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	<title>Archives des Ro Khanna - Kapitalis</title>
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	<title>Archives des Ro Khanna - Kapitalis</title>
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		<title>Que dit l’affaire Epstein de l’élite américaine ?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Nov 2025 07:57:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les archives de Jeffrey Epstein révèlent un monde occulte où convergent les intérêts des élites des États-Unis.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/29/que-dit-laffaire-epstein-de-lelite-americaine/">Que dit l’affaire Epstein de l’élite américaine ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Des courriers électroniques (emails) récemment déclassifiés, issus des archives du financier décédé Jeffrey Epstein, condamné pour agressions sexuelles sur mineurs et resté jusqu’au bout imbriqué aux cercles du pouvoir américain, révèlent un monde occulte où convergent les intérêts des élites politiques, financières, intellectuelles et culturelles des États-Unis. Un microcosme qui vit en vase clos, dont les membres se cooptent, se rendent service pour se maintenir au sein de cette classe dirigeante et dominante et où l’entre-soi règne en maître.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18000634"></span>



<p>Dans une analyse publiée par le <a href="https://www.nytimes.com/2025/11/23/opinion/meaning-epstein-emails.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">New York Times</a>, Anand Giridharadas soutient que les milliers de mails rendus publics dressent un tableau plus large et plus inquiétant d’un système élitiste trans-institutionnel qui a permis à Epstein de retrouver une position de pouvoir après sa première condamnation et sa première incarcération en Floride pour abus sexuels sur mineurs en 2008 et a contribué à ancrer une culture tolérant les préjudices et les inégalités lorsque cela sert ses intérêts. </p>



<p>Selon le <em>NYT</em>, ces messages contenaient les noms de personnes ayant correspondu avec Epstein, parmi lesquelles des universitaires de renom, des diplomates chevronnés, des milliardaires, d’anciens responsables gouvernementaux, des personnalités médiatiques, des philosophes, des écrivains, des scientifiques et des figures de proue des secteurs des affaires et de la technologie.</p>



<p>Giridharadas met toutefois en garde contre le caractère trompeur de cette liste. Il soutient que la grande majorité de ces personnes ont, pendant des décennies, fermé les yeux sur d’autres maux graves, des crises financières successives aux guerres ratées, en passant par l’érosion du contrat social, les catastrophes technologiques et le creusement des inégalités sociales.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une cécité sélective</h2>



<p>Dans ce contexte, Giridharadas, journaliste américain, estime que le fait de passer sous silence les crimes d’Epstein n’est qu’un maillon de plus d’une longue chaîne de <em>«cécité sélective»</em> qui caractérise les agissements de cette élite.</p>



<p>Selon lui, l’expression <em>«classe Epstein»</em> , forgée par le député Ro Khanna, n’est ni une description simpliste ni une incitation à la lutte des classes, comme certains le prétendent, mais bien un diagnostic précis d’une classe dirigeante opérant au sein d’un réseau interconnecté reliant hommes d’affaires, politiciens, universitaires, personnalités médiatiques, diplomates et financiers.</p>



<p>D’après ces mails, cette classe partage des incitations et des comportements fondés sur l’échange d’influence, la protection de l’image de soi et l’octroi d’opportunités répétées à ses membres, tout en privant de larges pans de la société de toute possibilité d’ascension sociale.</p>



<p>Les mails révèlent une grande diversité idéologique parmi les correspondants. Cependant, l’auteur soutient que cette diversité masque une unité plus profonde et fondamentale : ils appartiennent tous à une élite transnationale, grands voyageurs, qui trouvent dans le mouvement constant un terrain d’échange d’influence et d’intérêts.</p>



<p>L’auteur les décrit comme une classe experte dans la transformation du capital intellectuel en capital financier, des relations en accords et du statut en nouvelles opportunités.</p>



