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	<title>Archives des politique monétaire - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des politique monétaire - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Le dinar tunisien est-il la monnaie la plus forte d’Afrique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 11 Nov 2025 09:46:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[taux de change]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'affirmation que le dinar tunisien est la monnaie la plus forte d’Afrique a donné lieu à beaucoup de controverses parmi les Tunisiens. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/11/le-dinar-tunisien-est-il-la-monnaie-la-plus-forte-dafrique/">Le dinar tunisien est-il la monnaie la plus forte d’Afrique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La récente déclaration de la Première ministre devant l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) selon laquelle le dinar tunisien et la monnaie la plus forte d’Afrique a donné lieu à beaucoup de controverses et a interpellé tous les Tunisiens, qu’ils soient économistes, experts ou de simples citoyens. Qu’en est-il vraiment&nbsp;? Quelle est la différence entre valeur nominale et valeur réelle d’une monnaie&nbsp;? Comment se déterminent les taux de change d’une monnaie ? Quelle est la marge de manœuvre réelle de la Banque centrale de Tunisie (BCT), etc. Autant de question auxquelles l’auteur, économiste universitaire et expert international, répond par une approche qui a au moins le mérite d’être didactique et pédagogique.</em></strong></p>



<p><strong>Sadok Zerelli *</strong></p>



<span id="more-17876756"></span>



<p>Dans l’actualité économique actuelle, marquée par de vifs débats sur le Projet de Lois des Fiances pour l’année 2026 (PLF2026), tout observateur relève la multiplication des déclarations optimistes, voire triomphalistes, faites par plusieurs membres du gouvernement, et qui sont destinées, à mon sens, à faire avaler à l’opinion publique la pilule de l’augmentation de plusieurs taxes et la création de nouvelles, ni plus ni moins.</p>



<p>Cela va de la <em>«fake news»</em> de l’agence de presse officielle Tap qui annonce officiellement que la Tunisie a remboursé 125% de l’encours de sa dette extérieure pour l’année 2025, ce que des sources du FMI ne confirment pas, aux déclaration du gouverneur de la BCT durant les assemblées annuelles de BM et du FMI à Washington qui évoque <em>«la résilience de l’économie tunisienne» et «la capacité de la Tunisie</em> <em>à maintenir une croissance durable</em>»&nbsp; (voir mon article&nbsp;: <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/30/embellie-de-leconomie-de-la-tunisie-le-vrai-du-faux/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Embellie de l’économie de la Tunisie&nbsp;: le vrai&nbsp; du faux»</em>)</a> à la déclaration récente de la cheffe du gouvernement devant L’Assemblée des représentants du peuple (ARP) et le Conseil national des régions et des districts (NRD) selon laquelle «<em>le dinar tunisien est la plus forte monnaie en Afrique par rapport au dollar américain, malgré que le pays ne bénéficie ni de ressources pétrolières, ni d’exportation à forte valeur ajoutée à l’instar de certains pays de la région</em>.»</p>



<p>Une telle déclaration laisse sous-entendre que le pouvoir d’achat du dinar et le niveau de vie de Tunisiens sont les plus élevés d’Afrique, ce que les millions de Tunisiens qui ont des difficultés à joindre les deux bouts et dont le niveau de vie ne cesse de se détériorer d’une année à l’autre ne sont pas près de confirmer. Elle interpelle aussi les économistes et experts internationaux qui suivent de près l’évolution de la conjoncture économique en Tunisie et ailleurs.</p>



<p>Sans vouloir mettre en cause l’honnêteté intellectuelle de la cheffe du gouvernement, à mon avis une brave femme dont on ne peut que saluer le courage d’avoir accepté cette responsabilité dans un contexte aussi difficile et incertain que traverse le pays et qui se trouve coincée entre un super président qui lui dicte le moindre de ses faits et gestes et un gouvernement qu’il lui a imposé et qui obéit au doigt et à l’œil aux instructions venues du palais, il n’en demeure pas moins que ce genre de déclaration peut tromper l’opinion sur la santé réelle de notre économie et la stabilité de notre monnaie et constitue de mon point de vue ce que j’appelle dans plusieurs de mes articles un «<em>mensonge scientifique</em>», car basé sur une fausse interprétation &nbsp;des chiffres, qui eux, sont bien réels (voir dans Kapitalis&nbsp;: <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/04/03/les-statistiques-officielles-sont-une-forme-de-mensonges-scientifiques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>Les chiffres officiels, une forme de mensonge scientifique»</em></a>).</p>



<p>Ainsi, dans le cas d’espèces, Mme la cheffe de gouvernement s’est basée à priori dans sa déclaration sur le <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/31/le-dinar-tunisien-en-tete-des-10-monnaies-les-plus-fortes-en-afrique/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">classement</a> publié par «<em>Forbes Currency Calculator</em>» et relayé par «<em>Business Insider</em>», selon lequel le dinar tunisien s’est hissé au premier rang des monnaies les plus fortes d’Afrique en septembre 2025.</p>



<p>Toute la question est donc de savoir comment se détermine la valeur d’une monnaie et si les taux de change officiels reflètent bien cette valeur</p>



<p>Pour y répondre, je vais adopter l’approche la plus didactique et pédagogique possible, afin de contribuer un tant soit peu à élever la culture économique générale du public tunisien qui, il faut bien l’admettre, en a bien besoin.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La valeur d’une monnaie</h2>



<p>Historiquement et pendant des siècles, la valeur d’une monnaie était déterminée par la quantité d’or qu’elle permet d’acquérir et le volume de pièces de monnaie qu’un prince est autorisé à frapper dans un pays était directement lié au volume des réserves en or détenues par les autorités de ce pays</p>



<p>Ce système monétaire international qu’on appelle «<em>le système d’étalon-or»</em> s’est effondré lors du Crash de 1929 qui a abouti à de graves récessions économiques dans tous les pays industriels, accompagnées d’hyper inflation et de chômage massif, et qui est l’une des causes principales du déclanchement de la deuxième guerre mondiale en 1939</p>



<p>Les pays vainqueurs de celle-ci, menés par les Etats-Unis, se sont réunis en 1944 à Bretton Woods et ont mis en place un nouveau système monétaire international, appelé «<em>système de change-or</em>» selon lequel seul le dollar américain est défini par rapport à l’or selon une parité fixe d’une (une once d’or = 36 USD) et toutes les autres monnaies du monde sont reliés au dollar suivant un taux de change fixe, donc indirectement relié à l’or.</p>



<p>Ce système qui accordait aux Etats-Unis un avantage exorbitant dans le sens où ils étaient le seul pays au monde à pouvoir se procurer autant de dollars qu’ils le veulent sans avoir à exporter davantage de marchandises au reste du monde ou d’acquérir davantage d’or, s’est effondré &nbsp;en 1971, lorsque Charles de Gaule a demandé la conversion en or de toutes les réserves de dollars détenues par la Banque de France, ce que le FED (Banque centrale américaine) ne pouvait pas satisfaire, ayant noyé le monde de dollars, notamment pour financer les guerres de Corée et du Vietnam. Le président américain de l’époque, Richard Nixon, n’a pas eu d’autres choix que de décréter unilatéralement la fin de la convertibilité du dollar en or.</p>



<p>Depuis, le monde est entré dans un système de changes flexibles où, toutes les monnaies, y compris le dollar, sont <em>«fiduciaires»</em> c’est-à-dire qu’elles tirent leur valeur de la confiance des opérateurs économiques dans les économies des pays qui l’ont émises<em>. </em>Dans ce nouveau système monétaire qui est toujours en vigueur, l’or monétaire (diffèrent de l’or commercial pour fabriquer des bijoux ou certains composants électroniques) continue à jouer un rôle mais uniquement comme valeur refuge pour certains spéculateurs et investisseurs en vue de se prémunir contre de fortes dépréciations des devises qu’ils détiennent (actuellement, l’once d’or a dépassé les 4000 USD&nbsp;!). <em>&nbsp;</em></p>



<p>Toujours est-il que selon le système monétaire actuel, la valeur d’une monnaie se définit comme étant «<em>la quantité de biens et services qu’une unité monétaire permet d’acquérir», </em>ce que les économistes appellent «<em>le pouvoir transactionnel</em>» d’une monnaie<strong><em>. </em></strong>Celle-ci dépend en premier lieu du niveau général des prix et de la confiance des agents économiques intérieurs et extérieurs dans les capacités de croissance et de création de richesses de l’économie de ce pays, ainsi que de la capacité des autorités monétaires à maîtriser l’inflation et défendre le pouvoir d’achat et la parité de leur monnaie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le taux de change est-il un bon indicateur de la valeur d’une monnaie&nbsp;?</h2>



<p>Le taux de change est le prix à payer en une certaine monnaie pour acquérir une unité d’une autre monnaie. Tout comme pour le prix d’un baril de pétrole ou d’un kilogramme de tomates ou de tout autre produit, il est déterminé par <em>la confrontation de l’offre et de la demande de cette monnaie sur le marché des changes</em>.</p>



<p>Si la demande de monnaie nationale s’accroît, par exemple pour convertir des devises reçues suite à un accroissement des exportations de biens ou de services ou d’un nouvel emprunt ou don extérieurs, <em>toutes choses égales par ailleurs</em>, son cours s’apprécie ou augmente. Inversement, si c’est la demande de devises qui s’accroit, par exemple pour faire face à des importations supplémentaires ou rembourser un emprunt extérieur, <em>toutes choses égales par ailleurs</em>, le cours de la monnaie nationale se déprécie ou baisse.</p>



<p>Globalement, il apparaît que la variable déterminante en matière de taux de change est le solde de la balance des paiements (égal au solde la balance commerciale + les recettes touristiques + les virements reçus des nationaux expatriés + les nouveaux emprunts extérieurs ou dons contractés- les encours en principal et intérêts des emprunts extérieurs remboursés).</p>



<p>Dans certains pays à devises fortes et convertibles, il arrive que les banques centrales interviennent sur les marchés de change pour soutenir leurs monnaies en offrant d’acheter ou de vendre leurs propres monnaies si elles jugent que les taux de change fixés par le marché sont défavorables à leur économie. &nbsp;</p>



<p>Malheureusement, le dinar tunisien n’étant pas convertible, notre BCT ne peut pas recourir à de telles pratiques&nbsp;: elle ne peut pas acheter des devises en payant par des dinars qu’aucun opérateur extérieur n’accepterait et les maigres réserves de devises qu’elle détient sont destinées à faire face au paiement de nos importations et au remboursement des échéances des crédits extérieurs, avec un solde de sécurité d’à peine trois mois d’importation (105 jours actuellement).</p>



<p><em>A la lumière de ces explications, il apparaît clairement que s’attribuer les mérites d’une stabilisation relative du dinar par rapport aux principales devises, comme le font souvent les responsables de la BCT, et l’imputer même à </em>«l’efficacité de sa politique monétaire»<em>, comme l’a déclaré son gouverneur à Washington, relève tout simplement d’une manipulation de l’opinion publique, qui ne maîtrise pas ces questions techniques.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Les déterminants<em> </em>taux de change</h2>



<p>Ils sont au nombre de trois&nbsp;:</p>



<ol style="list-style-type:lower-alpha" class="wp-block-list">
<li><em>Le solde de la balance des paiements</em>&nbsp;: le déficit de notre compte courant est <strong>réel et structurel</strong> : la Tunisie importe plus de biens et services (et rembourse les échéances de la dette extérieure) qu’elle ne reçoit. Ainsi, durant les <strong>neuf premiers mois de 2025</strong><strong>, </strong>le déficit commercial a atteint &#8211;<strong>16 728 millions de dinars</strong>, contre -13 497 millions de dinars sur la même période en 2024, soit une augmentation de +23,9%. Le taux de couverture (exportations / importations) décline également, baissant à 73,5 % à fin septembre 2025 contre 77,5 % un an auparavant (<em>voir mon article&nbsp;: <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/10/30/embellie-de-leconomie-de-la-tunisie-le-vrai-du-faux/">«Embellie de l’économie de la Tunisie&nbsp;: le vrai&nbsp; du faux»</a>).</em></li>



<li><em>Le différentiel de taux d’inflation</em> : en matière d’inflation, ce qui compte le plus ce n’est pas tellement la valeur absolue de l’inflation enregistrée dans un pays, mais le différentiel d’inflation par rapport aux pays partenaires de son commerce extérieur. Par exemple, enregistrer un taux d’inflation de 4,9%, comme cela fût le cas en Tunisie au mois d’octobre 2025, ne serait pas si grave si les pays européens avec qui nous réalisons près de 70% de notre commerce extérieur enregistrent un taux d’inflation de même ordre ou supérieur. Le problème est que le taux d’inflation moyen observé actuellement dans les pays européens s’élève à 2,1%, ce qui impliquera, toutes choses égales par ailleurs, une perte de compétitivité de nos produits et une dépréciation de notre monnaie de la différence, soit 2,8%.</li>



<li>L<em>e déficit budgétaire&nbsp;</em>: Le PLF2026 prévoit un déficit budgétaire de <strong>11,015 milliards DT</strong>, soit 4,9% du PIB, un taux largement supérieur à la norme internationale en matière de bonne gestion des finances publiques, qui s’élève selon l’UE, à 3% du PIB (critère de Maastricht). Plus grave encore, en vertu de l’article 12 de cette LPF2026, la totalité de ce déficit budgétaire sera financé par la BCT sous forme de facilités de trésorerie à accorder sans intérêt au Trésor, remboursables sur 15 ans, dont 3 ans de grâce. C’est ce qu’on appelle le <em>mécanisme de la planche à billet</em> qui est un processus hautement inflationniste puisqu’il consiste à créer, par un simple un jeu d’écriture comptable sur le compte du Trésor détenu à la BCT, une nouvelle quantité de monnaie sans aucune contrepartie réelle (accroissement de la production ou des exportations ou des flux invisibles). Un tel déficit budgétaire et surtout un tel mécanisme de son financement créeront sans aucun doute une pression inflationniste qui tirera la valeur du dinar vers le bas.</li>
</ol>



<p><em>Par rapport à ces trois variables macroéconomiques explicatives du taux de change du dinar, tous les clignotants sont au rouge et la BCT, dont le rôle se réduit à tenir les comptes de la balance des paiements et à enregistrer les entrées et sorties de devises, n’y pourra rien, à moins de réformes structurelles de note économie.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Valeur nominale versus valeur réelle du dinar</h2>



<p>C’est la question de fond que soulève la déclaration de la cheffe du gouvernement devant l’ARP et qui est de nature à induire en erreur l’opinion publique.</p>



<p>La valeur nominale est le taux de change officiel exprimé en équivalent dinars pour un USD. Actuellement, il est de l’ordre de 3 TND (plus exactement<strong> 2,9189 TND</strong> au 30 octobre 2025, source BCT). Il dépend de de la divisibilité de l’unité monétaire adoptée par chaque pays. Par exemple un dollar US vaut environ 130 dinars algériens, 10 dirhams marocains, 5 dinars libyens, 60 naitras nigériennes, etc. <em>Dans ce sens, Mme la cheffe du gouvernement n’a pas menti en disant que la valeur nominale du dinar est supérieure à celle de toutes les autres monnaies en Afrique.</em></p>



<p>Là, elle se trompe (involontairement, n’étant pas une économiste&nbsp;?) et risque d’entraîner toute l’opinion publique avec elle, c’est lorsqu’elle en déduit que le dinar est la monnaie la plus forte d’Afrique.</p>



<p>En effet, il y a une différence de taille entre la valeur nominale et la valeur réelle d’une monnaie. Pour s’en rendre compte, il suffit d’exprimer le taux de change non pas en dinars, mais en millimes qui est la véritable unité de compte monétaire en Tunisie&nbsp;: exprimé ainsi, un USD vaut 3000 millimes, ce qui ramènerait la Tunisie en bas du classement africain par valeur nominale.</p>



