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	<title>Archives des Union soviétique - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Union soviétique - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Conflit russo-ukrainien &#124; Genèse et enjeux politiques et géostratégiques</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 18 Jul 2025 09:01:28 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si vous désirez connaître les raisons cachées de la genèse du conflit russo-ukrainien, cet article pourrait vous y aider.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/18/conflit-russo-ukrainien-genese-et-enjeux-politiques-et-geostrategiques/">Conflit russo-ukrainien | Genèse et enjeux politiques et géostratégiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Si vous désirez connaître les raisons cachées de la genèse du conflit russo-ukrainien, cet article tiré de l’histoire de la Russie et des pays membres du Pacte de Varsovie – un traité&nbsp;d’amitié, de coopération et d’assistance mutuelle, conclu le 14 mai 1955 et dissous en juillet 1991 – pourrait vous y aider.</em></strong></p>



<p><strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-17055298"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Habib-Glenza.jpg" alt="" class="wp-image-155577"/></figure></div>


<p>Durant les 36 ans de coopération&nbsp;et d’assistance, l’URSS a&nbsp;certes dominé les pays de l’alliance, mais elle les a également aidés à reconstruire les infrastructures détruites lors de la deuxième&nbsp;guerre mondiale, ce qui a nécessité un investissement colossal pour remettre sur pieds toutes les économies&nbsp;des pays du pacte.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>A en croire la rhétorique des médias occidentaux, le conflit russo-ukrainien a commencé lorsque l’armée russe a envahi l’Ukraine le 24 février 2022. Le seul objectif de Poutine, d’après eux, est d’annexer ce pays. Et aujourd’hui, on parle d’une menace russe d’annexion des pays baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie), en plus de la Pologne et de la Finlande. Une fois ces pays annexés, Poutine ferait la guerre à toute l’Europe, répète-t-on aussi.</p>



<p>Cette rhétorique cherche, en réalité, à impliquer l’Otan dans le conflit russo-ukrainien afin de déstabiliser et affaiblir la Russie pour la partager ensuite en trois grands territoires&nbsp;: la partie de la Russie occidentale passera sous la souveraineté de l’Union européenne; les deux autres, qui se trouvent en Asie, passeront sous contrôle&nbsp;des Américains.</p>



<p>L’Occident cherche à cacher ce qui a été rapporté par Zbigniew Brzezinski dans son livre ‘‘<em>Le grand échiquier’’</em> paru en 1997. Ce politologue américain d’origine polonaise était conseiller à la sécurité nationale du président des Etats-Unis Jimmy Carter. Brzezinski a été un artisan majeur de la politique étrangère de Washington, soutenant une tendance plus agressive vis-à-vis de l’URSS. Il est resté jusqu’à sa mort un russophobe farouche, et son origine polonaise y était sans doute pour beaucoup.</p>



<p>Dans son livre, Brzezinski écrivait : <em>«Si les Etats-Unis veulent dominer le monde, ils doivent dépiécer  la Russie en trois parties pour l’affaiblir et s’emparer de ses richesses naturelles (énergies, métaux. métaux rares, etc.) et ensuite neutraliser la Chine».</em>  </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’extension de l’Otan vers l’Est&nbsp;&nbsp;</h2>



<p>Au moment de la chute du mur de Berlin en 1989, James Baker a été chargé par le président américain Georges Bush de réorganiser l’Europe autour d’un noyau dur qu’est la réunification des deux Allemagne et l’extension de l’Otan vers l’Est de l’Europe</p>



<p>La réunification fut actée&nbsp;en un temps record. Le traité y afférent fut signé à&nbsp;Moscou le 12 septembre 1990 mettant fin à la&nbsp;question qui empoisonnait les relations internationales depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Chacun des partenaires a essayé de tirer avantage de la nouvelle situation. L’Allemagne a retrouvé&nbsp;son unité, et les Russes ont reçu la promesse que l’Otan ne s’étendra pas jusqu’à ses&nbsp;frontières, la déclaration&nbsp;de Baker selon laquelle&nbsp;l’Otan ne s’étendra pas vers l’Est ayant été&nbsp;prise au mot par Moscou.</p>



<p>Du point de vue des Russes, lequel doit être également entendu, cette promesse non tenue est à l’origine des tensions actuelles à l’est de l’Europe, dont celle qui a surgi récemment en Ukraine. Les Américains ont en effet permis à l’Otan d’intégrer de nouveaux membres parmi les pays qui faisaient partie du Pacte de Varsovie. De cette expansion, Gorbatchev dira plus tard que la promesse non tenue était une provocation et une violation de l’esprit des assurances faites en 1990.</p>



<p>C’est ce qui reviendra, des années&nbsp;après, comme un leitmotiv dans la bouche de Poutine qui ne cesse d’affirmer que <em>«l’Occident a triché&nbsp;et nous a trompés de manière abjecte».</em>&nbsp;&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="Q6ofJBMhaA"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/15/les-raisons-historiques-du-conflit-russo-ukrainien/">Les raisons historiques du conflit russo-ukrainien</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les raisons historiques du conflit russo-ukrainien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/15/les-raisons-historiques-du-conflit-russo-ukrainien/embed/#?secret=6WijtV9olm#?secret=Q6ofJBMhaA" data-secret="Q6ofJBMhaA" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">L’échec des accords Minsk I et Minsk II</h2>



<p>Le protocole de Minsk, puis les accords de Minsk I et II, ont été adoptés par la Russie et l’Ukraine pour mettre fin à la guerre dans le Donbass qui a fait plus de 14 000 morts depuis 2014. Pourtant, selon certains experts, ces deux textes étaient voués à l’échec dès leur signature, le 5 septembre 2014 (Minsk I) et le 12 février 2015 (Minsk II).  </p>



<p>La chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Mitterrand avoueront eux-mêmes avoir dupé Poutine en donnant à l’Ukraine le temps de s’armer!</p>



<p>C’est en tout cas ce qu’a affirmé sans ciller l’ancienne chancelière allemande en 2022.<em>«L’accord de Minsk de 2014 était une tentative de donner du temps à l’Ukraine. Elle en a également profité pour devenir plus forte, comme vous pouvez le voir aujourd’hui»</em>, a-t-elle déclaré à l’hebdomadaire<em>&nbsp;Die Zeit, </em>le 7 décembre 2022<em>.&nbsp;</em></p>



