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	<title>Archives des Orient - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Orient - Kapitalis</title>
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		<title>De l’orientalisme savant au colonialisme décomplexée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/de-lorientalisme-savant-au-colonialisme-decomplexee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 04 Jul 2025 08:10:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La politique israélienne  de colonisation, d’annexion et de purification ethnique, se déroule sous le regard complice des puissances occidentales.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/04/de-lorientalisme-savant-au-colonialisme-decomplexee/">De l’orientalisme savant au colonialisme décomplexée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’histoire contemporaine du Moyen-Orient s’écrit autant avec des idées qu’avec des armes. Certaines théories intellectuelles, nées dans les cercles académiques, finissent par s’incarner dans des bombes, des murs et des lois. Ces discours, qu’on pourrait appeler des «prophéties impériales», prescrivent ce que l’Orient doit être et subir pour «entrer dans l’histoire».</em></strong> <em>(Ph. Soldat israélien dans Gaza détruite par des armes livrés par les puissances</em> <em>occidentales). </em></p>



<p><strong>Sadok Chikhaoui *</strong></p>



<span id="more-16950156"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/03/Sadok-Chikhaoui.jpg" alt="" class="wp-image-290913"/></figure></div>


<p>Bernard Lewis fut un intellectuel majeur du XX<sup>e</sup> siècle, dont l’orientalisme savant a fourni un cadre mental justifiant les pires violences politiques. Mais il ne fut pas seul : les néoconservateurs américains, dans les années 1990, ont repris et durci ce diagnostic, matérialisé brutalement par la guerre d’Irak en 2003. Celle-ci a incarné l’idée d’un Orient <em>«malade»</em> incapable de démocratie, qu’il faut réorganiser par la force -au nom du bien de l’Orient et de la sécurité occidentale.</p>



<p>Aujourd’hui, Israël semble incarner cette transgression décomplexée : au nom d’un droit mythique, il viole systématiquement les lois internationales avec le soutien sans faille des États-Unis. Dans ce nouvel âge impérial, les récits anciens -orientalisme, colonialisme, messianisme-ressurgissent, armés d’une puissance technologique et militaire inédite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Bernard Lewis, prophète d’un Orient fantasmé</h2>



<p>Dans un article célèbre paru en 1990 (<em>The Roots of Muslim Rage</em>), Bernard Lewis popularise l’idée que l’islam serait ontologiquement hostile à l’Occident, non pas pour des raisons politiques, mais en raison d’un ressentiment irrationnel, presque religieux, envers la modernité occidentale. Cette vision essentialiste, qui nie toute diversité et histoire interne au monde musulman, deviendra un pilier du <em>«choc des civilisations»</em> de Samuel Huntington.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="bX89E2oWMt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/30/projet-de-coran-europeen-%e2%94%82-lentrisme-musulman-remonte-au-moyen-age/">Projet de «Coran européen» │ L’entrisme musulman remonte au Moyen Âge</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Projet de «Coran européen» │ L’entrisme musulman remonte au Moyen Âge » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/30/projet-de-coran-europeen-%e2%94%82-lentrisme-musulman-remonte-au-moyen-age/embed/#?secret=XHOptpHPGY#?secret=bX89E2oWMt" data-secret="bX89E2oWMt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, tout compromis devient vain : il faut imposer l’ordre de l’extérieur, justifiant une forme de néo-impérialisme qui s’impose avec force après les attentats du 11 septembre 2001 et donnera aux <em>«faucons»</em> néoconservateurs déjà imbibés des idées de Lewis l’occasion de radicaliser leur discours avec l’invasion de l’Irak en 2003 comme laboratoire de reconfiguration politique et géopolitique du Grand Moyen-Orient. </p>



<p>Lewis conseille directement l’administration Bush, affirmant que les peuples arabes attendent d’être libérés par les Américains. Cette illusion se fracasse contre la réalité : la guerre détruit l’État irakien, alimente le sectarisme et jette des millions de gens dans la misère. Mais elle incarne aussi un retour du <em>Manifest Destiny</em> -cette idéologie américaine du XIX<sup>e</sup> siècle qui justifiait l’expansion divine vers l’Ouest, transposé au Proche-Orient musulman.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Israël, transgression coloniale et impunité</h2>



<p>Dans ce contexte, Israël apparaît comme le bras armé de cette vision prophétique, bénéficiant d’une impunité américaine totale. Sa politique de colonisation, d’annexion et de purification ethnique, voire génocidaire, se déroule sous le regard complice des puissances occidentales.</p>



<p>La guerre contre Gaza depuis octobre 2023, avec ses dizaines de milliers de morts civils et sa destruction massive, est présentée comme un <em>«droit de se défendre»</em>. En réalité, elle révèle une volonté d’effacer un peuple, justifiée non par le droit mais par un récit orientaliste et messianique déshumanisant : les Palestiniens sont des barbares, l’islam une menace éternelle, et Israël le bastion de l’Occident.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Tw9LRwBCV8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/la-croisade-de-loccident-et-disrael-contre-les-musulmans/">La croisade de l’Occident et d’Israël contre les Musulmans</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La croisade de l’Occident et d’Israël contre les Musulmans » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/20/la-croisade-de-loccident-et-disrael-contre-les-musulmans/embed/#?secret=GlLC5hTIGF#?secret=Tw9LRwBCV8" data-secret="Tw9LRwBCV8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce modèle s’inscrit dans la continuité du colonialisme classique : comme en Algérie ou en Afrique du Sud, les colons se posent en victimes et porteurs de civilisation. Mais ils sont aujourd’hui plus cyniques, plus puissants, soutenus par des systèmes entiers mêlant médias, finance et technologie.</p>



<p>Cette séquence révèle la subversion de la rationalité occidentale : le logos grec, la raison universelle, est remplacé par la force brute et le silence de l’autre. Le droit devient modulable selon les rapports de force. Les prophéties de Lewis, le discours néoconservateur et l’idéologie sioniste ne décrivent plus le monde, elles le fabriquent — autorisant expropriations, bombardements, famines et censures. Le réel devient le théâtre d’un mythe violent : l’Occident élu, attaqué, justifié dans son expansion infinie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Don’t cry for me Palestina</h2>



