<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?><rss version="2.0"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
	xmlns:sy="http://purl.org/rss/1.0/modules/syndication/"
	xmlns:slash="http://purl.org/rss/1.0/modules/slash/"
	>

<channel>
	<title>Archives des OAS - Kapitalis</title>
	<atom:link href="https://kapitalis.com/tunisie/tag/oas/feed/" rel="self" type="application/rss+xml" />
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/oas/</link>
	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
	<lastBuildDate>Tue, 01 Apr 2025 06:06:24 +0000</lastBuildDate>
	<language>fr-FR</language>
	<sy:updatePeriod>
	hourly	</sy:updatePeriod>
	<sy:updateFrequency>
	1	</sy:updateFrequency>
	<generator>https://wordpress.org/?v=6.8.3</generator>

<image>
	<url>https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/05/cropped-Logo-Kapitalis-32x32.png</url>
	<title>Archives des OAS - Kapitalis</title>
	<link>https://kapitalis.com/tunisie/tag/oas/</link>
	<width>32</width>
	<height>32</height>
</image> 
	<item>
		<title>‘‘Marseille 73’’ &#124; Le cri muet d’une ville sous les balles</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/01/marseille-73-le-cri-muet-dune-ville-sous-les-balles/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/01/marseille-73-le-cri-muet-dune-ville-sous-les-balles/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 01 Apr 2025 06:05:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dominique Manotti]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
		<category><![CDATA[Front national]]></category>
		<category><![CDATA[guerre d’Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Marie-Noëlle Thibault]]></category>
		<category><![CDATA[Marseille]]></category>
		<category><![CDATA[OAS]]></category>
		<category><![CDATA[Racisme]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=16061312</guid>

					<description><![CDATA[<p>En 1973, des nervis de l’OAS, amnistiés et intégrés dans les rouages de l’État, la police, et la société en France, continuent leur croisade raciste à Marseille.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/01/marseille-73-le-cri-muet-dune-ville-sous-les-balles/">‘‘Marseille 73’’ | Le cri muet d’une ville sous les balles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’histoire de </em></strong><strong>‘‘Marseille 73’’<em> (éd. Les Arènes, France) est un drame insoutenable, une tragédie silencieuse qui hante la mémoire de la ville et de la France. Dominique Manotti, avec sa plume sèche et implacable, plonge le lecteur dans l’abîme d’un passé douloureux, un passé où les balles de la haine frappaient sans distinction, abattant des hommes, des femmes, des enfants, simplement en raison de leur origine. C’est une histoire vraie. Une histoire qui ne veut pas mourir.</em></strong></p>



<p><strong>Djamal Guettala</strong></p>



<span id="more-16061312"></span>



<p>En seulement six mois, plus de cinquante assassinats ciblés – des meurtres froids et méthodiques, souvent commis à bout portant, <em>«à vue»</em>, comme une chasse macabre – secouent Marseille, véritable épicentre du terrorisme raciste des années 1970.</p>



<p>La quatrième de couverture du roman résume la brutalité de l’époque avec une précision glaçante : <em>«La France connaît une série d’assassinats ciblés sur des Arabes, surtout des Algériens. On les tire à vue, on leur fracasse le crâne.»</em> Ces meurtres, perpétrés dans l’indifférence générale, témoignent de l’impunité absolue qui régnait à Marseille.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un décor d’horreur et de silence complice</h2>



<p>À la veille des années 70, onze ans après la fin de la guerre d’Algérie, la France se trouve face à son propre héritage colonial : des nervis de l’OAS, amnistiés et intégrés dans les rouages de l’État, la police, et la société, continuent leur croisade raciste, appelant à la destruction des mosquées, des commerces, des bistrots arabes. La violence est systématique, implacable, et sa portée est renforcée par l’absence de justice.</p>



<p>Dans ce contexte, Dominique Manotti nous entraîne dans l’univers de l’Évêché, l’hôtel de police de Marseille, où se noue l’intrigue. Un lieu où tout se sait et rien ne se dit, où le silence complice règne. C’est là que le jeune commissaire Daquin, fraîchement nommé, va se retrouver au cœur de la tourmente. À 27 ans, il incarne cette jeunesse française aveugle à la brutalité du système, mais prête à tout pour y faire face, même si l’espoir semble déjà un luxe illusoire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un héros perdu dans un monde corrompu</h2>



