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	<title>Archives des Mohamed Sayah - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mohamed Sayah - Kapitalis</title>
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		<title>UGTT &#124; Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026</title>
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		<pubDate>Tue, 27 Jan 2026 10:23:29 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[26 janvier 1978]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Espérons que le congrès de l'UGTT prévu en mars 2026 soit un véritable tournant démocratique de la centrale syndicale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/27/ugtt-du-tournant-historique-de-1978-a-limpasse-bureaucratique-de-2026/">UGTT | Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Aujourd’hui plus que jamais, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) doit choisir : l’autonomie réelle et le conflit social assumé, ou l’effacement progressif. Entre le tournant historique du 26 janvier 1978 et l’impasse du 21 janvier 2026, la centrale syndicale donne à voir une transformation profonde de son rapport à la mobilisation, au pouvoir et à elle-même. Le prochain congrès de mars 2026 sera-t-il capable de tourner la page ?</em></strong> <em>(Ph. Marche de l&rsquo;UGTT à Tunis le 21 août 2025). </em></p>



<p><strong>Moncef Ben Slimane *</strong></p>



<span id="more-18293613"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Le 26 janvier 1978 demeure l’un des épisodes les plus symboliques de l’histoire sociale et politique de notre pays. Cette date correspond à la première grève générale nationale déclenchée par l’UGTT, annonçant une rupture ouverte avec le pouvoir destourien.</p>



<p>Rappelons qu’à la fin des années 1970, la politique économique libérale menée par le gouvernement de Hédi Nouira provoqua une nette détérioration du pouvoir d’achat et accentua les inégalités entre ceux qui ont profité du climat affairiste et ceux en qui ont payé les conséquences sociales.</p>



<p>Face à l’échec des négociations salariales et aux pressions croissantes exercées sur ses militants et ses structures, l’UGTT décida alors de recourir à la grève générale.</p>



<p>Les semaines qui précèdent le 26 janvier 1978, date de la grève, voient le pouvoir mobiliser tous ses moyens contre la centrale syndicale. Des attaques de commandos appartenant à la milice du Parti socialiste destourien (PSD) sont lancées contre les locaux des Unions régionales : comme à Tozeur le 20 janvier, à Sousse le 21 et à Zaghouan le même jour.</p>



<p>Le 20 janvier, le Comité central du PSD adopte une résolution qui constitue une véritable déclaration de guerre à la liberté syndicale. Le texte est sans ambiguïté : le PSD et le gouvernement posent un ultimatum à l’UGTT, sommée de<em> «purger ses rangs»</em> de plusieurs dizaines de responsables jugés indésirables par les autorités.</p>



<p>Sur le plan médiatique, les journaux <em>La Presse</em> et <em>Al Amal</em> des mercredi 25 et jeudi 26 janvier 1978 publient des articles incendiaires. La radio et la télévision multiplient les appels aux militants du PSD <em>«afin qu’ils descendent dans la rue et brisent par tous les moyens la grève»</em>.</p>



<p>Pour que les choses soient parfaitement claires, les médias précisent à l’intention de ces <em>«</em><em>militants du parti</em><em>»</em> que <em>«la police sera, le 26 janvier, à leur disposition pour les aider à briser ce mouvement insurrectionnel qui vise à détruire le régime et à s’emparer du pouvoir»</em>.</p>



<p>Dès l’après-midi du 25 janvier, le siège de la rue Mohamed Ali est encerclé par des forces de police lourdement armées. Près de 200 dirigeants et responsables syndicaux, retranchés à l’intérieur, sont empêchés de sortir jusqu’à l’aube du 27 janvier, moment où ils sont tous arrêtés et conduits dans les locaux du ministère de l’Intérieur.</p>



<p>L’état d’urgence est proclamé le jour même. Il restera en vigueur jusqu’au 20 mars 1978.</p>



<p>Le secrétaire général de l’UGTT, Habib Achour, est arrêté le 28 janvier, tout comme 240 responsables et dirigeants syndicaux.</p>



<p>Le 2 février, des éléments exclus de l’UGTT depuis plusieurs années pour certains, et pour d’autres n’y ayant jamais appartenu, se réunissent avec Tijani Abid, seul <em>«</em><em>rescapé</em><em>»</em>&nbsp; du Bureau exécutif (BE), qui a trahi son organisation. Ils proclament la mise en place d’un <em>«</em><em>BE provisoire</em><em>»</em>.</p>



<p>Le 25 février est organisé un <em>«</em><em>Congrès</em><em>»</em> dont les travaux ne durent, en tout et pour tout, que trois heures. Tijani Abid est alors élu secrétaire général.</p>



<p>La répression ne connaît pas de répit. Les grandes villes du pays sont paralysées. Les forces de sécurité, sous la direction de Zine El-Abidine Ben Ali, ainsi que les milices du PSD sous celle Mohamed Sayah, sont massivement engagées. Les affrontements se multiplient. Les tirs à balles réelles font près de 400 morts et plus de 2 500 blessés.</p>



<p>Si la grève générale du 26 janvier 1978 est violemment réprimée, ses conséquences politiques sont considérables. Elle impose durablement la question de l’autonomie syndicale au cœur du débat national et annonce les grandes mobilisations sociales qui secoueront la Tunisie, plus tard en 1986, et jusqu’à nos jours.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La résistance des «légitimes» face à «l’UGTT officielle»</h2>



<p>La grève générale du 26 janvier 1978 s’inscrit profondément dans la mémoire collective comme la date de la rupture entre le pouvoir et le mouvement syndical. Elle rappelle, à une échelle plus large, le 5 février 1972 et la lutte de l’Union générale des étudiants tunisiens (Uget) pour son autonomie. Officiellement, après le parachutage de Tijani Abid à la tête de l’UGTT, le calme est rétabli. Sur le terrain, la contestation se replie, sans pour autant s’éteindre.</p>



<p>Les syndicalistes qualifiés de <em>«</em><em>légitimes</em><em>»</em>, par opposition aux <em>«</em><em>imposés</em><em>»</em> de l’UGTT officielle, réorganisent leur action dans la discrétion. Réseaux de coordination et de solidarité avec les victimes de la répression deviennent les principaux moyens de résistance. Plusieurs structures nationales et internationales manifestent leur soutien, parfois au prix de lourds risques.</p>



<p>Cette mobilisation dépasse rapidement les frontières nationales. En France, Khemais Chammari organise et anime le <em>«Collectif du 26 janvier»</em>, qui apporte un soutien politique et financier déterminant à l’UGTT légitime et aux familles des syndicalistes emprisonnés.</p>



<p>Des organisations syndicales étrangères réagissent à leur tour. La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) relaie la situation tunisienne sur la scène internationale, tandis que des syndicats européens et arabes expriment leur solidarité avec l’UGTT.</p>



<p>Si ces actions ne modifient pas immédiatement le rapport de force, elles empêchent l’isolement total des structures légitimes de l’UGTT. Elles redonnent du souffle à une résistance qui adopte des modalités de lutte moins visibles, mais plus durables.</p>



<p>Les syndicalistes – dont certains issus de groupes politiques de gauche – ayant accepté de reconnaître et de <em>«</em><em>collaborer</em><em>»</em> avec le BE de Tijani Abid font fausse route et sont progressivement marginalisés.</p>



<p>Avec le recul, le 26 janvier apparaît comme bien plus qu’un épisode de confrontation sociale et de violence politique. Il constitue un moment de vérité, révélant les limites d’un pouvoir fondé sur la contrainte et sur l’inféodation des organisations de la société civile.</p>



<p>Au-delà des événements, le cœur du conflit réside dans la défense de l’autonomie de la centrale syndicale. En mettant fin à la tradition de la double appartenance à la direction de l’UGTT et au PSD, l’UGTT affirme son droit d’agir comme une organisation indépendante de l’État et du parti au pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’UGTT aujourd’hui : l’heure du choix</h2>



<p>Par-delà les déclarations incendiaires ou les appels à l’unité, l’UGTT traverse aujourd’hui une crise qui engage son avenir ainsi que son passé et ses acquis. Ce qui se joue n’est pas seulement un conflit interne ou le sort d’une grève générale, mais une question autrement plus grave : l’UGTT peut-elle encore incarner une force syndicale autonome démocratique et crédible ?</p>



<p>Il faut d’abord souligner que le marasme dans lequel se trouve le BE de l’UGTT a été précédé d’un problème plus profond encore : le déficit de sa légitimité suite à un mandat supplémentaire obtenu, lors du <em>«</em><em>Congrès extraordinaire non électif»</em> de juillet 2021, au prix d’un amendement — pour ne pas dire détournement — de l’article 20 du règlement intérieur, qui fixe les règles de durée et de renouvellement des responsabilités.</p>



<p>Ce contournement statutaire n’est pas un détail technique car il mine la crédibilité morale et syndicale de la direction et affaiblit toute décision qu’elle prend au nom des travailleurs. En manipulant ses propres règles, le BE a ouvert une brèche dangereuse : celle d’une UGTT perçue non plus comme une organisation régie par la volonté et les aspirations de ses adhérents, mais comme un appareil bureaucratique soucieux de la propre reproduction de ses dirigeants.</p>



<p>Les tribulations autour de la grève générale du 21 janvier 2026 sont un tournant. Présentée initialement comme une réponse légitime à l’effondrement du pouvoir d’achat et à la fermeture du dialogue social, elle a été déclarée puis suspendue et à la fin transférée au prochain congrès sans explications convaincantes pour les bases syndicales.</p>



<p>Est-il sérieux de demander aux congressistes de mars 2026 de décider du sort d’une grève générale alors qu’ils ne sont ni statutairement ni réglementairement habilités à le faire&nbsp;? Tout responsable de l’UGTT débutant sait qu’une grève générale exige la présence dans un Conseil national ou une Commission administrative des représentants des régions et des secteurs qui sont seuls capables de la décider, de la préparer et de l’exécuter.</p>



