<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des Ilyes Zouari - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/ilyes-zouari/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/ilyes-zouari/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Mon, 13 Oct 2025 07:20:31 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des Ilyes Zouari - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/ilyes-zouari/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Ilyes Zouari : «L’Algérie perdra beaucoup à remplacer le français par l’anglais»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/13/ilyes-zouari-lalgerie-perdra-beaucoup-a-remplacer-le-francais-par-langlais/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/13/ilyes-zouari-lalgerie-perdra-beaucoup-a-remplacer-le-francais-par-langlais/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Oct 2025 07:20:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique francophone]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[anglais]]></category>
		<category><![CDATA[Français]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Zouari]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=17644862</guid>

					<description><![CDATA[<p>En remplaçant le français par l’anglais comme seconde langue, l’Algérie commettrait une très grave erreur et hypothéquerait son avenir. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/13/ilyes-zouari-lalgerie-perdra-beaucoup-a-remplacer-le-francais-par-langlais/">Ilyes Zouari : «L’Algérie perdra beaucoup à remplacer le français par l’anglais»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«En passant à l’anglais, l’Algérie commettrait la deuxième plus lourde erreur de son histoire, après celle de 1962 lorsqu’elle s’était jetée dans les bras de l’URSS», estime Ilyes Zouari, le président du Centre d’étude et de réflexion sur le Monde francophone (Cermf). Qui ajoute : «L’Algérie ferait mieux de s’inspirer de la sagesse, de l’intelligence et de la clairvoyance de ses voisins francophones du Maghreb.» </em></strong></p>



<span id="more-17644862"></span>



<p>Ces propos ont été tenus dans un entretien du chercheur tunisien avec la chaîne YouTube <a href="https://www.youtube.com/watch?v=zFnsXWGinQs" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Algérie Part</a> consacrée à l’actualité algérienne.</p>



<p>Répondant aux voix qui s’élèvent en Algérie pour appeler à remplacer le français par l’anglais en tant que seconde langue dans le pays. Il avertit : <em>«L’Algérie va détruire (une nouvelle fois) son avenir si elle remplace le français par l’anglais».</em> Si le régime algérien fait passer le pays à l’anglais, <em>«l’Algérie basculera dans la zone linguistique la moins dynamique économiquement du continent et du monde arabe (la zone francophone étant toujours globalement la plus dynamique, n’en déplaise aux ignorants et soi-disant experts…)»</em>, analyse Ilyes Zouari. <em>«Le pays se coupera de l’océan et du marché francophones qui l’entourent (et notamment de l’Afrique francophone, qui vient de dépasser les 500 millions d’habitants, cette année)»</em>, argumente-t-il.</p>



<p>L’Algérie se rapprochera culturellement, lentement mais sûrement, des pays arabes du Moyen-Orient, sur lesquels elle finira par s’aligner. D’où une explosion, à moyen terme, de l’extrémisme religieux, et du port du niqab. L’Algérie se <em>«démaghrebisera»</em>.</p>



<p>Le pays verra se réduire ses débouchés migratoires (étudiants, travailleurs…), vu l’hostilité historique des pays anglo-saxons à l’égard des populations arabes.</p>



<p>Enfin, le pays n’améliorera même pas son niveau en anglais, toutes les études démontrant que les pays arabes francophones dépassent déjà largement les pays arabo-anglophones, anciennes colonies anglaises, et même largement le Japon et la Chine (eux aussi très largement dépassés par la France&#8230;). A terme, tout semble donc indiquer que le niveau en anglais des Algériens finirait par baisser, conclut Ilyes Zouari.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/13/ilyes-zouari-lalgerie-perdra-beaucoup-a-remplacer-le-francais-par-langlais/">Ilyes Zouari : «L’Algérie perdra beaucoup à remplacer le français par l’anglais»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/13/ilyes-zouari-lalgerie-perdra-beaucoup-a-remplacer-le-francais-par-langlais/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 31 May 2023 07:39:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[dette publique]]></category>
		<category><![CDATA[Egypte]]></category>
		<category><![CDATA[énergies renouvelables]]></category>
		<category><![CDATA[hydrocarbures]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Zouari]]></category>
		<category><![CDATA[Maghreb]]></category>
		<category><![CDATA[Maroc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=8115219</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pour la première fois depuis son indépendance en 1962, l’Algérie a affiché le PIB par habitant le plus faible des trois pays du Maghreb en 2021. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/">L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Pour la première fois depuis son indépendance en 1962, et chose passée largement inaperçue, l’Algérie a affiché le PIB par habitant le plus faible des trois pays du Maghreb en 2021, avant la hausse exceptionnelle et brève du cours des hydrocarbures observée l’année suivante.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ilyes Zouari</strong> *</p>



