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	<title>Archives des Rex Tillerson - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Rex Tillerson - Kapitalis</title>
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		<title>Frappes occidentales en Syrie : Grand spectacle et «frappes négociées» !</title>
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		<pubDate>Sat, 14 Apr 2018 15:39:57 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Au final, les frappes occidentales d’hier soir ne changeront en rien le cours de la guerre en Syrie et la victoire prochaine du régime soutenu par Moscou et Téhéran. Par Roland Lombardi * Comme il y a un an, presque jour pour jour, le Président Trump a ordonné, hier soir, vendredi 13 avril 2018, une...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/14/frappes-occidentales-en-syrie-grand-spectacle-et-frappes-negociees/">Frappes occidentales en Syrie : Grand spectacle et «frappes négociées» !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img fetchpriority="high" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-148869" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/04/Frappes-sur-la-Syrie.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Au final, les frappes occidentales d’hier soir ne changeront en rien le cours de la guerre en Syrie et la victoire prochaine du régime soutenu par Moscou et Téhéran.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Roland Lombardi</strong> *</p>
<p><span id="more-148868"></span></p>
<p><img decoding="async" class="wp-image-112276 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/09/Roland-Lombardi.jpg" alt="" width="200" height="244" />Comme il y a un an, presque jour pour jour, le Président Trump a ordonné, hier soir, vendredi 13 avril 2018, une nouvelle fois mais cette fois-ci avec l’appui de ses alliés britanniques et français, et toujours sans mandat onusien et donc en complète violation du droit international, des frappes sur la Syrie. Elles sont les <em>«représailles»</em> à une attaque chimique présumée, et toujours non prouvée, sur la Ghouta par le régime de Damas le 7 avril dernier.</p>
<p>Ainsi, après une semaine de tensions, une centaine de missiles sont venus s’abattre sur quelques cibles du régime syrien (centres de recherches, bases de la garde républicaine…).</p>
<p>Toutefois, nous assistons au même scénario que j’avais décrit en avril 2017, lors des premières <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2017/04/14/frappe-us-en-syrie-premier-coup-maitre-de-limprevisible-trump/">frappes américaines sur le territoire syrien</a>. Cependant, comme l’avait prévu mon ami, le chercheur Fabrice Balanche, l’action de cette nuit sera et restera essentiellement <em>«symbolique»</em>.</p>
<p><strong>Diplomatie de la testostérone </strong></p>
<p>En effet, après les menaces proférées par le président américain sur Twitter dès le lendemain de la diffusion de vidéos d’enfants et de femmes de Douma victimes des gaz, une longue semaine s’est écoulée. Une semaine durant laquelle nous avons tous été témoins de la <a href="http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/syrie-expressions-et-limites-de-la-diplomatie-testost-rone-320199420"><em>«diplomatie de la testostérone»</em></a> mais où, dans les coulisses, généraux américains et russes se concertaient pour mettre en scène cette <em>«grande représentation»</em>. Car, comme l’ont déclaré les officiels occidentaux dans les débriefings médiatiques de cette nuit et ce matin, ces frappes (coordonnées avec les Français, les Britanniques mais aussi les Russes !) ont été <em>«limitées», «ciblées»</em> et ont épargné les troupes iraniennes et russes, puisque ces derniers ont été <em>«prévenus en amont»</em> comme l’a déclaré, Florence Parly, la ministre française des Armées. Et pour cause, durant une semaine, les militaires russes, iraniens et syriens ont largement évacué les sites sensibles menacés.</p>
<p>D’ailleurs, nous ne connaissons pas encore ce matin, l’évaluation des dégâts et le nombre des victimes, mais ils ne devraient pas être conséquents. De fait donc, on a rarement vu dans l’histoire, sauf encore une fois en avril 2017, des chefs de guerre annoncer, avec des jours d’avance, qu’ils allaient attaquer ! C’est en quelque sorte, l’avènement des <em>«frappes négociées»</em> !</p>
<p>Pour Donald Trump l’honneur est sauf ! Pour ne pas perdre la face après ces fanfaronnades habituelles, et toujours aussi <em>«harcelé»</em> en interne par tout l’establishment américain, il se devait de réagir. Toutefois, même si le président américain joue au <em>«bad dog»</em> et qu’il s’est entouré depuis de <em>«neocons»</em> comme pour John Bolton et Mike Pompeo afin de remplacer respectivement les <em>«modérés»</em> de son administration, le Conseiller à la sécurité nationale général McMaster et le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, il n’en reste pas moins que Trump ne souhaite véritablement pas un affrontement direct avec Moscou (il avait même annoncé, il y a quelques semaines, qu’il voulait <a href="http://premium.lefigaro.fr/international/2018/03/30/01003-20180330ARTFIG00066-trump-assure-que-les-americains-vont-quitter-la-syrie-tres-vite.php">se désengager en Syrie</a> !). Par ailleurs, fort heureusement, les généraux John Kelly, son chef de cabinet, et James Mattis, le secrétaire à la Défense sont encore là et <em>«veillent au grain»</em>… mais pour combien de temps ?</p>
<p>En attendant, Trump, tout en démontrant qu’il tient ses promesses et qu’il se démarque de son prédécesseur, espère ainsi atténuer les formidables pressions qu’il subit (<em>«lynchage»</em> médiatique permanent, poursuites judiciaires, accusations sur sa vie privée, sur ses présumées collusions avec les Russes durant sa campagne, problèmes politiques avec le Congrès, élections de mi-mandat…).</p>
<p>De même, Israël et l’Arabie saoudite, qui la soutiennent, se réjouissent de la dernière action américaine puisqu’elle représente également un message fort adressé aux Iraniens : les Américains restent dans le jeu et pourraient ne pas hésiter à intervenir s’ils se révélaient trop menaçants.</p>
<p>Quoi qu’il en soit, même s’ils risquent de rester sur leur faim, tous les <em>«va-t-en-guerre»</em> occidentaux, et surtout américains, en auront pour leur argent.</p>
<p><strong> La situation reste sous contrôle</strong></p>
<p>Mais, même si certains groupes de pressions puissants souhaiteraient un embrasement de la région, la situation reste sous contrôle. Pour l’instant. Car, sauf incident grave et comme l’annonce dans une récente et <a href="http://www.middleeasteye.net/fr/opinions/syrie-expressions-et-limites-de-la-diplomatie-testost-rone-320199420">excellente analyse</a>, mon collègue chercheur, Barah Mikaïl, la Russie ne se brûlera pas les ailes en rétorquant à l’attaque des Etats-Unis et de ses alliés et <em>«une conflagration américano-russe sur fond de désaccord en Syrie paraît peu probable en dépit des apparences»</em>, même si elle n’est pas exclue pour autant.</p>