<p>Ces gesticulations ont non seulement démobilisé adhérents et responsables syndicaux, mais elles ont aussi renforcé l’idée que la grève générale ne pouvait être qu’un instrument au service des pratiques bureaucratiques et des guerres de clans et de chefs.</p>



<p>Dans ce contexte, l’autonomie syndicale ne peut être évaluée uniquement à l’aune des déclarations des leaders du BE. Une autonomie proclamée peut parfaitement coexister avec une dépendance invisible, plus subtile mais tout aussi contraignante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Quelles conditions pour sortir de l’impasse ?</h2>



<p>Aujourd’hui plus que jamais, la centrale syndicale doit choisir : l’autonomie réelle et le conflit social assumé, ou l’effacement progressif.</p>



<p>Entre le tournant historique du 26 janvier 1978 et l’impasse du 21 janvier 2026, l’UGTT donne à voir une transformation profonde de son rapport à la mobilisation, au pouvoir et à elle-même. Le prochain congrès de mars 2026 sera-t-il capable de tourner la page ?</p>



<p>Ceux qui ont à cœur l’UGTT, son passé et son avenir, ne peuvent qu’espérer que cette page sombre soit véritablement et démocratiquement tournée, comme le furent celles qui l’ont précédée : la direction de Tijani Abid de 1978, le congrès de Gafsa de 1981, ou encore le soutien du BE à la candidature anticonstitutionnelle de Ben Ali en 2009.</p>



<p>Débloquer aujourd’hui la situation syndicale implique que l’UGTT soit capable de renouer avec son rôle national irremplaçable et indispensable au progrès du pays et du peuple tunisien.</p>



<p>Des centaines de milliers de syndicalistes ne se reconnaîtront jamais dans une nouvelle UGTT en mars 2026, manipulée par la bureaucratie ou ballotée par la guerre des clans et des chefs.</p>



<p>Croire qu’un congrès organisé à la hâte pourrait déboucher sur une nouvelle direction crédible relève de l’illusion. Un tel congrès ne produirait que de simples doublures, un clone du BE sortant.</p>



<p>Un dépassement sérieux et efficace de la crise exige 4 conditions :</p>



<p>1) le retour à l’activité et le rétablissement dans leurs droits des syndicalistes punis suite à leur opposition à l’amendement de l’article 20 ;</p>



<p>2) la présentation, par le BE sortant, d’un rapport moral sincère et responsable, mettant en lumière les erreurs commises et les leçons tirées ;</p>



<p>3) la limitation des mandats à la tête du Bureau exécutif ainsi que des structures nationales et régionales ;</p>



<p>4) la fin du monopole du contrôle du BE sur les avantages accordés aux responsables (voitures de fonction, primes et indemnités, honoraires d’études et d’expertise…).</p>



<p>Cette dernière proposition est importante, car mettra un terme au clientélisme syndical garantira l’autonomie des structures et renforcera durablement la démocratie interne de l’UGTT.</p>



<p>L’annonce de la date officielle de mars 2026 pour le congrès a déclenché des discours pour la consommation de masse de ceux qui vendent <em>« </em><em>une UGTT de rêve</em><em>»</em>. Espérons que ce prochain rendez-vous de l’UGTT avec l’histoire, ne soit pas une lutte de listes de candidats au BE ou un compromis opportuniste sur une liste, mais qu’il soit un véritable tournant démocratique de l’UGTT.</p>



<p><em>* Ex-SG du Syndicat de l’enseignement supérieur.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6hveyVgBKl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/crise-de-lugtt-heritage-historique-et-defis-contemporains/">Crise de l’UGTT | Héritage historique et défis contemporains</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Crise de l’UGTT | Héritage historique et défis contemporains » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/crise-de-lugtt-heritage-historique-et-defis-contemporains/embed/#?secret=Y9Pu167mrF#?secret=6hveyVgBKl" data-secret="6hveyVgBKl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/27/ugtt-du-tournant-historique-de-1978-a-limpasse-bureaucratique-de-2026/">UGTT | Du tournant historique de 1978 à l’impasse bureaucratique de 2026</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les «anti-tout le monde» sont de mauvais conseil</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/06/les-anti-tout-le-monde-sont-de-mauvais-conseil/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 06 Sep 2025 10:33:02 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’intérêt national à long terme dicterait de se garder de tout acte ou déclaration susceptible de compromettre la crédibilité internationale de la Tunisie.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/06/les-anti-tout-le-monde-sont-de-mauvais-conseil/">Les «anti-tout le monde» sont de mauvais conseil</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans la vie de tous les jours et à fortiori en relations internationales, il faut toujours garder à l&rsquo;esprit que l&rsquo;émotion est mauvaise conseillère et que tout ce qui est excessif est insignifiant.</em></strong></p>



<p><strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-17409625"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure>
</div>


<p>L’intérêt national à long terme dicterait de se garder, sous prétexte de flatter l’humeur de quelques illuminés «anti-tout le monde» qui se cherchent à tout prix une cause et une nouvelle virginité patriotique, de tout acte ou déclaration susceptible de compromettre la crédibilité internationale de la Tunisie et le sort de plus d’un million de concitoyens en France.</p>



<p>Depuis son indépendance, la Tunisie a toujours adopté une approche mesurée et pragmatique dans ses relations internationales et la préservation des intérêts de ses citoyens expatriés. Cette approche a montré son efficacité comparée à d’autres pays nantis de moyens de pression plus considérables.</p>



<p>La Tunisie n’a pas intérêt à émuler des pays voisins qui privilégient la diatribe, les excès de langage et la diplomatie du mégaphone dans le domaine des relations internationales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une voie glissante et marécageuse</h2>



<p>La marginalisation progressive de ces pays sur tous les fronts et la compromission par des actes et discours politiques inconsidérés des intérêts de leurs ressortissants à l’étranger devraient décourager quiconque de s’engager sur cette voie glissante et marécageuse.</p>



<p>La Tunisie n’a certainement pas besoin de mauvais modèles qui persistent dans l’erreur et l&rsquo;échec en dépit des nombreux atouts naturels hérités, selon de nombreux historiens et experts, du pillage colonial.</p>



<p>A la suite de l&rsquo;échec du forcing effréné du Colonel Kadhafi en vue d’une union avec la Tunisie, le défunt Mohamed Sayah avait à l’époque déclaré que le pétrole était monté à la tête du guide de la révolution du 1<sup>er</sup> septembre et ultérieurement Rois des rois d’Afrique.</p>



<p>De nombreux dirigeants et peuples arabes, malgré ou peut-être à cause de l’interdiction de la consommation d’alcool (plus ou moins respectée, il faut le reconnaître), se grisent de pétrole jusqu’à l’ébriété.</p>



<p>Si la Tunisie a peu de pétrole, elle peut se prévaloir d’avoir des idées, à condition toutefois que ce soit les bonnes.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur. </em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/06/les-anti-tout-le-monde-sont-de-mauvais-conseil/">Les «anti-tout le monde» sont de mauvais conseil</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Ce jour-là : le 26 janvier 1978, l’autonomie de l’UGTT et ses soucis</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/07/ce-jour-la-le-26-janvier-1978-lautonomie-de-lugtt-et-ses-soucis/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Feb 2025 09:44:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[26 janvier 1978]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Sayah]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Habib Achour possédait un charisme qui coule de source et un courage hors du commun.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/07/ce-jour-la-le-26-janvier-1978-lautonomie-de-lugtt-et-ses-soucis/">Ce jour-là : le 26 janvier 1978, l’autonomie de l’UGTT et ses soucis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cet article se veut donc une contribution à la commémoration du 26 janvier 1978, un vibrant hommage à «Si Lahbib» (Habib Achour) et à l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) autonome et démocratique.</em></strong></p>



<p><strong>Prof. Moncef Ben Slimane *</strong></p>



<span id="more-15439775"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure>
</div>


<p>Le 26 janvier 1978 demeure une date emblématique dans l’histoire de la Tunisie, symbole de la lutte de l’UGTT pour l’autonomie syndicale et la démocratie. Ce jour-là, la première grève générale de l’ère post-indépendance fut réprimée dans le sang par le régime, marquant un tournant décisif dans les relations entre le pouvoir et le mouvement syndical.</p>



<p>L’armée, la police et les milices du Parti socialiste destourien (PSD), sous la direction de &nbsp;Mohamed Sayah, laissèrent derrière elles plus de 400 victimes, plongeant le pays dans un climat de terreur.</p>



<p>Le libéralisme économique des années 70 qui se voulait une alternative au socialisme destourien des années 60, eut pour résultat une inflation galopante, un chômage en hausse et des inégalités sociales criantes.</p>



<p>La grève générale s’imposa comme le seul moyen qui restait entre les mains de l’UGTT pour revendiquer de meilleures conditions de vie pour les travailleurs.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’autonomie de l’UGTT n&rsquo;est plus un slogan </h2>



<p>Habib Achour déçu par l’échec du <em>«Pacte social»</em> signé, un an plus tôt, avec le gouvernement Hédi Nouira, n’hésita pas à proclamer l’application du mot d’ordre de la grève le 24 janvier, peu après l’arrestation d’Abderrazek Ghorbel, secrétaire général de l’URT de Sfax.</p>



<p>Ce 26 janvier fut aussi l’occasion pour Zine El Abidine Ben Ali de démontrer ses talents de futur dictateur en opérant des arrestations massives parmi les responsables syndicaux dans l’espoir de mettre à genoux l’UGTT.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-5981668" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/01/26-janvier-1978.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p>Un retour rapide sur les événements qui font date dans notre histoire nationale, nous permet d’affirmer que le mouvement étudiant de février 1972, suivi du 26 janvier 1978, ont tracé la voie menant, quelques décennies plus tard, à la révolution de 2011.</p>



