<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des islam - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/islam/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/islam/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Mon, 19 Oct 2026 10:09:23 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=7.1.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des islam - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/islam/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>Bourguiba &#124; Une autre idée de la gauche en terre arabo-musulmane</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/19/bourguiba-une-autre-idee-de-la-gauche-en-terre-arabo-musulmane/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/19/bourguiba-une-autre-idee-de-la-gauche-en-terre-arabo-musulmane/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 19 Oct 2026 10:09:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[femme tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[gauche]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Hafedh Sethom]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Nachi]]></category>
		<category><![CDATA[Rayed Khedher]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhair Ben Amor]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19822953</guid>

					<description><![CDATA[<p>Habib Bourguiba fut un homme de gauche par ses choix de société : éducation pour tous, émancipation des femmes et progrès social. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/19/bourguiba-une-autre-idee-de-la-gauche-en-terre-arabo-musulmane/">Bourguiba | Une autre idée de la gauche en terre arabo-musulmane</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em><strong><em>Il est des hommes politiques que l’on comprend mal lorsqu’on les enferme dans les catégories qui ont façonné les débats idéologiques d’autres sociétés. Habib Bourguiba est de ceux-là. Vouloir déterminer s’il fut un homme de gauche en le comparant exclusivement aux traditions marxistes européennes, aux expériences bolch</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>e</em></strong></em></strong><strong><em><strong><em>viques ou aux modèles classiques de la social-démocratie risque de nous éloigner de l’essentiel.</em></strong></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Zouhaïr Ben Amor</strong> *</p>



<span id="more-19822953"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba a vécu et agi dans un contexte historique particulier : celui d’une Tunisie qui sortait du protectorat, d’une société profondément marquée par les traditions, d’un pays où l’instruction demeurait insuffisamment répandue et où les inégalités sociales, régionales et entre les hommes et les femmes pesaient lourdement sur les possibilités de chacun. C’est à partir de cette réalité qu’il faut juger son projet.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question n’est donc pas de savoir s’il fut un disciple de Marx, s’il partageait les conceptions révolutionnaires des partis communistes ou s’il aurait trouvé sa place dans les classifications politiques de l’Europe industrielle. La véritable question est ailleurs : quelle société voulait-il construire, quels privilèges entendait-il remettre en cause, quelle place accordait-il à l’éducation, à la femme, à la religion, à la mobilité sociale et à la dignité humaine ? Et surtout, quelle idée de l’avenir portait-il dans une région du monde où le poids de la tradition était souvent invoqué pour justifier l’immobilisme ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">À mes yeux, c’est d’abord par cette volonté de transformer la société, de combattre les inégalités héritées et de refuser que les individus soient enfermés dans leur condition de naissance que Bourguiba peut être considéré comme un homme de gauche. Une gauche qui ne se définit pas prioritairement par la propriété collective des moyens de production, mais par une certaine conception de la justice sociale, par la conviction que les sociétés peuvent progresser et par le refus d’accepter la fatalité comme une réponse aux difficultés humaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette lecture ne suppose ni d’ignorer les contradictions de son régime ni de transformer son parcours en récit sans défaut. Elle exige simplement que nous replacions l’homme dans son temps, dans sa culture et dans les défis auxquels il entendait répondre. L’histoire tunisienne mérite mieux que des jugements importés, appliqués mécaniquement à une expérience qui possédait sa propre logique.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une gauche de l’émancipation des dogmes</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La gauche n’a jamais été une réalité uniforme. Elle a pris des formes différentes selon les pays, les périodes historiques et les sociétés dans lesquelles elle s’est développée. En Europe, elle s’est notamment construite autour de la question ouvrière, de la lutte contre les privilèges économiques, de la protection des travailleurs et de la remise en cause de l’ordre social. Dans les pays anciennement colonisés, les priorités pouvaient être différentes. L’indépendance politique, l’accès à l’école, la construction d’institutions nationales, l’émancipation des femmes et la réduction des inégalités héritées du colonialisme constituaient souvent des urgences aussi fondamentales que les débats sur la propriété ou la lutte des classes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Tunisie de 1956 ne pouvait pas être abordée comme une société européenne déjà industrialisée, dotée d’institutions anciennes et d’une longue tradition de participation politique. Elle devait construire son État, former ses cadres, généraliser l’instruction, organiser ses services publics et modifier des structures sociales qui limitaient les possibilités de larges catégories de la population. Dans ce contexte, l’égalité ne pouvait pas se réduire à une formule économique. Elle devait signifier que l’enfant né dans une famille modeste aurait, autant que possible, accès à l’école ; que la femme ne serait pas condamnée à la dépendance juridique ; que l’origine géographique ne déterminerait pas définitivement le destin d’un individu ; que la société ne considérerait pas la pauvreté comme une condition naturelle dont il serait vain de vouloir sortir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur ce terrain que se situe une part essentielle de l’action de Bourguiba. Son ambition consistait à substituer progressivement à une société dominée par les héritages familiaux, les hiérarchies traditionnelles et les inégalités d’accès au savoir un ordre social dans lequel l’État pourrait ouvrir de nouvelles possibilités. Il ne voulait pas seulement administrer la Tunisie indépendante. Il voulait transformer les mentalités, les comportements et les rapports entre les individus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette démarche correspond à une conception profondément sociale de la gauche. Elle repose sur l’idée que l’être humain n’est pas prisonnier de son milieu, de sa famille ou de son passé. La société peut intervenir pour lui donner les moyens de changer de condition. L’éducation, la santé, la formation et l’égalité devant la loi deviennent alors des instruments d’émancipation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut également tenir compte de la place qu’occupait la religion dans la société tunisienne. Bourguiba n’a pas agi dans un environnement où l’islam aurait été une référence secondaire. Il savait que la religion appartenait à l’histoire, à la culture et à la vie quotidienne de la population. Son ambition consistait cependant à contester les interprétations qui transformaient certaines pratiques héritées en obligations immuables et qui présentaient l’ordre social existant comme une réalité qu’il serait dangereux de remettre en question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une telle attitude ne correspond pas à une gauche nécessairement antireligieuse. Elle relève plutôt d’une conception non fataliste de la société : les croyances peuvent demeurer vivantes sans que toutes les coutumes deviennent intouchables. La fidélité à une civilisation ne signifie pas l’interdiction de la réformer. Une tradition qui ne permet aucune évolution finit par confondre sa propre histoire avec une vérité éternelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba voulait précisément ouvrir cet espace. Son rapport à la religion fut complexe, parfois autoritaire et souvent contesté, mais il reposait sur une conviction fondamentale : la société tunisienne pouvait évoluer sans devoir renoncer à son identité arabo-musulmane. C’est une dimension déterminante de son parcours, trop souvent négligée lorsque l’on cherche à le faire entrer dans une opposition simpliste entre religion et modernité.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="L3wQUoNkO9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/">Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bourguiba | Bâtisseur de l’Etat, despote éclairé et mémoire national » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/20/bourguiba-batisseur-de-letat-despote-eclaire-et-memoire-national/embed/#?secret=86q0ARWvFx#?secret=L3wQUoNkO9" data-secret="L3wQUoNkO9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">La femme tunisienne, une révolution au cœur du projet social</h2>



