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	<title>Archives des Tripolitaine - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Tripolitaine - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Comment le trafic du pétrole maintient-il la division de la Libye?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Mar 2025 08:06:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Chacune des factions libyennes trouve son compte, se remplit les poches et se gave des revenus du trafic de pétrole. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/24/comment-le-trafic-du-petrole-maintient-il-la-division-de-la-libye/">Comment le trafic du pétrole maintient-il la division de la Libye?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Depuis la chute de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye n’a pas pu renouer avec la stabilité et l’unité territoriale. Depuis quatorze ans, le vaste pays du Maghreb est en proie à la division, aux conflits armés et au chaos. Un long feuilleton qui n’en finit pas. Pourquoi?, se demandent beaucoup d’observateurs. Il semble que c’est la volonté des protagonistes de la scène politique libyenne aussi bien en Tripolitaine qu’en Cyrénaïque, la division rapporte beaucoup d’argent. Chacune des factions trouve son compte, se remplit les poches et se gave des revenus du trafic de pétrole. Un pays unifié avec seul un État central qui capte les revenus de la manne pétrolière ne leur convient pas. L’unité de la Libye n’est donc pas pour demain.&nbsp;</em></strong></p>



<p><strong>Imed Bahri</strong></p>



<span id="more-15964712"></span>



<p>Une enquête bien fournie du <a href="https://www.ft.com/content/aabcfb72-a606-498d-a35d-c6e667cd19f3" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Financial Times</a> révèle les détails du commerce illicite de pétrole qui maintient la Libye divisée. </p>



<p>Le journal britannique affirme que la contrebande de carburant subventionné hors de Libye et sa vente à l’étranger entretiennent les divisions au sein du pays, contribuent à soutenir financièrement les factions rivales et à entraver les efforts de l’Onu pour organiser des élections, lutter contre la corruption et unifier le pays sous un gouvernement unique dans le quatrième plus grand pays membre de l’Opep en termes de réserves de pétrole.</p>



<p>Selon les experts de l’Onu, la contrebande via des navires douteux est rendue possible par un système de troc controversé dans lequel la Libye, qui n’a pas la capacité de raffiner du carburant à grande échelle, échange sa production de pétrole brut contre du carburant raffiné plutôt que de le payer en espèces. Par la suite, ce carburant raffiné est vendu localement à des prix fortement subventionnés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La contrebande finance la corruption et&#8230; la guerre</h2>



<p>En même temps, une partie de ce carburant importé et subventionné est destiné à la contrebande vers l’étranger pour être vendue au prix du marché noir ou au prix du marché avec de faux document. Ce système génère un flux constant de revenus pour les groupes armés affiliés aux factions concurrentes qui contrôlent le pays.</p>



<p>L’un est le gouvernement reconnu par l’Onu du Premier ministre Abdulhamid Dbeibah à Tripoli et l’autre est une administration rivale à l’ouest contrôlée par le maréchal Khalifa Haftar et l’Armée nationale libyenne (LNA), la formation armée qu’il commande.</p>



<p>Ces fonds suspects ont contribué à entraver les efforts de l’Onu visant à organiser des élections, à lutter contre la corruption et à unifier le pays sous un gouvernement unique après l’éviction du dictateur Mouammar Kadhafi en 2011.</p>



<p><em>«Alors que des régions entières du pays sont confrontées à des pénuries récurrentes de carburant, les dirigeants libyens semblent satisfaits du programme massif d’échange de carburant»</em>, déclare Charles Cutter, directeur des enquêtes chez The Sentry, une organisation d’enquête qui traque la corruption.</p>



