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	<title>Archives des Touaregs - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Touaregs - Kapitalis</title>
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		<title>Numides, Berbères, Amazighs &#124; Enjeux terminologiques pour un roman historique</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 10 Jun 2026 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour définir la population d'Afrique du Nord, trancher entre Numides, Berbères et Amazighs relève autant de l'histoire que de la politique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/numides-berberes-amazighs-enjeux-terminologiques-pour-un-roman-historique/">Numides, Berbères, Amazighs | Enjeux terminologiques pour un roman historique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Quelques lecteurs de <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/16/la-saga-massyle-aux-confins-de-carthage-au-coeur-de-la-tunisie/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">‘‘La Saga Massyle’’ </a>ont pris la peine de me contacter pour obtenir des éclaircissements sur l’absence de recours aux termes de «Numides, Berbères, Amazighs» dans mon roman. Cette abstention est justifiée, elle est le résultat d’une recherche approfondie, pour éviter d’utiliser des désignations de manière interchangeable ou anachronique en évoquant des populations nord-africaines de l’antiquité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Ridha Ben Slama</strong> *</p>



<span id="more-18892682"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg" alt="" class="wp-image-16957652" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/07/Ridha-Ben-Slama-2-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p class="wp-block-paragraph">Pour garantir l’authenticité d’un roman historique comme <em>‘‘La Saga massyle’’,</em> le choix du terme adéquat pour désigner la population du royaume n’est pas une question anodine. Trancher entre <em>«Numides, Berbères et Amazighs»</em> constitue un défi à la fois historique, linguistique et politique. Chaque appellation porte une charge temporelle et symbolique bien précise et son emploi anachronique peut trahir une réalité que le roman cherche précisément à restituer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’analyse de la justesse historique et linguistique de ces termes révèle un décalage important entre la perception des observateurs gréco-romains de l’Antiquité et la réalité sociopolitique des populations autochtones de l’Afrique du Nord. L’examen détaillé, de la pertinence de ces appellations, a été effectué en recourant aux travaux de plusieurs chercheurs.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les termes <em>«Numide»</em> et <em>«Numidie»</em> ne sont pas des endonymes – c’est-à-dire des noms que ce peuple s&rsquo;est donné lui-même –, mais des exonymes créés par les Grecs anciens (<em>Nomados</em>, Νoμάδες) puis latinisés par les Romains (<em>Numidae</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les Grecs, ce mot désignait littéralement les <em>«nomades»</em>, ceux qui vivent de l’élevage itinérant et déplacent leurs troupeaux selon les saisons. Cette étymologie est aujourd’hui largement contestée par les historiens modernes qui la jugent abusive ou inexacte.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un cliché orientalisant</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dès la haute Antiquité, ces populations – notamment les Massyles et les Massaesyles – n’étaient pas uniquement des pasteurs errants. Elles possédaient une culture agricole développée, cultivaient le blé et s’organisaient autour de structures villageoises et urbaines sédentaires bien avant l’unification du royaume. Qualifier ce peuple de <em>«nomade»</em> revient donc à effacer sa complexité économique et sociale au profit d’un cliché orientalisant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Par ailleurs, parler de <em>«la Numidie»</em> comme d’une entité homogène pour la période préromaine manque de précision historique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’origine, le territoire était fragmenté en plusieurs entités tribales distinctes. Les deux principales étaient les Massaesyles à l’ouest (bassin de la Moulouya jusqu’à la Tafna/Chélif) et les Massyles à l’est (jusqu’aux frontières territoriales de Carthage), dont est issu le lignage de Zelalsen.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’appellation politique globale de <em>«Numidie»</em> ne prend un sens géopolitique réel qu’à partir du règne du roi Massinissa (202 à 148 av. J.-C.), qui, en s’alliant à Rome lors de la deuxième guerre punique, unifie les deux royaumes rivaux et fait passer la <em>«Numidie»</em> du statut de simple concept géographique grec à une réalité politique et territoriale.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="F7siIGSBTM"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/16/la-saga-massyle-aux-confins-de-carthage-au-coeur-de-la-tunisie/">‘‘La Saga Massyle’’ | Aux confins de Carthage, au cœur de la Tunisie</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La Saga Massyle’’ | Aux confins de Carthage, au cœur de la Tunisie » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/16/la-saga-massyle-aux-confins-de-carthage-au-coeur-de-la-tunisie/embed/#?secret=jLm0Bebjkr#?secret=F7siIGSBTM" data-secret="F7siIGSBTM" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ainsi, la justesse géographique du terme <em>«numide»</em> varie considérablement selon l’époque à laquelle on se réfère. Sous Zelalsen et son fils Gaya, le royaume s’étendait de Sarim Batim (actuelle Constantine) à la lisière du territoire carthaginois. Sous Massinissa, le domaine royal se déployait de l’est de l’actuel Maroc jusqu’aux portes de la Libye, englobant une grande partie du nord de la Tunisie et de ce qui est devenu l’Algérie actuelle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la défaite de Jugurtha (105 av. J.-C) et l’intégration progressive à l’Empire romain, la <em>«Numidie»</em> fut morcelée. Jules César créa l’<em>Africa Nova</em>. Plus tard, l’administration de l’Empire circonscrit la <em>«province romaine de Numidie»</em> à une zone beaucoup plus restreinte, dissociée de la Maurétanie à l’ouest et de la Proconsulaire à l’est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, cette appellation <em>«Numide»</em> est doublement problématique&nbsp;: elle réduit un peuple d’agriculteurs, de bâtisseurs et de cavaliers émérites à de simples <em>«nomades»</em>, et elle projette rétrospectivement sur les périodes antérieures une dénomination qui ne prend sens qu’à partir du II<sup>e</sup> siècle av. J.-C. Pour toutes ces raisons, le terme a été écarté du roman <em>‘‘La Saga massyle’’</em>.