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	<title>Archives des Insaf Ben Alaya - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Insaf Ben Alaya - Kapitalis</title>
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		<title>Covid-19-Tunisie : Les raisons d&#8217;une gestion calamiteuse par trois gouvernement successifs</title>
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		<pubDate>Mon, 19 Jul 2021 13:40:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La gestion de la crise sanitaire induite par le virus du Covid-19 en Tunisie a surtout pâti des tiraillements politiques qui ont paralysé le pays et continuent de le faire, provoquant une détestable impression d&#8217;instabilité chronique. En deux ans, cinq ministres se sont succédé dans des conditions très difficiles à la tête du ministère de...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Covid-19-Ph.-Jdidi-Wassim-Zuma-Press-1.jpg" alt="" class="wp-image-348239"/></figure></div>



<p><strong><em>La gestion de la crise sanitaire induite par le virus du Covid-19 en Tunisie a surtout pâti des tiraillements politiques qui ont paralysé le pays et continuent de le faire, provoquant une détestable impression d&rsquo;instabilité chronique. En deux ans, cinq ministres se sont succédé dans des conditions très difficiles à la tête du ministère de la Santé, de plus en plus décrié, dont trois depuis le déclenchement de la pandémie en Tunisie, il y a dix sept mois. Le résultat est la catastrophe sanitaire que nous observons depuis quelques semaines. Retour sur les dysfonctionnements d&rsquo;un secteur sanitaire à la dérive&#8230;</em></strong></p>



<p><strong>Par Raouf Chatty *</strong></p>



<span id="more-356698"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>Avec l&rsquo;apparition du virus de la Covid-19 début mars 2020 en Tunisie, des personnalités des sciences médicales et des professionnels de l&rsquo;administration sanitaire et sociale avaient averti les pouvoirs publics sur la gravité du phénomène, l&rsquo;ampleur qu&rsquo;il pouvait prendre et les dangers sérieux qu&rsquo;il recèle mettant en particulier l&rsquo;accent sur les grandes défaillances du secteur hospitalier public dans le pays.</p>



<p>Tous les experts ont insisté sur le fait que le combat contre la pandémie sera long, dur et coûteux et invité instamment les autorités à s&rsquo;atteler très vite à la tâche. Ressentant que la pandémie allait désormais changer en profondeur beaucoup de paramètres dans tous les domaines, ils sont allés jusqu&rsquo;à affirmer que les choses doivent être dorénavant adaptées au Covid-19 qui allait tout chambouler de fond en comble et dans tous les pays : les rapports de l&rsquo;homme à lui-même, au temps, à la santé, au travail, aux études, à l&rsquo;argent, au transport, aux loisirs, bref à tous aspects de la vie sociétale et économique. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La transition sanitaire, économique et sociale a été mal préparée </h2>



<p>Soutenant que la pandémie va impacter tous les secteurs de la vie publique, ils ont insisté sur l&rsquo;urgence de cerner, en premier lieu, le phénomène dans sa totalité pour le combattre, et en limiter au maximum les dégâts aux plans sanitaire, économique, social, psychique et culturel. Et en second lieu, pour se préparer à mettre en place à court, moyen et long termes les politiques publiques appropriées dans tous les domaines devant permettre à l&rsquo;économie nationale de s&rsquo;adapter aux nouvelles ruptures induites par la pandémie et pour préparer la transition sanitaire, économique et sociale. </p>



