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	<title>Archives des révolte du Jasmin - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des révolte du Jasmin - Kapitalis</title>
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		<title>Tunisie : La Révolte du Jasmin gagnée par fatigue démocratique ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 07 Jan 2022 06:30:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[fatigue démocratique]]></category>
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		<category><![CDATA[révolte du Jasmin]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La jeune «démocratie» tunisienne est au bout du rouleau et les Tunisiens lambda ne veulent plus supporter leurs «élites» dysfonctionnelles qui envahissent l’espace public avec un discours creux, dépourvu d’un minimum de jugeote économique, sans vision stratégique et sans un minimum de bon sens éthique. Les citoyens revendiquent plus d’efficacité, plus de pragmatisme dans la...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/07/tunisie-la-revolte-du-jasmin-gagnee-par-fatigue-democratique/">Tunisie : La Révolte du Jasmin gagnée par fatigue démocratique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/01/Rached-Ghannouchi-Zine-Ben-Ali.jpg" alt="" class="wp-image-376122"/><figcaption> <em>Qui eût cru que la gouvernance du clan de Rached Ghannouchi sera pire que celle du clan de Zine El Abidine Ben Ali? </em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>La jeune «démocratie» tunisienne est au bout du rouleau et les Tunisiens lambda ne veulent plus supporter leurs «élites» dysfonctionnelles qui envahissent l’espace public avec un discours creux, dépourvu d’un minimum de jugeote économique, sans vision stratégique et sans un minimum de bon sens éthique.</em></strong> <strong><em>Les citoyens revendiquent plus d’efficacité, plus de pragmatisme dans la gestion de l’État et des services publics. Ils appellent de leurs vœux des changements, des réformes et des politiques innovantes. Qui tardent à venir&#8230; </em></strong></p>



<p>Par<strong> Moktar Lamari</strong>, Ph. D. *</p>



<span id="more-376121"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Alors qu’elle n’a pas bouclé son 11e printemps, la Révolte du Jasmin affiche de sérieux symptômes d’essoufflement précoce. Les citoyens perdent patience, alternant lassitudes, agacements et <em>«ras-le-bol»</em> face à l’irresponsabilité des partis politiques, à l’inefficacité des élites au pouvoir et à l’immaturité de tous ces <em>free riders</em>, et irresponsables pour qui la démocratie permet tous les droits et exonère les gens de leurs devoirs. Comment expliquer cette fatigue démocratique en Tunisie, berceau du Printemps arabe et première <em>«démocratie»</em> en terre d’islam?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Plus ça change, plus c’est pareil !</h2>



<p>Qui eût cru que la gouvernance du clan de Rached Ghannouchi sera pire que celle du clan de Zine El Abidine Ben Ali?</p>



<p>Le citoyen lambda n’en peut plus! Et il y a de quoi! Il est lassé par ces querelles incessantes qui opposent les élites au sommet de l’Etat, l&rsquo;Assemblée devenue un refuge pour les bandits et les fanatiques de tout acabit.</p>



<p>Le citoyen lambda est écœuré de ces partis politiques créés ex-nihilo et hors sol… Ils ne veut plus supoorter ces <em>«élites»</em> dysfonctionnelles qui envahissent l’espace public avec un discours creux, dépourvu d’un minimum de jugeote économique, sans vision stratégique et sans un minimum de bon sens éthique.</p>



<p>Le même citoyen ne comprend pas pourquoi plus ça change, plus c’est pareil!</p>



<p>Depuis 2011, on en a vu défiler du beau-monde au pouvoir. Dix gouvernements, presque 480 ministres et des centaines d’élus (parlement et municipalités). Quatre gouverneurs de la Banque centrale…</p>



<p>Si les noms et les étiquettes changent, tous ceux qui ont gouverné (avec rares exception), ils appliquent tous les mêmes politiques economiques avec autant d’inefficacité, autant d’incompétence et autant d’appauvrissement collectif.</p>



<p>Aucun de ces gouvernements et de ces ministres n’a eu le courage suffisant pour laisser des empreintes propres, mesurables en termes de réformes, de changements viables et de dinars dans le panier du ménage.</p>



<p>Quand on leur montre les indicateurs économiques et on leur demande des comptes, ils répliquent en meutes que ce n’est pas de leur faute, évoquant parfois l’intransigeance des syndicats, d’autres fois les pressions des partis d’opposition, l’inélasticité de leur propre <em>«ceinture politique»</em> ou la rigidité de leur couchage et <em>«coussin politique»</em>.</p>



<p>La fatigue démocratique est aussi associée à cette ambiance exécrable au somment de l’État (parlement et exécutif). On s’insulte au grand jour, avec de gros mots, on règle des comptes, tous les moyens sont bons!</p>



<p>On triche, on viole les us et coutumes, on vole le bien public et on s’offre aux plus offrants des lobbies et groupes d’intérêt prêts à payer pour maintenir le statu quo ou pour mousser des privilèges.</p>



<p>Des élus en fuite, d’autres sont emprisonnés, d’autres sont poursuivis par la Justice et d’autres attendent leur tour pour répondre à toutes sortes de malversations, crimes terroristes, financment illicite ou encore falsification des résultats d’élection.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désenchantement général</h2>



<p>Considérant la forte dominante des empreintes religieuses dans le pays, la fatigue démocratique observée en Tunisie post-2011 ne ressemble pas à la fatigue démocratique observée dans les pays occidentaux et décrite par le philosophe Alexis de Tocqueville, il y a plus d’un siècle (1805-1859).</p>



<p>Et pour cause, la fatigue démocratique de la Révolte du Jasmin a trait à une faiblesse <em>«génétique»</em>, aux carences des anticorps immunitaires qui devraient se trouver dans les institutions, dans les valeurs éthiques et normes codifiant les comportements politiques et le sens de l’État.</p>



<p>Le désenchantement fait boule de neige ! Les analystes et citoyens s’accordent à dire que la Révolte du Jasmin en Tunisie a généré une démocratie atypique et appauvrissante plutôt que créatrice de richesse et d’amélioration de la prospérité collective.</p>



<p>Alors que la croissance économique est à négative (pour la decennie post-2011), traînant à la baisse le pouvoir d’achat (perte de 60% depuis 2011), accélérant la dévaluation du dinar (moins de 50% face à l’euro depuis 2010) et poussant des milliers de jeunes à se jeter dans la mer pour rejoindre l’Europe, les partis politiques tiennent le pays en haleine, en multipliant les tergiversations, les palabres, les causettes avec toujours plus d’arrogance déplaisante, et de résultats économiques dévastateurs pour l’économie du bien-être.</p>



