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	<title>Archives des Olivier Blanchard - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Olivier Blanchard - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie : Rationaliser la démocratie, raisonner l’Etat</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 19 Apr 2023 07:40:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[transition démocratique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Sauver l’économie tunisienne, constitue un premier geste pour sauver la transition démocratique. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/19/tunisie-rationaliser-la-democratie-raisonner-letat/">Tunisie : Rationaliser la démocratie, raisonner l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Vue de Washington, l’aventure démocratique en Tunisie apparaît comme un bateau en détresse, qui tangue et fonce droit sur un iceberg, dont la partie invisible est plus imposante que la partie visible. Les dégâts d’un effondrement de la Tunisie peuvent déborder sur les pays voisins. Le problème n’est pas seulement tuniso-tunisien…</em></strong></p>



<p>Par<strong> Moktar Lamari</strong>, à <em>Washington</em> *</p>



<span id="more-7515048"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>Sans le dire explicitement, les experts et les observateurs présents ici à Washington pour les Rencontres du Printemps du FMI, sont convaincus que l’équipage à la barre en Tunisie est plutôt émotif, sans feuille de route et surtout porteur de projets souvent sans rationalité évidente!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une démocratie «écervelée»?</h2>



<p>Certes, c’est un jugement sévère, mais pas pour rien! Et pour cause, le modèle démocratique, instauré depuis le jour J. de la naissance du Printemps arabe en 2011, confronte les Tunisiens (expatriés ou locaux) à un inconfortable dilemme. Un dilemme clivant et pas facile à arbitrer.</p>



<p>Le dilemme se présente comme suit : Un, rester ferme sur les principes intrinsèques d’une démocratie en émergence, quitte à perdre sensiblement sur le plan économique. Deux, accepter une gouvernance moins démocratique (plutôt autocratique), pour espérer gagner immédiatement, plus sur le front économique et du bien-être matériel.</p>



<p>Et pas pour rien! On est dans une culture arabo-muslumane, bien conservatrice et où la lisibilité n’est pas évidente, l’emprisonnement récent des premiers personnages du parti islamiste le démontre, comme si l’islam tunisien se règle des comptes …</p>



<p>Il faut dire que durant les années de gouvernance de l’islam politique (2011-2021), l’économie tunisienne a été gravement abîmée, balafrée avec une dette qui a explosé. Le tout pour élaborer une démocratie naïve, a-économique et misant totalement sur les apparences.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="io2V3oXeY2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/tunisie-fmi-restarter-les-logiciels/">Tunisie-FMI: restarter les logiciels!</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI: restarter les logiciels! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/tunisie-fmi-restarter-les-logiciels/embed/#?secret=rteAGkSTB3#?secret=io2V3oXeY2" data-secret="io2V3oXeY2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Tout indique que depuis que le président Kaïs Saïed a repris le contrôle des institutions du pays, le 25 juillet 2021, les citoyens choisissent généralement l’option moins de démocratie, espérant avoir plus d’acquis économiques. Mais, cela n’est pas garanti, et pas simple!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Inconfortable dilemme</h2>



<p>Cet inconfortable dilemme s’est cristallisé, avec les différents gouvernements et partis au pouvoir. Il y a eu une douzaine de gouvernement (580 ministres), un millier de parlementaires, une dizaine de partis et 4 présidents. En seulement 11 ans…</p>



<p>Le dilemme a été omniprésent dans la tête de ces élites, comme dans celles qui les ont mis au pouvoir, par le bulletin de vote.</p>



<p>Pourtant il y avait toujours moyen pour sortir de ce dilemme!</p>



<p>Les citoyens auraient pu éviter complètement ce dilemme en s’imposant un minimum de rationalité, et moins d’émotivité, pour rationaliser leur compréhension de la démocratie.</p>



<p>Dans les sociétés démocratiques à transition bien implantée dans l’histoire, lorsqu’un politicien avance des politiques indésirables et inefficaces sans violer les règles et les normes démocratiques, les gens trouvent des moyens de percevoir le comportement comme antidémocratique. Et ils s’insurgent!</p>



<p>En revanche, lorsqu’un politicien agit de manière plutôt antidémocratique pour promouvoir les politiques économiques qui enrichissent et qui n’appauvrissant pas, les citoyens rassembleront des arguments pour les considérer comme démocratiques. Les citoyens les acceptent à l’aune de l’analyse coûts-avantages.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des négationnistes de l’économie</h2>



<p>Ce n’est donc pas une acceptation délibérée, mais une logique perceptive fondamentalement différente qui motive l’approbation généralisée d’un comportement antidémocratique dans les démocraties d’aujourd’hui.</p>



<p>L’humain est fondamentalement régi par une rationalité qui favorise la survie et souvent la maximisation des finalités sous contraintes des ressources disponibles.</p>



<p>C’est la logique d’optimisation. Une logique fondée sur la rationalité. Et le bon sens… Or cette rationalité fait plutôt défaut dans les politiques menées actuellement par les parties prenantes concernées.</p>



<p>Solutionner le dilemme c’est mettre plus de logique, plus de méthode et plus de science dans la gouvernance et la gestion de l’Etat.</p>



<p>Plus que les constitutions et les discours populistes, la démocratisation de la Tunisien a besoin de plus de rationalité impliquant le raisonnement, la démonstration et l’anticipation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xaL5BArfAj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/15/tunisie-fmi-65-ans-apres-la-fatigue-dun-partenariat/">Tunisie-FMI: 65 ans après, la fatigue d’un partenariat?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI: 65 ans après, la fatigue d’un partenariat? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/15/tunisie-fmi-65-ans-apres-la-fatigue-dun-partenariat/embed/#?secret=2o2BEidF7n#?secret=xaL5BArfAj" data-secret="xaL5BArfAj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Quand on fait fonctionner le cerveau, on communique aux autres un message de sagesse, de crédibilité qui génère de la confiance et le respect. C’est valable pour les humains, comme pour les économies et les élites politiques de manière générale.</p>



