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	<title>Archives des Tahar Sfar - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Tahar Sfar - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Bourguiba, Ben Slimane et le 9 avril 1938 : Quelle histoire?!</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 09 Apr 2024 06:46:01 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Retour sur les événements du 9 avril 1938, page importante de la lutte de la Tunisie pour l’indépendance.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/09/bourguiba-ben-slimane-et-le-9-avril-1938-quelle-histoire/">Bourguiba, Ben Slimane et le 9 avril 1938 : Quelle histoire?!</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Cet article s’inspire largement des ‘‘Mémoires’’ du Dr Slimane Ben Slimane et rappelle, à l’occasion de l’anniversaire des événements du 9 avril 1938 **, cette page importante de la lutte de notre pays pour l’indépendance. C’est également un hommage au Dr Ben Slimane dont beaucoup de Tunisiens n’ont presque jamais entendu parler et que l’histoire officielle et ses hagiographes, de 1956 à nos jours, ont ignoré et, parfois, gommé.</em></strong> <em>(Illustration : Dr Ben Slimane et Bourguiba en 1937).</em></p>



<p>Par <strong>Moncef Ben Slimane</strong> *</p>



<span id="more-12405644"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/12/Moncef-Ben-Slimane.jpg" alt="" class="wp-image-374492"/></figure></div>


<p>Nous sommes en novembre 1937 et le Néo-Destour vient de clore les travaux du congrès de la rue du Tribunal. Habib Bourguiba, accompagné du Dr Ben Slimane, part pour une tournée de propagande dans les régions de l’intérieur…</p>



<p>A Menzel-Bou-Zelfa accompagné de Moufdi Zakaria, militant du Parti populaire algérien (PPA). Ce dernier fut étonné de la force du Néo-Destour, de son prestige&#8230; Bourguiba rentra à Menzel-Bou-Zelfa sur un cheval. Naceur Jellouli le ridiculisera dans le journal<em> “La Dépêche Tunisienne” </em>à la rubrique <em>«Am el Hadj».</em></p>



<p>A Monastir c’était notre <em><em>«</em>quartier général<em>»</em></em>. Chaque matin, nous partions vers un groupe de villageois. Nous tenions des réunions dans des maisons, dans des huileries.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La fusillade à Bizerte</h2>



<p>C’est la fusillade à Bizerte qui annonça que la répression allait toucher la Tunisie après le Maroc et l’Algérie.</p>



<p>Après la fusillade, le Parti avait décidé d’envoyer Hédi Nouira, Mongi Slim et moi-même à Bizerte. Nous avions quitté Tunis au milieu de l’après-midi. Arrêtés sur la route par des gendarmes, on avait l’impression d’un pays en état de guerre. Arrivés à Bizerte<em>,</em> le contrôleur civil Mottes, à ses côtés le caïd Mohamed Salah Mzali, avait tenté de faire pression sur nous sans obtenir de résultats.</p>



<p>Nous avions quand même rencontré nos amis, encore sous le coup de la fusillade. Bougatfa s’attendait à être arrêté. Le lendemain, j’avais assisté aux obsèques des victimes de la fusillade. Le Parti communiste tunisien et les syndicats CGT étaient représentés par El-Gharbi, artisan tailleur. Tahar Ben Ammar assistait aux obsèques. Rentrés à Tunis, nous apprenions l’arrestation de Bougatfa.</p>



<p>Quelques jours après, je me rendis le soir à Bizerte avec Bourguiba pour tenir une réunion. Nous étions accompagnés de Mahmoud Bourguiba, le journaliste d’<em>El-Zohra</em>. Avant de rencontrer nos amis, le commissaire de police nous avait convoqués. Ensuite, nous avions tenu une réunion.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le conseil national du 4 mars 1938</h2>



<p>Un Conseil national très important fut tenu à la veille de la grande bataille qu’allait livrer le peuple tunisien contre le colonialisme, bataille qui durera jusqu’au début de 1943.</p>



<p>L’atmosphère était surchargée, mais la grande majorité des militants était consciente et résolue à tenir tête à la répression.</p>



<p>Un problème de détail se posait: celui de remplacer le Docteur Mahmoud Materi. Tahar Sfar refuse. On me fit la proposition, mais je répondis que ma situation matérielle n’était pas à la hauteur de ce poste. J’étais interne à l’hôpital Sadiki. Je vivais dans une chambre de l’hôpital, nourri par lui et gagnais 1000F par mois. On n’insista pas et on passa à des questions plus importantes.&nbsp;</p>



<p>Au cours de ce Conseil, ma position était, qu’il fallait résister à l’offensive du colonialisme&#8230;</p>