<p>En fait, et comme expliqué plus haut, la valeur réelle d’une monnaie se mesure par son pouvoir d’achat qui dépend du niveau général des prix. Si une bouteille de Coca-Cola coûte 3 dinars en Tunisie (soit environ un dollar) et que la même bouteille coûte 5 dirhams marocains (soit environ un demi dollar), alors le dirham marocain a une valeur réelle plus forte même si la valeur nominale du dinar est plus élevée. Ce sont des évidences qui n’échappent pas à l’opinion publique qui n’est pas dupe. De sorte que, les déclarations de la cheffe du gouvernement ne trompent personne et ne font que nuire davantage à la crédibilité des discours officiels.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le dinar tunisien face au dollar américain</h2>



<p>Ce qu’il faut retenir, et que Mme la cheffe du gouvernement s’est bien gardée de mentionner, est que le dinar tunisien a perdu 50% de sa valeur en 10 ans, soit depuis 2015 (1USD=1,95 TND, contre 2,918 actuellement). </p>



<p>Ceci étant, il est vrai que l’année 2025 a enregistré une stabilité, toute relative d’ailleurs, du dinar face au dollar : le taux de change a oscillé en 2025 de 2,856 TND, son niveau le plus bas à 3,037 TND, son niveau le plus élevé, contre 2,918 actuellement.</p>



<p>Tout en se félicitant de cette stabilité relative, comme tous les Tunisiens, il est de mon devoir d’économiste de faire remarquer qu’une telle stabilité relative du dinar n’est pas due à de meilleurs performances de l’économie tunisienne (davantage d’exportations, baisse du déficit commercial, baisse du déficit budgétaire, etc., ce que les chiffres ne confirment pas) comme le laisse entendre la déclaration de notre cheffe de gouvernement devant l’ARP, ou à l’efficacité de la politique monétaire, comme l’a proclamé le gouverneur de la BCT dans son discours à Washington, mais à une conjoncture internationale particulièrement favorable qui s’est traduite par une baisse du dollar simultanément à une baisse du cours international du pétrole (autour de 60 USD). De sorte que s’il faut remercie quelqu’un pour le bon comportement du dinar face au dollar en 2025, 2025, ce n’est pas la cheffe du gouvernement pour le succès de la mise en œuvre la stratégie du <em>«compter sur soi»</em> du président Kais Saïd, ni le gouverneur de notre<br>BCT pour l’efficacité de sa politique monétaire, mais bien Trump qui applique une politique délibérée de baisse du dollar pour réduire le déficit du commerce extérieur des Etats-Unis et de baisse du prix du pétrole pour réduire la capacité de la Russie à financer la guerre d’Ukraine.</p>



<p>En gros, ce n’est pas le dinar qui s’est maintenu ou apprécié face au dollar, grâce à de meilleures performances de notre économie en 2025, comme l’affirme notre Première ministre, mais c’est le dollar qui s’est déprécié face à toutes les monnaies du monde, y compris le dinar. La nuance est de taille même si le résultat est le même.</p>



<p>La meilleure conclusion à cet article est peut-être de rappeler que l’illustre homme politique et président de la République Française, Jacques Chirac, a eu l’honnêteté intellectuelle de déclarer publiquement «<em>qu’en politique, la parole n’engage que ceux qui y croient»).</em> Certes, on ne demande pas autant à nos hommes politiques, mais de grâce, ne prenez pas les Tunisiens, en particulier les économistes d’entre eux, pour ce qu’ils ne sont pas.</p>



<p>Sans un minimum de courage politique et de franchise pour dire la vérité aux Tunisiens, le discours politique n’est plus crédible et l’opinion publique n’a plus confiance dans ses gouvernants. C’est la survie du régime politique de Kais Saïd qui est en jeu.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="uMzH74y0L7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/09/le-dinar-tunisien-nest-pas-la-monnaie-la-plus-forte-dafrique-en-2025/">Le dinar tunisien n’est pas la monnaie la plus forte d’Afrique en 2025</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le dinar tunisien n’est pas la monnaie la plus forte d’Afrique en 2025 » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/09/le-dinar-tunisien-nest-pas-la-monnaie-la-plus-forte-dafrique-en-2025/embed/#?secret=36d62Foyit#?secret=uMzH74y0L7" data-secret="uMzH74y0L7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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			</item>
		<item>
		<title>L’économie tunisienne peine à remonter la pente</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/leconomie-tunisienne-peine-a-remonter-la-pente/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 09:38:39 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Sarra Zaafrani Zenzeri]]></category>
		<category><![CDATA[taux d’intérêt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, la croissance n'est pas encore au rendez-vous pour consolider les piliers de l'Etat social voulu par le président Saïed. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/leconomie-tunisienne-peine-a-remonter-la-pente/">L’économie tunisienne peine à remonter la pente</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Première ministre, Sarra Zaafrani Zenzeri, a une nouvelle fois appelé à «intensifier les efforts pour concilier croissance économique et justice sociale, tout en renforçant les piliers de l’État social.» Sauf que son gouvernement est davantage concentré sur la réalisation du 1<sup>er</sup> et du 3<sup>e</sup> point (justice sociale et Etat social), afin de se conformer aux recommandations du président de la république Kaïs Saïed, que sur le 2<sup>e</sup> relatif à la croissance économique, laquelle peine à remonter la pente depuis 2011 (elle n&rsquo;a pas dépassé 1,4% en 2024, malgré une bonne saison agricole et touristique).</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-17347436"></span>



<p>Recevant, mercredi 27 août 2025, au Palais du gouvernement à la Kasbah, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhair Nouri, qui lui a présenté le rapport annuel 2024 de l’Institut d’émission, Mme Zenzeri a mis en exergue l’importance des résultats obtenus par la BCT, notamment en matière de maîtrise de l’inflation, des taux de change et des réserves de change, indicateurs nécessitant le maintien d’une certaine autosuffisance, selon ses termes.</p>



<p>Cette réunion a une nouvelle fois insisté sur la subordination de la BCT au pouvoir exécutif, soulignant son <em>«rôle central dans le soutien des efforts de l&rsquo;État, tant sur le plan monétaire qu’économique.»</em></p>



<p>Mme Zenzeri a aussi insisté sur la nécessité de résister à toute pression extérieure, conformément à l’approche du président Kaïs Saied, et a salué la Banque centrale, en tant qu’institution publique clé, pour <em>«sa contribution à la mise en œuvre des politiques publiques de l’État, fondées sur la volonté populaire.»</em></p>



<p>Le gouverneur Fethi Zouhair Nouri a, pour sa part, souligné l’importance de la concertation entre le gouvernement et la Banque centrale pour élaborer la politique économique du pays au service des intérêts de la Tunisie, ajoutant que la Tunisie a poursuivi ses efforts pour parvenir à la stabilité macroéconomique, améliorer la croissance économique, maîtriser l’inflation, préserver les réserves de devises et la valeur du dinar tunisien. Sauf que les résultats des politiques économiques et monétaires mises en œuvre depuis 2011 restent très mitigés avec des taux de chômage, d’inflation, de déficit public et d’endettement, extérieur et intérieur, qui restent relativement élevés. Alors que les leviers de la prospérité, à savoir l’investissement, la croissance, la productivité et l’exportation, demeurent faibles et peine à redémarrer.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un contexte général peu propice à la relance</h2>



<p>Certes, comme l’a souligné le gouverneur, la politique monétaire a aidé à réduire l&rsquo;inflation et le taux d&rsquo;intérêt central a été réduit de 50 points de base le 26 mars 2025, mais aussi bien le taux d’inflation que le taux d’intérêt restent relativement élevés et n’aident pas à la relance de l’investissement et de la croissance. Sans parler du contexte général d&rsquo;instabilité, de suspicion et d&rsquo;incertitude où baigne le milieu des affaires. </p>



<p>C’est sur les causes, structurelles et conjoncturelles, de ce blocage de la machine économique dans le pays et des moyens d’y remédier qu’on aurait aimé entendre les analyses de Mme Zaâfrani Zenzeri et, surtout, de M. Nouri, le gouverneur de la BCT le moins versé dans les questions monétaires (c’est un économiste spécialisé dans les questions énergétiques) et aussi le moins loquace que la Tunisie ait eu au cours du dernier demi-siècle. Ceci explique-t-il cela&nbsp;? &nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/leconomie-tunisienne-peine-a-remonter-la-pente/">L’économie tunisienne peine à remonter la pente</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>L’essentiel du Rapport pays 2025 de la BAD sur la Tunisie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 24 Jul 2025 06:03:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Audrey Chouchane]]></category>
		<category><![CDATA[BAD]]></category>
		<category><![CDATA[chômage]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[rapport pays]]></category>
		<category><![CDATA[recettes fiscales]]></category>
		<category><![CDATA[secteur informel]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«Tirer le meilleur parti du capital de la Tunisie pour favoriser son développement», souligne la BAD dans son Rapport pays 2025 sur la Tunisie. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/24/lessentiel-du-rapport-pays-2025-de-la-bad-sur-la-tunisie/">L’essentiel du Rapport pays 2025 de la BAD sur la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La Banque africaine de développement (BAD) vient de publier le <a href="https://www.afdb.org/sites/default/files/documents/publications/cfr_2025-_tunisie_francais_04-07-2025.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Rapport pays sur la Tunisie pour l’année 2025</a> sous le titre «Tirer le meilleur parti du capital de la Tunisie pour favoriser son développement». Réalisé par Audrey Chouchane, économiste régionale pour l’Afrique du Nord, Ce rapport a été présenté le 7 juillet 2025 au ministère de l’Économie et de la Planification. Il met en lumière les perspectives de croissance pour 2025-2026; les leviers concrets de réforme pour renforcer la résilience économique ; et des recommandations stratégiques sur la fiscalité, l’investissement privé, et la valorisation des actifs publics. Nous en publions ci-dessous le résumé analytique et les recommandations politiques.</em></strong></p>



<span id="more-17091801"></span>



<p><em>En 2024, la Tunisie a enregistré une croissance économique modeste de 1,4 %, tirée principalement par les secteurs de l’agriculture, des industries manufacturières et des services.</em></p>



<p><em>Cette dynamique s’est toutefois heurtée à la contraction du secteur énergétique et à une détérioration du solde commercial. Une politique monétaire restrictive a permis de contenir l’inflation à 7 %, mais a parallèlement freiné l’accès au crédit, alors que le secteur financier enregistre 14 % de prêts non performants. </em></p>



<p><em>Le déficit budgétaire a été réduit à 6,1 % du produit intérieur brut (PIB), grâce à une amélioration des recettes fiscales. Toutefois, le niveau d’endettement public reste élevé, représentant 81,2 % du PIB. </em></p>



<p><em>Les investissements directs étrangers (IDE), les recettes touristiques et les transferts de la diaspora ont contribué au renforcement des réserves de change.</em></p>



<p><em>Sur le plan social, le taux de chômage demeure élevé (16 %) et les disparités régionales persistent.</em></p>



<p><em>Pour 2025, une légère accélération de la croissance à 1,9 % est projetée, principalement soutenue par les bonnes performances attendues du secteur agricole. </em></p>



<p><em>Cependant, la mobilisation des ressources internes demeure inférieure à son potentiel, en raison d’une assiette fiscale qui pourrait être élargie, un secteur informel représentant environ 26 % du PIB, ainsi que par des dépenses fiscales dont l’efficacité économique peut être renforcée.</em></p>



<p><em>Le marché boursier encore peu développé, ne permet pas de répondre adéquatement aux besoins de financement des petites et moyennes entreprises.</em></p>



<p><em>La mise en œuvre de réformes fiscales ambitieuses, la digitalisation des services publics, la diversification des sources de financement, y compris par le recours aux technologies financières (FinTech) et aux obligations vertes, ainsi que l’amélioration de la gouvernance, sont essentielles pour renforcer la résilience économique.</em></p>



<p><em>Le renforcement de la transparence et de la coopération régionale constitue un levier stratégique pour valoriser le capital national et promouvoir un développement durable, inclusif et équitable.</em></p>



<p><em>La Tunisie, pays à revenu intermédiaire situé en Afrique du Nord, dispose d’un fort potentiel de développement économique, soutenu par sa position géographique stratégique, un capital humain qualifié, d&rsquo;une bonne base infrastructrelle et des ressources naturelles diversifiées. </em></p>



<p><em>Toutefois, ce potentiel demeure partiellement inexploité en raison de contraintes structurelles persistantes qui entravent la transformation économique du pays et limitent sa capacité à mobiliser efficacement les ressources indispensables à son développement.</em></p>



<p><em>L’État joue un rôle central dans l’optimisation du capital national, à travers la mise en œuvre de politiques publiques cohérentes, la création d’un cadre institutionnel propice à l’investissement et le renforcement de la soutenabilité des finances publiques.</em></p>



<p><em>La création d’un environnement propice à une croissance durable et inclusive repose en grande partie sur l’efficacité de la mobilisation des ressources internes ainsi que sur l’amélioration continue de la gouvernance économique.</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion et recommandations politiques</h2>



<p><em>Des institutions solides, une gouvernance efficace et un État de droit renforcé constituent les fondements indispensables à la mobilisation accrue des ressources nationales en Tunisie.</em></p>



<p><em>L’optimisation du capital naturel, humain, productif et financier dépend étroitement de la qualité du cadre institutionnel et de la stabilité réglementaire.</em></p>



<p><em>Il est essentiel de consolider un cadre juridique et réglementaire robuste garantissant la transparence, la redevabilité et la protection des ressources, notamment dans le secteur extractif, où une gestion rigoureuse et inclusive peut renforcer la mobilisation des recettes et la durabilité des investissements.</em></p>



<p><em>S’agissant du capital humain, la modernisation du système éducatif, en adéquation avec les besoins évolutifs du marché du travail, ainsi que la mise en œuvre de politiques d’inclusion actives, sont prioritaires pour améliorer l’employabilité et renforcer la cohésion sociale.</em></p>



<p><em>Sur le plan fiscal, l’élargissement de l’assiette fiscale, notamment par l’intégration progressive du secteur informel, ainsi que l’accélération de la digitalisation des services fiscaux et administratifs, sont des leviers essentiels pour accroître les recettes publiques et renforcer l’équité fiscale.</em></p>



<p><em>Enfin, la simplification des procédures administratives, la sécurisation juridique des investissements et la modernisation de l’environnement des affaires sont nécessaires pour stimuler le capital d’entreprise, favoriser l’investissement privé et renforcer la compétitivité de l’économie tunisienne. </em></p>



<p><em>Ces recommandations s’inscrivent dans une vision intégrée du développement durable, fondée sur la transparence, la redevabilité, l&rsquo;efficacité institutionnelle et l’intégration régionale, en vue de consolider les bases d’une croissance inclusive et résiliente.</em></p>



<p><a href="https://www.afdb.org/sites/default/files/documents/publications/cfr_2025-_tunisie_francais_04-07-2025.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Lire le rapport.</a> </p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/24/lessentiel-du-rapport-pays-2025-de-la-bad-sur-la-tunisie/">L’essentiel du Rapport pays 2025 de la BAD sur la Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La décision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/02/la-bct-baisse-son-taux-directeur-de-50-la-montagne-accouche-dune-souris/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 02 Apr 2025 12:02:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[croissance]]></category>
		<category><![CDATA[inflation]]></category>
		<category><![CDATA[investissement]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La décision de la Banque centrale de Tunisie de réduire son taux directeur de 50% est trop timide pour provoquer une reprise de confiance des investisseurs.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/02/la-bct-baisse-son-taux-directeur-de-50-la-montagne-accouche-dune-souris/">La décision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’auteur de cet article, un économiste spécialiste en théorie monétaire et expert international, considère que la dernière décision prise par la Banque centrale de Tunisie (BCT) de réduire son taux directeur de 50 points, va certes dans le bon sens, mais est de loin trop timide pour provoquer une reprise de confiance des investisseurs et une véritable bouffée d’oxygène pour les opérateurs économiques. L’article se termine par la proposition de mesures monétaires choc afin de relancer la croissance économique et sortir l’économie du marasme qu’elle connaît depuis plusieurs années.&nbsp;Son analyse, objective et basée sur les enseignements de la science économique, ne présage rien de bon si un tel électrochoc d’ordre monétaire n’est pas décidé dans les plus brefs délais, y compris s’il le faut par un décret présidentiel, pour remettre l’économie tunisienne sur les rails de la croissance économique et de la création d empois et de richesses.</em></strong></p>