<p class="wp-block-paragraph">S’il est un domaine dans lequel l’orientation progressiste de Bourguiba apparaît avec une force particulière, c’est bien celui de la condition féminine. Le 13 août 1956, quelques mois après l’indépendance, la promulgation du Code du statut personnel engage la Tunisie dans une transformation juridique et sociale d’une portée exceptionnelle. L’interdiction de la polygamie, l’encadrement du mariage par le consentement et le remplacement de la répudiation unilatérale par le divorce judiciaire constituent des ruptures majeures avec des pratiques qui plaçaient les femmes dans une situation d’inégalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut mesurer ce que représentait une telle décision dans son contexte historique. Dans une grande partie du monde arabo-musulman, la condition féminine restait profondément liée à des structures familiales patriarcales et à des interprétations religieuses qui limitaient l’autonomie des femmes. Bourguiba choisit de faire de leur émancipation un axe central de la construction nationale. Il ne considérait pas cette question comme un sujet secondaire, destiné à être traité après les problèmes économiques ou une fois que le pays aurait atteint un certain niveau de développement. Il en fit une priorité dès les premiers mois de l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’originalité tunisienne fut précisément de considérer que la transformation de la société ne pouvait pas attendre. Il ne suffisait pas de proclamer la souveraineté nationale si la moitié de la population demeurait enfermée dans des rapports juridiques inégalitaires. L’indépendance devait aussi modifier la vie au sein des familles, la place des femmes dans l’espace public et les possibilités offertes aux nouvelles générations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rayed Khedher (2017) montre que cette réforme s’inscrit dans une trajectoire historique particulière, nourrie par les débats intellectuels tunisiens, les réformateurs qui avaient précédé l’indépendance et la volonté de modernisation portée par le nouvel État. Il rappelle également l’importance du Code du statut personnel dans la singularité de l’expérience tunisienne au sein du monde arabo-musulman. La politique de Bourguiba ne fut donc pas une décision isolée,&nbsp;surgie de nulle part. Elle s’appuyait sur un héritage intellectuel national, mais elle eut besoin d’une volonté politique capable de transformer ces idées en droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ici que son rapport à la religion prend tout son sens. Bourguiba refusait que des interprétations figées de l’islam servent à interdire toute réforme du droit familial. Il mobilisait une lecture réformatrice, faisant place à l’interprétation et à la raison, pour défendre la possibilité d’une société musulmane moderne. Cette démarche permettait de poser autrement une question souvent présentée comme insoluble : fallait-il choisir entre l’identité religieuse et l’égalité des femmes ? Pour Bourguiba, ce choix n’avait rien d’inévitable.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On peut discuter sa méthode, son intervention dans les pratiques sociales et le caractère parfois paternaliste de sa politique. On peut aussi rappeler que l’émancipation des femmes fut portée par des intellectuelles, des militantes et des réformatrices qui ne doivent pas disparaître derrière la seule figure présidentielle. Il serait injuste de faire de Bourguiba l’unique auteur d’une évolution à laquelle d’autres femmes et hommes avaient contribué bien avant lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais il serait tout aussi injuste de minimiser son rôle politique. Il eut le courage d’engager une réforme qui touchait à des structures profondément enracinées et dont les conséquences dépassaient largement le cadre juridique. Emma C. Murphy (1996) souligne l’importance de la trajectoire tunisienne dans l’histoire des droits des femmes, en mettant en évidence le rôle joué par Bourguiba et par les réformateurs qui l’avaient précédé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La portée de cette orientation dépasse les frontières tunisiennes. L’émancipation féminine constitue l’un des éléments les plus originaux de l’expérience bourguibienne dans le monde arabe. Elle donne à son héritage une dimension qui ne peut être appréciée uniquement à travers les politiques économiques ou les relations entretenues avec les grandes puissances.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une société qui reconnaît aux femmes une capacité juridique plus grande, favorise leur accès à l’éducation et leur permet de participer progressivement à la vie professionnelle et publique modifie en profondeur ses propres équilibres. Elle élargit le champ des libertés individuelles et remet en question la transmission automatique des rapports de domination d’une génération à l’autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Voilà pourquoi la question féminine est centrale lorsqu’on cherche à situer Bourguiba à gauche. L’égalité sociale ne se limite pas au partage des revenus. Elle concerne aussi la liberté de disposer de sa vie, de participer à la société et de ne pas être assigné à une place par sa naissance ou son sexe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’éducation, ou la volonté de briser la fatalité sociale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba avait compris qu’une réforme juridique, aussi audacieuse soit-elle, ne pouvait transformer durablement la société si elle n’était pas accompagnée d’une politique éducative ambitieuse. Le droit ouvre une possibilité ; l’éducation donne aux individus les moyens de s’en saisir. Il fallait donc construire des écoles, former des enseignants, développer l’enseignement secondaire et supérieur, élargir l’accès au savoir et préparer une génération capable de faire fonctionner les institutions d’un État moderne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la Tunisie indépendante, l’école publique représentait bien davantage qu’un service administratif. Elle constituait une promesse de mobilité sociale. Un enfant issu d’une famille modeste pouvait espérer devenir enseignant, médecin, ingénieur, magistrat ou haut fonctionnaire. Il pouvait envisager une vie différente de celle que son environnement semblait lui réserver.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette transformation fut considérable dans un pays qui devait former rapidement ses propres cadres après le départ d’une partie des responsables de l’administration coloniale. L’éducation devait répondre à une nécessité nationale, mais elle portait également une ambition égalitaire. Le savoir ne devait pas demeurer l’apanage d’une minorité. Il fallait le diffuser afin que la naissance, les ressources familiales ou l’appartenance à un milieu privilégié ne constituent plus les seules voies d’accès aux responsabilités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On comprend mieux, dans cette perspective, la place accordée aux compétences issues de milieux modestes dans la construction de l’État. Des responsables politiques et des ministres venus de familles qui ne possédaient ni fortune considérable ni réseaux anciens ont pu accéder à des fonctions importantes grâce à leur formation, leur parcours et leur engagement. Cette mobilité n’a pas supprimé les privilèges, et elle ne signifie pas que toutes les régions ou toutes les catégories sociales aient bénéficié des mêmes possibilités. Elle indique néanmoins qu’un renouvellement des élites était possible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un pays qui cherchait à se construire, cette question avait une importance particulière. Il ne suffisait pas de remplacer les anciens dirigeants par une nouvelle aristocratie nationale. Il fallait former des compétences, faire émerger des responsables et permettre à des individus issus de milieux différents de participer à la direction du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’école constituait ainsi l’un des instruments essentiels du projet bourguibien. Elle devait former des citoyens capables de comprendre leur environnement, de participer au développement national et de s’affranchir progressivement des déterminismes sociaux. L’éducation ne pouvait pas garantir à elle seule l’égalité, mais elle en représentait une condition fondamentale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette ambition explique aussi pourquoi Bourguiba accordait une telle importance à la formation des femmes. L’accès à l’école ne devait pas être réservé aux garçons ni dépendre exclusivement des ressources d’une famille. La transformation des mentalités exigeait que les nouvelles générations, filles et garçons, puissent acquérir les connaissances nécessaires à leur autonomie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut reconnaître les limites de cette politique. L’expansion scolaire n’a pas effacé les disparités régionales, les difficultés économiques ou les inégalités de départ. Les diplômes n’ont pas toujours débouché sur les emplois espérés, et la mobilité sociale est demeurée incomplète. Mais juger une politique éducative à l’aune de ses limites ne doit pas nous conduire à oublier l’ambition qui la portait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba voulait faire de l’instruction une responsabilité majeure de l’État. Dans un pays où la pauvreté et l’analphabétisme limitaient encore les possibilités d’une partie de la population, cette orientation représentait un choix social de première importance. Elle correspondait à une conviction qui demeure profondément actuelle : la société n’est pas condamnée à reproduire indéfiniment ses propres inégalités.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le développement régional confronté aux limites du réel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La justice sociale ne concerne pas uniquement les rapports entre les classes ou entre les sexes. Elle se mesure également à la manière dont un pays traite ses territoires. Peut-on parler d’égalité lorsque les possibilités d’emploi, les services publics, les infrastructures et les établissements de formation sont concentrés dans quelques villes, tandis que d’autres régions voient leurs jeunes partir faute de perspectives ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba connaissait ce problème. La Tunisie indépendante héritait de déséquilibres territoriaux accentués par l’histoire coloniale, qui avait favorisé certains espaces littoraux et certaines activités économiques. La construction de l’État devait donc s’accompagner d’un effort de rééquilibrage. Il fallait créer des activités dans l’intérieur du pays, développer l’agriculture, moderniser les infrastructures et limiter l’exode rural en donnant aux populations des raisons de rester dans leurs régions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les politiques de planification des années 1960 témoignent de cette préoccupation. Hafedh Sethom (1979), dans son étude sur les transformations de l’espace tunisien depuis l’indépendance, décrit les efforts engagés pour créer des pôles industriels à l’intérieur du pays et réduire les disparités héritées du protectorat. L’État investit dans de grandes unités industrielles et tenta de faire du développement économique un instrument de transformation territoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les résultats furent cependant inégaux. Certains projets n’atteignirent pas les objectifs espérés en matière d’emploi et de rentabilité. Les investissements industriels ne suffirent pas à modifier profondément la répartition des activités et des possibilités économiques. Les régions de l’intérieur continuèrent à rencontrer des difficultés structurelles, tandis que les espaces les mieux intégrés aux circuits économiques conservaient des avantages importants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il faut donc éviter deux erreurs. La première serait de prétendre que Bourguiba a résolu le problème régional tunisien. Il ne l’a pas fait. La seconde consisterait à affirmer qu’il n’a pas compris l’importance de ce problème. Les orientations de développement et les investissements publics montrent qu’il existait une volonté de modifier la géographie économique du pays, même si cette volonté n’a pas produit tous les effets attendus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette distinction est essentielle. Une ambition politique peut être réelle sans que sa mise en œuvre soit pleinement réussie. L’histoire du développement régional tunisien montre précisément la difficulté de transformer des déséquilibres anciens par la seule intervention de l’État, surtout lorsque les ressources sont limitées et que les projets industriels ne créent pas suffisamment d’emplois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’existence de ces limites ne retire rien à la dimension sociale de la préoccupation. Le développement régional pose une question d’égalité : un jeune né à Kasserine, à Gafsa, au Kef ou dans une localité rurale doit-il avoir moins de possibilités qu’un jeune né dans une grande ville côtière ? La réponse ne peut être acceptable si elle transforme l’inégalité territoriale en fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba avait fait du développement national une responsabilité publique. Il voulait que l’État intervienne pour transformer les conditions de vie et créer de nouvelles possibilités. Ce choix relève d’une conception de la justice sociale qui ne se confond pas avec le marxisme, mais qui partage avec les traditions progressistes le refus de laisser les inégalités se reproduire sans intervention collective.