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	<title>Archives des hindous - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des hindous - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>‘‘Gujarat Holocaust’’ : Autopsie d’un génocide antimusulman au pays de la non-violence </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 Jul 2024 06:30:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le BJP du Premier ministre indien Narendra Modi est la façade politique du chauvinisme hindou anti-musulman,</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/14/gujarat-holocaust-autopsie-dun-genocide-antimusulman-au-pays-de-la-non-violence/">‘‘Gujarat Holocaust’’ : Autopsie d’un génocide antimusulman au pays de la non-violence </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le massacre du Gujarat, cet&nbsp;État de l’Inde situé sur la mer d’Oman à la frontière avec le Pakistan, est un exemple caractéristique de l’instrumentalisation du chauvinisme des foules à des fins politiques dans un même pays.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-13561792"></span>



<p>Ce massacre a débuté lorsque l’un des wagons d’un train transportant des militants nationalistes hindous revenus du site de la mosquée détruite d’Ayodhya en 1992 destiné à la construction d’un temple hindou, a été entièrement brûlé le matin du 27 février 2002 à un kilomètre de la station de Godhra, entraînant la mort de 56 personnes,&nbsp;principalement des voyageurs innocents&nbsp;sans aucun lien avec un quelconque conflit intercommunautaire.</p>



<p>Le gouvernement local du Gujarat et son premier ministre novice (il n’avait que quelques mois d’expérience), un certain Narendranath Modi, un membre du BJP, ce puissant parti identitaire hindou qui dominait le gouvernement central de New Delhi, avait affirmé dès le début, sans aucune preuve, que des jihadistes musulmans, commandités par les services de renseignements pakistanais, avaient perpétré l’acte.</p>



<p>En réalité, personne&nbsp;n’avait su comment la quantité d’essence nécessaire à l’incendie avait pu être apportée sur les lieux et utilisée sans éveiller les soupçons des autorités. De surcroît, l’enquête avait révélé dès&nbsp;le début la présence de plusieurs centaines d’assaillants qui avaient caillassé les wagons du train immobilisé par l’utilisation de la sonnette d’alarme, après que les militants hindous, les kar sevak, eurent fait monter de force dans le train une ou des femmes musulmanes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un climat d’hostilité latente</h2>



<p>Il semble donc qu’en réalité dans le climat d’hostilité latente il se fut agi d’une réaction immédiate d’un quartier (musulman) contigu à la voie ferrée, mobilisé contre le rapt d’une de ses habitantes et qui voulait infliger à ses auteurs une leçon cuisante. Cette version des événements n’était évidemment pas celle dont le gouvernement du Gujarat dominé par les suprémacistes hindous s’accommoderait.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="1dL55PABON"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/">‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/embed/#?secret=eMusi3xR6H#?secret=1dL55PABON" data-secret="1dL55PABON" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En effet, dès les faits connus, des attroupements se formaient alors avec quelques attaques isolées menées par des petits groupes contre des musulmans,&nbsp;sans que les autorités ne prennent les&nbsp;mesures attendues pour prévenir les émeutes. Or, en Inde, les émeutes intercommunautaires, ainsi que les massacres perpétrés par les Hindous contre les autres communautés étaient pudiquement qualifiés, n’étaient nullement des faits exceptionnels. En 30 ans d’indépendance, le pays en avait dénombré pas moins de 40 000.</p>



<p>Le jour suivant l’attaque du train, la totalité de l’Etat du Gujarat était en proie à l’une des pires émeutes&nbsp;lorsque des foules de plusieurs milliers de personnes armées souvent de tridents, le symbole du dieu hindou Shiva, attaquaient, pillaient, brûlaient et détruisaient&nbsp;tous les biens appartenant aux musulmans,&nbsp;n’hésitant pas à tuer hommes, femmes, enfants, vieillards, ou à les soumettre aux pires exactions. Le député du parti du Congrès Ihsan Jafri était ainsi massacré, ainsi que toute sa famille, malgré ses appels répétés demandant l’aide de la police. Celle-ci ne devait arriver sur les lieux que deux heures après son assassinat. Mais plusieurs faits relevés par les journalistes et les organisations des droits de l’Homme laissaient suspecter, sinon une planification du massacre au plus haut niveau du gouvernement local, du moins une complicité certaine, en particulier la passivité de la police, son refus d’aider les victimes, l’absence d’arrestation des coupables, et le rôle actif des responsables des organisations militantes hindoues, VHP, RSS, à la tête des émeutiers, constitués paradoxalement aussi par les dalits, autrement dit les intouchables, soumis à l’hostilité et à la persécution des autres castes qui eussent dû se sentir plus proches des musulmans, mais aussi les Adivasis, tribus forestières, sans castes, et considérées comme non hindoues.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La responsabilité des victimes</h2>



<p>Les justifications apportées par l’autorité de l’Etat du Gujarat, parlant du principe physique de l’action engendrant une réaction égale, et rejetant la responsabilité du massacre sur les auteurs de l’incendie du train, qui situaient l’étendue de la responsabilité politique du gouvernement local de l’Etat, dont le Premier ministre n’hésitait pas à accorder aux victimes hindoues de l’attaque du train des compensations financières équivalant au double de celles reçues par les victimes musulmanes du massacre.</p>



<p>C’est le même argument fallacieux, celui de la responsabilité des victimes dans ce qui leur arrive, qui sera repris lors de la guerre d’extermination actuelle menée à Gaza. Mais il n’y a pas que la responsabilité politique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oaW1NtlsYy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/embed/#?secret=mTnbd0NRj1#?secret=oaW1NtlsYy" data-secret="oaW1NtlsYy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’attaque du train s’étant déroulée le matin du 27, c’est uniquement dans la nuit du 28 au 29 que l’armée a été déployée avec l’ordre de tirer à vue. Georges Fernandes, le ministre de la Défense venu superviser l’opération, évoquait le manque de véhicules de transport nécessaire. Autrement dit, durant&nbsp;plus de 36 heures, la rue a été&nbsp;livrée aux émeutiers alors que la police, en général impassible face à ce&nbsp;qui se déroulait sous ses&nbsp;yeux, arrêtait le plus souvent les victimes. Et ceux qui parmi les officiers de police tentaient de rétablir l’ordre (il y en eut une cinquantaine) étaient immédiatement dénoncés par les organisations hindoues assurant l’encadrement politique de la foule, et inévitablement mutés. On parlera néanmoins plus tard d’une police sous influence communaliste, alors qu’en réalité elle appliquait les ordres reçus, ceux de laisser faire et de ne pas intervenir.</p>



<p>Évidemment Modi se défendra, il arguera de l’impossibilité pour la police de faire face à un déchaînement aussi massif de violence, du nombre d’émeutiers tués par les policiers (environ 70), de celui des vies épargnées (environ 1500). Toujours est-il que le bilan officiel fera état d’environ 800 morts alors qu’une enquête menée par le Consulat Britannique sur les morts de quelques-uns de ses ressortissants détenteurs de la double nationalité rapportera&nbsp;plus de 2000 décès. Quant au nombre de personnes déplacées, enfermées dans des camps de transit et privées de tout, il aurait atteint les 20 000. Mais il ne faut pas considérer que l’ordre a été rétabli pour autant après les 36 premières heures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un nouvel ordre ségrégationniste</h2>



<p>En réalité, ces émeutes du Gujarat ont constitué un tournant, elles&nbsp;ont été le point de départ d’un nouvel ordre politique, social, économique, fondamentalement ségrégationniste, et imposé par l’usage de la violence et excluant les musulmans autant&nbsp;par la destruction de leurs biens que par l’embargo imposé contre eux et interdisant toute transaction brisant leur isolement.</p>



<p>L’Inde est ainsi passée d’un État où tous les citoyens étaient au moins théoriquement égaux à un autre au service des seuls Hindous. Et ce sont les idées du RSS et du VHP, ces organisations chargées d’encadrer idéologiquement la masse et d’assurer le relais entre le parti au pouvoir, le BJP, qui ne pouvait se prévaloir officiellement de communautarisme, et la Rue, qui ont ainsi été mises en application, en tirant profit de l’ambiance qui prévalait après le 11 septembre 2001, et l’attaque terroriste contre le siège du gouvernement indien en décembre de la même année.</p>



<p>L’autre conséquence a été l’ascension&nbsp;fulgurante de Narendra Modi, qui en devenant plus tard Premier ministre de l’Inde, consacrera à l’échelle du pays, en particulier par l’instauration du registre national, la politique ségrégationniste officiellement débutée au Gujarat contre les musulmans.</p>