<span id="more-8115219"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ilyes-Zouari.jpg" alt="" class="wp-image-8115282" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ilyes-Zouari.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ilyes-Zouari-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/05/Ilyes-Zouari-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Les gigantesques richesses naturelles de l’Algérie ne suffisent donc plus à masquer la réalité économique du pays, très en retard par rapport à ses voisins francophones du Maghreb, et qui devrait connaître de graves difficultés vers 2028.&nbsp;</p>



<p>Selon les données de la Banque mondiale, le PIB par habitant de l’Algérie s’établissait à 3 691 dollars en 2021, dernière année pour laquelle les statistiques sont disponibles, contre 3 807 dollars pour la Tunisie et 3 795 dollars pour le Maroc, qui avait jusque-là toujours occupé la dernière place parmi les trois pays du Maghreb, depuis leur indépendance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une économie algérienne très en retard…</h2>



<p>En dépassant l’Algérie, le Maroc et la Tunisie ont ainsi réalisé une remarquable performance, vu leurs faibles richesses naturelles en comparaison avec leur voisin, un des principaux producteurs mondiaux d’hydrocarbures.</p>



<p>Premier producteur africain de gaz naturel et troisième pour le pétrole, l’Algérie a en effet extrait 101 milliards de mètres cubes de gaz naturel en 2021 et environ 900 000 barils de pétrole par jour au cours de la même année, soit respectivement 53 fois et 24 fois plus que la Tunisie, dont les maigres richesses en la matière sont pourtant, elles-mêmes, considérablement supérieures à celles, quasi nulles, du Maroc. La production marocaine en hydrocarbures est si insignifiante, que le pays n’a produit, par exemple, que de 250 barils de pétrole par jour en 2021, soit environ 3&nbsp;600 fois moins que l’Algérie, 150 fois moins que la Tunisie… et même 52 fois moins que la France, réputée être un pays sans pétrole (seulement 13&nbsp;000 barils par jour).&nbsp;</p>



<p>Cette évolution résulte des politiques économiques inefficaces suivies par l’Algérie depuis son indépendance et la montée en puissance de sa production d’hydrocarbures, alors que le pays était de loin le plus développé du Maghreb, et même de l’ensemble du monde arabe, grâce aux nombreuses et modernes infrastructures construites et laissées par la France (qui avait dépensé dans les pays du Maghreb bien davantage que ceux-ci ne lui ont rapporté, et surtout en Algérie).</p>



<p>Ainsi, et faute de diversification, l’économie algérienne est aujourd’hui encore très fortement dépendante des hydrocarbures, qui représentent toujours environ 90% des exportations nationales (88% an 2022). Et ce, contrairement aux pays pétroliers et gaziers occidentaux, comme le Canada et le Royaume-Uni (respectivement 30% et 11%, seulement), et à ses deux voisins du Maghreb, qui sont eux aussi parvenus à faire émerger une économie très diversifiée et compétitive (agriculture, textile, composants automobiles et aéronautiques, industries chimiques, tourisme…).</p>



<p>En effet, et parallèlement à la mise en place d’un cadre favorable aux investissements nationaux et internationaux, la Tunisie et le Maroc ont réussi à constituer de nombreuses filières industrielles, leur permettant notamment d’occuper les premières places au niveau continental en matière d’industrialisation et d’environnement des affaires. Ainsi, et selon le dernier classement publié par la Banque africaine de développement (BAD), en novembre 2022, le Maroc et la Tunisie se classaient respectivement deuxième et quatrième des pays du continent en matière d’industrialisation, alors que l’Algérie n&rsquo;arrivait à la 11<sup>e</sup> position, derrière le Sénégal (septième et pays le plus industrialisé d’Afrique de l’Ouest, devant être bientôt rejoint par la Côte d’Ivoire, qui a récemment dépassé le Ghana), ou encore le Kenya (neuvième, et pays le plus industrialisé d’Afrique de l’Est continentale).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eKnKnLqUl0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/10/la-tunisie-un-faux-petit-pays-peu-peuple-et-en-declin/">La Tunisie, un faux «petit pays», peu peuplé et en déclin</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, un faux «petit pays», peu peuplé et en déclin » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/10/la-tunisie-un-faux-petit-pays-peu-peuple-et-en-declin/embed/#?secret=6uEqL2SUO5#?secret=eKnKnLqUl0" data-secret="eKnKnLqUl0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le Maroc devrait d’ailleurs très prochainement accéder au premier rang du classement, en dépassant l’Afrique du Sud avec laquelle l’écart est désormais inférieur à 1%, après avoir été divisé par 17 depuis 2010 (scores actuels de 0,8327 et 0,8404, respectivement). Une évolution qui s’explique également par le déclin économique constant de l’Afrique du Sud, comme en témoigne la croissance quasi nulle enregistrée au cours de la dernière décennie (0,9% en moyenne annuelle sur la période de 2013-2022), ou encore le fait qu’elle soit l’un des très rares pays africains à connaître une baisse du taux d’accès à l’électricité, alors même qu’une partie non négligeable de la population n’y est toujours pas connectée au réseau électrique (15,6% fin 2020, contre moins de 1% dans chacun des pays du Maghreb, selon la Banque mondiale). Cette régression s’accompagne, par ailleurs, de délestages désormais quotidiens et dépassant parfois les dix heures par jour, alors que les pays maghrébins ne connaissent presque jamais de coupures de courant (l’Algérie étant la seule à en connaître, mais assez rarement).</p>