<p>Le commissaire Daquin est un homme marqué par la violence qui l’entoure, mais aussi par ses propres contradictions. <em>«Il n’est ni un héros ni un lâche»</em>, explique Manotti. Il est avant tout un produit de son époque, un homme pris au piège entre une volonté de justice et un système corrompu qui le dépasse. La violence est partout, et Daquin, malgré sa jeunesse et ses idéaux, est contraint d’évoluer dans un monde où l’intégrité semble une faiblesse.</p>



<p><em>«Tout est prêt pour la tragédie»</em>, dit Manotti. Mais cette tragédie, c’est celle d’une ville, d’une époque, et d’une société. C’est l’histoire d’une France qui préfère oublier pour maintenir son apparence de grandeur, en effaçant les cicatrices du colonialisme et du racisme qui gangrènent ses fondations.</p>



<p>Le roman de Manotti est une invitation poignante à ne pas oublier. À travers les assassinats d’Algériens et d’autres Maghrébins, <em>‘‘Marseille 73’’</em> réveille des fantômes que l’histoire officielle préfère enterrer. La France, qui s’autoproclame le pays des droits de l’homme, se soucie peu de ses <em>«crimes coloniaux»</em> et de l’inhumanité systémique qui les accompagne. <em>«Le silence sur ces crimes n’est pas un hasard»</em>, explique Manotti. <em>«Il est nécessaire pour protéger l’image de la France.»</em> C’est ce silence que l’auteure, avec une précision presque clinique, dénonce dans son roman.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-16061384" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Dominique-Manotti-Marseille-73.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em><strong>Dominique Manotti avec Djamal Guettala.</strong></em></figcaption></figure></div>


<h2 class="wp-block-heading">Le racisme, héritage immuable</h2>



<p>La fiction, selon Manotti, a un rôle capital dans la réconciliation de l’Histoire. Elle permet de rendre accessible ce que les faits historiques seuls ne peuvent transmettre : l’émotion brute, la violence vécue au quotidien, l’humiliation et la peur. <em>‘‘Marseille 73’’</em> est ainsi une passerelle entre le passé et le présent, une invitation à ressentir ce que l’histoire a oublié de nous faire comprendre.</p>



<p>Le roman s’inscrit dans une réflexion plus large, une méditation sur le racisme et ses racines profondes. Ce racisme, ancré dans l’histoire coloniale de la France, est toujours là, prêt à ressurgir sous de nouvelles formes. Manotti le rappelle avec force : <em>«La société française reste marquée par un racisme anti-arabe et anti-africain, un héritage direct de la colonisation.»</em> Les meurtres de 1973 résonnent encore aujourd’hui, dans une France où la violence policière, l’exclusion et le rejet des populations issues de l’immigration continuent de diviser.</p>



<p>Ce roman ne se contente pas de relater une époque révolue, il dévoile les fractures qui déchirent encore la société française d’aujourd’hui. Le Front National, dans les années 70 comme aujourd’hui, nourrit sa politique du racisme, de la peur de l’autre et du rejet des différences, et particulièrement de l’Arabe et du Musulman. Ce parti, héritier direct des colons et des partisans de l’Algérie française, continue de prospérer sur ces terreaux fertiles.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une France qui ne veut pas se voir</h2>



<p>Dans <em>‘‘Marseille 73’’</em>, la police n’est pas un agent de protection, mais un instrument de répression. C’est une institution corrompue, où la violence d’État se mêle à la violence sociale. Les policiers, anciens membres de l’OAS ou simples héritiers de la guerre d’Algérie, continuent de semer la terreur sans être inquiétés. <em>«Beaucoup de policiers ayant servi durant la guerre d’Algérie ont été rapatriés et réintégrés dans la police nationale»</em>, explique Manotti. Leur présence à Marseille n’était pas un hasard, elle a renforcé un système déjà gangrené.</p>



<p><em>‘‘Marseille 73’’</em> est aussi une tragédie de la mémoire. Une mémoire qui se refuse à voir, à comprendre, à réparer. Mais Manotti, dans un dernier souffle d’espoir, lance un appel : <em>«Il est important de ne pas oublier les cicatrices laissées par cette époque.»</em></p>



<p>Ce livre, en apparence une simple enquête policière, est en réalité un cri silencieux, un hommage aux victimes oubliées, un appel à affronter les démons du passé.</p>