<p>En réalité, après que la presse internationale l’eut surnommé le boucher du Gujarat et comparé son rôle à celui joué par les dirigeants nazis dans le génocide des juifs, on s’attendait à ce que des plaintes soient déposées contre lui auprès de la justice belge, ou bien auprès du Tribunal pénal international.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pSirDnVLS0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/29/dans-linde-de-modi-les-musulmans-vivent-dans-la-terreur/">Dans l’Inde de Modi, les musulmans vivent dans la terreur</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dans l’Inde de Modi, les musulmans vivent dans la terreur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/29/dans-linde-de-modi-les-musulmans-vivent-dans-la-terreur/embed/#?secret=WntfrhWmuf#?secret=pSirDnVLS0" data-secret="pSirDnVLS0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Quelques partis politiques indiens avaient réclamé sa tête, en lui attribuant à juste titre la responsabilité du massacre, et il avait offert sa démission à son parti. Mais face aux pressions internationales, le réflexe&nbsp;patriotique avait joué et le gouvernement de l’Inde, présidé il faut encore le préciser par le BJP, avait opté pour l’intransigeance. Après un vote au Parlement fédéral de Delhi, la politique au Gujarat avait été entérinée, et la destitution de son ministre principal, Modi, avait donc été refusée par son propre parti. Cette victoire allait lui&nbsp;conférer le prestige nécessaire à sa nomination ultérieure à la tête du gouvernement fédéral qu’il dirige toujours et dont les minorités, en particulier musulmane, continuent de faire les frais.</p>



<p>Il serait ici trop long de développer l’origine de l’hostilité actuelle des Hindous à l’encontre des Musulmans. Mais il faut bien l’admettre, Modi n’est que l’épiphénomène, la cerise sur le gâteau du travail de fond entrepris par les organisations fascistes afin d’encadrer idéologiquement et d’éduquer les masses  en entretenant leur haine de l’islam et des musulmans, au nom d’un contentieux issu de l’Histoire légué par le colonisateur britannique. Et c’est grâce à la mobilisation des foules dans la destruction de la mosquée d’Ayodhya, mais aussi à l’ambiguïté des partis laïcs indiens, particulièrement le Congrès, que le BJP, la façade politique du chauvinisme hindou, a pu mobiliser l’électorat nécessaire qui depuis lors assure invariablement au fil des élections son triomphe et son maintien au pouvoir. </p>



<p><strong><em>‘‘Gujarat Holocaust : Communalism in the Land of Gandhi’’, de R. N. Sharma, Shubhi Publications, 344 pages, 30 août 2004. </em></strong></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent!</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 08 Jun 2024 06:57:18 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La réduction de la majorité de Modi  signifie l’imposition de contrôles plus stricts sur sa politique antimusulmane.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/">Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le BJP, parti du Premier ministre indien islamophobe Narendra Modi, a remporté 240 sièges au Parlement, à 32 sièges de la majorité absolue et nettement en-deçà des 303 sièges gagnés en 2019. Il sera obligé de former une coalition et n’’aura plus les mains libres pour s’adonner à ses politiques fanatiques et dangereuses à l’endroit des 200 millions de musulmans. Une lueur d’espoir pour ces derniers qui sont tant persécutés en Inde.</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri  </strong></p>



<span id="more-13146187"></span>



<p><em>«Un jour avant l’annonce des résultats des élections, la plupart des musulmans se sont couchés inquiets pour leur avenir car ils n’avaient jamais vu une telle campagne électorale auparavant»</em>, a commenté Rana Ayuub dans son article du <em><a href="https://www.washingtonpost.com/opinions/2024/06/05/india-election-modi-muslims/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Washington Post</a></em> sur les résultats des élections indiennes qui se sont apparentées à un revers électoral pour Modi et sa formation politique nationaliste hindoue. </p>



<p>Elle a rappelé ce qui s’est passé en avril dernier après que l’Inde ait achevé la première phase du vote, lorsque le Premier ministre Narendra Modi a prononcé au Rajasthan un discours qui a choqué même certains de ses partisans&nbsp;dans lequel il a qualifié les musulmans d’infiltrés faisant beaucoup d’enfants et qui spolieraient les ressources à la population hindoue.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des persécutés présentés comme des persécuteurs</h2>



<p>Ayuub a rappelé également des propos extrémistes similaires prononcés par des ministres du gouvernement Modi et des hauts dirigeants sur le spectre du <em>«jihad de l’amour»</em>, c’est-à-dire le mariage des musulmans avec des hindous et du <em>«jihad de la terre»</em>, c’est-à-dire la saisie de terres par les musulmans dans les zones sous contrôle hindou dans toute l’Inde. Des propos diffamatoires qui relèvent du délire car inversant les rôles compte du fait que les musulmans sont persécutés et ils sont présentés comme les persécuteurs.&nbsp;</p>



<p>L’analyste souligne que l’atmosphère a changé le matin du 4 juin au fur et à mesure que les résultats des votes commençaient à apparaître car certains militants musulmans des droits de l’homme semblaient se sentir rassurés après avoir consulté le site internet de la Commission électorale pour obtenir les derniers chiffres de l’État de l’Uttar Pradesh (nord-est de l’Inde), bastion du nord comptant 80 des 543 sièges de la Chambre des représentants du Parlement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NkOIdpj4YA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/29/dans-linde-de-modi-les-musulmans-vivent-dans-la-terreur/">Dans l’Inde de Modi, les musulmans vivent dans la terreur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dans l’Inde de Modi, les musulmans vivent dans la terreur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/29/dans-linde-de-modi-les-musulmans-vivent-dans-la-terreur/embed/#?secret=tFMi4jg2rV#?secret=NkOIdpj4YA" data-secret="NkOIdpj4YA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>À Faizabad qui abrite le nouveau temple controversé de Ram et où les Hindous représentent près de 80% de la population, les électeurs ont choisi un candidat du parti politique socialiste laïc Samajwadi.</p>



<p>Ayuub considère qu’il s’agit là de l’un des plus grands chocs d’une élection nationale globalement surprenante en référence à l’opposition à Modi car <em>«les musulmans en Inde ont largement mis leur poids derrière l’alliance indienne car ils croient que la laïcité du pays finira par l’emporter sur les partis qui travaillent sur les fondements de la religion»</em>, lui a dit Javed Muhammad, un militant des droits de l’homme.</p>



<p>Elle a ajouté que la réduction de la majorité de Modi et l’augmentation du nombre des sièges de l’Alliance indienne signifient l’imposition de contrôles plus stricts sur la politique antimusulmane du Premier ministre d’autant plus que les partis d’opposition ont promis de protéger la Constitution indienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les ailes de Modi sont momentanément coupées</h2>



<p>Ali Javed, chef d’un petit groupe de réflexion appelé Nous Network, a commenté: <em>«Ces élections pourraient donner à Modi un troisième mandat mais ses ailes ont maintenant été coupées et il est à la merci des partenaires de la coalition»</em>, ajoutant que ce résultat donne aux musulmans <em>«un répit»</em>.</p>



<p>Ayuub a déclaré que les musulmans ont voté en grand nombre à ces élections pour protéger leurs droits et la Constitution de l’Inde malgré les cas de répression qui ont fait la Une des journaux, les policiers les ont notamment forcés à quitter les bureaux de vote et des vidéos ont montré des électeurs musulmans battus.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="g5lXs4qW0t"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/pendant-les-elections-indiennes-narendra-modi-se-fait-passer-pour-une-divinite/">Pendant les élections indiennes, Narendra Modi se fait passer pour une divinité!</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pendant les élections indiennes, Narendra Modi se fait passer pour une divinité! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/pendant-les-elections-indiennes-narendra-modi-se-fait-passer-pour-une-divinite/embed/#?secret=w9xkNrLVQs#?secret=g5lXs4qW0t" data-secret="g5lXs4qW0t" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Un autre militant a décrit ce qui s’est passé dans la ville de Sambhal dans l’Uttar Pradesh comme une justice quasi-imaginaire où le parti au pouvoir Bharatiya Janata a été battu par 120 000 voix ce qui a permis aux musulmans de se sentir un peu plus à l’aise quant à leur avenir en Inde.</p>



<p><em>«Ceux qui avaient jusqu’ici peur de s’exprimer, d’unir leurs voix et de lutter pour leurs droits constitutionnels peuvent désormais commencer à le faire»</em>, a déclaré un militant.</p>



