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	<title>Archives des Mostafa Khalaji - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Mostafa Khalaji - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Khomeini et Khamenei │ A la recherche du masque poétique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 04 Jun 2025 06:39:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Surpris d’apprendre que Khomeini écrivait des poèmes, les Iraniens ne furent guère surpris d’apprendre que Khamenei en écrit lui aussi </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/04/khomeini-et-khamenei-%e2%94%82-a-la-recherche-du-masque-poetique/">Khomeini et Khamenei │ A la recherche du masque poétique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En un jour de juin 1989, comme aujourd’hui, lorsque Rouhollah Khomeini, le fondateur de la République islamique d’Iran, est décédé,&nbsp;de nombreux Iraniens – partisans comme opposants au régime– furent frappés par une révélation inattendue. La télévision d’Etat annonça, à la surprise générale, que l’ayatollah était poète, et diffusa un poème inédit, jamais entendu de son vivant.</em></strong></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji</strong> *</p>



<span id="more-16692506"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’un des vers de ce poème disait : <em>«J’attends l’émancipation à la mi-khordad»</em> (vers mi-juin, selon le calendrier persan). Nombre de ses partisans y ont vu une prédiction de la date de sa propre mort, une prophétie en somme.</p>



<p>Depuis, le régime a publié à grand renfort des moyens un recueil intitulé ‘‘<em>Le Divân de l’Imam’’</em>, tiré à plusieurs millions d’exemplaires, distribué dans l’ensemble des organismes du pouvoir, bibliothèques et universités, et largement diffusé parmi ses partisans.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi Khomeyni en poète surprend-il ?</h2>



<p>Ces poèmes, d’après les spécialistes, ne présentent pas de qualité littéraire ou esthétique notable : ils se réduisent à un assemblage de jeux de mots, et d’expressions inspiré par la tradition littéraire iranienne, souvent qualifiées de <em>«termes mystiques»</em>, sans originalité formelle. Bien que ses partisans aient qualifié Khomeini de <em>«poète mystique»</em> — une désignation prestigieuse dans la culture persane—, mais cette qualification suscitait de nombreuses réserves et contradictions.</p>



<p>L’Iran, terre de poésie, a vu, au cours d’un millénaire, ses poètes de Ferdowsi et Khayyâm et de Nima Yushij à Ahmad Shamlou, assurer la richesse du persan, langue officielle du pays.</p>



<p>La poésie et les poètes occupent donc une place éminente dans la culture iranienne. Le ‘‘<em>Divân’’</em> de Hâfez de Shiraz reste le livre le plus populaire et le plus vendu en Iran, présent lors des grandes célébrations comme le Nouvel An persan ou bien la fête de Yalda (solstice d’hiver).</p>



<p>Dans ce contexte, présenter Khomeini comme un poète visait sans aucun doute à renforcer son influence et celle du régime et orner sa mémoire en lui donnant une aura romantique. Cette instrumentalisation de la poésie s’inscrit dans une stratégie plus large de sacralisation du pouvoir.</p>



<p>Mais malgré les moyens colossaux investis dans le projet, cette opération de séduction échoua pour deux raisons principales : la manière dont Khomeyni s’était exprimé dans ses discours et son comportement.</p>



<p>Les Iraniens avaient entendu Khomeini s’exprimer en persan : loin d’être un orateur raffiné, il employait un langage simple et dépouillé, marqué d’un accent populaire. Jamais il ne recourait à des proverbes ni à des extraits des grands poèmes persans pour illustrer ses propos.</p>



<p>C’est pourquoi sa soudaine transformation en poète fut perçue comme peu crédible par le peuple, d’autant plus que son comportement témoignait peu de sympathie envers les écrivains et les poètes. Aux débuts de la révolution, il prononça des discours virulents dénonçant les intellectuels, écrivains et journalistes, entraînant la censure de nombreux ouvrages.</p>



<p>La célèbre fatwa appelant à l’assassinat de l’écrivain d’origine indienne, Salman Rushdie, émise à la fin de la vie de Khomeyni, demeure aujourd’hui l’exemple le plus marquant de son hostilité envers la littérature.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Xv2Uxoro2S"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exil douloureux de la littérature persane » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/embed/#?secret=ShDasBiztq#?secret=Xv2Uxoro2S" data-secret="Xv2Uxoro2S" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Khamenei : «poésie d’État» sous une autre forme</h2>



<p>De son vivant, Khomeini ne s’est jamais présenté publiquement comme poète. S’il l’était, cela restait limité à un cercle très restreint. Mais après sa mort, son successeur, Ali Khamenei, adopta une approche tout à fait différente&nbsp;: il affirma immédiatement, ouvertement, être poète. Il composa même un poème en réponse à celui écrit par Khomeyni et publié après son décès.</p>



<p>Dès le début du mandat de Khamenei, la machine de propagande du régime s’activa à promouvoir l’image d’un leader-poète. Le guide suprême ordonna ainsi l’organisation annuelle, à la mi-Ramadan, d’une séance de poésie dans son bureau, avec la participation de poètes fidèles au régime – un écho direct aux cours royales d’antan où les rois recevaient les poètes.</p>



<p>Lors de ces réunions, Khamenei récitait ses propres poèmes, concluant chaque rencontre par un discours soulignant la nécessité d’allier poésie et révolution. Il cherchait à faire de la poésie une arme idéologique contre ses ennemis, tant internes qu’externes.</p>