<p>Aujourd’hui, revisiter le 26 janvier 1978 et ce qu’il a représenté pour l’UGTT de sacrifices et d’espoir nécessite de rappeler que le respect de l’autonomie de l’UGTT ne se limite pas à un simple slogan scandé lors des discours syndicaux.</p>



<p>L’<em>Ittihad Moustakel</em> repose sur des principes et de nouveaux rapports à instaurer avec le pouvoir et l’Etat.</p>



<p>Primo, l’autonomie exige que ni les dirigeants nationaux ni régionaux de l’UGTT ne peuvent cumuler des responsabilités syndicales et partisanes.</p>



<p>Secundo, l’autonomie sous-entend l’abandon de la tradition des <em>«ministres de l’UGTT»</em>, une mauvaise habitude qui consiste à offrir des postes gouvernementaux ou administratifs à des proches ou des protégés de la centrale syndicale.</p>



<p>Ceci dit, les autorités et les patrons ont de multiples autres stratagèmes pour mettre sous leur coupe des responsables syndicaux à tous les niveaux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’inflexible lion de Kerkennah</h2>



<p>Lorsque le gouvernement réalisa que la répression du 26 janvier n’avait pas suffi à soumettre l’UGTT, il organisa en mai 1981, le&nbsp; Congrès de la réconciliation à Gafsa.</p>



<p>L’une des conditions de la <em>«</em><em>normalisation</em><em>»</em> fut l’éviction de <em>«l’inflexible lion de Kerkennah»</em> du Bureau exécutif de l’organisation. Ce qui fut fait.</p>



<p>Mais c’était sans compter sur la popularité et le soutien dont Achour bénéficiait au sein des structures et parmi les militants syndicaux. Aussi la page peu reluisante du congrès de Gafsa fut tournée six mois après, sous l’impulsion des syndicalistes mobilisés dans ce qu’il a été désigné <em>«la bataille contre l’exclusive»</em>. Et c’est le Conseil national de novembre 1981 qui imposera le retour de Habib Achour à la tête de l’UGTT.</p>



<p>Au fil de mes engagements politiques et syndicaux, j’ai croisé de nombreux <em>«petits Bourguiba»</em> parmi les militants et les activistes. Mais <em>«Si Lahbib»</em> reste au-dessus du lot car il possédait un charisme qui coule de source et un courage hors du commun.</p>



<p>* <em>Ex-SG du syndicat de l’enseignement supérieure</em>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Xf7Mdwnocr"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/18/tunisie-le-proces-des-responsables-des-evenements-du-26-janvier-1978/">Tunisie : ‘‘Le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978’’</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : ‘‘Le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978’’ » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/18/tunisie-le-proces-des-responsables-des-evenements-du-26-janvier-1978/embed/#?secret=pbkm8oBkzp#?secret=Xf7Mdwnocr" data-secret="Xf7Mdwnocr" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/07/ce-jour-la-le-26-janvier-1978-lautonomie-de-lugtt-et-ses-soucis/">Ce jour-là : le 26 janvier 1978, l’autonomie de l’UGTT et ses soucis</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Tunisie : ces ministres éphémères, ces fleurs fanées</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/27/tunisie-ces-ministres-ephemeres-ces-fleurs-fanees/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 Aug 2024 07:26:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Ben Salah]]></category>
		<category><![CDATA[Ahmed Mestiri]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour Maâla]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Sayah]]></category>
		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[remaniement ministériel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le large remaniement ministériel en Tunisie d’avant-hier a fait les affaires des fleuristes de la place.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/27/tunisie-ces-ministres-ephemeres-ces-fleurs-fanees/">Tunisie : ces ministres éphémères, ces fleurs fanées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En Tunisie et depuis 2011, presque un millier ministres ont été nommés (un millier de bouquets de fleurs fanés), mais sans la carrure, ni l’étoffe de leader qui va avec. Sans résultats évidemment.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari </strong>*</p>



<span id="more-13870851"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Le large <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/25/remaniement-ministeriel-liste-des-nouveaux-ministres-et-secretaires-detat/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">remaniement ministériel</a> en Tunisie d’avant-hier a fait les affaires des fleuristes de la place. De toutes les couleurs: les roses, les rouges, les blanches, les piquantes et même les puantes. Alors que le budget de l’Etat est exsangue, ce rituel d’échanges de bouquets de fleurs est grossier, plein de non-sens et de mascarades liées. Cela ne parle pas aux Tunisiens frappés par la crise. Pourquoi…</p>



<p>Dans la culture tunisienne, on manifeste notre courtoisie autour d’un thé à la menthe, des gâteaux, et pourquoi pas quelques bouquets discrets en jasmin de circonstance.</p>



<p>Pour les gens de ma génération, on a appris à rester discret, et raffiné pour jouer ce jeu grossier, dans un contexte où le ministre sortant est quasiment congédié avec mention Echec, et que le ministre rentrant tremble des pieds à la tête, ne sachant pas ce qui l’attend.</p>



<p>Les 19 ministres sortants sont mis à la porte comme un rien, sans justificatif, sans vote du parlement, rien de chez rien.</p>



<p>Ils quittent leur bureau ministériel, ils abandonnent leur limousine, leurs gardes du corps, sans oser prendre la parole, pour signifier, verbaliser publiquement des émotions, des impressions pour remercier leur personnel, leurs collaborateurs ou proches conseillers. C’est fini, tu dégages, et tu te fais discret… compris?</p>



<p>Les ministres rentrants affichent un sourire jaune, inquiet ! Content pour leur CV (et pouvoir pour un temps) mais pas certain pour la carrière et le très probable licenciement dans le futur très proche. Toujours avec mention Echec anticipé avec certitude, tant que le président n’ose pas – coût social oblige – introduire les ajustements douloureux, avec les coupures, la réduction des gaspillages, entre autres!</p>



<p>Prenons des exemples: la ministre de l’Economie et de la Planification a fait chou blanc, la pauvre est licenciée sans management. C&rsquo;est à peine si on ne l’a pas accusée de complicité avec les lobbyistes et l’establishment… les lobbyistes des banques et des rentiers. Elle est le 5<sup>e</sup> ministre de l’Economie depuis 2019. Elle a pris sa part dans l’accumulation de la dette, faute de mieux!</p>



<figure class="wp-block-gallery aligncenter has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex">
<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="13870968" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13870968" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Feryel-Ouerghi-Samir-Abdelhafidh.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="13870963" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13870963" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Nabil-Ammar-Mohamed-Ali-Nafri.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>



<figure class="wp-block-image size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" data-id="13870962" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13870962" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/08/Ministres-bouquet-de-fkeurs.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
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<p>Les pays est en crise profonde! De grâce, Arrêtons ce cirque de fleurs et de sourires jaunes&nbsp;! On a besoin de discours, de bilans, de signaux qui procurent de l’humanisme et de la confiance aux communs des mortels.</p>



<p>On a besoin de transparence, de bilan et de chiffres.</p>



<p>Les Tunisiens ne sont pas naïfs et sont encore moins imbéciles pour prendre argent comptant &nbsp;la rhétorique politique, et ces photos artificielles de passation de pouvoir, dans la joie et la bonne entente.</p>



<p>Des ministres qui se respectent doivent avoir le courage de dire quelques mots, expliquer leurs échecs, souligner leurs bons coups, avouer ce qui reste à faire.</p>



<p>Un ministre n’est pas une serviette jetable à gré. Il n’est pas un figurant qui joue le jeu de ses maîtres, sans bouger le petit doigt.</p>



<p>Un ministre ne doit pas fermer sa gueule; il est un haut responsable de l’Etat. Il n’est pas un clone copié collé. Il n’est pas un rien incolore et inodore. Il est redevable d’abord face aux citoyens payeurs de taxes.</p>



<p>Être ministre cela se mérite, et cela s’assume. Être ministre, c’est aussi avoir une colonne vertébrale qui tient les chocs. Pas de place pour les invertébrés, dans ces niveaux de responsabilité.</p>



<p>Les ministres méritent le respect. Ils ne sont pas des marionnettes, ou des enfants dans jeu de toboggan et où comme sur un carrousel de bagages dans un aéroport, on fait descendre certains et on les remplace par d’autres.</p>



<p>En Tunisie, tout indique que le métier de ministre n’est plus ce qu’il était. Pensez à Mansour Maâla, Ahmed Ben Salah, Mohamed Sayah, Ahmed Mestiri, tous des compétences, et ayant un franc parler, ayant marqué l’histoire.</p>



<p>En Tunisie et depuis 2011, presque un millier ministres ont été nommés (un millier de bouquets de fleurs), mais sans la carrure, ni l’étoffe de leader qui va avec. Sans résultats évidemment.</p>



<p>Pensez-y… les fleures ne changent rien au manque de personnalité, à l’absence de vision ou de compétences! Les fleurs ne changent rien aux perceptions que le citoyen a de ces élites qui ne font qu’endetter le pays, l’appauvrir, l’abaisser dans le concert des nations.</p>



<p>La Tunisie mérite mieux, des hommes et des femmes qui servent leur pays principalement, et pas ceux de leur mandant au sommet de l’Etat, ou dans les antichambres du pouvoir. Des hommes et des femmes qui disent les 4 vérités à leurs concitoyens…les yeux dans les yeux!</p>