<p>Au final, les événements de cette nuit ne changeront en rien le cours de la guerre en Syrie et la victoire prochaine du régime soutenu par Moscou et Téhéran.</p>
<p>Très cyniquement, le sensationnalisme, les déclarations fracassantes et belliqueuses de part et d’autre et toute cette instabilité régionale satisfont finalement beaucoup de monde : d’abord, les complexes militaro-industriels de tous bords (il faudra bien <em>«renouveler»</em> les missiles tirés cette nuit, quant aux Russes, ils vendront encore plus de systèmes de défense anti-aérienne comme ils le font à chaque fois que les Israéliens frappent en Syrie !), puis tous les grands médias qui vendent alors beaucoup de papiers et multiplient les éditions spéciales. Enfin, il ne faut pas oublier également qu’elle fait remonter, certes timidement mais tout de même, le prix des hydrocarbures…</p>
<p>Plus que jamais, la phrase de Paul Valéry prend tout son sens : <em>«La guerre, un massacre de gens qui ne se connaissent pas, au profit de gens qui se connaissent mais ne se massacrent pas»</em>.</p>
<p>Encore une fois, ne perdons pas de vue qu’en relations internationales, les voies des Seigneurs sont souvent impénétrables et que la scène est toujours là pour amuser la galerie mais que tout ce qui est sérieux se joue souvent dans les coulisses…</p>
<p><em>* Docteur en Histoire, consultant indépendant en Géopolitique, analyste au sein du groupe JFC.</em></p>
<p><em><strong>Articles du même auteur dans Kapitalis:</strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="j2LBFjIueJ"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/12/legypte-de-sissi-un-retour-sur-lechiquier-international-1-2/">L’Egypte de Sissi : Un retour sur l’échiquier international ? (1/2)</a></p></blockquote>
<p><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L’Egypte de Sissi : Un retour sur l’échiquier international ? (1/2) » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/12/legypte-de-sissi-un-retour-sur-lechiquier-international-1-2/embed/#?secret=sdbyAOS80q#?secret=j2LBFjIueJ" data-secret="j2LBFjIueJ" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YG6JfelsVl"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/19/le-monde-arabe-sachemine-t-il-vers-un-printemps-des-militaires/">Le monde arabe s&rsquo;achemine-t-il vers un Printemps des militaires ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le monde arabe s&rsquo;achemine-t-il vers un Printemps des militaires ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2018/02/19/le-monde-arabe-sachemine-t-il-vers-un-printemps-des-militaires/embed/#?secret=sP1PUm7T4j#?secret=YG6JfelsVl" data-secret="YG6JfelsVl" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="QGRr52V7gC"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/16/trump-declenchait-futur-processus-de-paix/">Et si Trump déclenchait… le futur processus de paix ?</a></p></blockquote>
<p><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Et si Trump déclenchait… le futur processus de paix ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/16/trump-declenchait-futur-processus-de-paix/embed/#?secret=Y2vteSZE92#?secret=QGRr52V7gC" data-secret="QGRr52V7gC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/04/14/frappes-occidentales-en-syrie-grand-spectacle-et-frappes-negociees/">Frappes occidentales en Syrie : Grand spectacle et «frappes négociées» !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Etats-Unis doivent aider la Tunisie tant qu’il est encore temps</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/23/les-etats-unis-doivent-aider-la-tunisie-tant-quil-est-encore-temps/</link>
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		<pubDate>Fri, 23 Mar 2018 11:10:21 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pour l’auteur de cette tribune publiée par le ‘‘Washington Post’’, la Tunisie est la plus brillante réussite du monde arabe. Pourtant, regrette Andrew Miller, «l’administration Trump ne semble pas s’en rendre compte.» Par Andrew Miller * Pour la deuxième année consécutive, le président Trump propose de réduire sensiblement l’aide américaine à la Tunisie, l’unique pays...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/23/les-etats-unis-doivent-aider-la-tunisie-tant-quil-est-encore-temps/">Les Etats-Unis doivent aider la Tunisie tant qu’il est encore temps</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-83574" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/02/Trump-Caid-Essebsi.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><strong><em>Pour l’auteur de cette tribune publiée par le</em> <a href="https://www.washingtonpost.com/news/democracy-post/wp/2018/03/15/tunisia-is-one-of-the-arab-worlds-biggest-success-stories-the-trump-administration-doesnt-seem-to-care/?utm_term=.93cffdccdba7">‘‘Washington Post’’</a>, la Tunisie est la plus brillante réussite du monde arabe. Pourtant, regrette Andrew Miller, «l’administration Trump ne semble pas s’en rendre compte.»</strong></p>
<p>Par <strong>Andrew Miller</strong> *</p>
<p><span id="more-145044"></span></p>
<p><img loading="lazy" decoding="async" class="wp-image-145048 alignleft" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/03/Andrew-Miller.jpg" alt="" width="200" height="200" />Pour la deuxième année consécutive, le président Trump propose de <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2017/06/09/ladministration-trump-propose-de-reduire-laide-a-la-tunisie/">réduire sensiblement l’aide américaine à la Tunisie</a>, l’unique pays du Moyen Orient et d’Afrique du nord qui a résolument opté pour la démocratisation. Diminuer cette assistance de plus de la moitié – de 185,4 millions à près de 80 millions de dollars – envoie le message clair que la Tunisie importe peu à Trump.</p>
<h3>Être la success story du Printemps arabe n’arrange pas les choses</h3>
<p>Pour être honnête, il faut tout de même reconnaître que, l’an dernier, l’ex-secrétaire d’Etat Rex Tillerson a qualifié la Tunisie d’<em>«important partenaire»</em> et son adjoint, John Sullivan, a exprimé <em>«la fierté des Etats-Unis de soutenir les efforts de la Tunisie visant à améliorer sa sécurité, à développer ses institutions démocratiques et à stimuler la croissance économique.»</em></p>
<p>Cependant, ces fioritures de discours mises à part, à Washington, c’est l’argent qui parle vrai, et cela est encore plus le cas depuis que Donald Trump est président des Etats-Unis.</p>
<p>Il n’est pas totalement étonnant que Trump refuse, comme il le fait, de reconnaître l’importance de la Tunisie. En effet, ce pays ne possède aucune de ces qualités qui ravissent le plus Trump: la politique interne pertinente (Israël), la vaste richesse (Arabie saoudite) et la prétendue coopération anti-terroriste (Egypte).</p>