<p>La deuxième place actuelle du Maroc avait d’ailleurs longtemps été occupée par la Tunisie, qui a récemment reculé à la quatrième position, derrière l’Égypte, suite aux difficultés qu’elle traverse depuis sa révolution de 2011.</p>



<p>Quant à l’environnement des affaires, le Maroc et la Tunisie se distinguent également par les grandes avancées réalisées, comme le démontre le fait que ces deux pays se soient placés, respectivement, à la troisième et à la cinquième place continentale dans le dernier classement publié en la matière par la Banque mondiale, juste avant le Covid-19, alors que l’Algérie n’occupait que la 33<sup>e</sup> position (et la 162<sup>e</sup> au niveau mondial), arrivant même très loin derrière de nombreux pays d’Afrique sub-saharienne (comme les très dynamiques Côte d’Ivoire, Sénégal et Togo).</p>



<p>À cela, s’ajoute également un certain isolement économique de l’Algérie, qui est aujourd’hui est un des très rares pays au monde, hors minuscules États insulaires, à ne toujours pas être membre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Contraste avec le décollage économique du Maroc</h2>



<p>Les politiques économiques judicieuses suivies par les deux principaux voisins de l’Algérie leur ont ainsi permis de réaliser un bond considérable au cours des dernières décennies. Si la Tunisie a été pionnière, le Maroc a véritablement décollé au cours des vingt dernières années, et s’illustre aujourd’hui en étant notamment le seul pays arabe à avoir une véritable industrie automobile (et l’un des deux seuls sur le continent, avec l’Afrique du Sud, qu’il talonne désormais avec une production de près de 470&nbsp;000 véhicules en 2022, essentiellement destinée à l’export, contre seulement 25&nbsp;000 pour l’Égypte, pays le plus peuplé du monde arabe), et l’unique pays africain à être doté de trains appartenant à la catégorie des trains à grande vitesse, roulant à environ 300 km/h (et le seul au niveau arabe, avec la richissime Arabie saoudite).</p>



<p>Par ailleurs, le Maroc est également devenu un acteur incontournable sur la scène africaine, en se hissant au rang de deuxième investisseur africain sur le continent (après l’Afrique du Sud, notamment présente dans les industries minières), en disposant d’un réseau bancaire particulièrement développé (à tel point que les agences bancaires marocaines sont désormais deux fois plus nombreuses que les agences françaises en Afrique subsaharienne francophone), ou encore en ayant fait de la compagnie aérienne nationale, Royal Air Maroc, un acteur majeur du ciel africain.</p>



<p>De même, le dynamisme de l’économie marocaine se reflète également à travers le nombre d’entreprises nationales présentes parmi les plus grandes entreprises du continent. En effet, et selon le dernier classement annuel publié par le magazine <em>Jeune Afrique</em>, en mars dernier, le Maroc en comptait non moins de 56 parmi les 500 plus grandes entreprises africaines en 2021, contre seulement 12 pour l’Algérie, ou encore 46 pour l’Égypte, pays arabo-anglophone d’Afrique du Nord ayant une population 2,8 fois plus nombreuse (et qui devrait donc, théoriquement, être largement mieux représenté que le royaume chérifien).</p>



<p>Il est d’ailleurs à noter que l’Algérie arrive même assez loin derrière la Tunisie (21 entreprises) ou encore la Côte d’Ivoire (27), et ce, malgré leur population largement inférieure (la Tunisie étant même près de quatre fois moins peuplée).</p>



<p>Mais si les bonnes performances du Maroc résultent, d’abord, des bonnes stratégies économiques adoptées, ainsi que de la taille de son marché intérieur (trois fois plus important que celui de la Tunisie, mais un cinquième plus petit que celui de l&rsquo;Algérie), elles s’expliquent également par l’appartenance du pays à l’espace francophone, qui lui a permis d’attirer de très importants investissements français et de bénéficier d’un accès privilégié à la vaste et voisine Afrique subsaharienne francophone. Rassemblant 22 pays, celle-ci constitue, d’ailleurs, la partie globalement la plus dynamique économiquement, la plus stable, la moins endettée et la moins inégalitaire du continent (dont elle a notamment réalisé en 2022 les meilleures performances économiques pour la neuvième année consécutive et la dixième fois en onze ans, affichant ainsi une croissance annuelle de 3,5% en moyenne sur la décennie 2013-2022 – et même 4,0% hors cas très particulier de la Guinée équatoriale, contre seulement 2,2% pour le reste de l’Afrique subsaharienne).</p>