<p>Il estime qu’Epstein a prospéré dans ce milieu car il en maîtrisait parfaitement le langage social, qui commence par un rituel particulier mais essentiel : l’échange de <em>«points de situation de voyage»</em>. L’élite qui communiquait avec lui échangeait constamment des messages tels que : <em>«Je viens d’arriver à New York», «Je serai à Dubaï», «Serez-vous à Tucson</em> (ville de l’Arizona, Ndlr) <em>le 7?</em>». Ces détails, selon l’auteur, ne sont pas de simples politesses, mais plutôt les clés pour amorcer une série de rencontres, d’accords et de faveurs. Connaître les déplacements des autres est une forme de soft power, permettant l’échange d’opportunités et d’informations.</p>



<p>Toutefois, ce mouvement n’est qu’un premier pas. La véritable monnaie d’échange de cette classe est le <em>«privilège»</em> ou <em>«l’information»</em>. Plus l’information publique est accessible, plus les connaissances non publiées ou confidentielles prennent de la valeur.</p>



<p>Les mails révèlent que plusieurs personnalités –banquiers, universitaires et initiés politiques– offraient à Epstein des informations en guise de témoignage d’intérêt pour rejoindre son réseau ou y maintenir leurs liens. En retour, Epstein leur proposait ses relations, ses arrangements, des opportunités, et parfois simplement un sentiment de proximité avec le pouvoir.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FjYf7h4gi1"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/18/etats-unis-le-fantome-de-jeffrey-epstein-hante-donald-trump/">Etats-Unis | Le fantôme de Jeffrey Epstein hante Donald Trump</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Etats-Unis | Le fantôme de Jeffrey Epstein hante Donald Trump » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/18/etats-unis-le-fantome-de-jeffrey-epstein-hante-donald-trump/embed/#?secret=vgJ95MnA5p#?secret=FjYf7h4gi1" data-secret="FjYf7h4gi1" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Echange capitaliste multidirectionnel</h2>



<p>Gridaradas décrit ce processus comme un <em>«échange capitaliste multidirectionnel»</em> où les personnes intelligentes recherchent l’argent, les riches veulent paraître intelligents, les politiciens cherchent de nouveaux contacts, et ceux dont la réputation est ternie –comme Epstein– cherchent à redorer leur image grâce à des liens étroits avec des personnes du monde universitaire ou gouvernemental.</p>



<p>Ce schéma est clairement visible dans la relation triangulaire entre Epstein, l’économiste Lawrence Summers (ancien président secrétaire d’État au Trésor de l’administration Clinton et ancien président de Harvard) et son épouse, Elissa New. Ils échangeaient des invitations et des contacts universitaires contre la légitimité et l’accès à des institutions influentes que leur conférait leur présence dans son réseau.</p>



<p>Les mails révèlent également les dynamiques de pouvoir occultes qui régissent ce monde. Plus une personne occupe une position sociale élevée, moins elle accorde d’importance à la précision linguistique et plus elle a tendance à feindre une occupation constante ou à minimiser l’importance des informations qu’elle reçoit.</p>



<p>L’influence se manifeste par de petits détails, comme le format des courriels portant des signatures telles que « Envoyé de l’ordinateur du Président ».</p>



<p>Giridharadas souligne que l’élite qui correspond avec Epstein n’est pas unie par des valeurs politiques ou morales communes mais plutôt par un fort sentiment de loyauté de classe. Des personnalités en vue qui s’opposent publiquement à la corruption et aux inégalités recherchent secrètement ses faveurs ou ses conseils.</p>



<p>Parmi les exemples les plus frappants, citons le journaliste Michael Wolff, qui a conseillé Epstein sur l’amélioration de son image publique, et Kenneth Starr, qui a accusé le président Bill Clinton d’inconduite sexuelle avant de devenir l’un des défenseurs d’Epstein.</p>



<p>Même les rivalités politiques apparentes n’ont pas empêché la convergence d’intérêts, comme en témoignent les tentatives d’Epstein de nouer une relation avec Steve Bannon afin de soutenir ses projets de réglementation des cryptomonnaies.</p>



<p>L’un des exemples les plus révélateurs des méandres de cette culture est la communication d’Epstein avec Katherine Rumler, ancienne conseillère à la Maison-Blanche sous la présidence de Barack Obama, devenue par la suite directrice juridique de Goldman Sachs.</p>



