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	<title>Archives des Qoraïchites - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Qoraïchites - Kapitalis</title>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&#8217;islam» : Le lourd héritage du pouvoir</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 18 Apr 2022 12:51:15 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ali]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
		<category><![CDATA[OMar Ibn Al-Khattab]]></category>
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		<category><![CDATA[Qoraïchites]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Kapitalis poursuit la publication du roman feuilleton ramadanesque racontant la mort du prophète Mohamed, les péripéties de sa succession, les divisions auxquelles elle a donné lieu parmi les proches compagnons du messager de l&#8217;islam, la stabilisation du pouvoir et la fondation d&#8217;un Etat et son expansion au-delà de la presqu&#8217;île arabique où il est né....</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/18/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-le-lourd-heritage-du-pouvoir/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Le lourd héritage du pouvoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Le-prophete-Mohamed-et-son-epouse-dans-une-miniature-persane.jpg" alt="" class="wp-image-388086"/><figcaption><em>Le prophète Mohamed et son épouse dans une miniature persane.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Kapitalis poursuit la publication du roman feuilleton ramadanesque racontant la mort du prophète Mohamed, les péripéties de sa succession, les divisions auxquelles elle a donné lieu parmi les proches compagnons du messager de </em></strong> <strong><em>l&rsquo;islam, la stabilisation du pouvoir et la fondation d&rsquo;un Etat et son expansion au-delà de la presqu&rsquo;île arabique où il est né.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-388082"></span>



<p>On avait fait venir le médecin; son verdict était sans appel. Les Émigrants et les Renforts venaient rendre le dernier salut au calife avant la fin si proche. Avec eux, il y avait son ami Kaab AlAhbar; quand il le vit entrer, Omar ne se retint pas de scander :</p>



<p><em>Et Kaab me promit trois jours qu’il avait préparés ;</em></p>



<p><em>Sans nul doute, ce que m’a dit Kaab était bien fondé.</em></p>



<p><em>À la mort, je ne prends garde ; je finis bien par décéder ;</em></p>



<p><em>Mais du péché, je me garde ; car il entraîne le péché.</em></p>



<p>Sans illusion sur sa fin, toute proche, son entourage lui demanda de penser à son testament politique ; il répondit que c’était déjà fait. Omar voulait désigner à sa place son compagnon Abd ErRahmane Ibn Aouf. Comme le prophète, comme Abou Bakr, il pensait faire accéder à la charge suprême celui qui fut chargé de la prière par le chef de son vivant. Il l’appela près de lui et dit :</p>



<p>— <em>Je veux te confier cette charge.</em></p>



<p>— <em>Prince des croyants, je veux bien si telle responsabilité est à conseiller, répondit Ibn Aouf, réticent.</em></p>



<p>— <em>Que veux-tu savoir, exactement ?</em></p>



<p>— <em>Par Dieu, je te demande si tu me la conseilles ?</em></p>



<p>— <em>Sincèrement, non.</em></p>



<p>— <em>Alors, jamais je ne l’assumerai.</em></p>



<p>Respectueux de ce refus qu’il comprenait et appréciait, dont il était même satisfait, n’attendant rien d’autre de son fidèle compagnon, Omar lui demanda de garder le silence jusqu’à ce qu’il eût arrêté sa décision.</p>



<p><strong>Parmi un certain nombre de gens dont le prophète était content à sa mort, Omar résolut de faire son choix. </strong>C’était une poignée de personnes, toutes de Qoraïch et des premiers Compagnons du prophète. Une à une, il les fit venir auprès de lui et leur fit des recommandations, notamment de ne pas imposer leur tribu ou la favoriser. Il connaissait trop les traditions des siens et leur solidarité clanique quasi atavique, aussi bien dans le bien que dans le mal, pour en redouter non seulement la résurgence mais aussi et surtout les excès.</p>



<p>De chacun de ces hommes, il avait une idée précise ; il les voyait presque tous attirés par le pouvoir et impatients de l’exercer. Loin de sous-estimer leurs qualités, il ne trouvait pas moins un défaut à chacun, une faille au moins dans le caractère ou le comportement. Ils n’étaient pas aussi parfaits qu’un Abou Obeïda Ibn Al Jarrah par exemple qu’il aurait volontiers désigné pour lui succéder. Hélas ! sur les terres de conquête, le commandant en chef des armées de Syrie était mort de la peste.</p>



<p>Son fils, AbdAllah, était réputé pour sa piété ; on le lui suggéra, mais il refusa fermement, estimant qu’il était suffisant pour sa famille que l’un de ses membres eût déjà à répondre devant Dieu de ses actes et de leur justesse.</p>