<p>* <em>Economiste universitaire, Canada.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur : </em></strong><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?__cft__%5b0%5d=AZW3jnrTejDhfUuRtiJgpX_IsfV3ZfFyK2keDHKtYJKAMwwoxiMB1uc_X9DEzUL4bUYFUq5GXWp7jvV3AOYQ05auoms2SV6eErXu8lrTDNFu49e_gPKxcvFkZ2EAytzd0Rhl8mgFPtD97qKWRRm4RwOxKgZr8xy0XEuPi05zMG6HkA&amp;__tn__=-UK-R">Economics for Tunisia, E4T</a></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="TdUtd8IAMj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/26/tunisie-les-gouvernements-se-suivent-et-se-ressemblent/">Tunisie : les gouvernements se suivent et se ressemblent</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : les gouvernements se suivent et se ressemblent » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/08/26/tunisie-les-gouvernements-se-suivent-et-se-ressemblent/embed/#?secret=PD4mgpvj3z#?secret=TdUtd8IAMj" data-secret="TdUtd8IAMj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie : ‘‘Le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978’’</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/18/tunisie-le-proces-des-responsables-des-evenements-du-26-janvier-1978/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 18 Feb 2024 08:06:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[26 janvier 1978]]></category>
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		<category><![CDATA[Hedi Nouira]]></category>
		<category><![CDATA[Jeudi noir]]></category>
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		<category><![CDATA[Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978. </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h4 class="wp-block-heading"><mark style="background-color:#151515" class="has-inline-color has-color-6-color">«Le premier trait de la corruption des mœurs, c&rsquo;est le bannissement de la vérité» (Montaigne).</mark> </h4>



<p><strong><em>Il y a des choses très personnelles qui me lient à l’événement en question **. Je me bornerai d’abord à commenter les faits et les déclarations des personnes incriminées tels qu’ils ont été rapportés dans ce livre blanc qui constitue le point de vue officiel du pouvoir tunisien de l’époque en essayant d’y démêler le plausible de l’invraisemblable.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-11648523"></span>



<p>Il faut d’emblée attirer l’attention sur le fait que les personnes jugées et condamnées ne sont pas les seules à avoir été responsables du massacre, loin de là. Simplement le rôle des uns a été mis en exergue alors que celui des autres a été tout simplement passé sous silence. Ce sont ces omissions qui paraissent dignes d’intérêt. Mais ce qui a rendu ce procès et ces condamnations nécessaires n’est pas ainsi qu’on l’a dit la tentative par l’UGTT de renverser le gouvernement légal du pays, dont 47 ans plus tard il est difficile de croire qu’elle eût été publiquement décidée et exécutée en quatre jours entre le 22 et le 26 janvier 1978, mais la tuerie qui s’est produite et qu’il fallait justifier auprès de l’opinion publique, afin de rétablir la confiance dans le régime, et tourner la page.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une amnésie officielle</h2>



<p>Officiellement&nbsp;il y aurait eu une cinquantaine de morts et entre 100 et 200 blessés, mais rien ne permet de corroborer ces chiffres, et jusqu’à présent, il n’y a eu à ma connaissance aucun travail de recoupement entre le nombre de morts et de blessés pour cette journée recensés dans les hôpitaux et les registres de l’état civil. Une amnésie officielle a été instaurée, renforcée par les évènements de Gafsa en 1980 puis la révolte du pain en 1984, survenus quelques années plus tard, que la destitution de Bourguiba et l’avènement de l’ère du 7-Novembre n’ont fait que prolonger.</p>



<p>En effet le nouveau président de la République, Zine El Abidine Ben Ali, n’était autre que celui qui était à l’époque des faits le seul prétorien introduit comme un ver dans le fruit par Abdallah Farhat, le ministre de la Défense à qui l’Intérieur avait été confié à titre intérimaire, et qui le plaça à la tête de la Direction de la Sûreté Nationale. Ayant été un acteur décisif de la répression des manifestations, il fut donc plus enclin à déterrer les vieilles rancunes issues du Yousséfisme desquelles nul n’aurait pu l’accuser de quoi que ce soit. Et d&rsquo;ailleurs il ne s’embarrassa pas de placer à la tête de l’UGTT des syndicalistes condamnés dans le procès considéré. Comme quoi, en Tunisie, en politique, les inimitiés ne sont jamais définitives et les alliances rarement durables. Et lorsque ce qu’on a improprement nommé&nbsp; Révolution du Jasmin&nbsp;arriva, 33 années plus tard, le temps avait déjà fait son œuvre, et mis à part la curiosité historique, plus personne n’éprouvait un intérêt politique à relater l’événement ou à en témoigner.</p>



<p>Pour faire bonne mesure les gouvernements d’Ennahdha et du Nidaa avec la complicité des syndicats et des administrations des hôpitaux s’empressèrent pour différentes raisons de brûler les archives hospitalières en arguant de leur état de détérioration avancée. Le travail objectif de mémoire n’étant apparemment plus possible, seuls des témoignages fragmentaires demeurent disponibles issus d&rsquo;expériences personnelles et de vues forcément incomplètes des faits. C’est donc souvent la position politique par rapport au pouvoir en place au moment des faits qui désormais prime.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La responsabilité de l’UGTT</h2>



<p>Ainsi le nom que j’ai l’honneur de porter a suscité au cours d’un mariage plus de quarante années plus tard&nbsp;chez un gauchiste de l’époque visiblement en état d’ébriété avancée l’évocation de cette date fatidique. J’en souris encore. C’est pourquoi un livre blanc relatant la version contemporaine des faits du gouvernement de Hédi Nouira et de Mohamed Sayah, constitue quand même malgré son parti-pris une mine d’or aussi bien parce qui y est dit que ce qu’on y devine. Les temps forts en sont évidemment les témoignages d’Irving Brown, secrétaire général de l’AFL CIO américain, et Otto Kersten, celui de la CISL, des dirigeants syndicaux prestigieux.</p>



<p>Le premier a prétendu que Habib Achour, l’accusé principal, le président incontesté de l’UGTT, lui avait demandé à l’instigation de Hédi Nouira, le premier ministre, d’intervenir auprès du gouvernement américain de l’époque, celui de Jimmy Carter, pour accorder à la Tunisie des armes et des avions de combat. Hédi Nouira aussi naïf? Difficile de le croire! Il aurait probablement cherché à compromettre  l’orgueilleux leader de l’UGTT avec les Américains, dans une mission sans espoir; c’est le Congrès qui décide de l’aide militaire, même sur proposition du Président, ainsi que vient de le prouver celle de 90 milliards $ accordée par Biden à Taiwan, l’Ukraine et l’inévitable Israël.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="3kB8hj4UzE"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/12/un-hiver-tunisien-retour-sur-lechec-de-la-greve-generale-du-26-janvier-1978/">Un hiver tunisien : Retour sur l&rsquo;échec de la grève générale du 26 janvier 1978</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Un hiver tunisien : Retour sur l&rsquo;échec de la grève générale du 26 janvier 1978 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2019/01/12/un-hiver-tunisien-retour-sur-lechec-de-la-greve-generale-du-26-janvier-1978/embed/#?secret=7VnpwyM2En#?secret=3kB8hj4UzE" data-secret="3kB8hj4UzE" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pour en revenir à l’Allemand Otto Kersten, celui qui aux côtés de Habib Achour sur le balcon du local de l’UGTT, place Mohamed Ali, avait brandi le V de la victoire au moment de l’annonce de la grève générale le 22 janvier, il avait affirmé pour défendre son ami que quand des incidents éclataient dans les stades de football, on ne pouvait en tenir rigueur aux organisateurs. Outre le caractère incongru de la comparaison, une grève n’étant pas un spectacle, cela est évidemment faux, comme en témoignent les rencontres à huis-clos et les amendes infligées dans tous les stades du monde, en particulier européens.</p>



<p>Si les deux dirigeants internationaux ont eu la permission de témoigner à la demande de la défense au cours du procès, c’est parce que cela confortait la thèse du procureur de la Cour Spéciale, représentant de Bourguiba, celle d’une UGTT aux ordres de l’étranger complotant contre l’Etat tunisien.</p>



<p>Quant à Mohamed Sayah, le directeur du Parti Destourien, celui qu’on accusait d’avoir lâché la milice de son parti contre le Syndicat, il a généralement parlé pour ne rien dire, se bornant à rappeler les liens entre le Destour et l’UGTT, sauf sur un détail qui a son importance : il avait reconnu l’existence d’une volonté de son parti de noyauter les lieux du travail par des cellules professionnelles et que l’UGTT s’en était agacée. Il est vrai que, ainsi que l’avait affirmé Tahar Belkhoja, le ministre de l’Intérieur<em> «libéral»</em> qui avait démissionné à l’approche de l’orage, il n’y avait pas de milice du parti. Certes, mais il y avait des <em>«comités de coordination»</em>, composés de jeunes désœuvrés qui cherchaient une reconnaissance sociale quelconque, et ils étaient particulièrement actifs en tant qu’auxiliaires du maintien de l’ordre. Même s’il est difficile de les imaginer le jour de la grève générale allumant des incendies dans une répétition de celui du Reichstag, il est probable qu’ils aient été responsables de provocations. De quel genre, de quelle gravité, nul ne peut le dire.</p>



<p>Les archives du RCD, héritier du Destour, n’existent probablement plus, et il est de surcroît pratiquement certain que tous les ordres issus du parti au cours de ces journées fatidiques aient été transmis oralement. Mais, j’ai le souvenir que deux de mes amis alors étudiants, aujourd’hui médecins spécialistes, l’un gynécologue, l’autre radiologue (l’ascenseur social fonctionnait alors), avaient été arrêtés dans la rue en pleine Kasbah, par l’un de ces groupes, et emmenés au siège du comité de coordination où ils avaient été détenus pendant&nbsp;près de deux heures, interrogés et bousculés sans être franchement battus, avant d’être libérés sur interventions de leurs proches. Le ministre de l’Intérieur de l’époque, qui est mon père pour l’éternité, avait exprimé son scepticisme sur cette affaire, mais s’était rendu à l’évidence en recevant les deux victimes et en écoutant leur témoignage de vive voix.</p>