<p>Alors que Rumler envisageait une nomination au poste de procureure générale en 2014, elle a sollicité les conseils d’Epstein concernant ses options et ce, malgré sa condamnation de 2008.</p>



<p>Ces mails révèlent un mélange de discussions autour d’une prime à la signature de plusieurs millions de dollars, de questions juridiques relatives aux pouvoirs d’urgence de Trump et de remarques sarcastiques sur les personnes en surpoids, un paradoxe qui illustre comment l’arrogance des élites peut être exploitée à des fins d’investissement, Goldman Sachs ayant par la suite décrit le marché des médicaments contre l’obésité comme un marché de 100 milliards de dollars.</p>



<p>L’auteur estime que ces courriels revêtent une importance qui dépasse la simple curiosité du public car ils offrent un aperçu exceptionnellement clair de la mentalité d’une classe dirigeante qui a longtemps œuvré en coulisses pour préserver ses privilèges et qui, par ses pratiques, a renforcé la perception du public selon laquelle les institutions servent des intérêts particuliers.</p>



<p>Tandis que les politiciens populistes exploitent cette colère pour attiser les divisions, les survivantes d’Epstein, par leur courage et leur engagement envers la vérité, ont présenté un contre-récit à l’apathie ambiante et porté un coup dur au système de privilèges qui a permis à Epstein et à d’autres d’échapper à leurs responsabilités.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="aCPiUQ33oi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/affaire-epstein-la-strategie-de-diversion-de-trump/">Affaire Epstein | La stratégie de diversion de Trump</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Affaire Epstein | La stratégie de diversion de Trump » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/30/affaire-epstein-la-strategie-de-diversion-de-trump/embed/#?secret=hJE20BuFTO#?secret=aCPiUQ33oi" data-secret="aCPiUQ33oi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>L’énorme décalage entre la réalité et la politique étrangère américaine</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/23/lenorme-decalage-entre-la-realite-et-la-politique-etrangere-americaine/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 23 Sep 2025 08:37:34 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Le décalage entre la réalité du monde et la politique américaine n’a jamais été aussi grand qu'au Moyen-Orient. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/09/23/lenorme-decalage-entre-la-realite-et-la-politique-etrangere-americaine/">L’énorme décalage entre la réalité et la politique étrangère américaine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Le décalage entre la réalité du monde et la politique américaine n’a jamais été aussi grand et là où il s’illustre le mieux c’est au Moyen-Orient. Un décalage qui concerne aussi bien l’administration Trump que l’opposition. Les Américains ne prennent pas en compte les réalités objectives et ont tendance à vouloir imposer ce qui leur correspond à eux même si c’est irréalisable. Le résultat est l’échec des politiques américaines et le désordre mondial qui ne cesse de croître. </em></strong> <em>(Ph. Netanyahu impose et Trump dispose)</em>.</p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-17533964"></span>



<p>Dans un article publié par le <a href="https://foreignpolicy.com/2025/09/15/delusions-driving-american-policy-middle-east/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Foreign Policy</a>,  Steven Cook, chercheur principal en études sur le Moyen-Orient et l’Afrique au Council on Foreign Relations, affirme être absolument certain que nulle part au monde le décalage entre la réalité objective et la politique étrangère américaine n’est plus flagrant qu’au Moyen-Orient. L’invasion de l’Irak, le <em>«Freedom Agenda»</em> (un mémorandum de l’administration Bush qui prétendait avoir pour objectif d’en finir avec la tyrannie dans le monde) et les diverses tentatives de processus de paix israélo-palestinien sont autant d’exemples des fantasmes américains qui ont abouti à des échecs au cours des dernières décennies. Pourtant, ces illusions persistent. </p>



<p>L’auteur souligne qu’il n’existe pas d’exemple contemporain plus clair que la grogne sourde d’au moins 26 membres démocrates du Congrès qui soutiennent la reconnaissance d’un État palestinien. La semaine dernière, lors d’une réunion officielle au Council on Foreign Relations, le représentant Ro Khanna de Californie, qui dirige ce mouvement, a déclaré que la reconnaissance américaine de la Palestine favoriserait une solution à deux États. Khanna a déclaré: <em>«Cela redonnerait de l’espoir aux populations de la région. Cela offrirait une solution concrète, libérée du Hamas»</em>.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Naïveté face aux réalités politiques</h2>