<p>Ayuub a ajouté que le Cachemire -le seul État à majorité musulmane en Inde- a enregistré les taux de participation électorale les plus élevés au cours des 20 dernières années et c’est ce que les Cachemiriens appellent<em> «un vote pour faire entendre leur voix»</em>.  Elle a conclu qu’il était peut-être trop tôt pour que les musulmans et les autres minorités en Inde envisagent un avenir radicalement nouveau mais ils savent que leur participation active a fait la différence et que leur désespoir cède désormais la place à un sentiment d’optimisme et d’appartenance.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="E0EodsEBqp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/06/le-parti-au-pouvoir-en-inde-utilise-la-guerre-disrael-contre-gaza-pour-diaboliser-les-musulmans/">Le parti au pouvoir en Inde utilise la guerre d’Israël contre Gaza pour diaboliser les musulmans</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le parti au pouvoir en Inde utilise la guerre d’Israël contre Gaza pour diaboliser les musulmans » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/06/le-parti-au-pouvoir-en-inde-utilise-la-guerre-disrael-contre-gaza-pour-diaboliser-les-musulmans/embed/#?secret=5ni9QlhFCl#?secret=E0EodsEBqp" data-secret="E0EodsEBqp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/08/inde-narendra-modi-perd-la-majorite-absolue-les-musulmans-soufflent/">Inde : Narendra Modi perd la majorité absolue, les musulmans soufflent!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ranjit Singh : Le destin manqué d’une Inde au-delà des castes, des religions, et de la domination anglaise</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/05/19/ranjit-singh-le-destin-manque-dune-inde-au-dela-des-castes-des-religions-et-de-la-domination-anglaise/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 19 May 2024 06:50:01 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Sikhs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le défi actuel pour l’Inde consiste à empêcher toute union ou fédération entre l’Afghanistan et le Pakistan.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ranjit Singh a su préserver le royaume multiconfessionnel du Punjab mais de son vivant seulement, pendant cinquante ans. Mais sa plus grande et sa plus grave erreur fut de ne pas tenter de s’opposer au diktat des Anglais sur le sous-continent.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *  </p>



<span id="more-12878317"></span>



<p>Ranjit Singh fut le fondateur de l’éphémère Royaume du Punjab (le Durbar ainsi qu’on l’a nommé) au XIXe&nbsp;siècle qui dura une cinquantaine d’années, entre l’Afghanistan, le Cachemire et le Sind et la rivière Sutlej. Devenu borgne après avoir été frappé par la variole, il avait l’habitude de dire: <em>«Dieu a fait que je regarde tous les livres saints du même œil»</em>. Il unifia par la ruse, la force, les alliances matrimoniales, sous son autorité, la douzaine de principautés sikhes qui jusque-là avaient dominé la province après la décadence de l’empire Moghol et les terribles invasions afghanes du XVIIIe siècle. Mais l’État ne fut pas confessionnel, les Sikhs minoritaires y constituèrent certes la noblesse guerrière et s’assurèrent conséquemment la possession des meilleures terres, mais les Musulmans majoritaires et les Hindous y jouèrent aussi un grand rôle.</p>



<p>Il n’empêche; si le maharajah fut tolérant, et pas particulièrement respectueux des préceptes de sa religion, il faut rappeler que l’<em>adhan</em> récité du haut des minarets des mosquées était tenu pour une manifestation de la domination musulmane, qui chez les Sikhs n’avait pas laissé les meilleurs souvenirs, et de ce fait, les muezzins furent souvent décapités.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7061NTr0HD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/10/the-fall-of-the-kingdom-of-the-punjab-un-etat-independant-raye-de-la-carte-par-les-anglais/">‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/10/the-fall-of-the-kingdom-of-the-punjab-un-etat-independant-raye-de-la-carte-par-les-anglais/embed/#?secret=5oK1BtUKSd#?secret=7061NTr0HD" data-secret="7061NTr0HD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Le diktat des Anglais</h2>



<p>En réalité, l’État fut le porte-drapeau du nationalisme Punjabi. Et la politique expansionniste vers les collines et les contreforts de l’Himalaya, vers la passe de Khyber, visait à garantir les frontières contre les Gurkhas en provenance du Népal, et les Afghans. Mais l’extension du Royaume du Punjab fut bloquée par les Anglais qui l’empêchèrent de s’assurer le contrôle&nbsp;des principautés sikhes du Malwa à l’est de la rivière Sutlej jusqu’à Delhi, puis vers le sud en direction de l’océan indien et de la vallée de l’Indus. A l&rsquo;ouest, elle mena à l’occupation de Peshawar et de la province du Nord-Ouest, puis à contenir les guérilleros indo-afghans&nbsp;de l&rsquo;Imam Syed Ahmed Barlawi,&nbsp;qui vaincu et tué à Balakot en 1821, n’en fut pas moins enterré décemment par ses ennemis non-musulmans. Au nord-est par la chaîne de l’Himalaya jusqu’au Népal et aux confins de la Chine, l’entreprise de conquête du général Zorawar&nbsp;Singh se solda par un échec,&nbsp;la logistique et les rudes conditions climatiques l’expliquant&nbsp;en partie.</p>



<p>Il reste que Ranjit Singh essaya&nbsp;de s’immiscer dans les affaires afghanes en tentant d’aider Shah Shuja à se saisir de la couronne au détriment de Dost Muhammad. Mais c’était sans compter une nouvelle fois avec les Anglais qui, inquiets de voir les Russes envahir l’Afghanistan, décidèrent d’occuper Kaboul, et Ranjit Singh n’eut d’autre choix que d’accepter de coopérer militairement à l’entreprise.</p>



<p>La singularité du Royaume du Punjab s’est située dans sa puissance militaire, sans équivalent dans la région, et qui lui permit de triompher&nbsp;des invincibles guerriers afghans qui pendant près de 800 ans avaient ravagé le nord de l’Inde sans rencontrer de résistance.</p>



<p>Le maharajah Ranjit Singh, illettré mais doté d’une vive intelligence et d’une curiosité sans limites, avait très vite saisi la supériorité militaire européenne et engagé de nombreux officiers, dont plusieurs réformés de la grande armée de Napoléon Bonaparte, pour entraîner la sienne, qui fut de surcroît dotée d’une puissante artillerie. Sa plus grande et sa plus grave erreur fut de ne pas tenter de s’opposer au diktat des Anglais sur le sous-continent, ou à tout le moins, de les refouler jusqu’à la frontière Yamuna.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TBoyYii0QQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/">‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/embed/#?secret=qyaMZsH8m0#?secret=TBoyYii0QQ" data-secret="TBoyYii0QQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<h2 class="wp-block-heading">Un Etat démembré dès sa naissance</h2>



<p>Certes, cela lui permit de préserver son royaume mais de son vivant seulement. Les péripéties de la conquête anglaise du Punjab sept années après sa mort prouvèrent que la chute du Royaume fut plus due à un commandement politique et militaire déficient qu’à une quelconque supériorité militaire,&nbsp;ainsi que l’ont reconnu les Anglais eux-mêmes.</p>



<p>Pour conclure, lors de l’Indépendance de l’Inde en 1947, les Anglais ne rétablirent pas le royaume du Punjab, mais ils créèrent à la place un État tampon, entre l’Inde et l’Afghanistan, le Pakistan, dont l’élément dominant était justement les Punjabis musulmans. Cet Etat démembré dès sa naissance en deux ailes, occidentale et orientale, joua à l’issue de la sécession du Bangladesh un rôle crucial dans la défaite et même la chute de l’Union Soviétique en 1990 après l’invasion de l’Afghanistan de 1979.</p>



<p>Le défi actuel pour l’Inde consiste à empêcher toute union ou fédération entre l’Afghanistan&nbsp;et le Pakistan. En effet, l’Histoire prouve que toute puissance contrôlant Kaboul et Lahore dominera inévitablement un jour ou l’autre Delhi et la vallée du Gange.&nbsp;</p>



<p><em>Médecin de libre pratique. &nbsp;&nbsp;</em></p>



<h1 class="wp-block-heading"><em>‘‘Ranjit Singh, Maharaja Of The Punjab’’, de Khushwant Singh, éd. Penguin Random House India, 18 avril 2017, 248 Pages.</em></h1>