<p>Or une vérité est contingente à ce livre blanc: en admettant que les dirigeants de l’UGTT aient été jugés uniquement pour leurs responsabilités politiques dans l’émeute, aucun des exécutants supposés des déprédations contre les biens et les personnes n’a été traduit en justice en leur compagnie. Cela constitue évidemment le tendon d’Achille de l’accusation, et pourtant, aucun avocat ne s’en est prévalu. Le jeu des avocats apparaîtra plus loin, pas toujours à leur avantage,&nbsp;loin s’en faut.</p>



<p>Il reste le témoignage de Mohammed Ennaceur, futur président de l&rsquo;ARP, alors ministre des Affaires sociales, lors de la signature du Pacte Social&nbsp; entre l’Etat, le syndicat, le patronat, en janvier 1977, une année avant les événements, qui avait avoué avoir quémandé l’autorisation du Premier ministre Nouira pour témoigner, et qui s’était montré étrangement évasif relativement à une conversation que Habib Achour prétendait avoir eue avec lui lors de la signature de ce pacte, sur l’absence de participation de l’UGTT à sa rédaction, et donc son refus d’en accepter les termes. Le ministre démissionnaire au moment de la grève avait prétendu ne pas s’en souvenir, mais il s’était quand même souvenu qu’il ne s’était pas assis au même endroit que le leader syndical et que les photos de la cérémonie pouvaient en témoigner; on peut donc tenir son témoignage pour une confirmation des faits. Il est en effet difficile de croire que le ministre des Affaires sociales n’ait pas adressé la parole au président du syndicat le jour même de la signature d’un document censé garantir la paix sociale dans le pays pendant quelques années. Or c’est justement le désengagement du syndicat par rapport à l’esprit et à la lettre de ce pacte qui mettra le feu aux poudres conduisant au Jeudi Noir du 26 Janvier.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="400" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Hedi-Nouira-habib-Bourgyuiba-Mohamed-Sayah.jpg" alt="" class="wp-image-11648605" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Hedi-Nouira-habib-Bourgyuiba-Mohamed-Sayah.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Hedi-Nouira-habib-Bourgyuiba-Mohamed-Sayah-300x150.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Hedi-Nouira-habib-Bourgyuiba-Mohamed-Sayah-768x384.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Hedi-Nouira-habib-Bourgyuiba-Mohamed-Sayah-580x290.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Hedi Nouira, Habib Bourguiba et Mohamed Sayah. </em></figcaption></figure>
</div>


<p>Le syndicat a justifié son revirement par la hausse du coût de la vie durant le mois du Ramadan. Pourtant celle-ci était intrinsèque aux hausses salariales, de 33%, un chiffre considérable, qui impliquait pour stabiliser les prix une hausse concomitante de la production qui pas plus qu’aujourd’hui n’existait pas dans la culture économique et politique de l’UGTT.</p>



<p>Mais le témoignage le plus décevant a été celui de Mohammed Masmoudi, le fils prodigue du Destour, celui qui en avait été exclu pour avoir osé contester Bourguiba et Nouira dans l&rsquo;affaire de l’union avec la Libye, à Djerba, l’homme qui de Paris à Tripoli avait enfourché le cheval de l’unité arabe; le ministère public l’interrogea sur les idées exprimées dans son livre <em>‘‘Les Arabes dans la tempête’’</em> et&nbsp;lui reprocha ses propos sur la libanisation de la Tunisie et sur le rôle selon lui dévolu à l’UGTT dans l’évolution de la vie politique dans ce pays.</p>



<p>Il est certain que l’ambitieux ancien ministre des Affaires étrangères et artisan de la <em>«wehda»</em> tuniso libyenne mort-née en 1974, dans son désir de retrouver la place qu’il estimait lui être due dans le plus haut cercle de l’Etat tunisien, avait cornaqué l’irascible président de l’UGTT sur la dangereuse route de Tripoli menant vers le colonel Kadhafi. Chacun fait tourner la cuillère dans la poêle comme il peut. Habib Achour s’était ainsi fourvoyé dans le camp du refus arabe opposé à l’initiative de paix égypto-israélienne du président&nbsp;Egyptien Sadate, dont on voit mal ce qu’un dirigeant syndical aussi prestigieux soit-il fût venu y faire.</p>



<p>Masmoudi ayant nié avoir prévu ou voulu le massacre et n’ayant pas été inculpé de complot contre la sûreté de l’Etat, contrairement à d’autres qui s&rsquo;étaient rendus à Tripoli, le procureur a contre toute évidence eu beau jeu de proclamer que ces voyages n’avaient été pour rien dans les poursuites dont ils avaient fait l’objet, et donc que le procès n’avait pas été politique, ce que évidemment il avait été avant tout.</p>



<p>Personne dans la cour de justice ne voulait en effet entendre parler du bien-fondé ou non de la politique du président Sadate ou de l’union tuniso-libyenne, les avocats de la défense encore moins que les autres. Il est vrai qu’un dirigeant syndicaliste comme Abderrazak Ghorbal, qui visiblement ne prenait pas la juste mesure de ses mots, avait publiquement qualifié l’Etat tunisien d’instrument de l’oligarchie nationale et de pion de l’impérialisme et avait été accusé d’incitation à la désobéissance civile en demandant à ce que les gens cessent de payer&#8230; la contribution due à la Radio Télévision Tunisienne&nbsp;dans les factures d’électricité. Pourquoi la contribution de la RTT&nbsp;plutôt modique et pas les impôts sur les revenus, nettement plus substantiels? Les salariés étant soumis à une retenue à la source sur leurs salaires n’avaient aucun pouvoir de l’empêcher. On peut donc en conclure qu’il ripostait&nbsp;ainsi à tous ceux, à commencer certainement par Sayah, le directeur du parti au pouvoir, qui&nbsp;de bonne ou de mauvaise foi, avaient appelé à mettre fin à la retenue systématique sur les paies des salariés en faveur de l’organisation syndicale, et à soumettre ses finances à un examen scrupuleux, peut être par la Cour des Comptes.</p>



<p>Là semble se situer un autre nœud crucial du conflit. L’UGTT ne voulait pas que l’Etat vienne fouiner dans ses finances, et pas que pour des principes abstraits de liberté syndicale; déjà en 1966, Habib Achour avait eu des ennuis avec la justice parce qu&rsquo;il affrétait&nbsp;illégalement des bateaux. Et on ne connait&nbsp;que trop l’habitude plus que contestable prise par la centrale syndicale jusqu’à tout récemment d’organiser des grèves et d’exiger que les salaires ne soient pas amputés en conséquence, évitant ainsi d’en assumer elle-même le coût financier tel qu’elle devrait normalement le faire à l’instar des syndicats du monde entier.</p>



<p>Toujours relativement aux témoignages, les bons offices de Ahmed Mestiri essentiellement, et secondairement de Béji Caied Essebsi et Hassib Ben Ammar, étaient demeurés également vains. Ahmed Mestiri&nbsp; avait&nbsp; pour mémoire claqué la porte du parti parce qu’ayant obtenu le plus grand nombre de voix aux élections du Comité central en 1971, il eût dû selon lui, sans doute à juste titre, être Premier ministre, mais c’était oublier Bourguiba et celui-ci en avait décidé autrement en nommant Hédi Nouira après les excès de l’ère Ben Salah, il faut bien en convenir.</p>



<p>Il est donc à cet effet étrange que les deux parties en conflit eussent accepté sa médiation,&nbsp;que lui seul avait proposée,&nbsp;il faut le préciser. Cependant il se borna à demander au président du syndicat non pas de surseoir à la grève générale, mais simplement à ce qu’elle ne déborde pas dans la rue. Sa médiation n’était donc en réalité pas neutre; il était bien d’accord que le Premier ministre Nouira morde la poussière, mais pas au prix de la paix dans le pays. Le problème est que l’un ne pouvait se faire sans l’autre.</p>



<p>Ahmed Ben Salah prouva lui aussi qu’à l&rsquo;instar de Masmoudi, il voulait prendre le wagon de l’UGTT en marche, en annonçant, à partir de l’étranger, qu’un accord <em>«secret»</em> avait été conclu faisant du Mouvement de l’Unité Populaire (MUP) le représentant politique de l’UGTT.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Complot contre la sûreté de l’Etat</h2>



<p>On en arrive ainsi à la Cour de Justice chargée de juger environ une trentaine de personnes, toutes syndicalistes, pour complot contre la sûreté&nbsp;interne de l’Etat,&nbsp;incitation aux affrontements et tueries entre les citoyens, des accusations punies de mort par le code pénal. Or cette Cour Spéciale avalisée par un vote de l’Assemblée était une juridiction d&rsquo;exception que beaucoup considéraient comme une entorse à la Constitution. Son président n’avait-il pas annoncé qu’elle était tenue par les objectifs qui lui étaient assignés, en réitérant cette opinion, quand l’un des avocats, Me Abderrahmane El-Hila en l’occurrence, lui eût fait remarquer qu’elle était plutôt liée par les textes de lois qui la régissaient? Elle avait néanmoins à se prévaloir dans son fonctionnement du respect des lois, en particulier du code pénal, du code de procédure pénale, et du code des obligations et des contrats. Inévitablement elle ne s’en montra pas très soucieuse.</p>