<p>Cook remarque que cette vision, malgré sa dimension morale et la profonde préoccupation de Khanna pour la résolution du conflit israélo-palestinien dans l’intérêt des deux peuples, est quasiment identique à ce que le président George W. Bush proposait il y a 23 ans : deux États démocratiques –Israël et une Palestine démilitarisée– vivant côte à côte en paix. Khanna a inversé l’ordre, plaçant la reconnaissance de la Palestine avant la paix.</p>



<p>Khanna n’a pas expliqué comment la reconnaissance pourrait conduire au résultat souhaité et que sa vision reflète une naïveté face aux réalités politiques des sociétés israélienne et palestinienne, estime Cook, ajoutant qu’une solution à deux États était déjà hors de portée avant le 7 octobre 2023 et elle est davantage difficile à imaginer après cette date.&nbsp;</p>



<p>Les références de Khanna à des hommes politiques israéliens disparus depuis longtemps –tels qu’Yitzhak Rabin, assassiné en 1995, Shimon Peres, décédé en 2016, et Ehud Barak, qui a quitté le pouvoir il y a près d’un quart de siècle– révèlent un désir typiquement américain de voir le monde tel que nous le souhaitons et non tel qu’il est, écrit Cook, affirmant que Khanna et ses collègues démocrates ne sont pas les seuls à être concernés par ce décalage. L’administration Trump a également pris ses désirs pour des réalités, notamment concernant le désarmement du Hezbollah et du Hamas.</p>



<p>L’attaque israélienne contre le Liban en septembre 2024, qui a débuté par la tristement célèbre opération <em>«Appels d’urgence»</em>, a libéré le système politique libanais de l’emprise du Hezbollah, permettant l’élection d’un nouveau président ​-après douze tentatives infructueuses- et la désignation d’un nouveau Premier ministre. Depuis lors, le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam se sont lancés dans le processus de démantèlement de <em>«l’État dans l’État»</em> que le Hezbollah avait construit pendant quatre décennies.</p>



<p>Pourtant, malgré les succès militaires d’Israël et les bonnes intentions des nouveaux dirigeants libanais, le Hezbollah n’a pas été détruit. Bien qu’affaibli, il conserve ses armes, ses cadres sont enthousiastes et l’Iran n’a pas renoncé à le reconstruire. C’est pourquoi Israël <em>«applique»</em> le cessez-le-feu négocié par Washington en novembre dernier par des frappes militaires intermittentes, ce qui explique l’insistance de l’administration Trump sur le désarmement du Hezbollah.</p>



<p>Pour atteindre cet objectif, l’ambassadeur des États-Unis en Turquie et envoyé spécial pour la Syrie et le Liban, Tom Barrack –le deuxième responsable américain le plus important au Moyen-Orient après Steve Witkoff– a proposé un plan en quatre étapes pour les forces armées libanaises.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Désarmer le Hezbollah et le Hamas</h2>



<p>Cook soutient cependant que Barrack minimise les risques. Comment une organisation fondée sur l’idée de résistance, portant à la fois Hezbollah et Résistance islamique au Liban dans sa dénomination officielle et arborant un fusil d’assaut sur son drapeau, peut-elle désarmer ? Cela équivaudrait à exiger du Hezbollah qu’il renonce à l’essence même de son identité.</p>



<p>L’auteur s’interroge : <em>«C’est un objectif noble, mais est-il atteignable, surtout d’ici la fin de l’année, comme l’exige l’administration Trump?»</em> Il souligne que lorsque les chefs militaires libanais ont présenté leur plan de désarmement en septembre, les ministres affiliés au Hezbollah se sont retirés du conseil des ministres.</p>



<p>Il ajoute que de nombreux Libanais sunnites, chrétiens et druzes soutiennent le désarmement du parti chiite mais qu’il est peu probable qu’il obtienne un large soutien parmi les chiites. Les armes du Hezbollah sont depuis longtemps une source de pouvoir pour les chiites dans un système confessionnel qui répartit les postes importants entre les différentes confessions : le président est chrétien maronite, le Premier ministre est sunnite et le président du Parlement est chiite.</p>