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="rY8nV1j5bb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/04/habib-bourguiba-un-heros-de-notre-epoque/">Habib Bourguiba : un héros de notre époque</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Habib Bourguiba : un héros de notre époque » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/04/habib-bourguiba-un-heros-de-notre-epoque/embed/#?secret=j0EYphaAnD#?secret=rY8nV1j5bb" data-secret="rY8nV1j5bb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’autorité, l’éducation et la question démocratique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est sur la question démocratique que les jugements portés sur Bourguiba deviennent les plus difficiles. On ne peut nier le caractère autoritaire de son régime, la concentration du pouvoir, les restrictions imposées aux oppositions et les périodes de répression. Il faut les reconnaître sans détour. Mais les comprendre exige aussi de replacer les choix politiques dans le contexte de la Tunisie qui accédait à l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le pays devait construire rapidement un État moderne, former ses responsables, généraliser l’éducation et transformer des structures sociales anciennes. Les institutions étaient jeunes, les ressources limitées et la culture de participation politique demeurait inégalement développée. Bourguiba estimait que la modernisation de la société devait précéder, ou du moins accompagner étroitement, l’élargissement de la participation politique. Il accordait à l’éducation et à la formation du citoyen une place prioritaire, convaincu qu’une démocratie durable ne pouvait reposer uniquement sur des textes juridiques si les conditions sociales nécessaires à son fonctionnement n’étaient pas réunies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conception mérite d’être examinée dans son contexte. Elle ne doit pas être confondue avec l’idée que les Tunisiens auraient été, par nature ou par culture, incapables de démocratie. Une telle affirmation serait injuste et historiquement réductrice. Elle ne tient pas compte des traditions de mobilisation nationale, des organisations syndicales, des associations et des courants politiques qui existaient déjà dans le pays. Elle néglige aussi les aspirations à la liberté exprimées par des générations de Tunisiens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est cependant possible de soutenir que Bourguiba estimait que la priorité devait aller à la construction d’un État, à l’instruction et à la transformation des structures sociales avant de permettre une compétition politique pleinement ouverte. Dans sa vision, la modernisation devait créer les conditions d’une société nouvelle. Le problème est que cette transition, présentée comme nécessaire, n’a pas débouché sur une démocratisation progressive et durable de son régime. L’autorité destinée à préparer l’avenir a fini par se maintenir elle-même.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est là une limite importante de son projet. En concentrant les décisions entre les mains du pouvoir, le régime a réduit la possibilité pour les citoyens de participer librement à la définition de cet avenir. Il a parfois confondu la nécessité de construire l’État avec le droit de décider seul au nom de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question mérite néanmoins d’être abordée sans anachronisme. La démocratie n’est pas une institution qui fonctionne automatiquement dès lors que l’on proclame des élections. Elle demande des règles acceptées, des institutions solides, une culture du pluralisme, une administration impartiale, des contre-pouvoirs et une capacité à distinguer l’État des intérêts d’un parti. Elle suppose aussi que les désaccords politiques ne deviennent pas des conflits irréconciliables sur l’identité même de la nation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les événements qui ont suivi 2011 ont montré combien cette construction était difficile. La chute de Ben Ali a ouvert une possibilité historique considérable, mais elle n’a pas suffi à installer immédiatement une démocratie consolidée. Les tensions sociales, les attentes économiques, la fragilité des institutions et les affrontements idéologiques ont pesé sur la transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La place de la religion dans l’espace public est devenue l’un des principaux terrains de confrontation. Les débats sur l’identité, les libertés individuelles, la place de l’islam dans la Constitution et les rapports entre religion et politique ont parfois pris le pas sur les questions sociales qui avaient nourri les mobilisations populaires. Mohamed Nachi (2016) a analysé cette transformation du religieux en enjeu central de l’espace public tunisien durant la période de transition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, je considère que les partis islamistes et la politisation de la religion ont contribué à brouiller le sens de l’événement de 2011. Une révolution portée par des aspirations à la dignité, à l’emploi, à la justice et à la liberté s’est trouvée confrontée à des conflits identitaires qui ont détourné une partie du débat public des urgences sociales. Il ne s’agit pas de nier le droit des citoyens croyants à participer à la vie politique, ni de réduire tous les échecs de la transition à une seule famille politique. Les difficultés économiques, les rivalités partisanes, les faiblesses institutionnelles et les choix de l’ensemble des acteurs ont également pesé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais le problème apparaît lorsque la religion devient un instrument de compétition pour imposer une définition exclusive de la société. Une démocratie ne peut durablement fonctionner si les adversaires politiques sont présentés comme des ennemis de la foi, de l’identité ou de la nation. Elle exige que les convictions religieuses puissent s’exprimer librement, sans que l’autorité politique soit soustraite à la discussion au nom d’une légitimité supérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alfred Stepan (2012), en étudiant la transition tunisienne, insiste justement sur la nécessité d’établir un équilibre entre la liberté de participation des citoyens religieux et l’autonomie des institutions démocratiques. Cette exigence demeure centrale : ni l’exclusion des croyants de la vie publique ni la soumission de l’État à une autorité religieuse ne permettent de construire un espace politique commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience postérieure à 2011 invite donc à reconsidérer la question de la préparation démocratique, non pour justifier indéfiniment l’autoritarisme, mais pour comprendre les conditions nécessaires à l’enracinement des institutions. La société tunisienne avait besoin d’éducation, de culture civique, de justice sociale et d’institutions capables de protéger le pluralisme. Ces besoins ne disparaissent pas avec la chute d’un régime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bourguiba et l’héritage d’une gauche tunisienne</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors, Bourguiba fut-il un homme de gauche ? Je réponds par l’affirmative, à condition de préciser le sens que je donne à cette expression. Il ne fut pas un homme de gauche au sens d’une fidélité constante au marxisme ou d’une adhésion aux traditions bolcheviques. Il ne fut pas davantage un démocrate libéral au sens plein du terme. Son parcours est celui d’un dirigeant nationaliste qui a voulu transformer la société tunisienne par l’éducation, la réforme du droit, la modernisation de l’État et la remise en cause de certaines hiérarchies traditionnelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Son orientation progressiste apparaît d’abord dans sa volonté de faire reculer les déterminismes sociaux. L’enfant d’une famille modeste devait pouvoir accéder à l’école et aux responsabilités. La femme devait disposer de droits qui lui permettent de ne plus dépendre entièrement de la volonté masculine. Les régions de l’intérieur devaient bénéficier d’investissements capables de créer des possibilités nouvelles. La religion ne devait pas être utilisée pour interdire toute réforme ou présenter les inégalités comme une fatalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce projet n’a pas tout réussi. Les disparités régionales ont persisté, l’égalité des femmes n’a pas été achevée et le pouvoir a refusé à la société une liberté politique suffisante. Mais les limites d’une expérience ne doivent pas conduire à en nier les ambitions. L’histoire exige que l’on distingue les réformes accomplies, les résultats obtenus, les échecs et les contradictions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La singularité de Bourguiba tient justement à cette articulation entre la construction nationale et l’émancipation sociale. Il a voulu faire de l’État un instrument de transformation, non simplement une administration chargée de maintenir l’ordre. Il a considéré que l’avenir de la Tunisie dépendait de sa capacité à former ses citoyens, à réformer ses institutions et à modifier les rapports sociaux. Sa politique de la femme constitue, à cet égard, l’une des expériences les plus marquantes du monde arabo-musulman contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il serait pourtant dangereux de transformer cette lecture en justification générale de l’autoritarisme. L’éducation peut préparer la démocratie, mais elle ne doit pas devenir le prétexte à reporter indéfiniment les libertés. La modernisation peut corriger les inégalités, mais elle perd une partie de sa portée lorsque les citoyens ne peuvent pas discuter les décisions prises en leur nom. L’État peut protéger la société, mais il ne doit pas se confondre avec un chef ou un parti.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bourguiba nous laisse donc un héritage qui doit être interrogé plutôt que simplement célébré ou condamné. Il rappelle qu’une société peut accomplir des réformes sociales profondes sans suivre le modèle marxiste classique. Il montre aussi qu’un projet d’émancipation demeure incomplet lorsqu’il ne reconnaît pas pleinement aux citoyens la capacité de participer aux décisions collectives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fond, le véritable apport de Bourguiba à une réflexion sur la gauche réside dans cette conviction que les sociétés ne sont pas condamnées à répéter leur passé. L’égalité n’est pas un état que l’on atteint une fois pour toutes ; c’est un travail de transformation qui concerne l’école, la famille, les territoires, les institutions et les mentalités. La modernité ne consiste pas à imiter mécaniquement un modèle étranger, mais à trouver, dans sa propre histoire et sa propre culture, les ressources nécessaires pour construire une société plus juste.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GWtYDEpCj9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/bourguiba-un-destin-hors-du-commun/">Bourguiba, un destin hors du commun</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Bourguiba, un destin hors du commun » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/06/bourguiba-un-destin-hors-du-commun/embed/#?secret=FAlLN92K5Q#?secret=GWtYDEpCj9" data-secret="GWtYDEpCj9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à cette condition que l’héritage bourguibien conserve son intérêt. Non comme un modèle à reproduire sans critique, mais comme une expérience qui nous oblige à penser ensemble l’égalité, la liberté, la religion, l’éducation et la dignité humaine. Car une société véritablement progressiste n’est pas celle qui prétend avoir achevé sa transformation. C’est celle qui refuse de considérer les injustices comme une fatalité et qui donne à chaque génération les moyens de poursuivre le travail commencé.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>*</em> <em>Universitaire</em><em>.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Bibliographie</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Khedher, Rayed (2017). « Tracing the Development of the Tunisian 1956 Code of Personal Status ». <em>Journal of International Women’s Studies</em>, 18(4), article 3.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Murphy, Emma C. (1996). « Women in Tunisia: A Survey of Achievements and Challenges ». <em>The Journal of North African Studies</em>, 1(2), p. 138-156.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sethom, Hafedh (1979). « Les tentatives de remodelage de l’espace tunisien depuis l’indépendance ». <em>Méditerranée</em>, 35(1-2), p. 119-125.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Stepan, Alfred (2012). « Tunisia’s Transition and the Twin Tolerations ». <em>Journal of Democracy</em>, 23(2), p. 89-103.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/19/bourguiba-une-autre-idee-de-la-gauche-en-terre-arabo-musulmane/">Bourguiba | Une autre idée de la gauche en terre arabo-musulmane</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/19/bourguiba-une-autre-idee-de-la-gauche-en-terre-arabo-musulmane/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Crise des lycées en France &#124; Bruits diplomatiques et paniques identitaires</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/crise-des-lycees-en-france-bruits-diplomatiques-et-paniques-identitaires/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/crise-des-lycees-en-france-bruits-diplomatiques-et-paniques-identitaires/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Oct 2026 05:56:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[crise des lycées]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[épouvantail identitaire]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[immigration]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19772366</guid>