<p>Du fait de sa proximité géographique et linguistique, de son dynamisme et de sa plus grande stabilité, l’Afrique subsaharienne francophone fut ainsi le point de départ de l’expansion internationale des entreprises marocaines, qui ont ainsi pu gagner en taille et en expérience, avant de pouvoir ensuite s’étendre au-delà de ce vaste ensemble (dont la superficie est d’ailleurs bien plus importante qu’indiqué par la plupart des cartes géographiques en circulation, qui divisent parfois par trois ou quatre la taille du continent).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un risque réel de faillite algérienne d’ici 2029</h2>



<p>Alors que le Maroc a vu ses réserves de change augmenter régulièrement au cours des dernières années, pour atteindre un plus haut historique de 35,5 milliards de dollars fin mars 2023 (contre seulement 19 milliards début 2014, et grâce à la robustesse de son économie diversifiée), la forte dépendance de l’Algérie aux hydrocarbures a entraîné un effondrement des réserves de change du pays, parallèlement à une explosion de son endettement. Et ce, dans un contexte international marqué par la tendance baissière du cours des hydrocarbures, de plus en plus largement remplacés par les énergies renouvelables.</p>



<p>En effet, les réserves de change sont passées de 193 milliards de dollars début 2014 à 45,3 milliards fin 2021, soit une baisse annuelle de 18,5 milliards de dollars en moyenne sur cette période de huit années (avant de remonter très provisoirement à 66,1 Mds fin mars 2023, suite à la hausse exceptionnelle et brève du cours des hydrocarbures après le déclenchement de la guerre en Ukraine). Et malgré les importantes restrictions imposées sur les importations, qui se situent désormais à environ 40&nbsp;milliards de dollars par an (38 milliards en 2022, contre 58 milliards en 2014), les réserves de change ont tout de même continué à baisser de 13,2 milliards de dollars par année, en moyenne, sur la deuxième moitié de la période, entre début 2018 et fin 2021 (contre 23,7&nbsp;milliards au cours de la première moitié).&nbsp;</p>



<p>Dans le même temps, et selon les dernières données fournies par le FMI, la dette publique du pays a considérablement augmenté, passant de seulement 7,7% du PIB fin 2014 à 62,8% fin 2021 (avant de redescendre, provisoirement, à 52,4% fin 2022). Alors que l’Algérie était le pays le moins endetté des 54 pays du continent en 2014, elle est ainsi passée à la 26<sup>e</sup> place des pays africains les plus endettés en seulement sept ans, et devrait bientôt faire partie des 10 pays les plus endettés, selon les prévisions en la matière (d’autant plus qu’elle affiche un des déficits budgétaires les plus abyssaux au monde, ayant atteint 12,3% du PIB en 2022, selon la Banque mondiale).</p>



<p>En effet, et à cause d’une diversification encore embryonnaire en comparaison avec les voisins du Maghreb, la situation économique du pays va continuer à s’aggraver, compte tenu du retour du prix des hydrocarbures au niveau qui était le leur avant la guerre en Ukraine (et même globalement en dessous), et de la tendance durablement baissière de leur cours, du fait de la montée en puissance des énergies renouvelables. Celles-ci connaissent d’ailleurs un tel essor, que les sources non fossiles, tirées par le solaire et l’éolien, viennent de battre un nouveau record en étant à l’origine de non moins de 39% de la production mondiale d’électricité en 2022, et que la demande planétaire en énergies fossiles pour ce secteur devrait même commencer à décliner dès cette année, et ce, malgré la double croissance économique et démographique mondiale. Une évolution qui touche également de plus en plus le secteur automobile, avec le succès grandissant des véhicules électriques ou hybrides, dont la part a même dépassé la barre des 50% des nouvelles ventes de véhicules en décembre dernier sur le marché allemand (55%).</p>



<p>Par ailleurs, il est également à noter que la tendance à la baisse du cours des hydrocarbures est également soutenue par l’augmentation de l’offre mondiale, avec l’apparition de nouveaux gros producteurs (Canada, Brésil, Guyana…) et la multiplication des petits pays producteurs (comme le Sénégal, à partir de cette année 2023).</p>



<p>La montée en puissance des énergies renouvelables et la hausse parallèle de l’offre mondiale en hydrocarbures constituent, justement, les raisons qui expliquent la perte d’influence de l’Opep+, dont les dernières décisions de réduction de production n’ont absolument eu aucun impact sur les cours (revenus à chaque fois à leur niveau initial, seulement quelques jours plus tard).</p>



<p>Faute de profondes réformes économiques, en s’inspirant notamment de ses voisins francophones du Maghreb, les réserves de change de l’Algérie devraient donc repartir à la baisse à un rythme de plusieurs milliards de dollars par an.</p>



<p>En effet, la timide politique de diversification en cours ne pourrait suffire qu’à couvrir la baisse future des revenus tirés des hydrocarbures, résultant à la fois de la chute durable de leur cours et de la baisse des exportations du pays en la matière (suite à la hausse de la consommation intérieure). Parallèlement, il sera difficile de réduire davantage le niveau des importations, compte tenu de l’importance des restrictions déjà imposées et de la croissance démographique du pays.</p>



