le topos de la réflexion djaïtienne sur la phénoménologie de la révélation dont le sujet est Muhammad et sa présence (absente) à soi = à Jibra-El.</p>



<p>Cela étant, la définition de la théologie que j’ai forgée ces dernières années s’énonce comme suit :<em> θεωρία</em> spéculative des vies, des morts et des résurrections de Dieu. De toute évidence, exceptés quelques arcanes soufies, ce signifié de la théologie est nullement validée, et est même combattu, par le «monothéisme universel» que laisse dévoiler l’islam.</p>



<p>En vérité, mon intérêt pour le tome premier de<em> ‘‘La vie de Muhammad’’</em>, mon intérêt philosophico-théologique pour <em>‘‘Révélation et prophétie’’</em>, éclipse un intérêt, tout aussi féroce, s’imposant volcaniquement pour mon entendement et pour ma sensibilité : il est ici question de l’articulation entre le christianisme et l’islam.</p>



<h3 class="wp-block-heading">L’investigation textuelle corroborée par la machine historienne</h3>



<p>Ce fait problématique est exposé dans le paragraphe V du second tome du même opus. Avec son raffinement qui n’a nul besoin d’être redémontré et en puisant presque exclusivement dans le monumental <em>‘‘Les origines de l’Islam et le christianisme’’ </em>de Tor Andræ, Djaït réussit ce tour de force historique consistant à élucider les consonances indéniables du savoir <em>«chrétien»</em> de Muhammad. Mais de quel «christianisme» s’agit-il?</p>



<p>En modeste lecteur du nouveau testament et de la littérature orthodoxe et catholique – dont la patristique –, j’ai pu – tant bien que mal mais de manière récurrente – relever cette «non-rencontre», in concerto, du christianisme <em>«officiel» </em>et de l’islam. Avec et contre Tor Andræ –après avoir installé le transcendantal historico-géographique de l’islam dans un voisinage à clôture proprement chrétienne –, Hichem Djaït tente d’agencer les différents affluents chrétiens que l’on pouvait <em>«facilement» </em>identifier pour peu que l’on mena une étude comparative approfondie du nouveau testament et du coran.</p>



<p>En un sens, l’investigation textuelle, «grammatologique», se trouve corroborée par la machine historienne : nestorianisme, monophysisme, incipits cryptiques empruntés aux ébionites, gnose, incidences du syriaque, influence d’Éphrem, etc., Muhammad, dans un environnement porté à saturation vu l’effervescence des croyances, des «hérésies», des sectes, etc., réussit son syncrétisme, grapha un palimpseste explosif, plastic. Djaït, à l’encontre de l’intégralité des islamologues, pointe, avec Tor Andræ, encore faut-il le souligner, l’archi-écriture, l’origine manquée de l’islam.</p>



<p>Djaït, esseulé, parmi tant d’autres islamologues<em> «anhistoriques»</em>, forme un circuit où les chaînons manquants, congruents à solver l’islam, se forgent dans les plis et les replis des mystères historiaux. Ici, tel que je le comprends, Djaït ne pratique ni l’histoire d’antiquaires, ni l’histoire monumentale. Il prouve, par son geste, que l’historia universalis ne mérite son attribut que lorsqu’elle reconstitue le champ noétique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Il faut maintenant prolonger Djaït</h3>



<p>Ce qui m’est apparu comme un polissement idéologique d’un islam toujours déjà plat, s’est avéré être une <em>«description»</em> se saisissant de l’islam primitif, du Coran mecquois, sans entrée dans un horizon déconstructif. Car, pour les spécialistes purs et fidèles au travail de la pensée, à sa dialectique platonicienne, Djaït demeure en <em>terra cognita</em> et ne force pas la main, si j’ose dire, à la <em>«critique»</em>.</p>



