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	<title>Archives des Socrate - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Socrate - Kapitalis</title>
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		<title>La philosophie trahie &#124; Du combat citoyen au confort des chaires</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Nov 2025 07:16:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La philosophie a été arrachée aux agoras, aux cafés, aux rues, pour être emprisonnée dans des facultés aseptisées. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/23/la-philosophie-trahie-du-combat-citoyen-au-confort-des-chaires/">La philosophie trahie | Du combat citoyen au confort des chaires</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<p><strong><em>La philosophie a été kidnappée. Elle a été arrachée aux agoras, aux cafés, aux rues et aux consciences individuelles pour être emprisonnée dans des facultés aseptisées. Ce que l’on enseigne aujourd’hui sous ce nom n’est trop souvent qu’un simulacre, une momie intellectuelle que l’on commente à l’infini sans jamais lui redonner souffle. Les philosophes médiatiques, quant à eux, sont les bouffons de ce système, des faiseurs d’opinion qui recyclent le bruit ambiant en pseudo-pensée. Mais la philosophie véritable, celle qui mord sur le réel, n’a pas disparu. Elle a déserté les lieux de son supplice pour se réfugier dans le feu de l’acte créateur.</em></strong></p>



<p><strong>Abdelhamid Larguèche</strong> *</p>



<span id="more-17962825"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg" alt="" class="wp-image-7425261" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/04/Abdelhamid-Largueche-1-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>La philosophie institutionnelle est une imposture. Elle a oublié que son père fondateur, Socrate, philosophait non pas dans un amphithéâtre, mais sur la place publique. Elle a surtout oublié l’exemple magistral d’Ibn Khaldun, dont les pérégrinations à travers le Maghreb et l’Andalousie furent la matrice vivante de sa pensée. Ce n’est pas dans le silence d’une bibliothèque qu’il élabora sa Muqaddima, mais au contact des tribus, des cours princières, des champs de bataille et des marchés. Sa théorie de la <em>&lsquo;asabiyya</em> (cohésion sociale) et des cycles civilisationnels naquit de l’observation directe des réalités politiques et économiques les plus concrètes, mêlant réflexion méditative et expérience pratique dans un dialogue permanent avec le monde.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’héritage combattant bafoué</h2>



<p>Cet esprit de combat n’a jamais cessé de hanter la vraie philosophie. Marx et Engels ne rédigeaient pas le <em>Manifeste du Parti communiste</em> pour le plaisir de la spéculation abstraite, mais pour armer les prolétaires d’une conscience de classe, transformer la misère quotidienne en force révolutionnaire. Leur célèbre phrase <em>«Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde diversement ; il s&rsquo;agit de le transformer»</em> est un acte d’accusation contre toute pensée désincarnée.</p>



<p>Quelques décennies plus tard, un écrivain, Émile Zola, héritait de ce courage avec son <em>J’accuse!</em>. Ce n’était pas un texte littéraire de plus, c’était un acte philosophique pur : risquer sa réputation, sa liberté, sa vie pour la vérité et la justice d’un officier juif injustement condamné. Il incarnait la pensée en action, refusant la distance confortable de l’intellectuel qui observe depuis sa tour d’ivoire.</p>



<p>Aujourd’hui, que reste-t-il de ce combat ? Une caste de spécialistes qui parlent une langue morte, autiste, pratiquant avec délice la <em>«distanciation»</em> face aux crises qui brûlent le monde. Cette distanciation n’est que le nom savant de la lâcheté, l’exact contraire des pérégrinations khaldouniennes qui engageaient le corps et l’esprit dans la compréhension du réel. C’est la trahison suprême de l’héritage de Socrate, d’Ibn Khaldun, de Marx, de Zola. On a stérilisé la pensée, on l’a coupée de ses racines : la colère, la passion, le désespoir et l’espoir des femmes et des hommes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’art, dernier bastion de la pensée en révolte</h2>



<p>Face à cette trahison, l’art est devenu la nouvelle guérilla philosophique. Là où le professeur pontifie sur l’aliénation sans jamais affronter le système qui la produit, l’artiste la rend palpable. Là où l’un disserte sur <em>«le mal»</em>, l’autre, comme Goya, grave l’horreur de la guerre dans <em>Los Desastres</em>. Là où l’un théorise <em>«le temps»</em>, l’autre, comme Chadi Abdel Salam, le rend palpable, structurant comme dans <em>La Momie</em>.</p>



<p>L’artiste est l’héritier direct du philosophe-séditieux, du penseur en mouvement. Comme Ibn Khaldun parcourant les routes pour comprendre les mécanismes de l’histoire, l’artiste arpente les territoires mouvants de la sensibilité contemporaine. Il ne représente pas la pensée; il la fait. Avec ses mains, avec la matière, avec son corps. Il pense en sculptant, en filmant, en peignant. Il se souvient que la philosophie n’est pas une discipline, mais une intensité, un engagement total.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’IA, nouveau champ de bataille</h2>



<p>L’intelligence artificielle (IA), loin d&rsquo;être une menace pour la pensée, est une gifle salutaire. Elle nous force à cesser de nous adorer nous-mêmes. Que vaut notre <em>«génie créateur»</em> face à une machine qui synthétise et compose ? Notre <em>«libre arbitre»</em> face à un algorithme qui prédit ? C’est une occasion unique de rejouer les grands débats philosophiques, non plus dans l’abstrait, mais dans le concret le plus brutal.</p>