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ancêtre éponyme légendaire </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme <em>«Amazigh»</em> (au pluriel <em>Imazighen</em>) pose lui aussi d’importants défis historiographiques, linguistiques et politiques. Il est aujourd’hui privilégié comme un endonyme valorisant en réaction au mot <em>«Berbère»</em> (issu du gréco-latin <em>Barbarus</em>, <em>«sauvage/étranger»</em>), son utilisation universalisante pour désigner l’ensemble des populations autochtones d’Afrique du Nord soulève plusieurs difficultés historiographiques et linguistiques majeures.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Historiquement, ces populations ne se définissaient pas à travers une identité pan-berbère unique, mais par leurs affiliations tribales, régionales ou dialectales. Le mot <em>Amazigh</em> ou ses variantes (<em>Amahagh</em>, <em>Amacheq</em>) n’était utilisé de manière continue que par certains groupes spécifiques, notamment les Touaregs et certaines tribus du Maroc central ou du Rif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les chroniqueurs arabes médiévaux, à l’image d’Ibn Khaldoun, utilisaient presque exclusivement le terme <em>Barbar</em> (Berbères) pour désigner l’ensemble de ces peuples. Le mot <em>Mazîgh</em> n’y apparaissait que sous une forme mythologique, désignant l’ancêtre éponyme légendaire de la race. L’extension du terme <em>Amazigh</em> à l’ensemble des berbérophones (Kabyles, Chaouis, Mozabites, Chleuhs, Rifains, Touaregs, Siwis) est une construction politique et académique récente, née dans la seconde moitié du XX<sup>e</sup> siècle, elle est portée par des mouvements culturels, notamment l’Académie berbère (<em>Agraw Imaziɣen</em>), fondée à Paris en 1966, par un groupe d’intellectuels et de militants, principalement kabyles. Le projet est porté par l’écrivain et ancien officier de l’ALN Mohand Arav Bessaoud (secrétaire de l’association), le linguiste Mohand Saïd Hanouz (président) et des militants comme Abdelkader Rahmani, Youcef Medkour ou Amar Naroun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’affirmation quasi systématique selon laquelle <em>Amazigh</em> signifie textuellement <em>«homme libre»</em> est scientifiquement contestée par les linguistes. En linguistique historique berbère, la racine M-Z-Ɣ est originellement liée aux notions de <em>«noblesse»</em>, de<em> «courage»</em> ou de <em>«dignité»</em> (<em>mmuzeɣ</em> : être noble / généreux). C’est l’explorateur et diplomate Léon l’Africain qui, au XVI<sup>e</sup> siècle, qui a popularisé en Europe la traduction par <em>«homme libre»</em>. Les <em>«mouvements militants»</em> contemporains ont largement adopté cette traduction, car elle offrait un contrepoint politique parfait à l’histoire des dominations successives et au sens péjoratif du mot <em>«berbère»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan de la justesse historique, le mot est lié aux Mazices (ou <em>Mazyces</em>, <em>Maxyes</em>), une confédération tribale antique signalée par les auteurs gréco-romains (comme Hérodote). Le problème réside dans le fait que les Romains utilisaient <em>«Mazices»</em> pour désigner une tribu spécifique, souvent située vers la Tripolitaine ou la Maurétanie Césarienne, et non pour qualifier l’ensemble des populations de l’Afrique du Nord.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Utiliser <em>Amazigh</em> pour englober toute l’Antiquité nord-africaine revient à appliquer de manière rétroactive le nom d’une fraction à la totalité du peuple.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, le terme <em>«Berbère»</em> est directement issu du grec <em>Barbaros</em> et du latin <em>Barbarus</em>, terme désignant initialement tout étranger ne parlant pas grec — par imitation onomatopéique incompréhensible —, puis rapidement connoté de <em>«sauvage»</em> ou <em>«inculte»</em>. Adopté par les Arabes sous la forme <em>Barbar</em>, il fut massivement employé par les chroniqueurs médiévaux comme Ibn Khaldoun, qui consacra aux peuples berbères une large partie de ses <em>Prolégomènes</em> (<em>Muqaddima</em>).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le terme <em>«Amazigh»</em> plaque un concept d’unité nationale et philosophique moderne (<em>«les hommes libres de Tamazgha») </em>sur une Antiquité et un Moyen Âge où la réalité était avant tout celle d’un archipel de confédérations locales indépendantes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La colonisation oppose Arabes et Berbères </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sous la colonisation française, le terme <em>«Berbère»</em> devint un outil politique, appliqué par l’administration pour désigner les populations jugées non arabes et potentiellement assimilables à la civilisation occidentale. Comme <em>«Numide»</em> et <em>«Amazigh»</em>, le terme <em>«Berbère»</em> recouvre une réalité extrêmement hétérogène.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les populations dites berbérophones partagent certes des langues de la même famille linguistique (<em>le berbère ou tamazight</em>), mais leurs structures sociales, leurs organisations politiques et leurs pratiques culturelles différaient considérablement d’une région à l’autre, et d’une époque à une autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’instrumentalisation coloniale de l’identité berbère – que l’historiographie moderne qualifie de <em>«politique berbère»</em> ou de <em>«mythe berbère»</em> – constitue l’un des exemples les plus documentés de la stratégie du <em>«diviser pour régner»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour asseoir sa domination en Afrique du Nord, l’administration coloniale française (principalement en Algérie et au Maroc) a cherché à fracturer la société autochtone en opposant artificiellement deux blocs : les Arabes et les Berbères. Dès le XIX<sup>e</sup> siècle, les bureaux arabes et l’armée coloniale théorisent une différenciation raciale et sociologique entre les populations des plaines et celles des montagnes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les idéologues coloniaux présentent le <em>Berbère</em> comme travailleur, sédentaire, attaché à sa terre, démocrate (via les assemblées de villages ou <em>Djemâas</em>) et superficiellement islamisé. On lui invente parfois de lointaines racines chrétiennes ou européennes (gothiques, romaines) pour justifier une supposée proximité avec l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’inverse, l’<em>Arabe</em> est dépeint par la vulgate coloniale comme nomade, paresseux, fataliste et profondément soumis au dogme religieux. Cette grille de lecture visait à prouver que les Kabyles étaient <em>«assimilables»</em> à la civilisation française, à l’inverse des Arabes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au Maroc, sous le protectorat du Maréchal Lyautey puis de ses successeurs, cette doctrine s’est traduite par une tentative de ségrégation juridique institutionnelle. Le 16 mai 1930, les autorités françaises font signer au jeune sultan Mohammed V un décret resté célèbre : le Dahir berbère. Ce texte soustrait les tribus amazighes de l’Atlas au droit musulman classique (la <em>Charia</em>) et à l’autorité des tribunaux du Sultan (le <em>Makhzen</em>), pour les soumettre au droit coutumier berbère (<em>Izref</em>) et aux tribunaux pénaux français.