<p>Il a qualifié les poètes proches du pouvoir de<em>»</em><em>soldats du pouvoir doux</em><em>«</em> )<em>soft power</em> (dans la guerre contre les ennemis de la République islamique, et les a incités à composer sur des thèmes tels que les <em>«trahisons des États-Unis»</em>, notamment après le retrait de Washington en 2018 de l’accord historique sur le nucléaire.</p>



<p>Autrefois stupéfait d’apprendre que Khomeini écrivait des poèmes, le peuple iranien ne fut guère surpris d’apprendre que Khamenei en écrit également. Toutefois, tout comme personne n’avait jamais acheté spontanément un recueil de poèmes de Khomeini ni ne les avait lus en privé, personne ne prit non plus au sérieux les ambitions poétiques de Khamenei.</p>



<p>Compte tenu du niveau élevé de la poésie en Iran et de sa riche tradition littéraire, les textes poétiques de Khomeini comme de Khamenei apparaissent comme de simples jeux de mots, les efforts infructueux d’amateurs passionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Poésie et pouvoir&nbsp;: pour ou contre ?</h2>



<p>Le critique littéraire exilé Faraj Sarkouhi souligne que Khamenei, originaire de Machhad — ville natale de nombreux grands poètes — avait côtoyé certains milieux poétiques et fréquenté quelques cercles littéraires avant la Révolution. Toutefois, selon lui, la poésie de Khamenei ne dépassait pas le niveau des poètes amateurs de ces cercles.</p>



<p>Par ailleurs, les Iraniens doutent profondément de la sincérité du lien de Khamenei avec la poésie, car il est perçu comme un adversaire des écrivains et poètes indépendants, ayant à plusieurs reprises ordonné des mesures répressives à leur encontre.</p>



<p>M. Sarkouhi a confié dans un article qu’un jour, Khamenei a contacté Mehdi Akhavan Sales, un poète moderne qu’il connaissait avant la Révolution, pour lui demander de composer des poèmes en soutien à la République islamique. Akhavan Sales lui répondit : <em>«Nous, les poètes, avons toujours été contre le pouvoir, jamais pour le pouvoir.»</em>&nbsp;</p>



<p>Quelques jours après cette réponse, Akhavan Sales fut agressé en pleine rue par des inconnus et sa pension de retraite fut suspendue.</p>



<p>* <em>Journaliste iranien.</em></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="F8TNzLDVrl"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/">Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/embed/#?secret=EdaYkIorHi#?secret=F8TNzLDVrl" data-secret="F8TNzLDVrl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/04/khomeini-et-khamenei-%e2%94%82-a-la-recherche-du-masque-poetique/">Khomeini et Khamenei │ A la recherche du masque poétique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 24 May 2025 07:24:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Comment le traducteur et éditeur iranien Jalaal Alavinia a fait découvrir la poésie contemporaine iranienne dans un pays comme la France. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/">Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Faire découvrir la poésie contemporaine iranienne dans un pays comme la France — terre d’une des plus grandes traditions littéraires — relève d’un véritable défi. Pourtant, Jalaal Alavinia, traducteur et éditeur iranien de 79 ans, installé à Paris, s’y consacre depuis plus de vingt ans avec passion et détermination. En traduisant des figures majeures telles que Forough Farrokhzad, Ahmad Shamlou ou Sohrab Sepehri, il a ouvert aux lecteurs francophones une fenêtre sur une poésie riche, moderne et souvent méconnue. Pour lui, la culture n’est pas seulement un pont entre les peuples : elle est aussi, peut-être, le levier le plus puissant pour sortir l’Iran de ses impasses politiques. Cette conversation revient sur son parcours, ses choix éditoriaux et sa vision du rôle crucial de la culture dans l’avenir de l’Iran.</em></strong></p>



<p>Propos recueillis par <strong>Mostafa Khalaji</strong></p>



<span id="more-16598927"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p><strong><em>Kapitalis&nbsp;: Vous avez traduit en français les œuvres de grandes figures de la poésie persane contemporaine telles que Forough Farrokhzad, Ahmad Shamlou, Sohrab Sepehri, Akhavan Sâlès, Shafi’î Kadkani, Simin Behbahani. Qu&rsquo;est-ce qui vous a guidé dans le choix de ces poètes?</em></strong></p>



<p><strong>Jalaal Alavinia&nbsp;:</strong> Tout d’abord la nécessité de faire connaître les œuvres de ces grandes figures de la poésie iranienne moderne au public francophone. Seuls quelques poèmes de deux ou trois de ces poètes avaient été traduits avant l’année 2004 quand j’ai commencé mon activité éditoriale à Paris. Pourtant ce sont des immenses poètes dont la poésie est d’une grande qualité thématique et linguistique.</p>



<p>Ensuite le souhait d’accorder la priorité à la poésie des femmes, car elles ont opéré une révolution au niveau du contenu de la poésie en renversant la relation homme-femme.</p>



<p>La femme réelle qui était la bien-aimée imaginaire, invisible, non-existante et passive, objet de l’adoration rhétorique, est devenue dans la poésie des poétesses contemporaines le sujet transformant l’homme en son bien-aimé, et la conquérante des domaines thématiques monopolisés par les hommes comme amour, sexualité, politique, philosophie et les questions sociétales. Elles ont aussi démontré leur capacité de manier la langue et d’écrire des poèmes aussi sophistiqués, élaborés et artistiques que les hommes. Encore elles ont réussi à introduire, depuis le XIX<sup>e</sup> siècle, une vision du monde moderne dans la poésie persane et se dissocier de la civilisation visionnaire de l’ancien monde.</p>