<p>Au moment où Israël trouve un soutien quasi inconditionnel en Occident — États-Unis et Europe — une autre dynamique tragique se joue : la déliquescence du soutien arabe à la cause palestinienne.</p>



<p>Dans plusieurs pays occidentaux, la montée des extrêmes droites colonialo-nostalgiques est frappante, en France notamment, avec un électorat issu des pieds-noirs, où la mémoire coloniale est niée et où l’islamophobie s’allie au soutien à Israël qui devient le modèle d’un État occidental agressif, ethno-nationaliste, technologiquement avancé, impitoyable envers son <em>«ennemi intérieur»</em> et laboratoire de contre-insurrection.</p>



<p>Mais ce renforcement s’appuie aussi sur l’effondrement de la colonne vertébrale politique du monde arabe. Depuis les années 1990, et plus encore après les Printemps arabes avortés, nombre de régimes arabes du Golfe à l’Afrique du Nord ont abandonné la cause palestinienne, perçue comme un fardeau anachronique gênant leur intégration dans la mondialisation capitaliste.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2ZEKA5AKdi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/loccident-sacharne-sur-les-palestiniens-par-israel-interpose/">L’Occident s’acharne sur les Palestiniens, par Israël interposé</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Occident s’acharne sur les Palestiniens, par Israël interposé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/19/loccident-sacharne-sur-les-palestiniens-par-israel-interpose/embed/#?secret=5ujsVvlBVR#?secret=2ZEKA5AKdi" data-secret="2ZEKA5AKdi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ces régimes aspirent à devenir des vitrines luxueuses de la modernité : gratte-ciels, stades climatisés, plages artificielles, circuits de Formule 1, tourisme de luxe… Les Palestiniens dérangent cette mise en scène, rappel douloureux que l’histoire n’est pas finie.</p>



<p>Les Accords d’Abraham, signés sous houlette américaine, normalisent les relations entre Israël et plusieurs États arabes sans qu’aucune concession ne soit demandée à Israël. Le message est clair : les Palestiniens sont seuls.</p>



<p>Le colonialisme n’est pas mort, il s’est transformé. Les prophéties orientalistes se réalisent parce qu’elles servent une volonté de puissance déliée de toute limite.</p>



<p>Le monde arabe, et plus largement musulman, redevient un théâtre de guerre d’imaginaire. Ce n’est pas l’islam en soi qui dérange, mais sa résistance : la mémoire vivante d’un peuple humilié, d’une dignité qui refuse de disparaître. C’est cette altérité vivante qu’on cherche à faire taire.</p>



<p><em>* Enseignant.</em></p>



<p><strong><em>Du même auteur dans Kapitalis : </em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JeHRzgfoXe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/02/la-tunisie-entre-loups-et-chacals/">La Tunisie entre loups et chacals</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie entre loups et chacals » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/07/02/la-tunisie-entre-loups-et-chacals/embed/#?secret=oT4ChQsKtB#?secret=JeHRzgfoXe" data-secret="JeHRzgfoXe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘L’impérialisme macédonien et l’hellénisation de l’Orient’’ │ La naissance du colonialisme et de l’orientalisme occidentaux</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/11/limperialisme-macedonien-et-lhellenisation-de-lorient-%e2%94%82-la-naissance-du-colonialisme-et-de-lorientalisme-occidentaux/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 11 Jun 2025 08:02:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Alexandre]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Parmi les mythes constitutifs de la pensée européenne, l’un est que la liberté individuelle et la citoyenneté sont issues de la Grèce. Ce ui est inexact. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/11/limperialisme-macedonien-et-lhellenisation-de-lorient-%e2%94%82-la-naissance-du-colonialisme-et-de-lorientalisme-occidentaux/">‘‘L’impérialisme macédonien et l’hellénisation de l’Orient’’ │ La naissance du colonialisme et de l’orientalisme occidentaux</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Parmi les mythes&nbsp;les plus vivaces constitutifs de la pensée européenne, l’un est que la liberté individuelle et son corollaire la citoyenneté en tant que paradigmes sont issues de la Grèce. Un autre, que la démocratie est née à Athènes. Un troisième, que les Grecs avaient toutes les raisons du monde de conquérir l’Asie après l’invasion de leur pays par les Perses au V<sup>e</sup> siècle avant l’ère&nbsp;Universelle (eU).</em></strong> <strong><em>Un réexamen des données  historiques montre l&rsquo;inexactitude voire le mensonge que recouvrent de telles thèses. </em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-16741841"></span>



<p>Le fait est que la Grèce, morcelée en cités-Etats indépendantes liguées les unes contre les autres au gré des circonstances, avait été fédérée par la conquête macédonienne, qui avec le Roi Alexandre en avait mené les armées en Asie contre l’Empire Perse, et en Egypte, où leur supériorité militaire s’était confirmée. Il importe peu d’en retracer les étapes.</p>



<p>Alexandre&nbsp;rêvait apparemment d’un empire universel qui fondrait les Grecs et les non Grecs dans une même allégeance envers sa personne puis sa descendance. Il dut donc adopter pour cela le système asiatique et égyptien de gouvernement fondé sur la divinisation du Roi et l’absolutisme royal.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Alexandre, un conquérant sanguinaire</h2>



<p>Naturellement cela plaça Alexandre en opposition avec ses compagnons macédoniens qui désiraient une place prééminente dans l’empire qui leur assurerait honneurs et richesses et ne désiraient nullement l’égalité avec les barbares qu’ils avaient vaincus. Qui plus est, les Grecs, qui considéraient les Macédoniens comme des envahisseurs étrangers, n’avaient pas de plus grande ambition que de rétablir les indépendances perdues de leurs cités.</p>