<p>Aux 4000 participants des Rencontres des Spring meetings du FMI et la Banque mondiale (10-16 avril 2023) la minuscule délégation tunisienne a donné cette impression d’ambivalence et d’un pays ayant une économie qui peut imploser à tout moment…</p>



<p>Olivier Blanchard, macro-économiste de renommée mondiale et ex-économiste principal au FMI, rencontré au siège du FMI&nbsp;; dit simplement <em>«It looks bad in Tunisia, you have to reform you economy…as a first step!» </em>(Ça s&rsquo;annonce mal en Tunisie; il faut réformer son économie… comme premier pas !)</p>



<p>Sauver l’économie tunisienne, constitue un premier geste pour sauver la transition démocratique! L’urgence est vitale…</p>



<p>* <em>Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur. </em></strong><a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?multi_permalinks=737949427880543&amp;ref=share" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia, E4T</a>.  &nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/19/tunisie-rationaliser-la-democratie-raisonner-letat/">Tunisie : Rationaliser la démocratie, raisonner l’Etat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie-FMI: restarter les logiciels!</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/tunisie-fmi-restarter-les-logiciels/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 16 Apr 2023 08:53:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[UGTT]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>On n’a pas vu la délégation tunisienne à Washington se défendre et plaider la cause de la Tunisie sur les plateformes des Spring meetings : séminaires, workshops, lobbying, branding…</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/tunisie-fmi-restarter-les-logiciels/">Tunisie-FMI: restarter les logiciels!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Incontournable, pas le choix, faute d’un accord avec le FMI, aussi symbolique soit-il, la Tunisie va droit dans le mur! Il faut un reset total des paradigmes, des logiciels et des personnages représentant la Tunisie, dans ce cadre. Mon témoignage du siège du FMI à Washington…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, de Washington</p>



<span id="more-7462405"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>


<p>Aux frais des contribuables, le voyage de la délégation officielle tunisienne à Washington entre le 10 et le 16 avril 2023 a été infructueux, contre-productif et pas seulement. Comme toujours, l’information est asymétrique, faute de capital de confiance! Ils reviennent bredouilles, encore une fois!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mandats et mandarins</h2>



<p>Ayant parlé cette semaine à Washington, dans les locaux du FMI et de la Banque mondiale (BM), aux divers experts et décideurs, qui ont un lien direct ou indirect avec le blocage de l’entente de principe entre le FMI et la Tunisie, je suis juste effondré, abasourdi par les tensions et les incompréhensions.</p>



<p>J’ai rencontré les parties tunisiennes de tout bord, y compris le représentant de l’UGTT (à Washington), qui a fait le voyage pour l’événement, aux fidèles de l’establisment. J’ai rencontré aussi plein d’experts internationaux dignes de confiance, et directement impliqués dans les négoces concernant la Tunisie, ce pays lilliputien, carrefour entre l’Afrique et l’Europe.</p>



<p>La tension est plus que palpable, et l’in-confiance est totale au sein même de la délégation et de la communauté présente à Washington, pour ces discussions devant donner un sauvetage ou pas à une Tunisie à genoux.</p>



<p>Entre les membres de la communauté tunisienne, tous contre tous! Discussions de couloir, rumeurs et complots, comme toujours. L’ambassade de Tunisie à Washington capitalise sur les tensions au lieu de les atténuer, en ce mois de Ramadan.</p>



<p>La Tunisie n’a pas besoin d’une autre décennie de chaos, si on oppose le FMI au sommet de l’Etat en Tunisie. Les règlements de compte à ce niveau mèneront la Tunisie à une guerre civile. Notre pays, qui vit la sécheresse et la pauvreté, n’a pas besoin de ces élites déléguées à Washington, pour défendre leur carrière avant de défendre le pays!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Raidissement et entêtement</h2>



<p>Pomme de discorde, l’entente convenue il y a 6 mois mais bloquée depuis pour refus du président Kaïs Saïed d’entériner officiellement les engagements que ses ministres et gouverneur de la Banque centrale ont signés, pour s’engager dans un nouvel accord avec le FMI, d’un montant de 1,9 milliard de dollars, sur 4 ans et 8 versements assortis d’évaluation serrée.</p>



<p>Dans le dossier tunisien, le FMI ne veut pas avancer d’un iota, ayant plusieurs chantiers bien plus stratégiques ailleurs dans le monde. Pas content des propos tenus par le président Kaïs Saïed qui considère que les diktats du FMI ont appauvri la Tunisie par le passé et il doit mettre fin à cette hégémonie… un président qui ne rend pas service à l’économie et au pouvoir d’achat.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YnbDNiDWYu"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/14/jihad-azour-le-fmi-na-impose-aucun-diktat-a-la-tunisie/">Jihad Azour : «Le FMI n’a imposé aucun diktat à la Tunisie»</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Jihad Azour : «Le FMI n’a imposé aucun diktat à la Tunisie» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/14/jihad-azour-le-fmi-na-impose-aucun-diktat-a-la-tunisie/embed/#?secret=DivysuPmNa#?secret=YnbDNiDWYu" data-secret="YnbDNiDWYu" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Contrairement aux attentes, la délégation tunisienne n’a pas demandé officiellement au FMI la réouverture des clauses de l’entente préliminaire. Les clefs de l’entente sont confisquées par le président Saïed, un leader politique n’ayant pas une vision économique lisible, stable et cohérente dans le temps. <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/14/jihad-azour-le-fmi-na-impose-aucun-diktat-a-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Jihad Azour</a> ne peut demander au FMI de rouvrir les négociations, à la place de la délégation tunisienne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Blocage et bricolage</h2>



<p>On n’a pas vu la délégation tunisienne se défendre et plaider la cause de la Tunisie sur les plateformes des Spring meetings : séminaires, workshops, lobbying, branding…</p>