<p>La poésie des hommes aussi a subi une transformation fondamentale, car la poésie classique était essentiellement mystique, mais celle des poètes modernes est devenue très sociale, poltique et même teintée des idéologies contemporaines et a traité les thèmes de la liberté, de la patrie, de l’amour charnel, etc.</p>



<p>Je considérais qu’il fallait montrer aux yeux du monde occidental cette modernité de la poésie persane, où plus exactement iranienne.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zQwudCUIHb"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exil douloureux de la littérature persane » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/embed/#?secret=4bU1bjkP2o#?secret=zQwudCUIHb" data-secret="zQwudCUIHb" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong><em>Traduire la poésie est sans doute l’un des exercices les plus complexes. Quelles sont, selon vous, les principales difficultés spécifiques à la traduction de la poésie persane vers le français ? Et comment peut-on préserver «l’âme de la langue» dans la traduction de la poésie?</em></strong></p>



<p>À mon avis, il n’y a pas de difficulté majeure à la traduction vers le persan, car cette poésie contemporaine a été très influencée, au niveau du contenu général et de la forme par la poésie européenne. Elle s’est libérée aussi des <em>«carcans»</em> des règles de la versification classique, et s’est donné beaucoup de liberté pour s’exprimer. Si le traducteur n’insiste pas à reproduire la musique originale de la poésie persane, classique ou moderne, et s’il arrive à chercher plutôt l’équivalent exacte de diverses expressions, sa version française produira toute seule une musique propre à la langue française. Pour préserver <em>«l’âme de la langue»</em>, une traduction fidèle et exacte, ou de sens, donner des ailes à <em>«l’âme de la langue»</em>, à l’instar de la traduction de Hafez par Charles Henri de Fouchécour. Des tentatives de traduire librement et plutôt de créer une poésie propre à la langue de la traduction en se servant des thèmes de la langue originale pourront aussi transmettre l’âme de la langue, comme l’expérience très réussi de Edward Fitzgerald.</p>



<p><strong><em>Vous avez également traduit des auteurs classiques comme Sa’adi, Attar, Hallâj. En quoi l’approche de ces textes diffère-t-elle de celle des poètes modernes?</em></strong></p>



<p>Ma principale motivation a été de faire connaître la poésie inédite de ces poètes, surtout leurs poèmes d’amour (<em>ghazals</em>) et leurs quatrains. Car malheureusement ce genre de poème n’a pas été traduit en français pour des raisons étonnantes. Manque d’intérêt des spécialistes français&nbsp;?</p>



<p>N’ayant pas une formation académique et la maitrise suffisante de la langue pour produire une forme classique, je me suis contenté d’une traduction en langue moderne de cette poésie, de rester fidèle au sens et de préserver un minimum de la musique originale. Selon moi une traduction libre de la poésie classique, libre des rimes et des rythmes, plait beaucoup plus au goût des français.</p>



<p><strong><em>Quel a été l’accueil du public francophone face à ces traductions de la poésie iranienne contemporaine? Existe-t-il un lectorat sensible à cette littérature?</em></strong></p>



<p>Au départ un accueil très timide. J’ai mis 20 ans pour pouvoir diffuser largement la poésie persane moderne et intéresser le public, dernièrement grâce aux écrivaines françaises, Abnousse Shalmani et Cécile Holdban, et certains médias comme Radio France. Forough Farrokhzad, grâce à l’effort des écrivaines et des médias précités a conquis la France entière.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EetIPOBrkn"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/embed/#?secret=Pzs1tQCi0t#?secret=EetIPOBrkn" data-secret="EetIPOBrkn" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p><strong><em>En tant que fondateur de la maison d’édition </em></strong><strong>Lettres persanes<em>, vous avez aussi un regard d’éditeur. Quels sont les défis spécifiques à la publication d’œuvres persanes en France?</em></strong><strong><em><br></em></strong>Demande limitée pour la littérature iranienne, manque de moyens, capital, structures de soutien et d’aide insuffisants, et enfin la situation géopolitique du pays.</p>



<p><strong><em>Vous avez dit un jour que «le travail culturel est la forme la plus utile d’action pour l’Iran aujourd’hui». Pouvez-vous nous expliquer ce que cela signifie pour vous concrètement ?</em></strong></p>



<p>La politique et la religion ont conduit le pays à la catastrophe. Les forces politiques prometteurs à l’intérieur sont inexistantes&nbsp;; à l’extérieur elles sont divisées et faibles. Seules les activités culturelles au sens large en Iran et en dehors du pays sont les leviers du rassemblement large des iraniennes et iraniens, et les vraies sources d’une résurrection future du pays, en attendant une ouverture politique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/24/jalaal-alavinia-%e2%94%82-la-resurrection-de-liran-passera-par-la-culture/">Jalaal Alavinia │ «La résurrection de l’Iran passera par la culture»</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Printemps de Téhéran │ Des saisons avortées</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/14/printemps-de-teheran-%e2%94%82-des-saisons-avortees/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 14 May 2025 05:59:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abdolkarim Soroush]]></category>
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		<category><![CDATA[Mostafa Khalaji]]></category>
		<category><![CDATA[Mozaffareddine Shah Qajar]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’influence des intellectuels iraniens semble aujourd’hui à son niveau le plus bas. Pourquoi une telle régression ?</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/14/printemps-de-teheran-%e2%94%82-des-saisons-avortees/">Printemps de Téhéran │ Des saisons avortées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’influence des intellectuels iraniens a connu de nombreux hauts et bas depuis les premiers signes de la révolution constitutionnelle persane sous le règne de Mozaffareddine Shah Qajar (1896-1907), mais elle semble aujourd’hui à son niveau le plus bas. Pourquoi une telle régression, alors même que le taux d’alphabétisation en Iran est à son plus haut niveau et qu’Internet facilite de plus en plus l’accès à l’information ? Les intellectuels iraniens n’ont-ils aucune solution aux multiples crises du pays, ou bien est-ce que personne ne les écoute ?</em></strong> <em>(Ph. Depuis le Mouvement vert en 2009, ce sont les citoyens issus de la classe moyenne qui ont pris les rênes de la protestation.)</em></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji *&nbsp;</strong></p>