<p>Le fait que l’administration Obama ait salué l’expérience tunisienne comme la seule success story du Printemps arabe n’arrange pas les choses. Au contraire, cela en soi constitue un désavantage aux yeux de Donald Trump, un homme qui, à plusieurs reprises, a montré clairement une certaine affinité pour les dictateurs.</p>
<p>Mais vous n’avez pas besoin d’être un rêveur idéaliste pour vous rendre compte à quel point une Tunisie démocratique est si importante pour les intérêts des Etats-Unis. Le Moyen Orient et l’Afrique du nord connaissent actuellement les affres de bouleversements et de transformations politiques qui pourraient encore se prolonger durant toute une autre génération: l’ancien marché selon lequel des gouvernements arabes répressifs fournissaient un minimum de sécurité économique et physique en contrepartie d’un acquiescement populaire accordé aux régimes autoritaires est en train de s’effondrer. Même les gouvernements qui ont tenté d’éviter les soulèvements arabes, en recourant à une plus lourde répression de leurs populations, finiront tôt ou tard par céder à la pression de leurs citoyens qui exigent une gouvernance plus juste et plus effective.</p>
<p>Au point où en sont les choses aujourd’hui, les dirigeants autoritaires offrent à leurs populations deux choix: le chaos à la syrienne ou libyenne, ou le régime d’un homme fort à l’égyptienne. Et ils exploitent cette dichotomie pour justifier leur recours accru aux pratiques répressives qui, sur le long terme, augmentera certainement les risques d’instabilité. Les conséquences ne sont pas encourageantes pour les intérêts des Etats-Unis, même dans le cas d’un gouvernement aussi ostensiblement pro-américain que celui de l’Egypte.</p>
<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone wp-image-105645" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/07/Youssef-Chahed-Jim-Mattis-Washington.jpg" alt="" width="500" height="304" /></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://kapitalis.com/tunisie/2017/07/11/chahed-aux-etats-unis-la-defense-en-premier-lieu/"><em>Youssef Chahed reçu par Jim Mattis à Washington en juillet 2017.</em></a></p>
<h3>Un mélange d’espoir et de risque</h3>
<p>La transition démocratique en Tunisie représente une troisième voie, celle qui démontre comment un peuple et son gouvernement peuvent renégocier entre eux le contrat social, sans répression ni chaos.</p>
<p>Il n’y a rien de théorique dans cet exemple: chaque jour, à travers la région, les Tunisiens montre comment ils sont capables de répondre aux défis de la transition. Le mois dernier, des acteurs de la société civile marocaine m’ont confié que la Tunisie leur procure<em> «l’espoir»</em> que le changement démocratique pacifique est également possible dans leur pays.</p>
<p>Soyons clairs: la transition en Tunisie reste incomplète. En effet, il existe des signes de recul démocratique, notamment, avec l’adoption d’une loi amnistiant certains responsables de l’ancien régime (…) Les élites du pays n’ont pas réussi à relancer l’économie, et de profondes disparités économiques et un taux de chômage élevé –principalement parmi les jeunes tunisiens– continuent de menacer d’érosion la crédibilité de la gouvernance démocratique. Finalement, les élections municipales, une étape cruciale de la décentralisation de l’autorité, se tiendront le 6 mai prochain, cependant, une loi accordant aux autorités locales un pouvoir de décision plus ample et plus d’autonomie attend encore d’être passée. La formation d’instances de contrôle prévues par la nouvelle constitution, telle que la Cour constitutionnelle, a pris beaucoup de retard.</p>
<p>C’est ce mélange d’espoir et de risque que suscite la transition démocratique en Tunisie qui rend l’assistance américaine à ce pays un facteur déterminant. L’aide fournie aux forces militaires et sécuritaires tunisiennes a donné de bons résultats, en améliorant considérablement les capacités tunisiennes à combattre le terrorisme. La poursuite d’une aide américaine à la Tunisie au niveau de ce qu’elle a été [sous la présidence de Barack Obama, ndlr] permettrait à Washington d’appuyer ce pays sur plusieurs autres dossiers, notamment les programmes de lutte contre la corruption. Si l’aide est diminuée, le département d’Etat se trouverait contraint de faire des choix difficiles entre les programmes nécessaires pour le pays, et donnerait ainsi l’impression aux Tunisiens que les Etats-Unis se désengagent au moment où les choses deviennent difficiles.</p>
<p>Etant donné la taille relativement petite de la Tunisie et son accueil de l’aide des Etats-Unis, un investissement américain dans ce pays portera ses fruits. Si Trump n’est pas de cet avis, le Congrès est en position de rejeter les réductions que propose le chef de l’exécutif américain – de la même manière qu’il l’a fait l’année dernière. Néanmoins, un soutien fort du législatif à la Tunisie ne saurait se substituer complètement à l’intérêt de la Maison Blanche. Le financement des Etats-Unis au profit de la Tunisie ne parviendra à réaliser le potentiel de son soutien à la démocratie en Tunisie que s’il bénéficie de l’imprimatur du président et s’il est appuyé par un engagement de haut niveau des Etats-Unis.</p>
<p>Souhaitons que Trump revienne à la raison et prenne la décision de redynamiser la transition en Tunisie, avant qu’il ne soit trop tard.</p>
<p style="text-align: right;"><em>Article traduit de l’américain par</em> <strong>Marwan Chahla</strong>.</p>
<p><em>*Andrew Miller est directeur adjoint du Projet sur la démocratie au Moyen Orient (POMED, en anglais), une «organisation américaine non partisane à but non lucratif, dédiée à analyser le développement des démocraties authentiques du Moyen-Orient.» Il est également chercheur auprès de la Carnegie Endowment for International Peace. Sous l’administration Obama, Andrew Miller a été responsable au Conseil national de la sécurité.</em></p>
<p><em>**Les titre et intertitres sont de la rédaction. </em></p>
<p><em><strong>Articles liés: </strong></em></p>
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="cu7EUfOHuc"><p><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2017/12/12/reduire-laide-des-etats-unis-a-la-tunisie-serait-une-grave-erreur/">Réduire l’aide des Etats-Unis à la Tunisie serait une grave erreur</a></p></blockquote>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2018/03/23/les-etats-unis-doivent-aider-la-tunisie-tant-quil-est-encore-temps/">Les Etats-Unis doivent aider la Tunisie tant qu’il est encore temps</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Les Américains ont-ils été sensibles aux arguments de Chahed ?</title>