<p>Dans son intime conviction, il pensait que le ralliement des Arabes, conduits par leur principale tribu Qoraïch, sans laquelle rien de durable ne pouvait se décider, ne se ferait qu’en faveur des descendants d’AbdManaf. C’était l’ancêtre commun de la famille des Hachem et de celle des Omeyya ; la première étant prestigieuse du fait de l’appartenance du prophète et la seconde noble grâce à sa richesse, son pouvoir et son ascendant sur Qoraïch remontant loin dans le temps.</p>



<p><strong>Aussi, voyait-il Ali et Othmane les mieux placés pour lui succéder. </strong>Chez Ali, plus jeune et moins riche, il regrettait du badinage pouvant se résoudre en sottise. Il le trouvait malgré tout le plus apte à conduire les musulmans sur le droit chemin car, chez Othmane, plus âgé et plus aisé, il regrettait une trop grande souplesse.</p>



<p>Envisageant sérieusement de désigner Ali, il ne se décida finalement point. Quand, entouré par les hommes par lui pressentis pour lui succéder, il fit part de son testament politique et révéla par un signe cette hésitation :</p>



<p>— <em>J’ai bien pensé confier vos affaires à un homme avec l’espoir qu’il vous conduise de gré ou de force sur la juste voie, dit-il, la main dirigée dans la direction d’Ali ; mais j’ai finalement résolu de ne pas assumer mort cette lourde responsabilité après l’avoir supportée de mon vivant.</em></p>



<p>Omar était perclus par la peur d’avoir failli à ses responsabilités et de devoir en répondre devant Dieu. Durant ses derniers instants d’agonie, à un moment où il n’y avait avec lui que des intimes, il demanda à son fils AbdAllah de le placer par terre, la joue sur le sol.</p>



<p>Ni son fils ni aucun des présents ne bougèrent pour satisfaire cette terrible exigence ; sa lourdeur les tétanisait. Cela ne l’empêcha pas d’arriver à la position souhaitée par lui-même et de se mettre à gémir, tandis que son sang se remettait à couler :</p>



<p>— <em>Malheur à Omar et à sa mère si Dieu ne pardonne pas à Omar !</em></p>



<p><strong>En décidant de se libérer de la responsabilité du choix de son successeur, Omar la laissa en consultation à un groupe restreint de Qoraïchites</strong> qui étaient notoirement connus pour avoir été nommément cités par le prophète comme figurant parmi ceux qui avaient d’ores et déjà acquis leur place au paradis.</p>



<p>Ils étaient six. Outre Ali et Othmane, il y avait Abd ErRahmane Ibn Aouf et Saad Ibn Abi Wakkas, tous deux oncles du prophète, Azzoubeyr Ibn AlAwwam, son cousin – fils de sa tante – réputé aussi pour être son apôtre et enfin Talha Ibn ObeïdAllah qu’on surnommait aussi Talha la Bonté.</p>



<p>À part ce dernier, absent de Médine, ils étaient tous autour d’Omar. Il leur demanda d’aller délibérer sur le choix de l’un d’eux sans trop s’éloigner. D’une pièce voisine, on ne tarda pas à entendre s’élever leurs voix ; ils se disputaient et leur querelle s’envenimait, chacun excipant de ses titres à briguer la fonction.</p>



<p><strong>Entendant la dispute, Omar en était très affecté, mais ne disait rien, posant de temps en temps la tête sur l’oreiller, </strong>plus alourdie par ce qui blessait ses oreilles que par les douleurs de la fin proche. Debout à son chevet, son fils AbdAllah déplora à sa place :</p>



<p>— <em>Dieu soit loué ! Le prince des croyants n’est pas encore mort et ils se disputent déjà !</em></p>



<p><em>Et il l’entendit murmurer, parlant du pouvoir et d’Ali :</em></p>



<p>— <em>S’ils le confient au chauve, il saura les conduire sur la bonne voie.</em></p>



<p>— <em>Mais qu’est-ce qui vous empêche de le lui confier, lui demanda-t-il ?</em></p>



<p>— <em>Je déteste assumer cette responsabilité aussi bien vivant que mort, laissa-t-il tomber d’une voix fluette.</em></p>



<p>Puis, après un instant de silence, au prix d’un effort lui faisant manifestement très mal, il réussit à se ressaisir ; il rappela les intéressés et leur demanda d’attendre sa mort pour se décider. Il leur donna, ainsi qu’à des personnes de confiance chargées de veiller à l’aboutissement de la consultation, des instructions claires censées éviter les divisions. Fidèle à sa nature, ses recommandations étaient des commandements et ses instructions avaient la forme d’un ultimatum.</p>