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			</item>
		<item>
		<title>‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Mar 2024 06:52:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En 1849, les Anglais annexaient le royaume du Punjab à leurs possessions indiennes. Pourtant rien ne laissait présager un tel dénouement.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/10/the-fall-of-the-kingdom-of-the-punjab-un-etat-independant-raye-de-la-carte-par-les-anglais/">‘‘The fall of the kingdom of the Punjab’’ : un Etat indépendant rayé de la carte par les Anglais</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En 1849, les Anglais, autrement dit la John Company, annexaient le royaume du Punjab à leurs possessions indiennes. Pourtant rien ne laissait présager un tel dénouement. Le royaume disposait de l’armée autochtone la plus puissante d’Asie, commandée par des officiers français issus des guerres napoléoniennes, ou américains, et ayant à sa disposition outre une cavalerie et une infanterie entraînée à l’européenne, une puissante artillerie. Cette armée avait combattu souvent avec succès contre les terribles guerriers Pathans, et avait même réussi à conquérir sur eux la province du nord-ouest et la ville de Peshawar.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-12028917"></span>



<p>Les relations entre le royaume et la compagnie des Indes orientales qui avait conquis la totalité de l’Inde avaient été cordiales. Les Anglais avaient néanmoins obtenu un droit de passage vers l’Afghanistan et ils avaient réussi à conquérir Kaboul avec l’aide des régiments punjabis. Cependant ils n’avaient pas pu s’y maintenir; ils avaient été exterminés par les tribus montagnardes. Par ailleurs, ils avaient interdit à leurs alliés punjabis toute extension en direction du Sind ou l’Est, la rivière Sutlej devant constituer la frontière commune entre les deux puissances. Ainsi toutes les principautés indépendantes à l’est de la rivière&nbsp; passaient sous la dépendance des Anglais.</p>



<p>On ignore à quel moment les dirigeants de la John Company ont commencé à envisager la conquête du royaume voisin, d’autant que jusque-là son gouvernement s’était conduit en allié loyal.</p>



<p>Il convient de rappeler ici que l’élément dominant de l’Etat Punjabi était constitué par les Sikhs, cette confrérie religieuse d’inspiration soufie composée essentiellement par les paysans jats hindous sous l’autorité des dirigeants religieux appelés Gurus à qui était reconnue une autorité quasiment divine comparable à celle des imams chiites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Britanniques à la manœuvre &nbsp;</h2>



<p>L’histoire&nbsp;de la confrérie, d’abord pacifique, avait été une succession de guerres contre le gouvernement musulman moghol, et quelques gurus avaient été pris et exécutés après avoir été torturés. Le dernier, Gobind Singh, avait demandé qu’après sa mort, nul guru ne lui succédât, le livre saint, l’Adi Granth, constitué d’une compilation d’hymnes composés par les gurus et des soufis musulmans, faisant désormais office de guide de la communauté.</p>



<p>Les Sikhs étaient donc fondamentalement hostiles aux musulmans qui composaient pourtant la majorité de la population. Au début du XIXe siècle Ranjit Singh avait réussi à réunifier la totalité du Punjab, le Kashmir, et une partie de l’Afghanistan sous son autorité. Mais à sa mort, en 1839, une lutte pour le pouvoir s’engageait entre différents clans sikhs, Sindhiwala, Majithia, Attari Wala, un autre, celui des Dogra, étant hindou. Son premier successeur était empoisonné, le second, son fils, mourait sous les blocs de pierre d’une arche écroulée lors de son passage à dos d’éléphant, le troisième était assassiné alors qu’il essayait une arme à feu. L’un des instigateurs du meurtre, un des frères Dogra, s’enfuyait au Kashmir en emportant la totalité du trésor royal, et l’autre se réfugiait en territoire anglais dont l’autorité apparaissait ainsi impliquée dans les désordres survenus dans l’Etat voisin. Une reine était décapitée par ses servantes, tout comme l’était un premier ministre par les soldats.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="vf9a7bIx8U"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/">‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Kabir , une expérience mystique au-delà des religions’’ : un soufi, ni hindou , ni musulman » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/embed/#?secret=YFmLCmCXTH#?secret=vf9a7bIx8U" data-secret="vf9a7bIx8U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Cependant à partir de 1845 les Anglais mobilisaient&nbsp;leurs forces indiquant clairement qu’ils se préparaient à attaquer. On en ignore encore les raisons. Le Punjab étant la voie d’invasion de l’Inde à partir de l’Afghanistan, ils n’auraient eu d’autre choix que de l’occuper, d’autant que sa population étant en majorité musulmane se serait forcément ralliée à d’éventuels envahisseurs partageant sa religion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le démembrement du Punjab</h2>



<p>La première guerre anglo-sikhe débutait quand&nbsp;l’armée du Punjab franchissait la rivière Sutlej sur son propre territoire pour prévenir les mouvements des Britanniques et cela fournissait à ces derniers&nbsp; un prétexte pour ouvrir les hostilités. Plusieurs batailles se déroulaient dont la plus indécise, celle de Ferozeshah, voyait les Britanniques à deux doigts du désastre final qui aurait signifié leur expulsion de l’Inde, être sauvés par la défection de deux chefs de l’armée sikhe.</p>



<p>La première guerre se terminait à Subran avec une nouvelle défaite sikhe et une nouvelle défection de son commandement, et était suivie par le démembrement du Punjab duquel étaient détachés le Kashmir, les collines sub-himalayennes et la frontière du Nord-Ouest. Le pouvoir était nominalement transféré à l’enfant Duleep Singh sous l’autorité de sa mère. Mais très vite celle-ci devenant un symbole de la pérennité de l’État et de l’indépendance était exilée.</p>



<p>La deuxième guerre anglo-sikhe débutait en&nbsp;1849 après un premier soulèvement à Multan et le massacre d’officiers anglais, ainsi que la tentative d’agents anglais de lancer les Afghans dans une guerre contre les Sikhs. La bataille de Chilian Wala voyait une nouvelle fois les Anglais menacés d’annihilation et une fois encore les Sikhs s’abstenir de porter le coup décisif par la faute d’un commandement déficient. La guerre se terminait à Gujrat par une dernière défaite après l’épuisement des munitions dans le camp punjabi.</p>



<p>Le Punjab était ainsi définitivement annexé et devenait une province de l’Inde britannique. Le Koh i noor, ce diamant extraordinaire allait orner la couronne britannique&nbsp;jusqu’à ce jour.</p>



<p>Le maharajah Duleep Singh déposé vivrait en Angleterre et se convertirait au christianisme perdant ainsi tout espoir de se voir rétablir sur le trône.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Ir2uIFmHze"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=tBZ7mZZiG7#?secret=Ir2uIFmHze" data-secret="Ir2uIFmHze" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les auteurs Sikhs, tels le célèbre écrivain journaliste Khushwant Singh, auteur du présent ouvrage, traitant de cette époque troublée, se sont&nbsp;appuyés sur des témoignages, en général issus d’officiers ou administrateurs directement impliqués dans les évènements, le plus souvent anglais, quelquefois européens, ayant un intérêt à dépeindre la Cour Royale du Punjab sous un jour très négatif, afin d’en justifier une conquête autrement injustifiable. L’un des principaux demeure celui du militaire américain Gardner. C’est dire combien il faille en prendre connaissance avec prudence.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Fuite, corruption, trahison… &nbsp;</h2>



<p>&nbsp;Les Punjabis contemporains expliquent donc la défaite de leur pays par la trahison, d’abord celle des Dugras, ces hindous qui avaient effectivement aidé les Anglais en s’abstenant d’envoyer des soldats les combattre, puis acheté le Kashmir, et dont le dernier descendant, Hari Singh, empêcherait le rattachement de cette province peuplée aux 3/4 de musulmans, au Pakistan lors de la partition en 1947.</p>



<p>Relativement aux chefs sikhs abandonnant le champ de bataille au moment décisif et épargnant aux Britanniques un désastre certain, il y aurait beaucoup à dire; il est certain que les Anglais ont souvent tenté de circonvenir leurs adversaires par la corruption. La révolte arabe du Hedjaz, en 1916, l’a plus tard prouvé.</p>



<p>Néanmoins, il est étonnant que les chefs de l’armée à&nbsp;Ferozeshah qu’on aurait pu à tout le moins accuser d’incompétence après leur fuite du champ de bataille, pour ne pas dire de trahison, aient été ceux là mêmes qui ont mené la bataille suivante perdue à Subran en 1846.</p>



<p>La question se pose aussi pour Chilian&nbsp;Wala. Cette fois encore, à deux doigts d’une victoire totale, le commandement sikh a failli ou trahi.</p>