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Loin de diviser le pays, le Dahir berbère provoque une immense vague de protestations pan-marocaines. Les intellectuels arabophones et les chefs de tribus amazighes s’unissent pour dénoncer une tentative d’évangélisation forcée et de partition de l’Empire chérifien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’amazighité comme revendication politique  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cet évènement marque l’acte de naissance du Mouvement national marocain moderne. Bien que la France ait cherché à flatter la spécificité culturelle amazighe pour des raisons géopolitiques, son action sur le terrain n’a jamais visé le développement de l’amazighité en tant que culture souveraine.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="u3MPxMaTEL"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/">Carthage, la «Tunisienne» | Nos ancêtres les Massyles (2-2)</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Carthage, la «Tunisienne» | Nos ancêtres les Massyles (2-2) » — Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/06/carthage-la-tunisienne-nos-ancetres-les-massyles-2-2/embed/#?secret=j2T425EEFy#?secret=u3MPxMaTEL" data-secret="u3MPxMaTEL" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">La création de chaires d’études berbères à Alger ou à Rabat servait avant tout à fournir du renseignement militaire et ethnographique pour mieux contrôler les populations. L’<em>«école de la République»</em> imposait le français, tandis que l’administration coloniale unifiait ses documents officiels en français ou en arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’impact le plus lourd de cette instrumentalisation s’est fait sentir après la décolonisation. Les régimes postindépendance, obnubilés par l’unité nationale et dont certains étaient acquis à l’idéologie du panarabisme, ont perçu toute revendication culturelle ou linguistique comme une <em>«création coloniale»</em> ou une tentative de division fomentée par l’Occident.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette suspicion historique a lourdement pesé pour la reconnaissance officielle de la langue et de l’identité <em>«amazighes»</em> au Maroc et en Algérie jusqu’au début des années 2000, avec l’officialisation du tamazight dans la Constitution marocaine de 2011 et la Constitution algérienne de 2016.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quant à la création du drapeau amazigh (appelé <em>Anay Amaziɣ</em>), c’est une aventure militante, artistique et politique née au cœur de l’exil parisien des années 1960 et 1970. Conçu à l’origine comme un emblème associatif discret, il est devenu le symbole transnational de l’identité, reliant les populations de l’oasis de Siwa en Égypte jusqu’aux îles Canaries. Le drapeau est indissociable de l’Académie Berbère (<em>Agraw Imaziɣen</em>), une association fondée à Paris en 1966. Face à la politique d’arabisation stricte menée par les régimes post-indépendance en Algérie, ces exilés cherchent à conceptualiser une identité visuelle et culturelle commune.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est précisément au courant de l’année 1970 que l’Académie Berbère concevait et présentait la toute première mouture de ce drapeau. Une partie de la symbolique des couleurs s’inspire de bannières plus anciennes. Amar Naroun mentionne notamment un étendard tricolore similaire brandi par son grand-père lors de l&rsquo;insurrection de 1854 en Kabylie, menée par la résistante Lalla Fadhma N’Soumer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1971, le design se fige avec l’ajout central d&rsquo;un glyphe de l’alphabet tifinagh : la lettre ⵣ (le <em>Yaz</em>), tracée en rouge vif. Chaque élément de la bannière a été pensé pour représenter <em>Tamazgha</em>, le territoire historique des <em>«Berbères»</em>, à travers sa géographie et sa philosophie. Le bleu (bande supérieure)représente la mer Méditerranée et l’océan Atlantique, les frontières maritimes du monde amazigh. Le vert (bande centrale) symbolise la nature, la fertilité de la terre et les montagnes verdoyantes (le Tell, le Rif, l’Atlas). Le jaune (bande inférieure) évoque le sable chaud du vaste désert du Sahara, territoire des Touaregs. Le Yaz rouge (ⵣ) : Cette lettre de l’alphabet néo-tifinagh correspond au son « Z ». Placée au centre, elle représente l’être humain debout, reliant le ciel et la terre. Sa couleur rouge symbolise la vie, la dignité (concept d’<em>Asfel</em>) et le sang versé par les ancêtres pour préserver leur culture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce drapeau devient un symbole de ralliement public fort lors du Printemps berbère de 1980 en Algérie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1997, le Congrès Mondial Amazigh (CMA) se réunit à Tafira, dans les îles Canaries. Les délégués venus de tous les pays d’Afrique du Nord et de la diaspora décident d’adopter formellement comme le drapeau culturel et identitaire officiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le 30 août est célébré internationalement par les militants comme la Journée mondiale du drapeau amazigh.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En résumé, aucun des trois termes n’est pleinement satisfaisant à l’échelle de l’Antiquité :</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; «Numide»</em> est un exonyme gréco-latin fondé sur une étymologie erronée, qui ne correspond à une réalité géopolitique cohérente qu’à partir du II<sup>e</sup> siècle av. J.-C.&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; «Amazigh»</em> est un endonyme valorisant, mais son usage pan-identitaire est une construction politique du XX<sup>e</sup> siècle, anachronique pour l’Antiquité&nbsp;;</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>&#8211; «Berbère»</em> est un terme péjoratif d’origine étrangère, largement instrumentalisé par la colonisation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour un roman historique situé dans l’Antiquité, la solution la mieux préconisée consiste à employer les dénominations tribales et régionales telles qu’elles existaient dans les sources antiques : Massyles, Massaesyles, Garamantes, Nasamons, Musulamii, etc. Ces appellations permettent de restituer la diversité réelle des peuples d’Afrique du Nord, sans projeter sur eux des catégories anachroniques — qu’elles soient gréco-romaines, arabes médiévales ou militantes contemporaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Ecrivain. </em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Note&nbsp;:</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>1-&nbsp;&nbsp; Salem Chaker, «Origine(s) berbère(s) : Linguistique et préhistoire», Encyclopédie berbère [En ligne], 35 | 2013. Hélène Claudot-Hawad, Gabriel Camps, Jehan Desanges…</em></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/06/10/numides-berberes-amazighs-enjeux-terminologiques-pour-un-roman-historique/">Numides, Berbères, Amazighs | Enjeux terminologiques pour un roman historique</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 04 May 2026 08:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Youssou N’Dour]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis 2012, le Mali vit au rythme de l’insurrection des Touaregs du Front de libération de l’Azawad et le JNIM, lié à Al-Qaïda.