<p>Ces personnalités ont également mis l&rsquo;accent sur l&rsquo;urgence pour les pouvoirs publics de mettre en place un commandement unifié sous l&rsquo;autorité directe du président de la république, la question relevant de la sécurité nationale, ou du chef de gouvernement, et d&rsquo;asseoir une coordination étroite et permanente entre tous les intervenants aux plans national et international pour anticiper les évolutions, au regard de l&rsquo;avancée rapide de la pandémie et de ses conséquences sur la société.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, avec plus de 17.000 morts enregistrés en Tunisie, le bilan est dramatique. Le pays devient au centre des préoccupations sanitaires internationales. La responsabilité n&rsquo;en incombe pas uniquement au gouvernement Mechichi. Les deux autres gouvernements qui l&rsquo;ont précédé, et en particulier celui d&rsquo;Elyes Fakhfakh. ne pourront pas s&rsquo;y dérober. Les carottes étaient cuites dès le départ Dès le départ, le dossier Covid-19 a été géré sans vision ni stratégie par ces deux gouvernements qui n&rsquo;ont pas pris réellement la mesure du danger. Après la démission du Pr Abderrouf Cherif de son poste de ministre de la Santé dans le gouvernement Youssef Chahed, le ministère a été confié au Dr Sonia Becheikh qui le cumulait avec celui de ministre de la Jeunesse et des Sports! </p>



<p>En pleine préparation du combat contre le Covid-19 où elle n&rsquo;avait pas démérité, elle a été remplacée par le Dr Abdellatif Mekki dans le gouvernement de Fakhfakh sur l&rsquo;insistance du parti islamiste Ennahdha au mépris tout bon sens et de l&rsquo;intérêt collectif, qui imposait un minimum de continuité. Quant au gouvernement de Mechichi, qui a pris le train en route et parant au plus pressé, il n&rsquo;avait pas, lui non plus, pensé, depuis son installation il y a mois près de dix mois à établir une stratégie appropriée et avait continué à agir selon la même méthode, c&rsquo;est-à-dire en l&rsquo;absence totale de méthode, travaillant toujours sous la pression des événements et sans aucune anticipation.</p>



<p>Dépassé, harcelé quotidiennement par les mouvements sociaux et pressé par les incessantes demandes du parti islamiste Ennahdha, son principal soutien politique avec Qalb Tounes et Al-Karama, le gouvernement Mechichi n&rsquo;a pas été en mesure de répondre aux attentes du peuple et aux défis posés par la pandémie. Il a pataugé dans une gestion chaotique aggravée par les dissensions politiques au sommet de l&rsquo;Etat. Il n&rsquo;a surtout pas su mettre en place à temps les politiques appropriées pour acquérir les vaccins et accusé beaucoup de retard en la matière. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les autorités publiques ont tout fait à l&rsquo;envers </h2>



<p>Les autorités, qui savaient que le pays n&rsquo;avaient pas les ressources financières nécessaires pour commander les vaccins, n&rsquo;avaient pas engagé à temps des démarches appropriées et soutenues se contentant de promesses d&rsquo;aides émanant de pays frères et amis et qui ont tardé à se concrétiser. Les autorités ont essayé de rattraper le coup très tardivement, après que la pandémie eut fait des ravages&#8230; </p>



<p>L&rsquo;appel du président français, lancé le 14 juillet courant, où il avait exprimé son soutien à la Tunisie laminée par la pandémie, tout comme le cri d&rsquo;alarme lancé par la Pr de médecine préventive Insaf Ben Alaya et relayé par les grandes chaînes de télévision sur l&rsquo;effondrement du système hospitalier en Tunisie avaient remué la conscience universelle et incité plusieurs pays à venir au secours de la Tunisie en détresse. </p>



<p>La gestion de ce dossier a surtout pâti grandement des tiraillements politiques qui ont paralysé le pays et continuent de le faire, provoquant une détestable impression d&rsquo;instabilité chronique. En deux ans, cinq ministres se sont succédé dans des conditions très difficiles à la tête du ministère de la Santé, de plus en plus décrié, dont trois depuis le déclenchement de la pandémie en Tunisie, il y a dix sept mois. </p>