<p>La conclusion qui se dégage est édifiante: il est vrai que l’Etat sikh à la mort de Ranjit Singh est apparu non seulement traversé par des fractures communalistes mais aussi dénué des institutions et des traditions politiques nécessaires à une transition institutionnelle du pouvoir; les concurrents ont fait usage des mêmes moyens, l’assassinat, la trahison, la calomnie, que ceux qui étaient utilisés à la cour ottomane dans les mêmes conditions. Mais une réalité demeure: l’Etat sikh, armée et gouvernement, n’ont apparemment, pas plus que le président Sadate en 1973, jamais eu l’intention de vaincre, parce qu’une défaite anglaise aurait comporté pour eux le risque du rétablissement dans le sous-continent d’un pouvoir musulman, perspective qu’ils craignaient plus que tout. Il est à cet égard significatif que lors de la grande révolte contre les Anglais en 1857, ces derniers aient pu compter sur les soldats sikhs qu’ils venaient pourtant de réprimer 8 années auparavant, pour réduire avec succès les soldats hindous et musulmans qui s’étaient soulevés.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fOWSsguHGV"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/">‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/embed/#?secret=7zL2EkqS7F#?secret=fOWSsguHGV" data-secret="fOWSsguHGV" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Faut-il en conclure que les soldats punjabis&nbsp;trahis et tombés sur le champ de bataille à Ferozeshah et Chiliianwala étaient essentiellement musulmans? Le Punjab était demeuré la seule province du nord de l’Inde fidèle à la couronne britannique lors de la grande mutinerie. Les élites au pouvoir au Punjab, sikhes et hindoues, étaient parfaitement conscientes qu’étant minoritaires dans un pays majoritairement musulman, seul le pouvoir des Anglais aurait pu préserver leur position dominante dans la société. Dans ces conditions, les accusations de trahison portées aujourd’hui contre les Dugra hindous, qui semblent justifiées, ou les généraux sikhs exécutant&nbsp;en réalité les ordres de leur gouvernement, s’apparentent plus aux luttes politiques contemporaines en vue de l’établissement d’un Etat proprement sikh au Punjab dans le cadre de la fédération indienne, ou en dehors d’elle et baptisé alors Khalistan, la destruction du Temple d’Or d’Amritsar en 1984 ayant constitué le paroxysme de la lutte indépendantiste.</p>



<p>Il existe aujourd’hui au Canada et aux Etats Unis un mouvement politique Punjabi pro Khalistan, dont quelques militants ont été assassinés, il y a quelques mois, suscitant des accusations au plus haut niveau (Trudeau et Biden) contre les services secrets de l’Inde.</p>



<p>Ce livre, écrit, il ne faut pas l’oublier, sous l’égide de la Fondation Rockefeller, révèle donc depuis sa publication en 1962 un double intérêt, d’abord punjabi nostalgique d’une indépendance révolue illégalement supprimée par les Anglais que&nbsp;la libération de l’Inde et surtout la création du Pakistan n’ont pas rétablie, ensuite américain qui n’a certainement rien d’innocent et que l’accession de l’Inde au statut de grande puissance ne rend que plus actuel.&nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘The Fall of the Kingdom of Punjab’’ de Khushwant Singh , éd. Penguin Books Limited, 200 pages, 13 août 2014. </em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CVdn4wMzr5"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/embed/#?secret=kOuR1dOAOG#?secret=CVdn4wMzr5" data-secret="CVdn4wMzr5" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<title>‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Oct 2023 07:12:57 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Inde]]></category>
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		<category><![CDATA[Sikhs]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’Inde étant en voie de devenir une puissance mondiale, on ne mesure pas encore toutes les conséquences de la montée du nationalisme hindou dans cet immense pays. . </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/22/the-autobiography-of-dayanand-saraswati-aux-sources-du-chauvinisme-hindou/">‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’: aux sources du chauvinisme hindou</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le mouvement de Dayanand Saraswati a non seulement échoué à supprimer le système des castes en Inde, mais il l’a aussi infecté avec le virus d’un nationalisme sectaire qui imprègne actuellement une grande partie de la population, ainsi que le BJP, le parti nationaliste hindou, actuellement au pouvoir. L’Inde étant en voie de devenir une puissance mondiale, on ne mesure pas encore toutes les conséquences de cette évolution. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-10231753"></span>



<p>Comment d’une religion idolâtre reflétant les forces cosmiques, encadrée par un clergé exerçant sur la pensée un contrôle absolu au nom du monopole de l’interprétation du texte sacré&nbsp;et enseignant une notion cyclique du temps, peut-il naître un courant monothéiste doté d’une vision linéaire du temps, et donc du sens (politique) de l’Histoire, et contestant la domination de ce même clergé au nom même du texte qu’il monopolise?</p>



<p>Ce n’est pas d’Akhenaton, de Moïse, ou de Mohamed qu’il s&rsquo;agit, mais d’un obscur prêcheur hindou originaire du Gujarat indien né en 1825, qui un jour à l’âge de 14 ans lors d’une cérémonie hindoue requérant le jeûne et la privation de sommeil, constata dans le temple, en présence d’une assemblée en majorité plongée dans le sommeil, comment une souris, animal impur pour les Hindous, venait consommer les offrandes déposée aux pieds de l’idole locale, en l’occurrence celle du Dieu Shiva.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sur les voies du renoncement</h2>



<p>Cette révélation relativement à l’inanité de l’adoration des idoles fut le début d’une quête du savoir qui l’entraîna vers l’étude du sanskrit, puis à l’âge de 21 ans, après le refus du mariage arrangé par ses parents, sur les voies du renoncement et de la mendicité de par les routes de l’Inde, depuis Puna dans le Maharashtra jusqu’à l’Himalaya, afin d’entrer en contact avec les maîtres spirituels les plus connus de leur époque.</p>



<p>Au fil du temps il devint un grand tribun et un  redoutable polémiste utilisant les védas dans son argumentation, dénonçant les aspects les plus critiquables de l’Hindouisme, à savoir les pèlerinages et les bains dans les rivières, les offrandes aux idoles et l’idolâtrie, les castes, les mariages d’enfants, l’interdiction du mariage des veuves, le tantrisme ou culte de la jouissance sexuelle, tout en prônant surtout l’acquisition du savoir par l’instruction, et la foi en un Dieu unique créateur omnipotent et juge des actions humaines, récompensant les bons et châtiant les mauvais. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FRv0zyNbMp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=fmd5S3PVjN#?secret=FRv0zyNbMp" data-secret="FRv0zyNbMp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Evidemment cela lui valut une grande renommée, beaucoup&nbsp;de partisans, tout comme l’inimitié des Brahmanes, les prêtres hindous, dont il sapait la légitimité en dénonçant autant leur cupidité que leurs tentatives d’asseoir dans les esprits des superstitions chargées de pérenniser leur emprise.</p>



<p>Ainsi au cours d’une discussion, évoquant le trait blanc tracé sur les fronts des fidèles de Vishnou et censé les conduire au paradis, il supposa que le blanchiment de la totalité de la face aurait des résultats encore plus extraordinaires. Il fut victime de plusieurs tentatives d’assassinat, mais le dernier lui fut fatal. Néanmoins son succès le conduisit à créer un mouvement en 1875, l’Arya Samaj ou Société des Aryens, chargée de l’instruction des fidèles, de la prise en charge des orphelins, mais aussi de la protection de la vache. Et partout où il se rendait et enseignait, des sections locales étaient créées, afin de convertir les foules, et de les encadrer grâce à l’action sociale et à l’instruction.</p>



<p>Fut-il influencé dans l’établissement de sa révélation nouvelle par l’Islam, le Christianisme, et le Sikhisme, les trois grandes religions monothéistes en Inde? Probablement. Ses critiques des brahmanes ne diffèrent que peu de celles de<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/08/kabir-une-experience-mystique-au-dela-des-relogions-un-soufi-ni-hindou-ni-musulman/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Kabir</a> ou de Nanak. Des membres de la Théosophie, un mouvement considéré par beaucoup comme une supercherie, se sont pendant un certain temps au moins, intéressés à son mouvement, lui conférant une dimension internationale, en particulier lorsqu’il prêchait les valeurs éthiques communes à toutes les religions tout en en dénonçant les tares. Le fait qu’ils aient plus tard pris leur distance peut s’expliquer par le ton de plus en plus spécifiquement hindou du mouvement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Communautarisme, nationalisme et séparatisme   </h2>