<span id="more-16542187"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>L’apparition d’un groupe d’intellectuels en Iran remonte à la veille du mouvement constitutionnel à la fin de l’époque Qajar. Ils ambitionnaient de rénover en profondeur la culture, la société et finalement la sphère politique du pays.</p>



<p>Ces intellectuels ont en grande partie réussi, allant jusqu’à transformer la langue persane.</p>



<p>Ces évolutions se sont poursuivies jusqu’à la fin du règne de Reza Chah. Mais sous Mohammad Reza Chah, la répression politique et les restrictions visant les intellectuels, pour la plupart proches des courants de gauche, les ont tenus éloignés de la scène politique durant de longues années.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Modernité et révolutions</h2>



<p>À la veille de la révolution <em>«islamique»</em> de 1979, de nombreux intellectuels et écrivains iraniens soutenaient les efforts pour mettre fin au régime du Chah. À cette époque, deux groupes d’intellectuels — les laïcs de gauche d’un côté, et ceux qu’on appellera plus tard les <em>«intellectuels religieux»</em> de l’autre — ont rejoint la révolution.</p>



<p>La figure principale des intellectuels religieux était Ali Shariati, qui, en fusionnant les idées du socialisme avec la religion chiite, promouvait une idéologie nouvelle et séduisante à travers des discours enflammés dans un centre religieux de Téhéran. Ses livres et ses conférences attiraient un large public.</p>



<p>Mais le régime issu de la révolution a rapidement réprimé les courants intellectuels, n’accordant même que peu de faveur aux œuvres de Shariati, décédé peu avant la victoire de la révolution.</p>



<p>L’activité de l’Association des écrivains iraniens — principal syndicat des écrivains et intellectuels après la révolution — fut interdite, et dans les années 1990, une vague d’assassinats et d’exécutions visa des intellectuels, écrivains et artistes dissidents, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.</p>



<p>Cependant, des notions issues notamment de la traduction des penseurs occidentaux, comme la <em>«démocratie»</em> ou la <em>«société civile»</em>, ainsi que les combats des intellectuels religieux tels qu’Abdolkarim Soroush contre les privilèges du clergé, ont favorisé la victoire de Mohammad Khatami, candidat réformiste, à l’élection présidentielle de 1996.</p>



<p>La relative liberté de publication de livres et de journaux qui suivit cette élection renforça l’influence des journalistes, écrivains et intellectuels. Mais ce <em>«printemps de Téhéran»</em>, à l’instar d’autres <em>«printemps»</em> dans l’histoire contemporaine iranienne, fut de courte durée. Il se mua en automne avec la fermeture massive des journaux, la destitution du ministre de la Culture, les arrestations et les exils.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uBYjIMlVlP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’exil douloureux de la littérature persane » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/embed/#?secret=WdjjioBi96#?secret=uBYjIMlVlP" data-secret="uBYjIMlVlP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une perte d’influence</h2>



<p>Daryush Shayegan, célèbre philosophe iranien décédé en 2018, m’avait déclaré quelques années avant sa mort : <em>«Avant la révolution islamique, nous avions des penseurs comme Jalal Al-e Ahmad et Shariati, qui avaient une influence sur la société intellectuelle. Mais je pense qu’aujourd’hui, les intellectuels n’ont plus cette influence.»</em> Il ajoutait : <em>«Certes, leurs livres sont lus pour s’informer, mais les écrivains ne sont plus des modèles, et la société iranienne a dépassé les intellectuels.»</em></p>



<p>Pourquoi Shayegan considérait-il que la société iranienne avait devancé ses intellectuels? En résumé, la principale raison tient au fait que les échecs politiques du siècle passé ont entraîné l’échec des mouvements intellectuels qui soutenaient ces transformations politiques.</p>



<p>La chute du régime pahlavi a marqué celle des intellectuels laïcs, nationalistes et en partie conservateurs. L’échec des idéaux ayant mené à la révolution de 1979 — tels que l’<em>«indépendance et la liberté»</em> — a scellé celui des intellectuels de gauche. Quant à l’échec des réformes sous Mohammad Khatami, il a totalement désillusionné la population vis-à-vis des <em>«intellectuels religieux»</em>, qui espéraient associer régime islamique et démocratie.</p>



<p>Depuis la présidence de Mahmoud Ahmadinejad, les intellectuels sont les grands absents de toutes les contestations et mouvements de changement.</p>