<p>Car nul doute que la reprise muhamadienne de la thématique du paraclet – la faisant coïncider avec son prénom médinois syriaque –, l’amputation du Rahmān au trinitarianisme, les authentifications de textes apocryphes, nul doute, dis-je donc, que cette multiplicité protéiforme ne puisse survivre à l’examen post-historique. Mais, dès lors, nous rentrons dans le silence de Djaït. Ce qui marque son silence, n’entre pas, de facto, dans son champ problématique premier : l’histoire. Hichem Djaït est un événement, un banquet pour la pensée en Tunisie. Il faut maintenant, pour tout avenir éclatant de la pensée, prolonger Djaït. C’est le temps des semailles.</p>



<p><em>* Docteur en philosophie des mathématiques de l’université de Paris.</em></p>



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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/04/penser-avec-hichem-djait-le-temps-des-semailles/">Penser avec Hichem Djaït : Le temps des semailles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>L&#8217;historien et penseur Hichem Djaït accompagné à sa dernière demeure à Gammarth (Photos)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Yusra NY]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 03 Jun 2021 17:19:08 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[cimetière Gammarth]]></category>
		<category><![CDATA[enterrement]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[historien]]></category>
		<category><![CDATA[penseur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Hichem Djaït, professeur émérite, penseur et historien décédé mardi dernier, a été accompagné à sa dernière demeure, aujourd&#8217;hui, jeudi 3 juin 2021, au cimetière de Gammarth (Banlieue nord de Tunis). Après le cortège funèbre qui a quitté son domicile sis à La Marsa Erriadh à 12h30, la famille du regretté Hichem Djaït, s&#8217;est dirigée au...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Hichem-Djait.jpg" alt="" class="wp-image-351210"/></figure></div>



<p><strong><em>Hichem Djaït, professeur émérite, penseur et historien décédé mardi dernier, a été accompagné à sa dernière demeure, aujourd&rsquo;hui, jeudi 3 juin 2021, au cimetière de Gammarth (Banlieue nord de Tunis).</em></strong></p>



<span id="more-351208"></span>



<p>Après le cortège funèbre qui a quitté son domicile sis à La Marsa Erriadh à 12h30, la famille du regretté Hichem Djaït, s&rsquo;est dirigée au cimetière, pour un dernier adieu, accompagnée d&rsquo;intellectuels, de cadres et du ministre du ministère des Affaires culturelles, de personnalités publiques et politiques à l&rsquo;instar de Nejib Chebbi ou encore Dr Faouzi Charfi, SG, d&rsquo;Al-Massar et qui n&rsquo;est autre que le neveu du défunt.</p>



<p>On regrettera l&rsquo;absence, lors des funérailles de nombreuses personnes,  l&rsquo;instar du chef du gouvernement Hichem Mechichi, qui est occupé par la visite de la délégation française présidée par le premier ministre Jean Castex, ou encore celle du président de la république Kaïs Säied, en visite à Bruxelles.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-3 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj4.jpg" alt="" data-id="351211" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj4.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=351211" class="wp-image-351211"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj3.jpg" alt="" data-id="351212" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj3.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=351212" class="wp-image-351212"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj2.jpg" alt="" data-id="351213" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj2.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=351213" class="wp-image-351213"/></figure></li></ul></figure>



<p>Ce dernier avait déploré le départ d&rsquo;un grand homme, en publiant un hommage en ces terme : «<em>Notre pays a perdu avec la disparition du défunt Hichem Djaït une personnalité nationale de premier plan, et une éminence scientifique, dont le souvenir sera éternel dans l’histoire de la scène culturelle en Tunisie, et dans le monde arabo-musulman».</em></p>



<p>Hichem Djaït, ancien membre du conseil scientifique de la Fondation tunisienne pour la traduction, l’établissement des textes et les études et de l’Académie européenne des sciences et des arts. Il a également présidé l’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, avait enseigné dans différentes universités, en Tunisie et ailleurs et a laissé derrière lui de nombreux ouvrages.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-2 is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj6.jpg" alt="" data-id="351214" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=351214" class="wp-image-351214"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/HDj5.jpg" alt="" data-id="351215" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=351215" class="wp-image-351215"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/djaiet.jpg" alt="" data-id="351218" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/djaiet.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/2021/06/03/lhistorien-et-penseur-hichem-djait-accompagne-a-sa-derniere-demeure-a-gammarth-photos/djaiet/" class="wp-image-351218"/></figure></li></ul></figure>