					<description><![CDATA[<p>Crise des lycées en France entre blocages dans les établissements scolaires et à la sévérité du maintien de l’ordre. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/crise-des-lycees-en-france-bruits-diplomatiques-et-paniques-identitaires/">Crise des lycées en France | Bruits diplomatiques et paniques identitaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Face à la vague de blocages dans les établissements scolaires en France et à la sévérité du maintien de l’ordre, la crise des lycées a franchi les frontières pour devenir le théâtre d’une bataille d’influence entre Washington et Téhéran. Cette tribune analyse comment cette agitation géopolitique et l’instrumentalisation du débat identitaire servent de diversion pour masquer le malaise social, l’austérité budgétaire et le renoncement aux exigences de l’exemplarité républicaine.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dr <strong>Abderrahmane Cherfouh *</strong></p>



<span id="more-19772366"></span>



<p class="wp-block-paragraph">À Paris, la crise des lycées a largement dépassé le cadre des salles de classe. Elle sert désormais de prétexte à des batailles d’influence étatiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Donald Trump a d’abord associé les blocages d’établissements à l’immigration de masse et à un prétendu péril religieux. Dans la foulée, le gouvernement iranien s’est engouffré dans la brèche : Téhéran a convoqué l’ambassadeur de France pour dénoncer la <em>«répression»</em> de manifestations présentées comme pacifiques. Le Quai d’Orsay a répliqué du tac au tac en convoquant l’ambassadeur d’Iran pour dénoncer une manœuvre de désinformation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette diplomatie du muscle masque l’essentiel : pendant que les chancelleries s’écharpent, la parole des lycéens français et leurs revendications concrètes passent à la trappe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Indignation à géométrie variable</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces ingérences, une question s’impose : la France applique-t-elle les mêmes règles à tout le monde ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Certes, accuser Téhéran de brimer sa propre population relève d’une réalité documentée. Mais le bilan dramatique des derniers jours est néanmoins établi : selon le ministre de l’Éducation nationale, 215 élèves et 88 personnels de l’Éducation nationale ont été blessés depuis le début de la mobilisation. À Tours, un lycéen de 16 ans a perdu l’usage d’un œil après une blessure dont les lésions ont été jugées compatibles avec un tir de LBD. À Lens, un adolescent de 15 ans a perdu une main après l’explosion d’une grenade lors d’un rassemblement ; les circonstances exactes de l’incident font l’objet d’une enquête de l’IGPN. Face à cette succession de blessures graves, le ministre de l’Intérieur a annoncé le 7 octobre la suspension des grenades assourdissantes dans le cadre du mouvement lycéen, le temps de faire la lumière sur l’affaire de Lens. Ces faits posent avec une acuité nouvelle la question de la proportionnalité des moyens employés pour maintenir l’ordre face à des manifestants, dont une partie est mineure.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’autre hypocrisie réside dans le monopole de l’ingérence. Paris et Washington s’arrogent depuis des décennies le droit de dicter la politique intérieure des États souverains, qu’il s’agisse de décréter la légitimité d’un pouvoir au Venezuela ou de redessiner la carte du Moyen-Orient. Pourtant, lorsque la diplomatie iranienne utilise les mêmes leviers pour pointer du doigt les dérives policières occidentales, le Quai d’Orsay crie immédiatement au complot et à la manipulation. L’ingérence serait-elle un privilège exclusivement réservé à l’Occident ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Diversion sociale et épouvantail identitaire</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce vacarme géopolitique offre surtout une échappatoire commode à un pouvoir aux abois. Donald Trump l’inévitable a choisi de jeter de l’huile sur le feu en agitant l’épouvantail identitaire, prétendant fallacieusement que l’Islam cherchait à s’emparer du pays. Si Paris feint de s’en offusquer publiquement, cette surenchère sert en réalité de paravent idéal : il est tellement plus facile pour le gouvernement et ses relais médiatiques de saturer l’espace avec des paniques culturelles plutôt que de répondre au réel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce climat d’ostracisme, les populations issues de l’immigration risquent de devenir les premières victimes d’un débat toxique, alors même que l’urgence républicaine exige un travail d’intégration, d’égalité et de respect mutuel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le terrain, les lycéens ne parlent pourtant ni de choc des civilisations ni de religion. Ils protestent contre l’insalubrité des classes, le manque criant de professeurs, la dégradation des locaux et l’austérité budgétaire qui mutile leur avenir. En focalisant l’attention sur les déclarations de Trump ou les communiqués de Téhéran, le pouvoir opère une diversion cynique pour criminaliser le mouvement social et s’exonérer de ses propres responsabilités économiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Respecter les principes républicains</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La France n’a pas à choisir entre la panique identitaire de Donald Trump et la surenchère opportuniste de Téhéran. La République possède ses propres repères : la laïcité, l’égalité, la liberté d’expression et le droit de manifester dans le calme. Mais la laïcité ne peut se résumer à une posture à géométrie variable ; elle doit redevenir une exigence d’équité et de garanties universelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour prétendre donner des leçons de démocratie à la terre entière, la France doit d’abord balayer devant sa propre porte. Elle se doit d’être exemplaire en appliquant chez elle les principes qu’elle prétend défendre à l’étranger, loin du cynisme du <em>«faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais»</em>. On ne répond pas à la propagande étrangère par du déni ou une répression disproportionnée, mais en respectant le droit et en répondant aux demandes de sa propre jeunesse. La souveraineté commence par cette forme fondamentale de dignité républicaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Médecin algérien au Canada.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/crise-des-lycees-en-france-bruits-diplomatiques-et-paniques-identitaires/">Crise des lycées en France | Bruits diplomatiques et paniques identitaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/10/09/crise-des-lycees-en-france-bruits-diplomatiques-et-paniques-identitaires/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>2</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le faux débat sur l’islam en Europe</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/16/le-faux-debat-sur-lislam-en-europe/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/16/le-faux-debat-sur-lislam-en-europe/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 16 Sep 2026 07:10:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[AFD]]></category>
		<category><![CDATA[Allemagne]]></category>
		<category><![CDATA[Europe]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Frères musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Grande-Bretagne]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[islamisme]]></category>
		<category><![CDATA[islamophobie]]></category>
		<category><![CDATA[Marine Le Pen]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19654443</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les allégations selon lesquelles l’islam en tant que religion menacerait l’Europe sont fausses, estime le journal britannique The Economist. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/16/le-faux-debat-sur-lislam-en-europe/">Le faux débat sur l’islam en Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Alors que l’islam est attaqué de toutes parts en Europe et sans aucune nuance par les partis d’extrême droite qui ont le vent en poupe et que les musulmans sont stigmatisés, le magazine britannique</em></strong> <a href="https://www.economist.com/leaders/2026/09/10/the-truth-and-the-lies-about-islam-in-europe" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong><em>The Economist</em></strong></a> <strong><em>affirme dans un éditorial cette semaine que les allégations selon lesquelles l’islam en tant que religion menacerait l’Europe sont fausses mais que l’islamisme en tant qu’idéologie et l’islamophobie nourrie par l’extrême droite constituent bel et bien un danger. Les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne qui compte plus de 500 millions d’habitants donc la fable de l’islam conquérant chère à l’extrême droite pour insuffler une peur panique aux électeurs ne tient pas.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-19654443"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cet éditorial intitulé <em>«La vérité et les mensonges à propos de l’islam en Europe»</em>, publié à l’occasion du 25<sup>e</sup> anniversaire des attentats du 11 septembre 2001, l’auteur constate que la peur de l’islam s’intensifie dans les pays européens, la moitié de la population estimant désormais que l’islam est incompatible avec les valeurs occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 6 septembre, le parti populiste de droite Alternative pour l’Allemagne (AfD) a remporté 44% des voix en Saxe-Anhalt, son plus large score à ce jour lors d’une élection régionale, mettant en garde contre <em>«l’islamisation»</em> de l’Allemagne et menaçant de déportations forcées.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paranoïa de la droite extrême</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le même week-end, en Grande-Bretagne, des centaines d’individus masqués ont occupé la ville de Douvres, plaque tournante de l’immigration clandestine entre la France et l’Angleterre, scandant <em>«Arrêtez les embarcations»</em> et <em>«Jésus est le Roi»</em>. Cet épisode montre que souvent l’immigration est liée à la religion musulmane et à la menace qu’elle constituerait pour l’Occident chrétien.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, l’appel de Marine Le Pen à interdire le port du voile dans les lieux publics recueille le soutien de 60% des électeurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le magazine britannique constate que cette obsession s’est enracinée en Amérique. La crainte n’est plus celle du terrorisme, comme après le 11 septembre, mais celle d’un <em>«complot islamique»</em> visant à prendre le contrôle de l’Europe de l’intérieur, tandis que des membres de l’administration Trump mettent en garde contre le <em>«déclin de la civilisation européenne»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette vision nuit aux relations transatlantiques et est fondamentalement erronée. L’Europe n’est confrontée à aucune menace de domination islamique, à aucune radicalisation massive des musulmans ni à une éradication de sa culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> rapporte qu’il n’existe pas de <em>«zones de non-droit»</em>, la charia n’est pas intégrée au droit national et aucune <em>«grande alternative»</em> démographique ne se profile à l’horizon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, le véritable danger qui menace l’Europe selon le magazine britannique est différent. Il s’agit de l’extrémisme alimenté par l’islamisme (la conviction que l’État doit imposer les principes islamiques) et la paranoïa de la droite extrême attisée par les réseaux sociaux. La gauche aggrave la situation en niant les menaces, certes modestes mais bien réelles, que représente l’islam politique. Les responsables politiques du centre font de même, en gardant le silence par crainte d’être accusés de racisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette dynamique pourrait déjà nuire aux démocraties libérales en Europe, non pas en les remplaçant par un système de califat mais en ralentissant l’intégration et en favorisant des politiques qui porteraient durablement atteinte à leurs libertés.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j4QE2QsXXc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/">Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Musulmans européens confrontés à une inquiétante vague de racisme » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/les-musulmans-europeens-confrontes-a-une-inquietante-vague-de-racisme/embed/#?secret=XwtiDOas5J#?secret=j4QE2QsXXc" data-secret="j4QE2QsXXc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les musulmans représentent 6% de la population européenne</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> affirme que ces craintes extrêmes sont facilement démasquées. Malgré une immigration record en provenance de pays à majorité musulmane, les musulmans ne représentent que 6% de la population européenne, qui compte plus de 500 millions d’habitants. Si les nouveaux arrivants ont généralement plus d’enfants que les immigrés nés dans le pays, les taux de fécondité tendent à converger en deux générations. En réalité, la plupart des immigrés musulmans souhaitent rester et vivre dans leur nouveau pays et non imposer une version des sociétés qu’ils viennent de quitter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Également, les enfants de migrants ont plutôt de bons résultats à l’école. En Grande-Bretagne, 67% des Bangladais ayant passé des tests standardisés en 2021 étaient inscrits à l’université avant l’âge de 19 ans, contre 38% des Britanniques blancs. De nombreux musulmans sont engagés en politique, comme en témoignent la ministre de l’Intérieur britannique, Shabana Mahmood, et le maire de Londres, Sadiq Khan. À bien des égards, les attitudes des musulmans peuvent être similaires à celles des autres Européens. Un sondage réalisé par le magazine auprès de musulmans britanniques a révélé peu d’opposition au travail des femmes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> s’interroge sur les motivations de tant d’Européens à s’opposer à l’islam et considère que certaines positions répandues chez les musulmans nourrissent cette méfiance envers l’Islam. Les sondages du magazine montrent que 52% des musulmans considèrent l’homosexualité comme immorale et que les jeunes musulmans (41% des moins de 35 ans) sont plus enclins que les musulmans plus âgés (25%) à penser que la violence est justifiée en cas d’insulte au Prophète.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ne pas confondre l’islamisme politique et l’islam comme religion</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pour autant, selon le magazine britannique, le fait d’avoir des opinions socialement conservatrices ne constitue pas en soi une menace. Certains militants d’extrême droite en Europe ne sont pas moins hostiles aux homosexuels qu’aux musulmans qu’ils condamnent mais certaines de ces positions devraient inquiéter les libéraux qui ont longtemps cru que les sociétés ouvertes finiraient par rendre les gens plus tolérants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>The Economist</em> insiste sur le fait que le danger provient de l’islamisme en tant qu’idéologie politique et ne doit pas être confondu avec l’islam en tant que religion. L’islam n’est pas le problème en soi, c’est l’islamisme qui peut l’être. Contrairement aux djihadistes du 11 septembre, la plupart des islamistes ne prônent pas la violence mais beaucoup se livrent à de l’infiltration, c’est-à-dire qu’ils infiltrent les institutions démocratiques pour promouvoir un programme illibéral. Le principal danger de l’infiltration réside au niveau local. De petits réseaux bien organisés peuvent prendre le contrôle d’une école, d’une mosquée, d’un conseil municipal ou d’une association caritative, utilisant ces institutions pour décourager l’intégration et imposer une conformité religieuse aux autres musulmans vivant à proximité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les services de sécurité européens sont de plus en plus préoccupés par ces islamistes non violents. En France, les autorités craignent l’infiltration clandestine des Frères musulmans. Un rapport officiel publié l’année dernière mettait en garde contre le risque que l’islamisme ne menace, à terme, les lois laïques et les droits des femmes. Toutefois, cette perspective semble désormais improbable. Le ministère français de l’Intérieur estime que seuls 139 des 2 800 lieux de culte musulmans sont liés aux Frères musulmans. Les principales victimes sont d’autres musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la moitié des douze circonscriptions de Blackburn, dans le nord de l’Angleterre, les musulmans représentent plus de 60% de la population, et dans deux d’entre elles, ce chiffre dépasse les 80%. Dans ces zones, les femmes peuvent se sentir contraintes de se soumettre aux conseils de la charia pour les questions concernant leur famille. Les musulmans LGBTQ+ et les personnes de tendance libérale sont également victimes d’intimidation. Les musulmans qui n’adhèrent pas à la charia se plaignent que les autorités occidentales, par crainte d’être accusées de racisme s’ils réagissent, ne leur accordent pas la même protection qu’aux citoyens non musulmans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Face à ces réalités, <em>The Economist</em> met en garde contre le danger de l’islamisme, arguant que ces menaces locales pourraient se transformer en menace continentale du fait de leur instrumentalisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est dans l’intérêt des islamistes d’affirmer que toute critique de leur projet politique est une attaque contre l’islam lui-même. La gauche populiste, notamment La France insoumise et le Parti vert britannique, a tendance à qualifier de racistes ceux qui soulèvent les questions liées à l’immigration, à la criminalité et à l’Islam politique. Et de son côté, la droite populiste attise souvent la peur en prétendant que tous les musulmans représentent une menace.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elon Musk compte parmi les plus fervents défenseurs de cette rhétorique, utilisant les réseaux sociaux pour façonner la perception mondiale de l’islam et soutenant la droite antimusulmane en Europe, du parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) à Tommy Robinson, l’agitateur britannique qui fera l’objet d’une série de podcasts dès cette semaine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les solutions proposées par la droite populiste ne sont pas moins extrêmes que celles offertes par les islamistes dont elle prétend protéger l’Europe. Les promesses d’expulsions massives, de ségrégation et d’interdictions vestimentaires terrorisent les musulmans, entravent leur intégration et les poussent dans les bras des extrémistes. Tout pays qui met en œuvre de telles politiques se rendra compte que la haine qu’elle déchaîne causera des dommages profonds et durables.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="fNcBQEZO2B"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/les-allemands-musulmans-craignent-la-montee-de-lislamophobie/">Les Allemands musulmans craignent la montée de l’islamophobie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les Allemands musulmans craignent la montée de l’islamophobie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/12/11/les-allemands-musulmans-craignent-la-montee-de-lislamophobie/embed/#?secret=ASx0csInZO#?secret=fNcBQEZO2B" data-secret="fNcBQEZO2B" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les musulmans européens s’intègrent progressivement</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Par conséquent, les responsables politiques européens doivent proposer une alternative. La violence et les menaces de violence doivent être poursuivies en justice mais il ne doit y avoir aucun tabou au nom de la sensibilité culturelle, la liberté d’expression n’est pas l’ennemie de la tolérance mais bien une condition essentielle à celle-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La solution ne sera pas rapide mais l’espoir est permis. Les musulmans européens s’intègrent progressivement, à l’instar des vagues précédentes de migrants catholiques, juifs et caribéens dans les pays d’accueil. L’arrivée de ces groupes avait suscité une vive inquiétude quant à leur intégration. Finalement, tous ont trouvé leur place. Les musulmans trouveront la leur aussi si la division et la suspicion n’entravent pas leur intégration.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/16/le-faux-debat-sur-lislam-en-europe/">Le faux débat sur l’islam en Europe</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/16/le-faux-debat-sur-lislam-en-europe/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>6</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Saloua Charfi et ses détracteurs, ou l&#8217;intolérance à l&#8217;humour</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/29/saloua-charfi-et-ses-detracteurs-ou-lintolerance-a-lhumour/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/29/saloua-charfi-et-ses-detracteurs-ou-lintolerance-a-lhumour/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 29 Jun 2026 07:15:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Aicha Mère des croyants]]></category>
		<category><![CDATA[Humour]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[prophète Mohamed]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<category><![CDATA[Saloua Charfi]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19081786</guid>

