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	<title>Archives des Khwanjias - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Khwanjias - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Ennahdha – PDL : deux visages, un seul profil</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Aug 2020 10:04:29 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis des mois, la parole libre est hypothéquée, prisonnière des querelles que les vieilles chapelles, en l’occurrence, Ennahdha et le Parti destourien libre (PDL), fortes du soutien de leurs fidèles, cherchent à alimenter pour amuser la galerie, occuper l’espace médiatique et mobiliser leurs adeptes. Par Salah El-Gharbi En effet, aujourd’hui, critiquer Ennahdha, parler de ses...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Rached-Ghannouchi-Abir-Moussi.jpg" alt="" class="wp-image-302272"/></figure>



<p><strong><em>Depuis des mois, la parole libre est hypothéquée, prisonnière des querelles que les vieilles chapelles, en l’occurrence, Ennahdha et le Parti destourien libre (PDL), fortes du soutien de leurs fidèles, cherchent à alimenter pour amuser la galerie, occuper l’espace médiatique et mobiliser leurs adeptes.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Salah El-Gharbi</strong></p>



<span id="more-311599"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/06/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-301778"/></figure></div>



<p>En effet, aujourd’hui, critiquer Ennahdha, parler de ses pitoyables louvoiements et de ses manœuvres mesquines qui menacent la stabilité politique du pays vous exposerait à la malédiction de ces esprits enturbannés capables de déverser sur vous le pire des invectives, tout en vous accusant être un <em>«spahi»</em> à la solde de <em>«hizb frança»</em>, des <em>«azlams»</em> ou des Emirats arabes unis !</p>



<p>De même, oser s’attaquer à la chapelle d’en face où, Abir Moussi, la nouvelle prêtresse dite «destourienne», officie depuis deux ans, est devenu une gageure. Osez dénoncer celle qui tient sa seule légitimité politique du fait qu’elle ne porte pas dans son cœur les <em>«Khwanjias» </em>(Frères musulmans), et vous voilà proie à l’acharnement d’une foule d’adorateurs surexcités qui n’hésiteront à vous intimider, à vous insulter tout en vous taxant de <em>«vendu aux Frères»</em>. Pour parer à de tels actes malveillants, vous n’avez qu’à répéter avec la masse que<em> «Ennahdha-Ikhwan»</em> serait <em>«le mal absolu»</em>, que le nouveau<em> «Messie»</em>, qu’incarne la gardienne du temple destourien, serait venu sauver le peuple de la damnation, et qu’il suffisait d’adhérer à la foi nouvelle pour que votre futur soit meilleur. </p>



<h3 class="wp-block-heading">Tentation hégémonique, esprit grégaire et culte du chef</h3>



<p>Ainsi, balloté entre ces deux vieilles chapelles, la majorité silencieuse est réduite à l’attentisme. Elle se devait de subir stoïquement les manigances cyniques des Nahdhaouis et les gesticulations ridicules savamment feuilletonnées par Abir Moussi, et ce dans le but avoué de déstabiliser <em>«l’ennemi»</em> et bloquer le <em>«système»</em>.   </p>



<p>En fait, si ces deux forces fanatisées qui se détestent cordialement, agissent de la sorte, c’est qu’elles sont mal à l’aise avec la transition démocratique que le pays vit depuis 2011. Ni l’une ni l’autre ne sont parvenues à s’adapter au nouveau climat politique dont les valeurs de droit et de liberté, d’égalité et de tolérance sont les fondements. Car, toutes les deux ont dans leurs gènes la tentation hégémonique, l’esprit totalitaire, le culte du chef, l’esprit grégaire qui fait place à l’esprit de contradiction, l’ostracisme et l’arbitraire régissant leur approche du pouvoir.</p>