<p><em>‘‘Marseille 73’’</em> n’est pas seulement un roman noir, c’est une œuvre nécessaire, une mise en lumière d’un pan de l’histoire française longtemps effacé des mémoires collectives. La France a ses cicatrices, et ce roman, avec sa brutalité et son honnêteté, les dévoile, sans fard, pour que nous n’oublions jamais.</p>



<p>Dominique Manotti, pseudonyme de Marie-Noëlle Thibault, est née le 23 décembre 1942 à Paris, où elle a toujours vécu.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/01/marseille-73-le-cri-muet-dune-ville-sous-les-balles/">‘‘Marseille 73’’ | Le cri muet d’une ville sous les balles</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/01/marseille-73-le-cri-muet-dune-ville-sous-les-balles/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>1</slash:comments>
		
		
			</item>
		<item>
		<title>‘‘Charonne. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat’’ : de l’impunité à la guerre des mémoires</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/25/charonne-anthropologie-historique-dun-massacre-detat-de-limpunite-a-la-guerre-des-memoires/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/25/charonne-anthropologie-historique-dun-massacre-detat-de-limpunite-a-la-guerre-des-memoires/#respond</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Feb 2024 07:15:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Charles de Gaulle]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[François Mitterrand]]></category>
		<category><![CDATA[guerre d'Algérie]]></category>
		<category><![CDATA[Maurice Papon]]></category>
		<category><![CDATA[métro Charonne]]></category>
		<category><![CDATA[Michel Debré]]></category>
		<category><![CDATA[OAS]]></category>
		<category><![CDATA[Parti communiste français]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://kapitalis.com/tunisie/?p=11728650</guid>

					<description><![CDATA[<p> L’affaire du métro Charonne à Paris du 8 février 1962 en est une parfaite illustration d'un crime d'Etat. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/25/charonne-anthropologie-historique-dun-massacre-detat-de-limpunite-a-la-guerre-des-memoires/">‘‘Charonne. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat’’ : de l’impunité à la guerre des mémoires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La répression des manifestations de rues en régime démocratique peut prendre un caractère sauvage et meurtrier, et pas seulement sous l’effet du racisme. L’affaire du métro Charonne à Paris du 8 février 1962 en est une parfaite illustration.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-11728650"></span>



<p>Après le putsch avorté des généraux de l’armée française d’Algérie d’avril 1961 contre De Gaulle, et la répression sauvage des manifestations algériennes du 17 octobre 1961 à Paris contre le couvre-feu discriminatoire qui les visait, alors que le gouvernement français avait entamé des pourparlers avec les représentants de ce qu’il qualifiait de <em>«rébellion»</em>, autrement dit le Front de libération national (FLN) algérien, le plasticage du domicile du ministre gaulliste André Malraux, le 6 février 1962, par les terroristes de l’Organisation armée secrète (OAS), un ramassis de militaires et de colons antigaullistes pour le maintien de l’Algérie française, entrés dans la clandestinité, et probablement soutenus par les services secrets américains et israéliens, atteignait au visage et défigurait&nbsp;la petite Delphine Renard, 4 ans.</p>



<p>Aussitôt les syndicats décidaient des manifestations&nbsp;de protestation à Paris contre le fascisme et pour la paix en Algérie, soutenus en cela&nbsp;par le Parti communiste français (PCF). Celles-ci étaient interdites par le préfet de police mais comme des manifestations précédentes interdites avaient bénéficié de la tolérance des autorités, les organisateurs espéraient qu’il en serait de même une fois encore.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Imposer le respect de l’interdiction, affirment les autorités</h2>



<p>Les marches de quarante cinq minutes aux alentours des places de la Bastille, de la Nation et de la République se passaient plutôt sans incidents. Cependant celle du Boulevard Voltaire qui rassemblait environ 10 000 personnes était chargée et matraquée sur sa fin par trois compagnies d’intervention de la police municipale alors que la dispersion en avait été ordonnée par les organisateurs.</p>