					<description><![CDATA[<p>Un texte satirique de l’universitaire tunisienne Saloua Charfi a hérissé ces chers défenseurs du sacré qui n'en ratent pas une pour se rendre utiles. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/29/saloua-charfi-et-ses-detracteurs-ou-lintolerance-a-lhumour/">Saloua Charfi et ses détracteurs, ou l&rsquo;intolérance à l&rsquo;humour</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>En ce temps de canicule, de déception </em></strong><strong><em>et de tristesse pour l’équipe de Tunisie qui a quitté la Coupe du Monde après trois lourdes défaites</em></strong><strong><em>, les Tunisiens ont dû vivre, en plus, dans une atmosphère d’inquisition qui en dit long sur l’état de fragilité mentale de ses instigateurs !</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ikbal Gharbi </strong>*</p>



<span id="more-19081786"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Ikbal-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-8724393" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Ikbal-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Ikbal-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/07/Ikbal-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">En effet, lors de la prière du Vendredi Saint, certains imams ont consacré leurs prêches à un statut satirique de l’universitaire tunisienne Saloua Charfi. Ils dénoncent une diffamation, une atteinte au sacré et une profanation d’une figure centrale de l’islam, Aicha Mère des croyants, troisième épouse du Prophète Mohamed (sws).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Syndicat des imams veut même déposer une plainte devant le procureur de la république contre l’universitaire pour blasphème et outrage à la religion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, nos gestionnaires du sacré et du profane s’érigent en un tribunal inquisitoire en 2026 !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces défenseurs de la religion ne sont guère outragés par le manque de civisme de leurs fidèles, par les injustices sociales qui laminent le contrat social, par la fraude fiscale qui représente un manque à gagner estimé à 30% du PIB national et qui amputent les ressources des croyants tunisiens, etc. Cela n’est guère révoltant à leurs yeux et ne semble pas contredire les valeurs islamiques, ils préfèrent s’insurger avec virulence contre un statut Facebook au ton satirique !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le statut de Professeure Charfi relève d’une raillerie légère et d’un amusement personnel qui interpelle nos hypocrisies.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour rappel, un statut facebook est censé être un écrit privé. Il permet d’exprimer des pensées, de partager une humeur, de commenter un événement ou de raconter une journée à des amis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, la cour de cassation a tranché. Les propos que chacun publie sur des réseaux sociaux ne sont pas des propos tenus en public et ne sont donc pas susceptibles de faire l’objet de poursuites pour diffamation ou injure publiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La satire poétique faisait trembler les puissants</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, aussi paradoxale que cela puisse paraître aujourd’hui, avec la montée des tensions et des fanatismes, le patrimoine culturel musulman est fécond en matière de satire humoristique. Le rire et la dérision ont traversé l’histoire islamique à travers une riche tradition littéraire, prenant des formes diverses allant de la poésie satirique ou d’invective (<em>hija</em>) à la critique sociale et même politique et théologique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La satire poétique (<em>hija</em>) était une arme redoutable qui faisait trembler les puissants, et les <em>maqamats</em> des recueils d’écrits divertissants critiquant souvent les catégories dominantes de la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous pouvons citer Al Jahidh qui, dans son <em>Livre des Avares</em> brosse des portraits satiriques d’une grande finesse et une critique acerbe de la société de son époque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le célèbre Abu Nuwas est connu pour sa poésie bachique, son audace et ses provocations envers les traditions religieuses rigides. Il avait même affiché clairement ses penchants pour les garçons dans des poèmes qui sont de grands classiques de la littérature arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le grand soufi Omar Khayyam, célèbre pour ses quatrains, utilise une ironie mordante pour attaquer certains dogmes de la foi populaire. Il a ainsi tourné en dérision les descriptions littérales du châtiment éternel dans l’au-delà telles que relayées par les théologiens de son époque. Mathématicien et astronome, il a dirigé l’observatoire d’Ispahan et conçu le Jalali, un calendrier solaire d’une précision remarquable (mieux ajusté que le calendrier grégorien) afin de corriger la calendrier héjirien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Abou al-Alaa al-Maari,poète et philosophe, était célèbre par sa liberté de pensée et son ironie qui ne recule devant aucune audace. Il recourait à la parodie pour critiquer l’hypocrisie religieuse de ses contemporains.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La tolérance à la critique est un signe de santé mentale</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan psychologique, la tolérance à la critique, à l’humour et à l’ironie est un signe de santé mentale. Plus un esprit est fragile, plus il refuse les questionnements qui dérangent sa quiétude mentale et tend à résoudre rapidement l’incertitude car il n’est pas capable de supporter l’angoisse que celle-ci produit. C’est pourquoi les solutions radicales et les grandes convictions définitives attirent les foules.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le fanatique ne peut supporter le doute et le questionnement : il lui faut, pour tenir debout, des certitudes inébranlables. C’est pourquoi il doit imposer ses convictions, sa Vérité à ceux qui ne pensent pas comme lui. Toute dissidence menace sa sécurité psychique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, le fanatisme révèle la fragilité et la faiblesse psychique de celui qui s’en fait le héraut. Plus le sentiment d’identité personnelle est faible et confus, plus le sujet est disposé à défendre ses convictions avec violence. Sa violence à l’égard des divergents et des différents dévoile souvent sa vacuité intellectuelle et sa faiblesse intérieure&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Universitaire.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="eaev3VZDBc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/21/ons-jabeur-corps-dathlete-ou-corps-awra/">Ons Jabeur : corps d’athlète ou corps «âwra» ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ons Jabeur : corps d’athlète ou corps «âwra» ? » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/21/ons-jabeur-corps-dathlete-ou-corps-awra/embed/#?secret=donpmyB7Fs#?secret=eaev3VZDBc" data-secret="eaev3VZDBc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/29/saloua-charfi-et-ses-detracteurs-ou-lintolerance-a-lhumour/">Saloua Charfi et ses détracteurs, ou l&rsquo;intolérance à l&rsquo;humour</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/29/saloua-charfi-et-ses-detracteurs-ou-lintolerance-a-lhumour/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Chérif Ferjani &#124; De l’humain pluriel aux principes de liberté et de justice</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/24/cherif-ferjani-de-lhumain-pluriel-aux-principes-de-liberte-et-de-justice/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/24/cherif-ferjani-de-lhumain-pluriel-aux-principes-de-liberte-et-de-justice/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 24 Jun 2026 08:00:14 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[laïcité]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Chérif Ferjani]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Seffahi et Abdellatif Chaouite]]></category>
		<category><![CDATA[Mohsen Ismaïl]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Abdeljelil]]></category>
		<category><![CDATA[religion]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=19031322</guid>