<p>Alexandre grâce à un service de renseignements actif et efficace déjoua les complots et en fit exécuter impitoyablement tous les participants, y compris ses plus proches amis. En brûlant et détruisant Persépolis dans une orgie sous l’effet de la boisson, il démontra ainsi avoir été l’un des conquérants les plus sanguinaires de l’Histoire, qui s’était plus soucié d’étendre ses conquêtes que d’apporter la civilisation.</p>



<p>Avec la mort d’Alexandre, à l’âge de 33 ans, il faut le préciser, ses généraux, qu’on nomma les diadoques, ou successeurs (califes), au nombre de 8, décidèrent le partage de l’empire. C’était compter sans le désir des cités grecques de recouvrer leur liberté. C’est d’ailleurs au nom de la liberté grecque que&nbsp;Rome interviendrait près d’un siècle plus tard pour vaincre la Macédoine. Mais après la mort d’Alexandre, une première guerre qualifiée de Lamiaque vit l’écrasement du soulèvement, aidé par la peur de l’oligarchie grecque, qui par crainte du mouvement révolutionnaire accordant la citoyenneté à ceux qui en sont exclus préféra se ranger du côté des occupants macédoniens plutôt que perdre ses biens et ses privilèges.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AUKxsFmHNi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/lempire-du-levant-histoire-de-la-question-dorient-de-marathon-a-gaza-litineraire-dun-aveuglement-letal/">‘‘L’Empire du Levant, Histoire de la question d’Orient’’ : de Marathon à Gaza, l’itinéraire d’un aveuglement létal </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’Empire du Levant, Histoire de la question d’Orient’’ : de Marathon à Gaza, l’itinéraire d’un aveuglement létal  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/lempire-du-levant-histoire-de-la-question-dorient-de-marathon-a-gaza-litineraire-dun-aveuglement-letal/embed/#?secret=gP1yHR9Z4m#?secret=AUKxsFmHNi" data-secret="AUKxsFmHNi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ensuite, après 42 années de guerres, trois royaumes émergèrent, celui de Macédoine et de Grèce ou Antigonide, celui de Syrie, qualifié de Séleucide, et celui d’Egypte appelé Lagide. On les nomma hellénistiques, en signifiant par là toute la civilisation héritée de la fusion des éléments grecs et allogènes.</p>



<p>Est-ce la réalité objective ou une simple vue de l’esprit tendant à conférer à la civilisation grecque un caractère universel ?</p>



<p>Ces royaumes seraient conquis par Rome, constituant les frontières de son Empire à l’Est du bassin méditerranéen. Néanmoins, avant cela, le reflux avait commencé puisque les autres royaumes hellénistiques macédoniens&nbsp;établis sur l’Indus, en Afghanistan et au Punjab, disparaissaient sous les coups des peuplades&nbsp;nomades iraniennes et turco-mongoles venues de la grande steppe centre asiatique, et que les Parthes, un peuple iranien, parti du Khorassan, réussissait à reconquérir la totalité de l’Iran et à établir sa capitale, Ctésiphon, sur le Tigre, en Mésopotamie, l’Irak actuelle.</p>



<p>Ainsi l’Euphrate, le nord de la Syrie, constituerait la frontière orientale que Rome hériterait&nbsp;du royaume Séleucide et qu’elle finirait par accepter entre son empire méditerranéen et l’Iran,&nbsp;c’est-à- dire&nbsp;le monde centre&nbsp;asiatique. Il est important de le noter pour comprendre la vision géostratégique euro-américaine contemporaine du Moyen-Orient, naturellement partagée par l’Etat sioniste, privant l’Iran de tout accès à la Méditerranée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des régimes coloniaux ségrégationnistes</h2>



<p>Mais y eut-il bien une réalité hellénistique? Bien sûr, dans l’iconographie des livres traitant du sujet, on ne manque jamais de retrouver les fameux Bouddhas de Gandhara habillés à la grecque, pour apporter la preuve de la fusion des envahisseurs avec les peuples conquis. En réalité, celle-ci n’eut pas lieu. En Égypte Lagide&nbsp;l’Etat gréco-macédonien se substitua à celui des pharaons et les rois devinrent des dieux vivants égyptiens parce que cela&nbsp;renforçait leur pouvoir. Mais c’est aux envahisseurs puis à leurs descendants que les terres, propriétés exclusives de l’Etat, furent distribuées, et on leur attribua même le droit de résider chez l’autochtone,&nbsp;qui fut soumis à la capitation, que l’islam adoptera des siècles plus tard sous le nom de <em>jizya</em>.</p>



<p>D’autres communautés, juive ou perse, ont été établies en Haute Egypte. La société coloniale en Egypte était ségrégationniste, basée sur la race. Les Afrikaners d’Afrique du Sud n’auront à l’ère moderne rien inventé. L’intention du pouvoir Lagide en Egypte était clairement d’amoindrir le poids économique des autochtones majoritaires et de les entretenir dans un état de pauvreté et de dépendance à même de les maintenir dans la servitude supposée empêcher toute possibilité de révolte.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AUKxsFmHNi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/lempire-du-levant-histoire-de-la-question-dorient-de-marathon-a-gaza-litineraire-dun-aveuglement-letal/">‘‘L’Empire du Levant, Histoire de la question d’Orient’’ : de Marathon à Gaza, l’itinéraire d’un aveuglement létal </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘L’Empire du Levant, Histoire de la question d’Orient’’ : de Marathon à Gaza, l’itinéraire d’un aveuglement létal  » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/02/lempire-du-levant-histoire-de-la-question-dorient-de-marathon-a-gaza-litineraire-dun-aveuglement-letal/embed/#?secret=gP1yHR9Z4m#?secret=AUKxsFmHNi" data-secret="AUKxsFmHNi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est donc un véritable régime colonial qui fut imposé à la campagne. En ville, ce régime acquit un caractère ségrégationniste puisque seuls les conquérants pouvaient s’établir et acquérir les droits de la cité,&nbsp;de participation à la vie politique. Alexandrie d’Egypte, la ville phare du monde, en constitue le meilleur&nbsp;exemple. Et fatalement, c’est la langue et la culture grecques qui furent promues dans l’administration.</p>