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		<pubDate>Sun, 16 Jul 2017 13:39:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Pourquoi les Etats-Unis ne voient-ils pas de manière plus favorable la Tunisie depuis les élections démocratiques tenues en 2014 ? Décryptage… Par Yassine Essid Le voyage fut l’une des pièces maîtresse de la modernisation. Les politiciens commencèrent très rapidement à multiplier les déplacements vers l&#8217;étranger. L’envoi d&#8217;ambassades et de délégations, qui passèrent les océans en...</p>
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<p><strong><em>Pourquoi les Etats-Unis ne voient-ils pas de manière plus favorable la Tunisie depuis les élections démocratiques tenues en 2014 ? Décryptage…</em> </strong></p>
<p>Par<strong> Yassine Essid</strong></p>
<p><span id="more-106457"></span></p>
<p>Le voyage fut l’une des pièces maîtresse de la modernisation. Les politiciens commencèrent très rapidement à multiplier les déplacements vers l&rsquo;étranger. L’envoi d&rsquo;ambassades et de délégations, qui passèrent les océans en direction de l’Occident – Europe et États-Unis –, se multiplièrent de manière exponentielle. Cette activation de la diplomatie était surtout motivée par la nécessité de négocier des traités de commerce, de passer commande d&rsquo;armements, d’entreprendre des démarches pour obtenir une aide économique ou de faire reconnaître, aux yeux des puissances la légitimité d&rsquo;un pouvoir.</p>
<p>Les choses n’ont pas beaucoup changé, en dépit du développement ahurissant des nouvelles techniques de communication. Et téléphonie mobile, internet, vidéoconférence n’ont pas éliminé les échanges directs entre les êtres humains, ni mis à mal la valeur des prises de contacts personnels pour défendre la cause d&rsquo;un État à l&rsquo;étranger, évoquer des sujets épineux, faire-valoir les intérêts communs, interpeller les interlocuteurs étrangers sur l’urgence et la gravité d’une situation, ou leur rappeler les nombreux secteurs ouverts aux opportunités d’investissement.</p>
<p><strong>Coupe claire dans l’aide bilatérale</strong></p>
<p>Pour des raisons évidentes, bien que non publiquement avouées, la récente visite de Youssef Chahed aux Etats-Unis fait suite aux coupes claires annoncées dans le budget de la diplomatie américaine. Il y est question d’une baisse drastique de 28% des ressources financières du département d&rsquo;État en charge de l’assistance attribuée par la première puissance mondiale à des pays toujours vulnérables économiquement et militairement. Victime collatérale de cette austérité budgétaire, la Tunisie, habituée de longue date à tendre à chaque fois la sébile pour s’en sortir, s’est retrouvée, au même titre que la Maroc, l’Algérie, l’Irak, la Jordanie, pénalisée à son tour par ces mesures d’économie.</p>
<p>L&rsquo;aide bilatérale, gérée par l&rsquo;Agence des États-Unis pour le développement international (USAID), relève essentiellement de deux catégories : l’assistance économique et l’assistance militaire. Seul le revenu par habitant, bas ou moyen, détermine l’éligibilité des pays récipiendaires à cette aide. Or, la Tunisie, malgré ses grandes difficultés économiques et son extrême fragilité en matière de sécurité et de lutte contre le terrorisme islamiste, voit sa dotation pour l’année fiscale 2018 réduite à la portion congrue : 45 millions de dollars comparés aux 142 millions alloués en 2016, soit une allocation insoutenable, diminuée respectivement de 82% pour l’assistance militaire et sécuritaire et de 33% pour ce qui est de l’aide économique.</p>
<p>Ce programme, de par sa sévérité, a fait dire à certains représentants du Congrès, Démocrates autant que Républicains, outrés par ces réductions drastiques, qu’une telle loi, est à leurs yeux déjà mort-née, car elle porte atteinte au leadership américain, traduit une politique à la fois dévastatrice et de courte vue qui ne manquera pas de compromettre l’objectif, pourtant résolument affirmé par le nouveau président, d’engager une lutte tous azimuts contre le terrorisme où qu’il se trouve.</p>
<p><strong>Echec en matière de croissance </strong></p>
<p>Les raisons des futures modifications du montant et de l&rsquo;orientation de l&rsquo;aide américaine sont de deux sortes. La première, moins largement admise, concerne les aides économiques appréciées à la lumière de l’échec de nombreux pays en développement en matière de croissance. Car bien des nations, qui bénéficièrent naguère d’un accès aux prêts préférentiels de la Banque mondiale (BM) et du Fonds monétaire international (FMI), et pour lesquels l’aide étrangère est devenue une source de revenus permanente et sûre, rechignent toujours à se soumettre à l’impératif d’entamer les nécessaires réformes structurelles : établir des plans financiers à long terme, réduire les dépenses publiques, chercher de nouveaux moyens de financer le développement, se servir de l’aide pour financer l’investissement plutôt que la consommation, s’assurer des ressources fiscales stables, réduire l’endettement extérieur, et bien d’autres mesures aussi contraignantes qu’impopulaires.</p>
<p>La seconde forme est de nature militaire. Pendant la guerre froide, les préoccupations relatives à l’influence soviétique en Afrique et au Proche-Orient orientaient le choix des pays bénéficiaires au même titre que les objectifs pour lesquels l&rsquo;aide était allouée. Dans la mesure où les nombreux et coûteux engagements américains contre le radicalisme islamiste s’étaient avérés peu productifs et la menace terroriste bien éloignée du sol américain, il est devenu beaucoup plus difficile de trouver des justifications convaincantes à une modification des programmes d&rsquo;aide à l&rsquo;étranger, susceptibles de recueillir le soutien unanime de l’élite politique américaine.</p>
<p>Dès lors, les déboires constatés en matière de croissance économique et le coût exorbitant des interventions militaires en faveur de pays incapables de financer eux-mêmes leurs investissements publics, de profiter de l&rsquo;extraordinaire croissance des flux de capitaux internationaux en attirant les investisseurs étrangers à la recherche de nouveaux marchés, et encore moins de se défendre contre les menaces extérieures, ne représentent plus un argument sérieux à même de persuader un public d’Américains, de plus en plus rétifs à l’aide internationale, d&rsquo;apporter leur soutien à des montants d&rsquo;assistance devenant importants année après année.</p>
<p><strong>L’aide au développement n’est plus impérative</strong></p>
<p>Autant de raisons qui font que l’aide au développement n’apparaît plus aux yeux de nombreux pays occidentaux aussi impérative. Autant de raisons susceptibles également d’influencer un Congrès à majorité républicaine qui devrait logiquement maintenir des pressions à la baisse sur le déficit budgétaire. Quant aux quelques voix clairsemées des partisans de la politique d’assistance au sein même de l’administration, elles ne sauraient couvrir les pressions, plus difficiles à détourner, des adeptes d’une baisse de la dépense publique qui mettent régulièrement en avant la réforme de la politique de l’aide étrangère des Etats-Unis.</p>