<p>Cette délégation coûte aux contribuables tunisiens 50000 dollars, juste en frais hôtel et avion. Quasiment tous les gouverneurs des banques centrales ont donné des conférences, émis des communiqués, pour défendre leurs politiques, faire valoir leurs points de vue. Pas le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie. Et encore moins, le ministre tunisien de l’Economie et de la Planification.</p>



<p>Du côté du FMI, on compose avec les pratiques exemplaires, les pays porteurs d’innovation et d’espoir, pas avec les grincheux et les perdants, loosers en anglais. C’est l’ambiance et la culture du FMI et de la BM. Ici on n’aime pas l’énergie négative, on déteste la mendicité et l’esprit d’assisté. La délégation tunisienne présente à Washington a véhiculé cette démarche, qu’on le veuille ou non. On ne parle à personne, au cherche à minimiser les risques… et pas faire des vagues!</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rapprocher les points de vue</h2>



<p>Plusieurs économistes et célébrités internationales se sont exprimés sur l’actuel blocage tuniso-tunisien, qui s’oppose au statu quo.</p>



<p>Olivier Blanchard, macro-économiste de renommée mondiale a déploré le blocage tunisien, et a dénoncé ouvertement le déni politique des enjeux économiques par le sommet de l’Etat dans notre pays.</p>



<p>J’ai lancé une initiative, avec un autre collègue universitaire pour célébrer les <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/washington-celebration-du-65e-anniversaire-de-ladhesion-de-la-tunisie-au-fmi/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">65 ans de partenariat entre la Tunisie et le FMI</a>, pour décrisper l’ambiance. Un gâteau et un protocole finement préparé pour ne pas offenser les susceptibilités. La directrice générale du FMI est venue saluer l’initiative, avec plein de délégations et personnalités agissantes (Christine Lagarde de la Banque centrale européenne, BCE, entre autres). Mais pas un seul de la délégation officielle tunisienne. Il y avait une sorte de prudence malsaine qui planait dès que tu parles à un membre de cette délégation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="M2OWFImDrw"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/washington-celebration-du-65e-anniversaire-de-ladhesion-de-la-tunisie-au-fmi/">Washington : célébration du 65e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie au FMI</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Washington : célébration du 65e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie au FMI » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/16/washington-celebration-du-65e-anniversaire-de-ladhesion-de-la-tunisie-au-fmi/embed/#?secret=xI3Z4CxaPv#?secret=M2OWFImDrw" data-secret="M2OWFImDrw" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Même l’ambassade de Tunisie à Washington a fait le mort, indifférence totale aux évènements. Ils ont peur de perdre leur poste, et on le comprend. Pourtant, un simple iftar communautaire au sein de l’ambassade de Tunisie à Washington aurait aplani plusieurs incompréhensions et fédéré les rangs pour défendre les intérêts de la Tunisie. Par du lobbying, de la communication, de la concertation…</p>



<p>Mme l’ambassadrice démontre qu’elle n’a pas assimilé son mandat et sa vocation…</p>



<h2 class="wp-block-heading">Changer d’équipe, décoincer l’ambiance</h2>



<p>Les temps sont difficiles pour la Tunisie. Sans aucun doute. Mais, est-ce qu’on peut travailler ensemble pour ne pas déclencher un autre choc, néfaste pour le pays.</p>



<p>Ce choc est pressenti par les services de renseignement italien, français… plusieurs pays ont plaidé la cause de Tunisie pour débloquer l’impasse et pour protéger les Tunisiens et les Tunisiennes.</p>



<p>Un défaut de paiement de la Tunisien aura des conséquences néfastes.</p>



<p>Un dinar divisé par deux (taux de change du dinar à 15 cents d’euro). Comme le Liban et l’Égypte, la monnaie locale ne vaut plus rien.</p>



<p>Et rebelote pour une autre décennie de trouble et d’instabilité, qui mettra la Tunisie dans les rangs de pays extrêmement pauvres, comme le Mali ou le Yémen.</p>



<p>Le président Kaïs Saïed comme sa délégation à Washington ont joué une stratégie perdant-perdant.</p>



<p>Avec mes collègues universitaires et économistes ici en Amérique du Nord, on plaide pour une stratégie gagnant-gagnant (win-win) pour la Tunisie de tout le monde, mais pas de ses élites qui peuvent partir à n’importe quel moment, ailleurs dans le monde, ni vu ni connu.</p>



<p>Protégeons la Tunisie profonde, changeons toutes ces équipes de négociations soutenues par les lobbys et les establishments.</p>



<p>* <em>Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l&rsquo;auteur </em></strong>:<a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?multi_permalinks=736465864695566&amp;ref=share" target="_blank" rel="noreferrer noopener"> Economics for Tunisia, E4T.</a> </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="auef9eLowO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/15/tunisie-fmi-65-ans-apres-la-fatigue-dun-partenariat/">Tunisie-FMI: 65 ans après, la fatigue d’un partenariat?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie-FMI: 65 ans après, la fatigue d’un partenariat? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/15/tunisie-fmi-65-ans-apres-la-fatigue-dun-partenariat/embed/#?secret=JIHmEWpjAa#?secret=auef9eLowO" data-secret="auef9eLowO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<title>Cul-de-sac de l’orthodoxie monétariste en Tunisie !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/</link>
					<comments>https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/#comments</comments>
		
		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Oct 2020 14:21:10 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La dernière baisse du taux d’intérêt directeur (TID) par la Banque centrale de Tunisie (BCT) est économiquement inefficace. Une négligeable baisse de 50 points de base, pour amener le TID à 6,25%, au lieu de 6,75% en septembre et 7,75% en mars. Pas plus qu’une opération de Com., voulant absorber la grogne liée au fiasco...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/">Cul-de-sac de l’orthodoxie monétariste en Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2016/01/Banque-centrale.jpg" alt="" class="wp-image-37045"/><figcaption><em>Banque centrale de Tunisie</em>, temple de l&rsquo;orthodoxie monétariste.</figcaption></figure>