<p>Plus de 200 partis et formations politiques (sans compter les 1 300 listes soi-disant listes indépendantes), se sont présentés aux trois principales élections législatives (2011, 2014 et 2019). Beaucoup d’entre eux ont été créés dans la précipitation et ceux qui ont un véritable programme économique se comptent sur les doigts d’une main. Des partis devenus avec le temps, des comptes bancaires pour siphonner l’aide internationale et détourner l’argent public.</p>



<p>Faute de compétences en économie politique, les différents gouvernements ont géré quasiment avec les mêmes orientations, visions d’ensemble et sans souci de reddition de compte.</p>



<p>Les partis politiques enfantés depuis ne sont pas outillés pour recruter des conseillers talentueux. Ils n’ont pas intégré totalement les fondamentaux d’une gestion axée sur les résultats et nourrie par le savoir et la recherche évaluative.</p>



<p>Sont rares les partis qui organisent de journées de réflexions économiques ou universités d’été pour former leur élite et innover leurs stratégies et instruments de gouvernance.</p>



<p>Pour limiter la casse, des organisations internationales comme le FMI, la Banque mondiale ou l&rsquo;Union européenne sont obligés de conditionner leur aide à des recommandations prônant la bonne gouvernance et des réformes structurelles.</p>



<p>Les réformes promises par les gouvernements se font attendre, certains pour manque de compétences managériales et d’autres faute de volonté politique claire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le règne de la sélection adverse</h2>



<p>Que des tocards me dit mon taxidriver qui me conduit vers l’aéroport Tunis-Carthage.</p>



<p>Bien choisi, le terme est utilisé dans certains milieux médiatiques tunisiens pour désigner ces candidats lancés dans la course électorale, sachant d’avance que leur rôle consiste à encombrer la piste et empêcher les meilleurs de trouver leur lancée en politique.</p>



<p>Et ceci explique en grande partie le non-renouvellement des élites des partis, et plusieurs présidents de partis sont aux commandes depuis la création de leur parti. C’est la vieille garde qui mène les partis politiques. L’alternance à la présidence des partis est quasiment impensable.</p>



<p>Les promesses électorales des partis sont très vite oubliées, et dans le feu de l’action, les décideurs politiques qui arrivent au sommet des ministères ne sont pas ceux qui sont les mieux qualifiés et les mieux formés pour honorer les promesses et réformer avec les contingences et risques liés.</p>



<p>La mécanique électorale et le fonctionnement politique des partis font que ce sont les plus incompétents qui finissent par occuper les postes décisionnels les plus décisifs pour la gouvernance du pays.</p>



<p>Les médias assument une grande responsabilité dans cette sélection adverse et hégémonie des lobbystes sur la vie politique et culturelle.</p>



<p>Les partis sont sclérosés et dominés par leurs vieilles gardes, barrant le chemin aux plus jeunes, aux plus compétents et souvent aux plus favorables aux réformes.</p>



<p>Les jeunes et les femmes… et autres porteurs de nouvelles idées se trouvent vite bloqués par les plus anciens et finissent par claquer la porte et quitter une scène politique au départ imperméable aux idées innovantes et peu ouverte aux changements.</p>



<h2 class="wp-block-heading">«Les bottines ne suivent pas les babines»</h2>



<p>Le désenchantement des citoyens face à leurs élites politiques est aussi expliqué par un système électoral qui ne tient pas suffisamment compte des préférences exprimées par les électeurs et les scrutins démocratiques.</p>



<p>Les citoyens et les électeurs constatent à leurs dépens que ce qui est promis au début du processus électoral n’est pas ce qui est livré et mis en pratique quand vient le temps de gouverner, réformer et faire face aux contraintes et contestations de ceux qui s’opposent aux réformes.</p>



<p>Les coalitions contre–nature ont marqué les deux précédentes législatures (2011-2014 et 2015-2019), et sous prétexte de consensus les partis se dédouanent de leur responsabilité et n’assument aucune responsabilité lors des élections suivantes.</p>



<p>Le parti religieux Ennahdha a été un acteur dominant dans les différentes coalitions gouvernementales, et ses objectifs politiques restent principalement identitaires, conservateurs, n’accordant aucune place aux impératifs économiques et la création de la richesse collective.</p>



<p>La fatigue démocratique constitue désormais le principal ennemi de la Révolte du Jasmin. Et ce n’est pas pour rien qu’on voit se multiplier les mouvements de contestation, de blocage et grèves générales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ce qui compte, c&rsquo;est ce qui marche!</h2>



<p>Cette formule inventée et dans un autre contexte, par Tony Blair <em>«what matters is what works»</em>, en 2006, reste la clef de voûte de la survie de la Révolte du Jasmin en Tunisie.</p>



<p>Les citoyens revendiquent plus d’efficacité, plus de pragmatisme dans la gestion de l’État et des services publics. Ils appellent de leurs vœux des changements, des réformes et des politiques innovantes.</p>



<p>Pour se revigorer et se dégourdir, la Révolte du Jasmin doit rompre avec le cercle vicieux qu’elle a créé et qui consiste à changer à volonté de gouvernements et de ministres, mais jamais de politiques économiques.</p>



<p> * <em>Universitaire au Canada.</em></p>



<h4 class="wp-block-heading"><em>Articles du même auteur dans Kapitalis : </em></h4>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="d0EElsgzd0"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/21/la-tunisie-victime-de-la-complaisance-interessee-des-economistes-du-serail/">La Tunisie victime de la complaisance intéressée des économistes du sérail</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie victime de la complaisance intéressée des économistes du sérail » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/21/la-tunisie-victime-de-la-complaisance-interessee-des-economistes-du-serail/embed/#?secret=zbnG0iRTjh#?secret=d0EElsgzd0" data-secret="d0EElsgzd0" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="RqcSksC3NT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/10/la-tunisie-le-fmi-et-liran/">La Tunisie, le FMI et l’Iran…</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, le FMI et l’Iran… » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/10/la-tunisie-le-fmi-et-liran/embed/#?secret=AZbrVeejwJ#?secret=RqcSksC3NT" data-secret="RqcSksC3NT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>