<p>Ces deux obédiences se moquent de la notion de représentativité. D’un côté, les<em> «Nahdhaouis»</em> qui, durant des décennies, et au nom de la<em> «démocratie»,</em> s’acharnaient sur le régime destourien, arrivés au pouvoir qu’ont-ils fait d’autre que d’assassiner l’espoir de voir le pays entrer dans une ère réellement nouvelle où le mot <em>«démocratie» </em>ait un sens ? Ainsi, à l’épreuve du pouvoir, ces anciens <em>«militants démocrates» </em>se sont révélés cupides, arrogants et incompétents,<em> «sans foi ni loi»</em>…, ce qui, d’ailleurs, allait précipiter leur déchéance. Le vrai ennemi d’Ennahdha, c’est Ennahdha et non pas Abir Moussi, comme certains aiment nous le faire croire.</p>



<p>Côté PDL, le malaise, nourri par le dépit, est à son summum. <em>«Je mène le jeu ou je fous le bordel»</em>, semble proclamer Abir Moussi. Ainsi, la jeune femme, un sous-produit du <em>«régime RCD»</em>, si elle multiplie les simagrées en profitant de son statut de députée, cherchant à immobiliser le fonctionnement de l’Assemblée, c’est plus fort qu’elle. Ayant vécu dans un régime despotique, elle n’a jamais appris ce qu’est une élection libre et démocratique, n’a jamais compris qu’on doit respecter le verdict des urnes quel que soient les résultats, n’a jamais admis qu’on ne change pas les règles du jeu d’une manière intempestive en renversant la table&#8230;</p>



<p>En somme, les deux clans n’ont pas saisi le sens du 14 janvier 2011. Ils ont du mal à admettre que cette date, qui signe la faillite d’un certain modèle de gouvernance politique, devenu obsolète, marque un tournant décisif et se présente comme la promesse d’une ère nouvelle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les islamistes veulent se substituer au RCD qui se rebiffe et se replace</h3>



<p>Alors que les islamistes ont vu dans ce séisme politique, une opportunité afin de réaliser un profond souhait, celui de se substituer eux-mêmes au <em>«RCD»</em>, mettre au pas la population, bâillonner la liberté de s’exprimer, embrigader la jeunesse…, les<em> «Destouriens»</em>, nostalgiques, ruminant le récit de <em>«l’âge d’or»</em> où l’on était dans le meilleur des mondes possibles, ont vécu ce moment historique comme une sorte de malédiction. Et ils vont crier au scandale, à la trahison… Constamment dans la dénégation, ils cherchent à focaliser l’attention de public sur<em> «les Frères musulmans»</em>, stigmatisant Ghannouchi et les <em>«khwanjias»</em>, l’incarnation du mal qui nous menace à laquelle cette bonimenteuse serait l’unique rempart. «Point de salut sans la lionne», scande-t-on…</p>



<p>Au-delà des apparences, les deux formations politiques ne sont pas seulement conservatrices, elles sont toutes deux réactionnaires. Avez-vous jamais entendu Mme Moussi, la <em>«moderniste»</em>, la<em> «progressiste»</em>, la <em>«bourguibiste»</em> évoquer le <em>«droit»</em>, s’indigner du sort de Emna Chargui, de Farid Lalibi, par exemple, ou s’exprimer à propos des manifestants d’El-Kamour où des séditionnistes fanatisés malmènent l’autorité de l’État?</p>



<p>Les deux partis ne se projettent pas dans le futur, mais rêvent plutôt de <em>«restaurer»</em>. Si l’ambition des <em>«Frères»</em> consiste à redonner vie à un monde qui n’a jamais existé, les seconds, nostalgiques, sont dans le reniement et ont du mal à admettre que la <em>«révolution de la brouette»</em>, comme ils aiment l’appeler, est l’expression de la faillite d’un régime obtus qui, durant au moins trois décennies, n’a jamais su se remettre en question, se renouveler. Ils s’obstinent, ainsi, à ne pas admettre que si le 7 novembre 1987 signait l’échec d’un pouvoir sénile, le 14 janvier 2011 est venu annoncer la mort d’un régime qui agonisait… Assurément, après Bourguiba, Ben Ali, puis le trublion Abir Moussi, quelle dégringolade !</p>