<p>Il leur demanda d’obtenir l’accord d’Aïcha pour se retirer dans une pièce de sa demeure et de s’y choisir l’homme devant lui succéder. Il ne leur donnait pas plus de trois jours pour aboutir à un accord, le nouveau prince des croyants devant avoir été désigné au plus tard le quatrième jour. Son fils, qui en aucun cas ne pouvait être choisi, était invité à assister aux délibérations en la seule qualité de conseil. On n’aurait pas à attendre l’absent ; s’il arrivait avant l’expiration des trois jours, il participerait à la délibération ; sinon on décidera sans lui.</p>



<p>Les contraintes imposées au corps délibératif ne s’arrêtaient pas au calendrier. Par un geste rappelant le rôle éminent des Renforts dans l’aventure de l’islam, Omar demanda à l’un de leurs chefs d’entourer avec cinquante de ses fidèles armés le lieu de la réunion du groupe jusqu’au choix final.</p>



<p>Par ailleurs, il confia à l’homme chargé de présider la prière durant l’interrègne de trois jours la mission d’assister aux délibérations en gendarme, le munissant également de consignes précises. Il lui recommanda :</p>



<p>— <em>Si cinq s’accordent sur un même nom que refuse le sixième, fends-lui la tête avec ton épée. Si quatre tombent d’accord, mais que deux les refusent, coupe-leur la tête. Si trois choisissent un homme et les trois autres en choisissent un autre, faites arbitrer AbdAllah Ibn Omar. S’ils le refusent, vous opterez pour le choix de ceux avec qui se retrouvera Abd ErRahmane Ibn Aouf et si les autres rejettent ce choix, tuez-les.</em></p>



<p>Ce n’est qu’après s’être acquitté de son devoir d’homme politique à l’égard de sa communauté qu’Omar pensa enfin à lui-même en demandant à son fils AbdAllah d’obtenir de la femme du prophète l’autorisation d’être, dans la mort, au plus près de son illustre prédécesseur comme il le fut durant sa vie.</p>



<p><strong>Aïcha répondit qu’elle avait voulu pour elle-même la proximité du prophète pour dernière demeure,</strong> mais acceptait bien volontiers de lui céder sa place en guise d’hommage.</p>



<p>Dans la nuit du mardi à mercredi, trois jours avant la fin du mois de Dhoul-hijja de l’an 24 de l’hégire, après dix ans de califat, six mois et quelques jours, Omar rendit l’âme. On l’enterra dans la matinée. Au moment de la prière, on vit les deux principaux prétendants à sa succession presser le pas vers le corps par terre étendu ; Ali et Othmane cherchaient à bien se placer en vue de présider le rituel mortuaire ; l’un se mettant à sa tête, l’autre à ses pieds.</p>



<p>Abd ErRahmane Ibn Aouf railla leur empressement à gouverner en leur rappelant que le défunt avait désigné quelqu’un pour présider à la prière funèbre. Les deux cousins, descendants d’AbdManaf, étaient l’un et l’autre attirés par le magistère, estimant qu’il leur revenait de droit d’une certaine façon. Othmane fondait ses titres sur la tradition d’exercice du pouvoir par sa famille dans la tribu de Qoraïch ; Ali les appuyait à son appartenance à la maison du prophète.</p>



<p>Entre les deux hommes, c’était comme une compétition entre deux oligarchies ayant toutes deux une conception dynastique du pouvoir, l’une le reposant sur une sorte de noblesse de sang, la lignée du prophète en l’occurrence, l’autre sur une dignité prétorienne.</p>



<p><strong>Dans cette lutte, Ali pouvait se considérer comme désavantagé par le mécanisme de la solidarité ethnique. </strong>En effet, le principe admis depuis le choix d’Abou Bakr – à savoir que les califes devaient être de Qoraïch – ne faisait nullement référence à la famille du prophète&nbsp;; or le réflexe clanique dans cette tribu jouait en faveur de la famille des Omeyya et donc d’Othmane. Commentant les décisions d’Omar à son entourage, Ali ne manqua pas de relever ce désavantage, constatant amèrement :</p>



<p>— <em>Il a demandé qu’en cas de partage, le choix d’Abd ErRahmane Ibn Aouf prévale ; or celui-ci est, d’une part, le cousin de Saad Ibn Abi Wakkas qui ne le contredira pas et il est, d’autre part, le gendre d’Othmane et ils ne sauraient s’opposer. Donc, même si les deux autres sont avec moi, ils ne me serviraient à rien.</em></p>



<p>Pour autant, il ne voulut pas se tenir à l’écart de la consultation. Son oncle AlAbbas eut beau essayer de lui faire abandonner l’attitude conciliante qu’il tenait à afficher malgré son amertume et ses convictions contraires ; Ali acceptait de jouer le jeu défini par Omar ; c’était sa façon d’être loyal. Au moment où il s’apprêtait à rejoindre le groupe de consultation, sur le ton du plus vif reproche, AlAbbas lui dit encore :</p>