<p>Il restera dans les cœurs des Tunisiens comme l’un des plus grands penseurs qu’aura connu le pays… Qu&rsquo;il repose en paix.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Y. N.</strong></p>
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		<title>Tunisie : L&#8217;historien et penseur Hichem Djaït n&#8217;est plus</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Cherif Benyounes]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Jun 2021 12:22:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L&#8217;historien, penseur et universitaire tunisien, Hichem Djaït, est décédé, ce mardi 1er juin 2021, à l&#8217;âge de 86 ans. Né le&#160;6&#160;décembre&#160;1935&#160;à&#160;Tunis, Djaït était un&#160;écrivain, historien et penseur&#160;spécialiste d&#8217;histoire islamique. Il a enseigné dans plusieurs universités, notamment en tant que professeur invité, à l&#8217;instar de l&#8217;Université de Californie à Berkeley, à celle de McGill à Montréal,...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/01/tunisie-lhistorien-et-penseur-hichem-djait-nest-plus/">Tunisie : L&rsquo;historien et penseur Hichem Djaït n&rsquo;est plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/12/hichem-Djaït.jpg" alt="" class="wp-image-29236"/></figure></div>



<p><strong><em>L&rsquo;historien, penseur et universitaire tunisien, Hichem Djaït, est décédé, ce mardi 1er juin 2021, à l&rsquo;âge de 86 ans.</em></strong></p>



<span id="more-350900"></span>



<p>Né le&nbsp;6&nbsp;décembre&nbsp;1935&nbsp;à&nbsp;Tunis, Djaït était un&nbsp;écrivain, historien et penseur&nbsp;spécialiste d&rsquo;histoire islamique. </p>



<p>Il a enseigné dans plusieurs universités, notamment en tant que professeur invité, à l&rsquo;instar de l&rsquo;Université de Californie à Berkeley, à celle de McGill à Montréal, à l&rsquo;Université de Tunis, à l&rsquo;École pratique des hautes études, à l&rsquo;Université de Naples &#8211; Frédéric-II,  au Collège de France&nbsp;et à l&rsquo;École des hautes études en sciences sociales.</p>



<p>Djaït était membre du conseil scientifique de la Fondation tunisienne pour la traduction, l&rsquo;établissement des textes et les études&nbsp;et de l&rsquo;Académie européenne des sciences et des arts. Il a également présidé l&rsquo;Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts.</p>



<p>Il a, par ailleurs, écrit de nombreux ouvrages, traduits en plusieurs langues, d&rsquo;histoire&nbsp;et de&nbsp;sociologie des religions&nbsp;consacrés à l&rsquo;islam, en mettant l&rsquo;accent particulièrement dans ses recherches à l&rsquo;anthropologie historique et à l&rsquo;histoire des mentalités.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>C. B. Y.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/06/01/tunisie-lhistorien-et-penseur-hichem-djait-nest-plus/">Tunisie : L&rsquo;historien et penseur Hichem Djaït n&rsquo;est plus</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Abir Moussi : genèse d’une lame de fond politique</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/25/abir-moussi-genese-dune-lame-de-fond-politique/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 25 Mar 2021 12:53:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abir Moussi]]></category>
		<category><![CDATA[Afek Tournés]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Nejib Chebbi]]></category>
		<category><![CDATA[al-Moubadara]]></category>
		<category><![CDATA[Ennahdha]]></category>
		<category><![CDATA[Hichem Djaït]]></category>
		<category><![CDATA[Nabil Karoui]]></category>
		<category><![CDATA[Nidaa Tournes]]></category>
		<category><![CDATA[Parti destourien libre]]></category>
		<category><![CDATA[Qalb Tournés]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après la réussite des meetings du Parti destourien libre (PDL) à Monastir, Sousse, Béja et Sfax, et les sondages qui place ce parti en haut du tableau pour d’éventuelles législatives, et très loin devant ses adversaires, il serait intéressant de replacer le succès du PDL et de sa présidente, l’avocate Abir Moussi, dans les mutations...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/03/25/abir-moussi-genese-dune-lame-de-fond-politique/">Abir Moussi : genèse d’une lame de fond politique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/03/Abir-Moussi-Beja.jpg" alt="" class="wp-image-339002"/></figure>