<p>Naïm Qassem, successeur d’Hassan Nasrallah, tué lors d’une frappe aérienne israélienne en septembre 2024, est à la fois un dirigeant militaire et politique, et il comprend qu’accepter le désarmement affaiblirait son soutien.</p>



<p>Par conséquent, les responsables politiques du Hezbollah affirment que le plan militaire –dont les détails n’ont pas été révélés– n’est rien d’autre qu’une reddition totale des Libanais au gouvernement américain. Ils s’interrogent sur la raison pour laquelle le Hezbollah est sommé de désarmer avant qu’Israël ne se retire de cinq positions militaires qu’il contrôle dans le sud du Liban.</p>



<p>Steven Cook prévient que l’armée libanaise pourrait recourir à la force mais que le risque de violence est évident. Le Hezbollah n’est peut-être pas à la hauteur de l’armée israélienne mais il possède toujours des Kalachnikovs, des lance-roquettes et des armes lourdes qui menacent la paix fragile et la cohésion sociale.&nbsp;</p>



<p>L’auteur qualifie l’administration Trump et les partis américains exigeant le désarmement du Hezbollah de naïfs quant à la possibilité d’un conflit armé entre le mouvement chiite et l’armée libanaise.</p>



<p>Toutefois, il ajoute ensuite : <em>«Des surprises peuvent survenir et le Moyen-Orient en a été témoin à maintes reprises ces deux dernières années. Le Hezbollah est peut-être plus faible que certains ne le pensent et l’armée libanaise pourrait être en mesure de désarmer complètement»</em>. Cependant, il doute que les dirigeants libanais prennent ce risque et estime que de longues négociations secrètes permettant au parti de conserver une partie de ses armes comme force auxiliaire de l’armée sont plus réalistes et plus judicieuses que le plan de Tom Barrack.</p>



<p>L’auteur souligne que le même scénario se répète avec le Hamas. Le mouvement ne rendra ses armes que par la force et malgré toute la puissance de feu déployée par Israël, il n’a pas réussi à le contraindre à capituler. Exiger du Hamas qu’il rende ses armes est logique en théorie mais cela n’a aucun rapport avec la réalité. Cela a même été confirmé par le chef d’état-major israélien qui a conseillé à son gouvernement d’accepter les récentes propositions de cessez-le-feu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Rendre le monde meilleur, disent-ils&nbsp;!</h2>



<p>Il affirme que la création d’un État palestinien vivant en paix aux côtés d’Israël serait une bonne chose et que le désarmement du Hamas et du Hezbollah serait positif mais la réalité rend la réalisation de ces objectifs extrêmement difficile. Ce qui le surprend, c’est que Khanna, un démocrate progressiste, défende une vision similaire à celle de Bush il y a vingt ans, non seulement concernant la solution à deux États mais aussi concernant l’engagement américain intense qu’elle requiert au Moyen-Orient.</p>



<p>De même, l’auteur trouve étrange l’implication de l’administration Trump dans la question complexe du désarmement au Liban car elle contredit les déclarations de Trump lui-même lors de sa visite dans le Golfe en mai dernier où il a clairement rejeté toute implication américaine.</p>