					<description><![CDATA[<p>Hommage à l'enseignant universitaire en sciences politiques Mohamed Chérif Ferjani, penseur du religieux, de l'humain et de la laïcité.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/24/cherif-ferjani-de-lhumain-pluriel-aux-principes-de-liberte-et-de-justice/">Chérif Ferjani | De l’humain pluriel aux principes de liberté et de justice</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Nous reproduisons ci-dessous le texte de l’hommage que l’auteur a rendu à son collègue, enseignant universitaire, chercheur et penseur politique Mohamed Chérif Ferjani, dans le cadre de la Foire du livre à Sousse, le 17 mai 2026, à l’occasion de la sortie de l’ouvrage collectif intitulé ‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’, des ‘‘Mélanges’’ offerts à Ferjani, réunis par trois de ses collègues, récemment paru aux éditions Nirvana, à Tunis.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Moncef Ben Abdeljelil</strong> *</p>



<span id="more-19031322"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Moncef-Ben-Abdeljelil-2.jpg" alt="" class="wp-image-19031621" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Moncef-Ben-Abdeljelil-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Moncef-Ben-Abdeljelil-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/06/Moncef-Ben-Abdeljelil-2-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Mes cher-e-s collègues et ami-e-s Permettez -moi de vous remercier toutes et tous pour cette opportunité qui nous permet aujourd’hui et dans cet espace du livre de rendre hommage à un ami commun qui a un parcours académique et humain exceptionnel. Chérif nous réunit aujourd’hui et en ces moments délicieux pour parler de ses qualités humaines certes, comme l’a fait d’ailleurs Si Ben Baya avant moi, mais pour présenter surtout ce livre auquel ont contribué huit collègues dans la partie arabe et trente-quatre dans la partie francophone et magistralement préparé par un collègue et compagnon de longue date, Dr. Mohsen Ismaïl, bien que l’initiative fût prise par feu Mohamed Seffahi et Abdellatif Chaouite qui ont organisé une journée d’hommage à Chérif Ferjani à l’Université Lyon 2, le 20 mars 2025, et à laquelle j’ai participé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je tiens à le rappeler pour instruire les lecteurs qui vont trouver dans ce livre volumineux deux de mes contributions et pourraient ainsi poser des questions. C’est ainsi que ce livre que je vais brièvement présenter illustre une expression de reconnaissance, d’amitié et d’engagement intellectuel envers la personne de Chérif Ferjani.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors venons à cette figure emblématique ! Je souhaiterais l’approcher par ses composantes académiques qui m’auraient donné une idée sur le parcours que ce livre intitulé <em>‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’</em> illustre amplement. Mohsen Ismaïl qui a choisi ce titre, a bien su formuler le parcours de Chérif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Habilité à diriger les recherches en 1996, soit moins de dix ans après l’obtention de son doctorat en sciences politiques, de l’Université de Lyon 2, Chérif entame une carrière académique riche et impressionnante. Enseignement mis à part, il encadre au total 11 thèses, dont celle de ma propre fille Racha ; il publie 10 livres qui parcourent les champs de l’islam/le religieux, la laïcité et le politique en rapport aux droits humains. Son dernier livre intitulé <em>‘‘Le Néolibéralisme et la révolution conservatrice’’</em> provoque depuis sa parution un débat de grande envergure parmi les intellectuels de tous bords. Aussi la production de Chérif compte-t-elle plus de soixante-dix (71 recensés dans ces mélanges) articles publiés dans différentes publications scientifiques de renom.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est pour dire que nous sommes en présence de trois formes d’activités académiques : enseignement, encadrement des jeunes, construction de nouvelles perspectives intellectuelles par la publication de livres et l’invitation à repenser <em>«l’établi»</em> à travers les articles qui touchent encore aux mêmes champs d’exploration.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le phénomène religieux face à la modernité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il me semble ainsi que Chérif a présenté ce que lui a semblé une école qui remet en cause les fondements du phénomène religieux face à la modernité dans toutes ses représentations. Sa réflexion marie magistralement une excellente connaissance des sources arabe et des nouvelles théories des sciences humaines et sociales, d’où son approche sur laquelle je souhaiterais m’attarder.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Philosophe de souche, Chérif s’est attaqué au champ religieux prenant l’islam, le politique et le comparatisme religieux comme perspectives d’investigation. Sa réflexion de philosophe a constitué la trame transversale de sa pensée. Au-delà de celle-ci, si possibilité est, Chérif embarque de plein pied dans la sociologie, dans l’anthropologie, faisant de l’histoire interprétative même un cadre de référence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A mon humble avis, Chérif s’est formé comme chercheur interdisciplinaire et a continué à s’assumer comme tel. Et ce faisant, il a découvert avec une sagesse irréfutable l’idée de l’humain pluriel, de la construction sociale et idéologique du religieux, l’essence du politique comme jeu des pouvoirs et le fondement de l’homme sur le principe de la liberté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette conviction, si j’avais bien compris mon ami, aurait été consolidée par une excellente réalité que Chérif avait connue : celle de voyager en Asie, en Amérique et à travers le monde arabo-musulman.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les configurations locales des cultures ne se soustrairaient jamais de l’universel. Gaza en fut un excellent exemple puisque la voix de l’humanité contre le sionisme n’a pas tardé de se consolider et de se développer même dans les pays de guerre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La même réalité que nous venons d’évoquer s’est consolidée magistralement par les groupes d’étudiant-e-s et de chercheur-e-s que Chérif a connus : ils sont eux-mêmes de tous pays et cultures, Africains, Asiatiques, Européens et Arabes ; Musulmans, Chrétiens, Juifs, Hindous, gnostiques et agnostiques…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une pareille expérience aussi riche que variée, aurait donné à notre collègue une vision d’ensemble de ce que l’humain serait dans ses dimensions locale et universelle. Cette situation magnifique d’échange aurait permis à Chérif un <em>«travail de terrain»</em> constant, d’où l’ancrage d’une approche interdisciplinaire dans ses travaux et dans sa vision. Tous ces chercheurs venants d’Afrique, d’Asie, et autres continents, seraient des informants dans le sens anthropologique du terme. L’enrichissement mutuel serait l’un des acquis que le directeur de recherche et le chercheur lui-même développent davantage au fil de leur échange.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce livre, <em>‘‘Le religieux, l’humain et la laïcité’’</em>, contient deux parties. La première évoque les qualités humaines de l’homme, la deuxième s’attaque plutôt à l’aspect académique tant par la revue de ses réflexions que par d’autres considérations sur des problématiques proches ou similaires.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Penser autrement dans les enceintes académiques</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis intéressé, me concernant, aux débuts de l’islam pour continuer à poser des questions essentielles sur les fondements de la réception de la nouvelle religion, réception qui évolue dans le temps, qui change, et qui interpelle l’historien des idées surtout. Aurais-je dit, peut-être, que tout ne fut que construction à la recherche d’une légitimité et d&rsquo;un pouvoir donc. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ceci n’est pas loin de ce que Chérif aurait dit aussi, mais je ne cherchais pas à m’aligner sur ses convictions ; j’aurais souhaité soulever des questions que les islamologues imprégnés des sciences humaines et sociales auraient appréciées. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que ce livre en hommage à Chérif Ferjani regroupe un collège de chercheurs de tous bords pour réfléchir, à l’occasion, sur une thématique féconde et toujours d’actualité, le religieux, l’humain et la laïcité, à laquelle un ami de longue date a dédié toute sa carrière sinon toute sa vie active. Certes, toutes sa vie active, puisqu’il est l’un des rares qui a su résoudre cette grande faille, celle de parler un autre langage et penser autrement dans les enceintes académiques; Chérif tient une seule pensée et un langage unique dans la salle de classe, dans les conférences et en public, sans renoncer pourtant à la qualité scientifique de ses propos.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je trouve, pour toutes ces raisons, que cet hommage est amplement mérité ! Et cette expression de reconnaissance est certainement louable. Merci Chérif pour nous avoir réunis ici et en ces moments ! Merci pour votre engagement académique qui fait plaisir et honneur ! Merci A Si Othman Babba, à Si Hechmi Ben Fredj et à toute l’équipe Perspectives-Al-Amel al-Tunsi pour cette initiative. Merci à Mohsen Isma’il pour avoir dirigé ce livre et réuni ces textes ! Merci à toutes celles et à tous ceux qui sont présents aujourd’hui pour célébrer ce beau livre qui continue à illustrer l’engagement des Editions Nirvana qui a toujours constitué un soutien sans faille. A tous les contributeurs mes souhaits les meilleurs pour la suite. Nous aurions peut-être une autre occasion de lire Chérif à qui je souhaite longue et sereine vie par ces temps de troubles !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Professeur d’histoire de la pensée islamique ancienne, membre de l’Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts, «Beit al-Hikma».</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/24/cherif-ferjani-de-lhumain-pluriel-aux-principes-de-liberte-et-de-justice/">Chérif Ferjani | De l’humain pluriel aux principes de liberté et de justice</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/24/cherif-ferjani-de-lhumain-pluriel-aux-principes-de-liberte-et-de-justice/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le Coran n’a pas totalement interdit la viande de porc</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/31/le-coran-na-pas-totalement-interdit-la-viande-de-porc/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/31/le-coran-na-pas-totalement-interdit-la-viande-de-porc/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 31 May 2026 10:15:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CONSO]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Coran]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[musulmans]]></category>
		<category><![CDATA[Razika Adnani]]></category>
		<category><![CDATA[viande de porc]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18840158</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le Coran n’est pas aussi intransigeant sur la consommation de viande porcine, estime l’islamologue algérienne Razika Adnani. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/31/le-coran-na-pas-totalement-interdit-la-viande-de-porc/">Le Coran n’a pas totalement interdit la viande de porc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Coran n’est pas aussi intransigeant sur la consommation de viande porcine, estime l’islamologue algérienne Razika Adnani dans une tribune publiée le 28 mai 2026 sur son <a href="https://www.razika-adnani.com/razika-adnani-consommation-de-viande-porcine-le-coran-nest-pas-aussi-intransigeant/?utm_source=mailpoet&amp;utm_medium=email&amp;utm_source_platform=mailpoet&amp;utm_campaign=la-defaite-de-la-pensee-364" target="_blank" rel="noreferrer noopener">blog personnel</a>.</em></strong></p>