<p>Les événements se précipitent. Ali Belhouane est révoqué de ses fonctions de professeur au Collège Sadiki. L’agitation estudiantine au Collège était continue. Les élèves étaient en contact permanent avec le Parti.</p>



<p>Ali Ben Youssef, élève à cette époque, avait joué un grand rôle dans cette agitation. Attia, directeur du Collège et Vieux-Destourien ayant des relations avec les agents de la Résidence, poussait à la répression&#8230;</p>



<p>Après les graves décisions prises par le Conseil national en mars 1938 et qui seront tenues secrètes, une grande tournée de propagande à travers toute la Tunisie fut décidée.</p>



<p>Il s’agissait d’informer les militants et les masses populaires de l’imminence de la répression et des actions à entreprendre pour lutter contre cette répression et gagner la bataille en définitive.</p>



<p>Youssef Rouissi et moi-même étions désignés pour une tournée dans la région de Béja, Souk El-Arba et Aïn Draham.</p>



<p>Dans les réunions qui ont suivi le Conseil national, on appelait les Tunisiens à ne pas payer l’impôt, au refus du service militaire, aux sabotages des voies ferrées, poteaux téléphoniques, ponts, etc.</p>



<p>Il était nécessaire de ne plus prendre de précautions oratoires et d’engager la bataille avec tous les atouts possibles. Nous savions que la bataille allait être dure, d’autant plus que la France était à la veille d’une guerre avec l’Axe…</p>



<p>Après la réunion de Souk El-Arba, nous en avions tenu d’autres au grand marché de Souk El Ahad, à Ain Draham et Tabarka. Nous voulions prouver que nous étions le pays réel et Peignon, le contrôleur civil, flanqué du colon algérien Mahiouz et du collabo tunisien Ben Henda, en faisaient autant pour prouver qu’ils étaient le pays légal…</p>



<p>Le lendemain matin, 4 avril, nous devions tenir une réunion à Oued Melliz. Nous nous préparions à partir avec Mohamed Ben Amara, un bon et sympathique militant de Souk El-Arba lorsqu’on est venu nous avertir que nous étions convoqués au commissariat où on nous signifia que nous étions arrêtés, si Youssef et moi-même. Conduits à la prison, nous avons été enfermés ensemble dans une cellule. De notre cellule, nous entendions de temps en temps les cris des manifestants dans la ville.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Tous transférés au Tribunal militaire</h2>



<p>Mardi 5 avril au petit jour, nous fûmes transférés au Palais de Justice de Tunis. Le juge d’instruction, Darrodes, nous inculpa et nous voilà envoyés à la prison civile.</p>



<p>Nous n’étions pas complètement isolés de l’extérieur. Les premiers jours de la prison se passaient sans trop de secousses. Ce sont les événements de l’extérieur qui influaient, sur la vie de la prison. C’est à partir du 9 avril que les choses ont commencé à changer.</p>



<p>Pendant notre courte promenade de l’après-midi de ce même jour, le bruit de la fusillade nous arrivait nettement et à l’ampleur du drame qui se jouait dans les rues entre les Tunisiens désarmés et les forces de répression brutale qui souhaitaient impatiemment ce jour, l’angoisse me prenait au cœur…</p>



<p>Vers la fin de la journée du 9 avril, des cris de manifestants nous arrivaient de l’extérieur. Le lendemain, 10 avril, ce fut l’arrestation de Bourguiba et d’autres destouriens. L’après-midi, nous étions tous réunis…</p>



<p>Nous fûmes plus tard amenés et transférés au Tribunal militaire. Arrivés là,&nbsp; nous étions installés dans des cellules et les militaires et gendarmes qui nous surveillaient s’amusaient à nous faire peur en parlant entre eux de l’exécution de nos amis, et en disant que nous étions là pour être exécutés à notre tour.</p>



<p>Nous étions soustraits individuellement de la cellule et c’était pour aller devant le juge d’instruction qui nous informa de notre inculpation. Après cela, nous fûmes transférés à la Prison militaire et c’était de nouvelles insultes et humiliations. Nos affaires étaient piétinées et l’harissa tâchait nos vêtements et autres objets.</p>



<p>Après cette fouille, nous fûmes placés chacun dans une cellule. Je respirais un peu après tant de secousses. Alors commença la vie à la Prison militaire de Tunis qui durera jusqu’à la fin des interrogatoires.</p>



<p>Le juge d’instruction chargé de notre affaire était le Lieutenant-Colonel De Guérin de Cayla. Il se flattait d’avoir envoyé à l’échafaud des hommes politiques en Afrique Noire et en Indochine.&nbsp;</p>



<p>En 1938, le bureau politique du Néo-Destour fut condamné et transféré à la prison du Fort Saint Nicolas à Marseille d’où il fut libéré en 1943 par la gestapo allemande.</p>