<p>Ainsi, si l’autochtone se trouva dans l’obligation d’apprendre et de pratiquer la langue de l’étranger, dans les écoles qualifiées de gymnases, sa condition sociale ne s’en trouva que peu modifiée. Il ne faut pas chercher loin pour trouver la source&nbsp;d’inspiration du modèle colonial qui a prévalu en Algérie ou qui prévaut actuellement en Israël, avec le plein assentiment des occidentaux, imprégnés de l’antécédent gréco macédonien. Dans le Royaume Séleucide, si les franchises des cités grecques d’Asie mineure (Anatolie) ont été respectées, il semble qu’une politique d’assimilation de l’autochtone, ait été tentée, afin de lui faire oublier ses coutumes ancestrales en lui faisant adopter celles de l’envahisseur.</p>



<p>Cette politique en Palestine s’est heurtée au refus des prêtres juifs, de considérer le roi comme une divinité redevable d’un véritable culte, d’abandonner la circoncision, ou de manger du porc, afin de devenir semblables&nbsp;aux Grecs. Une véritable guerre s’ensuivit qui poussa les révoltés à proclamer le premier Etat juif non de la légende mais de l’Histoire, qualifié de Hasmonéen,&nbsp;et à rechercher la protection de Rome.</p>



<p>Le cas des juifs mérite d’être discuté. La communauté juive d’Alexandrie était nombreuse, riche et puissante, au point de soutenir Cléopâtre III dans sa quête du pouvoir. Curieusement, l’Histoire prétend que la Bible fut traduite en grec dans cette&nbsp;ville. On peut dès lors se poser la question de savoir si la Bible n’a pas été tout&nbsp;simplement rédigée et compilée à Alexandrie en langue grecque, une ville à l’avant-garde de son temps, qui possédait le fond culturel, le savoir et le foisonnement d’idées nécessaires à la rédaction d’un tel livre, qui serait plus tard traduit en hébreu, et prendrait pour héros l’ensemble d’un peuple au lieu d’un personnage selon la coutume hellène. En effet on a du mal à croire qu’elle ait été élaborée à l’orée du désert dans un village obscur des collines de Judée nommé Jérusalem.</p>



<p>Ainsi l’Exode de Moïse tel qu’on le lit dans la Bible n’aurait été qu’un manifeste lancé aux Juifs d’Alexandrie,&nbsp;en butte aux guerres du pouvoir entre les pharaons Lagides frères et sœurs, et aux persécutions endurées pour avoir choisi un camp au détriment de l’autre,&nbsp;les invitant à quitter l’Egypte pour s’installer en Palestine.</p>



<p>En effet, comment expliquer l’apparition dans l’Histoire d’un État juif surgi de nulle part en Palestine un siècle plus tard, et luttant victorieusement contre les Séleucides de Syrie?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le ressentiment de l’autochtone moyen-oriental</h2>



<p>En Iran, on a vu que la réaction autochtone contre l’invasion gréco-macédonienne a finalement prévalu avec l’instauration de l’Etat Parthe.</p>



<p>Écrasée en Egypte, avec l’aide des prêtres égyptiens, soucieux de consolider leur position auprès du roi,&nbsp;la révolte contre les conquérants fut donc victorieuse en Asie.</p>



<p>On prétend toujours qu’il y eut bien une fusion qui s’est traduite dans le culte égyptien de Sérapis, unissant conquérants et conquis, ainsi que dans la naissance de la doctrine néo platonicienne à Alexandrie, quelques siècles plus tard, sous domination romaine. </p>



<p>Il n’en demeure pas moins qu’en Asie et en Egypte les conquérants gréco-macédoniens et plus tard leurs successeurs romains n’ont été que des étrangers qui n’accordèrent que rarement l’égalité des droits aux autochtones, même après l’avènement du christianisme, qui en quittant le judaïsme essaya de fondre les Grecs et les non Grecs dans une même communauté qui ne serait redevable de culte qu’au Dieu du Ciel et non à l’empereur représentant de l’autorité politique. C’est cela qui fit son succès dans les différentes communautés puisque, ainsi qu’on l’a vu, la Grèce était à l’origine une mosaïque de cités états libres auto administrées et foncièrement antimonarchiques. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EyYNtcZUUp"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/12/the-heritage-of-persia-lesprit-eternel-dune-nation-qui-defie-le-temps/">‘‘The heritage of Persia’’ : l’esprit éternel d’une nation qui défie le temps</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The heritage of Persia’’ : l’esprit éternel d’une nation qui défie le temps » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/12/the-heritage-of-persia-lesprit-eternel-dune-nation-qui-defie-le-temps/embed/#?secret=jHv2cgQzFX#?secret=EyYNtcZUUp" data-secret="EyYNtcZUUp" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Mais l’avènement du christianisme en tant que religion d’Etat ne mit pas fin au ressentiment de l’autochtone du Moyen-Orient politiquement et culturellement aliéné. Les querelles christologiques ou marianistes au sein de l’Eglise semblent en avoir été un reflet. </p>



<p>C’est dans ce contexte qu’il faut situer l’apparition de l’islam dans une aire géographique qui ne subit jamais le joug politique gréco romain, tout en en subissant l’influence civilisationnelle. René Grousset l’a appelé la grande révolte de l’Asie. S’il prit une forme arabe, avec le jeûne, le calendrier et le pèlerinage, il n’en demeure pas moins qu’il véhicula des idées grecques d’unicité, de responsabilité individuelle, d’égalité de droits, de devoirs envers la communauté, de règles éthiques,&nbsp;mais aussi inévitablement, d’aliénation de la femme, et de port du voile. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’injustice des orientalistes européens </h2>



<p>Il faut se souvenir à cet&nbsp;effet que la femme la plus émancipée du Moyen-Orient à l’époque, selon les normes contemporaines,&nbsp;fut l’Egyptienne. Et il y a des ressemblances frappantes entre la Fitna et les guerres des Diadoques; tout comme le Prophète Mohamed, Alexandre de Macédoine n’avait pas désigné d’héritier, et ses compagnons finirent par s’affronter.</p>