<p>L’IA est le nouveau désert que nous devons traverser, la nouvelle géographie mentale où doivent s’engager nos pérégrinations, comme Ibn Khaldun en son temps. Elle nous interpelle dans la rue numérique : <em>«Connais-toi toi-même, si tu l’oses encore.»</em></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pour un philosophe en permanente sédition</h2>



<p>Le philosophe de demain doit cesser d’être un notaire du passé. Il doit redevenir un dissonant, un pirate des significations établies, un pèlerin du réel à la manière d’Ibn Khaldun. Il n’a pas de chaire, il a un atelier, un studio, un code à écrire, des routes à parcourir. Il est plasticien, cinéaste, poète ou codeur. Son œuvre n’illustre pas un concept; elle <em>«est»</em> le concept en acte. Sa mission n’est pas de répondre, mais de déranger, de créer des brèches dans le confort mental, de maintenir ouvertes les plaies du questionnement.</p>



<p>La philosophie n’est pas morte. Elle a simplement déserté les facultés pour rejoindre la résistance. Elle est dans le geste de l’artiste qui défie, dans le code du développeur qui interroge, dans le corps du danseur qui incarne, dans les pérégrinations de ceux qui, refusant le confort du bureau, vont chercher la pensée au cœur des turbulences du monde. Le vrai philosophe aujourd’hui n&rsquo;est pas celui qui parle d’une vie qu’il ne vit pas. C’est celui qui se tait, serre les dents, et crée.</p>



<p><em>* Historien.</em></p>
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		<title>Le poème du dimanche &#124; ‘‘Poèmes brefs’’ de Mansour M’henni</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/15/le-poeme-du-dimanche-poemes-brefs-de-mansour-mhenni/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 15 Jun 2025 06:30:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Mansour M’henni]]></category>
		<category><![CDATA[poète tunisien]]></category>
		<category><![CDATA[Sayada]]></category>
		<category><![CDATA[Socrate]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mansour M’henni est poète, écrivain, essayiste et traducteur tunisien. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/15/le-poeme-du-dimanche-poemes-brefs-de-mansour-mhenni/">Le poème du dimanche | ‘‘Poèmes brefs’’ de Mansour M’henni</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mansour M’henni est poète, écrivain, essayiste et traducteur tunisien. Professeur d’Université émérite, spécialiste des littératures françaises et francophones.</em></strong></p>



<span id="more-16265673"></span>



<p>Né en 1950 à Sayada, il a dirigé un établissement universitaire ainsi que des médias publics de l’audiovisuel et de la presse écrite.</p>



<p>Auteur bilingue, il a publié des études, essais, recueils de poèmes, de nouvelles, un récit et un roman. Il est le fondateur de trois revues académiques et culturelles et initiateur du concept de <em>«Nouvelle Brachylogie»</em>, qui aborde la forme brève, s’inspirant d’une idée de Socrate et actuellement étudié dans une vingtaine de pays des cinq continents.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Tahar Bekri</strong></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Condition</em></h2>



<p><em>Nul avenir ne sied</em></p>



<p><em>S’il me faut m’y inscrire</em></p>



<p><em>De manière isolée</em></p>



<p><em>Du sens de mes désirs</em></p>



<p><em>Nuls plaisirs ne conviennent</em></p>



<p><em>Si dans l’art de partir</em></p>



<p><em>Leur odeur ne revienne</em></p>



<p><em>Loin d’un faux repentir</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Ouard-Anine</em></h2>



<p><em>Gémissement la Rose</em></p>



<p><em>Dans sa petite prose</em></p>



<p><em>Quand son nom est emblème</em></p>



<p><em>Des douleurs du poème</em></p>



<p><em>De verdure dorée</em></p>



<p><em>Face au ciel timoré</em></p>



<p><em>Elle dit le défi</em></p>



<p><em>Qui dure et qui perdure</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Violon</em></h2>



<p><em>La mer s’étire doucement</em></p>



<p><em>Telle une mère qui caresse</em></p>



<p><em>Puis se retire brusquement</em></p>



<p><em>Telle une amante emplie de stress</em></p>



<p><em>Entre la rose et ses épines</em></p>



<p><em>Entre la mort et la gésine</em></p>



<p><em>Entre son flux et son reflux</em></p>



<p><em>La vie séduit puis n’en veut plus</em></p>



<h2 class="wp-block-heading"><em>Kerkouane</em></h2>



<p><em>Dis-moi Cité de mes aïeux</em></p>



<p><em>Le long récit de tes épreuves</em></p>



<p><em>Dis-moi que faire en temps d’adieu</em></p>



<p><em>Quand la vie perd ses justes preuves</em></p>



<p><em>Je vois une immense prison</em></p>



<p><em>Qui veut mimer l’éternité</em></p>



<p><em>Dans un poème d’oraison</em></p>



<p><em>Comme une aumône de pitié</em></p>



<p><em>Mais un air frais me vient au nez</em></p>



<p><em>Avec l’odeur d’un chuchotis</em></p>



<p><em>Qui dans tes creux luit et renaît</em></p>



<p><em>Et donne un nouveau sang de vie</em></p>



<p><strong><em>Poèmes inédits</em></strong><em> (Remerciements à l’auteur)</em></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/06/15/le-poeme-du-dimanche-poemes-brefs-de-mansour-mhenni/">Le poème du dimanche | ‘‘Poèmes brefs’’ de Mansour M’henni</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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