<p>Les manifestants en fuite  refluaient vers les escaliers des bouches du métro Charonne, s’y affalaient les uns sur les autres jusqu’à être immobilisés, et étant ainsi, continuaient à être attaqués par les policiers déchainés qui leur lançaient même les protections métalliques des arbres ou des guéridons en béton. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="UA8pPHsEC3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/23/octobre-61-un-massacre-a-paris-droits-humains-contre-deraison-detat/">‘‘Octobre 61 : Un massacre à Paris’’ : droits humains contre déraison d’Etat</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Octobre 61 : Un massacre à Paris’’ : droits humains contre déraison d’Etat » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/23/octobre-61-un-massacre-a-paris-droits-humains-contre-deraison-detat/embed/#?secret=xbbNao6yrY#?secret=UA8pPHsEC3" data-secret="UA8pPHsEC3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A la fin, huit corps gisaient sans vie sur les lieux du drame, dont six écrasés par la foule dans les bouches du métro. Une neuvième victime succomberait quelques semaines plus tard.</p>



<p>Aussitôt les organisateurs accusaient les autorités, et celles-ci avançaient une autre version du drame, les policiers s’étant selon elles trouvés attaqués par des manifestants agressifs organisés en commandos parfaitement entraînés à la guérilla urbaine, et ayant dû riposter&nbsp;pour se dégager et pour&nbsp;imposer le respect de l’interdiction, entraînant ce qui n’aurait été qu’un regrettable accident dont ils n’étaient nullement responsables, ainsi que le démontraient&nbsp;selon eux les nombreux décès par asphyxie.</p>



<p>Une manifestation de grande ampleur réunissant environ 500 000 personnes était alors organisée lors des obsèques&nbsp;des victimes, la plupart des membres du PCF, et l’exigence de la paix en Algérie et de la lutte contre l’OAS était une nouvelle fois réitérée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les policiers exonérés de toute responsabilité pénale</h2>



<p>Sur le plan politique, cette affaire consacrait la victoire des communistes, mais confirmait surtout la lassitude des français de la métropole de la poursuite de la guerre en Algérie, donc le soutien à l’indépendance algérienne et&nbsp;paradoxalement à la politique de De Gaulle.</p>



<p>C’est sur&nbsp;le plan juridique et mémoriel que cette affaire allait connaître ses développements les plus&nbsp;intéressants. La justice après que l’instruction eût dans un premier temps reconnu le bien-fondé de la thèse des manifestants, celle de l’attaque inutile de la manifestation au moment de la dispersion, et du lien direct entre les homicides et les charges policières, laissait traîner les choses, jusqu’à ce que, 4 années plus tard, une loi d’amnistie sur toutes les actions de maintien de l’ordre durant la guerre d’Algérie, vînt exonérer les policiers de toute responsabilité pénale.</p>



<p>L’action administrative incriminant la responsabilité de l’Etat français se concluait&nbsp;par un déni de compétence, celui-ci renvoyant la responsabilité de la réparation du préjudice commis par les attroupements à la Commune.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ghTrGMsypA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/">1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« 1er novembre 1954 : L’Algérie, de la sédition à la nation » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/11/01/1er-novembre-1954-lalgerie-de-la-sedition-a-la-nation/embed/#?secret=W5L6MEpmYA#?secret=ghTrGMsypA" data-secret="ghTrGMsypA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’action en civil ne reconnaissait finalement que la responsabilité partagée, autrement dit que les manifestants étaient également responsables des dommages dont ils pouvaient être victimes dès lors que le rassemblement auquel ils participaient était illégal, et les réparations dont ils auraient dû être les bénéficiaires en étaient significativement réduites.</p>



<p>L’Etat français, après plusieurs années de recours, demeurait donc inébranlable dans son déni de toute responsabilité et dans la protection de sa police, même avec la thèse de son infiltration par des activistes OAS à la suite de la découverte de documents compromettants, et en cela, la justice n’en avait été que son bras juridique contre ses propres citoyens.</p>



<p>Quant à la mémoire, elle ne faisait que confirmer la décision des pouvoirs publics de la réduire jusqu’à l’insignifiance, d’abord à travers les médias, qui d’une manière générale ne l’évoquaient&nbsp;que d’une manière très succincte&nbsp;quand ils ne s’en abstenaient&nbsp;tout simplement pas, ensuite dans les cérémonies du Souvenir tolérées uniquement sur les lieux d’inhumation, les lieux du drame étant interdits à toute manifestation commémoration.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des souvenirs pouvant s’avérer dangereux pour les Socialistes  </h2>