<p>Le procureur général de Libye, Siddiq Al-Sour, a récemment ordonné sa suspension à la suite d’une enquête menée par le Bureau d’audit, l’organe de surveillance du pays. Toutefois, mettre un terme à cette pratique ne signifie pas forcément la fin de l’utilisation abusive des richesses pétrolières de la Libye. Un rapport du Conseil de sécurité de l’Onu note l’émergence d’une nouvelle société, appelée Arkino, qui exporte du pétrole brut, c’est la première société privée libyenne à le faire. La National Oil Corporation (NOC), la compagnie pétrolière publique du pays, est la seule entité autorisée à exporter.</p>



<p>Le rapport du Conseil de sécurité indique que la société, qui a exporté pour 483 millions de dollars de pétrole brut, est sous le contrôle indirect de Saddam Haftar, le fils de Khalifa Haftar.</p>



<p>Les résolutions du Conseil de sécurité stipulent que seule la NOC est autorisée à exporter du pétrole, les recettes devant être déposées à la Banque centrale de Libye.</p>



<p>Le dernier rapport de l’Onu a conclu que la contrebande de carburant depuis le vieux port de Benghazi fournissait aux forces de Haftar un accès indirect aux fonds publics, tandis que les groupes armés à Tripoli et à Zawiya contrôlent directement des secteurs économiques clés et des institutions gouvernementales concernées pour faire passer en contrebande des quantités importantes de diesel.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La NOC au cœur du trafic</h2>



<p>Selon le <em>Financial Times</em>, cette pratique basée sur le troc a débuté en 2021 après que le gouvernement l’a choisie parmi trois options présentées par la NOC pour atténuer les pénuries de devises étrangères selon Mustafa Sanalla alors président de la NOC.</p>



<p>Dans une lettre adressée au ministre du Pétrole et du Gaz datée du 13 avril 2021, Sanalla a proposé des options pour les importations de carburant, affirmant que l’absence de mesures entraînerait une crise du carburant d’ici le mois de mai.</p>



<p>Sanalla a été remplacé en 2022 par Farhat Bengdara qui avait été gouverneur de la banque centrale sous Kadhafi et le programme s’est rapidement étendu. Les critiques affirment que le projet est vague et manque de surveillance.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Bjg3V4A5V7"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/02/ras-jedir-au-coeur-de-la-contrebande-entre-la-tunisie-et-la-libye/">Ras Jedir, au cœur de la contrebande entre la Tunisie et la Libye</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ras Jedir, au cœur de la contrebande entre la Tunisie et la Libye » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/02/ras-jedir-au-coeur-de-la-contrebande-entre-la-tunisie-et-la-libye/embed/#?secret=DC3WGYIF8A#?secret=Bjg3V4A5V7" data-secret="Bjg3V4A5V7" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Selon un rapport de l’Onu, environ 70% du diesel libyen est importé, le tout via un système de troc. Les données de Kepler montrent qu’en 2023 et 2024, une part importante des importations libyennes provenait de Russie dont les produits pétroliers étaient exclus des marchés européens en raison de la guerre en Ukraine.</p>



<p>Une fois importés, la NOC achète ces carburants et les paie intégralement en pétrole brut. Le carburant est ensuite revendu à des prix fortement subventionnés aux distributeurs locaux et aux consommateurs industriels. Cette subvention signifie que les Libyens paient une somme dérisoire pour l’essence, le diesel et l’électricité mais elle crée une incitation claire à détourner les produits pétroliers vers le marché noir local et étranger où ils peuvent être vendus à leur pleine valeur marchande.</p>



<p>La Banque mondiale a déclaré dans un rapport publié en octobre 2024 que la Libye perdrait plus de 5 milliards de dollars par an en raison du commerce illicite. Le rapport indique que la contrebande de carburant en provenance du port de Benghazi aurait considérablement augmenté depuis la guerre en Ukraine.</p>



<p>L’augmentation des importations a accru le coût du soutien à l’économie libyenne en difficulté. Dans une lettre adressée au Premier ministre Dbeibah en mars 2024, le gouverneur de la Banque centrale de Libye de l’époque, Sadiq Al-Kabir, a déclaré que le coût annuel des importations de carburant s’élevait à 8,5 milliards de dollars et dépasse les besoins du pays, notant que les subventions avaient triplé pour atteindre 12,5 milliards de dollars entre 2021 et 2023. Les subventions aux carburants ont représenté 8,4 milliards de dollars de ce total annuel.</p>