<p><blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SHnM74mFuO"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/06/kais-saied-une-bulle-ou-un-bole/">Kais Saied: une bulle ou un bolé?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Kais Saied: une bulle ou un bolé? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/11/06/kais-saied-une-bulle-ou-un-bole/embed/#?secret=qBUOeobxPX#?secret=SHnM74mFuO" data-secret="SHnM74mFuO" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/01/07/tunisie-la-revolte-du-jasmin-gagnee-par-fatigue-democratique/">Tunisie : La Révolte du Jasmin gagnée par fatigue démocratique ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Avenue Bourguiba, un creuset de la crise économique en Tunisie!</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/03/avenue-bourguiba-un-creuset-de-la-crise-economique-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 03 Jan 2021 08:46:24 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Ce 2e jour de janvier 2021, ma chambre au 18e étage de l’Hôtel Africa m’offre une vue imprenable : un ciel bleu pourpre, un soleil magnifique et une vue latérale sur la mer méditerranéenne. Mais, dès qu’on traverse la porte-tambour de l’hôtel, l’Avenue Bourguiba nous balance et en pleine figure, l’ampleur de la crise traversée...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/01/03/avenue-bourguiba-un-creuset-de-la-crise-economique-en-tunisie/">Avenue Bourguiba, un creuset de la crise économique en Tunisie!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/12/Tunis-Avenue-Bourguiba.jpg" alt="" class="wp-image-29221" width="580" height="352"/><figcaption><em>L&rsquo;avenue Bourguiba nous balance en pleine figure l’ampleur de la crise traversée par la Tunisie, 10 ans après la Révolte du Jasmin</em>.</figcaption></figure>



<p><strong><em>Ce 2e jour de janvier 2021, ma chambre au 18e étage de l’Hôtel Africa m’offre une vue imprenable : un ciel bleu pourpre, un soleil magnifique et une vue latérale sur la mer méditerranéenne. Mais, dès qu’on traverse la porte-tambour de l’hôtel, l’Avenue Bourguiba nous balance et en pleine figure, l’ampleur de la crise traversée par la Tunisie, 10 ans, presque jour pour jour, après la Révolte du Jasmin. Délabrement avancé d’immeubles, barricades, barbelés, hommes en armes, pancartes syndicales, piétons aux traits tirés, mendiants et détritus par terre… seuls les édifices bancaires arborent la «richesse», même si, à leurs portes, des trafiquants de devises harcèlent les rares touristes! Ambiance…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong>, Ph.D. *</p>



<span id="more-330596"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p>Natif de Tunis des années 1950, je ne reconnais plus ma ville natale, même si je reviens au pays, au moins deux fois par an. Ce matin, j’ai parcouru à pied et tranquillement les 1500 mètres séparant la sortie de la Médina jusqu’au côté TGM (gare du train blanc liant Tunis-Goulette-Marsa).</p>



<h3 class="wp-block-heading">Un condensé de la crise… en 40 minutes de marche</h3>



<p>Et tout est là pour me demander pourquoi un tel délabrement, pourquoi ces élites et gouvernements ne font rien pour réhabiliter Tunis, anciens et vieux quartiers, et pourquoi la société civile ne bouge pas pour contrer la déchéance de cette ville, ayant trois mille ans d’histoire et de civilisation.</p>



<p>Tous les quartiers et rues attenants à l’Avenue Bourguiba sont balafrés par ces immeubles mal entretenus et quasiment insalubres et dévastés par le manque d’entretien (peintures fanées, balcons fracassés, toits enfoncés, persiennes en lambeaux, murs dégoulinants, etc.). Un problème de mal-gouvernance, une carence de gestion et un jeu de spéculateurs fonciers seraient à l’origine de ce craquèlement de la ville. En cause, des problèmes d’occupation illégale, des litiges qui s’éternisent au sujet de l’appropriation, un désinvestissement dans le bien public, le bien indivisible, pris en otage par un système de justice désuet et incapable de raisonner la propriété en termes économiques (juges, avocats, spéculateurs, entre autres). Ces immeubles ont été désertés par leurs propriétaires français à l’indépendance et depuis, c’est le laisser-aller et c’est le délabrement à petit feu!</p>



<p>Tout ou presque donne l’impression que Tunis est aujourd’hui laissée pour compte! Les immeubles de la ville moderne, créée entre 1880 et 1955, craquent et se craquellent au vu et au su de tout le monde. Dans l’indifférence totale! La saleté des trottoirs ajoute une autre couche aux malheurs de la ville et de ses fans.</p>



<p>Autre image déplorable de Tunis d’aujourd’hui, a trait à ces barricades installées sur les trottoirs (de l’ambassade de France au siège du ministère de l’Intérieur), pêle-mêle, dans les passages piétons, avec des sacs de sable et des guérites en béton armé, abritant des policiers en armes, près à tirer. Pour te promener, tu frôles plusieurs fois l’épaule d’un policier armé et au regard sévère, sombre et inquisitoire. Bonjour l’accueil!</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Hotel-International.jpg" alt="" class="wp-image-330597" width="500"/><figcaption><em>Hôtel International aux accès bloqués, la police est omniprésente.</em></figcaption></figure></div>



<p>À cela s’ajoutent toutes ces pancartes mal écrites, mal conçues qui bloquent les accès de l’Hôtel International (600 lits, 10 étages, 300 employés et plus 600 mètres de trottoirs). Une scène qui montre combien les revendications et contestations syndicales détruisent des emplois productifs et rongent vicieusement la création de richesse et du bien-être.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Banques imposantes… trafic de devises au grand jour</h3>



<p>Dans ce centre-ville célèbre et connu pour ses manifestations du Printemps arabe, on se demande souvent où sont les édifices des grandes entreprises nationales, sociétés d’État, entreprises industrielles, celles des services et du commerce international. Les banques ont tout écrasé à leur passage, elles ont défiguré cette artère et démultiplié leurs succursales ou sièges sociaux.</p>



<p>Un miroir reflétant la physionomie de la crise économique de la Tunisie d’aujourd’hui. Des banques, publiques, privées, arabes, internationales… et points de place pour le reste. L’argent pour l’argent!</p>



<p>La prospérité de ces banques s’est renforcée les dernières années, avec des taux d’intérêt excessifs et pratiques peu concurrentielles édifiées et entretenues par les politiques monétaires, sous l’égide de la Banque centrale, qui se trouve à 10 min à pied de l’avenue Bourguiba. Des politiques monétaires dévastatrices pour l’investissement, handicapantes pour le marché libre et peu soucieuses de la création des richesses matérielles.</p>



<p>Mais, chose étonnante, en plein de l’avenue la plus policée de la Tunisie, les vendeurs à la sauvette et les trafiquants de devises pullulent dans chaque coin de rue. Ils paradent au grand jour, en vous apostrophant : <em>«Sarf, sarf, sarf… dollars, euros…»</em> Va savoir, où vont ces sommes colossales de devises détournées au grand jour au cœur de la ville de Tunis.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2015/06/Marche-central-de-Tunis4.jpg" alt="" class="wp-image-5532" width="500"/><figcaption><em>Marché central de Tunis : la vitrine d&rsquo;une Tunisie laborieuse. </em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Marché central : un îlot de la Tunisie généreuse et productive</h3>