<p><em>«Il était clair pour nous tous que le conflit était dans une impasse, que le problème n’avait pas été résolu, mais c’est précisément ce qui a donné un temps précieux à l’Ukraine»</em>, a insisté la chancelière allemande.</p>



<p>L’accord de Minsk, que Merkel avait signé, en septembre 2014, avec le président français de l’époque, François Hollande, le président ukrainien Petro Porochenko et le président russe Vladimir Poutine est aujourd’hui dépeint comme un effort de paix que le président russe aurait désavoué. Ce point de vue est pour le moins inexact et orienté.</p>



<p>Par ses déclarations, Merkel a confirmé que l’Otan voulait la guerre dès le début, mais qu’elle avait besoin de temps pour s’y préparer militairement.</p>



<p>Depuis la dissolution de l’Union soviétique en 1991, les États-Unis poursuivent l’objectif de rester la <em>«seule puissance mondiale»</em>. À cette fin, Washington a mené de nombreuses guerres et a étendu l’Otan à l&rsquo;Europe de l’Est. Aujourd’hui, ils veulent également intégrer l’Ukraine, la Géorgie et d’autres anciennes républiques soviétiques dans l’Otan et soumettre la Russie afin de piller ses ressources et d’isoler la Chine.</p>



<p>Deux mois à peine après l’entrée en fonction du troisième gouvernement de Merkel, les États-Unis et l’Allemagne ont organisé un coup d’État en Ukraine en février 2014, qui a fait appel à des milices pour aider un régime pro-Otan à prendre le pouvoir. Washington et Berlin ont toutefois eu un problème. Le rôle dominant joué dans le nouveau régime par les nationalistes de droite, admirateurs du collaborateur des Nazis, Stepan Bandera, et les milices fascistes, a divisé le pays, en particulier dans l’Est, majoritairement russophone, où la perspective d’être dirigé par des ultranationalistes ukrainiens était accueillie avec horreur.</p>



<p>La Russie, craignant pour sa base de la flotte de la mer Noire à Sébastopol, a annexé la Crimée. Les séparatistes soutenus par la Russie ont proclamé des républiques indépendantes à Donetsk et à Lougansk, dans l’est de l’Ukraine. Les nouveaux dirigeants de Kiev n’ont pas été en mesure d’empêcher cela. L’armée ukrainienne s’est effondrée. Les soldats peu enclins à se sacrifier pour le nouveau régime avaient déserté en masse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Kiev cherchait à gagner du temps pour s&rsquo;armer </h2>



<p>Presque rien des accords de Minsk n’a été mis en œuvre par l’Occident. En particulier, la partie ukrainienne a boycotté tous les accords. Elle ne voulait pas d’un règlement négocié. Faute de soldats prêts à se battre, le président nouvellement installé Petro Porochenko a mobilisé le bataillon Azov et d’autres milices, que l’oligarque milliardaire a en partie financées lui-même. Ces milices ont été intégrées aux forces armées et envoyées dans les régions séparatistes pour terroriser la population locale et alimenter le conflit.</p>



<p>Le régime de Kiev – que ce soit sous la direction de Porochenko ou de son successeur Volodymyr Zelensky – et ses bailleurs de fonds à Berlin et Washington n’ont jamais voulu une solution pacifique. Ce qui les intéressait c&rsquo;était de gagner du temps pour préparer la guerre, même si cela avait des conséquences désastreuses pour la population des zones touchées.</p>



<p>Du point de vue de Kiev, la construction de la paix <em>«ne sera possible qu’une fois les territoires libérés, c’est-à-dire une fois qu’ils seront à nouveau entièrement sous contrôle ukrainien»</em>. Position que conforte cet aveu de François Hollande en 2022 : <em>«Les accords de Minsk ont permis à l’Ukraine de renforcer ses capacités militaires».</em></p>



<p>Le répit, l’Occident et Kiev semblent l&rsquo;avoir mis à profit : depuis 2014, l’Ukraine a renforcé ses capacités militaires. Et l’armée ukrainienne est complètement différente de celle de 2014. Elle est mieux entraînée et mieux équipée. C’est le mérite des accords de Minsk d’avoir donné à l’armée ukrainienne cette opportunité.</p>



<p>Ces accords auraient aussi empêché la zone contrôlée par les séparatistes de s’étendre. À&nbsp;l’hiver 2015, ces derniers étaient aux portes de Marioupol et venaient de remporter deux batailles décisives, reprenant l’aéroport de Donetsk et&nbsp;la ville&nbsp;de Debaltsevo.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">La confiance perdue entre Moscou et l’Occident </h2>



<p>Regrettant les divisions au sein de l’Union européenne (UE) et l’ambiguïté de l’Allemagne, «<em>refusant de mettre en question le pipeline Nord Stream 2</em>», François Hollande a rapporté  qu’il était partisan de sanctions maximales, rappelant qu’il avait lui-même annulé la vente de navires Mistral à la Russie en 2014.</p>



<p>Étrangement, Hollande, qui&nbsp;estime qu’une solution pérenne est nécessaire pour la paix en Ukraine, a achevé son propos en affirmant que «<em>les accords de Minsk peuvent être ressuscités pour établir un cadre légal déjà accepté par toutes les parties</em>».&nbsp;</p>



<p>L’aveu de Merkel a pourtant déjà suscité une vive réaction du président Poutine&nbsp;:&nbsp;«<em>La confiance est presque inexistante, mais après de telles déclarations, une question de confiance se pose : comment négocier, sur quoi, et s’il est possible de négocier avec quelqu’un, quelles sont les garanties?</em>»,&nbsp;s’est-il interrogé.</p>



<p>«<em>J’espérais encore que les autres parties prenantes à ce processus étaient sincères avec nous. Il s’avère qu’ils nous trompaient aussi. Il s’agissait uniquement de renforcer l’Ukraine avec des armes, en la préparant aux hostilités</em>», a ajouté Poutine. Au vu de ces nouveaux éléments, Moscou aurait «<em>peut-être</em>» dû lancer son opération militaire en Ukraine plus tôt, a-t-il estimé, soulignant que la Russie espérait pour sa part être en mesure de résoudre le conflit dans le Donbass par le biais des Accords de Minsk. </p>