<p>— <em>Chaque fois que je t’ai poussé à bien agir, tu as mal agi ! À la mort du prophète, je t’avais bien conseillé de lui demander à qui revenait ce pouvoir ; mais tu as refusé. Après sa mort, je t’avais encore conseillé d’agir promptement, mais tu as de nouveau refusé. Et quand Omar t’a nommé, je t’ai conseillé de ne pas être dans la consultation, mais tu as encore une fois refusé&nbsp;! Retiens au moins ceci de moi : refuse tout ce qu’on te proposera jusqu’à ce qu’on te choisisse et méfie-toi de ce clan ; il n’aura de cesse de nous repousser du pouvoir jusqu’à ce que d’autres finissent par l’assumer en notre lieu et place.</em></p>



<p>Imperturbable, Ali fit sa réponse invariable :</p>



<p>— <em>Je n’aime pas la division.</em></p>



<p><em>Et, fort dépité, l’oncle lâcha :</em></p>



<p>— <em>Alors, tu finiras par avoir ce que tu n’aimes pas !</em></p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre&#8230;</strong></p>



<p><em><strong> «Aux origines de l’islam. Succession du prophète, ombres et lumières», de Farhat Othman, éd. Afrique Orient , Casablanca, Maroc 2015.</strong></em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/18/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-le-lourd-heritage-du-pouvoir/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Le lourd héritage du pouvoir</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&#8217;islam» : Le choix du chef</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 14 Apr 2022 13:07:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abou Bakr]]></category>
		<category><![CDATA[Ali Ibn Abi Talib]]></category>
		<category><![CDATA[islam]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Abou Bakr avait, entre autres, Othmane pour secrétaire. En fait, il se faisait servir par quiconque était présent sachant écrire, dont surtout Ali fils d’Abou Talib et Zayd fils de Thabit. Par Farhat Othman Parmi ceux-là, Othmane était le plus souvent avec lui; c’était l’un des premiers et rares Compagnons du prophète qui, à la...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Othman-Ibn-Affan.jpg" alt="" class="wp-image-387699"/></figure></div>



<p><strong><em>Abou Bakr avait, entre autres, Othmane pour secrétaire. En fait, il se faisait servir par quiconque était présent sachant écrire, dont surtout Ali fils d’Abou Talib et Zayd fils de Thabit.</em></strong></p>



<p>Par<strong> Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-387695"></span>



<p>Parmi ceux-là, Othmane était le plus souvent avec lui; c’était l’un des premiers et rares Compagnons du prophète qui, à la Révélation, n’étaient pas analphabètes. De taille moyenne, élégant et distingué, il était aussi riche que raffiné.</p>



<p>Peu avant sa mort, le calife le fit venir et lui dicta son testament politique en lui demandant de le lire à sa mort aux habitants de la ville, accompagné d’un Renfort.</p>



<p>À la mosquée, lieu habituel de toutes manifestations majeures, Othmane et son compagnon se tenaient debout à côté de la chaire devant une assemblée encore sous le choc de l’annonce de la mort du successeur du prophète. L’acte brandi en sa main droite, Othmane leur dit : <em>— Voici le testament d’Abou Bakr. Si vous l’approuvez, nous vous le lirons, et si vous le refusez, nous le rejetterons.</em></p>



<p>En chœur l’assistance approuvant, il déplia le testament et lit : <em>«Au nom de Dieu, Clément et miséricordieux. Ceci est le testament d’Abou Bakr Ibn Abi Kouhafa aux musulmans, établi de son vivant, au moment de partir d’ici-bas pour l’au-delà où le mécréant croit, le débauché devient pieux et le menteur débite la vérité. J’ai investi du pouvoir Omar Ibn Al Khattab; s’il est juste et pieux, c’est ainsi que je le sais être et espère qu’il sera ; mais s’il altère ou change, je n’aurais voulu que le bien; or seul Dieu connaît l’occulte»</em>.</p>



<p><strong>Dans son choix, Abou Bakr n’avait point hésité. Durant sa maladie, il confia à certains de ses visiteurs que parmi ses regrets en quittant la vie figurait celui de n’avoir pas opposé de refus quand il fut choisi pour la succession du prophète</strong>; volontiers, il se serait contenté de n’être que le vizir de l’un des deux compagnons qoraïchites qui l’accompagnaient le jour du préau, dont notamment Omar. Aussi, il le pensait le mieux placé pour lui succéder.</p>



<p>Il ne consulta pas moins certains de ses plus fidèles compagnons en leur demandant en confidence ce qu’ils pouvaient penser de l’intéressé. Invariablement, les avis étaient unanimes pour louer la personne tout en regrettant la rugosité de son caractère et la rudesse de ses mœurs qui lui valurent, au reste, le surnom d’Abou Hafs (Père lionceau) que lui donna le prophète.</p>