<p><strong><em>La dernière baisse du taux d’intérêt directeur (TID) par la Banque centrale de Tunisie (BCT) est économiquement inefficace. Une négligeable baisse de 50 points de base, pour amener le TID à 6,25%, au lieu de 6,75% en septembre et 7,75% en mars. Pas plus qu’une opération de Com., voulant absorber la grogne liée au fiasco des politiques monétaristes orthodoxes adoptées en Tunisie post-2011. Une politique qui fait saigner l’économie aux quatre veines. La BCT trahit sa vocation historique en martelant que «la priorité, c’est la guerre contre l’inflation, tout le reste est secondaire!»! Trop peu et trop tard pour certains! Tout faux pour d’autres! Explication…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph. D.</p>



<span id="more-319476"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>La BCT affiche une rhétorique monétariste à fond la caisse. Elle ne veut rien savoir des évaluations démontrant explicitement la dangerosité de l’actuelle politique monétaire. Tellement elle est déviatrice pour la croissance de l’économie et pour la création de l’emploi.</p>



<p>Qui aurait cru que 10 ans après la révolution du Jasmin, le TID tunisien soit 5 fois plus pénalisant que le TID au Maroc!</p>



<h3 class="wp-block-heading">Le gouverneur de la BCT plaide l’inflation pro domo sua …</h3>



<p>En Tunisie, consommateurs et investisseurs restent sur leur faim : les taux d’intérêt bancaires restent à deux chiffres (entre 10 et 14%), avec un chômage explosif (19%), et des tensions sociales qui n’augurent rien de bon! Les agences de notation dégradent, jour après jour, la cote de crédit de la Tunisie post-2011, et ce pour raisons de risques politiques grandissants.</p>



<p>Ironie de l’histoire, la BCT a été créée par Bourguiba en 1958, pour décrocher la Tunisie de la Zone Franc et pour défendre des principes de croissance endogène et des valeurs de souveraineté nationale en matière de politique monétaire et économique. Les pays qui sont restés dans la Zone Franc disposent aujourd’hui des TID trois fois moins élevés qu’en Tunisie démocratique.</p>



<p>Aujourd’hui, cette même BCT tourne sa veste pour se mettre à la solde du FMI, et autres bailleurs de fonds, ayant pris la Tunisie démocratique comme un simple laboratoire, où les prêts sont distillés au compte-gouttes, sous forme de placebos expérimentaux dans le contexte de pays arabo-musulmans exposés au Printemps arabe.</p>



<p>Le gouverneur de la BCT s’obstine à ne regarder que l’arbre (inflation); un arbre qui cache la forêt des risques gravissimes qui menacent la paix sociale et la transition démocratique en Tunisie, pays berceau et seul rescapé du Printemps arabe. De quoi défier le bon entendement de l’efficacité économique.</p>



<p>Par ailleurs, la BCT sait que le TID en Tunisie est surestimé d’au moins 1,5% (marge d’erreur reconnue)! L’institution sait aussi que le taux d’inflation est manipulé volontairement par les acteurs politiques, notamment pour booster les augmentations salariales de la fonction publique (800.000 fonctionnaires). Un taux d’inflation exagérément surestimé, mais un taux qui permet de rémunérer comme il se doit les banques et leurs puissants lobbies!</p>



<p>La trentaine de banques commerciales en Tunisie engrangent des rentes et bénéfices colossaux (à deux chiffres), alors que l’économie et les entreprises du pays sont étouffées par le manque de financement et de soutien financier.</p>



<p>Pour les<em> «faucons»</em> du monétarisme de la BCT, l’inflation reste un phénomène purement monétaire qui se règle uniquement par le TID et par l’assèchement des liquidités monétaires dans le marché.</p>



<p>Ceux-ci sont <em>«endoctrinés» </em>par le monétarisme de Milton Friedman, un économiste connu de par le monde! Un économiste ayant marqué son temps (1960-1970), il a été notamment le conseiller du président Nixon et du dictateur chilien Pinochet, militaire ayant ruiné la transition démocratique de son pays et ceux des démocraties de l’Amérique latine, pour excès d’acharnement monétariste. Friedman a justifié le coup de l’État contre le président Salvador Allende pour justement lutter contre l’inflation, cet ennemi éternel!</p>



<p>Tous en Tunisie voient les empreintes de la <em>«main invisible» </em>du FMI, de la Banque mondiale… dans les décisions de la BCT, 10 ans après la révolte du Jasmin.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est trop peu?</h3>



<p>La baisse de 50 points de base pour le TID en Tunisie est inefficace économiquement parlant! Les taux d’intérêt bancaire facturés aux entreprises et consommateurs varient de 10 à 14%.</p>



<p>Pas plus qu’un petit coup de pied dans l’eau de la marée haute de la récession économique, et plusieurs secteurs industriels qui coulent à pic!</p>



<p>Trop peu aussi, parce que les économies des pays compétiteurs bénéficient d’un TID très favorable à l’investissement : 1,5% au Maroo, 3% au Sénégal, 2% en Jordanie, etc. Dans ces pays comparables, les industriels, les consommateurs ne paient pas plus que 4 à 5% de taux d’intérêt. Dans ces pays, les opérateurs économiques ont accès au financement bancaire, deux à trois fois moins cher que leurs homologues en Tunisie.</p>



<p>Deux exemples pour démontrer l’inefficacité de la dernière baisse du TID.</p>



<p><strong><em>Exemple 1 </em></strong>: un agriculteur tunisien achète un tracteur agricole en contractant un prêt de 80.000 dinars tunisiens (DT). Avec un taux d’intérêt bancaire de 12%, cet agriculteur paiera le double, soit 160.000 dinars au bout de 6 ans : 80.000 DT pour le fabricant et 80.000 DT pour les intérêts bancaires. Son homologue marocain paiera 4% d’intérêt : et donc pas plus que 21.225 DT aux banquiers, soit donc 4 fois moins.</p>