<p><strong><em>Après la réussite des meetings du Parti destourien libre (PDL) à Monastir, Sousse, Béja et Sfax, et les sondages qui place ce parti en haut du tableau pour d’éventuelles législatives, et très loin devant ses adversaires, il serait intéressant de replacer le succès du PDL et de sa présidente, l’avocate Abir Moussi, dans les mutations sociologiques accélérées que connaît la Tunisie depuis une dizaine d’années.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Hélal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-342807"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>S’il y avait des militants politiques qui n’avaient pas chômé au lendemain du départ de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, ce sont bien ceux de son parti le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Dans les grandes villes comme Tunis, Sousse ou Sfax, ils étaient plutôt discrets. En revanche, dans les villes moyennes et les villages, leurs réseaux se sont maintenus fortement.</p>



<p>Après le choc provoqué par la disparition de leur parti, une majorité de ces militants avaient fait les yeux doux aux islamistes et certains avaient carrément rejoint Ennahdha. Des <em>«gros bras»</em> du RCD avaient même rejoint les fameuses Ligues de protection de la révolution (LPR), des milices violentes au service du parti islamiste, et selon un rapport d’International Crisis Group (ICC), parmi les miliciens du parti de Ben Ali, une minorité avait changé de dressing en achetant des Qamis – la tenue afghane – et troqué la moustache pour une barbe bien garnie, et rejoint le groupe islamiste radical Ansar Charia une ruse pour se protéger d’éventuelles riposte des revanchards.</p>



<p>Il restait une faction de cadres benalistes qui va suivre Nidaa Tournes, Afek Tournés, Al-Moubadara, et des petits partis régionaux et locaux. Les plus fidèles du président déchu ont créé la surprise avec les résultats des élections de la Constituante: 26 élus sur la liste de la Pétition Populaire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les Rcdistes n’ont jamais quitté les arcanes du pouvoir</h3>



<p>Tous ces nouveaux partis avaient traité leurs électeurs comme une rente, parfois comme capital boursier, des obligations. Cette attitude des partis à l’égard des électeurs avait provoqué sa <em>«volatilité»</em>, son instabilité et enfin sa défiance.</p>



<p>Certains observateurs pensent que les Rcdistes n’ont jamais quitté les arcanes du pouvoir, parce qu’ils ont su rapidement mettre à niveau leurs réseaux dans les nouveaux partis grâce à leur bonne connaissance de l’administration et des rouages économiques du pays.</p>



<p>Aujourd’hui le parti islamiste est affaibli, les autres sont en soins palliatifs, les anciens du RCD, divisés et éparpillés naguère, cherchent aujourd’hui une autre sortie et, soudain, apparaît Abir Moussi…</p>



<p>La patronne du PDL est un symptôme et non un syndrome. Le symptôme d’une mutation sociologique accélérée que connaît la société tunisienne depuis ces cinq dernières années. Aujourd’hui, les sondeurs et les enquêtes d’opinions ainsi que certains médias esquivent cette question : combien de Tunisiens regrettent-ils les années Ben Ali? Si vous vous pointez dans les cafés des villes moyennes et des villages, vous allez être plus que surpris par le pourcentage… des avis favorables.</p>



<p>Quand l’historien Hichem Djaït déclare dans un entretien accordé à <em>‘‘Acharaa Al Magharibi’’</em> que l’élite politique et les technocrates de Bourguiba et de Nasser sont meilleurs que ceux d’aujourd’hui… Quand Ahmed Nejib Chebbi, célèbre opposant à la dictature du RCD, nous rappelle, récemment, que le niveau de vie des Tunisiens était meilleur sous Ben Ali qu’aujourd’hui… Voilà qui explique le pourquoi et le comment de Moussi.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Abir Moussi écrase politiquement les petits partis</h3>