<p>Il conclut en affirmant qu’il est admirable que les responsables américains s’efforcent de rendre le monde meilleur mais lorsque la politique est coupée de la réalité, le résultat probable est l’échec et il suffit juste d’observer le bilan des États-Unis au cours des trois dernières décennies pour le constater.</p>
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		<title>La Cour suprême américaine : un fauteuil pour deux</title>
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		<pubDate>Sat, 12 Feb 2022 08:00:16 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans une lettre adressée au président Joe Biden (1), rendue publique quelques instants avant l’échange de discours d’adieu lors d’une cérémonie tenue à la Maison Blanche, le juge associé de la Cour suprême des Etats-Unis Stephen G. Breyer formule le désir de quitter les bancs de sa Cour. L’annonce de son départ semi volontaire à...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Juges-de-la-Cour-supreme-Etats-Unis.jpg" alt="" class="wp-image-380454"/><figcaption><em>Les juges de la Cour suprême, en 2020. Assis de gauche à droite : Samuel Alito, Clarence Thomas, John G. Roberts, Jr. (juge en chef), Stephen Breyer et Sonia Sotomayor. Debout de gauche à droite : Brett Kavanaugh, Elena Kagan, Neil Gorsuch et Amy Coney Barrett.</em></figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Dans une lettre adressée au président Joe Biden (1), rendue publique quelques instants avant l’échange de discours d’adieu lors d’une cérémonie tenue à la Maison Blanche, le juge associé de la Cour suprême des Etats-Unis Stephen G. Breyer formule le désir de quitter les bancs de sa Cour. L’annonce de son départ semi volontaire à la retraite vient à point nommer pour le président et ses partisans. Sa retraite ne prend effet que début juillet, les Démocrates comptent sélectionner et nommer son remplaçant avant la trêve du Sénat.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Mohsen Redissi</strong> *</p>



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<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/11/Mohsen-Redissi-2.jpg" alt="" class="wp-image-322884"/></figure></div>



<p>Le juge associé Breyer est le plus âgé des neuf juges, quatre vingt trois ans avec près de trois décennies de loyaux service envers la nation et l’interprétation des lois. Nommé par le président Bill Clinton en 1994, il est considéré par ses pairs comme un juge libéral. Dans ses écrits et interventions publiques, juge Bryer ne cesse de répéter que les tribunaux doivent être plus attentifs à leur entourage direct et d’imaginer les conséquences de leurs jugements avant de se prononcer. Le recours est un long processus.</p>



<h2 class="wp-block-heading">J’y suis j’y reste</h2>



<p>D’une façon générale, un juge de l’académie des neuf renonce rarement à son banc. Il s’y attache facilement. Il lui procure honneur et dignité et l’investit du pouvoir suprême d’interpréter les lois et de les mesurer sur l’échelle de la Constitution. Sa retraite est stratégique conforme à la tendance moderne des juges. Encore alerte mais âgé, il démissionne. Au Sénat, les Républicains sont coude à coude avec les Démocrates, il offre au locataire de la Maison blanche une chance inouïe de pourvoir un siège à la Cour suprême. Le Sénat doit confirmer le choix du président.</p>



<p>Les élections de mi-mandat peuvent changer la donne. Les Démocrates ont déjà fait assez d’erreurs par le passé par manque de lucidité. Ils ont laissé la juge Ruth Bader Ginsburg trop longtemps sur les bancs de la Cour. Nommée par Bill Clinton elle aussi en 1993, morte en 2020 dans l’exercice de ses fonctions suite à un cancer laissant le champ libre au président Trump pour nommer à sa place Amy Coney Barrett, 48 ans, définie comme très conservatrice et très croyante ; il a en même temps grignoté un siège aux Démocrates. Difficile par les temps qui courent de récupérer. Président Biden a donc une chance de renverser ce déséquilibre en faveur des Démocrates. La «<em>Biden Commission</em>» chargée de repenser le fonctionnement et les nominations à la Cour suprême a déposé décembre dernier son rapport final (2). La commission préconise l’élargissement du nombre de juges et la limitation des mandats entre autres. Il peut y remédier s’il reste maître du Sénat. S’il échoue, son prédécesseur le fera.</p>



<p>Dans ses déclarations aux médias, Charles Schumer (Démocrate, New York), chef de file de la majorité au Sénat, compte ouvertement profiter de l’égalité des sièges au Sénat 50-50 pour confirmer le choix du président Biden. Il envisage de recourir au même subterfuge utilisé par les Républicains de compresser le calendrier du Sénat et passer au vote dans un délai de trente jours.</p>