<h2 class="wp-block-heading">L’accord d’Istanbul aurait pu apporter la paix</h2>



<p>Plusieurs politologues pensent que les négociations d’Istanbul en 2022 ont été une occasion ratée pour arrêter un conflit insensé. Cette chance a été torpillée par le Premier ministre britannique Boris Johnson, dépêché par les Européens. L’expérience des républiques post-soviétiques en matière d’accords de sécurité avec Moscou montre que les pourparlers russo-ukrainiens de 2022 avaient peu de chances d’aboutir.</p>



<p>En conclusion, la genèse&nbsp;du conflit russo-ukrainien sert seulement les intérêts&nbsp;des Américains&nbsp;pour s’emparer des richesses naturelles russes: pétrole, gaz, or, métaux et surtout&nbsp;métaux rares. L’Ukraine n’est qu’un moyen pour parvenir démembrer la Russie et ensuite isoler la Chine</p>



<p>Les allégations selon lesquelles l’objectif de l’intervention de l’armée russe en 2022 est l’annexion de l’Ukraine n’est qu’un mensonge et une rhétorique des médias occidentaux. En effet, la Russie possède 17 millions de km<sup>2</sup> pour une population de 150 millions de personnes, par conséquent Poutine n’est pas dans le besoin d’annexer d’autres terres et encore moins incapable de faire la guerre à toute l’Europe</p>



<p>La Russie cherche à ce que l’on accorde plus de liberté à la minorité russe du Donbass, afin qu’elle puisse avoir accès à la langue et à la culture russes dans les écoles publiques ukrainiennes, ce que refusent d’entendre les ultras nationalistes de Stepan Bandera. Poutine exige aussi la démilitarisation de l’Ukraine et sa non adhésion à l’Otan. </p>



<p>Ceux qui avancent que l’Ukraine est libre d’intégrer l’Otan et d’installer une base militaire occidentale tout près de la frontière russe doivent se rappeler qu’en 1962 une troisième guerre mondiale, nucléaire celle-là, aurait pu être déclenchée entre l’URSS de Nikita Khrouchtchev et les Etats-Unis de John Kennedy, suite à l’installation de missiles russes à Cuba. A cette époque les Américains jugeaient inadmissible l’installation de telles armes non loin de leurs frontières. Pour éviter un conflit armé lourd de conséquences, Khrouchtchev a dû retirer ses missiles de Cuba.</p>



<p>Les puissances mondiales, Etats-Unis, Chine et Russie ne permettront&nbsp;jamais l’installation de bases militaires&nbsp;hostiles à leurs&nbsp;frontières. Demain, si les choses se détériorent entre l’Otan, les Etats-Unis et la Chine, nous aurions certainement un conflit, plus dévastateur, entre la Chine et Taïwan. &nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="MqtGJKXOcT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/06/the-russo-ukrainian-war-mourir-pour-black-stone-ou-le-tragique-destin-de-lukraine/">‘‘The Russo Ukrainian war’’ | Mourir pour Black Stone ou le tragique destin de l’Ukraine</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The Russo Ukrainian war’’ | Mourir pour Black Stone ou le tragique destin de l’Ukraine » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/06/the-russo-ukrainian-war-mourir-pour-black-stone-ou-le-tragique-destin-de-lukraine/embed/#?secret=xfHHzvgc3H#?secret=MqtGJKXOcT" data-secret="MqtGJKXOcT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/07/18/conflit-russo-ukrainien-genese-et-enjeux-politiques-et-geostrategiques/">Conflit russo-ukrainien | Genèse et enjeux politiques et géostratégiques</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
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		<title>‘‘The Russo Ukrainian war’’ &#124; Mourir pour Black Stone ou le tragique destin de l’Ukraine</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Apr 2025 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
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		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Après avoir prévenu les Russes qu’il connaissait leurs plans concernant l’attaque projetée contre l’Ukraine, Joe Biden les a assurés que les Etats-Unis n’interviendraient pas. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/06/the-russo-ukrainian-war-mourir-pour-black-stone-ou-le-tragique-destin-de-lukraine/">‘‘The Russo Ukrainian war’’ | Mourir pour Black Stone ou le tragique destin de l’Ukraine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les comparaisons douteuses entre Hitler et Poutine servent à justifier auprès de l’opinion publique américaine les largesses financières attribuées par le Congrès des Etats-Unis, soumis à l’influence du lobby militaro-industriel et financier, au gouvernement&nbsp;ukrainien véritablement croupion, pour poursuivre une guerre sans solution militaire, et rembourser par la suite les dettes accumulées par le bradage des richesses ukrainiennes et la colonisation économique du pays par les intérêts américains. Au nom de la liberté !</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-16073477"></span>



<p>La guerre russo-ukrainienne, selon l’auteur du livre, a débuté dans sa phase militaire lorsque les troupes russes ont franchi, en violation des lois internationales, la frontière internationale en février 2022 et tenté de prendre Kiev, la capitale.</p>



<p>L’offensive supposée être éclair a été stoppée lorsque les forces russes ont échoué à prendre l’aéroport qui aurait assuré le débarquement du corps expéditionnaire censé occuper la capitale sans coup férir. Elle s’est enlisée avec l’entrée en scène des missiles javelines américains qui ont immobilisé les blindés assaillants sur la route.</p>



<p>En mars l’état major russe reconnaissait implicitement son échec en concentrant ses troupes sur l’Est et le Sud de l’Ukraine. La résistance ukrainienne, <em>«inattendue»</em>, aurait poussé les Occidentaux, en particulier les Américains, à apporter une aide militaire et financière massive afin d’aider un pays démocratique à se libérer définitivement des griffes de l’autocratie russe incarnée par Vladimir Poutine et à s’arrimer d’une manière irréversible économiquement à la communauté européenne et militairement au camp occidental représenté par l’Otan.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le narratif erroné du camp occidental</h2>



<p>Ainsi le choix de l’Otan se trouve être celui d’un Etat souverain soucieux d’assurer son indépendance par les moyens de son choix conformément aux règlements internationaux. Les reculs russes ne sont donc que les résultats de la supériorité du matériel militaire occidental, en particulier les batteries Humar ciblant avec une précision inégalée&nbsp;les concentrations de troupes et les dépôts d’armements ennemis, qui n’a eu d’égal que la bravoure ukrainienne et sa volonté de combattre.</p>