<p><strong>Dr. Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-16075715"></span>



<p>Tous les opérateurs économiques, mêmes des observateurs et experts comme moi-même, attendaient avec impatience que la BCT se décide enfin à desserrer l’étau qu’elle maintenait sur les opérateurs économiques avec un taux directeur qu’elle a augmenté à huit reprises depuis la promulgation de la loi de 2016 qui lui accorde l’autonomie de décision, et l’a porté jusqu’à 8%, niveau auquel il se situe depuis deux ans. Ni la nomination d’un nouveau gouverneur, qui n’a fait que reconduire la politique de son prédécesseur, ni les pressions exercées par le Président de la République lui-même qui, bien que juriste de formation, a bien compris le caractère nocif d’un taux directeur aussi élevé et l’inefficacité de la politique monétaire menée par la BCT, sous le prétexte de lutter contre l’inflation, n’y ont rien fait</p>



<p>Finalement, la montagne a accouché d’une souris&nbsp;et la BCT a bien voulu baisser son taux directeur de 50 points, le ramenant de 8% à 7,5%, comme si cette baisse infime va changer grand-chose dans le comportement des agents économiques et permettre de relancer les investissements, la création d’emplois et la croissance économique qui stagne depuis plusieurs années entre 1% et 2%, justement depuis que la BCT mène cette politique monétaire très restrictive basée sur une spirale d’accroissement de son taux directeur, dans l’espoir d’arriver à maîtriser l’inflation, objectif qu’elle a lamentablement échoué à atteindre puisque celle-ci avait plafonné à 11,3% et qu’elle demeure encore aujourd’hui relativement élevée (7% en 2024, pour un taux de croissance du PIB qui n’a pas dépassé 1,4% pour la même année, soit une baisse du pouvoir d&rsquo;achat général et du niveau de vie de la population de 5,6% pour cette seule année).&nbsp;</p>



<p>Plus décevant encore est le fait que la BCT a baissé par le même communiqué le taux de rémunération de l’épargne de 50 points aussi, le ramenant de 7% à 6,5% et annihilant ainsi du même coup le peu d’effet que pourrait avoir la baisse de 50 points de son taux directeur.</p>



<p>En tant qu’économiste universitaire ayant enseigné pendant des années la théorie monétaire et expert international ayant plus de vingt ans d’expérience dans une trentaine de pays africains pour le compte de grands bailleurs de fonds (BAD, BEI, Banque Mondiale, UE&#8230;), je dénonce dans le présent article la timidité voire l’inefficacité de cette décision pour relancer les investissements et sortir l’économie nationale de sa torpeur et je propose à la fin de mon analyse les mesures choc d’ordre monétaire qu’il faudrait prendre, à mon avis, pour provoquer un véritable soubresaut et remettre notre économie sur le chemin de la croissance et de la création d’emplois et de richesses.</p>



<p>En introduction, je voudrais faire remarquer à l’attention de mes fidèles lecteurs et lectrices qui ont déjà lu un ou plusieurs de mes précédents articles sur ce même sujet (au moins une bonne quinzaine publiés depuis trois ou quatre ans dans Kapitalis)&nbsp;que la plupart des idées et arguments que je présente dans le présent article ne sont pas vraiment nouveaux, mais quitte à me répéter, j’en reprends un certain nombre pour argumenter le présent article et convaincre les plus sceptiques et les plus hauts responsables du pays de l’inefficacité&nbsp;et de la nuisance&nbsp;de la politique monétaire que la BCT mène&nbsp;depuis 2016, et de la pertinence des mesures que je propose à la place.</p>



<p>Pour la facilité de compréhension de mon analyse, je vais la présenter, dans le langage le plus simple et accessible au grand public, idée par idée ou argument par argument.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="GBYKVByvn0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/">La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Banque centrale de Tunisie ou la politique de la fuite en avant » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/01/27/la-banque-centrale-de-tunisie-ou-la-politique-de-la-fuite-en-avant/embed/#?secret=19UKQYl0lD#?secret=GBYKVByvn0" data-secret="GBYKVByvn0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Argument&nbsp;1 / La première fonction d’un Institut d’Emission est de financer l’activité économique</h2>



<p>Fixer et inscrire dans le statut même de la BCT que sa première mission est la lutte contre l’inflation comme l’ont fait les députés qui ont élaboré et voté cette loi de 2016 est une preuve de leur ignorance totale des enseignements de la science économique et des mécanismes de base&nbsp;de financement d’une économie. Je leur rappelle que&nbsp;la théorie monétaire est une discipline universitaire qui s’enseigne dans toutes les facultés de sciences économiques du monde et dont certains spécialistes ont obtenu le prix Nobel en économie pour leurs travaux de recherche dans ce domaine. Ne s’improvise pas économiste qui veut, surtout spécialiste en économie monétaire, une des disciplines parmi les plus complexes et difficiles de la science économique, en particulier nos ex-législateurs en herbe.</p>



<p>Ces ex-députés amateurs en politique auraient dû savoir que la première responsabilité de la BCT est d’abord de veiller à la solvabilité de l’ensemble du système bancaire (en imposant à chaque banque de détenir un minimum de réserves obligatoires pour faire face à des demandes de retraits de dépôts), ensuite de mettre à la disposition de l’ensemble des agents économiques, y compris l’Etat, assez de liquidités pour leur permettre de financer leurs activités à travers ce qu’on appelle le processus de refinancement des banques commerciales (achat et vente de titres de créance publics et privés sur le marché monétaire, ce qu’on appelle des opérations d’<em>open market</em>). Sa responsabilité dans la lutte contre l’inflation n’arrive qu’en troisième position et se limite au contrôle de la masse monétaire en circulation et la fixation du taux directeur qui sert de&nbsp; base de calcul du taux du marché monétaire (TMM) qui lui-même sert de base de calcul des taux d’intérêt débiteurs que les banques appliquent à leurs clients (TMM + une marge bénéficiaire de 4 à 5 points selon les banques, soir 12 à 13% pour un taux directeur de 8%).</p>



<p>En matière de politique monétaire, ce qui est fondamental de savoir et que les responsables de notre banque centrale semblent ignorer, est que le taux directeur d’une banque centrale est LA variable de base qui détermine l’équilibre macroéconomique général dans une économie, en assurant l’équilibre simultané sur le marché des biens et services (tel que l’épargne est égale à l’investissement) et l’équilibre sur le marché monétaire (tel que l’offre de monnaie est égale à la demande de monnaie). <em>Selon le niveau du taux directeur de la banque centrale, cet équilibre général peut correspondre à un équilibre de plein emploi sans chômage ou un équilibre de sous-emploi avec chômage involontaire, comme c’est le cas en Tunisie où la croissance économique n’a jamais été aussi faible et le chômage aussi élevé que depuis que la BCT a enclenché cette spirale infernale et stupide d’accroissement de&nbsp;</em><em>son taux directeur (Je renvoie à ce sujet les&nbsp; responsables de notre BCT aux travaux de recherche et au modèle du type keynésien IS/LM développé par Hicks et pour lesquels il a reçu le Prix Nobel en économie).</em><em></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 2 / L’inflation n’est pas seulement un phénomène monétaire&nbsp;</h2>



<p>Il n’est pas nécessaire d’être un éminent économiste ni l’un de ces &nbsp;<em>«professeurs des universités»</em> en sciences économiques qui n’ont que le titre et qui ne publient jamais aucun article, pour savoir qu’il existe quatre causes principales d&rsquo;inflation, sur trois desquelles le taux directeur de la BCT ne peut avoir aucun effet. Cette réalité explique pourquoi, malgré les huit accroissements successifs auxquels la BCT a procédé depuis sept à huit ans jusqu&rsquo;à le porter 8% depuis deux ans, celle-ci n’a jamais réussi à la ramener au niveau où elle était avant l’adoption de la loi de 2016 (4%) et l’inflation&nbsp;reste élevée encore aujourd’hui (7% pour 2024, après avoir atteint même 11,3% en 2022/2023).</p>



<p><em>Je dois faire remarquer à ce sujet que la baisse relative de l’inflation qu’on enregistre depuis deux ans n’est pas due au succès de la politique monétaire du taux directeur, comme les responsables de la BCT s’en vantent, mais à baisse de la demande intérieure en raison du blocage des salaires et de la baisse du pouvoir d’achat d’un côté, et de la détente des cours du pétrole et des matières premières sur le marché international de l’autre.</em></p>



<p>La première cause de l’inflation en Tunisie est le déséquilibre entre l’offre et la demande sur chacun des marchés de biens ou services. Lorsque l’offre globale (production locale plus importations,) diminue ou reste stable, alors que la demande globale (consommation intérieure plus exportation) augmente, les prix s’élèvent pour ajuster l’offre à la demande.</p>



<p>Ce phénomène est aggravé par l’opacité des circuits de distribution et les spéculateurs qui y sévissent à tous les niveaux.</p>



<p>Compte tenu du stress hydrique en Tunisie, de la baisse de la production agricole et des contraintes d’importations posées par la BCT pour préserver les réserves en devises pour pouvoir payer les échéances de la dette extérieure, on peut considérer que cette première cause est responsable d’au moins 30% ou 40% de l’inflation globale, sur laquelle le niveau du taux directeur ne peut avoir aucun effet.</p>



<p><em>Pire, en rendant le crédit plus cher pour les entreprises qui veulent investir et accroître leur production pour satisfaire la demande, on peut accuser cette politique du taux directeur élevé de générer et alimenter l’inflation au lieu de la combattre.</em><em></em></p>



<p>&nbsp;La deuxième cause de l’inflation est celle importée à travers notre commerce extérieur et qui est dû à l’accroissement des cours du pétrole et certaines matières premières et produits agricoles sur le marché international, aggravé par la dépréciation lente et continue du taux de change du dinar, qui est une résultante directe du déficit de notre balance des paiements.</p>



<p>Il est évident que le taux directeur de la BCT est impuissant pour lutter contre cette deuxième source de l’inflation qui est loin d&rsquo;être négligeable compte de tenu de la grande ouverture de notre économie&nbsp;</p>



<p>La troisième cause est l’accroissement des coûts de production des entreprises, salaires, matières premières, taxes, etc. Là encore, en augmentant les taux d’intérêt et les charges de financement des entreprises les obligeant à les répercuter sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite, on peut accuser la politique du taux directeur élevé de la BCT de contribuer à créer de l’inflation au lieu de la combattre.</p>



<p>Il ne reste donc plus à mon sens que 10 ou 20% d’inflation qui est d’origine&nbsp;strictement monétaire que la BCT pourrait combattre en augmentant son taux directeur dans l’espoir que cela va réduire les crédits accordés par les banques et donc la masse monétaire en circulation, si les conditions de réussite de cette politique sont remplies, ce qui est loin d&rsquo;être le cas comme je vais l’expliquer par la suite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 3&nbsp;/ Les conditions de réussite d’une politique de type monétariste ne sont pas réunies en Tunisie&nbsp;</h2>



<p>L’ex-Gouverneur, qui est à l’origine de la loi d’indépendance de la BCT et qui l’a dirigée jusqu’à son remplacement il y moins d’un an, a appliqué sur recommandation du FMI (selon ses dires) et probablement sans le savoir (encore moins pour le nouveau qui n’est même pas un économiste spécialiste en économie monétaire mais en économie de l’énergie) une politique monétaire de type monétariste basée sur les enseignements de la théorie quantitative de la monnaie dont le chef de file est l’Américain Milton Friedmann.</p>



<p>Cette théorie repose sur une fameuse <em>«Equation de Cambridge</em>» qui stipule que lorsque la masse monétaire en circulation baisse suite à une augmentation du taux directeur (ou des réserves obligatoires imposées aux banques, une autre politique monétaire alternative), le niveau général des prix baisse automatiquement pour le même niveau de la production (PIB) si <em>la vitesse de circulation de la monnaie reste constante à court terme (nombre de fois où un dinar change de mains durant une période de temps donnée,)</em><em></em></p>



<p>Or, en Tunisie cette condition fondamentale pour la réussite d’une politique monétaire de type monétariste n’est pas remplie à cause de l’importance du secteur informel ou de ce qu’on appelle l’économie souterraine (54% du PIB selon certains experts) où le volume et le nombre de transactions s’accroît à chaque fois que la BCT élève son taux directeur,&nbsp;obligeant davantage d’opérateurs économiques à recourir à des financements hors des circuits bancaires classiques. Les économistes appellent cela les mécanismes de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire, qui sont d’autant plus faibles en Tunisie que, selon une étude de Fich Solutions, seuls 35% des Tunisiens disposent d’un compte courant bancaire ou postal.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6uDZshkB1V"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=l1cttRGmh1#?secret=6uDZshkB1V" data-secret="6uDZshkB1V" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 4 | L’inefficacité de la politique d’«<em>ajouter de l’eau, ajouter de la semoule»</em></h2>



<p>Ce proverbe tunisien illustre bien à mon sens la politique monétaire appliquée par la BCT depuis qu’elle est indépendante, qui consiste à lutter contre l’inflation par un accroissement de son taux directeur qui lui-même contribue à créer davantage d’inflation (en rendant plus cher les crédits pour les entreprises qui veulent investir ou accroître leur production et en les obligeant à répercuter l’accroissement de leurs charges de financement sur leurs prix de vente si elles ne veulent pas faire faillite), ce qui engendre un autre accroissement du taux directeur…&nbsp;</p>



<p>L’argument que l’ex-Gouverneur avait l’habitude de donner dans toutes ses interviews (le nouveau n’en donne tout simplement pas et autant il était omniprésent sur tous les médias audiovisuels pour se faire un nom d’économiste compétent, autant il ne fait plus aucune déclaration depuis qu’il a obtenu le poste qu’il convoitait, ainsi il ne prend pas le risque d’être critiqué et peut espérer garder son poste plus longtemps) est que le taux d’intérêt réel doit être toujours positif. Sa définition du concept de taux d’intérêt réel est la différence entre le taux directeur de la BCT et le taux d’inflation: si le dernier augmente, le premier doit augmenter aussi pour garder la même différence.&nbsp;</p>



<p>Or, il n’est pas nécessaire d’être un grand économiste et il suffit de consulter n’importe quel manuel d’économie monétaire ou même Wikipédia ou une IA pour savoir que le taux d’intérêt&nbsp; réel est la différence entre le taux d’intérêt nominal appliqué par les banques à leurs clients&nbsp;(qui seul oriente leurs comportements des agents économiques en matière de consommation, épargne, investissement, etc. ) et le taux d’inflation. Par exemple, si ma banque m’accorde un crédit au taux de 10% et que l’inflation sera de 7%, le taux d’intérêt réel (coût du capital) que je vais payer est de 3%. De même le salaire réel est le salaire nominal divisé par un + le taux d’inflation. Il en est de même du PIB réel ou de tout autre agrégat économique.</p>



