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	<title>Archives des Mandchous - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mandchous - Kapitalis</title>
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		<title>La Chine, un colosse aux pieds d’argile</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Sep 2026 07:38:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Au-delà de l’essor impressionnant de la Chine actuelle et de l’unité affichée de la nation, la question des minorités n’y est pas réglée.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/09/25/la-chine-un-colosse-aux-pieds-dargile/">La Chine, un colosse aux pieds d’argile</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Au-delà de l’essor impressionnant de la Chine actuelle, un pays dont il n’y a pas si longtemps on considérait comme un exploit d’avoir réussi à assurer à ses habitants le bol de riz quotidien, mais dont l’ambition affichée est désormais de contrôler l’économie mondiale et d’assurer sa suprématie incontestée en mer de Chine aux dépens de ses voisins, force est de constater que la question des minorités n’y est pas réglée, malgré l’unité affichée de la nation, du reste portée par un nationalisme ombrageux.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-19697242"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a quelques semaines, un <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/31/letreinte-de-la-patrie-la-secession-taiwanaise-de-la-reconquete-a-lindependance/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">article en français de Kapitalis traitant de Taiwan</a> avait suscité une <a href="https://kapitalis.com/anbaa-tounes/2026/08/14/%d8%aa%d9%88%d8%b6%d9%8a%d8%ad-%d9%85%d9%86-%d8%b3%d9%81%d8%a7%d8%b1%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%b5%d9%8a%d9%86-%d9%81%d9%8a-%d8%aa%d9%88%d9%86%d8%b3-%d8%a8%d8%ae%d8%b5%d9%88%d8%b5-%d9%85%d9%82%d8%a7%d9%84/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">réponse cinglante en arabe de l’ambassade de la République Populaire de Chine </a>en critiquant la teneur et invitant à plus de rigueur et de précision dans la collecte des informations se rapportant à son pays, sinon en interdisant purement et simplement toute publication s’y rapportant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Naturellement le caractère insolite d’une telle réaction, en particulier le droit de censure autoproclamé sur les publications d’un modeste journal électronique dans un pays étranger, a suscité des recherches pour en comprendre les raisons. S’agissait-il d’un simple dérapage ou d’un acte délibéré ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Concernant les accusations d’intervention dans les affaires intérieures d’un État souverain, elles étaient plutôt disproportionnées relativement à la modestie de la page électronique. Il semble que le sujet ait été jugé suffisamment sensible pour ne pas être ignoré.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une histoire de conflits entre États et de guerres civiles</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En évoquant Taiwan, c’est évidemment toute la légitimité territoriale de la Chine Populaire qui est remise en question, et pas parce qu’elle se dit communiste, ou bien parce que les sécessionnistes de l’île constituent une menace militaire pour le continent. Mais l’Histoire démontre que cette nation n’a pas toujours été politiquement unie, loin de là, et que les conflits entre États&nbsp;ou bien les guerres civiles y ont fait rage bien avant l’ère universelle (eU),&nbsp;d’une manière souvent cruelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’un des exemples les plus marquants de l’âpreté des luttes pour le pouvoir est l’assassinat en 197 (eU) du général Dong Zhou, dont le corps obèse servit de combustible et se consuma pendant plusieurs jours comme une bougie après que ses assassins lui eurent allumé une mèche préalablement introduite dans son nombril.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="4uZNYJKZ75"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/comment-la-chine-ecrit-son-histoire-delegitimer-le-recit-fondateur-chinois-un-premier-jalon-vers-la-guerre/">‘’Comment la Chine écrit son histoire’’ | Délégitimer le récit fondateur chinois, un premier jalon vers la guerre </a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘’Comment la Chine écrit son histoire’’ | Délégitimer le récit fondateur chinois, un premier jalon vers la guerre  » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/17/comment-la-chine-ecrit-son-histoire-delegitimer-le-recit-fondateur-chinois-un-premier-jalon-vers-la-guerre/embed/#?secret=y4DyHzg2Kz#?secret=4uZNYJKZ75" data-secret="4uZNYJKZ75" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">La perception de la menace si elle existe viendrait donc peut-être d’un sentiment du caractère fragile et éphémère de l’État et de l’union territoriale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si, à l’époque contemporaine, une partie quelconque de la Chine, composée de Hans, c’est-à-dire de vrais Chinois, s’estime en droit de faire sécession, pour des raisons qui lui sont propres, que faudrait-il alors dire des minorités périphériques non chinoises dont les territoires constituent 2/3 de la surface actuelle du pays qui ne peuvent pas vivre libres sur les terres de leurs ancêtres comme le ferait