<p>Tout cela a eu pour effet&nbsp; de refouler les Russes de la route d’Odessa au Sud, de Kharkov à l’Est, et d’entraver leurs mouvements vers la Crimée à l’Est, en détruisant le pont sur le détroit de Kertch.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="JVg1MbrCoh"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/15/les-raisons-historiques-du-conflit-russo-ukrainien/">Les raisons historiques du conflit russo-ukrainien</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Les raisons historiques du conflit russo-ukrainien » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/15/les-raisons-historiques-du-conflit-russo-ukrainien/embed/#?secret=BY42j1ucU3#?secret=JVg1MbrCoh" data-secret="JVg1MbrCoh" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>C’est là du moins la thèse qui prévaut en Occident et en Amérique dont l’auteur lui-même, Ukrainien, s’est fait sans aucun doute le défenseur, en lui conférant considérations morale et géostratégique. Morale parce que cette guerre est celle d’un peuple luttant pour sa survie nationale en chassant les envahisseurs venus l’asservir dans sa propre patrie. Géostratégique parce qu’en envahissant l’Ukraine, Poutine démontre qu’il n’accorde aucune importance aux frontières issues des traités sur l’intangibilité des frontières héritées de l’Union Soviétique ou des garanties internationales sur l’Ukraine des traités de Lisbonne ou de Budapest dont la fédération de Russie est elle-même signataire.</p>



<p>Autrement dit, en attaquant l’Ukraine, la Russie remet en question la victoire occidentale issue de la confrontation Est-Ouest, depuis la guerre froide dans les années 50 jusqu’à la chute du mur de Berlin 1989 et la réunification allemande en 1990.</p>



<p>Ceci est évidemment le narratif du camp occidental sur le conflit, pour qui l’Ukraine est un pays indépendant souverain, une réalité que les récentes injonctions du président Donald Trump sur la nécessité pour régler ses dettes de livrer ses richesses minérales aux consortiums américains ne peut que relativiser.</p>



<p>En effet, on peut se poser la question au début de ce deuxième quart de siècle sur la signification que puissent encore avoir l’indépendance et la souveraineté lorsqu’un Etat est destiné par une puissance inconnue appelée le marché global à fournir le monde en céréales, de telle manière que ce soit ce marché-là, à travers les sociétés&nbsp;qui l’animant comme Black Stone, des Private Equity Fund géants, qui en assurent l’achat et en fixent le prix avant d’en assurer&nbsp;la distribution à travers le monde, tout évènement malencontreux dans ce pays étant susceptible d’entraîner une famine mondiale avec son corollaire, l’émigration de masse.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Mainmise sur le grenier à blé du monde</h2>



<p>Vu sous cet angle là, et indépendamment de toute prétention historique ou territoriale russe, ou bien de toute propension de l’Otan à s’étendre vers l’Est tout comme l’avaient fait en leur temps les Nazis, une comparaison qui suscite beaucoup de réticences, on peut déjà considérer que l’Ukraine ne soit pas un Etat ordinaire de l’ex-Empire Soviétique, comme les Etas Baltes par exemple, et qu’à l’heure de l’Internet et de sociétés de manipulation de l’opinion publique comme Cambridge Analytica qui a pesé lors du Brexit ou de l’arrivée de Trump à la présidence, des élections démocratiques qui s’y tiennent tout comme dans tout autre pays, ou une révolution, ne puissent pas signifier grand chose.</p>



<p>Il serait donc raisonnablement fondé de mettre en doute le récit occidental de la guerre en Ukraine en envisageant l’hypothèse qu’elle eût été préparée et voulue pour assurer la mainmise occidentale sur le grenier à blé du monde en en faisant porter la responsabilité sur l’agresseur russe, que, à cette fin, on aura préalablement eu soin de soumettre à de multiples provocations, et dont se sera assuré de l’inévitable réaction.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="yIcDAgqWOe"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/17/nicolas-i-aux-sources-de-lhostilite-occidentale-envers-la-russie/">‘‘Nicolas I’’ : aux sources de l’hostilité occidentale envers la Russie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Nicolas I’’ : aux sources de l’hostilité occidentale envers la Russie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/09/17/nicolas-i-aux-sources-de-lhostilite-occidentale-envers-la-russie/embed/#?secret=bA9kclVyy7#?secret=yIcDAgqWOe" data-secret="yIcDAgqWOe" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Les Américains ne s’en sont d’ailleurs nullement cachés, ils connaissaient dans les détails les plans russes et ne se sont pas fait faute de les communiquer aux intéressés. Le plus significatif, c’est qu’après avoir prévenu les Russes qu’ils connaissaient leurs plans militaires concernant l’attaque projetée contre l’Ukraine, Joe Biden eût assuré les futurs agresseurs que les Etats-Unis n’interviendraient pas. Ceci rappelle étrangement les assurances américaines fournies à Saddam Hussein avant l’invasion du Koweït, et dont on sait ce qu’elles ont valu. C’est finalement l’Irak qui a été occupé et son économie mise en coupe réglée. Mais c’est plus commode de jeter la pierre à Vladimir Poutine, opportunément qualifié de nouvel Hitler, dans la paternité de la guerre en Ukraine. Et naturellement c’est le massacre de Bucha qu’on ne manque pas d’évoquer pour justifier du bien-fondé de la comparaison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">A Gaza, l&rsquo;Occident a perdu toute crédibilité </h2>



<p>Outre qu’il est encore trop tôt pour se prononcer sur de telles accusations dont seuls des historiens indépendants établiront ou non la véracité, la prudence s’impose d’autant plus que le silence de l’Occident sur le génocide perpétré à Gaza et le transfert des populations dans les territoires occupés l’exclut de facto de toute crédibilité, sinon de bonne foi, relativement au respect des droits humains.</p>