<p>Avec un taux d’intérêt nominal appliqué actuellement par les banques commerciales de l’ordre de 13% et un taux d’inflation dé de 7% en 2024, le taux d’intérêt réel subi par les opérateurs économiques est de l’ordre de 6%, soit un taux largement positif qui ne justifie nullement de maintenir le taux directeur de la BCT à 7,5%. Un simple calcul arithmétique montre que, même avec une même marge bénéficiaire des banques de l’ordre de 5%, un taux directeur de l’ordre de 3 ou 4% qui aboutit à un&nbsp;taux d’intérêt débiteur appliqué par les banques de l’ordre de 8 ou 9% suffit pour que le taux d’intérêt réel reste positif et égal à 1 ou 2% (c’est le niveau du taux directeur que je vais recommander dans ma conclusion, notamment après un benchmark international avec des pays à économie similaires et concurrentes de la nôtre tels que le Maroc, la Jordanie et un grand nombre de pays ouest africains).</p>



<p>Ainsi, à cause de cette erreur de définition du concept taux d’intérêt réel (voulue ?), tous les opérateurs économiques (ménages, entreprises, Investisseurs&#8230;) payent depuis des années&nbsp;des millions de dinars d’intérêt supplémentaires injustifiés qui sont allés enrichir les poches des actionnaires des banques et qui ont asphyxié l’économie nationale et aggravé la récession économique et le chômage.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 5 | La baisse simultanée du taux de rémunération de l’épargne de 50 points  annule les effets possibles de la baisse de 50 points du taux directeur&nbsp;</h2>



<p>Dans l’un de mes articles, j’avais expliqué, analyse des agrégats macro-économiques à l’appui, que le problème numéro un de l’économie tunisienne, à l’origine de tous les autres (faiblesse des investissements, de la croissance économique, accroissement du chômage, de l’inflation, déficit de la balance des paiements, dépréciation du dinar, baisse du niveau de vie, etc.) <em>est la faiblesse de l’épargne nationale qui est passée de 27% du PIB en 2010 à 6% actuellement</em>. Une des causes principales est que depuis que l’inflation s’est emballée, soit pratiquement depuis 2017, le taux de rémunération de l’épargne est resté presque le même réduisant ainsi le taux de rémunération réel de l’épargne.</p>



<p>Or, les ménages ne sont pas dupes et même ceux qui n’ont jamais mis les pieds dans une école, comprennent instinctivement qu&rsquo;ils n’ont pas intérêt à épargner parce qu’ils seront perdants en termes de pouvoir d’achat.</p>



<p>Pire, dans un contexte inflationniste comme celui que nous connaissons depuis plusieurs années, lorsque les opérateurs économiques n’ont pas confiance dans la capacité des autorités monétaires pour maîtriser l’inflation, ils ont tendance à accélérer leurs consommations à court terme parce qu’ils anticipent une inflation plus grande dans le futur (<em>d’après la théorie des anticipations rationnelles de Lucas)</em>.</p>



<p>C’est exactement ce qui se passe en Tunisie où la consommation intérieure ne diminue pas malgré l’augmentation continue du taux directeur de la BCT et en conséquence des taux d&rsquo;intérêt débiteurs appliqués par les banques commerciales à leurs clients. La seule résultante certaine de cette politique monétaire est une baisse de l’épargne et un accroissement de l’endettement des ménages et des entreprises.</p>



<p>Dans ce sens, je peux l&rsquo;affirmer sans me tromper que la décision de baisser de 50 points le taux de rémunération de l’épargne va à contre sens et annule les effets possibles sur le comportement des agents économiques de sa décision de réduire son taux directeur de 50 points aussi.</p>



<p>La seule explication que personnellement je trouve (il y a toujours une explication derrière chaque décision, il suffit de bien chercher) est que la BCT tient à garder intacte la marge bénéficiaire des banques qui provient de la différence entre le taux de rémunération des dépôts d’épargne qu’elles reçoivent et le taux d&rsquo;intérêt débiteur qu’elles appliquent à leurs clients. <em>A partir du moment où elles seront obligées de répercuter la baisse de 50 points du taux directeur sur leurs taux d’intérêts débiteurs, la baisse de 50 points du taux de rémunération de l’épargne leur permet de préserver leurs marges bénéficiaires. Pour moi, c’est une preuve de plus que notre banque centrale est au service des lobbies bancaires avant d’être au service de l’économie nationale</em>&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 6 | La politique monétaire alternative&nbsp;</h2>



<p>A supposer que l’école de pensée monétariste à laquelle semblent adhérer consciemment ou pas l’ex comme le nouveau gouverneur de notre BCT soit juste (beaucoup d’économistes, comme moi-même, n’en sont pas convaincus &#8211; voir mon article où je présente les différentes écoles de pensées économiques et intitulé <em>«</em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/18/quel-modele-de-developpement-economique-pour-la-tunisie-de-kais-saied/" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>Quel modèle de développement économique pour la Tunisie de Kais Saïed</em>&nbsp;?»</a>), à savoir qu’il suffit de contrôler la masse monétaire en circulation pour contrôler l’inflation, les économistes monétaristes eux-mêmes, Friedmann en premier lieu, mentionnent clairement qu’il existe un autre moyen pour arriver à contrôler la masse monétaire en circulation : le taux de réserves obligatoires que les banques commerciales sont tenues de détenir, par des circulaires de la banque centrale</p>



<p>Il faut savoir à ce sujet qu’en Tunisie, environ 80% de la masse monétaire en circulation est sous forme de monnaie scripturale, c’est-à-dire de monnaie créée par les banques commerciales à l’occasion des crédits qu’elles accordent à leurs clients. Or, on démontre mathématiquement, que le processus de création monétaire par les banques commerciales est une suite algébrique qui converge vers l’inverse du taux de réserves obligatoires.&nbsp;Cela veut dire qu’augmentant par circulaire le taux moyen des réserves obligatoires des banques commerciales par exemple de 5% seulement, réduit automatiquement de 20 fois leur capacité de créer de la monnaie scripturale et gonfler ainsi la masse monétaire en circulation.</p>



<p>La question que tout un chacun(e) se pose est : puisque c&rsquo;est si facile et plus efficace, pourquoi la BCT n’applique-t-elle pas cette politique des réserves obligatoires? La seule réponse que j’ai est que si elle le fait, les banques commerciales vont pouvoir accorder beaucoup moins de crédit et donc gagner beaucoup moins de bénéfices alors qu’en augmentant son taux directeur, les banques commerciales vont faire beaucoup plus de bénéfices, surtout à cause de cet article 25 de la loi de 2016 qui interdit au Trésor d’emprunter directement auprès de la banque centrale et l’oblige à émettre des bons du Trésor dont le taux de rémunération est d’autant plus élevé que le taux directeur de la BCT est élevé<em>. C’est aussi simple et aussi choquant que cela.&nbsp;Un économiste qui enseigne et vit au Canada, Moktar Lamari pour ne pas le nommer, dont les analyses et conclusions rejoignent totalement les miennes, parle de «vampirisation» de l’économie nationale par le lobby bancaire avec la BCT à sa tête, un terme que je n’ai jamais entendu ou lu mais que je reprends à mon compte. </em><em></em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jJx0Dp17kB"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/">Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/embed/#?secret=G3w2DnvSbn#?secret=jJx0Dp17kB" data-secret="jJx0Dp17kB" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 7 | Opacité des décisions de la BCT&nbsp;</h2>



<p>Aujourd’hui, la mode parmi les hauts responsables de l’Etat est de se cacher derrière telle ou telle commission, tel ou tel conseil d’administration ou structure administrative pour échapper à leurs responsabilités et ne pas subir les conséquences de leurs décisions. Cela permet aussi de donner l’impression au public que c’était la bonne décision à prendre puisqu’elle a été débattue et votée souvent à l’unanimité des membres de cette structure administrative ou CA.</p>



<p>Dans le cas de la BCT, aussi bien l’ex que le nouveau gouverneur excellent dans cet art dilatoire de responsabilité et commencent toujours la moindre déclaration par : le CA a décidé&#8230; comme s’ils ne sont eux-mêmes que les porte-paroles de leur CA et non pas des Gouverneurs&nbsp;payés 120 000 dinars par an avec Mercedes, chauffeur, etc., pour tracer et assumer la responsabilité de la politique monétaire à mener dans le pays. &nbsp;</p>



<p>A propos de ce mystérieux CA de la BCT, il faut savoir que la liste, les CV, et l’expérience de ses membres n’est jamais été publiée. C’est déjà une entorse de taille à la transparence des décisions prises par ce fameux CA. Tout ce qu’on sait est qu’ils sont une vingtaine, souvent des directeurs généraux d’administration nommés par leur ministre de tutelle pour représenter leurs départements ministériels au sein du CA de la BCT, en plus de trois économistes universitaires nommés par le Gouverneur lui-même ou sur sa proposition. A ce sujet, deux remarques s’imposent.</p>



<p>La première est que les différents directeurs généraux d’administration, membres du CA de la BCT, peuvent être très compétents dans leurs domaines respectifs (agriculture, industrie, commerce, transport, etc.) mais n’ont certainement pas une formation en économie monétaire suffisante pour savoir quelles sont les fondements théoriques de la politique monétaire qu’ils ont en train d’appliquer, quelles autres politiques monétaires possibles pour maîtriser l’inflation, quel est le rôle et l’impact du taux directeur non seulement sur l’inflation mais aussi sur le niveau auquel s’établit l’équilibre macroéconomique général, à quelles conditions l’équation de Cambridge, qu’ils sont en train d’appliquer et dont ils n’ont certainement jamais entendu parler, pourrait-elle réussir…</p>



<p>La deuxième remarque est que les trois économistes universitaires qui sont censés éclairer leur collègues non économistes sur les enseignements de la théorie monétaire et les différentes politiques monétaires possibles pour lutter contre l’inflation selon les différentes écoles de pensée économique (monétariste, keynésienne, néolibérale), sont nommés d’une façon opaque par le gouverneur sur la base d’affinités d’idées quand ce n’est pas de relations personnelles. Personnellement, cela m’intéresse beaucoup de savoir à travers la lecture de leurs publications scientifiques (au cas où ils en ont, ce qui n’est souvent pas le cas), s’ils appartiennent bien chacun à l’une de ces&nbsp; trois écoles et procèdent bien à des débats contradictoires avant de proposer à leurs collègues ou au gouverneur de prendre telle ou telle décision. Le philosophe allemand Hegel ne disait-il pas que c’est seulement&nbsp;<em>de la contradiction que naît la vérité?</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Argument 8 / Benchmark&nbsp;</h2>



<p>Admettons que je ne comprends rien à l’économie monétaire et que Hicks ne méritait pas le Prix Nobel en économie qui lui a été décerné pour ses travaux de recherche sur lesquels je me base dans mes analyses, montrant sans équivoque le lien entre le taux directeur d’une banque centrale et le niveau auquel s’établit le niveau du PIB et donc le taux de croissance économique d’un pays, il y a quand même des comparaisons internationales (benchmark) qui parlent d’elles-mêmes.&nbsp;</p>



<p>Je ne vais pas citer des pays développés comme la Grande-Bretagne ou le Japon ou les Etats-Unis&#8230; des pays desquels des années lumières nous séparent tant en termes de transparence de leurs politiques monétaires que de compétence des gouverneurs de leurs banques centrales et des résultats qu’ils arrivent à obtenir, mais de pays proches et de taille et niveau de développement proches de la Tunisie.</p>



<p>Au Maroc, un pays où l’économie est basée essentiellement sur les phosphates, l’agriculture et le tourisme, comme la nôtre, le taux directeur de la banque centrale est de 2,25%, le taux d’inflation annuelle pour l’année 2024 est de 0,8% (ce n’est pas une erreur de frappe, je dis bien 0,8% par an et non pas par mois comme chez nous) et le taux de croissance économique est de 3,5% avec 3,9% attendu pour 2025 selon le FMI (contre, je le rappelle, un taux directeur de 7,5% selon la dernière décision de la BCT, un taux d’inflation officiel en 2024 de 7% et un taux de croissance de 1,4% en Tunisie).</p>



<p>Dans les huit pays de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) qui partagent une monnaie commune, le <em>«franc CFA»</em> et une politique monétaire gérée par la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO&nbsp;: Bénin, Burkina Faso, Côte d&rsquo;Ivoire, Côte d’Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Niger, Sénégal et Togo), le taux directeur actuel est de 3,5%, le taux d’inflation en glissement annuel s’est établi à 2,6% en décembre 2024 et le taux de croissance du PIB réel pour la même année 2024 s’est établit à 6,2%.</p>



<p><em>Est-ce que ces dirigeants des banques centrales africaines, auxquels on a tendance à se croire supérieurs parce qu’on a la peau plus claire, sont plus compétents que les nôtres? Il y a lieu de le croire. En tout cas, moi je le crois sur la base de leurs performances en matière de bonne gouvernance économique par rapport à celles de nos responsables.</em><em></em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Conclusion&nbsp;</h2>



<p>Pour cet article, j’ai deux conclusions, l’une est sérieuse et professionnelle et l’autre est humoristique.</p>



<p>Sur le plan professionnel, je considère d’après ma formation d’économiste, mon suivi régulier de tous les indicateurs et agrégats macro-économiques et mon expérience internationale, que notre économie est non seulement malade mais elle est même mourante (je ne lui donne pas plus de trois ou quatre ans de survie, avant la banqueroute de l’Etat, le défaut de paiement et le passage devant les créanciers des&nbsp;clubs de Paris pour négocier le rééchelonnement la dette publique et&nbsp;celui&nbsp;de Londres pour la dette privée, avec à la clé une explosion sociale à côté e laquelle la révolté du pain de1980 et la révolution&nbsp;&nbsp;de 2011 apparaîtront comme des incidents mineurs).</p>



<p>Or, quand quelqu’un est mourant, le seul espoir de le sauver est un électrochoc. <strong><em>Dans le cas de notre économie, cet électrochoc doit consister à mon avis en une baisse de 4 points du taux directeur pour le ramener à 3,5%, simultanément qu’une augmentation de 4 points du taux moyen de réserves obligatoires des banques pour limiter drastiquement leur capacité à créer de la monnaie et une augmentation de 2 points du taux de rémunération de l’épargne pour le porter à 8,5% et encourager l’épargne, source de l’investissement, de la création d’emplois et de croissance économique.</em></strong>&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Je parie publiquement tous mes diplômes obtenus de trois des meilleurs universités du monde (Sorbonne, et Dauphine en France et MIT aux Etats-Unis) et mes vingt ans d’expérience internationale dans une trentaine de pays, que dans délai six mois au maximum, les opérateurs économiques reprendront confiance, les investissements et la croissance économique seront relancés et le sang recommencera à couler dans les veines de notre économie. <em>Si le Gouverneur de la BCT et son CA ne veulent pas prendre ces mesures, c’est au président Kaïs Saïed, premier responsable du pays et du sort de son économie, de le faire par décret présidentiel s’il le faut</em>.</p>



<p>Ma conclusion d’ordre humoristique est basée sur un article que j’avais publié il y a deux ans environ dans cette même magazine Kapitalis intitulé «<em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">La politique monétaire de la BCT jugée par l’IA</a>»</em>. Dans cet article, j’avais reproduit la réponse intégrale de ChatGPT 4 à la question que je lui avais posée d’évaluer la politique monétaire suivie par notre banque centrale. J’avais été frappé et même impressionné par la pertinence de sa réponse, la profondeur de son analyse et la perspicacité de ses conclusions qui rejoignaient totalement les miennes. Il a reconnu que la politique monétaire suivie par la BCT est&nbsp; d’ordre monétariste, basée sur la théorie quantitative de la monnaie et l’équation de Cambridge dont il a reproduit la formule exacte et expliqué la signification de chacun des paramètres ainsi que&nbsp;les hypothèses sous-jacentes pour son succès. Il a identifié que ces hypothèses ne se vérifient pas en Tunisie à cause de l’importance du secteur informel qui affaiblit le mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire&#8230; Ainsi, sans avoir jamais mis les pieds en Tunisie (puisqu’il n’en a pas !), il semble connaître la structure de l’économie tunisienne et la sociologie de sa population mieux que les responsables de notre BCT qui y vivent!</p>