<p>La défense n’eut pas le temps matériel raisonnable de prendre connaissance de la totalité du dossier, mais dans ce contexte dramatique, les avocats en prirent excuse pour renoncer à défendre leurs clients, une attitude plutôt pitoyable. Ils furent donc réquisitionnés d’office pour le faire, et continuèrent à arguer du temps insuffisant imparti à l’examen du dossier et de l’obligation qui leur était faite de représenter leurs clients contre leurs volontés, en demandant la relaxe, <em>«parce que ces derniers protestaient de leur innocence»</em>. Seul Me Béchir&nbsp;Khantouch osa évoquer les victimes du massacre, qui en réalité étaient la cause non avouée du procès et pour lesquelles il était nécessaire de désigner un coupable.</p>



<p>En réalité, les avocats lors du procès donnèrent l’impression pénible de se laver les mains du sort de leurs clients en évitant d’avancer les arguments susceptibles de semer le doute aux yeux de l’opinion publique, enjeu véritable du procès puisque le verdict en était dénué. Le principal argument qu’il eût été aisé d’avancer était sans aucun doute l’absence de casseurs et d’incendiaires qui avaient attaqué les biens et les personnes, dans le box des accusés, ceux-ci n’ayant pas eu matériellement eux mêmes la possibilité de le faire.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="400" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Habib-Bourguiba-Habib-Achour.jpg" alt="" class="wp-image-11648612" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Habib-Bourguiba-Habib-Achour.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Habib-Bourguiba-Habib-Achour-300x150.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Habib-Bourguiba-Habib-Achour-768x384.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/02/Habib-Bourguiba-Habib-Achour-580x290.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Habib Achour et Habib Bourguiba : alliés et adversaires. </em></figcaption></figure>
</div>


<p>Dans ces conditions, une juridiction d’exception peut toujours faire preuve de mansuétude. Les principaux accusés, Habib Achour en tant que chef de l’UGTT, et Abderrazak Ghorbal, victime de ses propos outranciers, écopèrent de dix années de travaux forcés, et les autres environ une dizaine de peines allant de 8 à 5 ans. D’autres furent emprisonnés pour 6 mois pour grève illégale. Enfin environ une dizaine furent relaxés. Les pourvois en cassation requis par les avocats n’aboutirent évidemment pas. Encore une fois ces derniers donnèrent l’impression, en avançant à retardement des arguments portant sur le fond, qu’ils avaient été intimidés par l’enjeu du procès, et peut être par les répercussions que cela pouvait entraîner pour leurs propres carrières. Ce ne furent pas les avocats de Ceausescu qui s’excusèrent à la Cour de devoir le défendre, mais on n’en fut pas très loin. La cassation demeura intraitable, son argument principal étant que ce sont les nécessités (politiques) qui ont imposé à la Cour Spéciale ses interprétations des lois, au moins dans la forme. Quant à son inconstitutionnalité, elle ne pouvait être discutée en cassation. Or le sur ce point le président de la Cour Spéciale avait argué de sa légalité du moment que l’Assemblée en avait entériné le principe et la composition ; une argumentation à tout le moins opportuniste.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La chute de Hédi Nouira semblait inévitable</h2>



<p>Voilà ce que raisonnablement on peut conclure de ce Livre Blanc. Maintenant on ignorera toujours les circonstances immédiates qui ont conduit au massacre. J’ai néanmoins là le témoignage de mon propre père qui, étant alors médecin, n’avait aucun besoin matériel pour abandonner une clientèle respectable et se mêler d’un problème complexe&nbsp;qu’il n’avait nullement contribué à créer, et alors même ainsi qu’on le dit vulgairement les rats commençaient à quitter le navire. D’aucuns&nbsp; pourront certes lui reprocher beaucoup de choses, en particulier de s’être impliqué avec tout son passé et son prestige de militant et de ministre bourguibiste, contre l’avis de sa famille, dans une obscure organisation des droits de l’Homme voulue par Ben Ali; je me rends compte à présent par l’invraisemblance de son acceptation, de toute l’ironie subtile de son opposition tacite à son ancien subordonné devenu président qui voulait l’instrumentaliser contre la Ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH), et qui n’en a finalement retiré qu’une déconvenue. Néanmoins, dans cette affaire du Jeudi Noir, il avait accepté le ministère de l’Intérieur un mois avant l’événement dramatique parce que personne n’en voulait plus tellement la chute de Hédi Nouira semblait inévitable.</p>



<p>Pour en revenir au sujet, c’est donc poussé par le sens de l’Etat et la fidélité au parti et à Bourguiba qu&rsquo;il l’a fait. Il a réitéré sa conviction que je ne partage plus et que je ne fais que rapporter 25 ans après sa mort, celle qu’il avait eue intime, que Habib Achour avait cherché le pouvoir.&nbsp;S’il n’y en a un qui dans cette affaire n’a pas agi en fonction de ses intérêts égoïstes, c’est bien lui, et je l’affirme en toute objectivité.&nbsp; Cela n’enlève en rien la responsabilité politique qu’il a finalement assumée, celle du maintien de l’ordre dans la rue, il faut le rappeler, qui est la mission première de tout Etat digne de ce nom. Selon lui, l’armée et la police ont tiré sur les jeunes manifestants chauffés à blanc par les prêches incendiaires et les <em>«comprimés»</em>&nbsp;(les <em>‘‘harboucha’’</em>)&nbsp; du journal syndical <em>Echaab</em>, descendus des faubourgs qui ne respectaient pas les tirs de sommation, le couvre-feu qui pour eux ne signifiait rien et ne prenaient pas les injonctions de se disperser au sérieux, et ce alors que de nombreux bus en service étaient caillassés (j’ai le témoignage d’un chauffeur de bus victime) ou incendiés, des voitures aussi (selon moi sans doute par le service d’ordre de l’UGTT chargé de faire respecter la grève, mais aussi par les bandes pour qui protestation rimait avec déprédation) et que les devantures des magasins de la rue Charles-De-Gaulle et Mohamed-Ali avaient été détruites depuis longtemps.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un syndicat plus irresponsable que conspirateur</h2>



<p>De surcroît de nombreux jeunes soldats souvent d&rsquo;origine rurale sans doute impressionnés par la foule des manifestants et par l&rsquo;ambiance électrique ont inévitablement perdu leur sang froid. Ils n’étaient pas formés pour des opérations de maintien de l’ordre en milieu urbain. Cela, de nombreux témoignages l’ont confirmé et ces soldats finirent par être placés sous les ordres des policiers, moins sensibles aux pressions de la foule.</p>



<p>Sauf preuve contraire, aucun ordre d’ouvrir le feu n’a été donné. Simplement l’autorité politique n’ayant alors pas les moyens nécessaires en force de police antiémeutes&nbsp;pour disperser les manifestants&nbsp;a fait appel à l’armée face à l’ampleur des désordres et celle-ci a fait son travail selon les moyens humains et matériels dont elle disposait. Et l’usage des armes à feu était intrinsèque à cela. Cette leçon sera retenue lors de la <em>«Révolte du Pain»</em> quelques années plus tard lorsque la rue sera abandonnée aux émeutiers dans le cadre de la lutte des clans pour le pouvoir.</p>



<p>L’Etat aurait-il dû laisser la grève générale se dérouler sans réagir? Sans doute pas, puisque l’UGTT ayant fait appel à la populace ou s’étant laissé déborder par elle, s’est révélée incapable de faire respecter les biens et les personnes. Et rien ne prouve d’ailleurs qu’elle en eût eu la volonté.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="HQ4IIFRN6f"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2016/11/27/lugtt-et-le-spectre-du-28-janvier-1978/">L’UGTT et le spectre du 26 janvier 1978</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’UGTT et le spectre du 26 janvier 1978 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2016/11/27/lugtt-et-le-spectre-du-28-janvier-1978/embed/#?secret=8pllNUlTF7#?secret=HQ4IIFRN6f" data-secret="HQ4IIFRN6f" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il a été établi durant le procès que Ismail Sahbani avait fait fabriquer un millier de boules de fer d’une livre attachées à des chaînes avec l’assentiment de Habib Achour et qu’ils les avait entreposées dans les locaux du syndicat, <em>«soumis de nombreuses fois aux attaques des milices de Sayah»</em>; ainsi que des bâtons et des cailloux. Ce n’est pas ainsi qu’une organisation responsable défend habituellement son siège&nbsp;menacé, c’est le moins que l’on puisse dire.</p>



<p>Le jour de la grève générale, il y avait donc bien une suspicion&nbsp;légitime sur la volonté d’en découdre de la part du syndicat, et qui justifiait pleinement l’encerclement préventif de ses locaux par les forces de l’ordre.</p>



<p>Cette volonté était-elle justifiée? Le Syndicat a prétendu que depuis plusieurs mois il était en butte aux attaques des <em>«miliciens»</em> du Destour et que son président avait été menacé de mort. On en arrive ainsi au cœur de la question, les rapports conflictuels entre Habib Achour et le parti au pouvoir dirigé par Mohamed Sayah, qui voulait placer selon son propre témoignage le syndicat sous son autorité, ou à tout le moins, l’infiltrer, depuis que celui-ci avait&nbsp;contracté des alliances équivoques.</p>



<p>Si on ne peut pas reprocher à un syndicat de refuser de se laisser noyauter par un parti politique, il y a quand même une nécessité morale et juridique à ce que sa situation financière soit contrôlée par les institutions de l’Etat, en particulier quand des suspicions de malversations ou de liens occultes avec l’étranger y pèsent. Or la liberté syndicale dont s’est prévalu M. Achour pour dénoncer le pacte social qu’il avait signé moins d’une année auparavant sous-entendait&nbsp;dans son esprit l’absence de tout audit financier, qui eût pu le confondre.</p>