<p>Avec des réserves de change atteignant 66,1 milliards de dollars fin mars 2023, et en supposant une baisse annuelle ramenée à seulement 10&nbsp;milliards de dollars par année, contre 13,2 milliards sur la période 2018-2021 (et qui pourrait nécessiter de commencer à réduire un certain nombre de prestations sociales), l’Algérie ne devrait alors plus pouvoir couvrir que quatre mois d’importations mi-2028, soit le niveau à partir duquel un pays est considéré comme étant proche de la faillite (comme actuellement le Kenya, qui ne parvient plus à payer tous ses fonctionnaires).</p>



<p>Cette situation, qui paraît difficilement évitable, compte tenu de la modeste politique de diversification actuellement menée, mais également du fait qu’il est peu probable que l’Algérie puisse réaliser en seulement cinq ans ce que la Tunisie et le Maroc ont mis de nombreuses années à mettre en place, obligerait alors le pays à se tourner vers les institutions financières internationales et à mettre en œuvre de douloureuses réformes, afin d’éviter une faillite complète dès l’année suivante, et un scénario semblable à celui qu’avait connu le Venezuela, autre grand pays producteur d’hydrocarbures et allié de l’Algérie.</p>



<p>En effet, et malgré de considérables richesses naturelles, ce pays d’Amérique du Sud s’était totalement effondré au milieu de la dernière décennie, provoquant l’exode de plus de 6&nbsp;millions de personnes depuis 2015, soit le cinquième de la population vénézuélienne et une des plus grandes catastrophes humanitaires de l’histoire.</p>



<p>* <em>Président du Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone (CERMF).</em> </p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : <a href="https://www.cermf.org/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb" target="_blank" rel="noreferrer noopener">CERMF</a>. </p>



<p><strong><em>Article du même auteur dans Kapitalis: </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="f1q6xbLbwA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/">Francophonie : Le report du sommet de Djerba ou la diplomatie à géométrie variable du Canada</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Francophonie : Le report du sommet de Djerba ou la diplomatie à géométrie variable du Canada » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/embed/#?secret=ufuzZe0O09#?secret=f1q6xbLbwA" data-secret="f1q6xbLbwA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/">L’Algérie devient le pays le moins riche du Maghreb </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/31/lalgerie-devient-le-pays-le-moins-riche-du-maghreb/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>43</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Francophonie : Le report du sommet de Djerba ou la diplomatie à géométrie variable du Canada</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Nov 2021 06:57:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Canada]]></category>
		<category><![CDATA[Djerba]]></category>
		<category><![CDATA[génocide rwandais]]></category>
		<category><![CDATA[Ilyes Zouari]]></category>
		<category><![CDATA[Kais Saied]]></category>
		<category><![CDATA[OIF]]></category>
		<category><![CDATA[paul Kagamé]]></category>
		<category><![CDATA[Québec]]></category>
		<category><![CDATA[Rwanda]]></category>
		<category><![CDATA[Sommet de la Francophonie]]></category>
		<guid isPermaLink="false">http://kapitalis.com/tunisie/?p=371745</guid>

					<description><![CDATA[<p>Alors qu’il a été le principal artisan du report du Sommet de la Francophonie, initialement prévu pour les 20 et 21 novembre derniers en Tunisie, terre de liberté en transition politique pacifique, le Canada ne voit aucune objection à l’organisation du prochain sommet du Commonwealth par le Rwanda, pays gouverné par un des régimes les...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/">Francophonie : Le report du sommet de Djerba ou la diplomatie à géométrie variable du Canada</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/11/Kais-Saied-Paul-Kagame.jpg" alt="" class="wp-image-371746"/><figcaption><em>Pour le Canada, qui a demandé et obtenu le report du Sommet de la Francophonie de Djerba, le président tunisien Kaïs Saïed est moins fréquentable que son homologue rwandais Paul Kagamé, l&rsquo;un des derniers dictateurs de l&rsquo;Afrique. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Alors qu’il a été le <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/10/14/le-canada-a-fait-capoter-la-tenue-du-sommet-de-la-francophonie-cette-annee-en-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">principal artisan du report du Sommet de la Francophonie</a>, initialement prévu pour les 20 et 21 novembre derniers en Tunisie, terre de liberté en transition politique pacifique, le Canada ne voit aucune objection à l’organisation du prochain sommet du Commonwealth par le Rwanda, pays gouverné par un des régimes les plus totalitaires de la planète. Une attitude inéquitable et déshonorante, un <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/10/13/report-du-sommet-de-la-francophonie-un-echec-cuisant-de-la-diplomatie-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">échec cuisant de la diplomatie tunisienne</a>, et une plus que jamais nécessaire indépendance du Québec.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Ilyes Zouari</strong> *</p>