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/">La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Depuis 2012, le Mali vit au rythme de l’insurrection menée par les Touaregs du Front de libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, groupe lié à Al-Qaïda. En 2020, des officiers soutenus par la Russie ont mené un coup d’État contre le pouvoir civil de Ibrahim Boubacar Keïta estimant que ce pouvoir soutenu par la France a échoué dans la lutte contre l’alliance des séparatistes et des djihadistes. Cependant, depuis six ans, la junte militaire qui a fait appel à Wagner -remplacé depuis par Africa Corps, un autre groupe paramilitaire russe- a elle-même complètement échoué et la situation n’a fait que se dégrader. </em></strong><em>(Photo : Monument à la gloire de l&rsquo;armée malienne à Bamako. AFP/Getty).</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-18725773"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Dans une enquête sur la situation au Mali, <a href="https://www.theguardian.com/world/2026/apr/30/mali-bamako-violence" target="_blank" rel="noreferrer noopener">The Guardian</a> évoque le <em>«Grand Bal de Bamako»</em>, nom donné par les organisateurs à la soirée du samedi 25 avril 2026 à l’Hôtel de l’Amitié, dans la capitale malienne, qui devait faire la une des journaux du pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De nombreux sponsors, dont Orange Mali, filiale locale de l’opérateur français, avaient financé l’événement. Les organisateurs espéraient qu’il démontrerait la capacité du Mali à organiser de grands événements malgré une crise sécuritaire qui sévit sur plusieurs fronts. La veille du concert, un convoi de voitures est venu chercher la tête d’affiche, le chanteur sénégalais Youssou N’Dour, lauréat d’un Grammy Award, à l’aéroport international Modibo Keita.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Combats entre insurgés et forces de sécurité</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Finalement, N’Dour, l’une des voix les plus célèbres du continent, n’a pas pu se produire. Avant le début du concert, les invités se sont levés des tables nappées de blanc et ont quitté les lieux, après avoir appris que la junte au pouvoir avait imposé un couvre-feu de 72 heures dans toute la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>«Nous sommes confrontés à une situation qui nous échappe»</em>, a déclaré l’organisateur principal. Abdoulaye Guitteye a déclaré sur scène : <em>«Nous avons vraiment fait de notre mieux, nous avons essayé»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le couvre-feu a été instauré en réponse à une attaque coordonnée contre plusieurs villes maliennes, menée par une alliance improbable de djihadistes et de séparatistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Bamako, les habitants se sont réveillés à l’aube au son des tirs, le Front de libération de l’Azawad (FLA) et le JNIM, groupe lié à Al-Qaïda, ayant pris pour cible l’aéroport par lequel N’Dour était arrivé. Selon certaines sources, la junte aurait accordé une autorisation spéciale pour la réouverture temporaire de l’aéroport afin que le chanteur puisse rejoindre Dakar.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6iJ30LAp57"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/26/troubles-au-mali-la-tunisie-doit-securiser-ses-frontieres-terrestres/">Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Troubles au Mali | La Tunisie doit sécuriser ses frontières terrestres ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/04/26/troubles-au-mali-la-tunisie-doit-securiser-ses-frontieres-terrestres/embed/#?secret=SrOXVq46Jq#?secret=6iJ30LAp57" data-secret="6iJ30LAp57" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Un kamikaze tue le ministre de la Défense</h2>



<p class="wp-block-paragraph">À Kati, ville de garnison hautement sécurisée située à seulement 15 kilomètres de Bamako, de violents combats ont éclaté entre insurgés et forces de sécurité devant la résidence du ministre de la Défense, Sadio Camara. Un kamikaze a ensuite lancé une voiture piégée contre la propriété, tuant Camara et plusieurs membres de sa famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Depuis 2012, le Mali est confronté à une grave crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, ainsi que par des bandes criminelles locales et des groupes indépendantistes. Le JNIM a imposé un blocus de carburant sévère à Bamako l’année dernière mais celui-ci s’était allégé dans la période précédant les attaques du samedi 25 avril.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Camara était une figure clé de la junte et un russophone considéré comme l’artisan du rapprochement de la junte avec la Russie, en particulier son accord avec le groupe de mercenaires Wagner –qui s’est ensuite transformé en Africa Corps, contrôlé par le Kremlin– pour assurer la protection du régime et un soutien à la lutte contre l’insurrection.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’instar de ses voisins, le Burkina Faso et le Niger, le Mali avait expulsé les forces françaises et américaines après le coup d’État qui a porté la junte au pouvoir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il y a forcément des complices</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les théories du complot se répandent librement : certains affirment que les djihadistes disposaient de sources proches de Camara qui les ont aidés à pénétrer dans son complexe lourdement gardé. <em>«Les militaires eux-mêmes admettent qu’il y avait forcément des complices»</em>, a déclaré au <em>Guardian</em> un consultant basé à Bamako, sous couvert d’anonymat.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des attaques simultanées ont eu lieu dans des villes et des villages de tout le pays, notamment à Gao, Mopti, Sévaré et Bourem.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À Kidal, ancien bastion séparatiste près de la frontière avec le sud de l’Algérie, l’armée malienne et l’Africa Corps ont été submergées par les combattants. Les autorités algériennes auraient aidé les troupes à négocier leur retrait de la ville.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces attaques –les plus importantes perpétrées dans le pays depuis près de 15 ans– marquent une nouvelle escalade d’un conflit qui a débuté en 2012.