<p>En vérité aucun homme d’Etat russe, de Gorbatchev à Eltsine, n’a accepté que l’Ukraine fasse partie de l’Otan et les Américains savaient fort bien qu’il s’agissait là d’un <em>casus belli</em>, un cas de guerre, pour les Russes. En faire porter la responsabilité à Poutine, qualifié en la circonstance de dictateur, relève plutôt de la propagande de guerre que l’auteur, emporté par des sentiments patriotiques bien compréhensibles, n’a pas identifiée. Mais avant d’attribuer aux Ukrainiens des sentiments démocratiques issus de l’égalitarisme cosaque dont leurs cousins russes soumis aux khans mongols et à l’autocratie tsariste auraient été privés par le vent de&nbsp; l’Histoire, il convient de rappeler que, lors de l’invasion nazie de l’Ukraine, plusieurs milliers d’Ukrainiens originaires de Galice avaient constitué des unités combattantes contre les communistes soviétiques en collaborant avec les envahisseurs&nbsp;et que beaucoup s’étant engagés dans les SS avaient commis des massacres, notamment contre la population juive.</p>



<p>En effet, des comparaisons douteuses entre Hitler et Poutine servent à justifier auprès de l’opinion publique américaine les largesses financières attribuées par le Congrès des Etats-Unis soumis à l’influence du lobby militaro-industriel et financier, au gouvernement&nbsp;ukrainien véritablement croupion, pour poursuivre une guerre sans solution militaire, et rembourser par la suite les dettes accumulées par le bradage des richesses nationales et la colonisation économique du pays par les intérêts américains. Au nom de la liberté !</p>



<p><strong><em>‘‘The Russo-Ukrainian War: The Return of History’’ de Serhii Plokhy, W. W. Norton &amp; Company, 16 mai 2023, 400 pages.</em></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="2tKWRSnod2"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/">L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/embed/#?secret=cQy86b4vDV#?secret=2tKWRSnod2" data-secret="2tKWRSnod2" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/04/06/the-russo-ukrainian-war-mourir-pour-black-stone-ou-le-tragique-destin-de-lukraine/">‘‘The Russo Ukrainian war’’ | Mourir pour Black Stone ou le tragique destin de l’Ukraine</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title> ‘‘Six années qui ont changé le monde’’ &#124; Une paix pour rien !</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/23/six-annees-qui-ont-change-le-monde-une-paix-pour-rien/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 23 Mar 2025 07:01:45 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
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		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'auteure n’aborde pas la question cruciale de la politique nazie en Ukraine, si semblable à celle mise en œuvre aujourd’hui par les Etats-Unis et l’Europe en Ukraine. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/23/six-annees-qui-ont-change-le-monde-une-paix-pour-rien/"> ‘‘Six années qui ont changé le monde’’ | Une paix pour rien !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>La fin de l’Empire Soviétique ne suscite plus qu’un intérêt marginal. Et encore, n’est elle désormais prise en compte que dans une vision géostratégique relative à la présente guerre russo-ukrainienne et à la légitimité des revendications des protagonistes.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong></p>



<span id="more-15957342"></span>



<p>On arguera toujours que les empires ayant une fin inéluctable, celui-ci n’aura pas dérogé à la règle. Certes! Mais il demeure étonnant que le pays le plus vaste du monde et disposant des ressources naturelles quasiment illimitées se soit effondré avec le mur de Berlin comme un château de cartes, sous l’effet de l’alcoolisme ainsi qu’on l’a prétendu, et n’ait pas réussi à empêcher la réunification allemande, décrétée unilatéralement par le chancelier Helmut Kohl, dont il s’avère que la France et même&nbsp;les Etats-Unis ne l’eussent considérée selon l’auteur&nbsp; qu’avec la plus grande circonspection.</p>



<p>Faisant face à des difficultés économiques et financières considérables, Gorbatchev s’est trouvé face à un dilemme, celui d’intégrer une Europe dominée par l’Allemagne, tout en sauvegardant l’Union Soviétique. Le corollaire géostratégique à une Allemagne de nouveau puissante a été la perte du glacis extérieur de l’Empire constitué par les pays de l’Europe de l’Est, à commencer par la Pologne, dont l’occupation avait déclenché la seconde guerre mondiale. Mais c’est le nationalisme périphérique des marges de l’Empire, pays baltes et du Caucase, les plus petits, considérés comme les plus faibles, qui en aura finalement eu raison, au moment même où l’émergence de l’Etat proprement russe, incarné par Boris Eltsine, entrera en concurrence avec les institutions soviétiques, puis s’y substituera.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="EaKaItq85X"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/21/le-piege-de-nord-stream-de-leau-dans-le-gaz-russe-leurope-et-lillusoire-puissance/">‘‘Le piège de Nord Stream’’ : De l’eau dans le gaz russe ? L’Europe et l’illusoire puissance</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Le piège de Nord Stream’’ : De l’eau dans le gaz russe ? L’Europe et l’illusoire puissance » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/04/21/le-piege-de-nord-stream-de-leau-dans-le-gaz-russe-leurope-et-lillusoire-puissance/embed/#?secret=22A7t13DOP#?secret=EaKaItq85X" data-secret="EaKaItq85X" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Les soubresauts politiques russes</h2>



<p>L’échec du coup d’État&nbsp;immédiatement avant le nouveau traité de l’Union censé garantir sa survie, suivie par l’interdiction du Parti communiste russe&nbsp;n’a fait que consacrer la fin de l’Union Soviétique, officialisée à Belovej le 7 décembre 1991 par une déclaration des présidents russe, biélorusse, et ukrainien.</p>



<p>Les soubresauts politiques russes ultérieurs opposant la présidence à un parlement nostalgique de la grandeur passée avec l’intervention de l’armée au bénéfice du premier qui fera 150 morts, n’y changeront rien.</p>



<p>Il n’en demeure pas moins que si la question des armes nucléaires a été réglée, au bénéfice de la Russie, celle du différend territorial russo-ukrainien n’a pas été abordée.</p>