<p>À moins de 500 mètres de l’avenue Bourguiba se dresse le marché central de Tunis, un espace de quelques centaines de mètres carrés, pas plus! En vedette les poissons et fruits de mer… tout y est, des produits frais, des produits bio, des couleurs, des odeurs… dans un décor sublime et une ambiance sociale et humaine unique. Du mérou à 22 dinars le kg, des pieuvres à 30 dinars le kg, des crevettes royales à 22 dinars le kg…</p>



<p>Les légumes, les fruits, les plantes, les fleurs, les fromages, du pain traditionnel, de l’huile, des olives… pour pas cher et très beaux à voir!</p>



<p>C’est une preuve de la Tunisie profonde, la Tunisie qui travaille en silence, une Tunisie qui produit et qui honore, encore et encore, son image de marque : le grenier de Rome!</p>



<p>Et, pas pour rien, la crise économique que traverse la Tunisie post-2011 est atténuée, un tant soit peu, par l’augmentation exponentielle des exportations de ces produits de terroir, ces produits agroalimentaires qui font encore la richesse et le bonheur des acheteurs et vendeurs qui se croisent dans cet espace économique par excellence : le marché libre, le marché où se croisent l’offre et la demande, par la magie de la main invisible de la régulation du couple prix-qualité.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Barbeles-ambassade-de-France.jpg" alt="" class="wp-image-330598" width="500"/><figcaption><em>Le siège de l »ambassade de France protégé par les barbelés.</em></figcaption></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Honnêtes gens et attitudes : le capital humain en question!</h3>



<p>Une impression qui ne trompe pas. Lors de ma sortie matinale, de ce 2 janvier 2021, je m’arrête un moment devant la statue d’Ibn Khaldoun, un natif de Tunis de 1332 (mort dans son exil au Caire en 1406). Et je ne peux m’empêcher de penser aux écrits de ce fondateur de la sociologie moderne, et notamment à ses explications et théories au sujet des déterminants de la grandeur et la déchéance des nations.</p>



<p>Et dans ma réflexion, je regarde les barricades et les policiers en arme protégeant l’ambassade de France et les blocs de béton qui balafrent le paysage et bloquent la très belle rue de Jamel Abdennacer (du nom du célèbre leader de la pensée politique panarabe et ex-président de l’Égypte). Pas besoin de vous dire que le carré est plein de paradoxes, riche d’enseignes et d’enseignements…</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/01/Cafe-Univers.jpg" alt="" class="wp-image-330599" width="500"/><figcaption><em>Café L&rsquo;Univers : des clients aux regards livides, sans projets, sans sourire…</em></figcaption></figure></div>



<p>Juste après, je m’engouffre dans le célèbre café L’Univers (en plein avenue Bourguiba), à deux pas de la statue d’Ibn Khaldoun, pour me remettre en sirotant un expresso et un verre d’eau (médication quotidienne oblige). Il était presque 10 heures du matin, et étonnamment, il y avait des clients qui étaient à leur énième Celtia, la bière locale. Seul, chacun dans son coin, rien à dire, pas de journaux entre les mains et encore moins de livres à lire chez cette quinzaine de clients attablés, et aux regards livides, sans projets, sans sourire… Que des hommes évidemment! Une image déchirante, une image de déchéance humaine, grandeur nature!</p>



<p>Cette image renvoie aux visiteurs étrangers l’image d’une frange de population, jeune et moins jeune, qui n’a pas de projets et dont la productivité, comme la valeur ajoutée sociale, est plus dans la zone négative que dans la zone positive. Une frange qui n’a rien à voir avec la Révolte du Jasmin, une frange qui a baissé les bras, rien à faire, rien à dire…</p>



<p>J’ai dû en fin de matinée m’entretenir, tour à tour, avec deux grands amis autour d’une table discrète dans le bar de mon hôtel : un PDG d’une grande société d’État et un professeur d’économie dans une célèbre université d&rsquo;économie et de gestion à Tunis. Faces masquées, distanciation sociale en règle, mes deux interlocuteurs m’ont expliqué leur lecture de la crise économique actuelle. J’ai retenu deux phrases qui en disent long sur leur engagement pour sortir l’économie tunisienne de l’emprise politique et des carcans religieux qui écrasent le sens du travail et bloquent les ambitions du bien-être collectif.</p>



<p>Le PDG me dit : <em>«On travaille fort pour sortir la Tunisie de sa crise économique et pour trouver des marchés internationaux au Canada et aux Etats-Unis…»</em> et il ajoute : <em>«Les querelles politiques doivent arrêter, les émigrés doivent nous épauler et nous soutenir dans nos efforts»</em>. Le professeur universitaire me dit du haut de ses 65 ans : <em>«Le pays est en quasi-faillite, même les animaux du zoo du Belvédère meurent de faim aujourd’hui. Le gouvernement doit agir pour réduire ses gaspillages… Moi, tant et aussi longtemps que je suis en santé, je vais enseigner et former mes étudiants au doctorat, je dois beaucoup de choses à ma Tunisie…».</em></p>



<p>* <em>Universitaire au Canada</em>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="VknjjMLV3u"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/10/le-budget-2021-soins-palliatifs-pour-la-revolte-du-jasmin/">Le Budget 2021 : soins palliatifs pour la Révolte du Jasmin?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le Budget 2021 : soins palliatifs pour la Révolte du Jasmin? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2020/12/10/le-budget-2021-soins-palliatifs-pour-la-revolte-du-jasmin/embed/#?secret=Fc8zb5xPOb#?secret=VknjjMLV3u" data-secret="VknjjMLV3u" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Tunisie : émoi des économistes, désarroi de l’économie !</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Dec 2020 13:41:26 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Moktar Lamari]]></category>
		<category><![CDATA[révolte du Jasmin]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les économistes tunisiens ne s’entendent pas au sujet de quoi faire, ou pas faire, pour sortir la Révolte du Jasmin de l’impasse économique où elle se trouve, dix ans après. Si l’opinion publique s’insurge contre le marasme économique, ces économistes se déchirent, amplifiant les risques: chacun sa paroisse, chacun sa théorie et chacun sa rhétorique....</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/12/Economistes-Experts.jpg" alt="" class="wp-image-330248"/></figure>



<p><strong><em>Les économistes tunisiens ne s’entendent pas au sujet de quoi faire, ou pas faire, pour sortir la Révolte du Jasmin de l’impasse économique où elle se trouve, dix ans après. Si l’opinion publique s’insurge contre le marasme économique, ces économistes se déchirent, amplifiant les risques: chacun sa paroisse, chacun sa théorie et chacun sa rhétorique. En jeu, les réformes structurelles à initier et le partage des sacrifices liés. Gros plan sur une communauté divisée et instrumentalisée…</em></strong></p>



<p>Par <strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-330247"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<h3 class="wp-block-heading">Ont-ils compris l’économique de la Révolte du Jasmin ?</h3>