<h3 class="wp-block-heading">On empêche l’émergence d’une troisième voie offrant une vraie alternative</h3>



<p>Le plus désolant, c’est que les voix de ces deux entités dominent l’espace médiatique, empêchent l’émergence d’une troisième voie qui offrirait un vrai projet alternatif de véritable refondation. Avec elles, on n’est jamais dans un débat franc et direct. De part et d’autre, il n’y a de place qu’aux menaces, aux invectives, à l’incantation.</p>



<p>Malgré les coups d’éclat des deux côtés, ce faux combat pour l’hégémonie est perdu d’avance. Ni Ennahdha ni le PDL ne sauraient l’emporter. Ne déplaise à nos esprits éclairés, séduits par les prouesses et <em>«le courage de la Lionne»</em>, ce n’est pas en faisant le trublion qu’on parvient à endiguer la menace islamiste, mais plutôt en contribuant à consolider la base d’un système démocratique encore vulnérable. La promesse d’éliminer le mouvement islamiste du paysage politique est un mensonge éhonté. Même déplumé, le mouvement islamiste continuera à compter, qu’on le veuille ou non, dans l’échiquier politique. Par conséquent, se prémunir contre les risques de sa nuisance, ne se fera pas en réhabilitant la mémoire de Ben Ali ou en agitant comme un totem le souvenir de Bourguiba mais en regardant devant soi, être dans la proposition, dans une démarche constructive, et non dans l’invective et l’outrance.</p>



<p><em>* Universitaire et écrivain.  </em></p>



<h3 class="wp-block-heading">Articles du même auteur dans Kapitalis : </h3>



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		<item>
		<title>À propos du phénomène Abir Moussi : Le grand malentendu</title>
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		<pubDate>Thu, 14 May 2020 14:12:17 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Il est paradoxal que la personne qui a le plus conspué, dénigré et honni le changement politique que vit la Tunisie depuis presque dix ans, soit celle-là même qui en a le plus profité. Ainsi, Abir Moussi, cette ancienne militante de 2e ou 3e rang du RCD, autrefois peu connue du grand public, se retrouve,...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Abir-Moussi-et-les-Freres-musulmans.jpg" alt="" class="wp-image-299036"/><figcaption><em>Abir Moussi détestent les Frères musulmans et ils le lui rendent bien. </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Il est paradoxal que la personne qui a le plus conspué, dénigré et honni le changement politique que vit la Tunisie depuis presque dix ans, soit celle-là même qui en a le plus profité. Ainsi, Abir Moussi, cette ancienne militante de 2e ou 3e rang du RCD, autrefois peu connue du grand public, se retrouve, au lendemain du 14 janvier 2011, propulsée au-devant de la scène médiatique, et en quelques années, cheffe de parti, députée, nourrissant des ambitions présidentielles. Un scénario idéal pour une saga hollywoodienne.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Salah El-Gharbi </strong>*</p>



<span id="more-299034"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/11/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-183379" width="200"/></figure></div>



<p>Ce succès fulgurant, Abir Moussi, cette parfaite incarnation de l’ancien régime, le doit à une simple posture, celle de porte-drapeau de la <em>«résistance contre les frères»</em>. Entendre : les Frères musulmans, organisation dont le parti Ennahdha et son président Rached Ghannouch sont des membres dirigeants.</p>



<p>Ainsi, encensée, adulée, affublée d’attributs virils (elle serait le <em>«seul mec de la Tunisie»</em>, pour certains, la seule à avoir <em>«des couilles</em>» face à Ennahdha, pour d’autres), la nouvelle Jeanne D’Arc tunisienne, la seule personne qui serait capable de bouter dehors les méchants islamistes, ne rate aucune occasion sans faire parler d’elle, multipliant les coups d’éclats, les saillies fracassantes afin d’occuper l’espace médiatique.</p>