<p>Le dossier a connu des hauts et des bas évoluant de façon très mitigée au gré des circonstances politiques et sanitaires dans le pays, des conflits au sommet de l&rsquo;Etat entre la présidence de la république, d&rsquo;une part, et les présidences du parlement et du gouvernement d&rsquo;autre part, sur fond de compétition effrénée pour s&rsquo;en approprier la gestion, et ce au mépris de toute rationalité et de tout souci de l&rsquo;intérêt général. Plusieurs fois, le public était surpris de voir le gouvernement revenir le jour même sur certaines de ses décisions concernant les conditions et l&rsquo;étendue du confinement… face à la pression des lobbies d&rsquo;intérêts et d&rsquo;une rue de plus en plus rebelle à l&rsquo;autorité. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Absence de vision, manque de concertation et conflits de prérogatives </h2>



<p>Avec le temps, le Comité scientifique, dont la présidence et la composition étaient sujettes à des considérations autres que scientifiques, avait laissé transparaître en son sein des dissensions parfois relayées par les médias, dont certains se sont transformés en spécialistes des questions sanitaires, tirant à boulets rouges sur le gouvernement, lui reprochant sa gestion chaotique du dossier. Le Comité ne comprenait bizarrement aucun représentant du ministère des Affaires étrangères, alors que le dossier est au top des priorités de l&rsquo;Organisation mondiale de la Santé (OMS) à Genève et même des Nations unies à New York. </p>



<p>Pris par la gestion quotidienne du dossier, le gouvernement n&rsquo;avait même pas pensé à mettre en place une équipe ad hoc pour consigner tous les faits et actes enregistrés dans le cadre de cette pandémie qui va déterminer l&rsquo;élaboration de beaucoup de politiques publiques dans plusieurs domaines dans l&rsquo;avenir! La gestion médiocre du dossier à l&rsquo;échelle centrale a impacté sa gestion aux niveaux régional et local. Les autorités régionales et municipales se réclamant de l&rsquo;exercice de leurs nouvelles compétences légales n&rsquo;étaient pas non plus préparées pour faire face à la pandémie qui avait gagné en ampleur. La situation s&rsquo;était compliquée par leurs rapports parfois tendues avec les autorités sanitaires régionales, les deux ne savant plus où donner de la tête&#8230; </p>



<h2 class="wp-block-heading">Une classe politique d&rsquo;une incompétente notoire </h2>



<p>En somme, c&rsquo;est une conjugaison de plusieurs facteurs qui explique pourquoi la Tunisie en était parvenue à cette situation sanitaire dramatique. Le dossier de la santé publique a souffert des négligences manifestes depuis plusieurs années. Il avait été relégué au second plan par les gouvernements successifs au profit du secteur privé et des intérêts des corporations au motif que l&rsquo;Etat n&rsquo;a plus suffisamment de moyens pour le réhabiliter. Il ne faut pas non plus oublier la gestion calamiteuse des affaires publiques depuis une décennie par une classe politique qui a <em>«brillé»</em> par son incompétente notoire et son incapacité manifeste à répondre aux attentes légitimes du peuple.</p>



<p>Les conséquences s&rsquo;en font déjà ressentir au quotidien par des masses populaires de plus en plus rebelles et qui prennent le gouvernement pour cible de leurs critiques acerbes, ce qui laisse entrevoir  des poussées de fièvre sociales incontrôlables à court terme risquant de tout bouleverser dans le pays, le bilan du Covid pouvant s&rsquo;alourdir dans les prochains mois en attendant la concrétisation des promesses de livraison de vaccins par plusieurs donateurs. Et c&rsquo;est bien là une raison de plus pour les pouvoirs publics pour se raviser même si tout porte à croire que le coup est parti et que le mal est déjà fait. </p>