<p><em>«Notre objection était qu’un litre de carburant nous coûte un dollar, alors qu’il est vendu trois centimes»</em>, explique Al-Kabir, licencié par Dbeibah en août et qui a fui le pays.&nbsp;Il a ajouté: <em>«Cela coûte à l’État des sommes énormes et une grande partie de ce carburant est exportée en contrebande à l’étranger»</em>.</p>



<p>La Cour des comptes libyenne a ouvert une enquête sur ces opérations l’année dernière. Parmi ses conclusions les plus significatives contenues dans un rapport non publié obtenu par le <em>Financial Times</em> figure le fait que les importations de carburant du pays dans le cadre du système d’échange se sont élevées à 8,5 milliards de dollars en 2023 dont plus de 8 milliards de dollars ont été exportés sous forme de pétrole brut pour couvrir ces coûts.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Des Turcs dans la combine  </h2>



<p>La seule entreprise mentionnée dans le rapport de la Cour des comptes qui a répondu aux questions du <em>Financial Times</em> sur le système de troc est la société turque de négoce de matières premières BGN dirigée par sa présidente Ruya Bayegan.</p>



<p>BGN est issue du groupe familial turc Bayegan, vieux de 80 ans, qui a commencé à commercialiser des produits pétrochimiques dans les années 1990 avant de s’étendre au pétrole et à d’autres matières premières. Bien que peu connu en dehors de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, BGN a connu une croissance rapide au cours de la dernière décennie avec des échanges de matières premières d’une valeur de près de 30 milliards de dollars en 2023.</p>



<p>Selon le rapport du Bureau d’audit, trois filiales de BGN ont reçu un total de 2,7 milliards de dollars de pétrole brut en 2023 dans le cadre du système de troc ce qui représente 30% du volume des échanges et la deuxième part la plus importante après Gulf Upstream.</p>



<p>BGN a annoncé dans un communiqué qu’elle opère conformément aux normes les plus élevées de conformité avec toutes les réglementations régissant le commerce du pétrole en Libye grâce à une coopération transparente et formelle avec la NOC, tous les acteurs du marché et les autorités compétentes.&nbsp;</p>



<p>Elle a également souligné des violations regrettables dans le rapport du Bureau d’audit sur le processus de qualification et a déclaré qu’elle était pleinement qualifiée pour participer au système de troc car elle était l’une des 12 entreprises sélectionnées en 2021 à travers un processus d’appel d’offres transparent qui comprenait 20 entreprises locales et internationales qualifiées.</p>



<p>Selon le journal britannique, le système de troc serait sur le point de disparaître en raison des pressions nationales et internationales. Une lettre envoyée par le procureur général libyen à la mi-janvier, consultée par le <em>Financial Times</em>, ordonnait à la NOC de cesser immédiatement la pratique du troc de pétrole brut contre du carburant et d’adopter des mécanismes contractuels garantissant la transparence des accords d’approvisionnement en carburant.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="FGmFLoNtSW"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/16/la-libye-paralysee/">La Libye paralysée!</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Libye paralysée! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/09/16/la-libye-paralysee/embed/#?secret=guLHOBfslf#?secret=FGmFLoNtSW" data-secret="FGmFLoNtSW" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Libye : d’une guerre par procuration à une confrontation directe ?</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/26/libye-dune-guerre-par-procuration-a-une-confrontation-directe/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2020 12:31:12 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>La guerre par procuration, que se livrent des puissances étrangères en Libye, menace de glisser vers une confrontation directe pour le pétrole et la géopolitique, entre parrains des «frères-ennemis» libyens dans leur course effrénée vers le pouvoir. Par Hassen Zenati Les Libyens ne sont pas rassurés par la fragile accalmie qui leur a été laissée...</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/26/libye-dune-guerre-par-procuration-a-une-confrontation-directe/">Libye : d’une guerre par procuration à une confrontation directe ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2020/05/Sarraj-Erdogan-Haftar-Sissi.jpg" alt="" class="wp-image-300704"/><figcaption><em>Fayez Sarraj-Recep Etdogan / Khalifa Haftar-Abdelfattah Sissi.</em></figcaption></figure>



