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	<title>Archives des Issam Marzouki - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Issam Marzouki - Kapitalis</title>
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		<title>“L’Odyssée” de Nolan &#124; Violence perpétuelle et culpabilité éternelle de l’homme  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Aug 2026 07:13:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>“L’Odyssée” de Christopher Nolan n'est pas un médiocre péplum. C'est un film qui propose une version rationaliste du mythe grec. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/08/09/lodyssee-de-nolan-violence-perpetuelle-et-culpabilite-eternelle-de-lhomme/">“L’Odyssée” de Nolan | Violence perpétuelle et culpabilité éternelle de l’homme  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Je n’ai jamais eu de goût prononcé pour les blockbusters ni pour les effets spéciaux numériques et mon intérêt pour le grand spectacle cinématographique remonte au “Spartacus” de Kubrick et à la “Cléopâtre” de Mankiewicz. Une passion indéfectible pour la mythologie antique m’a conduit toutefois à surmonter mon dégoût et à franchir, pour la première fois de ma vie, le seuil d’un multiplexe, pour regarder “L’Odyssée” de Christopher Nolan. Or, si je garde encore une forme de rejet de ces lieux sans âme du spectacle numérique, sentant l’argent et le popcorn, j’ai été frappé par la singularité du film. </em></strong><strong><em></em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Issam Marzouki</strong> *</p>



<span id="more-19406385"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Issam-Marzouki.jpg" alt="" class="wp-image-19406433" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Issam-Marzouki.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Issam-Marzouki-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/08/Issam-Marzouki-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Je m’attendais en effet à revoir un avatar du très médiocre <em>“Gladiator 2”</em> avec ses cynocéphales ridicules, moi qui ai eu la chance de voir à l’âge quatre ans le superbe <em>“Ulysse” </em>de Mario Camerini avec le grand Kirk Douglas, dans une petite salle de banlieue ; heureusement il n’en fut rien !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’évoquerai ici ni la récente technologie de l’Imax 70 mm qui ne peut d’ailleurs être reproduite dans une majorité des salles de l’univers, ni le degré de fidélité du scénariste à l’œuvre d’Homère, sujet qui a fait les choux gras des médias et des réseaux sociaux en mettant à contribution des historiens, des philosophes et d’autres érudits ; je me contenterai de livrer, dans un certain désordre, deux ou trois impressions que j’ai gardées des quelque trois heures qu’a duré la projection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je commencerai par l’épisode du cheval de Troie, extrêmement développé dans le film, contrairement à la petite place qu’il occupe dans l’épopée d’Homère. Ce cheval de bois, que j’ai toujours imaginé comme un jouet géant debout sur ses pattes, ou ses roues, selon les versions, est curieusement présenté penché et à demi-enfoncé dans le sable de la plage. L’image, assez inattendue, n’est pas sans rappeler la séquence finale de <em>“La Planète des Singes” </em>de Franklin Schaffner (1968) où Charlton Heston découvre la statue de la Liberté, dans la même position que notre cheval, enfoncée dans le sable sur une plage perdue d’une planète qui s’avère être la Terre.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La transgression du code</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Clin d’œil ou intertextualité ? Peut-être, mais à mes yeux une analogie existe bel et bien : ainsi présenté, tordu et plein de guerriers entassés, nageant dans leurs excréments, le cheval fonctionne comme une matrice morale du film.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le péché d’Ulysse, cet homme d’<em>«</em><em>idées</em><em>»</em>, est d’avoir transgressé, en imaginant le stratagème du cheval de Troie, la loi de Zeus qui impose la loyauté envers l’autre. Or, les Achéens ont ignoré cette loi en s’invitant traitreusement au cœur même de Troie dans l’intention de saccager cette ville. Et c’est Ulysse qui assumera cette culpabilité envers les Troyens, les victimes de son idée, mais aussi envers les Grecs qui ont directement, ou indirectement, trouvé la mort à cause de cette idée qu’il a eue de tromper les Troyens et en leur manquant de loyauté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le film, qui s’achève dans une <em>hubris </em>frénétique, avec la séquence du massacre des prétendants, réitère cette idée du châtiment obligé de ceux qui n’ont pas respecté la loi de l’hospitalité décrétée par Zeus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On retrouve également la même idée dans l’épisode de Circée et dans la référence à l’origine même de la guerre de Troie, la trahison de Pâris qui enfreint les règles de l’hospitalité en séduisant Hélène, l’épouse de son hôte Ménélas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nolan construit ainsi son film autour du thème de la culpabilité en l’associant à celui de la guerre qui matérialise ainsi la transgression d’un code censé maintenir l’équilibre de la coexistence entre les peuples.