<p>Le président de l’UGTT n’avait par ailleurs pas la réputation de diriger son organisation en respectant les principes de la démocratie; il avait pris l’habitude de se faire plébisciter par vote à main levée, et il usait de son influence pour faire élire à bulletin secret les membres du bureau qui lui seyaient. Quant à sa conversion à la vision conservatrice de la société contemporaine de l’émergence à ses débuts de l’islam politique, tous ceux qui le connaissaient ne la prenaient pas au sérieux.&nbsp;Et la décision de la grève générale fut décidée en comité restreint composé des cinq membres de la direction administrative incapables de la contester. Le syndicat fut donc plus irresponsable que conspirateur, plus bête que méchant,&nbsp;même si d’aucuns ont tenté de réaliser à travers lui leurs ambitions politiques.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fiction de l’indépendance syndicale</h2>



<p>Il est donc à cet égard&nbsp;significatif&nbsp;du manque de sérieux de l’accusation, que M. Nouira et derrière lui Bourguiba se soient abstenus durant le procès d’ouvrir le dossier financier du syndicat, préparant ainsi l’avenir, celui d’une réhabilitation, de MM Achour, Jrad, Sahbani, Ghorbal, Baccouche, qui ne manqueraient pas de se montrer utiles pour maintenir l’organisation bénéficiant des cotisations obligatoires des salariés, non redevable d’explications sur la gestion de ses ressources, avec la fiction de l’indépendance syndicale, mais dans l’orbite du pouvoir, quel qu’il soit. Jusqu’à ce que libre de toute tutelle l’UGTT (en compagnie entre autres de l’Ordre des avocats) eût reçu le prix Nobel et&nbsp;mené le pays main dans la main avec Ennahdha, chacun jouant sa partition, vers le gouffre économique et financier.&nbsp;&nbsp; &nbsp;&nbsp;</p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><em>** L’auteur est le fils du Dr Dhaoui Hanablia, ministre de l’Intérieur nommé un mois avant les faits relatés. &nbsp;</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/18/tunisie-le-proces-des-responsables-des-evenements-du-26-janvier-1978/">Tunisie : ‘‘Le procès des responsables des événements du 26 janvier 1978’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Les dessous de l&#8217;alliance «historique» entre les destouriens et les islamistes</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Aug 2021 13:41:24 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Zine El-Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis dix ans les anciens hauts fonctionnaires des administrations de Bourguiba et de Ben Ali publient des tribunes dans les médias pour vilipender, conspuer et dénoncer les islamistes. Ils le font sans se poser la question centrale : pourquoi et comment avait émergé le mouvement en Tunisie et quel est leur degré de responsabilité dans...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/25/tunisie-les-dessous-de-lalliance-historique-entre-les-destouriens-et-les-islamistes/">Tunisie : Les dessous de l&rsquo;alliance «historique» entre les destouriens et les islamistes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Rached-Ghannouchi-Mohamed-Mzali-et-Said-Ferjani.jpg" alt="" class="wp-image-360473"/><figcaption><em>Rached Ghannouchi, Mohamed Mzali et Said Ferjani. </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Depuis dix ans les anciens hauts fonctionnaires des administrations de Bourguiba et de Ben Ali publient des tribunes dans les médias pour vilipender, conspuer et dénoncer les islamistes. Ils le font sans se poser la question centrale : pourquoi et comment avait émergé le mouvement en Tunisie et quel est leur degré de responsabilité dans cette histoire? Ont-ils oublié que le congrès du Néo-Destour de 1971 à Monastir avait scellé une alliance malsaine avec les islamistes pour contrer «les gauchistes»? </em></strong></p>



<p>Par <strong>Helal Jelali</strong> *</p>



<span id="more-360467"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Helal-Jelali.jpg" alt="" class="wp-image-311626"/></figure></div>



<p>Depuis l&rsquo;indépendance, nous sommes dans un pays où les flagorneurs, avec leur éloquence indécente, tiennent le haut du pavé avec un discours sur la modernité et le progressisme bourguibien.</p>



<p>A partir de 1955, l&rsquo;ancien président Habib Bourguiba avait décrété que la Tunisie indépendante&nbsp; serait progressiste et moderniste. Sauf que le <em>«Combattant Suprême» </em>avait importé une modernité sans sa colonne vertébrale, à savoir la démocratie.</p>



<p>La modernité et le progressisme européens ne sont pas des biens marchands, mais un long processus qui a <em>«mijoté»</em> à partir du XVIe siècle.</p>



<p>Quatre siècles qui avaient été secoués par une série de révolutions, à commencer par le protestantisme jusqu&rsquo;aux révolutions américaine et française et le renforcement des pouvoirs de la Chambre des Communes au Royaume-Uni. La modernité avait aussi été marquée par la renaissance d&rsquo;une culture scientifique et artistique sans précédent, que ce soit dans la littérature, le théâtre ou la musique et la peinture. Même s&rsquo;il avait perdu la bataille de Waterloo, Napoléon donna le Code civil qui sera le document à l&rsquo;origine de la nouvelle citoyenneté dans le monde du XIXe siècle.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La modernité bourguibienne n&rsquo;a pas tenu ses promesses </h3>



<p>Soyons clairs et brefs: la modernité, ce sont d&rsquo;abord la démocratie, la nouvelle citoyenneté conquise en Europe à partir du XIXe siècle, les droits sociaux des travailleurs, le respect des libertés publiques et des institutions politiques crédibles, sans oublier une économie viable.</p>



<p>Nous avions, comme l&rsquo;avait écrit Malika Zghal, professeur à Harvard, «<em>un État importé»</em> et <em>«une modernité importée»</em>.</p>



<p>A quoi servaient un parlement, une Cour constitutionnelle,&nbsp;un Conseil d&rsquo;État, ou un Conseil supérieur de la magistrature sous Bourguiba? A rien, puisque l&rsquo;ancien président décidait de tout, même du verdict de certains procès.&nbsp;</p>



<p>Nous vivions dans un décorum étatique et républicain presque factice et artificiel. Et c&rsquo;est à partir des années 1970 que les islamistes avaient commencé à apercevoir les fissures du <em>«système»</em> bourguibiste.&nbsp;</p>



<p>N&rsquo;oublions pas que l&rsquo;ancien président avait déclaré, au début des années 1960 à la télévision&nbsp; française : <em>«Le système, c&rsquo;est moi»</em>.</p>



<p>Durant ces années et après l&rsquo;échec de du collectivisme, soutenu massivement par l&rsquo;UGTT, la pauvreté rurale était endémique. La famine avait frappé très violemment les régions intérieures, surtout celles du centre et le sud du pays. Un délégué (sous-gouverneur) a failli être molesté par ses supérieurs parce qu&rsquo;il avait ouvert les portes du dépôt alimentaire étatique à la population affamée de sa ville. Pas un mot dans les médias et ni au sein du Néo-Destour.</p>



<p>C&rsquo;est vrai que les paysans étaient et le sont, jusqu&rsquo;à aujourd&rsquo;hui, très discrets sur leur pauvreté et leur misère.</p>



<p>Cette situation était du pain béni pour les islamistes. On avait vu fleurir les associations de <em>«Sauvegarde du Coran»</em>, parade derrière laquelle un discours plus radical était à l’œuvre.</p>



<p>Les pauvres, les laisser-pour-compte et les chômeurs désespérés avaient trouvé leur valeur-refuge. Cette modernité parachutée par l&rsquo;élite bourguibiste n&rsquo;avait pas tenu ses promesses d&rsquo;intégration sociale, ni au niveau politique, ni au niveau économique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les islamo-destouriens du «Combattant Suprême»&nbsp;</h3>



<p>Et vint le congrès historique du Néo-Destour de Monastir en 1971. Un congrès houleux où Bourguiba refusa catégoriquement, malgré l&rsquo;insistance de ses plus fidèles amis et parents, toute élection interne au sein des instances du parti. Quel moderniste et quel progressiste notre <em>«Combattant Suprême»&nbsp;</em>!</p>



<p>Ce congrès de Monastir sera salutaire pour les associations islamistes. C&rsquo;est la naissance des Islamo-destouriens : les premiers sont au nombre de trois : le député Youssef Rouissi, l&rsquo;ingénieur Béchir Sediki, et la professeure de philosophie Hind Chelbi, tous membres du Néo-Destour. Ils avaient demandé au régime d&rsquo;avoir aussi des références islamiques dans son action politique et culturelle. Timidement, on avait commencé à installer des salles de prière dans les usines, les entreprises et même dans les lycées, comme le lycée Alaoui à Tunis en 1974 et dont le proviseur était un certain M. Bouden&#8230;</p>



<p>Dire que c&rsquo;est l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Education nationale et Premier ministre Mohamed Mzali (1980-1986) était le chef d&rsquo;orchestre de ces choix, c&rsquo;est faux et mensonger. C&rsquo;est vrai que M. Mzali avait obtenu l&rsquo;amnésie de Bourguiba pour des détenus du nouveau Mouvement de tendance islamiste (MTI) et avait annulé la circulaire interdisant le hijab. Ces <em>«orientations»</em> étaient dictées par&nbsp;le congrès de Monastir. Explication de l&rsquo;ancien ministre de l&rsquo;Intérieur Tahar Belkhodja (1973-1977) publié par l&rsquo;Institut Bourguiba : <em>«La décision a été prise au niveau du bureau politique du PSD. Nous estimions que nous pouvions les utiliser – les islamistes –. Nous avions créé l&rsquo;association pour la Sauvegarde du Coran. Nous avions réparti également les diplômés de la faculté de théologie – Zitouna – dans les collèges et les lycées»</em>. Rached Ghannouchi et Abdelafattah Mourou avaient portes ouvertes dans les salons de la république.</p>