<p><em>* Ancien ambassadeur.</em></p>



<p>Articles du même auteur dans Kapitalis : </p>



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			</item>
		<item>
		<title>D&#8217;un pays pré-émergent, la Tunisie en passe d&#8217;être classée pays pauvre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/17/dun-pays-pre-emergent-tunisie-en-passe-detre-classe-pays-pauvre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Jul 2021 07:22:40 +0000</pubDate>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Tunisie-Aide-internationale.jpg" alt="" class="wp-image-356539"/><figcaption><em>Les Tunisiens vont-ils s&rsquo;habituer à vivre de l&rsquo;aide internationale ? </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>D&rsquo;un pays classé pré-émergent et non éligible à l&rsquo;aide internationale par les organismes internationaux et par l&rsquo;Union européenne dans les années 2000, la Tunisie est aujourd&rsquo;hui tombée dans la catégorie des pays pauvres. Ce «grand honneur», elle le doit, de toute évidence, à la classe politique au pouvoir depuis une décennie et en particulier au parti islamiste Ennahdha qui a conduit le pays de débâcle en débâcle et qui ne semble pas vouloir comprendre que la Tunisie de l&rsquo;après-Covid ne sera jamais plus comme celle de l&rsquo;avant-Covid. </em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty</strong> *</p>



<span id="more-356538"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>Les annonces&nbsp;officielles&nbsp;de convois d&rsquo;aides sanitaires et médicales de pays frères et amis : Algérie, Maroc, Mauritanie, Égypte, Arabie Saoudite, Émirats arabes unis, Qatar, France, Italie, Etats-Unis, Turquie&#8230; et de certaines organisations internationales déjà arrivées ou promises à notre pays, frappé très durement par la pandémie de la Covid-19, ont suscité&nbsp; chez les Tunisiens des sentiments mitigés.</p>



<p>Si tous ont été unanimes pour remercier vivement tous ceux qui sont venus à son secours&nbsp;dans ces moments très critiques, beaucoup ont déploré franchement sur les réseaux sociaux&nbsp;le très piteux statut auquel la&nbsp;Tunisie est aujourd&rsquo;hui reléguée, prenant&nbsp; pour cibles de leurs critiques, parfois extrêmement violentes, le parti islamiste Ennahdha et ses différents alliés, au pouvoir depuis 2011, et, bien entendu, l&rsquo;actuel gouvernement dont la gestion de la crise sanitaire a été pour le moins calamiteuse, au point de valoir à la Tunisie le premier rang mondial (pour une fois&nbsp;!) des pays frappés par le Covid-19. </p>



<h2 class="wp-block-heading">La course à l&rsquo;indignité et au déshonneur </h2>



<p>Ces critiques ont redoublé d&rsquo;intensité quand les gens se sont rendus compte que&nbsp; ces aides sont elles-mêmes devenues l&rsquo;objet de surenchères politiques dans la compétition opposant, très maladroitement, le président de la république, Kaïs Saïed, au président de l&rsquo;Assemblée et du parti islamiste Ennahdha, Rached Gannouchi, et au protégé de ce dernier, le chef du gouvernement Hichem Mechichi, le premier réclamant implicitement des initiatives personnelles en direction de l&rsquo;Algérie, de l&rsquo;Arabie Saoudite, des Émirats arabes unis, du Maroc, de la Mauritanie, de l&rsquo;Italie, des Etats-Unis et de la France&#8230;, au moment ou le second réclame les siennes en direction du Qatar et la Turquie, les deux pays qui parrainent les mouvements islamistes dans la région. Les porte-paroles de ces hautes institutions de l&rsquo;Etat n&rsquo;étant pas en reste en la matière&#8230; </p>



<p>Il reste que la vérité qui ne saurait être occultée est que ni la présidence de la république ni celles du gouvernement et du parlement ne pourront aujourd&rsquo;hui se prévaloir d&rsquo;<em>«exploits»</em> dans ce domaine. Ces aides ont été pour l&rsquo;essentiel suscitées par&nbsp;des raisons politiques et humanitaires, le naufrage sanitaire marquant l&rsquo;actualité de notre pays est désormais présent sur toutes les grandes chaînes de télévision, remuant la conscience internationale, après que le système hospitalier en Tunisie ait&nbsp; été déclaré <em>«complètement effondré»</em>, qui plus est par de grands médecins et de hauts responsables du ministère de la Santé, provoquant une prise de conscience internationale de la gravité de la situation humanitaire dans un pays situé au cœur de la Méditerranée. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Les scientifiques trahis par les politiques </h2>