<p>Simplement aux droits issus de la naissance, de la race et de la cité, irrécusables dans le monde gréco-romain, l’islam substitua ceux issus de la foi, donc, au moins théoriquement, émanant d’un choix.</p>



<p>On comprendra dès lors l’ampleur de l’injustice des orientalistes européens refusant de reconnaître à l’Islam des fondements issus de la civilisation hellénistique.</p>



<p>Au terme de la lecture de ce livre, on s’aperçoit que les Gréco-macédoniens ont été des colonisateurs de l’Orient dont ils ont adopté quelques-unes des coutumes les plus inacceptables à notre époque, qu’elles se situent au plan politique à l’instar de l’absolutisme royal qui a conduit au despotisme byzantin qualifié de césaro-papisme, ou à celui des mœurs, pour citer l’horrible inceste, largement pratiqué en Egypte et en Iran.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins, abstraction faite d’illusoires fusions culturelles que le régime ségrégationniste colonial instauré contre les autochtones n’a que marginalisées, il demeure légitime de penser que sans les Etats hellénistiques d’Egypte et d’Asie, le monothéisme que nous connaissons et les règles éthiques qui en découlent telles que la solidarité sociale et l’interdiction de l’inceste, n’auraient probablement pas acquis l’importance que nous leur reconnaissons aujourd’hui. </p>



<p><em>* Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘L’impérialisme macédonien et l’hellénisation de l’Orient’’, de&nbsp;Pierre Jouguet, éditions Albin Michel, Paris, 23 février 1972, 512 pages.</em></strong></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="PLY5ycG0pB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=6EHrRGCvd9#?secret=PLY5ycG0pB" data-secret="PLY5ycG0pB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Introduction à l’œuvre d’Amin Maalouf</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/25/introduction-a-loeuvre-damin-maalouf/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 25 Dec 2024 07:52:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[amin maalouf]]></category>
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		<category><![CDATA[Hassen Al Wazzen]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La principale qualité d’Amin Maalouf c’est son regard synoptique et anticipateur du monde qui vient à chaque époque.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Amin Maalouf ne fait pas dans le syncrétisme humaniste, vu comme étant une réflexion niaise, faible et romantique. Loin s’en faut ! Il ressort les spécificités de chaque culture, bien entendu on parle d’Orient et d’Occident, sans pour autant promouvoir la confrontation. C’est un travail d’orfèvrerie et de nuance fine qui rassure et qui castre toute envie d’opposition.</em></strong></p>



<p><strong>Sami Kouki</strong><strong></strong></p>



<span id="more-14977380"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki.jpg" alt="" class="wp-image-14977397" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Sami-Kouki-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>J’ai lu toute l’œuvre d’Amin Maalouf, enfin presque; il me manque juste un livret d’opéra, <em>‘‘Adriana Mater’’</em> que je n’ai pu acquérir. J’ai commencé le 24 septembre plus précisément. J’ai tout repris depuis le début, pour certains livres comme <em>‘‘Samarcande’’, ‘‘Les identités meurtrières’’</em> ou encore <em>‘‘Les jardins de lumière’’</em>, je les ai relus. Je voulais enchaîner les livres du même auteur dans l’espoir de mieux cerner sa pensée, sans aucune déperdition.</p>



<p>L’œuvre d’Amin Maalouf est assez conséquente, et on peut en faire une taxinomie en quatre branches : les romans (essais) historiques; les essais; le Liban; et des romans d’anticipation.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les romans historiques :</h2>



<p>Les romans historiques de Maalouf, ne sont pas des contes, figés dans un moment précis, l’époque où leurs faits se déroulent, même s’il un formidable conteur. C’est une véritable matière à réflexion sur notre temps, un tremplin entre une période passée et un pendant qui ne peut en être détaché. C’est fait en douceur, avec de la magnanimité, loin de toute auto-flagellation ou de ressentiment mais sans tomber, pour autant dans le piège de la glorification niaise, chauvine et improductive.</p>



<p>Il nous pousse à regarder, à la fois avec un microscope, les évènements d’époque pour mieux les cerner et, avec un œil macroscopique, l’holisme de la marche d’histoire, sa répétition et ses attaches immuables. Il y a un côté structuraliste, Braudelien, chez Maalouf qu’on ne peut occulter.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Les jardins de lumière’’</em> (1991) : la vie de Mani, théologien du troisième siècle après J.-C., père de la doctrine manichéiste, conception qui admet le dualisme antagoniste d&rsquo;un principe du bien et d&rsquo;un principe du mal. Mani est un humaniste qui visa à réconcilier les religions de son temps. Le ton de l’œuvre de Maalouf est donné : une lutte intellectuelle contre la binarité (quand bien même le roman porte sur un personnage dont la vision est binaire et qu’on appelle, en psychologie tout délire dans lequel le malade voit le monde divisé en deux fractions qui s&rsquo;affrontent à son sujet, manichéisme délirant). Une lutte contre l’essentialisme et le choc des cultures.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Les croisades vues par les arabes’’</em> (1983) : cet essai historique, très documenté, présente les croisades entamées en 1096 du point de vue oriental. De l’invasion, à l’occupation, la riposte, la victoire jusqu’à l’expulsion à la fin du treizième siècle. Maalouf analyse les enjeux politiques de l’époque, les luttes fratricides, la sauvagerie et l’anéantissement qui sont à mille lieues de l’image chevaleresque qu’on associe aux croisades.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘Samarcande’’</em> (1988) : c’est l’orient du onzième siècle sous l’extrémisme de la secte des assassins par Hassan Sabbah, le magnifique Omar Khayyam, le poète du vin, de l’amour et le libre penseur qu’il était. Et puis un manuscrit dont on retrouve la trace au début du XXe siècle. Œuvre contemporaine finalement parce qu’on retrouve, dans notre époque, les mêmes ingrédients de manigances politiques, de luttes pour le pouvoir et de la poésie comme remède qui nous aiderait à supporter l’absurdité de notre pendant.</p>