<p><strong><em>La guerre par procuration, que se livrent des puissances étrangères en Libye, menace de glisser vers une confrontation directe pour le pétrole et la géopolitique, entre parrains des «frères-ennemis» libyens dans leur course effrénée vers le pouvoir.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Hassen Zenati</strong></p>



<span id="more-300702"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/11/Hassen-Zenati-2.jpg" alt="" class="wp-image-253792"/></figure></div>



<p>Les Libyens ne sont pas rassurés par la fragile accalmie qui leur a été laissée pour la fin de ramadan, au milieu du fracas sporadique des armes. Ils redoutent, dès la fin de l’Aïd El-Fitr, une escalade militaire qui pourrait entraîner dans une guerre directe sur leur sol, les parrains des deux <em>«frères-ennemis»</em> en lutte pour le pouvoir : le président du Gouvernement d’entente nationale (GEN), Fayez Sarraj, et le chef autoproclamé de l’Armée nationale libyenne (ANL), le maréchal Khalifa Haftar.</p>



<p>L’entrée en lice de la Turquie il y a sept mois a modifié la donne libyenne de fond en comble. Elle a internationalisé le conflit qui se déroulait jusque-là à basse intensité entre groupes armés locaux sans autre stratégie que la rapine. Aux yeux de nombreux observateurs, la Libye relevait alors plus du <em>«chaos»</em> politique et militaire que du champ de bataille obéissant à des impératifs précis et identifiables.</p>



<h3 class="wp-block-heading">La Turquie sauve Fayez Sarraj d’une défaite attendue</h3>



<p>Venue avec de l’armement lourd, des moyens aériens et des milices aguerries prélevées sur les effectifs de ses alliés islamistes de Syrie, encadrées par des conseillers militaires expérimentés, Ankara a fait basculer le rapport de forces.</p>



<p>Elle a sauvé son poulain, Fayez Sarraj, d’une défaite attendue, bien que tardant à se dessiner, sous les coups de boutoir de son rival et ennemi juré, le maréchal Haftar. Son intervention aux côtés du GEN a mis un coup d’arrêt à l’avance des troupes de ce dernier aux portes de Tripoli, qu’il entendait conquérir pour imposer son pouvoir à l’ensemble du territoire. Pour des experts militaires dans la région, ce revers est un <em>«coup fatal» </em>qui pourrait signer la fin de l’équipée de Khalifa Haftar en Tripolitaine.</p>



<p>Après avoir consolidé sa présence en Cyrénaïque, à l’est du vaste territoire libyen, en réprimant lourdement ses adversaires, au nom d’une lutte implacable et proclamée contre le terrorisme islamiste, son objectif était d’imposer une <em>«solution militaire»</em> à un conflit qui dure depuis 2011, et de s’accaparer ainsi du pouvoir à son seul profit. Juste avant d’être contraint à un repli de deux à trois kilomètres de Tripoli, il affirmait qu’il disposait d’un <em>«mandat du peuple»</em> pour conduire à terme son entreprise, sans cependant mentionner les circonstances dans lesquelles il l’aurait reçu, ni les parties qui le lui auraient confié.</p>



<p>Les revers qu’il a accumulés depuis, dont le dernier était la perte de l’aéroport de Watiya, principale base militaire de la région, relais stratégique sur la route de Tripoli, à 140 km de là, ont alarmé ses soutiens: l’Egypte, les Emirats arabes unies, la Russie, et en sous-main, l’Arabie Saoudite et la France. Il avait auparavant perdu Sorman et Sabratha, ainsi que quatre autres villes du littoral jouxtant la Tunisie et l’Algérie.</p>