<span id="more-18840158"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Le Coran, le livre fondateur de l’islam, cité dans toutes les écoles juridiques islamiques comme première source de législation, n’est pas aussi intransigeant sur la question de la consommation de la viande de porc», </em>affirme l’islamologue connue pour ses lectures à contre-courant du dogmatisme dominant la pensée religieuse dans les pays islamiques. Elle ajoute : <em>«Les quatre versets qui l’évoquent explicitement affirment qu’elle est illicite, mais tous précisent qu’elle est autorisée en cas de nécessité. Ils ont la même position concernant la viande de l’animal qui n’est pas immolé au nom de Dieu, c’est-à-dire qui n’est pas </em>halal<em> en rappelant que Dieu est clément et miséricordieux avec ceux qui sont obligés d’en consommer.»</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exégètes qui affirment que le Coran est intransigeant sur l’interdiction de consommation de viande porcine par les musulmans doivent donc relire le texte coranique. Idem pour ceux qui, pendant la pandémie du Covid-19, bien que leur vie fût en danger, se sont interrogés au sujet des vaccins pour savoir s’ils ne comportaient pas de la gélatine de porc. Ainsi que les musulmans qui vivent en Occident et chez qui la question du&nbsp;<em>halal</em>&nbsp;se pose d’une manière persistante. <em>«Beaucoup sont hantés par la peur de consommer ce qui n’est pas autorisé par l’islam. Pour la grande majorité le fait de dire qu’un musulman ou une musulmane peut consommer la viande porcine est en lui-même un blasphème»</em>, fait remarquer Razika Adnani, en citant&nbsp;le verset 185 de la sourate 2, <em>La Vache</em>, qui rappelle aux musulmans que Dieu leur veut la facilité et non la difficulté<em>.</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’islamologue cite, également, dans ce contexte, le verset 5 de la sourate 5, <em>La Table Servie</em>, qui <em>«permet aux musulmans de manger la nourriture des gens du Livre qui sont les juifs et les chrétiens&nbsp;et le porc fait partie de la nourriture de ces derniers.»</em>&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si le Coran n’a pas interdit totalement la consommation de la viande porcine c’est parce qu’il est difficile d’interdire aux gens de manger une bête qui n’a pas été tuée dans les règles de la religion ou le porc <em>«quand trouver quoi manger était pour beaucoup en lui-même un problème.»</em></p>



<p class="has-text-align-right wp-block-paragraph"><strong>I. B. </strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/31/le-coran-na-pas-totalement-interdit-la-viande-de-porc/">Le Coran n’a pas totalement interdit la viande de porc</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/31/le-coran-na-pas-totalement-interdit-la-viande-de-porc/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>12</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Donald Trump &#124; Un pacifiste tout feu tout flamme</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/29/donald-trump-un-pacifiste-tout-feu-tout-flamme/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/29/donald-trump-un-pacifiste-tout-feu-tout-flamme/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 29 May 2026 08:23:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Benjamin Netanyahu]]></category>
		<category><![CDATA[Conseil de paix]]></category>
		<category><![CDATA[Donald Trump]]></category>
		<category><![CDATA[Etats-Unis]]></category>
		<category><![CDATA[Iran]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Israël]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18830859</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le président Donald Trump, ci-devant président du Conseil de paix, laisse aux Iraniens le choix du jour de leur... reddition.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/29/donald-trump-un-pacifiste-tout-feu-tout-flamme/">Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Conseil de paix, la «machine à sous» de Donald Trump, est en hibernation par ces grandes chaleurs. La ferveur pacificatrice du «Père fondateur» est tombée aussi vite que son malin désir de laisser une trace dans l’Histoire. Son attachement à la paix s’est évaporé. Il est allé guerroyer loin de son pays natal, accompagné de son fidèle serviteur et son conseiller en stratégie militaire, Benjamin Netanyahu. Le premier ministre israélien souffle le vent et la «Furie épique» en direction de son maître.&nbsp;Un tandem qui rappelle un autre, de si triste mémoire, Hitler et Mussolini. </em></strong><strong></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Mohsen Redissi *</strong></p>



<span id="more-18830859"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Le Conseil de paix est un subterfuge avec un vice caché. Le cynisme du président Trump n’a pas d’égal. L’année dernière, il a raté le Nobel de la Paix ; cette fois-ci, il va user de tout son poids pour la prochaine édition. Le Conseil de sécurité des Nations unies lui a décerné un blanc-seing, pourquoi pas une poignée d’académiciens ? Ses sbires vont lui orchestrer une campagnedigne de son rang et de son désir ardent de toucher le gros lot.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Vendredi, samedi ou dimanche</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce ne sont ni les Journées du patrimoine, ni un long week-end, mais des journées d’ascension vers l’au-delà, spécialement choisies par le président américain, ci-devant président du Conseil de paix, qui promettait il y a peu de rayer l’Iran de la carte et d’en finir avec une civilisation vieille de 5000 ans. Ce n’est pas une diversion, son hésitation est le signe du doute sur les capacités militaires américaines à faire plier l’Iran et le pousser à accepter la Pax Americana.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Iran a choisi sa ligne de défense : la riposte du coup par coup sur le champ de bataille et par le verbe sur le tapis vert des pourparlers. La République islamique, qui respire toujours, malgré le déluge de feu qu’elle a essuyé ces derniers mois, reste ferme sur son programme nucléaire. Trump prend le monde entier en témoin pour nous faire croire qu’il offre aux Iraniens une échappatoire. Un temps pour la réflexion et un temps pour la reddition.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Irrespectueux des trois religions monothéistes, mais conscient des exigences confessionnelles, le président américain propose une guerre à choix multiples : vendredi ou samedi ou dimanche. Les musulmans doivent cocher la case du vendredi. Par <em>Allah</em>, le ciel va leur tomber sur la tête, malédiction que Abraracourcix, le chef Gaulois, craignait le plus. Jour du seigneur, jour de prières et de piété chez les Mahométans. Prier dans le silence sans crier <em>Allah Akbar</em>, pour ne pas être pris pour un terroriste.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans sa grande bonté, le président américain a laissé aux Iraniens deux autres cases à cocher, samedi et dimanche, libres à eux de choisir le jour pour se faire livrer par la voie des airs comme par mer et par terre toute sorte d’objets brûlants : bombes, missiles, explosifs… Ils ont l’embarras du choix.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="NsP09TpccW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/27/liran-bat-trump-a-son-propre-jeu-celui-de-lart-du-deal/">L’Iran bat Trump à son propre jeu, celui de l’art du deal</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Iran bat Trump à son propre jeu, celui de l’art du deal » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/27/liran-bat-trump-a-son-propre-jeu-celui-de-lart-du-deal/embed/#?secret=g11UJCqv1H#?secret=NsP09TpccW" data-secret="NsP09TpccW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Souviens-toi du jour du shabbat </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mêmes minoritaires, entre dix mille et quinze mille individus, les Juifs iraniens font de la résistance. Ils ont préféré rester chez eux en Iran plutôt que d’émigrer vers les Etats-Unis ou Israël comme bon nombre de leurs congénères.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un pays réputé pour son aversion pour Israël, les Juifs iraniens, <em>yahudi</em>, observent leurs traditions, possèdent leurs synagogues, leurs cimetières, leurs restaurants casher, et même une bibliothèque juive. Leurs enfants étudient dans des écoles hébraïques.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Juifs iraniens ont un siège à l’Assemblée consultative islamique d’Iran. Chose que beaucoup de gens ignorent, parce que l’information est occultée par des médias au service de l’obscurantisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le s<em>habbat </em>est un jour d’abstinence chez les juifs, du vendredi soir jusqu’au samedi soir. Ils prennent ainsi le relais aux musulmans. Jour que probablement choisira Trump pour cracher son déluge de feux et de flammes sur l’Iran et gâcher leur quiétude. La mort ne fait pas dans la dentelle. Trump en a voulu autrement.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour qui sonne le glas</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Entre huit cent mille à un million d’Iraniens chrétiens vivent encore sur les terres de leurs ancêtres. Minorité religieuse reconnue sur le plan de la constitution. Les chrétiens disposent de 3 sièges au Parlement iranien. Leur nombre ne cesse de croître dans le pays. Dimanche est le jour du Seigneur, mais ils doivent rester vigilants. Les assises des églises risquent de trembler.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le peuple iranien, avec toutes ses composantes ethniques, religieuses et linguistiques, ne sera épargné ni le vendredi, ni le samedi, ni le dimanche. A quel saint se vouer se demandent les Iraniens ? Le jour où le grand manitou yankee décide de reprendre les bombardements, c&rsquo;est le peuple iranien tout entier qui est visé. L’attaque, annoncée d’avance, ne sera ni une attaque surprise, ni une attaque d’envergure. Les Iraniens ont eu assez de temps pour s’y préparer. Elle va perturber la vie des Iraniens indépendamment de leurs convictions religieuses. Quand les bombes explosent, ou quand les missiles touchent leurs cibles, c’est toute la population iranienne qui est agressée, quelle que soit leur confession ou leur jour de piété.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Fonctionnaire à la retraite.</em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iEfQAwfvfQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/">L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Iran a tenu | La fin de l’ère américaine » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/09/liran-a-tenu-la-fin-de-lere-americaine/embed/#?secret=003Do7jiEM#?secret=iEfQAwfvfQ" data-secret="iEfQAwfvfQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/29/donald-trump-un-pacifiste-tout-feu-tout-flamme/">Donald Trump | Un pacifiste tout feu tout flamme</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/29/donald-trump-un-pacifiste-tout-feu-tout-flamme/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Don d’organes en Tunisie &#124; Potentiel énorme, mais besoin de confiance</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/22/don-dorganes-en-tunisie-potentiel-enorme-mais-besoin-de-confiance/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/22/don-dorganes-en-tunisie-potentiel-enorme-mais-besoin-de-confiance/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 22 May 2026 09:42:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[SOCIETE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[CNPTO]]></category>
		<category><![CDATA[don d’organes]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Boutheina Zannad]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Christina Sarah Hauser]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Maleke Fourati]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mohamed Fourati]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[trafic d’organes]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18799233</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le don d’organes sauve des vies, mais en Tunisie, il reste encore insuffisant par rapport aux besoins . </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/22/don-dorganes-en-tunisie-potentiel-enorme-mais-besoin-de-confiance/">Don d’organes en Tunisie | Potentiel énorme, mais besoin de confiance</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le don d’organes sauve des vies, mais en Tunisie, il reste encore insuffisant par rapport aux besoins : à peine 1,5 donneur par million d’habitants. Pourtant, le pays dispose d’un acteur solide, le Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (CNPTO), reconnu en Afrique et dans le monde. Le problème n’est donc pas technique : il est humain, culturel, familial.</em></strong></p>