<span id="more-371745"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Ilyes-Zouari.jpg" alt="" class="wp-image-323951" width="200"/></figure></div>



<p>Le Canada s’est récemment illustré en œuvrant activement pour sanctionner la Tunisie à travers le report du sommet de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF), qui aurait dû se tenir il y a quelques jours à Djerba. Or, force est de constater que ce même Canada, qui se trouve être également le second contributeur au budget du Commonwealth (tout comme pour l’OIF), n’a manifesté aucune objection à la tenue du prochain sommet de cette organisation, en 2022, dans un des pays les plus totalitaires au monde, à savoir le Rwanda.</p>



<p>En effet, ce pays d’Afrique de l’Est est officiellement dirigé depuis l’an 2000, et de facto depuis 1994, par un président (Paul Kagamé, Ndlr) qui n’est autre que le seul des dirigeants africains à continuer à se faire élire avec environ 99% des voix (98,6 % lors des dernières élections de 2017), et qui a même changé la constitution en 2015 afin de pouvoir se maintenir en place jusqu’en 2034, soit 40 années de règne.</p>



<p>Plus grave encore, le régime rwandais se distingue tristement par le fait d’être le champion du monde des assassinats politiques à l’extérieur des frontières du pays, ayant éliminé à lui seul plus d’opposants à l’étranger que l’ensemble des autres dictatures réunies de la planète. Rien que pour cette année, la presse internationale a abondamment relayé l’assassinat de deux opposants politiques, le premier en Afrique du Sud au cours de mois de février, et le second au Mozambique au mois de septembre. Ce dernier assassinat, unanimement attribué au régime rwandais, fut d’ailleurs facilité par l’intervention militaire et anti-djihadiste du Rwanda dans le nord du pays, de nature à pousser les autorités mozambicaines à fermer les yeux (intervention qui aurait été financée par la France, le Rwanda étant toujours un des pays les plus pauvres d’Afrique, contrairement à la propagande officielle, avec un PIB par habitant de seulement 798 dollars début 2021, selon la Banque mondiale).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La diaspora rwandaise est la plus surveillée au monde</h2>



<p>Ainsi, la diaspora rwandaise est la diaspora la plus surveillée au monde, vivant dans un climat de terreur permanent, comme en témoigne la parution d’un long article sur le sujet en octobre 2019, publié par le grand média canadien francophone Radio Canada et intitulé <em>«Des espions parmi nous»</em>. Mais à ces crimes régulièrement commis à l’étranger, s’ajoutent d’autres crimes bien plus nombreux perpétrés dans le silence à l’intérieur même du pays, ainsi que de nombreuses incarcérations d’opposants qui sont alors systématiquement accusés de terrorisme. Et ce, à l’instar de l’ancien directeur de l’hôtel des Mille Collines, mondialement respecté pour avoir sauvé la vie de plus d’un millier de Tutsis pendant le génocide de 1994, mais qui vient d’être condamné en septembre dernier à 25 ans de prison… après avoir été kidnappé lors d’une escale dans un pays étranger !</p>



<p>Et comme si tout cela n’était pas suffisant, ces crimes s’ajoutent à tous ceux ayant été commis par le régime rwandais au Congo-Kinshasa voisin (ou République démocratique du Congo, RDC), où il est unanimement considéré comme le principal responsable du désordre frappant l’est du pays et de la mort de quelques millions de personnes au cours des deux décennies ayant suivi le génocide rwandais. Un désordre qui permet d’ailleurs au Rwanda d’exploiter dans la plus grande illégalité les richesses minières de la RDC, à tel point que le pays se classe régulièrement à la première ou seconde place mondiale des producteurs et exportateurs de tantale (un élément stratégique extrait à partir d’un minerai appelé coltan), malgré la pauvreté de son sous-sol en la matière.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le régime sanguinaire rwandais est protégé par les Etats-Unis et Israël</h2>



<p>Ainsi, le Rwanda n’est autre aujourd’hui que le seul pays au monde à piller à grande échelle les richesses d’un pays voisin. Un pillage désormais reconnu de tous sur la scène internationale, et rendu possible grâce à une protection diplomatique totale et féroce de la part des États-Unis (tout comme pour Israël, au Moyen-Orient), qui avaient d’ailleurs œuvré dès la fin des années 1980 à l’installation au pouvoir de Tutsis anglophones venant de l’Ouganda, et descendants de rwandais exilés, afin de contrôler l’est de la RDC tout en faisant basculer le Rwanda dans l’espace anglophone.</p>