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des Touaregs, se sentant marginalisés depuis l’indépendance du Mali en 1960, ont alors lancé une offensive, aidés par des armes récupérées après la chute du régime Kadhafi en Libye. Des extrémistes du nord ont ensuite instrumentalisé le soulèvement et l’ont amplifié à tel point que les interventions de l’armée française et d’une force de maintien de la paix de l’Onu n’ont pas permis de rétablir l’ordre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce conflit a également conduit à trois coups d’État successifs dont celui de mai 2021 qui a porté Assimi Goïta à la tête de l’État. Quelques années plus tard, il a retiré le Mali de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), en même temps que ses homologues chefs de junte au Burkina Faso et au Niger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Goïta est resté introuvable, alimentant les spéculations : les rebelles auraient-ils déjoué les plans des mercenaires turcs qui le protégeaient ? Ou bien aurait-il été destitué par ses complices putschistes ?</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les Russes à la manœuvre</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mardi après-midi, Goïta a démenti les rumeurs en réapparaissant sur une photo le montrant en compagnie de l’ambassadeur de Russie, photo publiée par la présidence malienne sur X. Il s’est ensuite adressé à la nation, déclarant : <em>«Le plan meurtrier de l’ennemi a été déjoué»</em>. <em>«Ces attaques ne sont pas des incidents isolés mais s’inscrivent dans un vaste plan de déstabilisation conçu et mis en œuvre par des groupes terroristes et des commanditaires, tant extérieurs qu’intérieurs, qui leur fournissent renseignements et soutien logistique»</em>, a-t-il déclaré, reprenant le discours du ministère de la Défense russe, qui affirmait, sans preuve, avoir déjoué un coup d’État soutenu par les forces occidentales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les autorités de Bamako et de Moscou ont confirmé des pertes civiles et militaires, sans toutefois communiquer de chiffres précis. L’armée a également annoncé avoir tué plus de 200 terroristes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Selon les analystes, les Russes vont désormais se concentrer sur la protection de la capitale et de la présidence. Le consultant basé à Bamako doute que la capitale puisse être prise compte tenu de la supériorité numérique des Russes mais il sait que la menace est omniprésente. <em>«Les djihadistes et les séparatistes connaissent les montagnes et les sentiers mieux que l’armée et se déplacent à moto. Ils maîtrisent la situation. Ils s’y étaient préparés»</em>, explique-t-il.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tandis que la population poursuit ses activités quotidiennes, la ville reste en état d’alerte maximale. <em>«Ce matin encore, les enfants sont allés à l’école mais la panique règne et beaucoup de gens restent chez eux»</em>, a déclaré le consultant, qui vit dans une banlieue de Bamako et n’a pas quitté son domicile depuis samedi 25 avril.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur les réseaux sociaux, des vidéos circulent, montrant des djihadistes exhortant la population, en bambara (la langue la plus parlée du pays), à ne pas quitter la capitale. Une vidéo, accompagnée d’une musique entraînante, semble montrer un combattant en train de taguer les panneaux du gouvernement dans le centre de Kidal, tout en faisant le signe de la paix face à la caméra. <em>The Guardian</em> n’a pas pu vérifier l’authenticité de ces images.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Tout au long de la journée du samedi 25 avril, les organisateurs du concert ont résisté aux appels à l’annulation de l’événement face à l’évolution rapide de la situation sécuritaire, notamment parce que le lieu, situé à quelques rues de l’ambassade de France, est considéré comme l’un des plus sûrs de la capitale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette volonté de maintenir le concert témoigne du désir, partagé par de nombreux habitants de Bamako, de mener une vie aussi normale et dynamique que possible. Cette attitude est encouragée par la junte qui cherche depuis longtemps à projeter une image de stabilité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Continuer à vivre malgré tout</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre, alors même que le blocus des carburants bouleversait le quotidien de millions de personnes, une biennale se tenait dans la cité antique de Tombouctou. Et le week-end dernier, des couples ont célébré leurs mariages à Bamako malgré les violences.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une habitante de Bamako, présente au festival de Tombouctou, a déclaré cette semaine : <em>«Voici ce que je dis aux gens : Soit nous choisissons de vivre, soit nous choisissons de rester terrorisés. Beaucoup ont également écrit sur les réseaux sociaux : Nous ne céderons pas, nous devons résister, nous devons continuer à vivre!»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est à indiquer que les groupes paramilitaires russes qui se sont succédés à savoir Wagner puis Africa Corps afin de soutenir la junte militaire pro-russe ont non seulement échoué à mater l’insurrection menée par l’alliance des séparatistes et des djihadistes mais ont perpétré beaucoup de crimes au nord du Mali comme nous l’avons vu dans un précèdent article intitulé <em><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/12/les-crimes-sans-fin-des-mercenaires-russes-au-mali/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">«Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali»</a></em>.</p>



<figure class="wp-block-embed alignleft is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="nv3apuA6WP"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/12/les-crimes-sans-fin-des-mercenaires-russes-au-mali/">Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les crimes sans fin des mercenaires russes au Mali » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/12/les-crimes-sans-fin-des-mercenaires-russes-au-mali/embed/#?secret=u5NBl6bV0M#?secret=nv3apuA6WP" data-secret="nv3apuA6WP" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/05/04/la-descente-aux-enfers-du-mali-ne-sarrete-pas-depuis-2012/">La descente aux enfers du Mali ne s’arrête pas depuis 2012</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Après sa déculottée au Mali, l’image de Wagner sérieusement écornée</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/apres-sa-deculottee-au-mali-limage-de-wagner-serieusement-ecornee/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 05 Nov 2024 09:56:13 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Afrique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La déculottée du Wagner au Mali est un revers pour la Russie qui a fait de ce groupe de mercenaires son outil d’influence en Afrique.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/apres-sa-deculottee-au-mali-limage-de-wagner-serieusement-ecornee/">Après sa déculottée au Mali, l’image de Wagner sérieusement écornée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Sale temps pour le célèbre groupe de mercenaires russes auxquels plusieurs pays africains ont fait appel après les coups d’État militaires qui ont exigé le départ des troupes françaises intervenant notamment au Mali depuis 2012. Ce groupe qui a toujours développé l’image de dur à cuire voit son image sérieusement compromise après une déculottée dans le nord du Mali rendant la mission qui lui été assignée de mater la rébellion dans ce territoire difficile à atteindre. Cette déculottée est par ricochet un revers pour Moscou qui a fait de Wagner son outil d’influence sur le continent africain.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Imed Bahri&nbsp;</p>