<p><em>* Universitaire et activiste politique.&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; </em></p>



<p>** <em>Les «événements du 9 avril 1938» &nbsp;sont des émeutes qui ont lieu à Tunis dans un contexte de manifestations populaires revendiquant des réformes politiques, notamment l’institution d’un parlement, pas majeur vers l’indépendance de la Tunisie encore sous protectorat français. Débordées par un mouvement spontané, les forces de police et l’armée de l’occupation française ne rétablissent le calme qu’au prix de nombreux morts chez les émeutiers. Cette date est un évènement marquant du mouvement national tunisien.&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="jMuh6byafj"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/dr-slimane-ben-slimane-le-zaim-oublie/">Dr. Slimane Ben Slimane : le zaïm oublié</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Dr. Slimane Ben Slimane : le zaïm oublié » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2021/02/27/dr-slimane-ben-slimane-le-zaim-oublie/embed/#?secret=s7Fg4cBamc#?secret=jMuh6byafj" data-secret="jMuh6byafj" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Le président Kaïs Saïed manque un rendez-vous avec le récit national tunisien</title>
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		<pubDate>Wed, 24 Mar 2021 08:42:56 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Dans cette «Lettre ouverte à monsieur le Président de la République», Kaïs Saïed, l’auteur exprime «l’indignation d’un modeste citoyen sidéré de voir l’incarnation de l’autorité de l’Etat tourner le dos, le samedi 20 mars 2021, à la célébration de la fête de l’indépendance de son pays». Par Adel Zouaoui * Monsieur le Président, Je m’adresse...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/08/Kais-Saied-1.jpg" alt="" class="wp-image-313868"/></figure>



<p><strong><em>Dans cette «Lettre ouverte à monsieur le Président de la République», Kaïs Saïed, l’auteur exprime «l’indignation d’un modeste citoyen sidéré de voir l’incarnation de l’autorité de l’Etat tourner le dos, le samedi 20 mars 2021, à la célébration de la fête de l’indépendance de son pays».</em></strong></p>



<p>Par <strong>Adel Zouaoui</strong> *</p>



<span id="more-342586"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Adel-Zouaoui.jpg" alt="" class="wp-image-248128"/></figure></div>



<p>Monsieur le Président,</p>



<p>Je m’adresse à vous, avec beaucoup de déférence, à travers ces quelques lignes pour vous exprimer toute mon indignation. Celle d’un modeste citoyen sidéré de voir l’incarnation de l’autorité de l’Etat tourner le dos, le samedi 20 mars 2021, à la célébration de la fête de l’indépendance de son pays.</p>



<p>Cette journée-là était terne, morne et morose, tout à fait ordinaire. Elle était comme toutes les autres en ces temps de crises. Ne devrait-elle pas être particulièrement empreinte de joie, de fierté et de festivités.</p>



<p>Monsieur le Président, au cas vous l’auriez oublié, la Tunisie a retrouvé son indépendance le 20 mars 1956. Une date mémorable que rien n’égalera, même le formidable exploit du lancement du premier satellite tunisien Challenge-one dont vous avez suivi les premières étapes.</p>



<p>Monsieur le Président, je ne remets aucunement en cause votre présence à ce fameux exploit. Ce dernier constitue bel et bien un petit pas pour l’aérospatial, mais résolument un très grand pas pour la Tunisie. Votre soutien à cette première prouesse technologique réalisée par des jeunes en pleine ferveur est plus que symbolique.</p>



<p>D’ailleurs, n’êtes-vous pas le défenseur d’une jeunesse bouillonnante d’énergie ? Laquelle est encore et toujours freinée dans son élan par une bureaucratie ombrageuse et pesante.</p>



<p>Mais qu’à cela ne tienne. En vous absentant à la célébration de la fête de l’indépendance de la Tunisie, vous avez manqué votre rendez-vous avec le récit national. Ce qui est incompréhensible et même inadmissible.</p>



<p>Monsieur le Président de la République, auriez-vous oublié qu’il vous échoit d’incarner les symboles de l’Etat. La fête de l’indépendance en est l’un des plus forts.</p>



<p>Autour de trois millions d’électeurs vous ont élu pour incarner leurs espoirs, mais aussi leurs symboles et leur mémoire. Et surtout pour leur rappeler ce qui est en commun entre eux tous.</p>



<p>L’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956, constitue indiscutablement notre socle national. Ce dernier est inébranlable, malgré toutes sortes de tentatives, avortées, de le fissurer.</p>