<p>La vision historique de l’Arya Samaj, tout à fait étrangère à l’Hindouisme, en considérant l’Inde comme un pays occupé par les étrangers, mérite l’attention. Si les étrangers en question sont bien à l’époque les Anglais, dont d’aucuns parmi les Hindous ont pris l’habitude de vanter les bienfaits de leur occupation pour le pays, les Musulmans sont tout autant considérés en tant qu’étrangers comme l’altérité nuisible, ou à tout le moins comme des Hindous convertis qu’il est licite de faire revenir à leur foi première, l’Hindouisme&#8230; tout comme les Sikhs d’ailleurs. Ainsi beaucoup de militants de l’indépendance, parmi ceux qui ont été exécutés ou sont morts dans les geôles anglaises, ont été Aryasamajis.</p>



<p>Néanmoins l’effort missionnaire visant les Musulmans et les Sikhs au Punjab a eu comme conséquences que ces communautés s’estimant à juste titre menacées ont développé leurs propres structures politiques et sociales pour résister. C’est ainsi que le communautarisme en est sorti renforcé, conduisant plus tard à la création du Pakistan, au mouvement séparatiste Sikh au Punjab, mais aussi à l’accession au pouvoir des partis nationalistes hindous contemporains, investis par les hautes castes défendant leurs intérêts.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UMVlmP3VYN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/embed/#?secret=DzICINKSmC#?secret=UMVlmP3VYN" data-secret="UMVlmP3VYN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est un Brahmane, Godsé, membre d’un parti nationaliste, le RSSS, qui a assassiné le mahatma Gandhi, mais ce sont des idées inspirées par l’Arya Samaj, ainsi que la perte de la vallée de l’Indus au bénéfice du Pakistan, qui expliquent son geste. Ce sont toujours ces mêmes Brahmanes, ainsi que le BJP, le parti nationaliste hindou, actuellement au pouvoir, qui ont mené les foules <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">détruire la mosquée à Ayodhya </a>en 1993.</p>



<p>Aujourd’hui l’Inde s’apparente pour les Musulmans à ce qu’était l’Allemagne pour les Juifs au temps des Nazis:&nbsp;exclusion, persécution, emprisonnement, lynchage.</p>



<p>Dayanand Saraswati&nbsp;avait certes eu pour objectif de débarrasser l’Hindouisme des scories de la superstition, de l’idolâtrie, de la misogynie, afin d’en faire le levier de la puissance de son pays. Néanmoins en cherchant à convertir les minorités, il voulait supprimer la diversité et créer un pays et un Etat exclusivement hindous. Ce faisant, tout en échouant à en supprimer le système des castes, il l’a infecté avec le virus d’un nationalisme sectaire qui imprègne actuellement une grande partie de la population. L’Inde étant en voie de devenir une puissance mondiale, on n’en mesure pas encore toutes les conséquences.&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘The autobiography of Dayanand Saraswati’’, K.C. Yadav Edition, 1987, 134 pages</em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="B0dpJggBz4"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/">Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/embed/#?secret=ukl3bom8Ll#?secret=B0dpJggBz4" data-secret="B0dpJggBz4" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Dec 2022 06:57:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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		<category><![CDATA[mosquée d’Ayodhya]]></category>
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		<category><![CDATA[Vinay Lal]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le cas de l'Inde démontre, même à l’ère de l’Internet, que l'Histoire est indissociable de la politique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La destruction d’un lieu de culte par une foule déchaînée est en soi un événement suffisamment rare au XXIe siècle pour ne pas attirer l’attention, quelles que soient les convictions ou les motivations. Lorsque cette destruction se fait sous les yeux impassibles de milliers de policiers, censés l’empêcher, c’est la politique de l’Etat en cause qui est questionnable.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-5481169"></span>



<p>L’affaire de la mosquée d’Ayodhya en Inde, rasée le 6 décembre 2003 par une foule composée de centaines de milliers d’excités venus de toutes parts à l’appel de partis politiques et d’organisations hindous, continue 30 ans après d’avoir des répercussions sur la paix civile, le système judiciaire, ainsi que les relations intercommunautaires en Inde.</p>



<p>Il est donc nécessaire d’analyser autant les ressorts psychologiques qui ont mené à cette&nbsp;frénésie collective contre une minorité religieuse, qui a fait dans les jours qui ont suivi près de 2000 morts, que les objectifs politiques poursuivis par l’État, constitutionnellement démocratique, qui à tout le moins ne l’a pas empêchée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Historiographie coloniale et conscience nationale</h2>



<p>L’objet du contentieux que les partis et les organisations culturelles hindous entretiennent contre les musulmans se rapporte en réalité à la lecture de l’Histoire, telle que rapportée au XIXe siècle par les historiens anglais Mill, McAuliffe, Elphinstone, et autres.</p>



<p>Selon ces auteurs les Hindous n’ont jamais été plus qu’une race grossière&nbsp;dénuée de toute conscience historique, la preuve en étant que, contrairement aux traités de philosophie, de mathématiques, de religion, de grammaire, de lois, aucun document se rapportant à des faits historiques n’ait jamais été rédigé par des Hindous, à l’exception d’un traité du XIIe siècle se rapportant à une dynastie du Kashmir. Cela expliquerait, selon les Anglais, leur manque de combativité, sinon leur caractère efféminé, ainsi que l’occupation continuelle de leur pays tout au long de l’Histoire par des étrangers, qui ne sont autres que les musulmans.</p>



<p>C’est à partir du XIXe siècle que les Hindous avec la dissémination des écoles anglaises et les progrès de l’éducation ont commencé à prendre conscience de leur histoire racontée par les Anglais, par le biais des plus éduqués parmi eux, en général des Bengalis. Et avec les deux guerres mondiales et la lutte pour l’indépendance, des historiens hindous tels que Munshi, Majumdar, Bankim Chandra, ont écrit le récit de l’épopée du peuple appelé à diriger l’Etat nation en devenir,&nbsp;promis à l’indépendance, l’Inde.</p>



<p>La plupart de ces historiens ont divisé l’histoire de l’Inde en trois époques, la première brillante&nbsp;hindoue, la seconde musulmane&nbsp;correspondant à la période sombre et se résumant dans les destins emblématiques de trois personnages hâtivement schématisés&nbsp;: Akbar le musulman éclairé, Aurangzeb le fanatique, et Shivaji le résistant hindou, la troisième moderne débutant avec l’arrivée des Anglais puis marquée par la lutte pour l’indépendance qu’ils ont appelée combat pour la liberté, et dont le personnage central a été le Mahatma Gandhi, adepte de la non-violence et promouvant la coexistence pacifique entre les différentes communautés vivant au sein de l’Inde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle controversé de Gandhi</h2>



<p>Cependant le rôle de Gandhi est demeuré controversé, certains historiens lui ayant attribué la&nbsp;responsabilité de la création du Pakistan et la perte conséquente de la vallée de l’Indus, tout en déléguant le mérite de l’indépendance aux combattants tels que Subhas Chandra Bose qui s’était rallié aux Japonais et avait créé l’Armée nationale indienne.</p>



<p>En fin de compte, Gandhi avait été assassiné par les chauvinistes Hindous de l’organisation paramilitaire RSSS&nbsp;(corps des volontaires hindous) justement pour ces mêmes raisons, selon eux la complaisance envers les musulmans et le Pakistan. Son assassin, Nathuram Godse, fut exécuté. Les chauvinistes hindous étaient subséquemment, de par ce crime qu’ils avaient inspiré, demeurés dans l’ombre pendant l’époque du pouvoir de Nehru, et de sa fille Indira, jusqu’en 1977, et après sa démission,&nbsp; les élections qui avaient suivi l’Etat d’urgence avaient été remportées par un parti nationaliste, le Janata Sangh présidé par Morarji Desai.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8hKKGKZTGm"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/">«Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Cette nuit la liberté»: naissance de l’Inde et du Pakistan, ces ennemis si intimes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/08/15/cette-nuit-la-liberte-naissance-de-linde-et-du-pakistan-ces-ennemis-si-intimes/embed/#?secret=HI2oItfsy1#?secret=8hKKGKZTGm" data-secret="8hKKGKZTGm" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est à ce moment-là que des voix au plus haut sommet ont commencé à se faire entendre pour la révision des manuels scolaires d’Histoire, jugés défavorables au caractère hindou de l’Inde. Mais c’est quelques années après, avec les protestations et les émeutes contre l’attribution de quotas d’inscriptions aux basses castes hindoues dans les universités, que le concept de l’<em>hindutva</em>, la nation hindoue, allait&nbsp; véritablement prendre son essor et aboutir aux triomphes&nbsp;électoraux des partis nationalistes hindous, et à la réécriture de l’Histoire qui en résulterait dans un sens valorisant la virilité de la nation à travers les combats menés contre les envahisseurs étrangers, autrement dit les musulmans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La montée des partis nationalistes</h2>