<p>Mais, cela ne changeait en rien la décision d’Abou Bakr. À ces critiques, il répondait que son compagnon n’était dur qu’à cause de ce qu’il trouvait chez lui de douceur et de conciliation, assurant qu’une fois en charge de la communauté, il changerait certainement de manières.</p>



<p>Il était même persuadé qu’en homme politique avisé, Omar affectait parfois la rudesse et était aussi capable d’indulgence. Nombre de fois, il remarqua que son second se montrait satisfait des hommes contre lesquels il lui arrivait lui-même d’être en colère et, inversement, d’être intraitable à l’égard de personnes avec lesquelles il pouvait se montrer accommodant.</p>



<p>Son secrétaire Othmane qu’il consulta aussi lui répondit que le fond du cœur d’Omar était bien meilleur que son comportement en public et qu’il n’avait pas son pareil parmi eux. Ce jour-là, il le reçut seul ; il avait décidé de lui dicter son testament. Il lui demanda d’écrire : <em>«Au nom de Dieu, Clément et Miséricordieux. Ceci est le testament d’Abou Bakr Ibn Abi Kouhafa aux musulmans&#8230;»</em></p>



<p>Sa phrase demeura inachevée; il venait de s’évanouir. Craignant le pire, Othmane n’hésita que quelques instants avant de se décider ; de son propre chef, il continua le testament : <em>«&#8230; Je vous ai choisi comme successeur Omar Ibn Al Khattab et je n’ai pas laissé, parmi vous, meilleur que lui.»</em></p>



<p><strong>La défaillance ne dura pas longtemps; recouvrant ses esprits, Abou Bakr demanda à son secrétaire de lui relire ce qu’il lui avait déjà dicté. </strong>Marquant à peine un instant d’hésitation, Othmane fit la lecture de ce qu’il venait de prendre l’initiative d’attribuer au calife ; mais sa belle voix était hésitante et il avait les traits tirés dans l’attente de la réaction du calife ; allait-il apprécier ? Et il fut soulagé de l’entendre répéter : « Dieu est grand », comme s’il appelait à la prière, puis lui dire : <em>— Je vois que tu as eu peur que les gens ne se divisent au cas où j’aurais quitté la vie durant mon évanouissement. Qu’au nom de l’islam, Dieu te récompense amplement ; tu as bien agi !</em></p>



<p>Il maintint l’esprit de la formulation en confirmant l’embargo sur la diffusion de son testament. Toutefois, malgré le secret avec lequel Abou Bakr avait tenu à entourer ses consultations, son choix s’ébruita bien avant sa mort. Talha Ibn ObeïdAllah ne l’approuvait pas et se laissant aller à son caractère emporté, il vint le dire au calife : <em>— Tu as nommé comme successeur Omar, et tu as bien vu ce que les gens en ta présence enduraient de lui ; qu’est-ce que cela serait s’ils venaient à lui être livrés ? Que dirais-tu à ton Dieu quand il t’aura demandé des nouvelles de tes sujets ?</em></p>



<p>Ces propos irritèrent manifestement Abou Bakr. Étendu dans son lit, il s’agita et demanda qu’on l’aidât à s’asseoir. Une fois redressé, il s’adressa, sévère, à son interlocuteur : <em>— Est-ce de Dieu que tu veux me faire peur ou est-ce par Dieu que tu me menaces ? Quand je rencontrerai mon Dieu et qu’il me questionnera, je lui dirai : J’ai nommé comme successeur à la tête de tes sujets le meilleur d’entre eux.</em></p>



<p><strong>La réputation de rudesse chez Omar n’était pas usurpée; elle était surtout due à son intransigeance,</strong> élevée en principe catégorique, de séparer le juste de l’injuste, le bien du mal, le vrai du faux. Dans son action pour le respect de ses valeurs, il n’admettait aucune excuse et ne faisait aucune concession. De cette distinction permanente et réfléchie entre le bien et le mal provenait le surnom d’AlFarouk (le Sage) qu’on lui attribua.</p>



<p>Fidèle au tribut toujours payé à la vérité, il ne manqua pas, durant son vicariat, d’admettre qu’on ait pu dire que la désignation d’Abou Bakr fût une affaire bâclée, conçue à la hâte. Il n’ajouta pas moins que si elle avait été une erreur ou une faute, Dieu garda bien de son malheur, car Abou Bakr n’avait pas son pareil en dignité et en prestige. Et cela, même avant l’islam, ne lui était point contesté puisque, dans sa tribu, Abou Bakr était responsable de la haute et délicate charge des peines pécuniaires et du prix du sang versé.</p>