<p>À l’évidence non! Les concepts et les outils empiriques ne sont adaptés aux enjeux du Printemps arabe. L’économiste américain, James C. Davies, a, depuis les années 1960, dévoilé les liens révoltants entre crises économiques et bien-être des peuples. Davies explique que les révoltes populaires, à l’image de celle de la Révolte du Jasmin, surviennent après une longue période de croissance économique, suivie de récession brusque, inattendue et brutale.</p>



<p>Cet économiste ajoute que pour réussir la post-révolution, les pays concernés doivent restructurer en profondeur les systèmes productifs, pour impérativement créer de la richesse et générer le bien-être collectif.</p>



<p>Plusieurs révolutions sont passées par là! En Europe,en Amérique latine et en Asie. Mais aucun pays dans du monde arabo-musulman. La Tunisie ouvre la voie, mais en trébuchant, et avec des économistes pas toujours avertis de l’importance des réformes structurelles pour rallumer les bougies d’une économie qui ronronne et qui manque de tonus. Pour sortir du guêpier de l’islam politique, l’économie doit se restructurer : l’esprit d’entreprise, les gains de productivité, l’investissement tous azimuts, la compétitivité et le progrès technologique.</p>



<p>La Révolte du Jasmin en Tunisie (2011) est née après une gestation marquée par une longue période de croissance (2000-2007), suivie par une abrupte crise économique mondiale de 2007-2009 (crise des <em>subprimes</em>). Mais, l’après Révolte du Jasmin, et dix après, a eu tout faut et les indicateurs sont tous au rouge. Quelques exemples pour la démonstration.</p>



<p>Le Tunisien moyen a perdu presque 25% de son pouvoir d’achat réel entre 2010 et 2020. Les données de la World Bank illustrent ce constat par la mesure du PIB per capita (en $US). Le taux de chômage atteint les 30-40% dans les régions intérieures, celles qui ont, par leur insurrection, permis de mettre à la porte l’ancien régime et sa nomenklatura.</p>



<p>Les services publics ont reculé de presque 20% (dépenses per capita en santé, en éducation, etc.), entre 2010 et 2020, alors que la pression fiscale est passée de 22% du PIB, en 2010 à 33% aujourd’hui (World Bank 2020). La politique monétaire a écrasé le dinar (perte de 40%), augmenté les taux d’intérêt, pour atrophier l’investissement de presque 50% (en % PIB), et autoriser les banques à siphonner des profits exceptionnels (12 à 20% du chiffre d’affaires), alors que les taux croissance sont en moyenne proche de zéro.</p>



<p>La dette publique est passée de 38% du PIB en 2010 à quasiment 112% en 2020 (secteur public et sociétés d’État). Une dette gérée avec opacité et discrétions, hors de tout contrôle. Une dette pour payer des salaires d’une bureaucratie pléthorique et inefficace.</p>



<p>Les politiques économiques initiées depuis 2011 ont échoué et avorté la tendance de la courbe ascendante de la courbe J.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Chapelles théoriques et paroisses politiques</h3>



<p>La communauté des économistes tunisiens est fragmentée et divisée comme jamais! Une communauté qui dit tout et son contraire, à quelques jours près, sur les ondes de radios concurrentes. Une communauté incapable de dire de manière consensuelle quelles sont les réformes économiques à initier pour créer de la richesse et honorer les promesses de la Révolte du Jasmin.</p>



<p>Les outillages conceptuels, hypothèses de travail et compétences empiriques de nombreux de ces économistes sont questionnables et l’arbre se mesure à ses fruits.</p>



<p>Des confusions patentes et des discours inquiétants. Certains miroitent le spectre de l’<em>«économie de rente»</em> comme principal problème de l’économie tunisienne, alors que le problème, dans ce cas, est plutôt un problème de défaillance de concurrence libre et démocratique (monopole, oligarchie, dysfonctionnement du marché, corruption des fonctionnaires, etc.). Les rentes et les rentiers ne sont que des symptômes du problème de l’imperfection de la concurrence.</p>



<p>Autre exemple, pointer le secteur parallèle comme le problème à solutionner, alors que celui-ci n’est rien d’autre que le produit des lourdeurs et tracasseries bureaucratiques, et finit par menacer les emplois de 40% de la population active occupée en Tunisie.</p>



<p>En économie, confondre le problème avec ses symptômes (ou ses causes) est un péché majeur. Cette confusion fausse les remèdes prescrits. Comme si pour soigner une hémorragie intestinale aiguë, on se limite à baisser la fièvre. La fièvre est un symptôme du problème.</p>



<p>Pour ne pas se mouiller, beaucoup de ces ingénieurs, avocats, gestionnaires et experts-comptables, qui se présentent comme économistes en Tunisie, considèrent implicitement la crise économique du pays comme une crise conjoncturelle et passagère n’exigeant pas plus que des mesures cosmétiques.</p>



<p>C’est pourquoi de nombreux économistes tunisiens passent sous silence les réformes économiques structurelles, celles qui sont impopulaires, mais très porteuses pour sortir l’économie de sa paralysie.</p>



<p>Ceux-ci ne veulent surtout pas toucher aux enjeux brûlants tels que la réduction des effectifs des fonctionnaires, l’abolition des monopoles, la libéralisation des initiatives, la réduction des taux d’intérêt, la rémunération au rendement, la privation des entreprises publiques, l’assainissement du climat des affaires, etc.</p>



<p>Les désaccords manifestés par les économistes sur les ondes des radios et télévisions ont au moins trois conséquences.</p>



<p>Un, le discours discordant n’aide pas le citoyen à comprendre les enjeux économiques et à se préparer pour les conséquences.</p>



<p>Deux, l’absence de consensus entre ces experts ajoute de l’incertitude et du risque qui démobilisent les acteurs économiques (investisseurs, épargnants, producteurs, etc.).</p>



<p>Trois, ces dissonances brouillent l’action gouvernementale et arrivent même à mettre en cause la pertinence de ce qui est fait ou à faire.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Dualisme, asymétrie et aliénation !</h3>



<p>Deux <em>«clans»</em> dominent l’arène de l’<em>«expertise économique»</em> en Tunisie. De plus en plus organisés en réseau, ils s’opposent frontalement au sujet des réformes économiques à initier pour sauver la Révolte du Jasmin de sa déchéance économique. Comme si la science économique n’est pas une science sociale à part entière, un champ de connaissance fondé sur des théories, des modèles et des évidences qui transcendent l’histoire et la géographie. C’est pourquoi l’économie est la seule sociale qui est récompensée par le Prix Nobel.</p>