<p>D’où m’est venue l’idée de proposer au Président Kais Saïed de nommer comme Gouverneur de la BCT Monsieur ChatGPT (ou Mme l’IA, pour ne pas être accusé de sexisme). Lui au moins, il n’aurait pas besoin d’un salaire annuel de 120 000 dinars, d’une Mercedes avec chauffeur,&nbsp;d’une autre voiture pour sa femme et ses enfants (puisqu&rsquo; il n’en a pas) et de billets en classe affaires pour ses allers et retours à Washington ou Davos. Les opérateurs économiques seront contents puisqu’ ils auront moins d’intérêt à payer sur leur crédit, la croissance économique reprendra, les chômeurs trouveront du travail et le budget de l’Etat fera l’économie du salaire et avantages du Gouverneur. Que demande le peuple ?</p>



<p>&nbsp;<em>PS : Ceux et celles que la morosité de l’actualité économique, politique et culturelle dans notre pays déprime comme elle me déprime, peuvent visiter mon blog <a href="https://sadokzerelli.blogspot.com/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Poèmes de la vie»</a> pour y lire des poèmes d’ordre métaphysique où je laisse mon esprit voyager dans le temps et l’espace&nbsp;à la recherche de sérénité et de sens de notre passage éphémère sur cette belle planète qu’on appelle la Terre, un grain de sable dans l’immensité de l’univers&#8230;</em></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/02/la-bct-baisse-son-taux-directeur-de-50-la-montagne-accouche-dune-souris/">La décision de la BCT de baisser son taux directeur de 50 points ou quand la montagne accouche d’une souris !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Oui à l&#8217;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 25 Feb 2025 08:53:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saied]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi la loi de 2016 qui accorde l’indépendance et l’autonomie de décision à la Banque centrale de Tunisie doit-elle être amendée ? </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/">Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans cet article l’auteur récapitule les idées et arguments qu’il n’a cessé depuis trois ou quatre ans de défendre dans une quinzaine d’articles publiés dans <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kapitalis</a> pour recommander par des analyses d’un niveau académique et loin de toute politique politicienne d’amender la loi de 2016 qui accorde l’indépendance et l’autonomie de décision à la Banque centrale de Tunisie (BCT). Il approuve et soutient la décision récente prise par le chef de l’Etat dans ce sens. Et s&rsquo;en explique&#8230; </em></strong></p>



<p><strong>Dr. Sadok Zerelli</strong></p>



<span id="more-15665901"></span>



<p>Je dois dire tout d’abord et pour ne pas être soupçonné de faire de la politique sous couvert d’analyse économique, comme font certains <em>«experts»</em> omniprésents dans les médias, que je n’appartiens et je n’ai jamais appartenu à aucun parti politique et que je ne me suis même pas dérangé le jour des élections présidentielles pour aller voter pour ou contre Kais Saïed.</p>



<p>J’ajouterais même, pour être encore plus clair à ce sujet, que je suis un retraité âgé qui tient à savourer sa retraite après une vie de dur labeur et qui pour tout l’or du monde n’accepterait un poste de responsabilité quelconque ou de conseiller de qui que soit.</p>



<p>Pour moi, en tant qu’économiste, ce qui compte avant tout c’est l’efficacité de la politique économique et monétaire pour assurer le développement du pays et améliorer le niveau de vie de la population, peu m’importe qui est le Président, qu’il soit de gauche ou du centre ou de droite, islamiste ou laïc, dictateur ou démocrate républicain&#8230;</p>



<p>Selon cette conception de la politique, qu’on peut approuver ou pas mais qui est la mienne, je ne peux que saluer,&nbsp;une fois n’est pas coutume, les directives données par le chef de l Etat au gouverneur de la BCT lors de l’audience qu’il lui a accordée le vendredi 21 février 2025 pour amender la loi de 2016 sur l’indépendance de la BCT et redéfinir son rôle dans le développement économique et social du pays.</p>



<p>J’applaudis d’autant plus cette décision et la nouvelle mission&nbsp;que Kais Saïed a fixé à la BCT qu’il est juriste de formation et qu’il y a une différence comme entre ciel et terre entre le droit constitutionnel qu’il a enseigné pendant des années et l’économie monétaire que j’ai enseignée pendant des années également.</p>



<p>A ce titre, je suis bien placé pour savoir que ce n&rsquo;est pas une discipline facile et qu’arriver à comprendre certains concepts économiques tels que l’économie réelle et l’économie monétaire, les mécanismes de transmission de l’une à l’autre, le fonctionnement d’un système bancaire, le rôle d’un Institut d’Émission, etc.,&nbsp;n&rsquo;est pas à la portée du premier responsable politique venu.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="ID4hGZlW7K"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/">Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/embed/#?secret=OIBjFcgmXP#?secret=ID4hGZlW7K" data-secret="ID4hGZlW7K" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Une approche récapitulative</h2>



<p>Je ne vais pas développer dans cet article tous les arguments et idées pour lesquels je soutiens fermement la décision le Président sur ce dossier. J’avais publié depuis deux ou trois ans dans Kapitalis une bonne vingtaine d’articles plus ou moins techniques et plus ou moins approfondis critiquant la politique monétaire menée par la BCT depuis qu’elle est devenue indépendante, que j’invite les lecteurs et lectrices à lire ou relire pour faire le lien avec cet article. J’y avais développé de long en large mes arguments, tantôt en m’adressant à des experts spécialistes en théorie monétaire en leur rappelant la formulation de l’équation de Cambridge sous-jacente à la politique monétaire suivie par la BCT ou en faisant la démonstration mathématique de l’efficacité de l’autre politique monétaire possible pour maîtriser l’inflation, à savoir celle des taux des réserves obligatoires (voir plus loin), tantôt en m adressant au grand public en expliquant avec le langage le plus simple&nbsp; les fondements et les raisonnements économiques qui se trouvent à la base des différentes politiques monétaire de lutte contre l’inflation.&nbsp;</p>



<p>Dans cet article, je vais juste rappeler les principaux arguments et idées que j’avais développés en détail dans des articles antérieurs et qui justifient la décision du chef de l’Etat d’amender le statut d’indépendance de la BCT que la loi de 2016 lui a accordé, en mettant à profit mes compétences pédagogiques d’ex-enseignant universitaire pour expliquer dans le langage le plus accessible à tous des concepts et des raisonnements économiques qui sont en réalité assez compliqués.</p>



<p><strong>1) La loi de 2016 a détourné la BCT de sa vocation&nbsp;:</strong></p>



<p>En théorie monétaire comme en pratique et dans tous les pays du monde, une banque centrale remplit trois fonctions essentielles pour faciliter l’activité économique dans un pays et&nbsp;qui sont par ordre hiérarchique d’importance :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>celle d’un Institut d’Émission : c’est d’ailleurs le nom originel d’une banque centrale. A ce titre elle émet et fabrique la monnaie fiduciaire d’un pays, billets et pièces de monnaie, théoriquement selon le volume d’or et de devises qu’elle détient dans ses coffres. Ce processus de fabrication est sous-traité par la majorité des banques centrales du monde à des industries de haute précision technologique qui se trouvent pour la plupart en Suisse, pays qui en fait sa spécialité;</li>



<li>celle de banque des banques, et à ce titre, la banque centrale rachète aux banques commerciales les titres de créances et les bons du Trésor qu’elles détiennent pour leur permettre de reconstituer leurs liquidités. On appelle cela le mécanisme de refinancement des banques. D’autre part, la banque centrale assume une mission d’autorité de tutelle des banques commerciales et doit veiller à ce titre à ce qu’elles soient toujours solvables et continuent à jouir de la confiance de leurs clients sans laquelle l’ensemble du système bancaire s’écroulera comme un château de cartes par un effet de dominos (la faillite d’une banque entraine la faillite d’une autre);</li>



<li>celle de lutte contre l’inflation : c&rsquo;est la troisième fonction en termes de hiérarchie des responsabilités. A ce titre, la banque centrale doit veiller en permanence par des opérations d’&nbsp;«<em>open market</em>» réalisées tous les jours sur le marché monétaire à ce que la masse monétaire en circulation (monnaie fiduciaire + monnaie scripturale sous forme d’écriture dans les comptes bancaires des clients) soit suffisante pour répondre aux besoins de financement des agents économique et en même temps pas trop pour ne pas créer de pressions inflationnistes.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="oi474rVt1T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pourquoi-linflation-ne-baisse-pas-en-tunisie/">L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’inflation a-t-elle baissé en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/15/pourquoi-linflation-ne-baisse-pas-en-tunisie/embed/#?secret=istfBvqNY3#?secret=oi474rVt1T" data-secret="oi474rVt1T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>Il convient de mentionner à ce sujet que la lutte contre l’inflation ne relève pas de la responsabilité exclusive de la banque centrale, mais de l’ensemble des départements ministériels chacun dans le secteur qui le concerne pour augmenter la production et réduire les coûts et donc les prix de vente des biens et services, en particulier de la responsabilité du département du commerce qui doit mettre en place une politique efficace pour assainir les circuits de distribution et sévir contre les spéculateurs.</p>



<p>Or par ignorance du rôle et des fonctions de base d’une banque centrale, les députés qui ont voté la loi de 2016 lui ont attribué comme première mission la lutte contre l’inflation, reléguant au second plan sa mission plus fondamentale de financement de l’activité économique et de satisfaction des besoins de liquidités de tous les agents économiques, y compris l’Etat.</p>



<p>Kais Saïed, malgré sa formation de juriste non familier avec l’économie monétaire, semble avoir bien compris ce détournement de vocation de la BCT et a entièrement raison d’ordonner son retour à sa vocation initiale qui est d’être au service du financement de l’économie nationale pour permettre la plus grande croissance économique possible et créer assez de liquidités pour satisfaire les besoins de financement de l’ensemble des agents économiques y compris de l’Etat. Il a raison aussi de considérer que la BCT ne saurait se dérober à ses responsabilités dans le financement de l’activité économique sous prétexte de l’indépendance de décision que la loi de 2016 lui a accordée, car c’est une institution publique qui fait partie des structures de l’Etat.</p>



<p><strong>2) Depuis son indépendance en 2016 et sous l’influence du FMI, la BCT applique une politique monétaire de type monétariste basée sur le taux directeur :&nbsp;</strong></p>



<p>Depuis qu’elle a acquît non seulement son indépendance administrative et financière mais aussi son indépendance de décision en matière de politique monétaire grâce à cette fameuse loi de 2016, la BCT a augmenté pas moins que huit fois son taux directeur, qui se situe encore aujourd’hui à 8%, entraînant des taux d’intérêt bancaires <em>«d’enfer»</em> selon le langage même des banquiers de l’ordre de 14% qui asphyxient aussi bien les ménages que les entreprises.&nbsp;</p>



<p>Cette politique monétaire s’est traduite entre autres par un effet d’éviction des investissements et une aggravation de la récession économique et du chômage sans réussir pour autant à maîtriser l’inflation qui demeure élevée (6,7% en ajustement annuel pour le dernier mois).&nbsp;Pire, en augmentant les charges de financement des entreprises qui n’ont pas d’autres choix que de répercuter cette augmentation sur leurs prix de vente, cette politique du taux directeur menée par la BCT a contribué à alimenter l’inflation qu’elle est censée combattre !</p>



<p>Il existe une autre cause de l’échec de la politique du taux directeur pour maîtriser l’inflation que le premier Tunisien rencontré dans la rue connaît mais apparemment pas les responsables de la BCT : l’inflation n’est pas due seulement à l’accroissement de la consommation intérieure comme les responsables de la BCT le supposent, mais bien et en grande partie à l’insuffisance de l’offre, à l’inflation importée et à l’accroissement des coûts de production, toutes causes sur lesquelles le taux directeur de la BCT n’a aucun impact.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="8in4HOi9U8"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=UJGMfVP8vH#?secret=8in4HOi9U8" data-secret="8in4HOi9U8" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p><strong>3) Les fondements théoriques de la politique monétaire menée par la BCT&nbsp;:</strong></p>



<p>Sans entrer dans des considérations d’ordre théorique qui seraient inappropriées dans cet article destiné au grand public, il est nécessaire de rappeler qu’il existe non pas une mais plusieurs théories ou écoles de pensées économiques (d’où le nom de sciences économiques au pluriel) qui vont de l’école classique d’Adam Smith, à l’école néoclassique de Ricardo, à l’école de Keynes, à l’école monétariste&nbsp; (qu’on appelle aussi l’école de Chicago) de Milton Friedmann, qui est l’école de pensée la plus récente et dominante actuellement notamment dans les institutions financières internationales telles que le FMI et la Banque Mondiale.</p>



<p>La politique monétaire préconisée par cette école de pensée, appliquée consciemment ou pas par l’ex et le nouveau gouverneur de la BCT, qui applique la même politique monétaire que son prédécesseur et a maintenu le même taux directeur à 8% (au point de se demander à quoi cela peut servir de changer de gouverneur si c&rsquo;est pour appliquer la même politique?), repose sur une fameuse équation qu’on appelle <em>«équation quantitative de la monnaie»</em> ou <em>«équation de Cambridge»</em> pour laquelle Friedmann a reçu le Prix Nobel en économie. Celle-ci établit une relation mathématique et mécanique entre le PIB, la masse monétaire et la vitesse de circulation de la monnaie. Friedman lui-même explique que pour que cette équation fonctionne pour maîtriser l’inflation dans un pays, il faut que la vitesse de circulation de la monnaie soit stable à court terme et qu’il existe un bon mécanisme de transmission entre l’économie réelle (opérations de production, consommation, exportation, investissement, etc.) et l’économie monétaire (masse monétaire en circulation, taux d’intérêt, taux de change, niveau général des prix, etc.). Ces deux conditions se trouvent souvent remplies dans les pays développés tels que les Etats-Unis où la France qui ont appliqué avec succès une telle politique du taux directeur et ont effectivement réussi à ramener leur taux d’inflation qui a atteint plus de 10% à la suite de la flambée des prix des matières premières et du pétrole ayant suivi le déclenchement de la guerre en Ukraine à environ 2% actuellement.</p>



<p>Mais chaque pays a ses spécificités, sa sociologie et la structure de son économie et la politique monétaire qui peut réussir dans un pays ne fonctionne pas forcément dans un autre. En particulier chez nous où la même politique du taux directeur appliquée par la BCT depuis la promulgation de la loi de 2016 s’est avérée non seulement inefficace pour maîtriser l’inflation mais a bloqué les investissements et la croissance économique.</p>



<p><strong>4) les raisons de l’échec de la politique du taux directeur&nbsp;:</strong></p>



<p>Il existe deux raisons principales qui expliquent l’échec cuisant de la politique du taux directeur pour maîtriser l’inflation, que tous les Tunisiens connaissent, sauf apparemment les responsables de notre banque centrale.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>La première est l’importance de l’économie souterraine ou de ce qu’on appelle le secteur informel qui représente selon plusieurs experts 54% du PIB : à chaque fois que la BCT augmente son taux directeur que les banques commerciales répercutent automatiquement sur les taux d’intérêt débiteurs qu’elles facturent à leurs clients, rendant ainsi le crédit plus cher, les opérateurs économiques ont davantage recours à des transactions souterraines et hors des circuits bancaires. Le résultat est que la vitesse de circulation de la monnaie dans ce secteur augmente considérablement à court terme alors que, selon Friedman lui-même, l’équation quantitative de la monnaie ne peut fonctionner que si elle reste stable à court terme.</li>