<p><strong><em>Exemple 2</em></strong> : une famille construit une maison, pour élever correctement ses enfants (capital humain), et qui contracte un prêt de 100.000 dinars à 12%, doit payer 200.000 DT au bout de 6 ans, encore une fois la banque prend l’équivalent du prêt, juste en intérêts bancaires. Pour le même montant emprunté, la famille marocaine paiera en 6 ans l’équivalent de 26.531 DT, soit le quart de son homologue tunisien.</p>



<p>Avec la baisse annoncée par la BCT (-50 points), l’agriculteur et le chef de ménage tunisiens ne verront pas vraiment la différence dans leurs remboursements aux banques.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Pourquoi c’est trop tard ?</h3>



<p>Il a fallu un texte analytique paru dans de nombreux médias, et traitant du <em>«fiasco de la politique monétaire» </em>pour que la BCT commence à réaliser les dégâts qu’elle a causés à l’économie tunisienne, depuis qu’elle est devenue indépendante du gouvernement tunisien et de plus en plus sous tutelle des diktats du FMI et de la Banque mondiale.</p>



<p>La politique monétaire menée par la BCT est devenue dangereuse depuis 2016 (avec la Loi sur la BCT).</p>



<p>Et pour preuve, les engagements signés par l’actuel gouverneur de la BCT, le 18 juillet 2019 (rapport accessible-IMF country Report No. 19/223, 2019), dans une lettre signée et adressée au FMI. La BCT valorise son monétarisme extrémiste et explicitement (p.64) <em>«En l&rsquo;espace de 12 mois, le taux directeur a été augmenté trois fois pour un total de 275 points de base, le portant à 7,75% en février 2019… La BCT n’hésitera pas à relever son taux directeur pour contenir les pressions inflationnistes…».</em> La lettre ajoute que la BCT s’engage à réduire la masse monétaire mise à la disposition des banques… et donc des investisseurs.</p>



<p>Au sein de la BCT, la culture managériale est encore peu rompue à la consultation des opérateurs économiques (parties prenantes) concernés. La BCT gère à vue, sans évaluation de ses politiques monétaires. Elle ne veut rien savoir de ses échecs pour faire mieux à l’avenir.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Désacraliser l’inflation</h3>



<p>Durant les dernières années et pour les politiques monétaires des pays démocratiques, la lutte contre le chômage, par des mesures contre-cycliques et expansionnistes, a pris le dessus sur la lutte contre l’inflation. Et ce, un peu partout dans les pays démocratiques. Les gouvernements comme les gouverneurs des Banques centrales se sont engagés dans cette nouvelle perspective. Tout faux : la BCT est une institution qui manque de proactivité et de l’anticipation rationnelle et réaliste.</p>



<p>Tous les anciens directeurs et penseurs du FMI, et les économistes des Banques centrales de par le monde ont, les dernières années, décrié l’inefficacité des politiques monétaires obnubilées par un taux d’inflation à minimiser en dessous de 2%. Tous appellent à désacraliser l’inflation.</p>



<p>Ensemble, ils ont signé l’acte de décès de la Courbe de Philips (du nom d’un économiste australien), une courbe géométrique qui a identifié durant les années 1960 une relation inversement proportionnelle entre les politiques expansives créatrices d’emplois et le taux d’inflation.</p>



<p>Cette courbe adulée tant par les économistes s’est désormais «aplatie», son coefficient de régression (corrélation pondérée) approche du zéro. Et cela n’est pas anodin : une telle évolution met hors-jeu les institutions et politiques monétaires fanatisées par la lutte contre l’inflation, comme seul objectif et unique raison d’être.</p>



<p>On retient l’avis de trois économistes ayant marqué l’histoire du FMI et qui se sont désolidarisé de l’acharnement monétariste axées sur la lutte à l’inflation.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Sortir la politique monétaire de l’ornière</h3>



<p>À la merci… ou encore à la «solde» du FMI, la BCT met toutes ses billes dans la lutte contre l’inflation, par un TID exagérément élevé. Rien pour le reste : investissement, emploi, développement régional, etc.</p>



<p>Pire encore : le lien économétrique entre inflation et TID en Tunisie n’est pas démontré! Ce lien est plutôt contredit par des évaluations des politiques monétaires de par le monde.</p>



<p>Durant les derniers mois, les milliers de milliards de dollars injectés par les Banques centrales dans les pays occidentaux, pour contrer les méfaits de la Covid-19, n’ont pas généré de l’inflation! Et c’est la preuve : l’inflation reste muette face à ces milliards de dollars et euros imprimés par les Banques centrales et injectés par <em>«hélicoptère»</em> dans l’économie, et sans aucune contrepartie de production additionnelle!</p>



<p>Le gouverneur de la BCT fait tabula rasa de ces évidences empiriques. L’inflation en Tunisie serait principalement générée par les dynamiques informelles, par des<em> «banques clandestines»</em>, par ses<em> «barons»</em> et par ses <em>«institutions»</em> qui imposent leurs règles monétaires et financières propres, jusqu’au sommet de l’État. Le marché informel sévit et continue de faire sa loi avec toujours plus de réseaux de blanchiment d’argent et toujours plus de financement d’origine douteuse!</p>



<p>La BCT a tout faux dans son diagnostic des déterminants de l’inflation. Le FMI et la BCT manquent d’arguments : ils n’ont pas osé évaluer la relation empirique liant l’inflation et le TID en Tunisie. Une telle évaluation aurait pu élucider les hiatus quant au signe et niveau de signification statistique de la relation entre TID fixé unilatéralement par la BCT et l’inflation en Tunisie post-2011.</p>



<p>Pour la Tunisie, la BCT et le FMI donnent l’impression qu’ils pilotent à vue (et de Washington), avec toujours plus de convictions théoriques plus faciles à scander qu’à vérifier sur le terrain de l’économie réelle, et au jour le jour en Tunisie!</p>