<p><strong><em>Économistes du sérail.</em></strong> Premier clan et le plus dominant est celui des économistes du sérail. Il s’agit d’un grand nombre de ces <em>«experts économistes»</em> qui occupent les ondes et les plateaux et qui se permettent de dire la chose et son contraire, au gré des contingences et des consignes des sponsors institutionnels (privés, publics, académiques, partis, alliés internationaux, etc.).</p>



<p><strong><em>Melting-pot</em></strong>. Ce clan compte plus d’experts-comptables (très professionnels dans leurs domaines comptables), d’ingénieurs de grandes écoles (ayant suivi au mieux deux cours en économie), de banquiers politisés, d’hommes d’affaires, de gestionnaires d’entreprises, d’avocats d’affaires, que d’économistes! Avec seulement très peu d’économistes patentés et ayant à leur actif des analyses économétriques et publications scientifiques avec arbitrage par les pairs.</p>



<p>La plupart de ces <em>«économistes»</em> mis en scènes ont aujourd’hui parrainés par l’Institut arabe des chefs d’entreprises (IACE), un think-tank proche des entreprises, avec beaucoup de proximité avec les partis dominants ayant gouverné le pays depuis 2011. L’IACE arrive facilement à passer ses messages par ces <em>«experts économistes»</em>, indépendants, mais mobilisables pour la cause.</p>



<p>Pour beaucoup de ces experts, les problèmes économiques de la Tunisie d’aujourd’hui sont perçus comme des problèmes conjoncturels, qu’on peut solutionner par un <em>«trait de crayon»</em>, par la création de commissions, le vote d’une loi, la mobilisation de comités… qui généreront à leur tour d’autres comités et commissions.</p>



<p>Un clan qui ne propose rien de substantiel et qui tient la route au regard des réformes structurelles attendues en Tunisie et par ses partenaires internationaux (IMF, WB, etc.). Des économistes qui évitent de froisser les partis politiques au pouvoir.</p>



<p>Pis, beaucoup de ces économistes carriéristes veulent se positionner dans l’échiquier politique, espérant pouvoir occuper des postes ou récolter des dividendes de situation. Ils ont les médias dominants en poche, et peuvent ainsi parader sur les plateaux de télévisions et radio, pour parler, débiter les mots clefs, sans rien dire au final.</p>



<p><strong><em>Économistes outsiders</em></strong>. Deuxième clan, un ensemble d’économistes qui publient sur les réseaux sociaux, sur les journaux électroniques et conférences internationales pour proposer leurs points de vue.</p>



<p>Très présents et très actifs sur les réseaux sociaux (avec des pages qui comptent des milliers d’abonnés), ces économistes n’ont rien à perdre, et rien à gagner. Ils s’installent en outsiders qui veulent débusquer les manœuvres et briser l’asymétrie d’information économique.</p>



<p>Ils sont sur Facebook pour s’exprimer de manière volontaire et libre. Ces économistes des réseaux sociaux communiquent des infos, commentent des statistiques, sans présenter nécessairement d’analyses empiriques et porteuses de recommandations capables de parcourir toutes les étapes de la prise de décision.</p>



<p>Un autre groupe de ce même clan publie dans des revues internationales. Ceux-ci sont employés comme experts par des organisations internationales et interviennent dans des conférences internationales, en pointant sans détour les réformes structurelles que le gouvernement tunisien doit engager dans les plus brefs délais. Des réformes souvent impopulaires et des réformes qui peuvent menacer les pouvoirs établis et les partis ayant gouverné depuis 2011.</p>



<p>Ces économistes reconnus à l’international sont plutôt boycottés par les médias de l’<em>estalishment</em> politique et médiatique et politique. Ceux-ci, souvent inspirés par la pensée <em>Public choice</em> et ses ramifications (<em>new public management</em> notamment) vont droit au but, pour proposer des réformes structurelles et pour raisonner en <em>«dehors du cadre»</em> et du <em>mainstreaming</em> imposés par les médias et leurs relais dans du premier clan, décrit précédemment.</p>



<p>Ce clan d’économiste propose une réduction drastique de la taille de l’État, une libéralisation totale des conditions d’entrée dans les filières bloquées par des lobbies ayant mis main basse sur plusieurs pans de l’économie et des centres décisionnels au sein des ministères clefs responsables de l’octroi des licences et autorisations diverses.</p>



<p>Ce clan fustige la mal-gouvernance du secteur public et incriminent les passe-droits des acteurs dominants (banquiers, sociétés d’État, syndicats, et monopoles économiques).</p>



<p>Les économistes de ce groupe sortent du <em>wishfulthinkings</em> et se démarquent du fatalisme omniprésent chez plusieurs économistes proches du pouvoir exécutif, ou à la merci des partis dominants.</p>



<p>Les deux clans d’économistes tunisiens ne s’entendent pas toujours au sujet des problèmes économiques et leurs solutions. Les estimations, les opinions et les recommandations avancées par chacun de ces clans et <em>«écoles de pensées» </em>sont très disparates et témoignent de l’importance d’organiser la profession d’économistes dans un pays où l’opinion publique a besoin de savoir quels sont les tenants et les aboutissants des réformes économiques structurelles à initier pour sortir le pays de son marasme économique.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada.</em></p>



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		<title>Tunisie : la «bulle» démocratique, un «boulet» pour la productivité ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 15 Feb 2020 11:05:08 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>En Tunisie, bailleurs de fonds, diplomates influents et économistes aguerris se posent ce type de questions, et depuis un moment déjà! Tous craignent que les incessantes tensions politiques, les tergiversations partisanes au somment de L’État et la mal-gouvernance chronique finiront par sanctionner l’économie, en lui faisant perdre ses valeurs productives et propulseurs de la croissance....</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
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<p><strong><em>En Tunisie, bailleurs de fonds, diplomates influents et économistes aguerris se posent ce type de questions, et depuis un moment déjà! Tous craignent que les incessantes tensions politiques, les tergiversations partisanes au somment de L’État et la mal-gouvernance chronique finiront par sanctionner l’économie, en lui faisant perdre ses valeurs productives et propulseurs de la croissance.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Dr Moktar Lamari</strong> *</p>



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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" width="200"/></figure></div>



<p> Intuitivement et souvent sans preuve, ces observateurs murmurent à qui veut bien les entendre, que la bulle démocratique et l’overdose de libertés mal-instituées ne peuvent que plomber la productivité du travail, la productivité du capital et la productivité des<em> «institutions»</em> venant en soutien à l’économie. </p>



<p> Des statistiques officielles, récemment publiées, viennent dissiper des doutes et éclairer les constats, montrant la remise à zéro de la plupart des indicateurs mesurant les gains de productivité depuis l’avènement de la <em>«Révolte du Jasmin»</em> en 2011.</p>