<p>Plus que cela, Boris Eltsine a entériné l’exigence du président ukrainien de l’intangibilité des frontières héritées de l’Union Soviétique. Est-ce à dire que la Russie n’a aucun droit à revendiquer une part quelconque du territoire ukrainien? Toujours est-il que contrairement aux thèses occidentales et ukrainiennes, le contentieux territorial n’est pas né avec Vladimir Poutine, pas plus que le problème de l’élargissement à l’Est de l’Otan.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="BZgnUtpqWc"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/ukraine-le-sort-de-lhumanite-au-jeu-de-la-roulette-russe/">Ukraine : Le sort de l&rsquo;humanité au jeu de la roulette russe</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Ukraine : Le sort de l&rsquo;humanité au jeu de la roulette russe » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/ukraine-le-sort-de-lhumanite-au-jeu-de-la-roulette-russe/embed/#?secret=UXWQjz2xcq#?secret=BZgnUtpqWc" data-secret="BZgnUtpqWc" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En effet, lors de la réunification de l’Allemagne, le secrétaire d’Etat américain James Baker avait proposé à Mikhaïl Gorbatchev soit un retrait des forces de l’Otan d’Allemagne, soit l’interdiction de tout stationnement de ses forces à l’Est de la frontière allemande, c’est-à-dire dans les anciens pays du Pacte de Varsovie. Le plus étrange c’est que cette proposition n’ait pas été suivie du traité en bonne et due forme que le président soviétique puis son successeur russe eussent été en droit d’exiger. Si donc la guerre a fait rage en Ukraine 30 ans plus tard, c’est aussi à l’incompétence et à l’imprévoyance des dirigeants de l’époque qu’on la doit.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La politique nazie à l’Est</h2>



<p>En dépit de l’érudition de l’auteur et de sa remarquable capacité à éclairer sur un sujet complexe, en particulier les relations conflictuelles dans la vie politique au sein de la Fédération de Russie, dont la classe politique tunisienne aurait pu s’inspirer pour éviter les dérives qui ont conduit le pays vers l’autoritarisme qui prévaut aujourd’hui, le livre pourtant publié en 2015 après l’annexion de la Crimée par la Russie n’aborde pas la question cruciale de la politique nazie à l’Est, c’est-à-dire dans le grenier à blé ukrainien, si semblable par ses moyens et dans ses objectifs, à celle mise en œuvre aujourd’hui par les Etats-Unis et l’Europe en Ukraine, et qu’on ne peut nullement mettre sur le compte de la folie de Vladimir Poutine.&nbsp;</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="85PKfBkA8v"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/">L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« L&rsquo;Ukraine à la croisée des intérêts géostratégiques » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/02/28/lukraine-a-la-croisee-des-interets-geostrategiques/embed/#?secret=CVoJi9lgPO#?secret=85PKfBkA8v" data-secret="85PKfBkA8v" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/03/23/six-annees-qui-ont-change-le-monde-une-paix-pour-rien/"> ‘‘Six années qui ont changé le monde’’ | Une paix pour rien !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>‘‘La mort des Ceausescu’’ : 22 ans avant la Révolution du Jasmin, un coup d’Etat clé en main</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/09/la-mort-des-ceausescu-22-ans-avant-la-revolution-du-jasmin-un-coup-detat-cle-en-main/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Feb 2025 07:15:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Ceausescu]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
		<category><![CDATA[Europe de l’Est]]></category>
		<category><![CDATA[Gorbatchev]]></category>
		<category><![CDATA[Parti Communiste]]></category>
		<category><![CDATA[Roumanie]]></category>
		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[URSS]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Des éléments de comparaison entre les révolutions de Roumanie en 1989 et de Tunisie en 2011. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/09/la-mort-des-ceausescu-22-ans-avant-la-revolution-du-jasmin-un-coup-detat-cle-en-main/">‘‘La mort des Ceausescu’’ : 22 ans avant la Révolution du Jasmin, un coup d’Etat clé en main</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Les éléments de comparaison entre les révolutions de Roumanie en 1989 et de Tunisie en 2011, sont à ce point nombreux et concordants qu’il est difficile de les attribuer à la seule spontanéité des révolutionnaires, et non pas à des coups d’Etat planifiés par des élites soucieuses de muter par instinct de survie pour perpétuer leur pouvoir sous une autre forme avec l’indispensable complicité internationale.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia * </strong>&nbsp;</p>



<span id="more-15445975"></span>



<p>La&nbsp;révolution roumaine&nbsp;occupe une place à part dans la <em>«désoviétisation»</em> de l’Europe de l’Est. Peut-être parce&nbsp;que violente, elle s’est terminée d’une manière tragique par l’exécution filmée d’un vieux président et de son épouse. Peut-être aussi parce qu’elle a donné lieu à une mise en scène médiatique de grande ampleur. Elle est survenue fin décembre 1989 avec l’ouverture du rideau de fer et du mur de Berlin, environ deux mois après, alors que tous les hommes forts du Pacte de Varsovie avaient quitté la scène politique emportés par le vent des réformes qui avec l’avènement de Gorbatchev soufflait en Union Soviétique et balayait l’Est européen.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un vieux président réfractaire</h2>



<p>Ceausescu, le premier tenant d’un national communisme&nbsp;sous&nbsp;férule soviétique, qui avait assuré à son pays une place à part au point d’obtenir des Américains la clause de la nation la plus favorisée, avait été le dernier stalinien, celui qui s’était opposé d’une manière véhémente aux changements préconisés par Gorbatchev, en les qualifiant à juste titre de suicidaires. Mais sommé de rectifier le tir dès 1987 par son puissant suzerain russe, le Roumain n’en avait pas moins maintenu le cap, celui avant tout de l’indépendance, imposant le remboursement des créanciers internationaux,&nbsp;mais aussi celui de l’économie socialiste traditionnelle,&nbsp;en réalité un capitalisme d’État.</p>



<p>En 1989, la Roumanie apparaissait aux yeux des Américains et des Soviétiques comme un cas réfractaire appelé à disparaître rapidement. Et une campagne médiatique ininterrompue issue de la Radio Free Europe faisait&nbsp;apparaître le peuple roumain comme un martyr victime du népotisme de la famille Ceausescu, et d’un programme délirant de remboursement de la dette amputant les salaires, le réduisant à la faim, au froid, à la maladie, à la misère, et pour les femmes victimes d’une politique nataliste de l’Etat, aux avortements clandestins, bref, du génocide.</p>



<p>A cela s’était&nbsp; surajouté le récit des destructions des villages traditionnels appelés à être remplacés par des cités monolithiques sans âmes, incarnant le socialisme, qu’on avait mis sur la volonté du régime de faire disparaître la minorité hongroise importante dans le pays. Et naturellement, on s’était fait fort d’insister sur l’absence de liberté politique, et sur la répression de toute opinion dissidente.</p>