<p>&#8211; <em>‘‘L’amour de loin’’</em> (2001). Livret d’opéra. Jaufré Rudel, prince de Blaye et troubadour, au XIIe siècle, tombe éperdument amoureux d’une femme qu’il n’avait jamais vue auparavant et qu’il finit par rencontrer à Tripoli pour mourir dans ses bras. C’est une ode à l’amour, qu’il soit de près ou de loin.</p>



<p><em>‘‘Léon l’africain’’</em> (1986). La vie de Hassen Al Wazzen de la Grenade de la chute (1492) jusqu’à Rome du pape Léon X, de Raphaël le peintre florentin et la renaissance italienne du Cinquecento. Un voyage exquis de ce formidable personnage, d’une intelligence rare et d’un destin hors du commun. Il faudra peut-être revivre son voyage, personnellement, en le commençant à la cité palatine d’Alhambra, ré-imaginer la vie à cette époque sous les Nasrides et leur dernier prince Boabdil et la Reconquista d’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon, pour le finir à Rome, au Vatican, à la chapelle Sixtine.</p>



<p><em>‘‘Le périple de Baldassare’’</em> (2000) : Nous sommes au Liban du XVIIème siècle, à Gibelet, c’est le point de départ du périple de Baldassare Embriaco, génois d’orient, à la recherche d’un manuscrit, qui le ramène en la Méditerranée de l’empire turc jusqu’en Angleterre en pleine guerre contre les Hollandais, en passant par la Gênes de ses ancêtres. Un personnage quelquefois boulet, digne d’un Pierre Richard dans <em>‘‘La Chèvre’’ </em>et extrêmement attachant !</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les essais:</h2>



<p>Ils sont en nombre de quatre : <em>‘‘Les identités meurtrières’’</em> (1998); <em>‘‘Le dérèglement du monde’’</em> (2009); <em>‘‘Le naufrage des civilisations’’</em> (2019); et <em>‘‘Le labyrinthe des égarés’’</em> (2023).</p>



<p>Maalouf a écrit des essais avec un rythme, non aléatoire, d’un essai par décennie, sauf le dernier qui fut publié cinq ans après le pénultième et pour des raisons d’urgence dont je vais parler après.</p>



<p>La principale qualité d’Amin Maalouf c’est son regard synoptique et anticipateur du monde qui vient (pour reprendre le titre de l’essai d’Alain Minc), à chaque époque. Un regard analytique et se transforme en prophétie synthétique. Maalouf a su saisir <em>«l’esprit de l’époque»</em>, le <em>«Zeitgeist»</em> en Allemand, c’est-à-dire les aspects microscopiques, unitaires qui régissent une époque, une décennie, une période, c’est le quantum de l’instant, la plus petite unité de mesure de l’âme de l’humanité à un moment donné.</p>



<p>C’était la bataille, le repli plutôt, identitaire, le besoin d’appartenance collective avec ses externalités négatives telles que le repli religieux ou national. C’était en 1998, soit trois ans avant l’évènement majeur pour l’humanité : le 11 septembre 2001. Maalouf nous invite à prendre un peu de recul par rapport aux évènements, par rapport à certains complexes d’infériorité qui se traduisent par un ressentiment meurtrier, la prolifération du conspirationnisme et une envie de vengeance fondée sur le rejet de la défaite.</p>



<p>Maalouf ne fait pas dans le syncrétisme humaniste, vu comme étant une réflexion niaise, faible et romantique. Loin s’en faut ! Il ressort les spécificités de chaque culture, bien entendu on parle d’Orient et d’Occident, sans pour autant promouvoir la confrontation. C’est un travail d’orfèvrerie et de nuance fine qui rassure et qui castre toute envie d’opposition. Il évoque les principes fondamentaux qui réunissent les humains : la liberté, la justice et les mécanismes nécessaires pour les mettre en œuvre : la démocratie et les juridictions équitables.</p>



<p>Dans <em>‘‘Le dérèglement du monde’’</em>, Maalouf situe l’année où tout a basculé en 1979, c’est Khomeiny qui rentre triomphant en Iran, c’est Thatcher qui prend les rênes en Grande-Bretagne et le triomphe du capitalisme, suivi de l’élection de Reagan aux États-Unis. L’année 1979 c’est aussi la Mecque prise d’assaut par des extrémistes religieux, ses 300 morts, cette libération assistée par le GIGN français et comment l’Arabie Saoudite est entrée, politiquement, dans un fondamentalisme qui affecte jusqu’à aujourd’hui nos vies. L’entrée en guerre des Soviétiques dans le bourbier afghan, ses conséquences sur les Américains.</p>



<p>Tous ces évènements, cette année principalement, ont crée le dérèglement du monde. Un dérèglement identitaire, économique avec le triomphe de l’ultralibéralisme et climatique enfin.</p>



<p><em>‘‘Le naufrage des civilisations’’</em>, on retrouve Maalouf pessimiste quant l’avenir du monde. Le diagnostic est sans équivoque : le monde est foutu ! Plus rien ne va ! La déshumanisation triomphante, la perte de repères, le conflit des civilisations tellement chéri par les belliqueux et rejeté par les humanistes dont il fait partie, est en train de prendre le dessus. Maalouf ressort les maux qui ont fait qu’on en arrive à ce constat, le communisme comme politique et l’anticommunisme maccarthyste comme réflexe. Ça a été la source principale de l’échec de toute tentative de réforme dans le monde dit oriental : Mossadegh en Iran des années 50 comme opportunité manquée, Nasser en Egypte également, mais de sa faute cette fois.</p>



<p>Maalouf a rompu le cycle d’un essai tous les dix ans pour écrire, cinq ans après, un autre qui redonne espoir ! L’historien reprend du service et essaie de dire, à travers &nbsp;<em>‘‘Le Labyrinthe des égarés’’</em> que tout n’est pas finalement foutu ! L’histoire nous a démontré que l’on peut ressortir des ténèbres par notre intelligence et par l’évitement de l’arrogance triomphatrice. <em>«Les dieux rendent arrogant celui dont ils veulent la perte!»</em>, c’est la sagesse grecque qui nous le rappelle.</p>