<p>Omar était aussi un fin diplomate. Notable de Qoraïch comme son prédécesseur, il était, quant à lui, responsable de l’intercession et de la réconciliation entre les tribus avant l’avènement de l’islam. Aussi savait-il manier aussi bien le bâton que la langue de bois.</p>



<p>Sur ses compatriotes, il avait cependant le jugement teinté de scepticisme et de pessimisme ; sa conviction était que pour les maintenir dans la bonne voie il fallait avoir une poigne de fer. Ainsi, au lendemain de la mort et de l’enterrement du premier calife de l’islam, il ne s’embarrassa pas de protocole en s’adressant aux gens de Médine dans la mosquée du prophète debout sur la première marche de la chaire : <em>— Je dirai quelques mots que vous confirmerez par un amen. L’exemple des Arabes est celui d’un chameau rétif que l’anneau nasal soumet à son maître, le laissant se faire conduire ; or, par Dieu, je les ferai bien marcher dans la bonne voie !</em></p>



<p><strong>Omar sentait plus qu’il ne voyait la réticence à sa nomination des gens de Médine, notamment parmi les premiers Compagnons. Personne n’osa contester publiquement le choix d’Abou Bakr </strong>par respect pour ce dernier, mais aussi par peur d’Omar capable de très mal réagir. Il devait y avoir aussi l’intérêt général qui ne pouvait échapper à certains, dont Ali.</p>



<p>Celui qui n’a jamais caché avoir toujours pensé être le meilleur pour succéder à son cousin, ne fit pas d’entorse jusque-là à son sens d’homme politique, sachant faire abstraction de son intérêt propre dans la cité. Mais il y avait aussi les armées arabes lancées à la conquête du monde qui pouvaient occuper autant les esprits que les hommes.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>À suivre&#8230;</strong></p>



<p><strong> * <em>«Aux origines de l’islam-Succession du prophète, ombres et lumières», roman de Farhat Othman, éd. Afrique Orient, Casablanca, Maroc.</em></strong></p>
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		<title>Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&#8217;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (4/5)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 10 Apr 2022 14:01:44 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La cité restait sans autre défense que ses habitants, certes ; mais par leur action, ces troupes faisaient une démonstration de force de nature à intimider les ennemis, désamorcer leurs velléités belliqueuses. Qui irait jusqu’à imaginer qu’on oserait dégarnir la défense de la ville pour attaquer si l’on n’était pas en position de force ?...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/10/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-4-5/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (4/5)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/04/Khalid-Ibn-Al-Walid.jpg" alt="" class="wp-image-387164"/><figcaption><em>Khalid Ibn Al Walid.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La cité restait sans autre défense que ses habitants, certes ; mais par leur action, ces troupes faisaient une démonstration de force de nature à intimider les ennemis, désamorcer leurs velléités belliqueuses. Qui irait jusqu’à imaginer qu’on oserait dégarnir la défense de la ville pour attaquer si l’on n’était pas en position de force ? La logique de la guerre l’aurait interdit ; mais Abou Bakr en la matière faisait prévaloir la logique de la foi, bien supérieure à ses yeux.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Farhat Othman</strong></p>



<span id="more-387163"></span>



<p>Il n’était pas moins homme de guerre, pour autant ! Donnant l’alerte en ville, le calife posta le peu d’hommes qui lui restaient aux aguets. Usant de la même tactique prescrite à ses représentants guerroyant les rebelles et les apostats, il était même le premier à recourir à l’offensive. Ainsi, une nuit, à un moment ou des assaillants campés autour de Médine — la tribu de la dernière délégation venue ausculter les forces musulmanes — s’apprêtaient à une attaque au petit matin, il s’en prit à eux par surprise, réussissant en les prenant au dépourvu à mettre en échec, à peu de frais, l’attaque projetée.</p>



<p>Grâce à cette stratégie, la cité réussit à prévenir d’autres attaques jusqu’au retour de son armée d’expédition ce qui permit aux habitants de respirer de soulagement. Cette dernière n’eut certes pas à engager de batailles avec l’ennemi byzantin, mais elle ne parada pas moins à ses frontières, annonçant des attaques plus sérieuses, des invasions futures promises pour être décisives. De plus, l’essentiel fut bien fait, la mission ayant été remplie, consistant en l’exécution de l’ultime volonté du prophète d’Allah.</p>



<p><strong>Aussitôt le corps d’armée d’Oussama rentré à Médine, le calife s’autorisa à envisager une contre-attaque</strong> large et déterminée afin de réduire l’ensemble des révoltes aux motivations variées, certaines étant de nature politiques tenant à l’attachement exacerbé à une liberté élevée au rang de la sacralité, d’autres relevant de motifs sociologiques de prééminence et de standing et certaines autres étant motivées par des raisons religieuses concurrentes. En effet, sur les vastes terres d’Arabie, comme partout en terre d’Orient, les inspirations mystiques et les vocations prophétiques avaient de tout temps élu leur lieu de vocation par excellence, y ayant trouvé terrain fertile pour y apparaître bien plus fréquemment que l’eau de pluie des nuages en un ciel invariablement de plomb.</p>