<p>Il y avait quand même eu des signes avant-coureurs, les émeutes des usines de Brasov de 1987 qui avaient vu les ouvriers des usines pour la première fois manifester contre le régime, ce qui dans une dictature du prolétariat avait été à tout le moins paradoxal.</p>



<p>Naturellement les meneurs avaient été pris et jugés, et les ouvriers avaient été dispersés dans d’autres usines. Mais ce qui donnait lieu aux attaques les plus persistantes était naturellement le culte de la personnalité voué au Conducator, dans la pure tradition stalinienne. Et il est vrai que lors du congrès du Parti communiste un mois avant sa chute, il avait été ovationné 70 fois au cours de son discours. Et qu’y avait-il dit? Qu’il dénonçait le pacte germano-soviétique de&#8230; 1939.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="9cR8VeWzVD"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/27/musaddiq-and-the-struggle-for-power-in-iran-vieux-malade-en-pyjama-heros-malgre-lui/">‘‘Musaddiq and the struggle for power in Iran”: vieux malade, en pyjama, héros malgré lui</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Musaddiq and the struggle for power in Iran”: vieux malade, en pyjama, héros malgré lui » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/27/musaddiq-and-the-struggle-for-power-in-iran-vieux-malade-en-pyjama-heros-malgre-lui/embed/#?secret=Ocv2hC2wf7#?secret=9cR8VeWzVD" data-secret="9cR8VeWzVD" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Autrement dit, Ceausescu remettait en question l’annexion de la Moldavie, province roumaine à cette date, par l’URSS, alors que l’Amérique et l’Europe se souciaient&nbsp;avant tout de l’unification allemande et nullement des frontières de l’URSS. Cela suffit aux yeux de beaucoup pour impliquer les services secrets soviétiques dans la crise qui s’annonçait. Et alors que les <em>«massacres»</em> de la ville de Timisoara débutaient&nbsp;avec des manifestations contre le régime à partir du 14 décembre 1989, le président roumain y envoyait les généraux Stanculescu et Chitac&nbsp;mater le soulèvement mais ne s’en rendait pas moins en Iran en visite officielle quelques jours plus tard sans préjuger de la gravité de la situation. Ces généraux seront 20 ans plus tard jugés et condamnés pour avoir fait tirer sur la foule et causé plus de 200 morts.</p>



<p>Mais le général Stanculescu après la mort mystérieuse par balles du ministre de la Défense, le Général Milea, rentrait à Bucarest et lors du dernier meeting du président roumain, quand celui-ci fut conspué par la foule, le convainquait de s’enfuir en hélicoptère avec son épouse pour assurer sa sécurité.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une mise en scène macabre</h2>



<p>D’abord détenu&nbsp;dans une caserne de l’armée, le couple présidentiel était amené dans une école, jugé par une cour militaire, en présence de&#8230; Stanculescu, celui-là même qui prétendait assurer sa sécurité, et fusillé sans ménagement. Le film du procès était diffusé le jour de Noël, le 25 décembre, par la télévision roumaine sans jamais en montrer les acteurs, hormis les accusés. La présidente y était accusée de s’arroger de faux diplômes&nbsp;universitaires. La plaidoirie de l’avocat de la défense, s’excusant devant la Cour de devoir défendre des coupables sans circonstances atténuantes, conférait finalement à la chute du dictateur, combatif et courageux jusqu’à la fin face à ses juges, un relent de trahison, de bassesse, et de mensonge, que les révélations ultérieures sur le mise en scène macabre de Timisoara, des cadavres sortis de leurs tombes et exposés dans la rue, ne feront que renforcer.</p>



<p>On s’est aperçu finalement que ce sont les Hongrois, relayés par les Yougoslaves, qui avaient avancé le chiffre de 5000 morts, et la presse occidentale avait relayé&nbsp;l’information sans vérifier parce qu’il était considéré&nbsp;dans l’ordre normal des choses que le régime de Ceausescu massacre son peuple. Sauf que les morts n’ont jamais dépassé les 200, et que c’est l’armée qui la plupart du temps a tué les manifestants.</p>



<p>Cependant des rumeurs ont circulé concernant les assassinats commis par des commandos de la Securitate, la police politique roumaine, tirant sur la foule,&nbsp;qui sont demeurées sans fondements concernant leurs auteurs. On a même parlé de snipers étrangers, parlant roumain avec un fort accent, des Moldaves venus d’URSS, évidemment des spéculations que rien n’est venu corroborer.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="hsYFIo2yWy"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/12/pour-la-peau-de-kadhafi-le-salaire-de-la-peur/"> ‘‘Pour la peau de Kadhafi’’: le salaire de la peur</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="«  ‘‘Pour la peau de Kadhafi’’: le salaire de la peur » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/01/12/pour-la-peau-de-kadhafi-le-salaire-de-la-peur/embed/#?secret=TCF3hDgBtx#?secret=hsYFIo2yWy" data-secret="hsYFIo2yWy" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Au contraire, il semble bien que la Securitate, loin de réprimer les manifestations, les ait plutôt encadrées. On a même parlé de soldats libyens envoyés par Kadhafi défendre le régime, une information démentie par le nouveau président Ion Iliescu à la demande du Maître de Tripoli.</p>



<p>Tout cela pour dire que jusqu’à présent, 36 ans après les faits, on ignore encore ce qui s’est réellement passé. Au vu de la composition du nouveau gouvernement, ce sont des communistes partisans&nbsp;d’une réforme du régime et proches des idées de Gorbatchev, soutenus par l’armée soucieuse de faire oublier son rôle dans la répression des manifestants, qui ont pris le pouvoir,&nbsp;dans un véritable coup d’État. Ils ne sont apparus au grand jour qu’après la prise de la télévision, et se sont baptisés Front du Salut National (FSN). Mais un vieux militant communiste passé à la dissidence comme Brucan par exemple avait eu des contacts très étroits avec le département d’État de Washington et la CIA.</p>



<p>La résurgence du Parti Libéral et du Parti Agrarien, supprimés par les communistes à l’issue de la seconde guerre mondiale, a donné lieu&nbsp;à de nombreux affrontements de rue, et malgré une nette victoire aux urnes du FSN, le nouveau régime n’a pas hésité&nbsp;à faire appel aux mineurs sauvages du charbon lors de ce qu’on a appelé les <em>«minériades»</em>, et il y en eût six, pour mater les étudiants l’opposition, casser les manifestations et tenir la rue.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un coup d’Etat maquillé en révolution</h2>