<p>C’est vingt ans plus tard, avec l&rsquo;arrivée de la gauche au pouvoir, qu’une plaque commémorative était apposée sur les lieux du drame sans aucune mention incriminant l’Etat, avec la participation de personnalités officielles essentiellement socialistes, qui se réappropriaient&nbsp;ainsi une partie du souvenir, sans pour autant donner lieu aux réparations en faveur des familles des victimes. Ainsi les socialistes se révélaient les continuateurs de l’Etat gaulliste et il est vrai que leur responsabilité dans la politique coloniale en Algérie, en particulier celle de François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur puis Garde des Sceaux, ne les incitaient pas trop à réactiver des souvenirs qui pouvaient s’avérer dangereux.</p>



<p>Mais la mémoire est sélective et obéit aussi à des considérations concomitantes des besoins du moment et non à celles des faits. C’est le procès en 1997 de Maurice Papon, l’ancien préfet de police&nbsp;qui venait rappeler son rôle dans l’assassinat des centaines d’Algériens en octobre 1961. Et il aura fallu près de quarante années pour que la reconnaissance officielle en soit consacrée par une plaque commémorative.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sATC8v5XpQ"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/27/france-algerie-memoires-incandescentes/">France-Algérie : Mémoires incandescentes</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« France-Algérie : Mémoires incandescentes » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/01/27/france-algerie-memoires-incandescentes/embed/#?secret=dNpE05J6Jh#?secret=sATC8v5XpQ" data-secret="sATC8v5XpQ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Il est vrai que les anciens partisans de l’OAS amnistiés et les Pieds Noirs exigeaient également dans cette concurrence de la mémoire avec les tueries de la Rue d’Isly à Alger en mars 1962 ou celle d’Oran du 5 juillet de la même année une reconnaissance de leurs souffrances. Cela est si vrai qu’avec la montée de l’extrême droite sioniste raciste et xénophobe en France, le préfet de police de la ville de Paris a interdit, dimanche 18 février 2024, une manifestation du souvenir des combattants algériens morts durant la guerre en Algérie. Les Harkis ou les Résistants?</p>



<p>Ce qu’il importe de savoir c’est que le champ mémoriel est contingent aux luttes politiques du moment et constitue un fort référent pour la légitimation d’aspirations qui ne doivent rien à l’espace historique investi. On s’interrogera toujours sur les raisons ayant poussé De Gaulle à réprimer ceux qui soutenaient sa politique pour l’indépendance de l’Algérie. La réponse est d’abord que dans ses propres rangs, il y avait  beaucoup de sympathisants de l’Algérie française à commencer par le Premier ministre Michel Debré. Ensuite il ne voulait pas donner l’impression de mener une politique approuvée par les Communistes en pleine guerre froide alors qu’il y avait eu le désastre de la Baie des cochons et que la crise des missiles de Cuba s’annonçait. Il avait déjà eu assez d’ennuis avec les Américains au point d’être accusé par Allen Dulles d’être communiste et devait démontrer qu’il n’en était rien.</p>



<p>De Gaulle aura ainsi été l’un des rares chefs d’État au monde à réprimer dans le sang ceux qui soutenaient sa politique. En politique il y a des faits dont il n’y a pas lieu de s’enorgueillir, même quand on se prétend grand résistant.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique. </em></p>



<p><strong><em>‘‘Charonne 8 février 1962 : Anthropologie historique d’un massacre d’Etat’’, de </em></strong><strong><em>&nbsp;Alain Dewerpe, éd. Gallimard, collection Folio Histoire, Paris 14 mars 2006,</em></strong><strong> </strong><strong><em>897 pages</em></strong><strong><em>.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="CZvycXexPW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/07/05/lindependance-de-lalgerie-une-liberation-inachevee/">L&rsquo;indépendance de l&rsquo;Algérie, une libération inachevée ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;indépendance de l&rsquo;Algérie, une libération inachevée ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/07/05/lindependance-de-lalgerie-une-liberation-inachevee/embed/#?secret=TAVqnQ8dDH#?secret=CZvycXexPW" data-secret="CZvycXexPW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/25/charonne-anthropologie-historique-dun-massacre-detat-de-limpunite-a-la-guerre-des-memoires/">‘‘Charonne. Anthropologie historique d’un massacre d’Etat’’ : de l’impunité à la guerre des mémoires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
					<wfw:commentRss>https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/25/charonne-anthropologie-historique-dun-massacre-detat-de-limpunite-a-la-guerre-des-memoires/feed/</wfw:commentRss>
			<slash:comments>0</slash:comments>
		
		
			</item>
	</channel>
</rss>