<p>En étant aux abonnés absents le jour du samedi 20 mars2021, c’est comme si vous aviez écarté d’une chiquenaude ce moment fort de notre histoire contemporaine. C’est comme si vous aviez tenté de rompre le lien qui nous lie les uns aux autres. Lequel lien fait de nous une nation à part entière dans le concert des nations libres et souveraines.</p>



<p>Il ne vous est pas loisible, occupant la magistrature suprême, d’esquiver cette date fatidique de l’histoire de la Tunisie. Elle a fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui, des Tunisiens, fiers de l’être.</p>



<p>Pour préserver votre neutralité, vous devez nous épargner votre propre interprétation de l’histoire. Condition sine qua non pour être le président de tous.</p>



<p>Sacher alors que la lutte nationale pour l’indépendance de la Tunisie ne se résume pas en la personne de Habib Bourguiba, au cas où cette figure vous exècre. Il en était certes le symbole, mais il n’était pas le seul à s’être sacrifié pour l‘indépendance de ce pays. Bourguiba s’inscrivait dans un continuum de lutte pour la liberté et la dignité qui s’était enclenché bien avant lui.</p>



<p>Un continuum qui a débuté par l’affaire du Djallez en 1911, pour se poursuivre avec les manifestations du 9 avril 1938, le bombardement de Sakiet Sidi Youssef, le 8 février 1958, et la bataille de Bizertele 17 juillet 1961.</p>



<p>Auriez-vous oublié tous ces milliers d’anonymes qui sont tombés pour que notre pays soit libre et indépendant ?</p>



<p>Auriez-vous oublié les figures de proue qui ont jalonné le mouvement national : celles de Abdellaziz Thaalbi, fondateur du Destour, Tahar Sfar, Mahmoud El-Materi, Bahri Guiga, Slimane Ben Slimane, Salah Ben Youssef, Habib Thameur, Ferhat Hached, Moncef Bey, Ahmed Tlili, ainsi que Bchira Ben Mrad, Wassila Bourguiba, Chérifa Messaadi et j’en passe et des meilleurs.</p>



<p>À tous ceux-là vous avez tourné le dos et affiché votre mépris. Un mépris qui frise l’arrogance.</p>



<p>Le samedi 20 mars 2021 était une journée tout-à fait ordinaire, même triste, sous un ciel lourd et pesant, assombri, de surcroît, par la sinistrose d’une double crise économique et sanitaire.</p>



<p>Et pourtant, on aurait voulu vivre un moment de fierté et de liesse. On aurait aimé voir les rues de notre capitale et nos villes pavoisées aux couleurs nationales. On aurait aimé vous entendre parler avec emphase et fierté du récit de notre histoire contemporaine. On aurait aimé voir notre ciel illuminé par des feux d’artifices. On aurait aimé vivre notre 14-Juillet à l’unisson. Mais hélas, ce fut le contraire.</p>



<p>Aux multiples frustrations que nous subissons vient s’ajouter encore une autre. Le samedi 20 mars 2021 était une journée comme toutes les autres, avec son lot de soupçons et de vindictes, de parjures et d’insultes.</p>



<p>Quel souvenir auront nos enfants de cet évènement une fois adultes ? Aucun. Qu’a-t-on à leur dire et à leur raconter? Est-ce encore une occasion manquée avec notre histoire contemporaine?</p>



<p>Monsieur le Président de là où vous êtes, n’êtes-vous pas redevable, comme nous tous, à ceux qui ont sacrifié leur temps, leur jeunesse et leur vie pour que nous devenions ce que nous sommes aujourd’hui ?</p>



<p>Mal vous en a pris. En dévoyant cette fête nationale, n’êtes-vous pas en train d’accréditer l’idée saugrenue, celle qui prétend que nous sommes loin d’avoir acquis notre entière souveraineté. Laquelle idée siffle à bas bruit comme un larsen depuis la prétendue révolution du 14-Janvier 2011.</p>



<p>Enfin pour parler d’honnêteté, une valeur chère à votre cœur, par laquelle vous avez séduit vos électeurs, sachez monsieur le Président de la République que rendre hommage aux pères fondateurs de notre nation relève aussi d’une autre honnêteté, celle-ci intellectuelle? Car la propreté morale, à elle seule, ne suffit pas. Elle doit aller de pair avec des valeurs telles que la gratitude et la reconnaissance envers les sacrifices consentis par les anciens.</p>



<p>Ça fait dix longues années que nous avons été empêchés de rêver d’une Tunisie meilleure. Alors de grâce, soyez, dorénavant, le gardien de notre mémoire collective.</p>



<p>Vous nous éviteriez certainement de mourir une deuxième fois.</p>



<p><em>*Retraité de la Cité des Sciences de Tunis, ministère de l&rsquo;Enseignement supérieur.</em></p>



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