<p>Deux citations exprimées par de grands responsables du FMI portent à croire que l’inflation peut en contexte de crise, devenir une solution… et pas un problème!</p>



<p>Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur général du FMI, ne tarit pas d’éloges au sujet des mérites de l’inflation en temps de crise. Il s’est exprimé en avril dernier, dans la revue <em>«Politique internationale»</em>, au sujet de la relance de l’économie pendant le confinement lié au Covid-19 : <em>«Bien entendu, une partie du soutien (public pour contrer les méfaits des confinements) finira en hausse des prix. Quand l’offre est contrainte par le confinement, la capacité de production est obligatoirement limitée. Mais cette pression à la hausse des prix, outre qu’elle ne sera pas malvenue par ailleurs, constituera un soutien à l’appareil productif aussi efficace que les mesures financières qui lui seront proposées.»</em></p>



<p>Olivier Blanchard, un macro-économiste mondialement connu, étant l’économiste en Chef au sein du FMI recommande aux banques centrales du monde entier de se de défaire du fanatisme monétariste voulant fixer le taux d’inflation à seulement 2%. Il a écrit à ce sujet, suite à la crise économique de 2008-2009 : <em>«The only way (to fight crisis) is higher inflation… If I were to choose inflation target, I’d strongly argue for 4%, not for 2%».</em></p>



<p>La BCT doit évoluer… doit évaluer ses politiques monétaires au regard de leurs impacts sur les activités économiques et les perspectives stratégiques liées à la transition démocratique. Elle doit réviser à la baisse son taux directeur (200 points de base), procurer plus de liquidités à une économie exsangue par des taux d’intérêt usuraire et injuste, historiquement parlant.</p>



<p>*<em> Universitaire au Canada.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/10/06/cul-de-sac-de-lorthodoxie-monetariste-en-tunisie/">Cul-de-sac de l’orthodoxie monétariste en Tunisie !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Covid-19 -Tunisie: Tensions entre mesures monétaires et mesures budgétaires ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 27 Apr 2020 11:11:58 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dissonance? Incohérence? Louvoiement politique? Que de questions sans réponse au sujet des tensions entre les mesures budgétaires et les mesures monétaires visant à alléger les méfaits du confinement sur les opérateurs économiques ! Que dit l’évaluation des politiques publiques en Tunisie ? Par Dr Moktar Lamari * Les rares statistiques disponibles au sujet des mesures...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Palais-du-gouvernement-Kasbah.jpg" alt="" class="wp-image-296297"/><figcaption><em>Ministère des Finances et Palais du gouvernement à la Kasbah.  </em></figcaption></figure>



<p><strong><em>Dissonance? Incohérence? Louvoiement politique? Que de questions sans réponse au sujet des tensions entre les mesures budgétaires et les mesures monétaires visant à alléger les méfaits du confinement sur les opérateurs économiques ! Que dit l’évaluation des politiques publiques en Tunisie ?</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-296290"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Les rares statistiques disponibles au sujet des mesures annoncées par le ministère des Finances de Tunisie (MFT) et par la Banque centrale de Tunisie (BCT) révèlent diverses tensions et incohérences. Des tensions qui minent l’efficacité de ces mesures.</p>



<p>Peu pratiquée en Tunisie, l’évaluation des politiques publiques se distingue de l’audit, du contrôle administratif ou de la <em>«comptabilité de caisse»</em>, tant adulée par les experts comptables tunisiens.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Évaluer c’est mesurer l’efficacité et dévoiler l’imputabilité</h3>



<p>En démocratie, l’évaluation des politiques publiques questionne systématiquement, et sans tabous, la gouvernance des deniers publics, la performance des mesures et les résultats des programmes impliquant le bien-être collectif. De telles évaluations jugent la pertinence, la conception, l’implémentation, l’efficacité, l’efficience et ultimement les impacts des politiques publiques. Des évaluations qui éclairent la prise de décision, plutôt qu’à stigmatiser et/ou à sanctionner les décideurs.</p>



<p>En annonçant le confinement total et la mise à l’arrêt de l’économie, avec seulement 30% de la force de travail autorisée à travailler, le chef du gouvernement Elyes Fakhkah a annoncé des mesures budgétaires assorties de trois objectifs : i) aucune perte d’emploi, ii) aucune faillite d’entreprise et iii) aucun citoyen laissé pour compte.</p>



<p>Des objectifs utopiques et irréalistes quand on examine les mesures prises pour ce faire! Un écart entre fins et moyens.</p>



<p>Le gouvernement tunisien savait pourtant que la crise économique créée par la pandémie du Covid-19 est la pire de celles qui l’ont précédée, depuis le début du 20e siècle. Une crise opposant frontalement et simultanément un choc majeur de l’offre (production) avec un choc encore plus fort de la demande (consommation, exportation, etc.).</p>



<p>Elyes Fakhfakh, chef de l’exécutif, comme Rached Ghannouchi, chef du pouvoir législatif, déclarent une <em>«guerre totale»</em> contre le Covid-19! Mais, une telle métaphore vise juste à impressionner. Puisque pendant les guerres conventionnelles, les États mettent les moyens requis pour que l’économie continue de fonctionner, en redéployant ses ressources productives, parfois au profit de certains secteurs versus d’autres (armement, alimentation, etc.).</p>



<p>Pendant les guerres conventionnelles, il a y a des armistices des libérations… et des sacrifices partagés. Ce qui n’est pas le cas ici, le gouvernement continue ses dépenses ostentatoires, en poursuivant les nominations de pseudos conseillers avec rang de ministre, et les députes continuent leurs querelles et indécences quotidiennes.</p>



<p>Le seul point positif de la métaphore guerrière, a trait au message voulant tout faire, absolument tout faire, pour protéger la santé des humains, sans les affamer, sans les appauvrir… pour les tuer autrement que par le Covid-19. Les économistes sont donc invités autant que les médecins au front et doivent arrimer nécessairement santé et économie.</p>