<p>Les nombreux massacres perpétrés à partir de l’Ouganda et au début des années 1990 par les forces armées et entraînées par les États-Unis, et qui s’ajoutaient ainsi au terrible souvenir du génocide commis contre les Hutus du Burundi voisin en 1972 par le pouvoir tutsi de l’époque (extermination des Hutus d’une partie du territoire, faisant entre 150&nbsp;000 et 300&nbsp;000 morts et provoquant la fuite vers l’étranger d’un nombre à peu près comparable de personnes, dans un pays de seulement trois millions de Hutus), firent émerger un climat de terreur et de paranoïa qui conduisit hélas au génocide de 1994. Un drame dont le fait déclencheur fut l’assassinat simultané de deux présidents, ceux du Rwanda et du Burundi, par le tir d’un missile ayant abattu l’avion qui les transportait (un double assassinat unique dans l’histoire de l’humanité).</p>



<p>Dans ce cadre, il ne fait d’ailleurs jamais oublier les écrits de Boutros-Ghali, ancien secrétaire général égyptien de l’Onu, qui avait déclaré en 1998, deux ans après avoir quitté ses fonctions, que ce génocide <em>«est à 100 % de la responsabilité américaine… Il est de la responsabilité de l’Amérique, aidée par l’Angleterre, mais il y a aussi la passivité des autres États»</em>. Une déclaration exagérée, certes, mais qui révèle bien le niveau de responsabilité des États-Unis dans le génocide rwandais, et plus globalement dans les troubles de la région des grands lacs depuis la fin des années 1980 (les États-Unis interdirent même à l’Onu d’utiliser le terme <em>«génocide»</em> pendant 23 longues journées et quelques centaines de milliers de morts après que la France l’ait utilisé pour la première fois, le 16 mai 1994, et ce, afin d’empêcher toute condamnation internationale des massacres, et par conséquent toute intervention militaire de nature à arrêter rapidement le génocide… mais également la progression des Tutsis anglophones venant de l’Ouganda…).</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Tunisie est un pays démocratique où les libertés sont respectées</h2>



<p>Pour revenir à la Tunisie, les choses peuvent simplement se résumer en ces quelques mots : en Tunisie, rien de tout cela. En effet, la justice fonctionne correctement, la liberté d’expression est réelle, et le pouvoir en place n’est responsable d’aucun désordre sécuritaire, ni à l’intérieur du pays ni dans les pays voisins. La seule déficience en matière de démocratie consiste en la suspension provisoire (par le président Kaïs Saied, Ndlr) des activités d’un parlement qui avait déjà perdu toute légitimité aux yeux de l’écrasante majorité de la population, accusé d’être davantage à la solde d’intérêts particuliers et de puissances étrangères qu’au service des intérêts du pays.</p>



<p>En effet, la corruption et la mauvaise gouvernance ont atteint de tels niveaux au cours de la dernière décennie, que la Tunisie, autrefois modèle de développement économique et social pour l’ensemble du monde arabe et du continent africain, en dépit de certaines lacunes, fait désormais partie des dix pays les plus endettés du continent, en plus d’être sur le point de devenir le pays le plus pauvre de l’ensemble de l’Afrique du Nord.</p>



<p>Quant aux ingérences étrangères, celles-ci ont également atteint des niveaux records, et se sont notamment traduites par le maintien et le renforcement de l’accord commercial fort défavorable avec la Turquie, et par une interférence dans les affaires intérieures de la Libye, au bénéfice de cette même Turquie. Au niveau commercial, cette dernière est désormais, avec la Chine, le partenaire le plus défavorable des sept pays avec lesquels le niveau de commerce annuel de biens dépasse la barre du milliard de dollars. Ainsi, le taux de couverture des importations par les exportations n’a été que de 14% en 2019, contre, par exemple, un taux de 142 % avec la France (la Tunisie réalisant ainsi un confortable excédent commercial avec la France, alors qu’elle enregistre un énorme déficit avec la Turquie, néfaste à son économie).</p>



<p>Pour ce qui est de la question libyenne, ces dernières années ont été marquées par le soutien publiquement affiché par le président du parlement tunisien au gouvernement provisoire de Tripoli, qui contrôle l’ouest de la Libye en s’appuyant notamment sur des milices criminelles et esclavagistes, pratiquant divers trafics illicites, le kidnapping et le commerce honteux de milliers de nos frères africains. En prenant ainsi ostensiblement position sur le dossier libyen, et en nouant une étroite relation avec les autorités de Tripoli (dont les dimensions ne sont peut-être pas encore toutes connues, compte tenu de ce qui se dit dans l’Est de la Libye…), le chef de parlement avait ainsi clairement outrepassé ses prérogatives, en empiétant volontairement sur le domaine réservé du chef de l’État.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un échec cuisant pour la diplomatie tunisienne</h2>



<p>Bien loin d’être une dictature, la Tunisie est donc un pays qui traverse une période de transition politique visant à consolider à la fois les acquis de la révolution et la souveraineté nationale, en sanctionnant les différentes parties ayant dévoyé cette révolution à leur profit personnel et à celui de puissances étrangères dont l’influence n’a guère été bénéfique au pays. Une période nécessaire afin que les institutions tunisiennes puissent redémarrer sur de saines et solides bases, et qui rappelle d’ailleurs celle qu’avait connue la France dans les six mois ayant suivi l’arrivée du Général de Gaulle au pouvoir, en juin 1958, afin de mettre fin à l’anarchie politique qui régnait dans le pays.</p>