n’importe quel peuple du monde ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette question a conduit à revoir le rôle des minorités, 15% de l’ensemble actuel de la population, dans la genèse de la Chine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Force est de constater que leur rôle y fut immense. Il faut d’abord réaliser que le berceau originel de l’État chinois basé sur l’agriculture et le commerce couvre environ 270 000 km<sup>2</sup> (une fois et demi la Tunisie) sur le cours moyen du Fleuve Jaune, face à la steppe plus au nord, peuplée de pasteurs, de chasseurs et de nomades toujours enclins à attaquer et piller les territoires sédentaires. Mais l’État chinois assure sa pérennité en se dotant d’une organisation, avec une administration utilisant une écriture unifiée et dont les membres, les mandarins, sont recrutés sur le mérite et le savoir, et une idéologie, le confucianisme, pour qui l’harmonie qui règne dans le ciel n’a de correspondance sur terre que par l’autorité exercée par l’Empereur, le Fils du Ciel disposant de tous les pouvoirs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’État chinois survit et s’étend particulièrement vers l’Est, vers la mer, puis petit-à-petit vers le sud vers le fleuve Yangtsé recouvert de forêts et de tribus non sinisées qui finissent par adopter progressivement les normes de l’État pour s’y fondre. Mais au nord du Fleuve Jaune les Chinois, qu’ils demeurent fédérés dans le cadre d’un seul État, ou qu’ils subissent les aléas des guerres civiles qui les divisent, s’accordent pour chercher protection contre les maraudeurs de la steppe toujours à l’affut, qu’ils soient Turcs, Mongols, ou Mandchous, en construisant des hautes murailles. Ils ne cesseront de le faire durant 2700 ans jusqu’à l’érection de la Grande Muraille actuelle par les Ming qui d’ailleurs ne leur servira à rien. Et naturellement ils n&rsquo;auront de cesse de diviser le monde de la steppe afin d’empêcher leurs adversaires de se constituer en États&nbsp;capables de conquérir leur territoire, et le cas échéant d’y porter la désolation par la guerre et la conquête.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un État forgé par des conquérants étrangers</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ainsi que finit par se constituer dans les environs immédiats de la frontière avec la steppe et au contact de la Grande Muraille un glacis fait de tribus indépendantes mais culturellement assez sinisées avec qui les Chinois traitent pour se protéger contre les nomades de l’arrière-pays demeurés tels quels, de pures barbares aux yeux de leurs voisins parangons de la culture et de la civilisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les Chinois qualifieront&nbsp;de barbares cuits ceux parmi eux qui leur paient tribut, et de barbares crus ceux qui ne le font&nbsp;pas. Il est à noter que la ville de Pékin n’est jusqu’au XI<sup>e</sup> siècle qu’une ville frontière au nord à la jonction de la Mongolie et de la Mandchourie dont seuls des conquérants étrangers, les Khitans&nbsp;puis les Mongols, feront leur capitale. Autrement dit, la capitale de la Chine actuelle se situe à l’origine sur un territoire étranger, et cela démontre déjà toute la complexité de la situation. D’autant plus complexe que les peuples nomades qui régulièrement envahissent la Chine après en avoir défait les armées n’ont de cesse de se siniser et leurs chefs qui ont chassé les empereurs de leur trône n’ont d’autre hâte que de se proclamer fils du ciel à leur place et de se substituer à eux sur le même trône dont ils les ont chassés, tout en gardant la même administration composée des mandarins chinois pour gouverner le pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En ce sens, ce sont les fils de Gengis Khan le Mongol qui finissent par unifier la Chine. La dynastie nationale chinoise des Ming qui leur succèdera trouvera un pays politiquement et territorialement unifié, tout comme leurs successeurs, les Mandchous, issus eux des steppes du Nord. Parmi les empereurs mandchous qui se comportent ainsi qu’on l’a dit comme de véritables Chinois, il faut citer Qianlong, ce précurseur de Mao , dont <em>«la Prison des Lettres»</em> fut un autodafé des livres critiques de sa dynastie, une véritable amnésie d’État instaurée par la terreur, qui servit sans doute de modèle à la Révolution Culturelle. Qianlong le Mandchou se révéla en fait l’un des véritables fondateurs de l’État chinois actuel, et paradoxalement il fut l’un des représentants les plus accomplis du chauvinisme Han, lui qui selon les normes chinoises n’était qu’un barbare. De 1750 à 1755 il fit exterminer le peuple Dzoungare bouddhiste qui s’était révolté contre l’occupation chinoise. Environ en 1795 il débuta la guerre contre les Miao, ces montagnards du Sud qui refusaient de se soumettre à l’autorité impériale, et son successeur l’acheva par le massacre de ce peuple dont les survivants appelés Hmongs se réfugièrent en masse au Vietnam.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont donc les Mandchous, des étrangers, qui imposèrent les normes chinoises aux populations qui ne l’étaient pas, qui écrasèrent dans le sang les révoltes des musulmans turcs ouïghours au XIX<sup>e</sup> siècle,&nbsp;et qui assurèrent l’unification territoriale du pays d’une manière souvent rien moins que pacifique en parachevant un processus d’expansion de 20 siècles entre le Gobi au nord, l’Himalaya au sud, et la chaîne du Pamir&nbsp;à l’Est.