<p>Lors du <em>«Mouvement vert»</em>, le soulèvement postélectoral qui suivit l&rsquo;élection présidentielle de 2009, ce sont les citoyens issus de la classe moyenne qui ont spontanément pris les rênes de la protestation. Dans les mouvements économiques des années suivantes, les ouvriers se sont mobilisés. Et dans les dernières manifestations connues sous le nom de <em>«Femme, Vie, Liberté»</em>, ce sont les femmes et jeunes filles ordinaires, non issues de l’élite, qui ont entièrement porté le mouvement.</p>



<p>Dans toutes ces protestations, lorsqu’un intellectuel prenait la parole, ce n’était que pour apporter un soutien a posteriori, sans rôle dans leur genèse.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RA57VJIiKN"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/embed/#?secret=bDbWSqg0Kd#?secret=RA57VJIiKN" data-secret="RA57VJIiKN" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Où en est-on actuellement ?</p>



<p>Aujourd’hui, certains intellectuels autrefois influents, comme Abdolkarim Soroush, vivent en exil. Les rares figures qui s’expriment encore à l’intérieur du pays sont peu connues du grand public et se contentent d’analyser la situation actuelle.</p>



<p>En réalité, l’Iran contemporain est dépourvu d’un intellectuel de masse, moteur d’un mouvement.</p>



<p>Hatam Ghaderi, ancien professeur d’université à Téhéran, considère que les intellectuels eux-mêmes sont responsables de cette situation. Lors d’un discours récent à Téhéran, évoquant les échecs successifs des révolutions en Iran, il affirma que tous les régimes politiques du dernier siècle ont conduit les intellectuels — surtout les intellectuels de gauche et religieux — à ne proposer pour toute solution que la <em>«révolution»</em>.</p>



<p>Il a mis en doute l’efficacité de cette réponse, en déclarant : <em>«La révolution devrait être la dernière option.»</em></p>



<p>Cet intellectuel iranien a souligné que, contrairement à ceux d’autres régions du monde, les intellectuels iraniens posent rarement des <em>«questions»</em>; ils avancent directement des <em>«réponses»</em>. <em>«Les intellectuels pensaient être d’une certaine manière consacrés, et semblaient puiser leur énergie et leur pensée de cette reconnaissance»</em>, a-t-il conclu.</p>



<p>* <em>Journaliste et écrivain iranien.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/05/14/printemps-de-teheran-%e2%94%82-des-saisons-avortees/">Printemps de Téhéran │ Des saisons avortées</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>L’exil douloureux de la littérature persane</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 11 Apr 2025 06:00:40 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Houshang Golshiri]]></category>
		<category><![CDATA[Kader Abdolah]]></category>
		<category><![CDATA[littérature iranienne]]></category>
		<category><![CDATA[littérature persane]]></category>
		<category><![CDATA[Mahmoud Dowlatabadi]]></category>
		<category><![CDATA[Mostafa Khalaji]]></category>
		<category><![CDATA[Reza Daneshvar]]></category>
		<category><![CDATA[Shahrouz Rashid]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi l’écrivain iranien en exil chercherait-il à écrire dans une autre langue ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si l’on distingue la publication des œuvres littéraires iraniennes à l’étranger en deux catégories — la littérature persane et la littérature iranienne en d’autres langues — c’est la première qui a connu un destin tragique, surtout dans les premières années qui ont suivi la révolution iranienne. Cependant, grâce aux nouvelles générations d’Iraniens persanophones vivant à l’étranger et à des outils tels qu’Internet, cette situation est en train de se transformer. </em></strong><em>(De haut en bas et de gauche à droite&nbsp;:Kader Abdolah &#8211; Shahrouz Rashid &#8211; Reza Daneshvar &#8211; Mahmoud Dowlatabadi &#8211; Houshang Golshiri).</em></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji</strong></p>



<span id="more-16149293"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16149558" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Le persan, langue officielle de l’Iran, est également une langue riche d’une longue histoire. Malgré les évolutions qu’elle a connues au cours des cent dernières années, les Iraniens continuent de comprendre sans difficulté les œuvres des poètes et écrivains qui ont vécu il y a mille ans.</p>



<p>En dehors de l’Iran, les Afghans et les Tadjiks parlent aussi le persan. Autrefois, ils partageaient tous un même espace culturel. Mais à la suite des délimitations politiques et géographiques entre l’Iran, le Tadjikistan et l’Afghanistan — et en particulier après la Révolution constitutionnelle persane — le lecteur iranien s’est principalement tourné vers les œuvres littéraires persanophones produites à l’intérieur des frontières actuelles de l’Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Méfiance envers la littérature en exil</h2>



<p>De nos jours, à quelques exceptions près, les lecteurs iraniens, et même les écrivains iraniens, n’accordent que peu d’attention aux œuvres persanophones publiées à l’étranger par des Iraniens.</p>



<p>L’avis de Houshang Golshiri, écrivain célèbre qui vivait en Iran, à propos de la littérature persanophone en exil, est bien connu. Il avait déclaré que les récits persans publiés par les écrivains iraniens exilés n’avaient que peu de valeur littéraire et relevaient surtout de la <em>«catharsis émotionnelle»</em>.</p>



<p>Ou encore Mahmoud Dowlatabadi, considéré comme le plus grand écrivain iranien vivant, qui réside en Iran, n’a jamais accepté que son roman ‘‘<em>Le Colonel’’</em> soit publié en persan à l’étranger, malgré l’absence d’autorisation de publication en Iran.</p>