<span id="more-18799233"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Une étude récente menée par le Dr Boutheina Zannad (CNPTO) et les économistes Dr Maleke Fourati (South Mediterranean University) et Dr Christina Sarah Hauser (Collegio Carlo Alberto) vient d’apporter des réponses concrètes. Menée auprès de plus de 1200 étudiants de la South Mediterranean University à Tunis, elle mesure pour la première fois dans le pays l’impact d’une séance d’information animée par des médecins experts sur la décision de s’inscrire comme donneur d’organes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le résultat est frappant : une seule session d’une demi-heure suffit à doubler le nombre d’étudiants inscrits comme donneurs, dans un pays où seulement 13 000 adultes sont aujourd’hui donneurs inscrits.<br>Pourquoi un tel effet ? Parce que les étudiants ressortent avec des réponses claires à des questions fondamentales : Que dit la loi ? Est-ce que l’islam le permet ? Comment fonctionne réellement la transplantation ? La confiance envers les institutions et particulièrement envers le CNPTO, progresse nettement. La crainte du trafic d’organes recule. Ces effets persistent six mois après l’intervention.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord de la famille est souvent nécessaire et décisif  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mais l’étude révèle aussi un point décisif : sans l’accord de la famille, les jeunes n’osent pas s’inscrire. En 2023, 58 % des familles tunisiennes sollicitées ont refusé le don d’organes de leur proche. Ce chiffre éclaire le résultat le plus surprenant de l’étude : les jeunes hommes répondent beaucoup plus fortement à la formation que les jeunes femmes, non pas parce que ces dernières sont moins convaincues ou moins altruistes (elles le sont davantage, en réalité), mais parce qu’elles semblent davantage contraintes par l’approbation familiale. Le don d’organes reste, en Tunisie comme dans l’ensemble de la région Mena, un acte collectif qui se décide rarement seul.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette recherche envoie un message simple mais puissant : Informer change les mentalités. Dialoguer en famille change les décisions.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Derrière chaque don, il y a un acte de courage</h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’expérience tunisienne montre que, pour faire progresser le don d’organes, il ne suffit pas de changer la loi ou d’adopter des modèles étrangers. Il faut d’abord gagner la confiance du public et encourager les discussions au sein des foyers. C’est là que tout commence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour la co-auteure Dr Maleke Fourati, ce sujet porte aussi une dimension personnelle : il s’inscrit dans l’héritage de son grand-père, le Professeur Mohamed Fourati, qui a réalisé le 15 janvier 1993 la première opération de transplantation cardiaque en Tunisie<sup>. </sup>et dans une grande partie du monde arabe. Un rappel que derrière chaque don, il y a un acte de courage — et souvent, une seconde vie offerte.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/22/don-dorganes-en-tunisie-potentiel-enorme-mais-besoin-de-confiance/">Don d’organes en Tunisie | Potentiel énorme, mais besoin de confiance</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/22/don-dorganes-en-tunisie-potentiel-enorme-mais-besoin-de-confiance/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Le pape Léon XIV en Algérie &#124; Programme encadré, enjeux implicites</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/le-pape-leon-xiv-en-algerie-programme-encadre-enjeux-implicites/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/le-pape-leon-xiv-en-algerie-programme-encadre-enjeux-implicites/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 15 Apr 2026 06:33:36 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Annaba]]></category>
		<category><![CDATA[christianisme]]></category>
		<category><![CDATA[Hippone]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[pape Léon XIV]]></category>
		<category><![CDATA[Saint-Augustin]]></category>
		<category><![CDATA[Vatican]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18637488</guid>

					<description><![CDATA[<p>La visite du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril 2026, s’inscrit dans un cadre strictement balisé.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/le-pape-leon-xiv-en-algerie-programme-encadre-enjeux-implicites/">Le pape Léon XIV en Algérie | Programme encadré, enjeux implicites</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La visite du pape Léon XIV en Algérie, les 13 et 14 avril 2026, s’inscrit dans un cadre strictement balisé. Deux jours, deux villes, deux registres clairement définis. Mais derrière ce programme maîtrisé, se dessine une séquence plus complexe, où diplomatie, mémoire et souveraineté s’entrecroisent, révélant des enjeux qui dépassent largement le seul cadre religieux.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Djamal Guettala&nbsp;</strong></p>



<span id="more-18637488"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Lundi 13 avril, à Alger, tout relève d’un protocole millimétré. Dès son arrivée, le souverain pontife est accueilli par les plus hautes autorités de l’État, dans une mise en scène qui rappelle l’importance accordée à cette visite. Le recueillement au Mémorial des Martyrs inscrit d’emblée le déplacement dans une reconnaissance de l’histoire nationale algérienne, marquée par la lutte pour l’indépendance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La suite du programme confirme cette logique d’encadrement. Entretiens officiels, discours calibrés, échanges institutionnels : chaque moment est pensé pour éviter toute ambiguïté. La visite de la Grande Mosquée d’Alger constitue à cet égard un passage clé. Elle souligne la place centrale de l’islam dans la société algérienne et rappelle que toute ouverture interreligieuse s’inscrit ici dans un cadre défini par l’État.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le message est clair : ouverture, mais sous contrôle. Même l’incident sécuritaire signalé dans la région de Blida, en marge de cette première journée, n’a pas perturbé le déroulé officiel. Il rappelle toutefois que ce type de visite reste un moment sensible, où la stabilité affichée repose sur des équilibres fragiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Annaba : la mémoire comme levier</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mardi 14 avril, le déplacement vers Annaba introduit un changement de ton. Le programme prévoit une visite du site antique de Hippone, suivie d’une messe à la basilique dédiée à Saint Augustin.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, le Vatican déplace le centre de gravité de la visite. Il ne s’agit plus seulement de dialogue contemporain, mais d’un travail sur la mémoire. En se rendant à Hippone et en célébrant une messe dans un lieu chargé d’histoire, le pape réactive une référence majeure : celle d’une Afrique du Nord qui fut, avant l’islamisation, un foyer intellectuel du christianisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La figure de Saint Augustin, penseur né en Numidie, devient alors un point d’ancrage stratégique. Elle permet de relier passé et présent, local et universel, dans une mise en récit qui dépasse les frontières nationales. Ce choix, loin d’être anodin, inscrit la visite dans une temporalité longue, où l’histoire est mobilisée comme levier d’influence.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="682" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-1024x682.jpg" alt="" class="wp-image-18637523" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-1024x682.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-300x200.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-768x512.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-580x387.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-860x573.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1-1160x773.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/04/Pape-Leon-XIV-Alger-1.jpg 1280w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Entre souveraineté et récit universel</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En respectant scrupuleusement le programme — Alger pour la diplomatie, Annaba pour la mémoire — la visite révèle une double dynamique. D’un côté, une Algérie soucieuse de préserver sa souveraineté et de contrôler les cadres du discours, en veillant à ce que chaque étape reste conforme à ses équilibres politiques et religieux. De l’autre, un Vatican qui investit le terrain symbolique, là où les marges de manœuvre sont plus larges et les effets plus durables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il ne s’agit pas ici de prosélytisme direct, mais d’une stratégie plus subtile. En réactivant certaines références historiques, le Saint-Siège cherche à réinscrire l’Afrique du Nord dans une cartographie spirituelle globale, où le christianisme retrouve des racines anciennes susceptibles d’être mobilisées dans le présent.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Brève dans sa durée, la visite du pape Léon XIV n’en est pas moins dense dans ses implications. Elle met en lumière un dialogue feutré, où chaque geste, chaque lieu et chaque symbole participent d’une construction plus large : celle d’un rapport en constante négociation entre souveraineté nationale et récit universel.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/le-pape-leon-xiv-en-algerie-programme-encadre-enjeux-implicites/">Le pape Léon XIV en Algérie | Programme encadré, enjeux implicites</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/15/le-pape-leon-xiv-en-algerie-programme-encadre-enjeux-implicites/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>3</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘Musulmans en Occident’’, loin manipulations et des amalgames  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/musulmans-en-occident-loin-manipulations-et-des-amalgames/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/musulmans-en-occident-loin-manipulations-et-des-amalgames/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Feb 2026 07:42:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Cheikh Abobikrine Diop]]></category>
		<category><![CDATA[Cheikh Khaled Bentounès]]></category>
		<category><![CDATA[Chems-Eddine Hafiz]]></category>
		<category><![CDATA[Elisabeth Moreno]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Grande Mosquée de Paris]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[Jacques Attali]]></category>
		<category><![CDATA[Pr Sadek Beloucif]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=18347980</guid>

					<description><![CDATA[<p>Sortie du livre ‘‘Musulmans en Occident’’. Pratique cultuelle immuable, présence adaptée’’ aux éditions Albouraq à Paris.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/musulmans-en-occident-loin-manipulations-et-des-amalgames/">‘‘Musulmans en Occident’’, loin manipulations et des amalgames  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Initiative louable dans ce climat d’inquisition permanente contre tout ce qui a trait à l’Islam en France et en Europe : hier matin, mardi 10 février 2026, à la <a href="https://www.facebook.com/profile.php?id=100064863361141" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Grande Mosquée de Paris</a>, une conférence de presse a été organisée pour la sortie du livre ‘‘Musulmans en Occident’’. Pratique cultuelle immuable, présence adaptée’’ aux éditions Albouraq (Paris, 10 février 2026).</em></strong></p>



<span id="more-18347980"></span>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Face aux manipulations et aux amalgames, face à l’idée qu’on agite d’une incompatibilité&nbsp; entre l’islam et les valeurs des sociétés occidentales, la Grande Mosquée de Paris prend l’initiative d’un dialogue crucial et inédit&nbsp;: les musulmans, ici réunis, réfléchissent à leur place dans les sociétés pluralistes, fidèles à leurs racines spirituelles et conscients des réalités de leur temps&nbsp;; avec eu des voix non musulmanes de la société civile exposent leurs questionnements afin de mieux saisir l’universalité des valeurs de l’islam»</em>, lit-on dans le quatrième de couverture de cet ouvrage de plus de 900 pages.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le recteur Chems-eddine Hafiz présentait l’intention et le contenu de cet ouvrage collectif, fruit de trois années de travail du Groupe de réflexion sur l’adaptation du discours religieux musulman, qui aspire à mieux faire connaître la religion musulmane et sa capacité à s’inscrire harmonieusement dans une société plurielle, un cadre républicain et une citoyenneté volontaire et active.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ses côtés se trouvaient des membres de ce Groupe de réflexion : Cheikh Khaled Bentounès, guide spirituel de la confrérie Alawiyya, Cheikh Abobikrine Diop, recteur de la mosquée Bilal de Marseille, Cheikh Khaled Larbi, imam de la Grande Mosquée de Paris, François Euvé, rédacteur en chef de la revue <em>‘Études’</em>, et Pr Sadek Beloucif, président du Comité d’éthique et médical de la Grande Mosquée de Paris. D&rsquo;autres membres, comme la ministre Élisabeth Moreno, Jacques Attali ou le père Jean-François Bour, étaient présents pour assister à ce lancement.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/musulmans-en-occident-loin-manipulations-et-des-amalgames/">‘‘Musulmans en Occident’’, loin manipulations et des amalgames  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/11/musulmans-en-occident-loin-manipulations-et-des-amalgames/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