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une unification linguistique, culturelle et idéologique</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette unification politique n’aurait bien entendu pas été possible sans une autre, idéologique, constituée autour de l’écriture chinoise et de la langue parlée par les fonctionnaires lettrés de l’État, le mandarin, du Bouddhisme souvent combattu comme une foi étrangère mais finalement intégré, du néo-Taoïsme et du néo Confucianisme. Que cette idéologie ait abouti à une vision mécaniste d’un univers en perpétuel expansion et rétraction rappelant d’une manière étrange les théories les plus modernes de l’astrophysique, importe peu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le phénomène historique,&nbsp;c’est donc que les conquérants étrangers, la moitié du temps à la tête du pays du fait de leur supériorité militaire, se sont toujours pliés après leurs victoires aux normes de l’État chinois, seul légitime et auquel tout autre État de la Terre se doit selon eux de rendre hommage et d’accepter de payer le tribut.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le conquérant étranger s’est ainsi mué la plupart du temps en représentant le plus chauvin de l’expansionnisme han. Cela n’a pas empêché en 1911 le grand soulèvement national contre les Mandchous, accusés par les Han de toutes les turpitudes dont leur pays a été la victime dans ses rapports avec les grandes puissances.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="frT2IHaR4V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/31/letreinte-de-la-patrie-la-secession-taiwanaise-de-la-reconquete-a-lindependance/">‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’étreinte de la patrie’’ | La sécession taïwanaise, de la reconquête à l’indépendance » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/07/31/letreinte-de-la-patrie-la-secession-taiwanaise-de-la-reconquete-a-lindependance/embed/#?secret=k39Jyc03rt#?secret=frT2IHaR4V" data-secret="frT2IHaR4V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p class="wp-block-paragraph">Chassés du pouvoir, les Mandchous furent partout en Chine pourchassés et massacrés. Paradoxalement ils avaient bien pris soin de ne pas se mêler à une population à laquelle ils avaient imposé des marques distinctives humiliantes comme le port de la natte et le rasage du crâne. Il faut reconnaître qu’à leur décharge ils n’imposaient pas à leurs filles les bandages serrés qui dès le plus jeune âge afin de satisfaire à une esthétique jugée érotique finissaient par leur briser les pieds.&nbsp;Mais les nationalistes Han réalisèrent&nbsp;que les minorités périphériques, dont les territoires couvraient les deux tiers de la surface du pays,&nbsp;ne s’estimaient&nbsp;liés par une&nbsp;quelconque allégeance que d’une manière personnelle envers les empereurs mandchous, et&nbsp;une fois ceux-là partis, ils n’étaient plus tenus par aucun devoir envers la nouvelle république.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tenant compte de cette réalité, les nationalistes jouèrent donc de la carte de la nation constituée par plusieurs peuples unis fraternellement, en choisissant le drapeau à bandes horizontales multicolores, représentant chacune une minorité, celle du haut, la rouge, symbolisant évidemment la majorité Han.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Que le drapeau intégralement rouge ait été plus tard choisi peut donc donner lieu à plusieurs interprétations différentes, et pas nécessairement celle de la révolution communiste. Néanmoins, les Tibétains en profitèrent à l’avènement de la République pour s’affranchir de la tutelle chinoise. Leur indépendance ne durera qu’une cinquantaine d’années. D’autres minorités comme les Turcs musulmans de l’Ouest tentèrent de les imiter en 1933 et 1944, dans le Turkestan Oriental, mais les Soviétiques qui les soutenaient cessèrent de le faire en 1949 après la victoire finale des communistes chinois.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour en revenir au courroux de l’ambassade évoqué ci-haut, nous avons essayé d’en rechercher les raisons à travers une histoire il est vrai tumultueuse et une idéologie sans doute pas aussi fraternelle que l’internationalisme prolétarien. C’est au lecteur, en l’occurrence un barbare cru, qu’il revient de se faire sa propre opinion sur la question, derrière l’essor impressionnant d’un pays dont il n’y a pas si longtemps on considérait comme un exploit d’avoir réussi à assurer à ses habitants le bol de riz quotidien, mais dont l’ambition affichée est désormais de contrôler l’économie mondiale et d’assurer sa suprématie incontestée en mer de Chine aux dépens de ses voisins.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins malgré une politique d’assimilation tout-azimut par l’ethnie dominante, la question des minorités semble loin d’avoir été réglée. Je le dis avec tout le détachement possible sans remettre en question le profond respect que je porte à ce pays et ses habitants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>‘‘Histoire de la Chine : Des origines à la seconde révolution’’, de René Grousset, éditions Payot, Paris, 17 mars 2004, 360 pages. &nbsp;&nbsp;</em></strong></p>
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