<p>Dans ce cadre, une note spéciale doit être accordée à l&rsquo;appel émouvant et au cri de détresse lancés depuis une dizaine de jours au cœur de la tragédie par la professeure de médecine Insaf Ben Alaya, spécialiste de la médecine préventive, directrice de l&rsquo;Observatoire national des maladies nouvelles et émergentes (ONMNE), désormais mondialement connue et&nbsp;écoutée dans les grandes sphères sanitaires mondiales. C&rsquo;est elle qui a clamé devant les chaînes de télévision de manière franche et sans langue de bois que <em>«le système hospitalier s&rsquo;est effondré»</em> et que <em>«les professionnels de la santé sont au bout du rouleau»</em>, ce qui n&rsquo;a pas manqué de lui être reproché, tant son affirmation sonnait comme une critique à peine voilée du laxisme montré par le gouvernement dans la gestion (ou plutôt la mon-gestion) de la pandémie, en ne tenant pas compte des avertissements clairs et fermes des membres du Comité scientifique et en laissant le virus circuler librement dans toutes les régions. </p>



<p>L&rsquo;appel solennel de Mme Ben Alaya, relayé par les grands médias internationaux, a eu son effet immédiat, la situation en Tunisie devenant peu à peu une préoccupation majeure de l&rsquo;Organisation mondiale de la santé (OMS) et de plusieurs pays occidentaux. </p>



<p>Déjà largement en retrait sur le plan international et épinglée en particulier pour la mauvaise gestion de ses finances publiques, avec un taux d&rsquo;endettement public frôlant le taux critique de 100 % du PIB, la Tunisie a maille à partir avec ses bailleurs de fonds internationaux, notamment le Fonds monétaire international (FMI), qui ne lui font plus confiance, et dans le viseur des agences internationales de notation, qui ont dégradé sa note souveraine près d&rsquo;une dizaine de fois en dix ans. Ce qui a valu à notre pays une forte dégradation de sa place sur la scène régionale et mondiale,&nbsp;et la très mauvaise gestion de la crise sanitaire, ayant fait à ce jour, officiellement, plus de 17 000 morts pour une population de 11 millions d&rsquo;habitants, n&rsquo;a rien arrangé, au contraire.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, la Tunisie est dans la pire des situations imaginables. Elle offre au monde l&rsquo;image d&rsquo;un pays faible, asthénique, déprimé, débordé par ses problèmes en tous genres, épineux et insolubles. Elle est malade d&rsquo;une classe politique médiocre, incompétente et en lutte incessante pour la conquête ou le maintien au pouvoir. </p>



<h2 class="wp-block-heading">Un pays au fond du trou </h2>



<p>Depuis son indépendance en 1956, la Tunisie n&rsquo;a jamais connu une situation aussi dramatique, perdant son rayonnement diplomatique international des années Bourguiba (1960-1987) et ses réussites économiques des années Ben Ali, devenant depuis dix ans à la traîne dans tous les domaines, comme en témoigne les indicateurs alarmants figurant dans les rapports des organisations économiques et financières internationales. Sa situation est aujourd&rsquo;hui des plus intenables et son peuple, à bout de nerfs, menace d&rsquo;en découdre&#8230; D&rsquo;un pays classé pré-émergent par les organismes internationaux et par l&rsquo;Union européenne dans les années 2000 et non éligible à l&rsquo;aide internationale, la Tunisie est aujourd&rsquo;hui tombée dans la catégorie des pays <em>«pauvres»</em>. Dans son discours du 14 juillet courant, le président français Macron, parlant de la pandémie de la Covid-19, a dit avoir<em> «une pensée pour la Tunisie»</em> qu&rsquo;il a classée parmi les pays africains <em>«pauvres»</em>. </p>