<p>Dowlatabadi a permis que les traductions de ce roman important de la littérature persane soient publiées dans d’autres langues à l’étranger, Il n’a jamais donné son accord pour la publication de ce livre dans sa version originale à l’étranger. La soif des lecteurs iraniens pour lire le texte original a poussé certains trafiquants de livres à le retraduire du français ou d’autres langues vers le persan et à le publier illégalement !</p>



<p>De tels cas illustrent la méfiance persistante qui règne en Iran à l’égard de la littérature persanophone produite en exil. Cette suspicion n’existe pas à l’encontre des œuvres d’Iraniens ou de personnes d’origine iranienne qui écrivent en langues étrangères (notamment européennes) à l’étranger.</p>



<p>Cette frange d’écrivains, dont la plupart ont pris la nationalité du pays qui les héberge, est de plus en plus reconnue et leurs œuvres de plus en plus lues. Cependant les écrivains iraniens en exil qui persistent à écrire dans leur langue maternelle demeurent isolés. Que ce soit en Iran ou dans la diaspora, leurs œuvres ne sont ni lues ni reconnues à leur juste valeur.</p>



<p>En refusant aux écrivains iraniens de l’étranger la possibilité d’être publiés en Iran, le gouvernement de la République islamique a érigé un mur tel que, près de quatre décennies après la Révolution, il est toujours difficile aux lecteurs iraniens d’accéder aux œuvres des auteurs en exil, malgré Internet et l’édition numérique. Là-dessus viennent se greffer les clichés en vigueur en Iran concernant la littérature iranienne en exil, entre autres, cette critique récurrente selon laquelle <em>«cette littérature ne produit pas des chefs d’œuvre»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La langue en exil</h2>



<p>La Révolution islamique de 1979 a déclenché une vague d’émigration, y compris chez les écrivains, dont la plupart ont connu de grandes difficultés dans les premières années ou étaient étroitement surveillés par le régime, soit en raison de leurs activités politiques, soit à cause de leurs œuvres. Leur sort, comme celui de milliers d’autres Iraniens, a été l’exil. Mais parmi ces écrivains, ceux qui étaient enseignants, journalistes, fonctionnaires ou professeurs d’université, ont dû en exil choisir d’autres métiers, généralement d’un niveau inférieur pour assurer leur subsistance.</p>



<p>Reza Daneshvar, auteur de romans et de pièces de théâtre qui émigra à Paris en 1982 où il vécu jusqu’à sa mort en 2015, a gagné sa vie pendant des années comme chauffeur de taxi tout en écrivant son œuvre qui compte parmi les plus importantes de la langue persane. Il a comparé la situation de nombreux Iraniens en exil à celle des Russes exilés après la Révolution de 1917&nbsp;: <em>«Dans les taxis parisiens, on trouve comme au temps des Russes blancs des princes, des comtes, des architectes, des ingénieurs exilés et moi-même j’ai suivi ce drôle de chemin.»</em></p>



<p>Il considérait avoir choisi ce métier parce qu’il n’était pas capable d’écrire parfaitement en français&nbsp;: <em>«Pour communiquer avec le monde, vous avez besoin de la langue ; lorsque vous ne maîtrisez pas une langue, votre monde se réduit aux quelques mots que vous connaissez et ceci affecte vos relations sociales et le choix de votre métier.»</em></p>



<p>Pourquoi l’écrivain iranien en exil cherchait-il à écrire dans une autre langue ? Peut-être que la principale raison de l’absence de véritable connexion entre lui et le lecteur persanophone en exil réside là.</p>



<p>Plus de cent écrivains iraniens ont été exilés après la révolution. Aujourd’hui, après 45 ans, leur nombre a considérablement augmenté. Cependant, en raison de la censure en Iran, des difficultés liées à l’édition à l’étranger et des coûts de distribution, ces écrivains ne parviennent pas à faire parvenir leurs œuvres facilement aux lecteurs persanophones en Iran et même dans d’autres régions du monde.</p>



<p>De plus, l’absence de librairies iraniennes dans la plupart des villes d’Europe et d’Amérique, et même dans les grandes métropoles où il n’y en a qu’une seule, empêche les lecteurs intéressés de trouver les livres qu’ils recherchent.</p>



<p>Il existe également un mur invisible entre l’écrivain iranien en exil et le lecteur persanophone en Iran.</p>



<p>Les lecteurs vivant en Iran estiment que les écrivains de l’exil ne peuvent pas ressentir les conditions de vie actuelle du pays et qu’ils ont perdu à l’étranger la maîtrise de leur langue maternelle. Par conséquent, ils n’éprouvent pas d’intérêt pour leurs écrits. Selon eux, tant que ces auteurs vivaient en Iran, ils pouvaient être de bons écrivains, mais du moment où ils sont partis loin de leur pays et de leur langue maternelle, ils ne sont plus à même de créer une littérature digne d’intérêt.</p>



<p>Shahrouz Rashid, poète iranien qui a fui l’Iran pour des raisons politiques après la Révolution et est décédé en 2019, conteste ce point de vue&nbsp;: <em>«La littérature de l’exil n’est absolument pas l’expression de ce qui ne peut pas être dit en Iran. Ce qui n’a pas été dit en Iran n’a pas été dit et ne le sera pas. En vérité, la littérature de l’exil n’exprime pas les non-dits de l’Iran, elle a, au contraire, une valeur propre.»</em>&nbsp;</p>