<p>Portées par leurs succès, les troupes rivales de Fayez Sarraj, solidement épaulées par la Turquie, préparaient, la veille de l’Aïd, un assaut contre la ville de Tarhouna, à 80 km au sud-est de Tripoli. La chute de ce nouveau bastion devrait les encourager à poursuivre leur reconquête du territoire, en effectuant le parcours inverse de leurs adversaires, partis quelques années plus tôt de Benghazi en Cyrénaïque, plus riche, à l’assaut de la Tripolitaine, plus peuplée.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les alliés de Haftar lui cherchent un remplaçant</h3>



<p>Fayez Sarraj et son allié turc comptent bien sur leurs succès militaires pour provoquer l’effritement des relations entre Khalifa Haftar et ses alliés déçus par son comportement sur le champ de bataille aux portes de Tripoli, où il piétinait depuis plus d’un an, avant d’être contraint à un retrait humiliant. Egyptiens et Emirati songeraient à lui trouver un remplaçant.</p>



<p>Le Caire considère en effet que la Libye, dont elle est séparée par une très longue frontière courant le long du désert, fait partie de sa «profondeur stratégique» et de sa <em>«sécurité nationale»</em>, tandis que les Emirats, tenus en échec au Yémen par les Houthistes, accepteraient mal de nouveaux revers qui les affaibliraient dans le bras de fer qui les oppose au Qatar, allié de la Turquie. Une guerre éclair avait opposé en 1977 aux frontières entre les deux pays, l’armée égyptienne à l’armée libyenne. Elle s’est terminée par la négociation d’un cessez-le-feu sous l’égide du président algérien Houari Boumediene, alors que les troupes égyptiennes s’enfonçaient dans le territoire libyen en occupant au passage plusieurs agglomérations.</p>



<p>Pour les Américains, cependant, la page Hatfar semble devoir être tournée. Dans un entretien téléphonique avec Fayez Sarraj à l’occasion de l’Aïd, le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo a réaffirmé qu’un <em>«cessez-le-feu conduisant à une solution politique est l’unique solution pour le peuple libyen»</em>, disqualifiant ainsi la <em>«solution militaire»</em> préconisée par Haftar. Il a par ailleurs insisté sur la nécessité de revenir à l’accord de Berlin de janvier dernier, parrainé par l’Allemagne, qui avait posé les fondements d’un arrêt des combats pour assurer le retour des protagonistes autour d’un tapis vert.<br>Washington s’inquiète de la progression de l’influence russe en Libye<br>Washington, qui reste attaché aux accords de Skhirat (Maroc, 2015), répudiés par le maréchal Haftar, surveille comme le lait sur le feu la progression de l’influence de la Russie sur le champ de bataille, aux côtés de l’Egypte et des Emirats.</p>



<p>Un rapport d’experts de l’Onu chargés de surveiller l’embargo sur les armes imposé à la Libye depuis la chute de Mouammar Khadafi en 2011 vient de confirmer la présence dans le pays de milices privées russes du groupe Wagner, proche de Vladimir Poutine. Ils interviennent depuis plus d’un an en soutien au maréchal Haftar, en même temps que d’autres miliciens, prélevés sur le champ de bataille syrien. Ils fournissent un soutien technique, participent aux combats et à des opérations d’influence, aident dans le domaine de l’artillerie, du contrôle aérien, fournissent une expertise dans les contre-mesures électroniques, en déployant des tireurs d’élite, selon le rapport. Au nombre de 800 à 2.000, ils agissent comme des <em>«multiplicateurs de force»</em>, conclut-il.</p>