<span id="more-14537354"></span>



<p class="wp-block-paragraph">Une enquête menée par le journal américain <a href="https://www.nytimes.com/2024/11/01/world/africa/russia-wagner-mercenaries-mali.html">The New York Times</a> considère que l’image des mercenaires russes de Wagner, connus depuis longtemps pour leur solide réputation, s’est effondrée en Afrique après avoir subi une défaite majeure au Mali en juillet dernier face à des groupes armées de ce pays du Sahel.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>NYT</em> explique dans&nbsp; cette enquête menée par 4 de ses correspondants que la défaite subie par Wagner était inattendue et s’est soldée par de lourdes pertes dans le nord du pays lors d’une bataille acharnée contre les groupes azawadiens (l’Azawad est un territoire presque entièrement désertique situé dans le Nord du Mali recouvrant des zones sahariennes dont les Touaregs réclament l’indépendance).&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête fait état de la perte d’au moins 46 combattants parmi les mercenaires de Wagner en plus de la mort de 24 soldats de l’armée malienne alliée à Wagner ce qui est considéré comme l’un des plus grands échecs que le groupe ait subi en Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le journal américain ajoute que cette bataille est l’une des étapes les plus importantes qui ont révélé les défis auxquels Wagner est confronté face au terrain accidenté du Mali car elle a démontré sa capacité limitée à affronter les groupes armés locaux qui combattent en utilisant des méthodes de guérilla.</p>



<h2 class="wp-block-heading">De lourdes pertes humaines</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le rapport indique que les groupes de l’Azawad connaissaient bien la nature de la région et utilisaient cet atout à leur avantage ce qui leur permettait d’infliger de lourdes pertes aux mercenaires de Wagner et à l’armée malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le groupe Wagner, considéré comme le bras militaire de la Russie en Afrique, cherchait à étendre son influence au Mali et à combler le vide sécuritaire laissé par le retrait des forces françaises. Cependant, ses revers ont commencé à soulever des questions sur sa capacité à apporter la stabilité dans les zones en difficulté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La bataille de juillet n’était pas seulement un incident isolé mais plutôt une partie d’une série de combats acharnés entre Wagner et les groupes opposés à sa présence dans le nord du Mali. Ces violents affrontements entre les deux parties constituent une menace pour l’existence de l’organisation militaire qui n’a pas encore réussi à imposer son contrôle absolu sur la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Des correspondants ont rapporté que cette bataille avait donné lieu à la publication en ligne de vidéos choquantes montrant les corps des combattants de Wagner après cette défaite majeure. Ces scènes se sont rapidement répandues sur les réseaux sociaux ébranlant la forte image du groupe et soulevant des questions sur sa compétence au combat.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="lbu78Iwdda"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/27/ce-que-la-russie-peut-offrir-a-lafrique/">Ce que la Russie peut offrir à l’Afrique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ce que la Russie peut offrir à l’Afrique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/07/27/ce-que-la-russie-peut-offrir-a-lafrique/embed/#?secret=vCNfxEfkEA#?secret=lbu78Iwdda" data-secret="lbu78Iwdda" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Ces vidéos -diffusées par les combattants rebelles- montraient les corps des mercenaires de Wagner gisant au sol et exposaient indirectement à un choc violent l’image que le groupe tentait de véhiculer comme une force imbattable car Wagner a du mal à faire face à cette campagne d’autant plus que ses pertes documentées par l’audiovisuel rendent difficile de nier l’ampleur de la défaite subie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’enquête rapporte que les pertes de Wagner n’affectaient pas seulement l’image militaire du groupe mais également ses efforts de recrutement de nouveaux membres car l’entreprise comptait auparavant sur sa réputation de force militaire pour assurer la sécurité relative de ses recrues mais de nombreux candidats potentiels pour rejoindre la société de mercenaires ont commencé à hésiter après avoir regardé les vidéos qui révèlent les dures conditions de combat et les lourdes pertes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wagner a commencé à faire face à des défis majeurs pour conserver ses effectifs en particulier après le meurtre de personnalités qui ont joué un rôle majeur dans l’attraction des recrues. Ces pertes pourraient réduire le nombre de nouvelles recrues et entraver sa capacité à travailler efficacement au Mali et dans le reste de la région.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Russie pourrait réévaluer sa stratégie</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le <em>NYT</em> a indiqué que les dirigeants russes qui ont grandement soutenu Wagner en Afrique ont commencé à reconsidérer leur soutien après que le groupe ait montré son incapacité à étendre son contrôle total au Mali et que ses pertes pourraient pousser la Russie à réévaluer sa stratégie militaire sur le continent surtout si Wagner continuait à subir de telles pertes successives.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Wagner était considéré comme l’un des outils importants pour renforcer l’influence de la Russie en Afrique mais ses revers ont clairement affecté cette tendance et pourraient inciter Moscou à prendre des mesures correctives pour éviter de nouvelles crises.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La société de mercenaires s’est auparavant appuyée sur de multiples stratégies en Afrique pour renforcer sa présence notamment en fournissant un soutien militaire aux forces locales en échange de l’extraction de ressources naturelles. Cependant, le déclin du pouvoir de ce groupe pourrait affaiblir sa capacité à utiliser efficacement ces stratégies.