<p>Dommage, en Tunisie, les économistes ont été mis à l’écart, pour laisser plus de place aux médecins, et autres tiraillements politiques au somment de l’État.</p>



<p>Les économistes se devaient de faire les bons diagnostics, avant de concevoir et proposer des politiques qui amortissent le choc. Le tout avec des incitatifs calibrés et cohérents, pour relancer la création de la richesse et éviter le pire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un diagnostic : «une image vaut mille mots»</h3>



<p>Les externalités négatives de la pandémie Covid-19 peuvent être modélisées, toutes choses étant égales par ailleurs, par deux graphiques qui présentent la production globale (PIB) sur un axe (des x) et l’inflation des prix sur l’autre (axe des y).</p>



<p>Avant la pandémie du Covid-19, l’équilibre entre la richesse créée (PIB) et le niveau des prix était au point A. La pandémie fait chuter la demande globale (suite au confinement et aux pertes de revenu) et reculer le PIB, le ramenant à nouvel équilibre illustré par le point B, dans les graphiques.</p>



<p>Les mesures budgétaires et les mesures monétaires devraient atténuer les impacts du Covid-19, avec à la clef deux scénarios. Le premier prôné par la BCT, et qui refuse mordicus l’inflation, peu importe l’ampleur de la récession (chômage, faillite, pauvreté…). Le deuxième prôné par le MFT qui tente de minimiser la récession, quitte à subir une petite dose d’inflation… et de perte de pouvoir d’achat des salariés et consommateurs. Un <em>trade-off </em>qui n’a pas été correctement négocié au sommet de l’État.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/04/Graph-Inflation.jpg" alt="" class="wp-image-296293"/></figure></div>



<p>De l’arbitrage entre ces deux scénarios dépendra la réaction de l’économie réelle : récession, chômage, paupérisation, faillite, compétitivité, etc. Le point G du graphique 1 minimise la récession et augmente l’inflation. Le point V privilégie le contrôle de l’inflation, au prix de plus de récession (destruction des emplois et pouvoir d’achat). En somme, il fallait choisir entre le point G et le point V.</p>



<p>La BCT et le MFT avec en arrière-plan le FMI auraient dû négocier cet arbitrage (entre G et V), pour savoir ce qui est plus efficace dans le contexte, au regard des préférences collectives.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Deux tentions et plein d’incohérences</h3>



<p>La première tension oppose les mesures monétaires, menées par la BCT, et les mesures gouvernementales menées par le ministère des Finances.<br>D’un côté, la BCT maintient un taux d’intérêt directeur, très élevé, de 6,75% (7,75 % avant la pandémie), amenant les taux d’intérêt pratiqués par les banques commerciales à 10-12%, alors que les PME sont majoritairement en cale sèche, la demande des ménages est en chute libre, avec pleins de secteurs sinistrés.</p>



<p>Le système bancaire, qui devrait en principe leur donner de l’espoir et des liquidités, tente de leur imposer des intérêts et des frais usuraires, quatre fois plus élevés que ceux appliqués au Maroc et dix fois plus élevés que ceux appliqués en Europe ou en Amériques du Nord.</p>



<p>Plusieurs mesures initiées par la BCT, et mises en œuvre par les banques commerciales s’inscrivent en porte à faux des besoins et urgences exprimés par les entreprises sinistrées : ayant fermé leur porte, ayant perdu leurs contrats, ayant démobilisé leur main-d’œuvre, dilapidé leur savoir-faire. Le FMI et les banques commerciales continuent donc de mener une politique restrictive et, avec des intérêts qui assèchent les liquidités requises par l’économie.</p>



<p>D’un autre côté, le dispositif initié récemment par le MFT pour contrer le Covid-19, apparaît comme un collage de mesures fragmentaires, décousues et ne véhiculant pas de vision stratégique cohérente, ayant des objectifs quantifiés, articulés par un modus operandi et assortis des échéances précises.</p>



<p>À l’évidence, le MFT ne fait que lister des intentions, des orientations, quelques mesures de garanties de prêt, sans modulations et sans plan d’implantation précis. Il est évident que de telles mesures, peu calibrées et peu articulées entre elles, finissent par se vampiriser mutuellement, érodant leur faisabilité et leur efficacité.</p>



<p>La deuxième tension tient au jeu de pouvoir opposant les politiques budgétaires aux politiques monétaires en Tunisie. Cette contradiction, dommageable pour l’économie, saute aux yeux à l’examen des mesures monétaires (BCT) et les mesures budgétaires initiées par le gouvernement.</p>



<p>Les mesures budgétaires initiées sont de quatre types : i) des mesures visant des reports de charges pour quelques semaines, ii) des mesures de garanties de prêts pour les entreprises<em> «jugées»</em> par un comité ministériel, iii) des mesures d’assouplissement diverses (vente sur le marché local des entreprises exportatrices, etc.) et iv) prise en charge de 3% des taux d’intérêt pour les prêts contractés auprès des banques commerciales à des taux dépassant le TMM (taux du marché monétaire).</p>



<p>Au final, le MFT ne procure aucune subvention directe aux entreprises; la rhétorique du soutien est, somme toute sans cash! Rien pour faciliter l’accès aux liquidités pour rallumer les moteurs de la production à la sortie du confinement.</p>



<p>La BCT ne répond pas aux besoins urgents en liquidités. La BCT ne coordonne pas ses mesures avec le gouvernement, se protégeant derrière la Loi 2016 qui institue son autonomie du gouvernement.</p>



<p>La BCT a privilégié les reports des tombées des crédits (en principal et intérêts), pour les entreprises et pour les particuliers. Sinon, toutes les mesures et initiatives sont fondées sur des taux d’intérêt mirobolants et hors de portée des entreprises et des consommateurs.</p>



<p>La BCT continue le maintien d’un taux d’intérêt directeur élevé (trois fois plus élevé qu’au Maroc, au Sénégal…), alors que ce taux est à zéro un partout dans les pays occidentaux (États-Unis, Union européenne, Japon, etc.).</p>