<p>La Tunisie, où la liberté d’expression est garantie, est donc à des années lumières de pouvoir être comparée au futur pays hôte du sommet du Commonwealth. Une organisation qui s’accommode d’ailleurs fort bien des régimes totalitaires, comme en témoigne le fait que les seuls pays francophones lui ayant adressé une demande d’adhésion fassent partie des pays les moins démocratiques d’Afrique francophone (le Gabon et le Togo, dont le dossier semble bien avancé). En effet, il est intéressant de constater qu’aucune démocratie francophone africaine n’a demandé à adhérer à cette organisation, tout comme il est intéressant de noter qu’aucune dictature anglophone africaine n’ait pu adhérer à l’OIF au cours des trente dernières années (la Ghana et la Gambie étant déjà des démocraties à leur adhésion). Des éléments qui tendent à démontrer que la raison économique officiellement avancée par le Gabon et le Togo afin d’expliquer leur souhait d’adhérer au Commonwealth n’est qu’un prétexte ne reflétant pas leurs réelles motivations. Un doute qui n’est d’ailleurs plus vraiment permis lorsque l’on sait que l’Afrique subsaharienne francophone est économiquement la partie la plus dynamique du continent, dont elle continue à être le moteur de la croissance (mais aussi la moins endettée, et historiquement la plus stable d’Afrique subsaharienne).</p>



<p>Le deux poids deux mesures de la diplomatie canadienne est donc, en réalité, un échec cuisant pour la diplomatie tunisienne, qui n’a pas su mettre le Canada face à ses terribles contradictions devant les autres pays membres de l’OIF. Une <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2021/10/13/report-du-sommet-de-la-francophonie-un-echec-cuisant-de-la-diplomatie-tunisienne/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">diplomatie tunisienne</a> qui savait autrefois faire respecter le pays, de l’indépendance à la révolution, à tel point qu’aucune puissance étrangère n’osait réellement critiquer le pouvoir en place, en dépit des défauts qu’il pouvait avoir. Mais cet échec, c’est également celui de la presse tunisienne, qui n’a pu se mobiliser suffisamment, et qui paie ainsi le prix de sa méconnaissance du continent africain.</p>



<p>* <em>Président du Centre d&rsquo;étude et de réflexion sur le monde francophone.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles liés : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j3SkAik4KJ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/14/le-canada-a-fait-capoter-la-tenue-du-sommet-de-la-francophonie-cette-annee-en-tunisie/">Le Canada a fait capoter la tenue du sommet de la Francophonie cette année en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Canada a fait capoter la tenue du sommet de la Francophonie cette année en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/14/le-canada-a-fait-capoter-la-tenue-du-sommet-de-la-francophonie-cette-annee-en-tunisie/embed/#?secret=JFtROylxAI#?secret=j3SkAik4KJ" data-secret="j3SkAik4KJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="LALzQ3tO2t"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/13/report-du-sommet-de-la-francophonie-un-echec-cuisant-de-la-diplomatie-tunisienne/">Report du Sommet de la francophonie : un échec cuisant de la diplomatie tunisienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Report du Sommet de la francophonie : un échec cuisant de la diplomatie tunisienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/13/report-du-sommet-de-la-francophonie-un-echec-cuisant-de-la-diplomatie-tunisienne/embed/#?secret=zZ7fva47P9#?secret=LALzQ3tO2t" data-secret="LALzQ3tO2t" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WXeudcdPXs"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/14/lassemblee-parlementaire-de-la-francophonie-decide-de-suspendre-la-section-tunisienne/">L’Assemblée parlementaire de la francophonie décide de suspendre la section tunisienne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Assemblée parlementaire de la francophonie décide de suspendre la section tunisienne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/10/14/lassemblee-parlementaire-de-la-francophonie-decide-de-suspendre-la-section-tunisienne/embed/#?secret=iP6EzXutXN#?secret=WXeudcdPXs" data-secret="WXeudcdPXs" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em><strong>Article du m</strong></em><strong><em>ême auteur dans Kapitalis : </em></strong></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eLSFktUkpU"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/10/la-tunisie-un-faux-petit-pays-peu-peuple-et-en-declin/">La Tunisie, un faux «petit pays», peu peuplé et en déclin</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, un faux «petit pays», peu peuplé et en déclin » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/11/10/la-tunisie-un-faux-petit-pays-peu-peuple-et-en-declin/embed/#?secret=rvELnhZe0h#?secret=eLSFktUkpU" data-secret="eLSFktUkpU" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/">Francophonie : Le report du sommet de Djerba ou la diplomatie à géométrie variable du Canada</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/30/francophonie-le-report-du-sommet-de-djerba-ou-la-diplomatie-a-geometrie-variable-du-canada/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