<li>La deuxième raison qui explique l’échec de la politique du taux directeur suivie par la BCT est la faible inclusion financière en Tunisie : selon une étude récente réalisée par Fitch Solutions, seuls 35% des Tunisiens disposent d’un compte bancaire ou postal (contre plus de 95% dans les pays développés où cette politique fonctionne). Cette réalité propre à la Tunisie fait qu’il existe un faible mécanisme de transmission entre l’économie réelle (décisions de consommation, de production, d’investissement etc.) et l’économie monétaire (décision d’augmenter le taux directeur), parce que beaucoup d’agents économiques opèrent hors des circuits bancaires classiques.</li>
</ul>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="XiJ6rgVeva"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/">La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La politique monétaire de la Banque centrale de Tunisie jugée par l’IA » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/embed/#?secret=6w2nem1dH3#?secret=XiJ6rgVeva" data-secret="XiJ6rgVeva" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>A ce sujet, je voudrais rappeler un article que j’avais publié il y a quelques mois dans Kapitalis et que je considère comme l’un des plus intéressants que j’ai eu à publier et que j’invite les lecteurs et lectrices à lire ou à relire. Il s’intitule <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«<em>La politique monétaire de la BCT jugée par l’IA</em>»</a> dans lequel je reproduis la réponse intégrale de ChatGPT à la question que je lui avais posée à ce sujet. J’ai été personnellement frappé par la perspicacité de son analyse et la pertinence de ses arguments, en particulier par le fait qu’il a bien identifier l’importance du secteur informel en Tunisie comme cause de l’échec de la politique du taux directeur menée par la BCT pour lutter contre l’inflation. <em>L’IA serait-elle plus intelligente que les responsables de notre BCT ? Il y a lieu de le croire.</em></p>



<p>En tout cas, pour moi en tant qu’économiste ayant enseigné pendant des années un cours de théorie monétaire, ce sont des explications tellement évidentes qu’elles me rappellent la fameuse réplique de Sherlock Holmes qu’on retrouve dans tous les romans policiers écrits par Agatha Christie&nbsp;: «<em>C&rsquo;est élémentaires, mon cher Watson</em>!»</p>



<h2 class="wp-block-heading">J’accuse…</h2>



<p>Que ChatGPT ait raison ou pas, que j’aie raison ou pas et que l’explication théorique à laquelle nous arrivons tous les deux soit fausse ou pas, je n’arrive pas&nbsp; à comprendre l’entêtement des responsables de la BCT, y compris du nouveau gouverneur (qui n’est pas, rappelons-le, monétariste mais expert en énergie), à continuer à appliquer la même politique du taux directeur depuis bientôt dix ans alors que les chiffres officiels de l’inflation publiés par l’INS sont là et montrent clairement qu’elle ne donne pas de résultat tangible puisque l’inflation demeure encore élevée jusqu’à aujourd&rsquo;hui (la baisse à 6,7% actuellement contre 9,3% en 2023 n’est pas due à l’efficacité de cette politique monétaire comme les responsables de la BCT veulent le faire accroire au public, mais bien à une baisse relative des cours des matières premières et du pétrole sur le marché international après le pic atteint en 2023 et à la baisse du pouvoir d’achat en raison du blocage des salaires depuis deux ou trois ans).</p>



<p>On peut se tromper de politique monétaire une fois, deux fois, trois fois mais pas huit fois et décider encore il y a quelques semaines de maintenir le taux directeur à 8%, alors qu’il ne dépasse pas 3 à 4% dans des pays à économie similaire et concurrente à la nôtre tels que le Maroc ou la Jordanie ou le Sénégal.</p>



<p><strong><em>Dans le style du célèbre article intitulé ‘‘J’accuse’’ écrit par Émilie Zola à propos de l’affaire Dreyfus, j’accuse ici les responsables de la BCT, anciens comme nouveaux, d’avoir, par leur incompétence et ignorance du minimum de connaissances en théorie monétaire, occasionné la faillite de milliers de PME qui ne pouvaient pas payer les taux d’intérêt d’enfer de 14 ou même 15% que les banques leur demandent à cause du niveau injustifié et très élevé du taux directeur fixé par la BCT, d’avoir ainsi mis en chômage des dizaines de milliers de salariés, d’avoir bloqué les investissements et&nbsp; aggravé la récession économique et le chômage et d’avoir commis, ainsi, ce que j’appelle, en mesurant bien mes mots, un crime contre l’économie de ce pays! Un tel crime n’aurait pas été rendu possible sans cette loi de 2016 qui a été votée par des députés ignorants de la chose économique et financière et dont le président Kais Saïed, bien que juriste et n’ayant pas de formation en économie monétaire, a bien compris le caractère pernicieux et veut à juste raison amender, que cela plaise au puissant lobby de la BCT ou non.</em></strong></p>



<p>Quant à l’argument que l’ex-gouverneur avait l’habitude de présenter pour justifier une telle politique monétaire basée sur le taux directeur (le nouveau est plus malin et n’a fait aucune déclaration depuis qu’il a pris ses fonctions il y a plus de six mois, ainsi il ne risque pas d’être critiqué et peut espérer garder plus longtemps son fauteuil!), à savoir que c’est le FMI qui impose à la BCT d’appliquer cette politique, je ne peux qu’être d’accord avec le président Kais Saïed qui rejette à juste raison&nbsp; tout diktat et toute ingérence de cette institution dans la politique intérieure du pays.</p>



<p><strong>5) Le financement du déficit budgétaire de l’Etat&nbsp;:</strong></p>



<p>Un des articles de cette loi de 2016 interdit expressément à la BCT de financer directement le déficit ou l’impasse (déficit temporaire) du budget de l’Etat.</p>



<p>Le prétexte avancé par les auteurs de cet article est de se prémunir contre le risque que l’Etat n’abuse de son pouvoir de tutelle pour obliger la BCT à faire fonctionner à fond le mécanisme de la planche à billets pour financer à volonté ses déficits et impasses budgétaires.</p>



<p>Je vais expliquer en quelques lignes et dans les termes les plus clairs pourquoi cet argument ne tient pas la route et qu’on se retrouve en fait dans une situation bien illustrée par le proverbe tunisien qui dit «<em>Moussa el-haj mouch el-haj moussa</em>» !</p>



<p>Avant 2016, le ministre des Finances en tant qu’autorité de tutelle de la BCT, peut prendre son téléphone à tout moment et ordonner au gouverneur de la BCT de créditer le compte du Trésor public ouvert à la BCT de X millions de dinars pour financer le déficit ou l’impasse du budget de l’Etat. Le gouverneur de la BCT s’exécute s’il veut garder son fauteuil et en général il le veut.</p>



<p>C’est ce qu’on appelle le mécanisme de la <em>planche à billets </em>qui est très inflationniste car il se traduit par l’injection d’une nouvelle quantité de monnaie dans l’économie sans contreparties réelles (accroissement de la production, ou des exportations, ou des transferts effectués par nos TRE, ou des recettes touristiques, ou de nouveaux emprunts accordés par les bailleurs de fonds ou des pays amis).</p>



<p>Depuis la promulgation de la loi de 2016, le Trésor public est tenu d’émettre des bons du Trésor à court ou moyen ou long terme ou des emprunts obligataires à des taux suffisamment rémunérateurs pour que les banques commerciales acceptent d’y souscrire.</p>



<p>Cependant, ce que les auteurs de cette disposition de la loi de 2016 semblent ignorer, c’est que les banques commerciales ont la possibilité de céder sur le marché monétaire ces titres publics à la banque centrale qui les règle en créditant leurs comptes détenus chez elle par un jeu d’écriture. C’est donc toujours la planche à billets qui fonctionne puisque dans les deux cas il y a création monétaire sans contreparties réelles.</p>



<p>La seule différence entre les deux procédures de financement du déficit budgétaire est que dans celle introduite par la loi de 2016, les banques commerciales et leurs actionnaires encaissent des millions de dinars sur le dos de l’État et donc des contribuables. D’ailleurs, tout observateur de l’actualité économique et financière en Tunisie relève, qu’alors que le marasme économique est général et dure depuis des années, seules les banques tirent leur épingle du jeu et n’ont jamais réalisé autant de bénéfices que depuis l’entrée en vigueur de cette loi de 2016 (pour l’exercice de 2023,&nbsp; une moyenne de 500 millions de dinars par banque avec un pic de 975 millions de dinars pour la seule BNA).</p>



<p>Ce qu’il faut faire remarquer est que le taux de rémunération des bons du Trésor émis par l’Etat pour financer son déficit ou impasse budgétaire sont indirectement indexés au taux directeur de la BCT d’une façon telle que toute augmentation de celui-ci entraîne automatiquement davantage de bénéfices pour les banques commerciales qui ont souscrit à ces titres!&nbsp;</p>



<p>Un autre effet pervers de cette loi est que nos banquiers, qui cherchent toujours le maximum de bénéfices avec le minimum de risques, ont tendance à préférer souscrire à ces bons du Trésor aux rendement élevé et qui ne présentent pas de risques d’insolvabilité plutôt que de prêter aux entreprises pour financer leurs activités, obligeant certaines&nbsp;à déposer leurs bilans et mettre leurs salariés au chômage.</p>



<p><strong>6) La politique monétaire alternative pour lutter contre l’inflation&nbsp;:</strong></p>



<p>Pour tout économiste maîtrisant la théorie monétaire, il ne fait pas de doute que la politique de taux de réserves obligatoires est infiniment plus efficace qu’une politique de taux directeur pour réduire la masse monétaire en circulation et espérer ainsi maîtriser l’inflation.&nbsp;</p>



<p>Dans l’un de mes articles, j’ai expliqué, démonstration mathématique à l’appui, que le processus de création monétaire par les banques commerciales (qui, contrairement à l&rsquo;idée admise par le public, sont les premières responsables de l’accroissement de la masse monétaire dont 80% est sous forme de monnaie scripturale) constitue une suite algébrique convergente dont la somme est égale à l’inverse du taux de réserves obligatoires que la BCT impose aux banques par circulaire. Cela veut dire qu’augmenter ce taux par exemple de 5% réduit automatiquement et mécaniquement de 20 fois la capacité des banques à créer de la monnaie et à augmenter la masse monétaire.</p>



<p>La question que chacun(e) est en droit de se poser est la suivante : pourquoi les responsables de la BCT n’appliquent-t-ils pas une telle politique qu’ils connaissent certainement (c’est du niveau d’un maitrisard en sciences économiques)?</p>



<p>La réponse à laquelle j’arrive en toute objectivité va choquer plus d’un(e) : en augmentant le taux de réserves obligatoires imposé aux banques, la BCT réduit drastiquement leurs capacités à accorder des crédits donc leurs chiffres d’affaires et donc leurs bénéfices alors qu’en augmentant son taux directeur, elle augmente automatiquement leurs bénéfices à travers les bons de trésors qu’ils ont souscrits.</p>



<p>De là à conclure que la BCT est au service des lobbies bancaires avant d’être au service de l&rsquo;économie nationale, c&rsquo;est ce dont le président Kais Saïed semble être convaincu et que personnellement je rejoins, chiffres et analyses scientifiques à l’appui.</p>



<p><em>* Economiste, consultant international</em>. </p>



<p><em>** Le titre est de la rédaction. Le titre original de l&rsquo;auteur : « Amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT : Bravo au Président Kais Saïd ». </em></p>



<p><strong><em>PS&nbsp;:</em></strong><em> Cet article sera probablement le dernier d’une série d’une quarantaine d’articles d’ordre économique que j’ai publiés dans Kapitalis, parce que j’ai fini par réaliser au bout de trois ou quatre ans que c’est une perte de temps dans le sens où ils n’ont aucun impact sur la politique économique et monétaire menée dans le pays. J’ai donc décidé de me reconvertir vers un autre domaine qui m’intéresse davantage, à savoir… la poésie&nbsp;! J’ai créé dans ce but sur Google un blog que j’ai appelé <a href="https://sadokzerelli.blogspot.com/2025/02/a-ceux-qui-ont-croise-mon-chemin-dans.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Poèmes de la vie» </a>où je compte publier des poèmes d’ordre métaphysique traitant du sens de la vie&nbsp; et de l’insignifiance des êtres et des choses que j’aurais plus de plaisir à écrire et que les lecteurs amateurs de poésie trouveront certainement plus de plaisir à lire que cette charabia sur l’économie monétaire&nbsp;!</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/25/banque-centrale-de-tunisie-oui-lamendement-de-la-loi-de-2016-simpose/">Oui à l&rsquo;amendement de la loi de 2016 sur le statut de la BCT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Politique monétaire : ce qui compte et ce qui se conte</title>
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		<pubDate>Sat, 15 Feb 2025 07:37:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le président Kaïs Saïed multiplie les décisions et les rencontres avec les décideurs en charge des politiques économiques et monétaires. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/tunisie-politique-monetaire-ce-qui-compte-et-ce-qui-se-conte/">Tunisie | Politique monétaire : ce qui compte et ce qui se conte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le président Kaïs Saïed multiplie les décisions et les rencontres avec les décideurs en charge des politiques économiques et monétaires. Après le remplacement inattendu de la ministre des Finances, les rencontres avec le gouverneur de la Banque centrale se suivent et se ressemblent. Des rencontres inquiétantes pour les investisseurs et les opérateurs économiques en Tunisie.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari *</strong></p>



<span id="more-15549320"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure></div>


<p>Cinq sources d’inquiétudes sont palpables&nbsp;:</p>



<p>1- Le remplacement en pleine nuit de la ministre des Finances, il y a plus d’une semaine, n’est toujours pas justifié, ni expliqué au public. Est-ce pour faute déontologique? Est-ce pour des défaillances professionnelles? Est-ce pour compromis compromettant? Aucune réponse n’est donnée et ici, les rumeurs remplacent le vide informationnel à cet effet!</p>



<p>2- La BCT ne change rien à son taux directeur malgré le recul du taux d’inflation, mais appelle de ses vœux la trentaine de banques à baisser leur taux d’intérêt. Le message est certes dissonant et pas à peu près! La BCT est comme entre le marteau et l’enclume. On ne veut pas déplaire aux consignes du président, mais on ne veut pas, non plus, faire mal aux profits vertigineux qu’accumulent les banques sur le compte de l’économie dans son ensemble.</p>



<p>3- La Tunisie vient de rembourser depuis le début janvier presque 1,2 milliard de $, en Eurobonds et autres prêts dus. Cela constitue un exploit, mais on ne dit pas à quoi a servi ce montant, contracté depuis 2015 à un taux d’intérêt usuraire. L’audit de la dette publique en Tunisie reste tabou. Pourtant on a promis aux Tunisiens qu’on va tout leur dire sur ces sommes faramineuses empruntées à l’international à des taux exorbitants.</p>



<p>4- En recevant, avant-hier, le gouverneur de la Banque centrale, Dr Fethi Zouhair Nouri, le président Kaïs Saïed salue le principe de l’<em>«autonomie»</em> de la Tunisie dans le remboursement de sa dette, mais occulte totalement l’effet d’éviction de ces remboursements sur l’investissement et la relance d’une économie qui n’arrive pas à se relever de la décennie noire, dominée par les intégristes musulmans et leurs mal-gouvernance économique.</p>



<p>5- En parallèle, les média et les économistes du sérail remâchent le même discours, ignorant le recul de l’épargne. Le taux d’épargne ne constitue plus que 3-4% du PIB, après avoir été supérieur à 20%, dans les années précédant la <em>«Révolution du Jasmin»</em>. Les économistes du sérail ne veulent pas faire un lien entre taux d’intérêt, taux d’investissement et taux d’épargne. La trilogie d’enfer…</p>



<p>Ceci explique cela! Mais, comme si tous les économistes du sérail tournent autour du pot, évitent les sujets qui fâchent. Ils se protègent contre les risques de s’écarter des éléments de langages officiels. Et en subir les conséquences…</p>