&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs de l’enquête ont affirmé que la pression croissante exercée sur Wagner à la suite de ses pertes pourrait conduire à de nouvelles tensions entre la Russie et les pays africains qui dépendent du soutien militaire russe alors que de nombreux gouvernements de la région pourraient commencer à chercher des partenaires alternatifs pour garantir leurs intérêts ce qui pourrait avoir un impact significatif sur la stratégie de Moscou sur le continent africain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ils ont souligné que le sort de Wagner au Mali et dans d’autres régions d’Afrique est encore incertain notamment à la lumière du mécontentement croissant face à l’incapacité du groupe à atteindre ses objectifs déclarés ce qui signifie que Wagner doit prendre des mesures sérieuses pour reconstruire sa réputation de force militaire sérieuse notamment en améliorant son efficacité dans les combats et en s’adaptant aux types de combats des groupes armés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les auteurs de l’enquête concluent en affirmant que les réactions internationales à l’échec de Wagner au Mali ont été mitigées. Certains observateurs ont profité de cette occasion pour rappeler les risques associés à l’intervention militaire russe en Afrique. Également une amplification des critiques accrues pourraient conduire à des pressions sur les gouvernements qui continuent à traiter avec le groupe de mercenaires russes.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="tH4JBmJjXe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/18/comment-les-etats-unis-peuvent-ils-contrer-linfluence-chinoise-et-russe-en-afrique-du-nord/">Comment les Etats-Unis peuvent-ils contrer l’influence chinoise et russe en Afrique du Nord</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Comment les Etats-Unis peuvent-ils contrer l’influence chinoise et russe en Afrique du Nord » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/07/18/comment-les-etats-unis-peuvent-ils-contrer-linfluence-chinoise-et-russe-en-afrique-du-nord/embed/#?secret=0M6x84ym10#?secret=tH4JBmJjXe" data-secret="tH4JBmJjXe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/05/apres-sa-deculottee-au-mali-limage-de-wagner-serieusement-ecornee/">Après sa déculottée au Mali, l’image de Wagner sérieusement écornée</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>La décision injustifiée de la Cedeao contre le Mali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 26 Jan 2022 12:06:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le Mali est une langue de terre sur laquelle l’histoire a écrit, puis effacé, puis réécrit un inlassable roman, celui des premiers empires africains qui sont les nôtres. Comment, nous africains pouvons-nous être indifférents à la dure sanction de la Cedea contre le Mali, ce frère de toujours, ce voisin. Par Ould Amar Yahya *...</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/01/Le-18-octobre-2021-les-Maliens-defilaient-dans-les-rues-de-Bamako-en-opposition-a-une-intervention-militaire-etrangere-dans-leur-processus-democratique..jpg" alt="" class="wp-image-378459"/><figcaption><em>Le 18 octobre 2021, les Maliens défilaient dans les rues de Bamako en opposition à une intervention militaire étrangère dans leur processus démocratique.</em> <em>Reuters.</em></figcaption></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Le Mali est une langue de terre sur laquelle l’histoire a écrit, puis effacé, puis réécrit un inlassable roman, celui des premiers empires africains qui sont les nôtres. Comment, nous africains pouvons-nous être indifférents à la dure sanction de la Cedea contre le Mali, ce frère de toujours, ce voisin.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Par<strong> Ould Amar Yahya</strong> *</p>



<span id="more-378456"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/02/Ould-Amar-Yahya.jpg" alt="" class="wp-image-335526"/></figure></div>



<p class="wp-block-paragraph">Difficile pour nous d’imaginer que cette sanction puisse être considérée comme une partie de la réponse à la crise politique, dans laquelle le Mali se débat depuis des décennies avec des institutions républicaines inexistantes et une unité nationale réduite à un slogan vide.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le Mali n’a menacé aucun voisin</h2>



<p class="wp-block-paragraph">La situation du Mali n’exige nullement une telle sanction et aucune convergence des intérêts des pays de la Cedeao ne la dicte, simplement rien ne s’y est opposée&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sans doute, nos sages de la Cedeao comme Macky Sall et Alassane Ouattara doivent bien regretter cette terrible et injuste décision dont les conséquences sont dramatiques pour le peuple malien.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La Cedeao ne peut pas porter, plus dur coup au Mali, puisqu’elle sait qu’une intervention militaire au Mali, sur un champ de bataille méconnu de ses armées, demande beaucoup d’équipements, de moyens de renseignements et de logistique. Ce que ses armées n’ont pas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cependant, cette manière, de la Cedeao, de mettre en jeu les vies de millions de maliens épuisés par des années de guerres contre des groupes armées, contre la Covid et contre le sous-développement pour obtenir un agenda politique de retour à un ordre démocratie historiquement faible, est incompréhensible.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En 1919, le président américain Woodrow Wilson disait à propos de ce type de sanctions&nbsp;: <em>«En appliquant ce remède économique, pacifique, silencieux et meurtrier, nul besoin de recours à la force»</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rien n’est plus dangereux pour les pays de la Cedeao que de se désintéresser de la crise malienne, en fermant leurs frontières.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Eviter l&rsquo;écroulement de l’Etat malien </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Un écroulement de l’Etat malien aura de lourdes conséquences quant à la dissémination des groupes armées dans toute l’Afrique et la dislocation des pays limitrophes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Un tel séisme ne peut épargner l’Europe dont une partie de son avenir se joue sur son flanc sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La France qui avait, en 2013, sauvé Bamako d’une déferlante djihadiste, en quittant le Mali, abandonne la protection de ses citoyens et encourage – au détriment de l’avenir des intérêts de l’Europe – l’arrivée de partenaires russes et chinois en Afrique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les succès tactiques enregistrés ces dernières années dans la lutte contre les bandes armées au nord du pays, n’ont pu être transformés en victoire stratégique, du fait d’un manque de vision des dirigeants politiques qui n’ont pas su saisir l’opportunité de négocier en position de force.