<p>Aujourd’hui, avec Abdellatif Mekki, le ministre de la Santé propulsé sur les devants de la scène par la pandémie du Covid-19, Abir Moussi serait la personnalité politique la plus sanctuarisée. Elle caracole, dans les sondages, en tête des personnalités politiques les plus en vue. Il y a de quoi faire pavoiser notre leader politique qui, grisée par cet engouement inespéré pour sa personne, ne lésine pas sur les moyens pour faire élargir son audience, s’offrir de nouveaux adeptes…</p>



<h3 class="wp-block-heading">Que serait Abir Moussi sans les «Khwangias» et vice et versa ?</h3>



<p>Ainsi, dès que les caméras de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) s’allument, la hargne de notre pasionaria, une hargne bien mesurée, bien enrobée, se déverse subitement. Et les flots des démonstrations hystériques, faites d’invectives, de diffamation, de procès d’intention, avec une dose de victimisation, se mettent en branle, suscitant l’émoi des âmes délicates et touchant la fibre sensible d’une partie de la masse avide d’émotions fortes…</p>



<p>Si certains anciens RCDistes tiennent aujourd’hui, leur légitimité politique, c’est parce qu’ils ont eu le courage de reconnaître que l’ancien régime avait failli, n’avait pas su anticiper, se régénérer…, Moussi, sa légitimité la tient de sa posture de défenseur du<em> «peuple»</em> contre l’hégémonie des <em>«Khwangias»</em>, comme elle se plait à nommer les <em>«Frères musulmans».</em> Sa crédibilité, elle la tient des marques de son <em>«audace»</em> et de <em>«sa bravoure»</em> qui consistent à proférer les incantations et les imprécations contre ses <em>«ennemis»</em>.</p>



<p>Mais que serait Abir Moussi sans les <em>«Khwangias»</em> ? À vrai dire, personne. En fait, la présidente du Parti destourien libre (PDL), un vieux label dépoussiéré, sa véritable légitimité, elle la doit à ce mouvement même dont elle conteste la légitimité. Son parcours politique, c’est au départ inopiné de Ben Ali, son idole, qu’elle le doit. Son propre avenir politique serait en fait lié au devenir d’Ennahdha. Plus les islamistes pataugent, plus Abir Moussi exulte.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Abir Moussi et Ennahdha ont besoin l’un de l’autre</h3>



<p>D’ailleurs, aussi bien le PDL de Abir Moussi qu’Ennahdha ont beau se présenter comme des ennemis intraitables, ils ont, contre toute vraisemblance, besoin l’un de l’autre pour s’en servir comme d’un épouvantail. Ainsi, le ton délibérément agressif de Moussi à l’égard des <em>«Khwanjia»</em> ne pourrait qu’être utile pour la direction d’Ennahdha, laquelle en profite pour mieux mobiliser et galvaniser sa base face à l’hypothétique <em>«menace du retour de la dictature»</em> et, de son côté, <em>«Ennahdha bashing»</em>, orchestré par la présidente du PDL, permet à celle-ci de s’offrir la sympathie inconditionnelle de tous ceux qui seraient inquiets par la tentation hégémonique des islamistes au pouvoir.</p>



<p>Ce qui désole dans cette affaire, c’est que cette double imposture finit par monopoliser le débat politique, réduit à un conflit entre l’islamisme politique et le <em>«modernisme»</em> dont Moussi serait l’incarnation, et par s’incruster dans la conscience collective.</p>



<p>De la sorte, point de salut, il n’y aurait que deux offres possibles, toutes deux pathétiques, produits d’une vision manichéenne du monde, l’une représentée par les<em> «méchants islamistes»</em> qui s’obstinent à vouloir nous sauver de la damnation divine et l’autre incarnée par la rondelette bonne fée qui nous promet ordre et prospérité.</p>