<p>Certes, depuis six mois, la présidente du PDL reste enfermée dans un feuilleton de politique spectacle destiné à mobiliser ses troupes. Et c’est encore une stratégie de rente à l’égard de ses électeurs, dans laquelle avait excellé le président de Qalb Tournés, Nabil Karoui, lors de ses tournées caritatives.</p>



<p>Pour le moment, en affrontant avec véhémence Ennahdha, elle écrase politiquement les petits partis et ouvrirait, peut-être, la voie à une bipolarisation de la scène politique. Elle a choisi un discours structuré, charpenté, et surtout bien ancré dans la mémoire collective.<em> «Vous croyez à la résurrection politique, suivez-mois !»,</em> dit-elle à ses partisans. Le maître de ce jeu de phénix n’était-ils par l’ancien président Béji Caïd Essebsi? Par ailleurs, elle balaie violemment l’esquive et la feinte, spécialités de nos politiciens. Elle a démoli la langue de bois et la phraséologie policée dans le débat public.</p>



<p>Sur le volet de son conservatisme, elle se met dans une posture populiste et électoraliste qui pourrait provoquer encore une <em>«volatilité»</em> de ses électeurs et partisans. À part la nostalgie, est-ce que les références aux valeurs du Néo-Détour des années 1950-1980 ont-elles un sens aujourd’hui et peuvent-elles créer une dynamique ou proposer perspective? Ce serait de l’enfumage de répondre par l’affirmative… La Turquie kémaliste à failli disparaître définitivement devant la déferlante islamiste de Recep Tayyip Erdogan. Le seul qui l’avait compris, c’était Habib Bourguiba Junior, qui répétait souvent, dans les années 1970 : <em>«Mais il n’y a pas de Bourguibisme , sans Bourguiba».</em></p>



<p>Dans une période d’incertitude et de crise socio-économique aiguë, l’électorat est entré dans une zone de fluctuation et d’errance à la recherche de son «salut» et de son «sauveur»… Abir Moussi leur offre «le droit de rêver», comme l’ont fait l’islamiste Rached Ghannouchi et le libéral Béji Caïd Essebsi, avec en plus, le projet d’un État national plus autoritaire, et un leader nettement plus jeune et plus fougueux.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le PDL mettra-t-il fin à la fluctuation» de l’électorat tunisien ?</h3>



<p>Dans les processus démocratiques qui avaient suivi les dictatures dans les pays de l’Europe de l’est, comme la Roumanie ou la Pologne, et d’Amérique Latine, le syndrome des <em>«revenants»</em> avait toujours existé. Les amis du Chilien Pinochet ou du roumain Ceauscescu ont-ils réellement quitté le pouvoir, après le départ de leurs chefs respectifs ? La réponse est bien sûr que non…</p>



<p>Revenons à la «fluctuation» et à l’errance de l’électorat tunisien, son origine serait la politisation des zones rurales depuis 2012. Leurs habitants ne s’étaient jamais sentis concernés par la politique durant le règne de Bourguiba et celui de Ben Ali. Avec la diversité des médias, des réseaux sociaux et les smartphones, cette frange de la population connaît ces dernières années un intérêt, sans précédent, pour le débat public. Devant l’indigence de l’offre politique, les électeurs de ces zones rurales ne savent plus à qui ils devraient se tourner… Un vrai jeu de casino électoral que Abir Moussi tente de conquérir. Mais attention, qui dit casino électoral dit aussi feuilles de pailles après.</p>



<p><em>* Journaliste tunisien basé à Paris à la retraite. </em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="g9Z79lXpVJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/monsieur-le-gouverneur-de-la-bct-devaluez-le-dinar-ou-ce-serait-la-berezina/">Monsieur le gouverneur de la BCT, dévaluez le dinar ou ce serait la Berezina !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Monsieur le gouverneur de la BCT, dévaluez le dinar ou ce serait la Berezina ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/monsieur-le-gouverneur-de-la-bct-devaluez-le-dinar-ou-ce-serait-la-berezina/embed/#?secret=ua0L98jS1k#?secret=g9Z79lXpVJ" data-secret="g9Z79lXpVJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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