<p> Que disent les chiffres? Comment les expliquer? Et à qui la faute?</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une «bulle démocratique» infestée par bien de «roublards» et de «flemmards» </h3>



<p> L’enjeu et de taille et on comprend le bien-fondé de l’hypothèse postulant que la <em>«bulle démocratique» </em>aurait amplifié démesurément les<em> «libertés et droits» </em>et la déréglementation des processus productifs.</p>



<p> Des observateurs constatent aussi que la <em>«bulle démocratique» </em>en Tunisie a mis de larges pans de l’économie entre les mains de <em>«flemmards» </em>peu productifs, de politiciens <em>«véreux» </em>et d’hommes d’affaires<em> «roublards» </em>qui évitent d’investir leurs capitaux dans les secteurs économiques à forte valeur ajoutée et porteurs de prospérité pour la collectivité. La même bulle aurait canalisé d’énormes capitaux et de ressources vers le marché parallèle et son économie informelle, où tout est permis.</p>



<p> Le lien entre la bulle démocratique post-2011 et le recul des gains de productivité est plausible! Mais, on a besoin de données fiables pour le démontrer, hors de tout doute! Sinon, on reste dans la supputation subjective et la spéculation politique au sujet des corrélations (et causalités) pouvant lier la<em> «bulle démocratique» </em>et aux pertes de productivité de tous les facteurs de production: travail, capital et autres variables contextuelles (multifactorielles). </p>



<p> Qu’en déplaise aux élus et partis au pouvoir, des statistiques officielles apportent de nouvelles données probantes qui confirment ces craintes et étayent ces prémonitions, chiffres à l’appui! </p>



<p> Ces chiffres montrent que depuis la transition démocratique en 2011, les travailleurs sont moins productifs, les patrons sont moins investis et les acteurs politiques sont moins rassurants pour l’économie, avec à la clef des baisses tendancielles sur les divers fronts de la productivité économique. </p>



<p> Ces chiffres et analyses sont compilés dans un rapport rendu public (fin décembre 2019) par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ). Cet Institut, qui relève du ministère des Finances, produit périodiquement d’excellentes analyses conjoncturelles et de bulletins de veilles fort utiles à la prise de décision (investisseurs, politiques publiques, banques, etc.) et pour les médias et l’opinion publique. </p>



<p> Ce rapport est passé inaperçu par les médias et les élites politiques. À se demander pourquoi?</p>



<p> Toute une mauvaise nouvelle! Une nouvelle qui ne semble pas déranger les partis et élus politiques, trop pris dans les tiraillements au sujet du partage du pouvoir et l’accaparement du plus grand nombre de postes ministériels dans le gouvernement en formation par Elyes Fakhfakh.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Une démocratie contre-productive ! </h3>



<p> L’ITCEQ nous apprend que la productivité globale des facteurs ou PGF (appelée aussi productivité multifactorielle) a connu depuis 2011, une chute brutale. Les données statistiques disent, et sans équivoque, que durant la décennie précédant la <em>«Révolte du Jasmin»</em> (2000-2010), la PGF a connu un gain moyen inter-annuel positif estimé à 1,5% par an (avec des maximums dépassant les 3%), contre une perte moyenne inter-annuelle de -0,4% pour la période 2011-2019. Une baisse dramatique et un bilan économique catastrophique pour ceux et celles qui ont gouverné au lendemain de la <em>«Révolte du Jasmin»</em>!</p>



<p> La raison est simple : l’économique ne peut se laisser faire sans réagir! Et elle ne peut pardonner continuellement les errements du politique. Un verdict empirique et officiel qui met en cause un ensemble de mesures fiscales et monétaires, qui s’ajoutaient à des mesures normatives introduites en vitesse sans laisser le temps au système productif en place la possibilité de le<em>s «mâcher»</em> et de les internaliser efficacement et sans risque. </p>



<p> Pour être plus précis, le concept de productivité globale des facteurs (PGF) fait référence à une productivité résiduelle, inexplicable ni par la productivité des travailleurs (travail) ni par la productivité des équipements et technologies productives (capital). En effet, la PGF intègre dans son décompte de la productivité des nouvelles institutions démocratiques en charge de la gouvernance mise en œuvre depuis 2011; et par neuf gouvernements et plus de 300 ministres et équivalents. </p>



<p> En somme, la PGF intègre ainsi toutes les tensions politiques, toutes les malversations dans la gouvernance (corruption, blanchiment, évasion fiscale, etc.), la perte de confiance, pour ne citer que ces facteurs contextuels. Et les données confirment que les pires années ont été celles de 2011, de 2013, de 2015 et 2016, soit les années de la destitution de Ben Ali, l’année des manifestations contre la mal-gouvernance du gouvernement d’Ennahdha et l’année des attentats terroristes au Bardo et à Sousse. </p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Productivite-2000-2019.jpg" alt="" class="wp-image-281237"/></figure>



<p> Toute chose étant égale par ailleurs, ces données empiriques officielles portent à croire que la bulle démocratique post-2011 a fait imploser les gains de la PGF, les plongeant dans le rouge, après avoir été largement dans la zone positive, avant la révolution. Ce crash est regrettable, surtout quand on se compare à des pays comparables, se classant bien derrière la Tunisie dans les années 2000. </p>



<p> À se demander si les élites tunisiennes n’ont pas, dans leurs querelles continues, institué une démocratie économiquement stérile, improductive et calamiteuse pour la prospérité économique de la seule démocratie en terre d’islam. Les apprentis-sorciers impliqués dans la gouvernance de l’ère démocratique doivent s’expliquer (ministres et élus). La Tunisie démocratique doit les tenir pour responsables dans la déroute économique à l’œuvre depuis 2011. Le prochain gouvernement doit agir en conséquence pour tenter de redresser la PGF.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La perte de productivité du capital est encore plus prononcée   </h3>



<p> Sur le front de la productivité du capital, le tableau est encore plus sombre. Les données de l’ITCEQ confirment que les pertes de productivité du capital ont été plus élevées que les pertes constatées au niveau de la PGF. Selon ces chiffres, la transition démocratique post-2011 n’a pas su rassurer les investisseurs, industriels et autres entrepreneurs. Ceux-ci ont dû faire face à un cumul d’incertitudes macro-économiques : pression fiscale grandissante, dévaluation du dinar, omniprésence du FMI, inflation, obsolescence technologique accélérée et surtout une politique monétaire calamiteuse.</p>