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le changement qui est intervenu à la tête de l’Etat malien pourrait dessiner une voie d’espérance qui, si elle est soutenue, aiderait les Maliens à élaborer la solution politique qui leur a toujours manqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut moralement demander aux Maliens de se resigner indéfiniment à leurs souffrances et à leur désespoir. Quand l’Etat est défaillant, l’armée reste le dernier détenteur de la légitimité nationale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aussi, aider aujourd’hui le Mali, c’est renforcer l’avenir de la stabilité des pays sahéliens et au-delà.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Nous sommes tous Maliens </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Si la Cedeao veut donner du sens à sa mission, elle doit penser aux conséquences&nbsp;désastreuses à court, moyen et long terme de sa décision de sanction du peuple malien et revenir rapidement sur celle-ci.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas un africain qui n’ait pas été choqué par la brutalité de cette sanction. Nous sommes tous Maliens&nbsp;!</p>



<p class="wp-block-paragraph"> La crise au Mali est complexe et dure depuis trop longtemps. Il y a un sentiment d’abandon, de marginalisation, de persécution de certaines ethnies et communautés par les autorités centrales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette situation est exploitée par les groupes armées qui pour mieux s’y dissimuler ont choisi la socialisation auprès des populations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une stratégie de&nbsp;réconciliation nationale, offrant une porte de sortie politique et économique aux groupes armés acceptant la négociation, accompagnée d’une autonomie large de l’Azawad et d’une plus grande intégration économique, politique et culturelle des différentes communautés et ethnies, est la voie à conseiller à nos frères maliens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Mali est malade de son incapacité à élaborer une telle solution politique, combinant négociation et répression des plus radicaux jusqu’au-boutistes, puisque la négociation à tout va peut être considérée comme une faiblesse et la répression toute seule a prouvé ses limites.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les limites de l’utilisation de la force  </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Les guerres contre les bandes armées dans différentes régions du monde ont montré les limites de l’utilisation de la force et la nécessité d’une négociation politique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les exemples des guerres en Irak, Afghanistan, Yemen et dans d’autres pays sont là pour le confirmer.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, il y a un vide politique au Mali qui probablement a motivé la mauvaise décision de sanction de la Cedeao.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le gouvernement de transition actuel, n’a pas encore la légitimité suffisante pour être considéré comme un interlocuteur crédible, aux yeux de la communauté internationale ou des Touaregs dont les revendications historiques sont devenues inaudibles, depuis l’arrivée dans l’Azawad des djihadistes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces revendications justes ne sont pas portées par un chef charismatique indiscutable ni par une idéologie fédératrice pouvant transcender les divergences entre les différents groupes Touaregs, ce qui ne peut faciliter des négociations.</p>



<p class="wp-block-paragraph">D’où la nécessaire constitution d’un gouvernement de large union nationale qui est le seul à pouvoir prétendre à une certaine légitimité, même si l’histoire nous enseigne son manque d’efficacité, conséquence de blocages, pour s’accorder sur un schéma de résolution de crise.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A cela se superpose un contexte régional et international assez complexe.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L&rsquo;Algérie a besoin d’un Mali stable </h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie, la puissance militaire régionale frontalière du Mali sur 1300 km, ne veut pas d’une crise durable dans ce pays, ni d’une intervention militaire étrangère dans toute la région, puisqu’elle ferait oublier à la communauté internationale, pour un certain temps la cause sahraouie et les camps de réfugiés de Tindouf, chers aux algériens dans leur stratégie de lutte d’influence régionale face au Maroc.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie a aussi ses citoyens Touaregs dans la zone pétrolière du Sud, elle a toujours été impliquée dans les négociations entre les autorités maliennes et les Touaregs de l’Azawad. Ce qui la préoccupe c’est l’avenir de la stabilité de sa propre région Touareg.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Elle ne peut accepter un Etat Touareg à ses frontières, pouvant donner des idées d’autonomie ou de rébellion à ses populations du Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Algérie a également besoin pour la réussite de sa nouvelle stratégie de conquête des marchés africains, via la construction d’autoroutes traversant les pays du Sahel (Mauritanie, Mali, Niger), d’un Mali stable et sécurisé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Maroc a intérêt, quant à lui, à ce que la crise malienne perdure, éclipsant de facto la question du Sahara occidental.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la guerre internationale contre le terrorisme, l’Occident n’a plus besoin du piège malien qui, durant huit années, a déjà attiré un maximum de djihadistes qui ont été combattus sur un même front par l’Armée française. Eu égard à la position géographique centrale du Mali dans le Sahel, cette intervention militaire a stoppé l’avancée djihadiste et renforcé la stabilité des pays de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe, dans son inaction habituelle, a laissé la France s’enliser au Mali, dans une totale indifférence.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les Etats Unis, totalement focalisés sur la Chine, l’Afrique ne constitue pas, dans l’immédiat, un enjeu économique et politique de premier plan.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Onu s’est arrimée à la Cedeao.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Néanmoins, avec le soutien de la communauté internationale, le voisin Mauritanien, reste aujourd’hui le meilleur arbitre pour le règlement de la crise malienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">* <em>Economiste, banquier, financier.</em></p>



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