<p>Les investisseurs ne sont pas naïfs, et les bailleurs de fonds internationaux, avec le FMI en tête, sont aux aguets. Ils comptent tout, chiffres à l’appui. Ils ne se croient pas trop aux contes, ils aiment fonctionner avec les comptes et tout ce qui se comptent.</p>



<p>La théorie macroéconomique nous apprend que l’anticipation rationnelle remplace désormais l’anticipation adaptative… et naïve!</p>



<p><em>* Economiste universitaire</em>. </p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur :</em></strong> <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494/?__cft__%5b0%5d=AZWTCG1tCAPBFQMvJ3uZThYP64lqLaPWvn3R4288u_IqrkfBV9yEO96PjhNZGBPS0kMZhBwUg7zn8nD4nvp_GunnJUIQBFipRt4-foMmUlGj0F6BVEz4GTOji6aRL0dC7eURx87JAQIDJdj0iYEN6ENsvaWuGSsHqGiEHnyEw98RLA&amp;__tn__=-UK-R" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><strong>Economics for Tunisia, E4T</strong></a>.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="iclZfFpH8p"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/">Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kaïs Saïed se félicite de la justesse des choix économiques de la Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/14/kais-saied-se-felicite-de-la-justesse-des-choix-economiques-de-la-tunisie/embed/#?secret=pcx0gcqN3U#?secret=iclZfFpH8p" data-secret="iclZfFpH8p" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/15/tunisie-politique-monetaire-ce-qui-compte-et-ce-qui-se-conte/">Tunisie | Politique monétaire : ce qui compte et ce qui se conte</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie : Kaïs Saïed veut réviser la loi sur le statut de la banque centrale</title>
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		<pubDate>Tue, 03 Dec 2024 11:23:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>«La politique monétaire doit être cohérente avec la politique économique, et l’Etat doit avoir une politique et non plusieurs», a déclaré le président Kaïs Saïed. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/03/tunisie-kais-saied-veut-reviser-la-loi-sur-le-statut-de-la-banque-centrale/">Tunisie : Kaïs Saïed veut réviser la loi sur le statut de la banque centrale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>«La politique monétaire doit être cohérente avec la politique économique, et l’Etat doit avoir une politique et non plusieurs», a déclaré le président Kaïs Saïed, tout en soulignant «la nécessité pour toutes les institutions de l’Etat de travailler en harmonie». </em></strong> </p>



<span id="more-14791704"></span>



<p>Cette déclaration, faite lors d’une rencontre avec le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie (BCT), Fethi Zouhair Nouri, lundi 2 décembre 2024, au Palais de Carthage, sonne comme un reproche adressé au responsable de l’Institut d’émission dont la politique monétaire s’inscrit traditionnellement dans une approche libérale cadrant mal avec l’étatisme préconisé par le chef de l’Etat, fervent défenseur du rôle social de l’Etat.</p>



<p>Le président de la république a, par ailleurs, rappelé que la loi de 2016 relative au statut de la BCT, qui doit être révisée, stipule que l’un de ses objectifs majeurs est de maintenir la stabilité des prix et les équilibres financiers afin d’atteindre les objectifs de la politique économique de l’Etat, notamment la croissance et l’emploi.</p>



<p>Le chef de l’Etat ne parle pas de maîtrise de l’inflation, qui est la principale mission de la BCT, mais de la stabilité des prix qui fait intervenir d’autres acteurs et dépend directement des mouvements du marché. <em></em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/12/03/tunisie-kais-saied-veut-reviser-la-loi-sur-le-statut-de-la-banque-centrale/">Tunisie : Kaïs Saïed veut réviser la loi sur le statut de la banque centrale</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 25 Oct 2024 07:43:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
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		<category><![CDATA[Sadok Zerelli]]></category>
		<category><![CDATA[Samir Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[taux directeur]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le projet de loi mettant fin à l'indépendance de la banque centrale pourrait être bénéfique pour l'économie en Tunisie.   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/">Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis qu’un certain nombre de membres de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) ont pris l’initiative de préparer un projet de loi amendant celle n° 35 de 2016 qui accorde à la Banque centrale de Tunisie (BCT) son indépendance non seulement financière et administrative mais aussi de décision, on assiste à une effervescence médiatique et une levée de boucliers de la part des défenseurs de cette loi et du lobby bancaire mené<s>e</s> par la BCT.&nbsp;En particulier, on relève la mobilisation des économistes et autres «experts» qui sont toujours les mêmes à occuper le devant de la scène médiatique pour dénoncer cet amendement, comme s’il s’agit d’une atteinte à la patrie ou d’un crime de lèse-majesté. Qu’en est-il vraiment ?</em></strong></p>



<p><strong>Dr Sadok Zerelli *</strong></p>



<span id="more-14384852"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/03/Sadok-Zerelli.jpg" alt="" class="wp-image-200552"/></figure></div>


<p>Avant de développer mon point de vue et sachant que l&rsquo;indépendance de la BCT est un thème qui se situe sur la frontière entre l’économie et la politique, je voudrais préciser le cadre politique de cet article, afin de lever tout malentendu à ce sujet et de ne pas être accusé de faire de la politique sous couvert d’économie comme certains le font : je fais partie de ceux et celles qui n’ont pas voté pour Kaïs Saïed lors des dernières élections présidentielles. Cela ne m’empêche pas d’avoir l’honnêteté intellectuelle de le soutenir lorsqu&rsquo;il prend des orientations de politique économique qui vont dans le sens de l’intérêt général du pays, ce dont je suis intimement convaincu pour le cas de cet amendement inspiré par le président de la République.</p>



<p>De même, pour lever davantage toute équivoque à ce sujet, je tiens à signaler que je n’avais pas hésité à critiquer sévèrement et démontrer les lacunes de la nouvelle loi sur les chèques votée récemment par les mêmes députés de l’ARP. En particulier, j&rsquo;avais critiqué l’article qui oblige les banques&nbsp;commerciales à payer sous 8 jours ouvrables les chèques d’un montant inférieur ou égal à 5000 dinars même si le tireur n’a pas de provision dans son compte et refuse l’approvisionner, article qui va, à mon sens, mettre en danger l’ensemble du système bancaire et obliger peut être les banques à exiger de leurs clients des garanties réelles telles que des hypothèques sur leurs maisons ou leurs voitures avant de leur délivrer un chéquier, alors qu&rsquo;il s’agit pour ces clients de dépenser leur propre argent qu’ ils ont eux-mêmes confié à leur banque.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Umr35NTkI3"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/21/la-tunisie-veut-mettre-fin-a-lindependance-de-la-banque-centrale/">La Tunisie veut mettre fin à l’indépendance de la banque centrale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie veut mettre fin à l’indépendance de la banque centrale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/21/la-tunisie-veut-mettre-fin-a-lindependance-de-la-banque-centrale/embed/#?secret=TzWlTe7b9T#?secret=Umr35NTkI3" data-secret="Umr35NTkI3" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>J’avais également critiqué les articles qui plafonnent le montant des chèques à 30 000 dinars ou la durée de validité d’un chéquier à 6 mois, car chaque client d’une banque doit être absolument libre de dépenser son argent quand il veut, comme il le veut et pour les montants qu’il veut, à partir du moment où il s’est assuré qu’il dispose d’une provision suffisante (voir mon article publié dans Kapitalis : <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/25/de-lincoherence-de-la-nouvelle-loi-sur-lemission-de-cheques/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">De l’incohérence de la nouvelle loi sur les chèques</a>).</p>



<p>Le cadre politique du présent article étant ainsi posé, je passe au volet économique de la problématique de l’indépendance de décision de la banque centrale qui intéresse certainement davantage les lecteurs. Pour la clarté de mon exposé, mon approche est organisée par thème à débattre</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du dogme de l’indépendance de la&nbsp;banque centrale</h2>



<p>Il convient de préciser à ce sujet qu’aucun manuel universitaire de théorie monétaire et aucun économiste ne pose l’indépendance d’une banque centrale comme condition sine qua non pour la réussite d’une politique monétaire quelle qu’elle soit.</p>



<p>Il s’agit en vérité d’une pratique&nbsp;importée des États Unis à travers le Fonds monétaire international (FMI) qui la recommande à tous les pays lors des négociations pour obtenir un prêt.</p>



<p>En effet, compte tenu du système politique américain qui est bicéphale, il est d’usage que le président du FED (Réserve fédérale) bénéfice d’une large autonomie de décision par rapport au pouvoir exécutif. A ce sujet, il convient de faire&nbsp;les deux remarques suivantes :</p>



<p>&#8211; la première est que le système politique dans un grand nombre de pays, dont la Tunisie, est assez différent de celui qui prédomine aux Etats Unis et qui est caractérisé par l’alternance du pouvoir entre les Républicains et les Démocrates. Dans le contexte américain, avoir un président du FED qui ne dépend ni des uns ni des autres pourrait se comprendre et se justifier en termes de stabilité de la politique monétaire qui a un impact non seulement sur l’économie américaine mais aussi sur le reste du monde à travers le taux de change du dollar;</p>



<p>&#8211; la deuxième remarque est que le président du FED est toujours un éminent économiste, choisi par le président américain pour sa compétence incontestée en économie monétaire et attestée par le grand nombre de travaux de recherche qu’il a effectués et publiés dans les revues les plus prestigieuses. Chez nous, quels articles en économie monétaire nos gouverneurs de la BCT, l’ancien comme le nouveau, ont-ils publiés? A ma connaissance, aucun!</p>



<p>Par ailleurs et sur le plan strictement politique, on ne peut qu’être d’accord avec le président Kaïs Saïed lorsqu’il dénonce dans ses discours ce suivisme aveugle et cet alignement sur la politique économique d’autres pays, fussent-ils aussi puissants que les Etats Unis, car chaque pays a ses spécificités politiques et orientations socio-économiques propres.</p>



<p>Enfin, <em>last but not least</em> comme on dit en anglais, dans l’esprit du législateur de 2016, l’indépendance de la BCT n’était pas et ne pouvait pas constituer un objectif en soi, mais était censée constituer un moyen plus efficace pour permettre à la BCT de remplir la première mission que cette loi lui a fixée : lutter contre l’inflation. A partir du moment où la BCT a lamentablement échoué dans cette mission, puisque l’<a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/31/moez-hadidane-la-hausse-du-taux-dinteret-ne-freinera-pas-linflation/">inflatio</a><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/31/moez-hadidane-la-hausse-du-taux-dinteret-ne-freinera-pas-linflation/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">n</a> n’a pas cessé d’augmenter depuis que cette loi a été votée en 2016, a atteint des sommets de 11,3% et qu’elle reste élevée (6,7% en glissement annuel pour le dernier mois), il est temps de tirer la leçon de cet échec et de changer de stratégie car, comme le dit le proverbe populaire, «<em>seuls les imbéciles ne changent pas d&rsquo;avis</em>».</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire&nbsp;</h2>



<p>Il s&rsquo;agit d’une condition indispensable pour la réussite de toute politique monétaire, quels qu’en soient la nature et les instruments, selon tous les manuels universitaires de théorie monétaire, et que même l’IA a relevée, il faut dire avec beaucoup de perspicacité, lorsque j’avais personnellement posé la question à ChatGPT 4 (voir l’article publié à ce sujet par l’auteur dans Kapitalis : La <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/la-politique-monetaire-de-la-banque-centrale-de-tunisie-jugee-par-lia/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">politique monétaire de la BCT jugée par l’IA</a>).</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="mAGgBf3s1s"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/">Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/embed/#?secret=Hckt1EtMRx#?secret=mAGgBf3s1s" data-secret="mAGgBf3s1s" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En effet, si la politique monétaire des taux directeurs pour juguler l’inflation a effectivement réussi dans des pays développés, tels que les Etats Unis ou la France où l’inflation a été ramenée à environ 2% après avoir frôlé les 10%, c’est justement grâce à l’existence et à la fiabilité du mécanisme de transmission entre l’économie réelle (opérations de production, de&nbsp;consommation, d’investissement, d’exportation ou d’importation de biens et de services) et l’économie monétaire (volume de la masse monétaire en circulation, niveau du taux directeur, du TMM, du taux de rémunération de l’ épargne, opérations d’Open market réalisées par la BCT sur le marché monétaire, etc.).&nbsp;</p>



<p>En Tunisie, la faiblesse de ce mécanisme de transmission en raison de l’importance du secteur informel (54% du PIB selon certains experts) et du fait que seuls 35% des Tunisiens ont un compte bancaire (contre une moyenne de 95% dans les pays développés), explique en grande partie l’échec de la politique monétaire du taux directeur suivie par la BCT, même si elle est recommandée par le FMI.</p>



<p>Pourtant, aucun des économistes et autres <em>«experts»</em> qui occupent le devant de la scène médiatique n’a relevé ce maillon faible de l’économie tunisienne dans ses analyses et ses déclarations aux médias. Pire encore, aucun ne semble avoir&nbsp; réalisé et n’a mentionné dans ses déclarations aux radios et chaînes de télévision que cet amendement de la loi portant sur le statut de la BCT qu’ils contestent va en réalité renforcer le mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire en Tunisie, condition de base pour réussir toute politique monétaire.</p>



<p>En effet, en confiant à un conseil des ministres le pouvoir de décision en matière de taux directeur et de stratégie monétaire, cet amendement donne aux différents ministres l’occasion de faire étudier par leurs services l’impact des décisions d’ordre monétaire sur les secteurs d&rsquo;activité dont ils sont responsables, ce dont ils sont privés quand le CA de la BCT décide seul et à huis clos de la politique monétaire à suivre.</p>



<p>A ce sujet, on se rappelle tous, la levée de boucliers du lobby de la BCT contre l’ex-ministre de l’Economie et de la Planification, Samir Saïed qui, suite à une augmentation du taux directeur de 100 points d’un seul coup décidée par la BCT, a osé déclarer sur une radio privée, qu’à son avis, une augmentation de 75 points aurait suffit. Si un ministre en charge de l’économie nationale n’a pas le droit de commenter une décision de la BCT qui impacte tous les secteurs et opérateurs économiques, qui en aurait le droit?&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">De la relation entre l’Etat et la BCT&nbsp;</h2>



<p>La meilleure introduction à ce thème de la relation entre l’Etat et la BCT est l’observation pertinente que le président Kaïs&nbsp;Saïed avait faite, au début de son premier mandat, à l’ex-gouverneur en lui rappelant que l’institution qu’il préside s’appelle Banque Centrale de <em>la Tunisie</em> (sous-entendu, pas d’un autre pays) et qu’à ce titre, elle doit être avant tout au service de l’économie nationale et pas de tel ou tel lobby ou cartel.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="F5sJxNS85U"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/31/la-hausse-du-taux-dinteret-va-envenimer-la-situation-en-tunisie/">La hausse du taux d’intérêt va envenimer la situation en Tunisie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La hausse du taux d’intérêt va envenimer la situation en Tunisie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/31/la-hausse-du-taux-dinteret-va-envenimer-la-situation-en-tunisie/embed/#?secret=ClDbX6dBJc#?secret=F5sJxNS85U" data-secret="F5sJxNS85U" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Bien que juriste de formation, il a su distinguer entre les fonctions régaliennes de la BCT (Institut d’émission de la monnaie nationale qui doit veiller à préserver sa valeur transactionnelle + Autorité de tutelle du système bancaire qui doit veiller à sa solvabilité continue + Banque des banques qui doit assurer leur refinancement et injecter assez de liquidités pour ne pas entraver le fonctionnement de l’économie et en même temps pas trop pour ne pas créer des pressions inflationnistes) et la fonction d’élaboration de la politique monétaire du pays, qui doit être du ressort de tout le gouvernement, sous la supervision du chef de l’Etat en tant que premier responsable de la politique générale du pays.&nbsp;</p>