<p>Ce <em>«grand honneur»</em>, nous le devons, de l&rsquo;avis de tous les analystes, au premier chef, à la classe politique au pouvoir depuis une décennie et en particulier au parti islamiste qui a&nbsp;conduit le pays de débâcle en débâcle et qui ne semble pas vouloir comprendre que la Tunisie de l&rsquo;après-Covid ne sera jamais plus comme celle de l&rsquo;avant-Covid, les Tunisiens ayant trop encaissé ne manqueront pas de les chasser du pouvoir de la manière qu&rsquo;ils jugeront la plus appropriée, laquelle risque fort d&rsquo;être très&nbsp;dure, et certains de leurs dirigeants vont être sérieusement appelés à rendre des comptes&#8230; et à répondre de leur gestion chaotique des affaires du pays. </p>



<p>A bon entendeur&#8230; </p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>



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<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="N9S7A1h4Fb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/13/tunisie-covid-19-letat-doit-interdire-cette-annee-les-rites-de-laid-el-kebir/">Tunisie &#8211; Covid 19: L&rsquo;État doit interdire cette année les rites de l&rsquo;Aid El-Kébir</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Covid 19: L&rsquo;État doit interdire cette année les rites de l&rsquo;Aid El-Kébir » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/07/13/tunisie-covid-19-letat-doit-interdire-cette-annee-les-rites-de-laid-el-kebir/embed/#?secret=7loiv90w2z#?secret=N9S7A1h4Fb" data-secret="N9S7A1h4Fb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



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		<item>
		<title>Tunisie &#8211; Covid 19: L&#8217;État doit interdire cette année les rites de l&#8217;Aid El-Kébir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 13 Jul 2021 06:28:12 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Aïd El-Kébir]]></category>
		<category><![CDATA[Covid-19]]></category>
		<category><![CDATA[Insaf Ben Alaya]]></category>
		<category><![CDATA[sacrifice du mouton]]></category>
		<category><![CDATA[santé publique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il n&#8217;est d&#8217;État s&#8217;il n&#8217;ait le pouvoir d&#8217;évaluer, de peser et de prendre les décisions appropriées au moment opportun dans l&#8217;intérêt général du peuple. Est-ce le cas aujourd&#8217;hui de l&#8217;Etat tunisien? On est en droit d&#8217;en douter, surtout si l&#8217;on en juge par sa gestion, jusque-là catastrophique, de la pandémie de Covid-19. Par Raouf Chatty...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/07/Covid-19.jpg" alt="" class="wp-image-354857"/><figcaption> <em>Combien de morts du Covid-19 va-t-on encore enterrer ? </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Il n&rsquo;est d&rsquo;État s&rsquo;il n&rsquo;ait le pouvoir d&rsquo;évaluer, de peser et de prendre les décisions appropriées au moment opportun dans l&rsquo;intérêt général du peuple. Est-ce le cas aujourd&rsquo;hui de l&rsquo;Etat tunisien? On est en droit d&rsquo;en douter, surtout si l&rsquo;on en juge par sa gestion, jusque-là catastrophique, de la pandémie de Covid-19.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Raouf Chatty </strong>*</p>



<span id="more-356028"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/05/Raouf-Chatty.jpg" alt="" class="wp-image-347685"/></figure></div>



<p>La Tunisie est aujourd&rsquo;hui laminée par la pandémie du Covid-19, qui a fait à ce jour environ 16 500 morts, un bilan dramatique compte tenu de la démographie de notre pays&#8230; que la mémoire collective n&rsquo;oubliera pas de sitôt. Ce drame sanitaire a une connotation politique majeure et les dirigeants, à tous les niveaux, doivent admettre et assumer leur responsabilité dans sa survenue, d&rsquo;autant qu&rsquo;il ne manquera pas d&rsquo;avoir des conséquences politiques.</p>