<p>Tahar Belkhodja reconnaît que la revue des islamistes<em> «Al Maarifa»</em> (<em>«La Connaissance et la société»</em>) était imprimée sur les rotatives de la Sagep, une société dépendant du PSD.</p>



<p>Quand au premier bureau de Ghannouchi à Tunis, proche de l&rsquo;avenue Habib Thameur, c&rsquo;était un modeste cadeau de Mohamed Sayah, ancien directeur du PSD et historien officiel de Bourguiba.&nbsp;</p>



<p>Dans son livre d&rsquo;entretien accordé à Mohamed Kerrou et dont le titre est <em>«Notre histoire»</em>, Habib Bourguiba Junior avait exprimé tout sa désapprobation de la stratégie du parti de son père : <em>«Il y a eu, en Tunisie, à un certain moment, un laisser-faire pour contrer la montée de la gauche. Mis, je considère que c’était une erreur».</em></p>



<p>Nos chers modernistes et progressistes, dans les années 1972-73-74, après les procès des Perspectivistes et des gauchistes, les militants démocrates étaient chassés manu militari des cafés de l&rsquo;avenue Bourguiba et de l&rsquo;avenue de Paris et ils s&rsquo;étaient réfugiés dans les cafés de la vieille médina et Bab Souika. La bande de Rached Ghannouchi règnait sur le centre-ville et au campus universitaire. A l&rsquo;âge d&rsquo;or du théâtre populaire tunisien – il y avait une troupe par quartier –, 10 pièces de théâtre ont été censurées entre 1972 et 1973&#8230; Les <em>«théâtreux»</em> de l&rsquo;époque aimaient beaucoup Berthold Brecht, <em>«un dangereux communiste»</em> pour les <em>«âmes pures»</em> du bourguibisme. Le film <em>«Sacco et Vanzetti»</em> a eu droit à une seule projection aux JCC, renvoyez la bobine à l&rsquo;expéditeur, SVP&nbsp;! La programmatrice qui avait diffusé, en 1983, le film <em>«Missing»</em>, un film qui dénonçait la dictature de Pinochet, avait été suspendue un mois de la télévision publique.</p>



<h3 class="wp-block-heading">1978 : le pacte Ben Ali-Ghannouchi</h3>



<p>Nommé directeur de la sûreté générale après les émeutes sanglantes du <em>«Jeudi noir»</em> en 1978, Zine El Abidine Ben Ali, invita, dès les premiers jours de la prise de ses fonctions au ministère de l&rsquo;Intérieur, Rached Ghannouchi, pour boire un café ensemble. Le futur dirigeant du MTI et&nbsp; d&rsquo;Ennahdha ne toucha pas à sa tasse de café. Réaction de Ben Ali : <em>«Crois-tu que je vais t&#8217;empoisonner dans mon bureau?»</em></p>



<p>On pourrait facilement imaginer ce qu&rsquo;a dit le futur président de la république au futur président de l&rsquo;ARP : <em>«Nous avons deux ennemis communs, les gauchistes et l&rsquo;UGTT, mettons-nous au travail&#8230;» </em>Leurs voies se décroiseront dès qu&rsquo;il prit le pouvoir en 1987, avant de se croiser de nouveau peu de temps avant sa chute, le 14 janvier 2011, tournant qui annonça la prise du pouvoir dans le pays par les islamistes. </p>



<p>Le fruit amer de cette alliance (tactique, calculée ou provisoire ou tout cela à la fois ?), nous y goûtons encore ici et maintenant.</p>



<p>* <em>Ancien journaliste tunisien basé à Paris.</em></p>



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		<title>Faut-il avoir peur de/pour Kais Saied ?</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Aug 2021 10:27:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Maintenant que les dés sont jetés (l’annonce du président Kais Saied du 25 juillet 2021) et que pour la première fois, depuis le 14 janvier 2011, la rupture est consommée dans le camp des juristes, figure dominante dans la révolution tunisienne, la Tunisie entre en politique, comme on a voulu qu’elle entre en religion (pendant...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Kais-Saied-Euronews.jpg" alt="" class="wp-image-351576"/></figure></div>



<p><strong><em>Maintenant que les dés sont jetés (l’annonce du président Kais Saied du 25 juillet 2021) et que pour la première fois, depuis le 14 janvier 2011, la rupture est consommée dans le camp des juristes, figure dominante dans la révolution tunisienne, la Tunisie entre en politique, comme on a voulu qu’elle entre en religion (pendant les dix dernières années).</em></strong></p>



<p>Par <strong>Noureddine Kridis</strong> *</p>



<span id="more-359422"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Noureddine-Kridis.jpg" alt="" class="wp-image-359423"/></figure></div>



<p>Retour sur la conquête du pouvoir en Tunisie indépendante.</p>



<p>Pour comprendre ce qui s’est passé le 25 juillet 2021, et le situer dans un contexte large, nous pouvons observer que la conquête du pouvoir depuis l’indépendance, s’est faite selon trois processus&#8230;</p>



<p>1- Un processus <em>narrateur </em>se fondant sur la <em>mémoire</em>, en l’occurrence celle de Habib Bourguiba. Les <em>historiens </em>ont été contrôlés pendant cette période, mais paradoxalement ont légitimé cette période du pouvoir politique (1955-1987). Bourguiba a gouverné au nom de la mémoire d’un combat contre le colon français, dans lequel il s’est attribué le titre du combattant suprême. La mémoire en est sortie diminuée et réduite à l’historiographie (voir les travaux de Mohamed Sayah sur le mouvement national).</p>



<p>2- Un processus <em>médical ou pseudo-scientifique </em>met fin au règne de cette mémoire entretenue par moult discours et directives présidentielles quotidiennes, le 7 novembre 1987, au nom d’un accord médical sur une incompétence de Bourguiba, signalée par un groupe de médecins et qui légitime son écartement du pouvoir. Le coup d’Etat médical exprime le fondement du pouvoir de Zine El Abidine Ben Ali. Malheureusement, l’expertise pratiquée sur Bourguiba n’a pas été faite sur le prétendant au pouvoir durant les 24 ans de son règne. Après avoir légitimé le pouvoir politique, et permis à Ben Ali de museler la mémoire qui a été développée pendant 34 ans par Bourguiba, <em>les médecins</em> se sont éclipsés de la scène politique. Le dernier à avoir accompagné Ben Ali jusqu’au bout est Mohamed Gueddiche et ce à titre de conseiller beaucoup plus que de médecin du président.</p>



<p>Les <em>médecins</em> aussi bien que les <em>historiens</em> ont traversé des périodes d’ambivalence dans lesquelles ils étaient proches et loin, présents et absents, silencieux ou partisans… Ils se sont brûlés à l’approche du pouvoir et c’est la constitution de la figure de <em>l’homme politique</em> qui a pris un coup.</p>



<p>3- Le 14 janvier 2014, ce sont <em>les juristes</em>, dès les premières heures, qui occupent le terrain. On se souvient de la prise de parole magistrale de l’avocat Naceur Aouini et des commentaires du doyen Sadok Belaid. Ils interviennent et orientent l’opinion dès le début avec des personnes comme Yadh Ben Achour, Fadhel Moussa ou Ghazi Gherairi… Ils continuent à être consulté jusqu’aujourd’hui lors de chaque événement. La validation du juriste devient une pièce maîtresse du pouvoir. On connaît la suite avec la présence des juristes au sommet de l’Etat comme étant incontournables, la nomination successive de professeurs de droit dans des postes de ministres ou dans des fonctions internationales. Le paradoxe de cette époque du 14 janvier jusqu’aujourd’hui est que le droit a été lui aussi utilisé d’une façon ambivalente.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Aujourd’hui, la Tunisie commence à <em>faire de la politique</em></h3>



<p>C’est sur cette ambivalence que les islamistes ont joué. Le parti Ennahdha a conquis le pouvoir surtout au nom de l’exploitation d’un sentiment populaire religieux et de la persécution qu’ils ont subie durant la période de Bourguiba et de Ben Ali. Mais eux aussi, ils ont été dans l’occultation et la mystification, car ils se sont passés pour les seuls persécutés par ces deux pouvoirs précédents, et au nom de quoi ils ont demandé réparation. C’est la goutte qui a fait déborder le vase. A force de pousser dans le droit, la réalité se rebiffe.</p>



<p>Aujourd’hui, on assiste à l’émergence d’une autre légitimité, celle de la volonté des gens, et de leur réalité réelle. Aujourd’hui, notre pays commence à <em>faire de la politique</em>. C’est la nouvelle légitimité de l’action du 25 juillet 2021. Tout risque de tomber s’il ne respecte pas cette règle&nbsp;: servir le pays, c’est-à-dire concrètement assurer le bien-être et la sécurité des citoyens. Faire la politique c’est gérer au mieux, c’est poursuivre des objectifs pour lesquels on a obtenu un consentement populaire et éviter les dégâts collatéraux… C’est savoir quitter la scène quand on se trompe. Le profane remplace le sacré.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Maintenant tout est ouvert sur l’incertitude et l’inconnu</h3>



<p>Maintenant tout est ouvert sur l’incertitude et l’inconnu. Car c’est pour la première fois dans l’histoire de la Tunisie, où un président gouverne en se retournant contre le corps auquel il appartient, celui des juristes, en apportant une nouvelle lecture du droit et de la politique et <em>en passant à l’acte</em> avec une prise de risque non négligeable. Si les ruptures sont bienfaitrices parfois, elles sont souvent porteuses de sauts dans l’inconnu. Il n’y a que le temps qui nous dira si ce choix fait était le bon choix.</p>



<p>* <em>Ancien professeur des universités et ancien doyen.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/14/faut-il-avoir-peur-de-pour-kais-saied/">Faut-il avoir peur de/pour Kais Saied ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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