<p> Comme montré dans le graphique suivant, durant la décennie post-2011, les gains de productivité du capital ont plongé dans le rouge, avec une perte moyenne et inter-annuelle de l’ordre de -0,8%. Les données portent à croire que les investisseurs ont préféré ne pas moderniser leurs équipements et ne pas renouveler leurs technologies productives. Des décisions lourdes de conséquences, puisque la compétition internationale pousse ces industries à mettre la clef sous la porte, ou se reconvertir dans les secteurs moins risqués et à plus forte rentabilité (commerce et activités fondées sur les rentes de situation). Et c’est bien cela qu’on observe chez de nombreux groupes industriels et grandes entreprises manufacturières.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Productivite-du-capital-2.jpg" alt="" class="wp-image-281238"/></figure></div>



<p> En revanche, le même graphique montre bien que la dégringolade des gains de productivité du capital a commencé bien avant la révolte de 2011. La chute a commencé avec la crise financière internationale de 2008 (<em>subprime mortgage crisis</em>). Malgré cette crise et ses conséquences, les entreprises ont été laissées pour compte, sans programmes gouvernementaux efficaces, ni de ministres clairvoyants et capables de concevoir, financer et implémenter des politiques industrielles innovantes favorisant la compétitivité et particulièrement la productivité.</p>



<p> L’élévation des taux d’intérêt directeurs en Tunisie, surtout depuis 2016, a constitué le coup de grâce pour les gains de productivité du capital. Avec des taux d’intérêts bancaires frôlant les 13% (TMM +3% de marge bénéficiaire +2% en agios divers), les industriels tunisiens ont été disqualifiés dans la course à la compétitivité, face à leurs homologues au Maroc, en Éthiopie ou au Sénégal. Et cette triste réalité fait partie des méfaits d’une politique monétaire inefficace et à la solde des bailleurs de fonds et autres donneurs d’ordres en Occident.</p>



<p> En bout de ligne, c’est l’industrie tunisienne qui a payé les frais de ce recul de productivité. La contribution du secteur industriel au PIB a fondu comme neige au soleil, passant de 32% en 2008 à moins de 20% aujourd’hui. Et le démantèlement du tissu industriel continue au su et au vu des décideurs politiques et ministres successifs. Les entreprises ferment les unes après les autres, dans l’indifférence totale des élus et des élites du pays.</p>



<h3 class="wp-block-heading"> La productivité du travail : indigne de la valeur supposée du capital humain en Tunisie !</h3>



<p> Les données de l’ITCEQ montrent que comparativement à la dernière décennie de gouvernance du régime Ben Ali (2000-2010), la décennie post-2011 a réduit drastiquement les gains de productivité du travail les ramenant à 0,75%, en moyenne inter-annuelle, contre une moyenne inter-annuelle de 2%, pour la décennie 2000-2010. Une chute de deux tiers, comme si on réduisant la journée de travail à 2,5 heures de travail au lieu de 7 heures.</p>



<p> Au moins trois raisons expliquent la contraction de la productivité du travail à l’ère de la transition démocratique. La première a trait à la création artificielle de presque 300.000 emplois improductifs, entre 2012 et 2014, notamment dans les ministères publics et les sociétés d’État. Les gouvernements Hamadi Jebali et Ali Laârayed (Ennahdha) ont pensé bien faire, en bourrant l’administration publique par des hordes de personnes sans qualification, sans valeur ajoutée, mais souvent très politisées et très proches des partis politiques, le leur en l’occurrence. </p>



<p> Ces dizaines de milliers de<em> «chômeurs déguisés en fonctionnaires» </em>n’ajoutant rien à la croissance économique, sont payés pour ne rien faire, certains préférant rester à longueur de journée sur les terrasses de cafés bondés, insalubres et indignes d’une économie en transition démocratique. D’autres ont des emplois secondaires et non déclarés dans le secteur informel.</p>



<p> L’autre raison, non moins inquiétante, a trait à la multiplication des mouvements de contestations sociales dans les régions produisant les ressources naturelles exportables facilement : phosphate, gaz, pétrole, sel, etc. Un bras-de-fer s’est installé entre les parties syndicales et les partis au pouvoir. Les tensions et les blocages ont fini par ruiner de nombreux secteurs et fait fuir de nombreux investisseurs porteurs de technologies, de capitaux et de nouveaux marchés. </p>



<p> La troisième raison a trait à la dégradation du capital social et de la confiance envers l’État et les partis politiques qui gouvernent, souvent de façon aléatoire et très dépensière pour la capacité à payer des contribuables. L’endettement du pays (80% du PIB) et l’érosion du pouvoir d’achat (-de 60% en cinq ans) expliquent largement le désenchantement des travailleurs et leur démotivation grandissante.</p>



<p> Le graphique suivant illustre la baisse drastique de la productivité du travail.</p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/02/Productivite-du-travail-3.jpg" alt="" class="wp-image-281239"/></figure></div>



<p> Le paradoxe tunisien, qu’on n’observe ni au Maroc, ni en Turquie, ou autres contextes comparables, tient au fait que le pays forme et met annuellement sur le marché du travail plus de 100.000 diplômés de l’enseignement supérieur. Et vainement, ceux-ci restent sur le carreau, attendant toujours que l’État ouvre des concours de recrutement, négligeant les chances de se créer son propre emploi et d’ajouter de la valeur juste en tenant compte des opportunités du marché du travail et de ses besoins. Mais ici aussi, la politique monétaire et ses taux d’intérêt faramineux entrent en jeu pour augmenter les difficultés et blocages de ceux qui tentent de créer des entreprises, d’innover ou encore prendre des risques commerciaux.</p>



<p> L’actuel gouverneur de la Banque centrale de la Tunisie (BCT) et son conseil d’administration ne semblent pas réaliser les coûts économiques de l’acharnement de leur politique monétaire… allant jusqu’à tout mettre sur le dos des travailleurs pour leurs abus de <em>«de siesta et de fiesta»</em>, alors que les chiffres de l’ITCEQ confirment que les gains de productivité du travail sont restés relativement positifs en moyenne inter-annuelle 2010-2019, alors que les gains de productivité du capital et la PGF ont plongé profondément dans le rouge. </p>



<p> De toute évidence, le gouverneur de la BCT veut se dédouaner des méfaits de sa politique monétaire, tout en pointant du doigt le principal syndicat des travailleurs qui n’a pas réagi à ces statistiques dévastatrices. Et qui ne fait pas suffisamment pour inciter les travailleurs à produire plus pour sortir l’économie de l’impasse où elle a été placée par 9 ans de mal-gouvernance politique et économique. </p>



<p> Le nouveau gouvernement doit se retrousser les manches pour limiter la casse! Il doit freiner l’hémorragie de la productivité en Tunisie. Une politique nationale doit voir le jour en matière de productivité et de compétitivité. Faute de quoi, la Tunisie post-2011 risque de sombrer de nouveau dans les tensions sociales et dans l’instabilité politique.</p>



<p><em>* Universitaire au Canada. </em></p>



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