<p>A travers l’exemple japonais de la période meiji, les Russes de la révolution, la Chine de Sun Yat-Sun et les États-Unis, Maalouf nous démontre la capacité des humains d’aller outre leur condition à condition de ne pas laisser l’arrogance des victoires prendre le dessus et raviver l’envie de domination.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Liban&nbsp;:</h2>



<p>Maalouf est amoureux de son pays natal et nous le fait aimer à travers ses écrits. C’est d’abord à travers <em>‘‘Le rocher de Tanios’’</em>, le Goncourt de 1993, un conte sur le Liban du XIXe siècle, sous l’empire (emprise) ottoman(e). Une histoire de beauté, de soumission et enfin de courage.</p>



<p><em>‘‘Les échelles du levant’’</em> ou le parcours d’un gentilhomme libanais de la résistance en France à la folie dans un asile au Liban. L’amour d’une fille qui s’est fixée comme mission de retrouver son père.</p>



<p><em>‘‘Les désorientés’’</em> ou le retour aux sources d’une bande d’amis de la diaspora libanaise sous fond de souvenirs de guerre civile avec toutes ses conséquences sur les hommes et femmes du Liban et sur le Liban lui-même comme expérience magnifique du vivre ensemble, de l’effacement de toute tentation identitaire exclusive !</p>



<p>Enfin <em>‘‘Origines’’</em>, que Maalouf n’avait pas voulu intituler <em>‘‘Racines’’</em> parce que, comme une bonne partie de nous, nous sommes de sempiternels étrangers, les racines évoquent l’attachement inhibiteur, castrateur. Origine est le mot adéquat, celui d’un point de départ vers l’immensité du monde.</p>



<p><em>‘‘Origines’</em> est le livre le plus personnel de Maalouf, il nous présente de manière on ne peut plus tendre, sa famille, depuis les arrière-grands-parents et l’oracle de départ qui suit les habitants du levant.</p>



<p>S’il y a un livre à lire d’Amin Maalouf, un seul ? <em>‘‘Léon l’africain’’</em> pour moi, sans la moindre hésitation !</p>



<p><em>* Professeur universitaire en finance.</em><br></p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="sn7zwstdTF"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/">Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Littérature : Amin Maalouf : «Je suis un homme d’interrogation et non de conviction» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/10/04/litterature-amin-maalouf-je-suis-un-homme-dinterrogation-et-non-de-conviction/embed/#?secret=9SkaUDvWr2#?secret=sn7zwstdTF" data-secret="sn7zwstdTF" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 14 May 2023 07:18:20 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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		<category><![CDATA[Sémitiques]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’attentat de la Ghriba est-il un acte criminel ou terroriste? </p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Est-ce un hasard si les multiples tueries qui frappent régulièrement les écoles aux États-Unis d’Amérique ne sont jamais qualifiées de terroristes ? Les mots tout autant que les actes ont des conséquences.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-7933064"></span>



<p>L’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/10/tunisie-le-terrorisme-frappe-au-plus-mauvais-moment/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">attentat de la Ghriba</a> est-il un acte criminel ou terroriste? La réponse dépend évidemment d’un ordre <em>«normal»</em> des choses fondé sur les mots et les idées, et qui ne va pas de soi. C’est une construction qui a été élaborée au Moyen-âge et consolidée aux siècles des lumières au nom de la sacro-sainte science.</p>



<p>Le débat a en réalité commencé avec la question de la place attribuée au langage dans l’élaboration du corpus sacré, la bible, ou autrement dit de la langue parlée par Dieu.</p>



<p>En effet il devenait&nbsp;inacceptable pour l’Occident, maître du monde, de reconnaître une quelconque dette à un peuple étranger et apatride. Fallait-il reconnaître que les (gentils) indo- européens (aryens) victorieux et conquérants étaient&nbsp;ainsi redevables envers les (douteux) sémites de leur conscience historique?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le christianisme occidental dominant</h2>



<p>Les premiers se sont bien approprié leur livre sacré, en prenant&nbsp;fait et cause pour la dissidence dans une querelle intestine théologico-politique. Pour cela, et en dépit de l’Église, ou sans elle,&nbsp;ils ont dû se forger les paradigmes nécessaires démontrant d’une manière <em>«scientifique»</em> une finalité historique téléologique, celle du christianisme occidental dominant, guidant, humanisant, les<em> «races»</em> du monde dans sa quête du retour à l’âge d’or d’une humanité&nbsp;unie autour d’une seule langue. Il fallait justifier que l’hébreu ne fût pas la langue de la création ni celle utilisée dans le jardin de l’Eden (le Paradis).</p>



<p>On a parlé ainsi de textes dénués de ponctuations, de voyelles, dans l’hébreu de la Bible, pour en prouver les ajouts ultérieurs, et en éliminer ainsi le caractère originel mais on a omis de dire que l’alphabet latin était phénicien, donc sémitique. </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="pVyv5KwlBj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/before-orthodoxy-la-construction-de-la-verite-en-islam/">«Before Orthodoxy» : la construction de la vérité, en islam</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« «Before Orthodoxy» : la construction de la vérité, en islam » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/07/04/before-orthodoxy-la-construction-de-la-verite-en-islam/embed/#?secret=DLYwNfPzud#?secret=pVyv5KwlBj" data-secret="pVyv5KwlBj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Les nouveaux outils conceptuels ainsi élaborés&nbsp;prénommés philologie, paléontologie linguistique, anthropologie&nbsp;culturelle, ont finalement permis de séparer et de catégoriser les langages avec leurs champs d’action les plus accessibles, les religions;&nbsp;sans oublier le plus important, les peuples.</p>