<p>Dès le retour de ses guerriers, Abou Bakr conduisit lui-même une nouvelle riposte venant tout juste après une première qui avait débouché sur l’anéantissement définitif de la révolte des hommes d’Al Aswad, le prétendu prophète du Yémen. D’autres suivirent, dirigées par onze chefs de guerre dont un bon nombre de Qoraïchites parmi lesquels les deux hommes en vue du moment, l’éminent chef de guerre Khalid Ibn Al Walid et l’éminence grise de la politique Amr Ibn Al ‘Ass.</p>



<p><strong>À tous les commandants de ces armées, Abou Bakr confiait une même lettre destinée aux apostats</strong>. Pour lui, quelle que fut la motivation première de ceux que ses hommes allaient combattre, ils étaient considérés comme ayant renié la nouvelle foi. En refusant de reconnaître la légitimité du nouveau pouvoir, et ce même s’ils n’abjuraient pas de fait l’islam, ils se mettaient hors de l’islam. Ainsi, la foi et la politique étaient-elles intimement liées à ses yeux ; il ne pouvait en aller autrement eu égard à la nature même de l’islam qui est à la fois une religion et une politique, mais aussi à la gravité de la situation où la nouvelle foi était encore fragile, la moindre faiblesse, le moindre doute étant de nature à compromettre son devenir. Cette harangue, invariablement, devait reproduire le schéma suivant :</p>



<p><em>«Au nom de Dieu clément et miséricordieux. D’Abou Bakr, vicaire du prophète d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — à tout destinataire de la présente lettre : gens communs et notables, fidèles à l’islam ou ayant apostasié. Que le salut soit sur qui est demeuré dans le droit chemin et n’est point revenu à l’égarement, à l’aveuglement. Je glorifie Dieu le seul et l’unique et témoigne qu’il n’est de Dieu que lui, exclusif, sans associé, que Mohamed est son serviteur et son prophète ; nous reconnaissons son message et nous accusons d’impiété quiconque le refuse et le combattons&#8230;</em>»</p>



<p>Cherchant à être exhaustif et précis, à son habitude, ne dédaignant ni de faire appel au raisonnement ni à la menace, il voulait avoir, dans son message, une attitude de juste équilibre ou de justice équilibrée. Rappelant la portée du message prophétique, citant des extraits du Coran, ne doutant point de sa légitimité en tant que nouveau chef de toutes les tribus arabes, il tenait à y évoquer la source de son pouvoir, revenant à la disparition du prophète, reprenant ses propos le jour de sa mort avant de finir par en venir à leur apostasie. Et alors, il n’hésitait pas d’être moins persuasif, recourant volontiers à la menace, faisant montre à quel point sa détermination pouvait le faire aller loin de sa réputation de bonhomie :</p>



<p><em>«&#8230; Dans une armée d’Émigrants et de Renforts et aussi de bons musulmans de la deuxième génération, je vous ai envoyé un tel et lui ai ordonné de ne combattre personne, de ne tuer quiconque qu’après l’avoir appelé à l’islam. Celui qui y répond, reconnaissant les justes principes de notre noble foi et agissant vertueusement selon ses prescriptions, il l’acceptera et l’aidera. Pareillement, il a reçu l’ordre de tuer quiconque refuse et de ne point épargner toute personne récalcitrante qu’il réussira à prendre ; de brûler par le feu les renégats, de les tuer sans merci, de capturer leurs femmes, leurs enfants. Il n’acceptera de personne que l’islam ; celui qui le suivra bénéficiera des bienfaits et de la miséricorde divins, mais celui qui le délaissera ne défiera point la force d’Allah ni le bras vengeur de ses fidèles. À tout groupement d’entre vous, j’ai ordonné à mes envoyés de lire ma lettre ; le signe de rassemblement et de ralliement pour vous sera l’appel à la prière. Ceux qui appellent à la prière, musulmans et le confirmant, ils ne seront pas attaqués ; ceux que n’assemble pas l’appel à Allah, ils y seront appelés, toutefois. Or, s’ils y défèrent, il leur sera alors demandé leurs devoirs religieux ; s’ils s’y refusent, on ne manquera pas de les châtier et on ne traînera pas à le faire ; mais pour peu qu’ils les reconnaissent, ils seront admis dans la communauté des fidèles et on veillera à les faire s’acquitter de leurs obligations»</em>.</p>