<p>Des sièges vacants, décès ou retraite, dans la Cour suprême ou dans les tribunaux de districts sont des occasions rares. Les Républicains et les Démocrates se livrent au jeu de chaises. Le départ du Juge Breyer ne résout pas la question du déséquilibre&nbsp;: six juges conservateurs contre trois modérés. Les Républicains auront l’avantage du nombre à la Cour pour un certain temps, manœuvre stratégique orchestrée par l’ex-président Donald J. Trump en refusant le candidat de Barack Hussein Obama. Un Sénat républicain ramène la majorité à cinquante et une voix et fait nommer les trois candidats proposés par Trump. Une aubaine pour l’aile conservatrice du Sénat (3).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une Cour suprême est le reflet d’une société</h2>



<p>La Cour suprême est dans un tournant décisif. Sa cote de popularité souffre, elle atteint des niveaux historiquement bas car très politisée à cause d’enjeux importants. Son impartialité est mise en doute. Biden candidat à la présidence a promis lors de sa campagne de faire en sorte que la Cour suprême et son administration ressembleraient davantage à l&rsquo;Amérique profonde. C’est chose faite. Collaborateurs et secrétaires actuels viennent de tout bord : première vice-présidente afro-américano-asiatique, premier hispanique à la tête du département de la Sécurité intérieure, première femme d’origine asiatique nommée Représentante au Commerce, un transsexuel ministère du Transport. Son prochain candidat pour occuper le poste de juge associé à la Cour suprême sera une femme, une Afro-américaine. Une première dans les annales de la Cour. Une promesse qui lui tient à cœur, il s’est engagé à réaliser.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des candidates en lice</h2>



<p>Le président n’a encore pas pris de décision. Des femmes de couleur sur la liste, une promesse électorale qu’il tient à honorer. Aux journalistes qui le questionnent, il répond que sa candidate doit être digne de l’héritage du juge Bryer. Biden a une chance unique de nommer une juge relativement jeune en pensant aux lendemains pour conserver l’esprit libéral et progressiste de la Cour, perdu sous la présidence de Trump.</p>



<p>Elever une femme à la plus haute cour américaine est conforme aux traditions des deux partis. Biden se sent redevable au vote des Afro-américains, clef de voûte de sa fulgurante remontée. Un récent sondage NBC News tire la sonnette d’alarme, la cote de popularité du président Biden auprès des Noirs américains a atteint la barre de 64% contre 83% neuf mois auparavant. Une telle nomination renforcerait sûrement sa position auprès des électeurs noirs et une partie de l’électorat féminin en général. Un pas de plus pour la reconnaissance de leur contribution et un voyage vers <em>«une justice raciale»</em> comme aime le souligner le représentant Ro Khanna, un démocrate progressiste de Californie. Une projection d’une Amérique unie pour les prochaines années à venir.</p>



<p>Rien n’est joué. Les jours sont comptés mais il ne veut pas tomber dans la précipitation. Avant de prendre sa décision, Biden veut entendre l’avis des sénateurs des deux partis, des juristes et du vice-président Kamela Harris elle-même femme de droit et de poigne. Il a également l’intention de rencontrer les candidates potentielles. Il compte rendre son verdict avant la fin du mois de février.</p>



<p>Parmi les femmes candidates pour remplacer Breyer figurent Ketanji Brown Jackson, Cour d&rsquo;appel du circuit de Washington, D.C&nbsp;; Leondra R. Kruger, Cour suprême de Californie; J. Michelle Childs, District de Caroline du Sud</p>



<p>Les Républicains sont offusqués et crient au scandale. Pour eux la proposition de Biden de nommer une Afro-américaine pour remplacer Bryer est contre-productive ; ils qualifient son engagement de <em>«racisme inversé»</em> en favorisant le genre. Ronald Reagan l’a fait avant lui. Ils cherchent à le discréditer auprès de son électorat blanc. Sa candidate, femme de couleur, bénéficie déjà de la discrimination positive, <em>«Affirmative Action»</em>, terme utilisé pour certains groupes sociaux victimes de discrimination systématique. Les Républicains comptent bloquer la candidature de quiconque nommée par le président Biden, tous unis contre la candidate proposée.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une tradition bien ancrée</h2>