<p>Il n’est peut être pas aussi paradoxal que dans une Europe des Lumières qui se détachait du religieux, l’émergence de la nation et du colonialisme ait en fait inspiré une telle démarche. Que les maîtres d’œuvre en eussent été de manière souvent dissemblable, de Richard Simon l’aventurier du texte sacré primitif inaltéré jusqu’à Goldziher en passant par&nbsp;Renan, Max Muller, Gross, d’éminentes figures des milieux académiques occidentaux, n’importe que dans la mesure où la démarche scientifique même reconnue peut s’avérer dans le champ des sciences sociales, surmonter difficilement l’épreuve de la critique.</p>



<p>Entre le prêtre défroqué Renan révolté par ce qu’il découvrait en Orient dans les années 1860 au point de vouer l’islam aux gémonies, et le juif de descendance rabbinique Goldziher qui réhabilitait sa propre communauté grâce à ses études <em>«équilibrées»</em> sur l’islam, les conclusions ne pouvaient être les mêmes. Ceci démontre combien dans de telles études, l’apport personnel peut être déterminant, et le cheminement de la recherche aboutir à des culs de sac parfois coûteux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’opposition sémitiques-aryens vole en éclats</h2>



<p>Ainsi l’introduction dans le débat par Renan de la notion de race linguistique, culturelle, religieuse, eût même été loufoque sans ses inévitables implications. Son obstination à opposer une culture sémitique par essence stagnante et stérile parce que dénuée de mythes à une autre aryenne féconde riche en mythes est contredite par les réalités;&nbsp;les Assyriens et les Babyloniens parmi tous les sémites furent les polythéistes les plus avérés, mais quand le Roi Assurbanipal rendait un culte à son Dieu, ses prières s’apparentaient à celles d’un musulman.</p>



<p>Quant au polythéisme matrice de l’esprit scientifique permettant d’appréhender simultanément plusieurs réalités, ou plusieurs aspects d’une même réalité, chose que le monothéisme ne permettrait pas, rien ne le démontre. Au contraire, les mathématiques constituent par excellence la science où l’infini se rapproche le plus du néant, justement par le biais de l’unité.</p>



<p>Mais abstraction faite de l’objectivité de Goldziher, pour qui les civilisations s’entrecroisent et empruntent les unes aux autres, à l’ère de l’impérialisme si les juifs ont été finalement intégrés aux Aryens (Disraeli, Crémieux) et la <em>«race de l’islam»</em> confinée au statut de sujet, c’est en Allemagne, cette nation dénuée de colonies à la mesure de ses ambitions et militairement battue, que le concept de l’Aryen <em>«libéré»</em> de sa part éthique juive, le christianisme, a fait florès, avec les conséquences que l’on sait. Un grand opéra de Richard Wagner, <em>Siegfried</em>, l’illustre.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="5mvRwaWo5M"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/">Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Europe et islam : les origines d&rsquo;un antagonisme pérenne » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/03/27/europe-et-islam-les-origines-dun-antagonisme-perenne/embed/#?secret=98brPDX2H1#?secret=5mvRwaWo5M" data-secret="5mvRwaWo5M" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Mais une autre question est le discours emprunté dans la guerre contre le terrorisme depuis 2001, et face à l’immigration illégale. Ce sont les thèses de Renan&nbsp;que l’on a évidemment ressorties des oubliettes, en taisant qu’elles fussent siennes, et en omettant ses jugements sur les races; au nom de l’exactitude <em>«scientifique»</em>, il a suffi&nbsp;de lire<em> «islam»</em> au lieu de <em>«sémite»</em>. Et on a invité les musulmans à déconstruire leurs textes sacrés en les soumettant à la <em>«raison scientifique»</em>, autrement dit à la philologie et la paléontologie linguistique,&nbsp;confrontées&nbsp;éventuellement aux découvertes archéologiques.</p>



<p>L’archéologie est justement le domaine de recherche par excellence auquel les Nazis ont conféré ses techniques actuelles. Elle a aussi servi à justifier leurs conquêtes au nom d’un ancien berceau&nbsp;arien&nbsp;en Europe et elle n’est donc pas neutre.</p>



<p>Par ailleurs, c’est une chose que de déterminer l’origine des mots et des versets utilisés dans le Coran qui&nbsp;peut effectivement être très utile dans la compréhension du passé. Mais si le but est d’en démontrer l’origine biblique celle-ci y a toujours été clamée,&nbsp;et sa confirmation n’apporterait&nbsp;rien au débat, qui en l’occurrence semble être toujours de prouver une supposée supériorité du christianisme arien occidental.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La puissance est une affaire d’organisation</h2>



<p>Le plus dommageable est évidemment de faire ainsi passer toute critique objective du texte coranique pour une entreprise partisane contre l’islam; pour le plus grand bonheur des rigoristes alliés à ceux pour qui il demeure ataviquement contre tout progrès. Mais peut-on vraiment tenir rigueur à de nombreux musulmans de penser&nbsp;que la <em>«science»</em> qu&rsquo;on leur prescrit soit dans une large mesure partisane, et pas seulement pour prouver que l’Arabe ne soit pas la langue du paradis?</p>



<p>Mis à part cela, on se demande effectivement quel bénéfice pourrait encore&nbsp;tirer de la philologie un orientalisme&nbsp;anachronique alors que Chinois et Indiens (dans une large mesure des dravidiens culturellement aryanisés)&nbsp;sont en train de prouver que la puissance n’est pas un monopole occidental mais une affaire d’organisation.</p>



<p>Pour conclure, ce n’est nullement un hasard si les multiples tueries qui frappent régulièrement les écoles aux États-Unis d’Amérique ne sont jamais qualifiées de terroristes. Les mots tout autant que les actes ont des conséquences.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<p><strong><em>‘‘Les langues du paradis’’, essai de </em></strong><strong><em>Maurice Olender, éditions Seuil, 293 pages, Paris </em></strong><strong><em>1989</em></strong><strong><em>.</em></strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/14/les-langues-du-paradis-la-philologie-ou-lorient-entre-mythe-et-mystification/">‘‘Les langues du paradis’’: la philologie, ou l’Orient entre mythe et mystification</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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