<p>Moscou affirme n’avoir aucun lien avec le groupe Wagner, ni du reste avec les groupes privés Russkie System Bezopasnosti (RSB), Moran Security Group (Sud Africain) et Schit Security Group, dont le déploiement a été signalé début 2020 sur le terrain libyen.</p>



<p>Dans l’incertitude du sort des armes, les partisans du maréchal Haftar multiplient les déclarations guerrières, menaçant de déclencher la <em>«plus grande campagne aérienne de l’histoire de la Libye»</em> dans le ciel de Tripoli, et de s’attaquer aux positions turques, considérées désormais comme <em>«des cibles légitimes»</em> de l’ANL. Les responsables du GEN alertent de leur côté sur le fait que Moscou fournirait un soutien aérien à leurs adversaires pour leur permettre de regagner le terrain perdu aux portes de Tripoli. Selon le ministre de l’Intérieur du GNE, Fathi Bashagha, la Russie aurait ainsi livré au maréchal Haftar au moins six avions Mig-29 et deux avions de combat Sukhoi 24, prélevées sur sa base de Hmeimin en Syrie, ainsi que des hélicoptères d’attaque Mi-24.</p>



<p>Le maréchal Haftar pourrait utiliser ces nouveaux équipements pour neutraliser les systèmes de défense anti-missiles sol-air, déployés par la Turquie, qui ont donné aux forces du GEN un avantage sur le terrain sur les drones armés utilisés par les Emirats au profit de l’ANL.</p>



<p>Selon le quotidien italien <em>‘‘La Stampa’’</em>, le GNE pourrait signer prochainement un accord de coopération militaire avec la Turquie, lui accordant de plus grandes marges de manœuvre dans son intervention sur l&rsquo;ensemble du territoire. Ankara a indiqué qu’il réagirait de la «manière la plus forte» si ses sites libyens étaient attaqués par les avions livrés par la Russie à Khalifa Haftar, et qu’elle disposait pour ce faire de drones et de navires de guerres déployés au large de Tripoli. C’est le spectre d’une <em>«deuxième Syrie»</em> qui se profile ainsi dans le vaste désert libyen.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Les bras de la Turquie en Libye</h3>



<p>Si pour les Etats-Unis et la France, c’est essentiellement le pétrole libyen (48 milliards de barils d’excellente qualité, 1er en Afrique, 9e au monde), qui les intéresse, la Turquie veut renouer avec l’ancienne dépendance de l’Empire Ottoman, et la Russie aspire à y installer, après la Syrie, une autre tête de pont pour sa flotte de guerre en Méditerranée, une mer chaude, déjà convoitée par les Tsars.</p>



<p>Outre les substantiels intérêts économiques accumulés pendant le long règne de Kahdafi, malgré les nombreuses frictions qui avaient marqué les rapports entre les deux pays, la Turquie s’appuie sur l’influente communauté kouloughli, formée, sous la Régence ottomane, des descendants de femmes libyennes et de janissaires turcs. Forte d’un million de personnes (15 à 20% de la population), elle est concentrée à Misrata, à 200 km à l’est de la capitale, qui fut un des bastions de la rébellion contre Kadhafi. Après de longues hésitations, elle s’est ralliée au GEN, dirigé par un kouloughli… Fayez Sarraj.</p>



<p>Depuis novembre dernier, Ankara et le GEN sont liés par un accord de délimitation de leurs frontières maritimes prévoyant l’exploitation commune de leurs zones économiques exclusives (ZEE), qui contiendraient d’importantes quantités d’hydrocarbures, du gaz en particulier. La Turquie est notamment autorisée par Tripoli à effectuer des forages d’exploration dans sa ZEE. L’accord, qui a soulevé immédiatement les réserves de Chypre, de l’Egypte et d’Israël, avait préludé à l’accord de coopération sécurité, qui couvre l’intervention militaire turque aux côtés du GEN.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2020/05/26/libye-dune-guerre-par-procuration-a-une-confrontation-directe/">Libye : d’une guerre par procuration à une confrontation directe ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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