<p>On comprend mal, dans ce cas, les cris d’orfraie, entendus ici ou là, sur l’injustice générée par ces restrictions budgétaires, bien qu’elles soient en totale conformité avec le slogan de campagne, tant réitéré par Donald Trump à l’adresse de ses électeurs, celui de <em>«l’Amérique d’abord»</em>.</p>
<p>En conséquence, les programmes d&rsquo;engagement et d&rsquo;assistance de la diplomatie américaine doivent être compris à l’aune de ce souci, exprimé d’abord par Trump, qui a rappelé qu’<em>«il était grand temps de rendre prioritaire la sécurité et le bien-être des Américains et de demander au reste du monde de faire plus d’effort et payer sa juste part»</em>. Un engagement rendu encore plus explicité dans les propos du secrétaire d’Etat, Rex Tillerson, pour qui seuls primeront désormais la sécurité nationale, les intérêts économiques et les valeurs de la démocratie américaine. Par «intérêts économiques», il faut entendre le souci de remplacer l’aide militaire par des prêts ou subventions censés servir exclusivement à l’achat d’armements de fabrication américaine.</p>
<p>Cette idée de transformer la nature de l’assistance militaire étrangère en prêts remboursables profiterait autant aux contribuables qu’aux industriels de l’armement.</p>
<p>Reste que tout cela demeure tributaire de la capacité des pays demandeurs à rembourser ces prêts car les cas de défaillances pour insolvabilité en la matière n’ont cessé de se répéter depuis 1985.</p>
<p><strong>La transition démocratique décrédibilisée par ses errements </strong></p>
<p>Voyons maintenant ce que le chef de gouvernement avait emporté dans sa gibecière afin de persuader les autorités américaines du bien-fondé de sa démarche outre-Atlantique?</p>
<p>D’abord l’argument politique. Une aide financière substantielle favoriserait inévitablement une transition en douceur vers la démocratie et l’économie de marché. La promotion de la démocratie dans le monde arabe, thème privilégié de la première administration Barak Obama, via Hilary Clinton, a certes accéléré la chute du régime Ben Ali, mais son remplacement par une «<em>troïka</em>» d’obédience islamiste s’avéra catastrophique. Ainsi, grâce à son statut de valeur intouchable, la démocratie d’Ennahdha, qualifiée alors en transition et largement soutenue par les autorités américaines, n’aurait servi qu’à cautionner la violence meurtrière, les abus du pouvoir politique, les aides détournées, le détournement des fonds publics et de l’aide étrangère à des fins personnelles, les violations des libertés individuelles, sur simple invocation de son nom.</p>
<p>Il est difficile de ne pas tenir compte des régimes politiques démocratiques dont la souveraineté provient d&rsquo;un mandat en bonne et due forme que le peuple confie à ses dirigeants par des élections libres et régulières. Néanmoins, cet idéal est souvent battu en brèche par la dure réalité politique et économique. A elle seule la démocratie ne peut pas acheter la reconnaissance internationale tant que perdure la corruption, le népotisme, la division, l’injustice, et l’absence de cohésion nationale envers les problèmes épineux que traverse le pays. Bref, tous les attributs d’une démocratie représentative en régression.</p>
<p>Vient ensuite l’argument sécuritaire. Le retour prochain des jihadistes tunisiens des zones libérées, la frontière poreuse avec la Libye, les cellules dormantes embusquées sur tout le territoire, le harcèlement constant des forces de sécurité, font que la Tunisie est, des pays du Maghreb, le plus exposé aujourd’hui à un terrorisme nourri en permanence par la contrebande et le grand banditisme.</p>
<p>Des justifications qui pourraient sembler raisonnables et convaincantes au vu de la visite solennelle de Chahed au Pentagone et ses entretiens avec les hauts fonctionnaires du département d&rsquo;Etat et de la Maison Blanche. Or, il leur manque cruellement l’art, devenu si rare chez les dirigeants actuels, de manipuler les craintes de Washington au point de changer la politique interne du gouvernement des Etats-Unis et recueillir par conséquent des montants d’aides plus significatifs au moment même où ils ne constituent plus un outil essentiel de la diplomatie américaine.</p>
<p><strong>Les méthodes de gouvernance en question</strong></p>
<p>La Tunisie se retrouve dans une situation bien paradoxale : gouvernée par un régime politique pluraliste et seul rescapée du Printemps arabe, elle n’est toujours pas capable d’inciter ses partenaires internationaux à prendre enfin conscience de l’importance stratégique de sa géographie dans la lutte contre l’Etat islamique (Daêch), ni de l’amplitude des effets de ses difficultés économiques sur la gouvernance démocratique.</p>
<p>La démocratisation de la Tunisie, dont se sont fait l&rsquo;écho les médias étrangers et le débat qu’elle a suscité au sein de l’élite politique à Washington, a-t-elle sensibilisé davantage les Américains aux arguments défendus par le Premier ministre?</p>
<p>L’environnement démocratique induit un contexte idéologique nouveau qui permet d’examiner les méthodes de gouvernance sous un jour différent. Or, les Américains ne voient pas de manière plus favorable la Tunisie depuis les élections démocratiques tenues en 2014. Ils la verront toutefois avec plus d’intérêt une fois que l’économie saura répondre aux lois de la bonne gouvernance qui ouvrira le chemin vers la croissance économique et rendra par conséquent l’assistance étrangère moins urgente voire inutile. C’est pour cela que Trump ne s’est pas gêné de réduire l’aide américaine en dépit de la menace terroriste.</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Frappe US en Syrie : Premier coup de maître de l’imprévisible Trump</title>
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		<pubDate>Fri, 14 Apr 2017 12:28:41 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La frappe américaine contre la Syrie est un coup de maître du président Trump, mais elle ne change pas profondément la stratégie des Etats-Unis au Moyen-Orient. Par Roland Lombardi * Dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, le président Trump ordonna, unilatéralement, sans mandat onusien et donc en complète violation du droit international,...</p>
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<p><strong><em>La frappe américaine contre la Syrie est un coup de maître du président Trump, mais elle ne change pas profondément la stratégie des Etats-Unis au Moyen-Orient.</em> </strong></p>
<p>Par <strong>Roland Lombardi</strong> *</p>