<p>Mais les quelques écrivains iraniens en exil qui ont appris la langue du pays où ils vivent suffisamment bien pour écrire dans cette langue ne sont plus confrontés à ces critiques. Non seulement ils ne sont pas l’objet de jugements acerbes de la part des critiques littéraires des pays hôtes, mais ils sont beaucoup mieux considérés par les lecteurs et les revues littéraires en Iran que les écrivains de l’exil qui continuent à écrire dans leur langue maternelle.</p>



<p>Kader Abdolah, écrivain et réfugié politique iranien qui vit aux Pays-Bas depuis des années, écrivait en persan durant ses premières années d’exil, mais a rapidement publié son premier roman en néerlandais. Tant qu’il écrivait en persan, il n’était pas un écrivain connu, mais dès qu’il a commencé à écrire dans une langue étrangère, il est devenu un écrivain à succès. Cet écrivain iranien a lui-même déclaré à propos des écrivains iraniens qui écrivent leurs œuvres en persan en exil qu’ils ont un <em>«sort tragique»</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un destin en pleine évolution</h2>



<p>Dans ce contexte, les éditeurs iraniens à l’étranger ont intensifié leurs efforts ces dernières années pour faire connaître les œuvres des écrivains exilés aux lecteurs iraniens de l’étranger.</p>



<p>Par exemple, le <em>«Salon du livre de Téhéran non&nbsp;censuré»</em>, qui se tient chaque année en mai dans plusieurs villes d’Europe et des États-Unis en même temps que le Salon international du livre de Téhéran, concrétise ces efforts. L’objectif de ce salon est de permettre aux lecteurs persanophones de l’étranger d’accéder aux livres non censurés.</p>



<p>Les éditeurs participants à ce salon affirment que la continuité de cet événement, année après année, est un signe de son succès. Certains éditeurs persanophones en exil tentent également, par la création de nouvelles applications, de rendre leurs œuvres accessibles en Iran aux personnes intéressées.</p>



<p>Ces éditeurs disent que, malgré toutes les difficultés et obstacles, préserver la littérature persanophone à l’étranger est important pour la vitalité de la culture des Iraniens à l’étranger et pour réduire leurs crises identitaires.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/11/lexil-douloureux-de-la-litterature-persane/">L’exil douloureux de la littérature persane</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>Iran &#8211; Tunisie &#124; Un échange littéraire inattendu</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 31 Mar 2025 06:21:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abou El Kacem Chebbi]]></category>
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		<category><![CDATA[Houshang Golshiri]]></category>
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		<category><![CDATA[Nizar Chakroun et Fatma Ben Mahmoud]]></category>
		<category><![CDATA[Reza Amiri]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Un dialogue littéraire et culturel s’est spontanément établi entre l’Iran et la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Sans qu’aucune concertation préalable n’ait eu lieu, un dialogue littéraire et culturel s’est spontanément établi entre l’Iran et la Tunisie et un intérêt réciproque est en train de s’installer aussi bien à Tunis qu’à Téhéran.</em></strong></p>



<p><strong>Mostafa Khalaji</strong></p>



<span id="more-16054000"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji.jpg" alt="" class="wp-image-16054020" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/03/Mostafa-Khalaji-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>Juillet 2024. Je me promenais dans les rues du centre-ville de Tunis, une ville qui me rappelle beaucoup mon pays natal. Je suis entré dans l’une des petites librairies conviviales pour chercher des romans récemment publiés par des écrivains tunisiens francophones.</p>



<p>En explorant les rayons, j’ai été à la fois surpris et ravi de découvrir deux livres : la traduction en arabe de <em>Le Prince Ehtejab</em> de Houshang Golshiri et une biographie de Forough Farrokhzad écrite par Farzaneh Milani.</p>



<p>Golshiri est l’un des écrivains les plus modernes de la littérature contemporaine iranienne, et Farrokhzad est aussi la plus grande poétesse de langue persane. Ma joie venait du fait que ces deux livres sont d&rsquo;excellents choix pour permettre au lecteur tunisien de découvrir une part importante de la riche littérature iranienne contemporaine.</p>



<p><em>Le Prince Ehtedjab</em> est le roman le plus important de Golshiri, écrit dans un style de flux de conscience et offrant une critique de l’histoire contemporaine de l’Iran.</p>



<p>Forough Farrokhzad, quant à elle, a introduit des thèmes modernes dans la poésie féminine iranienne et a abordé la féminité d’une manière nouvelle, brisant ainsi les frontières préexistantes sur ce sujet :</p>



<p class="has-text-align-left"><em>J’ai péché, péché dans le plaisir,<br>Dans des bras chauds et enflammés.<br>J’ai péché, péché dans des bras de fer,<br>Dans des bras brûlants et rancuniers.<br>&#8230;<br>J’ai péché, péché dans le plaisir,<br>Près d’un corps tremblant et évanoui.<br>Seigneur ! Je ne sais ce que j’ai fait<br>Dans ce lieu calme, sombre et muet…</em></p>



<p class="has-text-align-center">(<em>Traduit par Nazli et Jalal Alavinia</em>)</p>



<p>Mais ma surprise venait du fait que je ne m’attendais pas à trouver de tels livres dans les rayons d’une librairie tunisienne. Car quatorze ans auparavant, avant la révolution tunisienne, lorsque j’avais vécu plusieurs mois dans ce pays, je n’avais pas vu de tels ouvrages de littérature iranienne dans les librairies de Tunis.</p>