<p>Comme dans le même temps ce concept de nation hindoue, définie par la religion, exigeait l’élaboration d’un récit historique millénaire, ses tenants ont jugé nécessaire de considérer les personnages jusque-là vénérés comme des héros et des dieux dans le Mahabharata et le Ramayana, des livres sacrés, comme de véritables personnages historiques, à l’instar des prophètes Jésus ou Mohamed, l’hindouisme devenant alors une religion révélée semblable au christianisme ou à l’islam. C’est ainsi que le Dieu Rama est devenu à leurs yeux un personnage dont le lieu de naissance se situerait à Ayodhya selon une version du Ramayana, au lieu même où la mosquée dite Babri objet du litige avait été érigée en 1528 par Mir Baqi, avec les matériaux issus de la destruction du temple hindou qui occupait les lieux, sur l’ordre à ce qu’on dit de l’empereur musulman Baber.</p>



<p>L’affaire de la mosquée qui est réapparue&nbsp;dans les temps modernes à partir de 1950 avec une plainte en justice en contestant la propriété, et l’introduction d’idoles dans le lieu du culte musulman, a donc opposé deux récits. D’une part, il y a celui des historiens séculiers&nbsp; pour qui il n’y a aucune preuve objective de l’existence ancienne d’un temple préalablement à la construction de la mosquée, ce que les fouilles réalisées après sa destruction ont bel et bien confirmé, tout autant d’ailleurs que les écrits de Tulsidas, un hindou renommé qui avait vécu à la même époque et qui n’aurait pas manqué de signaler un événement de cette importance.</p>



<p>D’autre part, il y a le récit des communalistes qui se basent sur les témoignages d’un prêtre chrétien jésuite (??!), Joseph Tiefenthaler, en 1750, puis, de plusieurs voyageurs anglais (!!!), pendant le XIXe et le XXe siècles, rapportant la vénération du lieu de naissance de Rama situé dans une mosquée portant à l’intérieur des symboles hindous du temple qui lui préexistait.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aLLvIuNsb3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/"> »Amritsar, Mrs Gandhi last battle » : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="«  »Amritsar, Mrs Gandhi last battle » : L&rsquo;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/06/12/amritsar-mrs-gandhi-last-battle-lassassinat-dindira-gandhi-en-inde-ou-larroseur-arrose/embed/#?secret=ap8B1D39LX#?secret=aLLvIuNsb3" data-secret="aLLvIuNsb3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il est vrai que les colonnes de la mosquée portaient effectivement de tels symboles mais les stupas bouddhistes ou les temples jains n’en étaient pas non plus dépourvus et rien n’interdit de penser que les matériaux disponibles issus de monuments anciens en ruine aient été utilisés&nbsp;dans ladite construction.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le rôle toxique des historiens</h2>



<p>Les écrits de PN Oak l’historien négationniste affirmant que le Taj Mahal et tous les monuments musulmans en Inde, et il y en a plus de deux mille, soient à l’origine des temples hindous détruits, sont dénués de toute preuve historique, et prennent même un caractère loufoque avec l’affirmation que la Kaaba, le Vatican, et même l’abbaye de Westminster, le soient tout autant.</p>



<p>Néanmoins, ces opinions à partir des Electronic Network de la communauté hindoue américaine sont aujourd’hui diffusées à l’échelle mondiale sur Internet et sont largement partagées par les militants de l’Hindutva. Elles expliquent largement que 30 années après la destruction de la mosquée à Ayodhya, aucun responsable politique n’ait été condamné. Plus que cela, la Cour Suprême indienne a statué qu’un temple hindou serait reconstruit à la place de la mosquée détruite.</p>



<p>Evidemment les écrivains séculiers qui défendent la laïcité de l’Etat ont utilisé des arguments rationnels contre ce qu’ils tiennent pour des mythes d’usage dangereux en politique. Sharma et Romila Thapar ont par exemple écrit que le <em>Rig Veda</em>, un des livres saints hindous, n’interdisait&nbsp;pas la consommation de viande de vache, et que les anciens aryens, tenus pour être les ancêtres des hindous, en mangeaient sans restriction, et cela remet évidemment en question la croyance la plus fondamentale des foules hindoues, celle du caractère sacré inviolable de la vache. Cela explique tout autant&nbsp; que ces historiens soient demeurés marginaux et leur argumentation à propos des mythes s’est avérée à double tranchant. Car en fin de compte, même l’histoire de l’Inde à l’époque musulmane contée par les écrivains <em>«objectifs» </em>s’est basée sur les écrits des Anglais&nbsp;reprenant ceux antérieurs des musulmans. Et si on se réfère&nbsp;à ces écrits, il n’y a&nbsp; pas eu plus de vingt quatre temples hindous détruits en 10 siècles, souvent parce qu’ils furent des nids de rébellion, tout comme le Temple d’Or d’Amritsar le fut en 1984 par l’armée indienne parce qu’il avait servi de refuge à des terroristes sikhs. Cela, ce sont les hindous laïcs qui l’ont affirmé. Et par ailleurs, l’empereur Aurangzeb considéré par les Anglais et les Hindous comme la brute fanatique musulmane par excellence avait employé à son service dans une proportion de près de 37% des clercs hindous, beaucoup plus que ne l’avait fait Akbar, tenu pour le modèle de tolérance musulmane; mais durant le règne du premier, tout comme celui du second, beaucoup de temples hindous avaient reçu des riches dotations et d’importantes sommes d’argent.</p>



<p>Le plus étrange demeure donc que dans la construction de leur identité nationale au début de leur indépendance politique, les Hindous aient utilisé les écrits des&nbsp; colonisateurs anglais. Dans ce cas, il est évident que l’invocation des mythes à usage politique ne soit que relative, et qu’entre les visions historiques du traditionaliste terroriste&nbsp;Vir Savarkar pour qui les musulmans doivent être chassés de l’Inde, et celle du moderniste&nbsp;libéral Jawaharlal Nehru garantissant le gouvernement du pays par la majorité hindoue grâce à des institutions démocratiques, il n’y a qu’une différence de degrés. Ce sont d’ailleurs les élections qui ont permis l’accession au pouvoir du parti nationaliste hindou, le BJP, qui grâce à ce qu’il appelle le registre national, est en train d’enfermer dans des camps de concentration dignes des nazis des millions de musulmans sous le prétexte de leur incapacité à établir leur nationalité.</p>



<p>Naturellement tout cela renvoie aux mécanismes de construction de la Vérité et ainsi que le cas indien le démontre, même à l’ère de l’Internet, celle-ci est indissociable de la politique, et l’Histoire est bien souvent son champ d’action privilégié. C’est dire combien le rôle des historiens pour résoudre une querelle politique puisse être hors de propos.</p>



<p><em>** Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><em><strong>‘‘The History of History: Politics and Scholarship in Modern India’’, de Vinay Lal, &nbsp;éd. Oxford University Press, 29 septembre 2005.</strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/04/the-history-of-history-la-destruction-de-la-mosquee-dayodhya-en-inde/">‘‘The History of History’’ : la destruction de la mosquée d’Ayodhya en Inde</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Amritsar, Mrs Gandhi last battle : L&#8217;assassinat d’Indira Gandhi en Inde ou l’arroseur arrosé</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 12 Jun 2022 06:52:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'utilisation de la religion à des fins politiques, ou du terrorisme, sont-ils l'apanage des seuls musulmans? Ce qui s'est passé au Punjab en Inde en juin 1984 dans le Temple d'Or d'Amritsar invite à la réflexion.</p>
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<p><strong><em>L&rsquo;utilisation de la religion à des fins politiques, ou du terrorisme, sont-ils l&rsquo;apanage des seuls musulmans? Les événements survenus au Punjab en Inde en juin 1984 dans le Temple d&rsquo;Or d&rsquo;Amritsar, et qui ont conduit à l&rsquo;assassinat du Premier ministre indien Indira Gandhi quelques mois plus tard, invitent à considérer les dangers que l&rsquo;irruption de la religion dans le champ politique fait encourir à tout pays.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-1403108"></span>



<p>Les Sikhs constituent cette communauté religieuse célèbre pour les turbans et les barbes de ses fidèles, alliant au monothéisme et à une vision (soufie) de l&rsquo;islam, des pratiques issues de l&rsquo;adoration populaire hindoue, la Bhakti.</p>