<p><span id="more-91545"></span></p>
<p>Dans la nuit du 6 au 7 avril 2017, le président Trump ordonna, unilatéralement, sans mandat onusien et donc en complète violation du droit international, aux forces américaines de mener des représailles contre l’armée du régime syrien suite à une attaque neurotoxique sur des civils, survenue le mardi 4 avril, à Khan Cheikhoun, et faisant plus de 80 victimes.</p>
<p>Avec ces frappes américaines «surprises», beaucoup de ceux, en Europe et ailleurs, qui avaient salué la victoire de Trump l’iconoclaste, ont été déçus et lui reprochent à présent d’avoir trahi ses positions de 2013 lorsqu’il s’était alors opposé avec force à toute ingérence et intervention occidentale après la tragique et précédente attaque chimique de la Ghouta, ou plus récemment, il y a encore quelques jours, lorsqu’il avait déclaré qu’Assad n’était pas la priorité.</p>
<p>Pour ma part, au contraire, je trouve que le président américain tient encore une fois une de ses promesses de campagne.<br />
En effet, en novembre 2016, lors de la victoire de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine, j’avais rappelé que le sulfureux candidat avait promis qu’en politique étrangère, il serait<em> «imprévisible»</em>. J’avais alors souligné qu’<em>«(…) en relations internationales, c’est un immense avantage car vos interlocuteurs, même les plus durs, vous craignent et sont alors paralysés et donc <a href="http://www.jfcconseilmed.fr/files/16-11-12---Lombardi-Trump-et-le-monde.pdf">plus enclins aux concessions</a>»</em>.</p>
<p><strong>La révélation du Commander in Chief</strong></p>
<p>Ainsi, grâce à sa première action internationale d’envergure, Donald Trump démontre son imprévisibilité annoncée mais aussi une certaine efficacité.</p>
<p>Si le nouveau locataire de la Maison Blanche a été choqué, comme nous tous, par les images d’enfants inanimés ou de pauvres hères suffoquant après le raid chimique de mardi dernier, il n’en reste pas moins que l’ordre de son action militaire fut motivé par l’émotion, certes, mais une émotion parfaitement maîtrisée et somme toute très calculée.</p>
<p>Car avec ce triste événement, Trump a toutefois saisi une opportunité qui pouvait s’avérer être un formidable gain géopolitique, diplomatique mais aussi politique.</p>
<p>En décidant de lancer 59 missiles Tomahawk (600.000 dollars l’unité) sur la base d’Al-Chaayrate d’où aurait été lancée l’attaque chimique, le président américain fait d’abord un acte de politique intérieure.</p>
<p>Assurément, tout en faisant plaisir au complexe militaro-industriel américain (ce qui est toujours important aux Etats-Unis) et en se démarquant d’un Obama considéré comme un mou et un indécis, il fait aussi taire tous ceux, en interne, qui le traitaient de fou et d’incompétent.</p>
<p>En une nuit, en effet, Trump est devenu le Commander in Chief et a lavé tous les soupçons de connivence avec les Russes qui l’accablent depuis des mois. Les médias américains, très hostiles depuis le début de son mandat, mais aussi ses opposants démocrates et les faucons républicains comme Mc Cain et Graham, ont approuvé ces frappes en Syrie.</p>
<p>De plus, son opinion publique, dans sa quasi-totalité, le soutient désormais. Peut-être que ce nouveau contexte l’aidera donc à finaliser ses réformes si décriées jusqu’ici…</p>
<p>Sur le plan international, Trump a démontré, de manière spectaculaire, non pas qu’il reprenait la main au Moyen-Orient mais qu’il revenait dans le jeu et qu’il fallait dorénavant compter avec lui.</p>
<p>Notons que c’est lors de la visite du président chinois à Washington, qu’il a pris sa décision. De ce fait, il donne une image de fermeté et rappelle à tous, que les Etats-Unis peuvent encore frapper quand et où ils le souhaitent. On ne fait pas meilleur message adressé par exemple à la Corée du Nord ou encore à tous ceux qui croyaient à un effacement américain.</p>
<p>De leur côté, toutes les chancelleries occidentales ont salué l’initiative américaine. On l’a vu, et c’est assez cocasse, Trump est dorénavant en odeur de sainteté auprès de tous les anti-russes et anti-Assad primaires ainsi que tous les va-t-en-guerre (toujours avec les larmes et le sang des autres bien sûr).</p>
<p>Enfin, l’Arabie saoudite a soutenu immédiatement l’action américaine. Les groupes rebelles syriens (dominés majoritairement par les jihadistes et les islamistes) comme l’organisation terroriste de l’Etat islamique (Daech) d’ailleurs, ont été littéralement exaltés par les frappes sur cette base du régime de Damas.</p>
<p><strong>Pas de changement de la stratégie américaine</strong></p>
<p>Toutefois, tout ce beau monde ne devrait pas se réjouir trop vite car à mon sens, le coup spectaculaire de Trump, aussi positif qu’il soit sur le plan tactique, comme on l’a vu, n’entraînera pas d’escalade et ne changera pas en profondeur la stratégie régionale de la nouvelle administration américaine.</p>
<p>Pour preuve, comme le font les Israéliens lorsqu’ils bombardent en Syrie le Hezbollah ou des armes destinées à la milice chiite libanaise, l’état-major américain a préalablement informé les Russes de la décision de frapper en Syrie. La base visée par les Tomahawk (dont la précision est d’un à cinq mètres) a donc été soigneusement évacuée par le personnel et le matériel russe. Et effectivement, s’il y a eu une dizaine de morts parmi les militaires syriens, seuls quelques avions et hangars ont été touchés et détruits.</p>
<p>Les radars et les installations utilisés par les Russes ainsi que la piste, quant à eux, ont été épargnés et des avions ont même pu d’ailleurs décoller à nouveau, dès vendredi matin, afin d’aller bombarder des positions de Daech…</p>
<p>Certes, Moscou a émis de vives protestations à l’Onu. C’est de bonne guerre… si on peut dire. L’éventuelle coopération entre Russes et Américains sur les dossiers syrien et irakien semble pour l’heure au point mort. Mais la fin de ce projet évoqué par Trump lui-même n’est pas encore irréversible.</p>
<p>Cette semaine, le secrétaire d’Etat, Rex Tillerson (l’ancien Pdg d’ExxonMobile et ami de Poutine), se rend en Russie. Les discussions seront peut-être animées mais le chef de la diplomatie américaine, au-delà des éléments de langages diplomatiques destinés aux médias, devrait réaffirmer les priorités des Etats-Unis en Syrie et dans la région à savoir la destruction de Daech, la lutte contre islam radical et à plus long terme la stabilité de la région.</p>
<p>En définitive, les tirs américains sont un avertissement clair et net à Bachar El-Assad (dont les vrais experts de Washington ont depuis reconnu son rôle incontournable). En dépit d’une situation sur le terrain et d’un contexte international qui lui étaient pourtant jusqu’ici favorables, si le maître de Damas est réellement coupable (il n’y a pas encore eu d’enquête internationale prouvant les responsabilités du régime, de certains de ses ultras ou même des<em> «rebelles»</em>) de l’attaque chimique sur Khan Cheikhoun, il est évident qu’il y réfléchira à deux fois à l’avenir. D’ailleurs, les Russes, c’est certain, l’y aideront !</p>