<p>À cette époque, j’avais senti que les lecteurs tunisiens n’étaient pas très familiers avec la littérature contemporaine iranienne, mais cette méconnaissance était réciproque. En Iran, où j&rsquo;avais grandi et exercé mon métier de journaliste, la littérature tunisienne n’était pratiquement jamais abordée dans les médias et les cercles littéraires.</p>



<p>En 2007, lors de mon entretien avec Reza Amiri à Téhéran, un traducteur éminent de la littérature arabe en persan, il avait affirmé que les Iraniens n’avaient pas une véritable connaissance de la littérature arabe moderne.</p>



<p>Ce traducteur, qui avait notamment traduit les œuvres de Naguib Mahfouz, m’avait dit : <em>«En réalité, on peut dire que nous ne connaissons ni le roman arabe des 30 dernières années, ni la poésie arabe récente. La raison de cette méconnaissance est le manque d’intérêt des lecteurs et des éditeurs iraniens pour la littérature arabe.»</em> Il avait ajouté : <em>«Nous ne devons pas seulement blâmer les traducteurs. La littérature contemporaine repose sur le dialogue, et nous n’avons aucun dialogue créatif avec la littérature arabe.»</em></p>



<p>Cette faible connaissance mutuelle était d’autant plus surprenante que, par le passé, Iraniens et Arabes se connaissaient très bien. Historiquement et culturellement, ils partageaient de nombreux points communs. Il suffit de lire les poèmes des grands maîtres de la littérature persane, comme Saadi et Hafez, pour constater leur parfaite maîtrise de la littérature arabe. Ou encore, de lire les œuvres d’Ibn Khaldoun, le grand penseur tunisien, pour comprendre à quel point il était familier de la culture iranienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le tournant culturel de la révolution du jasmin</h2>



<p>La révolution tunisienne de 2011 a contribué à faire connaître davantage ce pays dans le monde, y compris en Iran.</p>



<p>Beaucoup ont alors découvert que la Tunisie n’était pas seulement une destination touristique en Afrique du Nord, comme les agences de voyages dans les rues de Téhéran en faisaient la publicité, mais aussi un pays pionnier dans de nombreux domaines, aussi bien dans le monde arabe que dans le monde islamique.</p>



<p>Le choix d&rsquo;un poème d&rsquo;Abou El Kacem Chebbi, le célèbre poète tunisien, comme slogan lors des manifestations de la révolution a mis en évidence la richesse de la culture et de la littérature tunisienne&nbsp;:</p>



<p class="has-text-align-left"><em>Lorsqu&rsquo;un jour le peuple veut vivre,<br>force est pour le destin de répondre,<br>Force est pour les ténèbres de se dissiper,<br>force est pour les chaînes de se briser.</em></p>



<p>Chebbi était un fervent défenseur de la liberté et de la volonté humaine. Son humanisme, intimement lié à son engagement social et politique, résonne avec le lecteur iranien, car on retrouve des thèmes similaires dans la poésie persane contemporaine.</p>



<p>Par exemple, Ahmad Shamlou, l’un des poètes les plus importants de la langue persane, a décrit dans ses poèmes un être humain combatif, contestataire et épris de liberté.</p>



<p>D’une manière générale, depuis l’époque de la Révolution constitutionnelle persane jusqu’à nos jours, l’humanisme s’est manifesté sous différentes formes dans l’art et la littérature persane. C’est pourquoi le célèbre poème de Chebbi est particulièrement apprécié par les Iraniens.</p>



<p>Au cours des années ayant suivi la révolution tunisienne, les traducteurs iraniens, notamment ceux spécialisés en littérature arabe, ont montré un intérêt grandissant pour la traduction d’œuvres littéraires tunisiennes vers le persan.</p>



<p>Le roman <em>L’Italien</em> de Chokri Mabkhout, des poèmes de Fathi Sassi, ainsi que des nouvelles de Nizar Chakroun et Fatma Ben Mahmoud, font partie des œuvres tunisiennes qui ont récemment été traduites et publiées en Iran.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dialogue littéraire</h2>



<p><em>L&rsquo;Italien</em> est un roman fascinant et profond qui explore avec acuité les dimensions sociales, politiques et culturelles de la société tunisienne. À travers une langue expressive et un style évocateur, Mabkhout dépeint avec justesse l’ambiance de la Tunisie des années 1990. En mettant en lumière les contradictions et les défis de cette société, il entraîne le lecteur dans son univers littéraire, tout comme le fait Golshiri. Ce dernier, dans son roman <em>Le Prince Ehtejab</em>, offre également au lecteur tunisien une fenêtre sur la société iranienne contemporaine.</p>



<p>En réalité, sans qu’aucune concertation préalable n’ait eu lieu, un dialogue littéraire et culturel s’est spontanément établi entre les deux pays, concrétisant ainsi le souhait exprimé il y a plusieurs années par Reza Amari lors d’un échange avec moi.</p>



<p>Mais dans la préface de son livre destiné aux lecteurs iraniens, Fatma Ben Mahmoud a exprimé sa <em>«surprise»</em> de voir une partie de ses écrits traduite en persan. Elle a également mentionné que sa perception de l’Iran s’était principalement construite à travers le cinéma iranien et a reconnu, de manière implicite, sa méconnaissance de la littérature persane contemporaine.</p>



<p>Ces réflexions illustrent que, malgré les avancées notables, le chemin reste encore long pour renforcer véritablement les échanges littéraires entre les deux pays.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/iran-tunisie-un-echange-litteraire-inattendu/">Iran &#8211; Tunisie | Un échange littéraire inattendu</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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