<p>Les mesures monétaires initiées par la BCT restent restrictives et paralysées par les ententes avec le FMI, alors que la politique budgétaire ne fait rien pour dépanner la trésorerie des entreprises par des subventions, des crédits d’impôt et autres incitatifs novateurs utilisés aujourd’hui au Maroc, en Algérie et partout en Europe.</p>



<p>Alors que tous s’attendent que les politiques monétaires et les politiques budgétaires devraient ramer dans la même direction. Peine perdue, les biais idéologiques s’érigent en obstacle infranchissable.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les biais idéologiques et les diktats du FMI</h3>



<p>À la solde du FMI, la BCT met le cap sur la lutte à l’inflation. Le MFT ne fait pas mieux, les caisses de l’État sont exsangues, et les agences de notation (Fitch, Moody’s, Standard &amp; poors) sont aux aguets pour dégrader la notation de la Tunisie, si par hasard le déficit budgétaire se creuse par des gaspillages (de recrutement de fonctionnaires, conseillers, etc.).<br>L’argument du FMI, et par ricochet, le rationnel monétaire de la BCT, tient au risque de voir le taux d’inflation augmenter davantage.</p>



<p>Et c’est bien là que le bât blesse! Le lien fait entre inflation et taux d’intérêt directeur est fallacieux, il ne tient pas compte du fait que l’inflation en Tunisie est principalement générée par le marché informel, ses <em>«banques clandestines»</em>, ses <em>«barons» </em>et <em>«institutions»</em> qui imposent leurs règles monétaires et financières propres. Le marché informel sévit et continue de faire sa loi avec toujours plus de réseaux de blanchiment d’argent, pourtant décriés officiellement par l’Union européenne et d’autres instances internationales.</p>



<p>Du point de vue de la discipline de l’évaluation des politiques publiques (<em>policy evaluation</em>), on est en présence d’un vice de forme conceptuel qui invalide la conception des politiques et contamine le design des programmes publics (<em>policy design</em>).</p>



<p>Simplement dit, presque toutes les mesures initiées par la BCT et par le MFT pour aider l’économie à résister aux méfaits du confinement, qui dure depuis 7 semaines, sont minées par des prémisses économiques non démontrées, non vérifiables, imposées de facto par l’argent distillé au compte-gouttes par le FMI et les bailleurs de fonds liés.</p>



<p>Ce contexte fausse la sélection des meilleures mesures : celles qui sont les plus pertinentes, celles qui sont les plus faciles à implanter (faisabilité), et celles qui ont les meilleurs impacts sur l’emploi, sur la survie des entreprises et la relance économique, post-Covid19.</p>



<p>Ni le FMI, ni la BCT et encore moins le MFT n’ont osé évaluer la relation empirique liant l’inflation et le taux d’intérêt directeur en Tunisie. Une telle évaluation aurait pu élucider les hiatus quant au signe et niveau de signification statistique de la relation entre taux d’intérêt directeur fixé unilatéralement par la BCT et l’inflation en Tunisie post-2011.</p>



<p>La BCT et le FMI donnent l’impression qu’ils pilotent à vue, avec des convictions théoriques plus faciles à dire qu’à observer sur le terrain de l’économie réelle et au jour le jour en Tunisie!</p>



<p>Tous sont prêts à <em>«gober»</em> aveuglément les explications monétaristes qui portent à croire que la légère variation du taux d’inflation des dernières semaines est expliquée par la récente baisse du taux d’intérêt directeur. Des explications qui oublient le rôle du marché parallèle, un marché omniprésent, véhiculé par des mafias, des administrateurs, voire même par des élus politiques qui n’hésitent pas à spéculer sur les denrées alimentaires en contexte de confinement et de blocage des circuits de commercialisation.</p>



<p>Une telle fiction et un tel biais sont remis en cause par des économistes éminents, issus de l’école de pensée du FMI.</p>



<p>Deux citations exprimées par de grands responsables du FMI portent à croire que l’inflation peut, en contexte de crise, devenir une aubaine, une solution et pas un problème.</p>



<p>Dominique Strauss-Kahn, ex-directeur général du FMI, ne tarit pas d’éloges au sujet des mérites de l’inflation en temps de crise. Il s’est exprimé cette semaine (22 avril), dans un article scientifique à paraître dans la revue <em>«Politique internationale»</em>, au sujet de la relance de l’économie pendent le confinement lié au Covid-19 : <em>«Bien entendu, une partie du soutien </em>(public pour contrer les méfaits des confinements) <em>finira en hausse des prix. Quand l’offre est contrainte par le confinement, la capacité de production est obligatoirement limitée. Mais cette pression à la hausse des prix, outre qu’elle ne sera pas malvenue par ailleurs, constituera un soutien à l’appareil productif aussi efficace que les mesures financières qui lui seront proposées.»</em></p>



<p>L’autre point de vue est exprimé par Olivier Blanchard, un macro-économiste mondialement connu, et qui était l’économiste en chef au sein du FMI, recommande aux banques centrales du monde entier de se de défaire de la contrainte monétariste voulant fixer le taux d’inflation à seulement 2%. Il a écrit à ce sujet, suite à la crise économique de 2008-2009 : <em>«The only way (to fight crisis) is higher inflation… If I were to choose inflation target today, I’d strongly argue for 4%, not for 2%».</em> (Le seul moyen (pour lutter contre la crise) c’est une inflation plus élevée… Si je devais choisir un objectif d’inflation, aujourd’hui, je plaiderais fortement pour 4%, pas pour 2%.)</p>



<p>La BCT doit bouger et réviser ses paradigmes, pour des fins d’efficacité économique. Elle doit réviser à la baisse son taux directeur, notamment pour procurer plus de liquidités à une économie exsangue. Et ce qui se passe à la Banque centrale au Liban doit nous alerter sur la nécessité d’une gestion collective des politiques monétaires et initiatives de gouvernance de la BCT.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>
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