<p>Par ailleurs, il ne faut pas perdre de vue que les Etats-Unis ont toujours pour objectif de se tourner vers l’Asie et pour cela, un retour à la paix au Moyen-Orient est inéluctable. D’autant plus que les grandes sociétés américaines lorgnent également, sans l’avouer, l’immense marché iranien…</p>
<p>Enfin, n’oublions pas que Trump est bien entouré. Ses visiteurs du soir sont le général Petraeus et Henry Kissinger. De plus, son conseiller à la sécurité nationale, le général Mc Master, et son Secrétaire à la Défense, le général Mattis, sont des militaires d’expérience respectés et surtout, sont considérés comme de véritables intellectuel-soldats qui connaissent parfaitement la région et ses subtilités. N’étant pas des idéologues, ils savent pertinemment quels sont les enjeux et les vrais dangers dans cette partie du monde.</p>
<p>Finalement, les dernières frappes américaines en Syrie, aussi surprenantes qu’elles ont pu paraître, ne sont pas l’introduction à un revirement stratégique notable des Etats-Unis au Moyen-Orient. Le véritable coup de maître de Trump risque alors d’en décevoir plus d’un… et pas ceux que l’on croit…</p>
<p><em>* Membre du Groupe d’analyse JFC Conseil.</em></p>
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		<title>Avec Donald Trump, rien ne changera au Moyen-Orient</title>
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		<pubDate>Wed, 12 Apr 2017 16:09:19 +0000</pubDate>
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										<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: center;"><img loading="lazy" decoding="async" class="alignnone size-full wp-image-91104" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2017/04/Trump-Syrie.jpg" alt="" width="626" height="380" /></p>
<p><em><strong>Donald Trump n’est pas bien différent de ses prédécesseurs. Il est même allé plus loin, en engageant une action militaire contre un État souverain, la Syrie, sans l’autorisation de l’Onu.</strong></em></p>
<p>Par <strong>Nejib Ayachi</strong> *</p>
<p><span id="more-91103"></span></p>
<p>Jusqu’à tout récemment, le grand public, les journalistes, diplomates, analystes et autres experts, aux États-Unis et de par le monde, se demandaient quelles seraient, dans les faits, les orientations en matière de politique étrangère de l’imprévisible dilettante Donald Trump.</p>
<p>Certains dans le monde arabe se sont même laissés séduire par les déclarations du candidat Trump durant la campagne des présidentielles, prônant un isolationnisme non-interventionniste, en particulier au Moyen-Orient (<em>«laisser les Syriens résoudre leur problèmes entre eux»</em>, avait-il déclaré), et néanmoins va-t-en guerre s’agissant de Daech (Etat islamique) qu’il a promis de détruire.</p>
<p>Ils ont aussi apprécié les critiques qu’il a émis envers son prédécesseur Barack Obama qui aurait favorisé les islamistes et même les plus radicaux parmi eux dans la région, de même que l’Iran chiite et ses partisans dans les pays arabes.</p>
<p><strong>Dans la ligne de ses prédécesseurs et au-delà</strong></p>
<p>En réalité, Donald Trump n’est pas bien différent de ses prédécesseurs et de sa principale adversaire aux récentes élections présidentielles, la démocrate Hillary Clinton, considérée comme une interventionniste militariste.<br />
Trump est même allé plus loin. Il n’a pas hésité à violer le droit international qui exige l’autorisation de l’Onu avant d’engager une action militaire contre un État souverain (la Syrie). En outre, il n’a même pas respecté les termes de la constitution américaine concernant l’usage de la force militaire, stipulant qu’à moins que les Etats-Unis d’Amérique ou leurs intérêts vitaux soient attaqués (ce qui est loin d’être le cas), le Président doit obtenir l’autorisation du Congrès avant de faire usage de la force contre un pays étranger.</p>
<p>En fait, le bombardement décrété par le président américain de l’aérodrome militaire, le 6 avril 2017, constitue la première attaque militaire américaine directe contre une cible officielle syrienne.</p>
<p>Il faut préciser ici que malgré les déclarations non-interventionnistes du candidat Trump durant la campagne présidentielle, le nombre d’attaques militaires a augmenté depuis qu’il a pris ses fonctions, et ont été menées au Yémen, en Irak et en Somalie.</p>
<p>D’autre part, on remarquera que la centaine de rebelles et civils syriens, dont 16 femmes et 23 enfants, tués par les armes chimiques prétendument utilisées par les forces armées syriennes contre des forces rebelles le 4 avril 2017, constitue un chiffre nettement inférieur à celui du nombre de civils (un millier) victimes des frappes aériennes américaines en Syrie autorisées par Donald Trump, en un seul mois (mars 2017).</p>
<p>En réalité, le sort des civils syriens, prétexte utilisé pour intervenir en Syrie, est la dernière des préoccupations de Donald Trump. N’a t-il pas aussi interdit aux réfugiés syriens d’entrer aux États-Unis, et durant la campagne électorale présidentielle appelé à renvoyer ceux d’entre eux qui avaient déjà été admis aux Etats-Unis?</p>
<p><strong>Un dilettante imprévisible? </strong></p>
<p>Beaucoup de commentateurs avaient exprimé des craintes de voir un dilettante imprévisible et sans expérience politique, sans véritable vision, sans parler de stratégie globale, comme Donald Trump, prendre les rênes de la première puissance mondiale.</p>
<p>Le candidat Trump avait envoyé des signaux contradictoires durant la campagne électorale pour la présidence de la république, prêchant d’une part un certain isolationnisme tout en condamnant la politique moyen-orientale de son prédécesseur Barack Obama et de sa concurrente aux présidentielles, Hillary Clinton, mais affirmant d’autre part sans ambages la nécessité de restaurer la grandeur américaine (<em>«Make America great again»</em>), intérieurement et sur la scène mondiale.</p>
<p><em>«Make America great again»</em> au niveau global signifie restaurer sa suprématie, mise à mal par la politique étrangère trop molle et trop hésitante de ses prédécesseurs à la présidence de la république (notamment démocrates), a-t-il souvent déclaré.</p>
<p>Cette mollesse aurait donc permis, toujours selon Donald Trump, l’émergence de Daech au Moyen-Orient; et, combinée à une indifférence flagrante vis-à-vis des intérêts américains, y compris commerciaux, celle de la Chine et de la Russie en tant que puissances globales en concurrence avec les Etats-Unis.</p>