<p>Pourtant, les deux formations, au-delà de la différence de leurs corpus idéologiques, représentent les deux faces de la même monnaie puisque toutes les deux, nourries par la même arrogance et la même autosuffisance, portent dans leur ADN la même volonté d’hégémonie, susceptible de menacer l’édification d’un système réellement démocratique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">C’est bien Ben Ali qui a propulsé les islamistes</h3>



<p>Le facteur sonne toujours deux fois. Au cours des années 90, n’avions-nous pas été abusés par le pouvoir «novembriste», qui était censé nous protéger de la menace islamiste ? Et en 2012, qu’avons-nous fait d’autre que de nous livrer pieds et mains liés à Béji Caïd Essebsi pourvu que ce dernier nous débarrasse de l’hydre islamiste? Dans les deux cas, le résultat a été décevant, voire catastrophique. Deux pactes basés sur le mensonge et deux leçons d’histoire à méditer…</p>



<p>Pis encore. Contrairement à ce qu’on pense, la religiosité toute tartuffienne n’a jamais été aussi forte et les islamistes n’ont jamais été si puissants que sous Ben Ali. Ce fut sous l’autorité de ce dernier, et alors que le discours officiel se voulait incisif à l’égard d’Ennahdha, que les tractations secrètes faisaient leur chemin entre le pouvoir et ses prétendus <em>«ennemis»</em>. De même, ce fut sous sa houlette que l’appel à la prière à la télé fut institué, l’ouverture des cafés pendant ramadan sévèrement réprimée, une radio coranique inaugurée… le tout sous prétexte de couper l’herbe sous les pieds des islamistes.</p>



<p>Aujourd’hui, d’aucuns s’indignent que les intellectuels ne portent pas allégeance à la star du moment, ce super «mec», tout en les exhortant à lui exprimer leur adhésion et à la soutenir face la menace qui pèserait sur elle.</p>



<p>L’intelligence, son chemin est long et tortueux. Férue de nuances, elle ne souffre pas les raccourcis périlleux et stériles. Le vacarme la tétanise, l’hystérie la terrifie. Contrairement à la foule, elle a besoin de recul, de distance pour mieux observer. Pugnace, elle ne se laisse pas s’enfermer dans l’instant. Loin des clameurs de la masse, elle est exigence et endurance.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le discours de la haine entretenu par les extrêmes</h3>



<p>Aujourd’hui, Abir Moussi et son parti me font penser à ces équipes qui, face à un adversaire mieux préparé pour la confrontation, se refusent à jouer. Au lieu de chercher à se surpasser, à s’inventer des stratégies offensives pour mieux menacer le camp adverse, elles se contentent de provoquer les arrêts de jeu, simuler les fautes, chercher à influencer l’arbitre… Le tout pour amuser la galerie, enquiquiner l’adversaire et se contenter dans les meilleurs des cas d’un score nul.</p>



<p>Certes, le discours de la haine entretenu par les extrêmes pourrait, à court terme, paraître payant. Dans la durée, il ne pourrait que contribuer à creuser le fossé entre les composantes d’une même nation. Alimenter le dépit d’une partie de la population, pour quelque raison que ce soit, contre une autre ne saurait constituer un véritable un projet politique. Faute de pouvoir affaiblir l’adversaire politique, la méfiance et la diabolisation ne font que l’effaroucher, le victimiser et freiner la lente mutation qu’il tente d’entreprendre en vue d’accompagner l’évolution démocratique que nous vivons depuis quelques années.</p>



<p>Traiter les islamistes comme s’ils étaient étrangers à ce pays et ne portaient pas les stigmates de sa tumultueuse histoire serait injuste et contre-productif. Aussi profondes soient les divergences qui <em>«nous séparent d’eux»</em>, ils ne doivent pas nous faire oublier, à la fois, nos propres limites et nos propres contradictions mais aussi, l’héritage et le destin que nous avons en partage.</p>



<p>*<em> Universitaire et écrivain.</em></p>
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