<p>L&rsquo;Etat n&rsquo;a pas aujourd&rsquo;hui le droit de tergiverser. Il doit anticiper et éviter de commette les fautes graves comme il en a déjà commises avec des décisions tardives et des demi mesures qui ont coûté très cher aux Tunisiens en vies, ressources économiques et image très détériorée à l&rsquo;étranger.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un Etat mal gouverné, asthénique, déprimé voire failli</h2>



<p>La non-acquisition des vaccins en temps opportun et le laxisme montré à l&rsquo;égard des citoyens indisciplinés face à la pandémie ont eu des conséquences très graves, qu&rsquo;on n&rsquo;a pas fini de subir.</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, aux yeux du monde, la Tunisie est un Etat mal gouverné, asthénique, déprimé voire failli. Et cette image va nous coller longtemps à la peau. Le monde prend désormais la Tunisie en pitié et déplore ses malheurs. Plusieurs pays lui viennent en aide pour soulager un tant soit peu ses souffrances&#8230;</p>



<p>Instruits de ses échecs, l&rsquo;Etat, pris en otage par les islamistes, doit aujourd&rsquo;hui se rendre à l&rsquo;évidence et suspendre illico presto les festivités de l&rsquo;Aid El-Kébir. Ne pas le faire serait carrément suicidaire et ingrat vis-à-vis des pays frères et amis qui nous ont aidés.</p>



<p>Cette suspension serait, certes, une première qui va certainement heurter beaucoup de gens dans le pays, notamment les fidèles, mais c&rsquo;est le contexte épidémiologique très grave qui la rend impérative.</p>



<p>Les fidèles doivent comprendre les nobles messages de l&rsquo;islam. Et notamment ceux véhiculés par cette fête. Car, à travers le sacrifice du mouton, le Tout Puissant a voulu préserver la vie humaine, car elle est la valeur la plus sacrée. Elle est consacrée par les religions ainsi que par les constitutions du monde entier.</p>



<p>Les responsables politiques peuvent puiser dans le Coran, le corpus de la tradition islamique et les interprétations des oulémas les justifications logiques d&rsquo;une telle décision pour convaincre les gens de la nécessité de surseoir cette année à la pratique de ce rite.</p>



<p>Au cas ou les pouvoirs publics ne prennent pas cette décision des maintenant, ils seront responsables de la mort de dizaines de gens dans un contexte marqué par le quasi effondrement du système de santé publique, comme l&rsquo;a affirmé depuis quelques jours la Professeure Insaf Ben Alaya, porte parole du ministère de la Santé.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter que l&rsquo;Aid El-Kébir donne lieu à une hécatombe&#8230; humaine</h2>



<p>Tous les Tunisiens, qu&rsquo;ils soient des responsables du secteur public, des professionnels de la santé, des acteurs de la société civile ou de simples citoyens connaissent cette vérité pour en avoir eu eux-mêmes la confirmation en visitant les hôpitaux publics, même si le ministère de la Santé a cru devoir se fendre d&rsquo;un communiqué démentant les propos de&#8230; sa porte-parole.</p>



<p>En prenant la décision de suspendre cette année à titre exceptionnel les rites liés à la célébration de l&rsquo;Aid El-Kébir, l&rsquo;Etat sauvera des centaines de vies humaines. Aucune autre considération, fut-elle religieuse, ne devra peser devant cette exigence de bonne gouvernance. Car un gouvernement doit œuvrer pour alléger les souffrances de la population et non l&rsquo;aggraver par des décisions irresponsables. Il doit aussi tenir compte de l&rsquo;état d&rsquo;épuisement de tous les professionnels de santé, qui ont payé le plus lourd tribut à cette pandémie.</p>



<p>Bref, il y a urgence. L&rsquo;Etat doit se comporter sans états d&rsquo;âme et, surtout, sans calculs politiciens ou considérations populistes. Et ce pour l&rsquo;intérêt de tout un peuple, même si une partie de ce peuple ne semble pas vraiment savoir où réside son intérêt.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>



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