<p>Trump a également fortement critiqué Obama pour ne pas avoir donné suite aux menaces qu’il avait proféré à l’encontre d’Assad sans y donner suite, si ce dernier venait à utiliser des armes chimiques contre ses ennemis, faisant ainsi apparaître les Etats-Unis comme faibles et incapables de se faire respecter.</p>
<p>Trump est certes un dilettante en matière de politique internationale, mais on peut dire qu’il possède un agenda, déterminé dans ses grandes lignes en opposition à celui de ses prédécesseurs (Obama, en particulier), ainsi qu’à quelques nuances près, celui des establishments républicain et démocrate, qu’il qualifie de <em>«globalist»</em> peu soucieux des intérêts véritables de cette Amérique blanche rurale et périurbaine, qu’il prétend représenter. Comme expliqué plus loin, cet agenda s’inscrit, dans ses grandes lignes, dans une idéologie spécifique.</p>
<p><strong>L’establishment et les républicains traditionnels</strong></p>
<p>Trump a donc décidé d’agir et de bombarder la base aérienne syrienne d’où seraient partis les avions qui ont lâché des bombes chimiques sur des civils, pour ne pas donner l’image d’être aussi <em>«mou»</em> et hésitant qu’Obama, incapable d’utiliser la force pour faire respecter les intérêts et l’omnipotence des Etats-Unis. Il apparaît ainsi comme un vrai <em>«dur»</em> ! Ce qui ne peut que plaire à sa base, et donne aussi des gages à ces responsables républicains influents et tenants d’une ligne dure et interventionniste, du type John McCain et compagnie qui ne le tienne pas en grande estime, mais dont il a besoin pour obtenir le soutien du congrès en cas de besoin.</p>
<p>En outre, il faire taire ses opposants, toujours au sein de son parti républicain, qui l’accusent de s’être acoquiné avec les Russes, qui l’auraient aidé à gagner les élections grâce à un piratage informatique dont ils se seraient rendus coupables. Relevons que nombre de républicains traditionnels sont encore figés dans un état d’esprit digne de la guerre froide s’agissant de la Russie, dont l’objectif au Moyen-Orient serait, ni plus ni moins, de supplanter les Etats-Unis en tant que puissance hégémonique; ce que bien-sur ils ne peuvent accepter.</p>
<p>Et, ce qui ne peut que plaire aux faucons républicains très attentifs au maintien d’une certaine hégémonie américaine en Asie, il en profite pour envoyer un signal fort à la Corée du Nord qui continue à défier les Etats-Unis en poursuivant son programme nucléaire, malgré les avertissements et menaces américains.</p>
<p><strong>L’extrême droite</strong></p>
<p>Il faut rappeler que sur nombre de sujets, Donald Trump se situe très à droite. Son principal conseiller et éminence grise, Steve Bannon, est un militant de longue date de la droite radicale américaine, qui a déclaré être un admirateur de Marine Le Pen et inspiré par des idéologues français nationalistes d’extrême droite, comme Charles Maurras et Jean Raspail. Pour Bannon, il faut restaurer la toute-puissance de l’Occident chrétien et l’Amérique doit s’atteler à cette tâche. Il faut noter ici, que les électeurs d’extrême droite constituent le cœur de l’électorat de Donald Trump.</p>
<p><strong>Le clan pro-Israël</strong></p>
<p>Outre le fait que le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu ait déclaré au lendemain de sa victoire aux présidentielles de Donald Trump, que celui-ci est un des plus grands amis d’Israël, le cercle restreint des proches conseillers du président américain comprend des individus très proches de l’Etat hébreu, notamment son beau-fils, Jared Kushner. Lui, dont les parents ont même accueilli chez eux Benjamin Netanyahu lors de ses séjours aux Etats-Unis il y a quelques années.</p>
<p>Inutile de souligner ici que la chute du régime de Bachar Al-Assad est fortement souhaitée par le gouvernement, ainsi que de larges segments de la classe politique et du public israéliens. Ils ont à présent des relais puissants et influents au sein même de la maison blanche.</p>
<p>Généralement, l’extrême droite fascisante tant en Europe qu’aux Etats Unis est plutôt antisémite, et les incidents antijuifs se sont multipliés aux Etats-Unis depuis l’élection de Donald Trump (et même avant, durant la campagne électorale). Cependant, l’extrême droite semble avoir <em>«évolué»</em>: elle reste (relativement) antisémite dans ses croyances et son idéologie, mais, en même temps, paradoxalement, pro-Israël, s’agissant de la politique étrangère des Etats-Unis au Moyen-Orient. Et, même s’il y a des dissensions entre les clans de Bannon et celui de Kushner, comme l’a rapporté la presse américaine, ils peuvent s’entendre sur un certain nombre d’objectifs, notamment s’agissant de la préservation de la sécurité et de la prééminence d’Israël dans la région du Moyen-Orient.</p>
<p><strong>Les alliés arabes</strong></p>
<p>Au cours du mois dernier, Trump a rencontré les alliés arabes traditionnels des Etats-Unis au Moyen-Orient : le prince héritier Mohammed Bin Salman d’Arabie saoudite, le président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi et le roi Abdallah de Jordanie. Ils ont tous exprimé des critiques et même de l’irritation envers ce qu’ils ont considéré comme une inclination favorable à l’Iran de la part de l’administration Obama, et leur espoir que la nouvelle administration américaine considère désormais ce pays comme une force nuisible dans la région.</p>
<p><strong>Changement d’orientation?</strong></p>
<p>Cependant même si l’ensemble des facteurs précités ont contribué à la décision de Donald Trump de bombarder la base militaire syrienne le 4 avril dernier, peut-on en conclure que le président américain va se convertir en interventionniste, et tourner le dos à la Russie en remettant en question son approche consistant à coopérer avec elle pour résoudre le conflit Syrien et combattre Daech?</p>
<p>Il semblerait que ce ne soit pas le cas. Certains rapports indiquent que la Russie a été alertée préalablement au bombardement, limitant ainsi le risque d’escalade. D’autre part, le secrétaire d’État Rex Tillerson n’a-t-il pas déclaré que les bombardements américains de la base aérienne syrienne ne suggèrent aucunement un changement dans la stratégie globale des Etats-Unis et donc de ses relations avec la Russie?</p>
<p>Une intervention militaire américaine en Syrie pour faire tomber le gouvernement du président Assad et le remplacer, comme le souhaite plusieurs acteurs impliqués dans le drame syrien, ne semble pas être envisagée, comme l’a indiqué le secrétaire d’État Rex Tillerson. Outre qu’elle ne ferait qu’aggraver et compliquer la situation, avec plus de morts, de réfugiés et de terroristes, elle nécessiterait l’utilisation de moyens militaires importants, y compris le déploiement de troupes au sol, qui seraient mieux utilisés contre Daech, le véritable ennemi déclaré des Etats-Unis, d’après Donald Trump.</p>
<p><em>* Universitaire, Washington DC.</em></p>
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