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les références à l’achèvement de l’âge de bronze sont explicites dans le film alors que celles aux conflits modernes se lisent en filigrane.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que <em>“L’Odyssée”</em> de Nolan s’écarte des différentes adaptations antérieures de l’épopée d’Homère (Je pense en particulier à l’<em>‘‘</em><em>Ulysse” </em>de Camerini, centré sur la figure héroïque du protagoniste incarné par Kirk Douglas ou à la mini-série télévisée <em>“L’Odyssée” </em>d’Andreï Kontchalovsky (1997) fonctionnant surtout comme un récit initiatique).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un autre point qui m’a semblé particulier au traitement du mythe dans le film de Nolan réside dans la synthèse opérée entre l’épisode de Calypso et celui des mangeurs de lotos. On nous présente dans le film un Ulysse abandonné à la nymphe Calypso qui use du pouvoir anesthésiant des fleurs de lotos pour maintenir le héros dans une quasi-servitude dans laquelle ce dernier jouit d’une béatitude dénuée de souvenirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La confusion des deux épisodes de l’épopée me vexe en tant que Tunisien car l’île des mangeurs de lotos a toujours été identifiée à notre Djerba nationale. Cet oubli sacrifie néanmoins aux servitudes de l’écriture scénaristique qui impose des coupes, des résumés et toutes sortes d’altérations du texte littéraire en vue de le transformer en récit filmique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que deux autres détails importants dans l’épisode du cyclope ont été escamotés, résidant dans le double stratagème dont Ulysse use en vue de tromper le cyclope Polyphème : la découverte qu’il lui fait faire du vin qui va l’enivrer et l’endormir ainsi que le dialogue entre les deux au cours duquel Ulysse trompe Polyphème en lui annonçant qu’il se nomme <em>«</em><em>Personne</em><em>»</em>&#8230;</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>U</strong>ne version rationaliste du mythe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ces différentes manipulations du texte d’Homère semblent relever d’un souci de concentrer l’action sur l’idée centrale du film en la débarrassant d’un grand nombre de ramifications narratives susceptibles de diluer l’action.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, nous pouvons affirmer que Nolan a réussi à créer une œuvre travaillée et suffisamment subtile pour ne retenir du mythe originel que les seuls éléments susceptibles de servir le spectacle cinématographique -car <em>“L’Odyssée”</em> est un film très spectaculaire au sens premier du terme- et d’étoffer la portée morale du film : l’existence humaine est façonnée par une violence perpétuelle, dont la manifestation suprême est la guerre et dont l’une des implications obligée est une culpabilité éternelle de l’homme que ce dernier seul doit assumer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’est pas étonnant à cet égard que, contrairement à l’œuvre d’Homère, qui fait intervenir les Dieux à tout bout de champ, ces derniers sont quasiment absents du film de Nolan, exceptée la présence épisodique, et sans grande influence sur le destin d’Ulysse, d’Athéna dont l’identification originelle au personnage de Mentor est escamotée dans le scénario, ce qui semble prouver que Nolan a cherché à proposer une version rationaliste du mythe selon laquelle les hommes, et non les Dieux, sont responsables de leurs propres actes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>* Ecrivain et producteur radio d&rsquo;émissions culturelles. </em></p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UKUDqfCWvq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/05/le-poeme-du-dimanche-lodyssee-de-homere/">Le poème du dimanche | ‘‘L’odyssée’’ de  Homère</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le poème du dimanche | ‘‘L’odyssée’’ de  Homère » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/05/le-poeme-du-dimanche-lodyssee-de-homere/embed/#?secret=S9iLQyUXkr#?secret=UKUDqfCWvq" data-secret="UKUDqfCWvq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Vient de paraître │ ‘‘L’Odyssée de Tamra’’ de Issam Marzouki  </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 20 May 2025 10:04:55 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahlem Ghayaza]]></category>
		<category><![CDATA[Atelier Izotop]]></category>
		<category><![CDATA[Issam Marzouki]]></category>
		<category><![CDATA[L’Odyssée de Tamra]]></category>
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		<category><![CDATA[Zakia Bouassida]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Issam Marzouki vient de publier un conte pour enfant intitulé ‘‘L’Odyssée de Tamra’’ racontant l'histoire touchante d’une chienne arrachée à sa ferme . </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/20/vient-de-paraitre-%e2%94%82-lodyssee-de-tamra-de-issam-marzouki/">Vient de paraître │ ‘‘L’Odyssée de Tamra’’ de Issam Marzouki  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Issam Marzouki vient de publier un conte pour enfant intitulé ‘‘L’Odyssée de Tamra’’ racontant l&rsquo;histoire touchante d’une chienne arrachée à sa ferme située à El Guettar, dans le sud de la Tunisie. Déterminée à retrouver son foyer et son ami Mouldi, Tamra entreprend un périple semé d&#8217;embûches à travers forêts et oueds.</em></strong></p>