<p>La diversité, la diversification et l’adversité de la Cour suprême n’est pas un phénomène de mode, au contraire il remonte au début du XXe siècle. Les présidents ont cherché de tout temps, avec ou sans arrière pensée, à satisfaire leur électorat blanc religieux pour assurer leur voix en diversifiant leurs nominations. Le tabou de la race est tombé avec Thurgood Marshall, 1963, sous la présidence de Lyndon B. Johnson. Il prend sa retraite en 1991, vite remplacé par un autre Afro-américain Clarence Thomas, il siège encore à la Cour. La barrière du genre a été brisée avec la nomination de Sandra Day O&rsquo;Connor, 1981, sous la présidence de Donald Reagan, aussi une promesse de campagne. Une juge se meurt une autre prend sa place, Amy Coney Barrett remplace en 2020 la progressiste Ruth Bader Ginsburg morte sept mois plus tôt.</p>



<p>Depuis des décennies, les présidents, toute confession confondue et sans distinction de partis, nomment par tradition un juge juif. Après le décès du juge Benjamin Cardozo, juif séfarade portugais, le président Franklin D. Roosevelt nomme en 1938 Felix Frankfurter à la Cour. Après la retraite de Frankfurter, le président Kennedy nomme un autre juif, Arthur Goldberg en 1962. Abe Fortas lui succède en 1965. Cette chaîne ininterrompue de nominations donne naissance au terme <em>«siège juif»</em>. Le président Bill Clinton poursuit la tradition en nommant Ginsburg en 1993 et Breyer 1994. L’exceptionnalisme juif sera-t-il rompu avec Biden ?</p>



<p>La nomination de juges de différents bords de la société américaine, hommes blancs catholiques, juifs, afro-américains, hispaniques est une reconnaissance de l’apport culturel du melting-pot américain&nbsp;; l’image qu’il renvoie ressemble au brassage de la population américaine. Hélas d’autres ethnies, d’autres confessions restent encore non représentées.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A droite toute</h2>



<p>La nomination à la Cour suprême a des conséquences graves sur le long et le court terme. Elle redessine le paysage et le quotidien des Américains. Il est évident qu’un siège laissé libre suscite des interrogations. Des présidents plus que d’autres tiennent à l’équilibre pour éviter tout dérapage vers l’extrême droite ou l’extrême gauche. Le juste milieu. Une mainmise conservatrice risque de revoir en profondeur certains acquis sociaux. Les mouvements contre l’interruption volontaire de la grossesse voient leur action grossir et la fièvre touche désormais plusieurs Etats. L’église prend le dessus sur l’Etat et tient à faire avorter la décision historique de Cour suprême Roe c. Wade, 1973, le quatorzième amendement le droit à la vie privée. La primauté des lois des Etats semble prendre le dessus sur les lois fédérales. Ces menaces ne doivent pas infléchir la Cour à poursuivre son renouvellement par le haut. La défense des droits constitutionnels et civiques des Américains reste sa préoccupation.</p>



<p>La retraite provoquée, une césarienne, du juge Stephen Breyer est conforme à la nouvelle stratégie des partis politiques : faire montre aux uns et aux autres un front uni et obéissant. Récupérer ou garder le siège quitte à pousser le juge malade ou vieux à céder son banc à un autre plus jeune. Un bain de jouvence pour la Cour. L’intérêt général du parti puis celui de la Nation priment.</p>



<p><em>* Fonctionnaire international à la retraite.</em></p>



<p><strong><em>Notes:</em></strong></p>



<p><a href="https://www.supremecourt.gov/publicinfo/press/Letter_to_President_January-27-2022.pdf" target="_blank" rel="noreferrer noopener"><em>1-Justice Stephen Breyer&rsquo;s letter to President Biden announcing his retirement=</em></a></p>



<p><em>2-Redissi, Mohsen. Etats-Unis : Le président Biden au chevet de la cour suprême. (<a href="http://kapitalis.com/tunisie/2022/01/12/etats-unis-le-president-biden-au-chevet-de-la-cour-supreme/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Kapitalis, 12 janvier 2021</a>)</em>.</p>



<p><em>3- Redissi, Mohsen. La Cour suprême américaine: la guerre des nombres (<a href="https://www.leaders.com.tn/article/31824-la-cour-supreme-americaine-la-guerre-des-nombres" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Leaders, 4 mai 2021</a>)</em>.</p>



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