<p><strong>Sa connaissance approfondie de la nature humaine avait rendu Abou Bakr sans illusions </strong>sur les faiblesses des hommes — même parmi les plus vertueux d’entre eux — dans le feu de l’action, y compris la plus noble. Il était arrivé au prophète lui-même de demeurer humain quant aux choses de la vie, soumis à la condition imparfaite des hommes. Lors de la conquête de La Mecque, il n’y avait pas eu que de fiers et nobles soldats de Dieu dans les troupes musulmanes, certains ne rechignant même pas à détrousser les femmes sans défense de leurs bijoux.</p>



<p>Et le prophète lui-même qui avait fait de sa ville un sanctuaire, y interdisant la moindre impiété, quand la nécessité impérieuse l’a réclamé, il lui a été possible de faire une entorse au caractère saint de ce lieu, Allah l’autorisant de faire couler le sang pour un temps en un lieu aussi saint que La Mecque. Ainsi, pensait-il, ses chefs de guerre, partis ramener à la foi véritable les Arabes égarés, ne manqueraient pas de relativiser la portée de leurs agissements, se réclamant de la noblesse de leurs intentions, de la fin recherchée pour s’autoriser des excès et des débordements.</p>



<p>Sa hantise était justement d’éviter tout débordement, son expérience et sa connaissance des guerriers du désert l’assurant que ce genre d’expéditions était par trop propice aux excès. Aussi tint-il à munir chaque chef d’armée d’un serment rappelant les principes de son adresse, les mandant de les suivre à la lettre, aussi bien eux-mêmes que les troupes sous leur commandement, promettant de les tenir personnellement responsables de tout abus injustifié.</p>



<p>Car il sait pertinemment en homme avisé rompu aux choses de la vie que la perspective de butin a sans aucun doute attiré un certain nombre parmi les soldats de la foi, et non seulement ceux dont l’attachement à la religion nouvelle n’était pas le plus fiable, mais le moins affirmé. Cela faisait partie des lois ancestrales de la guerre qu’il connaissait aussi parfaitement que la généalogie des siens, leurs ascendances les plus lointaines et leurs faits et gestes les plus anciens.</p>



<p><strong>Il était donc sans trop d’illusions qu’à la motivation première et essentielle des campagnes militaires</strong> lancées au nom et au service de la foi ardente s’ajoutaient ou même se substituaient pour certains, notamment parmi les hordes nombreuses de volontaires anonymes se joignant avec enthousiasme aux chefs de guerre valeureux et fidèles des armées, les hommes connus et fort respectables de sa tribu, l’assurance de butins et la possibilité de gagner un fief; autant de motivations propices à la somnolence des valeurs !</p>



<p>Mais ce qui le gênait peut-être le plus, c’était que dans les butins inéluctables de ces guerres à gagner, il n’y avait pas que les biens matériels; la perspective de voir piller les êtres humains tout autant que leurs objets, de posséder et d’user de leur corps tout comme de leurs richesses ne pouvait manquer de heurter son âme demeurant délicate dans son essence, sa noblesse de sentiments quintessenciés.</p>



<p><a></a> Pertinemment, il savait que lorsque la guerre faisait rage, elle était grosse de toutes sortes de ravages; et les pires exactions étaient consubstantielles aux exaltations dont celles qui étaient pourtant le fruit de nobles sentiments. À l’esprit, lui revenaient rimes et assonances de ces interprètes de la sagesse des anciens que sont les poètes, comme l’un des plus illustres parmi eux, membre d’une famille de grande tradition poétique, le sage Zouhayr Ibn Abi Soulma dénonçant la guerre dans l’un des sept poèmes majeurs des temps anciens, ces chefs-d’œuvre de l’époque pré-islamique qu’on appelait Mu’allaqat ou Suspendues (à la Ka’ba) :</p>



<p><em>Allumée, atroce vous l’allumez,</em></p>



<p><em>Tout flammes, d’emblée vous l’enflammez.</em></p>



<p><em>Sur la peau sous la meule, vous êtes alors de la graine broyée</em></p>



<p><em>Par deux fois l’an, elle se féconde et sa mise bas est gémellée.</em></p>



<p class="has-text-align-right"><em><strong>À suivre&#8230;</strong></em></p>



<p>* <em>«Aux origines de l’islam. Succession du prophète, Ombres et lumières», par Farhat Othman,  éd. Afrique Orient, Casablanca, Maroc, 2015.</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/04/10/roman-feuilleton-du-ramadan-aux-origines-de-lislam-luttes-dinfluence-et-guerre-de-religion-4-5/">Roman-feuilleton du Ramadan &#8211; «Aux origines de l&rsquo;islam» : Luttes d’influence et guerre de religion (4/5)</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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