<span id="more-16581697"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Au cours de son voyage, Tamra affronte divers dangers, notamment un caracal, un porc-épic et une meute de loups, illustrant ainsi son courage et sa fidélité inébranlables.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce récit de l’auteur Issam Marzouki paru aux éditions La voix du livre (Livox) destiné aux enfants à partir de 6 ans, dirigées par Zakia Bouassida, est disponible au format papier et audio offrant ainsi une expérience de lecture immersive grâce aux illustrations signées Atelier Izotop et à la narration d’Ahlem Ghayaza.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Docteur en littérature, ancien directeur du Département de français à l’Institut Supérieur des Langues de Tunis, écrivain pour la jeunesse, cadre associatif et animateur d’ateliers de théâtre amateur. Il a enseigné la littérature française et comparée, l’analyse filmique et l’histoire du cinéma dans différents établissements de l’enseignement supérieur. Ancien directeur de radio, il a produit des chroniques ainsi que plusieurs pièces de théâtre radiophonique. Il continue à animer une chronique sur les crimes célèbres et des contes pour la chaîne internationale de Radio Tunis (RTCI).</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/20/vient-de-paraitre-%e2%94%82-lodyssee-de-tamra-de-issam-marzouki/">Vient de paraître │ ‘‘L’Odyssée de Tamra’’ de Issam Marzouki  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Littérature : Issam Marzouki fait entendre sa partition</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/15/litterature-issam-marzouki-fait-entendre-sa-partition/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jun 2023 07:12:21 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Ben Arous]]></category>
		<category><![CDATA[Fochville]]></category>
		<category><![CDATA[Issam Marzouki]]></category>
		<category><![CDATA[Salah El-Gharbi]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Avec son premier roman, ‘‘Clair de lune sur Fochville’’, Issam Marzouki brosse un tableau nostalgique de Fochville, l'actuel Ben Arous.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/06/15/litterature-issam-marzouki-fait-entendre-sa-partition/">Littérature : Issam Marzouki fait entendre sa partition</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>La parution de ‘‘Clair de lune sur Fochville’’, le premier roman de Issam Marzouki, ne semble pas avoir pris de court ni les amis ni les collègues de ce passionné de littérature.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par <strong>Salah El-Gharbi</strong></p>



<span id="more-8365453"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-301778"/></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Né parmi les livres, d’un père illustre homme de culture et ayant grandi à l’ombre de ses frères aînés, tous familiers du monde des lettres, cet universitaire discret s’est toujours distingué par une certaine sensibilité à fleur de peau et une curiosité littéraire et artistique sans bornes enrichie, depuis quelques années, par une passionnante expérience de la pratique théâtrale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ce récit, cette âme rêveuse et secrète choisit de quitter sa réserve, cherche à faire partager son univers avec le grand public et lui faire entendre sa propre partition. Et c’est à Fochville, l’actuelle Ben Arous, cette cité banale qu’aujourd’hui, beaucoup d’entre nous traversent, en empruntant certaines de ses rues, longeant ces maisons aux toits de tuiles rouges, avec leurs petites vérandas et leurs jardinets, sans se douter un instant, que ces demeures muettes gardent encore jalousement les souvenirs et les tendres secrets de tant de gens humbles venus d’autres bords pour s’y établir, que l’auteur choisit de planter le décor de l’action du roman.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ambiance d’époque</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, c’est au sein de ce petit monde de Fochville, cette cité paisible et riche de la mixité culturelle de sa population, que le lecteur est convié à partager dans la vie des Contini, une famille sicilienne dont la servante, une adolescente originaire de Siliana, qui suscite l’admiration de tous grâce à sa beauté et à la vivacité d’esprit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi dans cette ville banale qu’on est invité à suivre le parcours de la promenade dominicale des deux jeunes garçons, Francesco et Claudio Contini, en compagnie de Gamra, une balade qui se transforme en une sorte d’expédition, l’occasion pour le narrateur de reconstituer, pour nous, l’ambiance de l’époque, sillonnant en compagnie de ses personnages les rues ombragées de la ville, circulant à travers ses sentiers, traversant les petits canaux, et ce, pour nous familiariser avec les paysages variés et les visages des habitants, les sons et les odeurs des lieux. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4xS8b4bBgI"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/25/tahar-bekri-chante-la-tunisie-le-murier-triste-dans-le-printemps-arabe/">Tahar Bekri chante la Tunisie, le «mûrier triste dans le printemps arabe»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tahar Bekri chante la Tunisie, le «mûrier triste dans le printemps arabe» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/25/tahar-bekri-chante-la-tunisie-le-murier-triste-dans-le-printemps-arabe/embed/#?secret=19yVsGMmS0#?secret=4xS8b4bBgI" data-secret="4xS8b4bBgI" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Malgré l’incertitude qui pèse sur le devenir de ces immigrés italiens menacés par l’effervescence politique que connaît la Tunisie d’après-guerre, l’espoir, qui ne cesse de caresser ces âmes assoiffées de bonheur, finit par conquérir l’esprit de Gamra laquelle, dotée d’une vie intérieure très intense, se met à nourrir secrètement, la même envie et, parvient, contre toute attente, à faire de l’ombre à ses maîtres, auprès de la population de Fochville, et d’occuper ainsi, tous les recoins de l’univers du roman comme si la fiction prenait sa revanche sur l’Histoire, en rendant justice&nbsp; à cette jeune fille résiliente qui traîne le pénible poids de ses origines.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bienveillance et tendresse</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Pourtant, à aucun moment du récit, il n’y a, chez Gamra, l’expression d’un quelconque ressentiment contre ses maîtres ni de révolte contre le destin. Si l’adolescente cherche à s’émanciper, c’est pour elle-même et non contre autrui, ne revendiquant aucun autre droit que celui d’accomplir ses propres envies.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quiconque chercherait derrière le choix de cette structure narrative de base, en insistant sur caractère aliénant du statut de la jeune fille, une quelconque prise de position politique militante, risquerait d’être déçu. Car, dans ‘‘<em>Clair de lune sur Fochville</em>’’, il n’y a pas, à proprement parler, aucune tonalité vindicative.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ni social, ni politique, le roman raconte l’histoire d‘une quête individuelle, celle d’une fille qui n’a d’autre ambition que de se construire un devenir et ce, en dehors des sentiers battus, tout en s’appuyant sur ses propres ressources et sur ses qualités personnelles</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, même si les évènements se situent vers 1949, autrement dit, à l’époque du protectorat, sous la plume de Issam Marzouki, Fochville nous est rendu avec un mélange de bienveillance et de tendresse, qui cacherait une sorte de nostalgie pour une époque où il était possible, pour des communautés diverses, de vivre paisiblement ensemble sur un même territoire. Et puis, les personnages aussi sont, presque tous, attachants. D’ailleurs, c’est dans cet univers qu’on est témoin de cette amitié fraternelle et pleine de générosité, celle qui lie Diana, la jeune sicilienne, à Gamra, une amitié, aussi forte que troublante, et qui triomphe de la réticence de Mamma Paola, gardienne de l’ordre social.  </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="IituBeJ7Nb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/23/constantin-lifriquien-de-bechir-ben-aissa-ou-le-voyage-entre-orient-et-occident/">‘‘Constantin l’Ifriquien’’ de Béchir Ben Aissa ou le voyage entre Orient et Occident</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Constantin l’Ifriquien’’ de Béchir Ben Aissa ou le voyage entre Orient et Occident » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/23/constantin-lifriquien-de-bechir-ben-aissa-ou-le-voyage-entre-orient-et-occident/embed/#?secret=wFUJ9sEYaf#?secret=IituBeJ7Nb" data-secret="IituBeJ7Nb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce roman, même si les évènements sont censés se dérouler quelques années avant la naissance de notre auteur, cela ne nous empêche pas de déceler aisément l’impact du regard du romancier enfant sur le compte rendu, plein de bienveillance, de la réalité ambiante. Ainsi, l’évocation appuyée du monde du spectacle traduirait le degré de fascination que le petit Issam aurait ressentie, assis au milieu des gradins, émerveillé par la dextérité des jongleurs ou les numéros des saltimbanques du <em>«Cirque bizarro»</em>. Et puis, le cinéphile que l’auteur est devenu n’aurait-il pas attrapé le virus du 7<sup>e</sup> art dans le Cinéma de Fochville&nbsp;?</p>



<p class="wp-block-paragraph">En lisant ce délicieux roman, tous ceux qui connaissent Issam Marzouki doivent y retrouver le sens du détail de son auteur, sa capacité à assurer une certaine fluidité au récit et à donner une dimension poétique à l’anodin. Ils doivent aussi apprécier le talent de cet auteur qui parvient à se départir de sa pudeur viscérale, pour nous communiquer le plaisir qu’il a d’esquisser des séquences qui interpellent nos sens comme celle de la séance de pétrissage de la pâte à pizza par Mamma Paola et surtout, celle où <em>«Gamretta»</em> est décrite en train de coiffer délicatement les cheveux de son amie Diana.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘Clair de lune sur Focheville’’, roman de Issam Marzouki, éditions Nirvana, Tunis 2023.</em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="orRPwtthGn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/08/aux-origines-de-fochville-lancetre-de-la-ville-de-ben-arous/">Aux origines de Fochville, l’ancêtre de la ville de Ben Arous</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Aux origines de Fochville, l’ancêtre de la ville de Ben Arous » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/08/aux-origines-de-fochville-lancetre-de-la-ville-de-ben-arous/embed/#?secret=oo1RjL9WcT#?secret=orRPwtthGn" data-secret="orRPwtthGn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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