<p>A l&rsquo;origine le Sikhisme avait pour ambition d&rsquo;abolir le système&nbsp;des castes et de fondre musulmans et hindous dans une même confraternité, mais il a fini par se différencier des deux grandes religions, au prix de guerres longues et cruelles contre les empereurs Moghols musulmans et les Afghans, depuis lesquelles il entretient le culte du martyr, et les Sikhs, toujours hantés d&rsquo;être absorbés dans la majorité hindoue et de perdre leur identité, n&rsquo;ont eu de cesse, après l&rsquo;indépendance de l&rsquo;Inde et la partition du Pakistan, de lutter pour un Etat où ils seraient majoritaires au sein de la fédération indienne.</p>



<p>Pour des raisons historiques, la plupart des Sikhs résident dans l&rsquo;État du Punjab, mais ils n&rsquo;ont jamais réussi à en réunir la majorité politique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La cause qui allait nourrir le terrorisme sikh</h2>



<p>En 1978, Indira Gandhi&nbsp; préparait son retour sur la scène politique à la tête du parti du Congrès, après avoir été évincée du pouvoir et condamnée à la&nbsp;prison. Pour cela, elle avait besoin de provoquer l&rsquo;éclatement de la coalition politique au pouvoir, le Janata. Le Punjab lui semblait l&rsquo;État où elle aurait le plus de chances d&rsquo;y arriver. Le gouvernement régional y était dominé par une alliance entre le Janata principalement hindou, et le parti régionaliste Sikh Akali Dal.</p>



<p>&nbsp;Afin de provoquer une scission entre Sikhs et Hindous, le conseiller sikh de Indira, Zail Singh, crut nécessaire d&rsquo;enflammer le sentiment identitaire sikh, d&rsquo;essence religieuse. Il se servit pour cela d&rsquo;un Sant, un religieux sikh, nommé Jarnail Singh Bhindranwale, et de l&rsquo;hostilité de sa communauté contre une secte dissidente, les Nirankaris, de gros commerçants alliés aux Hindous.</p>



<p>En 1978, la convention Nirankarie tenue à Amritsar fut attaquée par des Sikhs dirigés par Bhindranwale et&nbsp;au cours de l&rsquo;affrontement quelques-uns des assaillants furent tués. Ils furent considérés comme des martyrs et les amis d&rsquo;Indira Ghandi&nbsp;obtinrent la cause qui allait pendant des années nourrir le terrorisme Sikh, et conduire à son propre assassinat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Massacres en chaîne</h2>



<p>Après le retour d&rsquo;Indira au pouvoir lors des élections de 1979, Zail Singh fut nommé ministre&nbsp;de l&rsquo;Intérieur, mais trois meurtres, celui d&rsquo;un grand propriétaire d&rsquo;une chaîne de journaux hindous, du chef de la secte des Nirankaris, et d&rsquo;un politicien sikh, apportèrent bientôt la preuve qu&rsquo;au Punjab, les choses commençaient à échapper à tout contrôle, d&rsquo;autant que de nombreux politiciens sikhs se rangeaient désormais sous la bannière de Bhindranwale, dont l&rsquo;objectif proclamé était devenu l&rsquo;indépendance et la création d&rsquo;un Etat sikh nommé Khalistan. Bhindranwale fut arrêté mais après&nbsp; environ un mois d&#8217;emprisonnement il fut remis en liberté&nbsp;sans être jugé, et le ministre de l&rsquo;Intérieur Zaïl Singh déclara qu&rsquo;après tout, rien ne prouvait qu&rsquo;il avait été à l&rsquo;origine des assassinats.</p>



<p>Après cela, l&rsquo;aura de Bhindranwale s&rsquo;accrut considérablement, et des commandos armés sikhs opérant à son nom se mirent à attaquer les Hindous dans les lieux publics et les transports en commun, et de nombreux policiers et des fonctionnaires furent assassinés.</p>



<p>Finalement, Bhindranwale, recherché par la police, se réfugia&nbsp;dans Temple d&rsquo;Or, le plus saint des lieux saints sikhs, entouré de ses partisans armés, et lorsque la police reçut l&rsquo;ordre de le déloger, elle ne put le faire, le Temple d&rsquo;Or ayant été puissamment fortifié sous la direction d&rsquo;un général d&rsquo;armée, Shahbeg Singh, héros de la guerre du Bangladesh&nbsp;et passé du côté des terroristes.</p>



<p>En juin 1984, Indira Ghandi&nbsp;envoya finalement l&rsquo;armée pour les déloger, mais le moment fut mal choisi, cette époque de l&rsquo;année correspondant à un pèlerinage annuel et une foule nombreuse fréquentant alors le lieu saint pour y célébrer&nbsp;le martyr de l&rsquo;un de ses chefs, les gurus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le terrorisme fait 10 000 morts en dix ans au Punjab</h2>



<p>Finalement quand l&rsquo;armée mit le siège devant le temple, de nombreux terroristes s&rsquo;étaient échappés et des milliers de pèlerins s&rsquo;y retrouvèrent prisonniers. Et lorsque l&rsquo;assaut fut donné, les soldats rencontrèrent une telle résistance qu&rsquo;ils firent appel aux tanks, et de nombreux obus explosifs endommagèrent&nbsp;sérieusement certains des bâtiments&nbsp;du complexe, en particulier l&rsquo;Akal&nbsp;Takht. Les principaux chefs du mouvement, Bhindranwale et Shahbeg Singh en particulier, trouvèrent la mort, et il semble que quelques-uns furent exécutés par les soldats. Mais des milliers de pèlerins furent tués également, quelques-uns durant les combats, les autres faits prisonniers, puis abattus.</p>



<p>Tout ceci provoqua évidemment une grande colère dans l&rsquo;ensemble de la communauté sikhe qui considéra la destruction de ses lieux saints et la mort d&rsquo;innocents pèlerins comme un outrage irréparable.</p>



<p>En fin de compte, quatre mois après, en octobre 1984, Indira Ghandi fut assassinée&nbsp;par deux de ses gardes du corps sikhs, dont elle avait refusé de se séparer. Le jour de sa crémation fut le coup d&rsquo;envoi d&rsquo;un massacre sur une grande échelle des Sikhs. Plus de 20.000 membres de la communauté trouvèrent la mort en deux journées, et la police, qui n&rsquo;avait pas reçu l&rsquo;ordre d&rsquo;intervenir,&nbsp;assista impassible à la destruction de leurs biens et de leurs demeures.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Calculs politiques, irresponsabilité et confusion des esprits</h2>



<p>Plus de 38 ans après, les responsables du massacre, des membres du Parti du Congrès et de la mairie de Delhi, n&rsquo;ont pas été punis. Mais le terrorisme devait se prolonger encore pendant dix ans au Punjab et il fit plus de 100.000 morts. Mais la population lassée&nbsp;des terroristes qui avaient sombré dans le banditisme, et des représailles qu&rsquo;elle endurait de la part de la police et de l&rsquo;armée, cessa de leur apporter son aide.</p>



<p>Cette affaire est exemplaire parce qu&rsquo;elle démontre combien l&rsquo;usage des sentiments religieux à des fins politiques est dangereux. L&rsquo;Inde est un pays officiellement laïc, où le communautarisme est en principe interdit. Pourtant on y a eu recours pour mobiliser les Sikhs au bénéfice d&rsquo;Indira Gandhi, on a refusé de faire juger Bhindranwale quand on en avait la possibilité, et on a au tout début laissé les terroristes pénétrer et se fortifier dans le lieu saint qu&rsquo;on fut plus tard obligé de détruire, sous le prétexte du respect des sentiments religieux.</p>



<p>Ceci devrait servir d&rsquo;avertissement à tous les pays où la justice est asservie à des considérations religieuses. En Tunisie des milliers de jeunes ont été envoyés se battre en Syrie au nom du jihad, dans les rangs de Daech, et à ce jour, non seulement on ne sait pas ce qu&rsquo;ils sont devenus, mais on n&rsquo;a toujours pas jugé les responsables, et le parti politique qui a fait de la référence identitaire son cheval de bataille trouve maintenant des alliés dans la soi-disant élite moderniste, au nom de la lutte pour la démocratie. C&rsquo;est incroyable jusqu&rsquo;à quel degré&nbsp;d&rsquo;irresponsabilité la confusion des esprits peut mener.&nbsp; &nbsp;</p>



<p>* <em>Médecin de pratique libre.</em></p>



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