<p>L’amendement en cours d’élaboration par l’ARP reflète cette vision du chef de l’Etat que je trouve personnellement plus judicieuse et plus saine que celle qui prévaut actuellement, où une douzaine de membres anonymes du CA de la BCT&nbsp; tiennent en otage l’ensemble des opérateurs économiques et bloquent les investissements et la croissance économique, par des décisions annoncées par des communiqués laconiques de quelques lignes sans même de préambule justificatif, auxquelles personne, pas même le chef de l’Etat, ne peut s’opposer ou même émettre un avis.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du financement du déficit budgétaire&nbsp;</h2>



<p>Quant à l’épouvantail agité par les opposants à ce projet d’amendement de la loi de 2016, à savoir, que l’Etat risque d’abuser de son pouvoir sur la BCT pour l’obliger à faire fonctionner à fond le mécanisme de la planche à billets pour financer son déficit budgétaire et plonger ainsi l’économie dans un cycle inflationniste infernal, je rappelle que ce risque existe même si la BCT reste indépendante.</p>



<p>En effet, dans la situation actuelle, les banques commerciales qui souscrivent aux bons émis par le Trésor à des taux de rémunération d’autant plus élevés que le taux directeur fixé par la BCT est élevé (certains ont atteint 9,75%&nbsp;!), se précipitent au marché monétaire pour céder ces nouveaux titres de créance à la BCT qui reconstitue leurs liquidités en créditant par un jeu d’écritures comptables leurs comptes détenus chez elle.</p>



<p>Dans le cas où la BCT ne serait plus indépendante, la BCT sera obligée de souscrire directement les bons du Trésor (moyennant un taux de rémunération de 1% seulement) en créditant directement son compte détenu chez elle.</p>



<p>Comme on peut le voir, il s&rsquo;agit dans tous les cas d’une nouvelle quantité de monnaie créée sans contreparties réelles (qui sont une production supplémentaire ou des exportations supplémentaires ou des recettes touristiques supplémentaires ou des transferts des TRE supplémentaires ou des prêts et dons en devises accordés par les pays amis ou bailleurs de fonds supplémentaires). C’est exactement ce qu’on appelle le mécanisme de <em>la planche à billets</em> qui est décrié à juste raison par les partisans de l’orthodoxie financière à cause de son impact très inflationniste.</p>



<p>La seule différence est que dans la situation actuelle où la BCT est indépendante,&nbsp; les banques commerciales prélèvent au passage quelques dizaines voire des centaines de millions de dinars de bénéfices qui finiront dans les poches de leurs actionnaires, alors que si la BCT perd son indépendance et sera obligée de souscrire directement les bons du Trésor sur ordre du gouvernement, les banques commerciales ne gagneront plus rien dans l’affaire.</p>



<p><em>De là à déduire que le lobby des banques est derrière la levée de boucliers qu’on observe actuellement pour s’opposer à cet amendement qui priverait les banques commerciales d’une source juteuse de profits, il n’y a qu’un pas que je laisse à chaque lecteur le soin de franchir ou pas.</em></p>



<p>Pour ma part et comme je l’avais écrit dans l’un de mes articles, cette controverse&nbsp;&nbsp; me rappelle seulement le proverbe tunisien «<em>Moussa El Haj mouch El Haj Moussa</em>» car, avec ou sans l’indépendance de la BCT, l’Etat n’a pas d’autres choix que de recourir au financement intérieur, à partir du moment où il a fermé la porte au nez du FMI et a renoncé aux 1,9 milliards d’USD que celui-ci lui proposait et que les agences de notation internationales ont dégradé la note de souveraineté de la Tunisie à CCC+, rendant ainsi l’accès au marché financier international plus difficile et surtout beaucoup plus cher.</p>



<p>N’en déplaise aux opposants à cet amendement en cours d’approbation par l’ARP, il ne fait pas de doute que l’Etat gagnera quelques millions de dinars à chaque émission de bons du Trésor, sous forme d’économie de taux de rémunération des bons du Trésor injustement payés jusqu’ici aux banques commerciales et pourrait ainsi financer son déficit budgétaire à un moindre coût.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des dispositions particulières de l’amendement&nbsp;</h2>



<p>L’amendement en cours d’approbation par l’ARP comporte un grand nombre d’articles (14 au total dont 3 sont entièrement nouveaux) qu’il serait trop long de d’examiner en détail ici.</p>



<p>Un des plus importants est celui qui interdit à la BCT de contracter dorénavant des prêts en devises au nom de l’Etat et de lui fait obligation de rembourser la dette extérieure en principal et intérêts en puisant dans les réserves en devises qu’elle détient, si le montant de celles-ci dépasse 90 jours d’importation.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="u31q762sq9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/">Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie &#8211; Augmentation du taux directeur de la BCT : un remède pire que le mal ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/05/24/tunisie-augmentation-du-taux-directeur-de-la-bct-un-remede-pire-que-le-mal/embed/#?secret=ZvBNM1QEz3#?secret=u31q762sq9" data-secret="u31q762sq9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>L’analyse réfléchie de la portée de cet article, décrié aussi par les opposants à cet amendement, fait apparaître qu’en réalité, il s’agit d’un article raisonnable et justifié pour au moins deux raisons :</p>



<p>&#8211; la première est que le contrôle du volume de la dette extérieure qui a atteint un seuil très dangereux qui met le pays à la merci d’un défaut de paiement (82,2% du PIB selon les dernières estimations officielles contenues dans le projet de loi de finances de 2025) est une question éminemment politique qui touche à la souveraineté nationale, un domaine relevant de la compétence exclusive du chef de l’Etat et de son gouvernement. Elle ne peut être laissée à l’appréciation des fonctionnaires de la BCT, fût-il le gouverneur lui-même;</p>



<p>&#8211; la deuxième raison qui justifie un tel article est que les conditions des prêts contractés au nom du gouvernement et le choix même de la date de sortie sur le marché financier international peuvent être inadaptés aux besoins réels du pays. Un bon exemple à ce sujet est le récent prêt de 1,665 milliards de dollars contracté auprès de l’Afreximbank au taux d’intérêt exorbitant de 10,38%, alors que les réserves en devises détenues par la BCT représentent encore 113 jours d&rsquo;importation. Un tel prêt va certes renforcer les réserves en devises de la BCT et améliorer l’indicateur du nombre de jours d’importation dont elle dispose, mais d’une façon trompeuse car une partie de ces réserves en devises sont en fait une dette qu’il faudra rembourser un jour. Dans ce sens on peut raisonnablement se poser la question de l’opportunité de ce prêt dans le contexte économique actuel et surtout aux conditions draconiennes que la BCT a acceptées.</p>



<p>En résumé de ce plaidoyer en faveur de l’amendement en cours d’élaboration par l’ARP, il apparaît que celui-ci comporte au moins trois avantages incontestables, à savoir :</p>



<p>&#8211; renforcer le mécanisme de transmission entre l’économie réelle et l’économie monétaire, condition de base pour la réussite de toute politique monétaire;&nbsp;</p>



<p>&#8211; responsabiliser le gouvernement en matière de politique monétaire et de maîtrise de la dette extérieure;&nbsp;</p>



<p>&#8211; permettre à l’Etat de financer son déficit budgétaire à moindre coût.</p>



<p>Au niveau des risques, car chaque décision de politique économique en comporte, ils sont au nombre de deux :</p>



<p>&#8211; la dimension très technique des questions d’ordre monétaire peut dépasser la compétence des hommes politiques qui n’ont pas forcément une formation économique suffisamment approfondie pour prendre les décisions dans ce domaine complexe de la science économique. La parade contre ce risque est de constituer une commission d’économistes et d&rsquo;experts financiers, représentant les trois écoles de pensée économique (monétaristes, keynésiens et néolibéraux) afin qu’ils se livrent à un débat contradictoire en vue d’élaborer des propositions à faire au conseil des ministres, qui prendra la décision finale qu’il soumettra auprésident de la République pour approbation, comme le stipulent l’esprit et le texte même de l’amendement proposé.</p>



<p>Ces économistes et experts à consulter ne sont pas à choisir forcément parmi ceux qui occupent le devant de la scène médiatique et parlent le plus sur les radios et chaînes de télévision, mais plutôt sur la base de leurs travaux de recherche en économie monétaire et du nombre d’articles qu’ils ont publiés dans ce domaine très pointu de la science économique;</p>



<p>&#8211; le deuxième risque est que l’Etat abuse de son pouvoir exécutif pour obliger la BCT à faire fonctionner à fond la planche à billets en vue de financer ses déficits budgétaires. Comme expliqué plus haut, ce risque existe avec ou sans l’indépendance de la BCT et relève d’une problématique non monétaire, à savoir la capacité de l’Etat à maîtriser ses dépenses (en particulier la masse salariale des fonctionnaires qui accapare 40,1% du budget selon le PLF2025), à lutter contre l’évasion fiscale et à intégrer le secteur informel dans le circuit économique.</p>



<p><em>Vaste et ambitieuse bataille à mener, mais qui n&rsquo;est pas impossible à gagner, moyennant une meilleure gouvernance économique.</em></p>



<p><em>* Economiste consultant international.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jlXvSRvb0o"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/31/moez-hadidane-la-hausse-du-taux-dinteret-ne-freinera-pas-linflation/">Moez Hadidane : «La hausse du taux d’intérêt ne freinera pas l’inflation»</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Moez Hadidane : «La hausse du taux d’intérêt ne freinera pas l’inflation» » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/31/moez-hadidane-la-hausse-du-taux-dinteret-ne-freinera-pas-linflation/embed/#?secret=VKCfhFr34u#?secret=jlXvSRvb0o" data-secret="jlXvSRvb0o" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/25/plaidoyer-en-faveur-de-lamendement-de-la-loi-sur-lindependance-de-la-bct/">Plaidoyer en faveur de l’amendement de la loi sur l’indépendance de la BCT</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Nouri plaide pour une politique monétaire prudente face aux chocs externes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/nouri-plaide-pour-une-politique-monetaire-prudente-face-aux-chocs-externes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Oct 2024 09:19:17 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[chocs externes]]></category>
		<category><![CDATA[Fethi Zouhair Nouri]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[rapport annuel 2023]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>e gouverneur de la Banque centrale de Tunisie plaide pour une politique monétaire prudente face aux défis extérieurs et intérieurs. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/nouri-plaide-pour-une-politique-monetaire-prudente-face-aux-chocs-externes/">Nouri plaide pour une politique monétaire prudente face aux chocs externes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie a souligné «l’importance de la prudence dans la mise en œuvre de la politique monétaire, en veillant à ce que les ajustements soient bien étudiés et adaptés à la réalité économique nationale et internationale».</em></strong></p>



<span id="more-14280955"></span>



<p>Fethi Zouhair Nouri fait-il ici allusion, quoiqu’indirectement, <em>au <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">projet de loi</a> amendant la Loi n° 2016-35 du 25 avril 2016, portant fixation statut de la BCT, présenté par un groupe de députés, vendredi 18 octobre 2024, et qui commence à susciter des inquiétudes dans les rangs des économistes et des experts financiers, y compris au sein de l’Institut d’émission, qui craint pour son indépendance acquise en 2016 et qui n’est pas du goût de beaucoup d’analystes politiques et économiques ?</em></p>



<p><em>Nous ne le pensons pas, car cette phrase extraite de </em>son introduction au <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/previsions-de-la-banque-centrale-de-tunisie-pour-2024/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">rapport annuel 2023</a> de la BCT, diffusé hier par son service de presse, a dû être écrite il y a quelques semaines déjà. Sauf que l’insistance du gouverneur sur <em>«l&rsquo;impératif de coordonner les politiques financières et monétaires pour renforcer la résilience de l’économie tunisienne face aux chocs externes»</em> et <em>«de maintenir les équilibres macroéconomiques, de garantir la stabilité financière et de stimuler une croissance économique durable»</em> résonne comme un avertissement contre d’éventuelles réformes qui affecteraient le statut de la BCT et porteraient atteinte à son indépendance notamment en matière de gestion de la politique monétaire de l’Etat.  </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="POoLE2SJGq"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/">Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/embed/#?secret=qzM4bI7wTf#?secret=POoLE2SJGq" data-secret="POoLE2SJGq" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 19 Oct 2024 08:18:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Assemblée]]></category>
		<category><![CDATA[banque centrale]]></category>
		<category><![CDATA[indépendance]]></category>
		<category><![CDATA[politique monétaire]]></category>
		<category><![CDATA[Ridha Chkoundali]]></category>
		<category><![CDATA[statut]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le projet d'amendement de la Loi portant fixation statut de la Banque centrale de Tunisie suscite des inquiétudes dans les cercles financiers et économiques. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/">Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le projet de loi amendant la Loi n° 2016-35 du 25 avril 2016, portant fixation statut de la Banque centrale de Tunisie (BCT), présenté par un groupe de députés, vendredi 18 octobre 2024, commence à susciter des inquiétudes dans les rangs des économistes et des experts financiers.</em></strong></p>



<span id="more-14280548"></span>



<p>Ce projet d’amendement concerne 11 articles (7, 9, 10, 18, 23, 25, 31, 32, 33, 43 et 46) et l’ajout de 3 autres (100, 101, 103), une véritable <em>«boulimie»</em> législative dont on craint qu’elle sera inutile voire très préjudiciable pour le système financier national, et même pour l’économie dans son ensemble.</p>



<p>Stipuler que les décisions relatives à la politique monétaire ne sont pas de l’unique ressort de la BCT et qu’elles doivent être prises <em>«avec l’accord avec le gouvernement»</em> ou bien <em>«en accord avec la politique de l’Etat», </em>ou qu’elles<em> «doivent tenir compte de l’avis de la commission en charge des questions financières à l’Assemblée des représentants du peuple, puis avoir l’accord du président de la république»</em> ne poserait pas de problème de principe, même si on peut craindre des complications bureaucratiques qui alourdiraient inutilement le processus de prise de décision.</p>



<p>Dans un <a href="https://www.facebook.com/100002032508554/posts/8468965699847763/?rdid=ee7XBrAo7zf0rKZq" target="_blank" rel="noreferrer noopener">poste Facebook</a> publié aujourd’hui où il commente ce projet de loi, l’économiste Ridha Chkoundali estime que l’amendement proposé de l’article 25 pourrait poser problème car il risque d’affecter sérieusement l’indépendance de la BCT. Dans son 4<sup>e</sup> alinéa, ce texte stipule ceci : <em>«Le paiement du service de la dette (principal et intérêts) en ce qui concerne les prêts en devises étrangères s’effectue automatiquement en puisant dans les réserves en devises étrangères de la Banque centrale sans recourir à de nouvelles dettes, à condition que ces réserves soient supérieures à l’équivalent de 90 jours d’importation le jour de l’opération»</em>.      </p>



<p>Chkoudali pense que cet article <em>«pourrait avoir de graves conséquences lorsque l’Etat préfère rembourser ses dettes aux dépens des besoins de l’économie (alimentation, médicaments, matières premières et produits semi-manufacturés nécessaires à la production industrielle).»</em>  <em>«Et c’est ce qui s’est passé concrètement en 2023 et qui a donné lieu à une croissance économique estimée à 0,4 et 0,6% au début de cette année. Il faut donc faire attention, car cet article affecte l’indépendance de la Banque centrale et incite l’Etat à étendre ses dépenses de consommation, ce qui serait préjudiciable pour l’économie»</em>, avertit l’économiste. </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="900" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Poste-Ridha-Chkoundali.jpg" alt="" class="wp-image-14280580" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Poste-Ridha-Chkoundali.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Poste-Ridha-Chkoundali-267x300.jpg 267w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Poste-Ridha-Chkoundali-768x864.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/10/Poste-Ridha-Chkoundali-580x653.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure></div>


<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/19/statut-de-la-banque-centrale-de-tunisie-un-projet-damendement-qui-pose-probleme/">Statut de la Banque centrale de Tunisie : un projet d’amendement qui pose problème</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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