<p>La Révolution roumaine n’aurait donc été qu’un coup d’état organisé dans un souci de survie par des officiers de l’armée et des services de renseignement trop compromis avec un régime qui avait perdu tous ses appuis sur la scène internationale et dont&nbsp;l’élimination était inéluctable.&nbsp;Et c’est la famille du couple assassiné qui symboliquement en fit les frais, en particulier avec d’autre <em>«suicides»</em>, ceux du général Marin Ceausescu, frère du président exécuté, ou du fils de ce dernier, Nicu, une figure abhorrée du régime.</p>



<p>Ce modèle roumain de <em>«Révolution»</em> fut-il un prototype utilisé ultérieurement dans d’autres pays? Au vu de ce qui s’est passé lors du printemps arabe, il est légitime de se le demander. </p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="We4RdRPv0T"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/24/iraq-from-revolution-to-dictatorship-massacres-coups-detat-et-ambitions-le-reve-unitaire-fracasse/">‘‘Iraq from revolution to dictatorship’’ : massacres, coups d’Etat et ambitions. Le rêve unitaire fracassé</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Iraq from revolution to dictatorship’’ : massacres, coups d’Etat et ambitions. Le rêve unitaire fracassé » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/11/24/iraq-from-revolution-to-dictatorship-massacres-coups-detat-et-ambitions-le-reve-unitaire-fracasse/embed/#?secret=0hEFIemRVc#?secret=We4RdRPv0T" data-secret="We4RdRPv0T" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Une campagne médiatique internationale contre un président  autoritaire s’appuyant sur son clan familial mafieux, refusant de libéraliser son régime malgré des injonctions internationales à le faire, une présidente affairiste et ignorante qui s’arroge des titres universitaires honorifiques, un soulèvement précurseur dans le bassin minier deux années auparavant, maté par les forces de sécurité, un évènement déclencheur faisant office de massacre, comme le suicide par le feu d’un marchand ambulant, l’ambiguïté des services de sécurité face aux manifestations, l’élimination du dictateur opportunément exfiltré pour ne plus revenir, les milices présidentielles et les snipers venus d’ailleurs tirant sur la foule dont aucun élément n’a jamais été capturé, les morts et les blessés, le ralliement opportun de l’armée au nouveau régime, le parachutage à sa tête d’une figure de l’ancien régime qui en deviendra plus tard président, la mutation de l’ancien parti au pouvoir revenu sur la scène sous un autre nom, l’encadrement de la rue par la terreur et la peur, le jugement d’une famille honnie à laquelle tous les maux sont attribués, la perpétuation du système économique et juridique dans le nouveau régime, enfin jusqu’à l’opposition se faisant récemment nommer Front du Salut National…. </p>



<p>Les éléments de comparaison entre les évènements de Roumanie et de Tunisie, pour ne pas dire du Printemps Arabe, sont à ce point nombreux et concordants qu’il est difficile de les attribuer à la seule spontanéité des révolutionnaires, et non pas à des coups d’Etat planifiés par des élites soucieuses de muter par instinct de survie pour perpétuer leur pouvoir sous une autre forme avec l’indispensable complicité internationale.<strong><em>‘</em></strong></p>



<p><strong><em>‘La mort des Ceausescu. La vérité sur un coup d’Etat communiste’’ de Catherine Durandin, éd. François Bourin, 13 novembre 2009, 216 pages.</em></strong></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/02/09/la-mort-des-ceausescu-22-ans-avant-la-revolution-du-jasmin-un-coup-detat-cle-en-main/">‘‘La mort des Ceausescu’’ : 22 ans avant la Révolution du Jasmin, un coup d’Etat clé en main</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>‘‘Musaddiq and the struggle for power in Iran”: vieux malade, en pyjama, héros malgré lui</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 27 Oct 2024 07:32:00 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Tudeh]]></category>
		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Mossadegh n’est pas républicain, il est partisan d’une monarchie constitutionnelle, mais le Chah et son clan ne le sont pas. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/10/27/musaddiq-and-the-struggle-for-power-in-iran-vieux-malade-en-pyjama-heros-malgre-lui/">‘‘Musaddiq and the struggle for power in Iran”: vieux malade, en pyjama, héros malgré lui</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Muḥammad Musaddiq (Mohammad Mossadegh en français) est pour les Arabes une figure méconnue de l’Orient moderne. Quoique auréolé du prestige d’avoir été le premier, avant Nasser, à nationaliser une ressource essentielle de son pays, le pétrole, et à tenir tête à l’Occident, au point d’être accueilli en Egypte en héros lors de son bref passage dans ce pays, sa carrière politique demeure toujours nimbée de mystère. Et il est vrai qu’elle n’a pas été de tout repos.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia *</strong></p>



<span id="more-14395526"></span>



<p>Ce juriste apparenté à la famille régnante des Qadjars qui a fait ses études universitaires en Suisse est élu en 1917 député à un âge qui dans son pays lui interdit d’occuper cette fonction.</p>



<p>C’est une figure de proue du mouvement constitutionnaliste iranien et il est l’auteur de nombreux écrits sur les <em>«capitulations»</em>, ces concessions qui permettent aux étrangers européens et américains de ne pas être jugés par les cours de justice de leurs pays hôtes.</p>



<p>Il est ministre de la Justice puis des Finances et se signale par son intégrité dans un environnement de corruption et de népotisme.</p>



<p>Il est gouverneur à deux reprises, au Fars et en Azerbaïdjan, des missions qu’il préfère au jeu des partis à Téhéran.</p>



<p>En 1919 un premier accord plaçant l’armée et les finances sous contrôle anglais établit pratiquement un protectorat sur&nbsp; le pays.&nbsp;Mais à partir de 1921, c’est l’ascension au pouvoir de Ridha Khan, ce militaire cosaque fruste, soutenu par l’Angleterre. Les propriétaires terriens et le clergé chiite ne s’opposent pas lorsqu’il abolit en 1924 la dynastie régnante Qadjare et en fonde une nouvelle, qu’il qualifie de Pahlavi, du nom de celle des Perses arsacides, et rebaptise&nbsp;la Perse en Iran, autrement dit le pays des Aryens.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La question du pétrole</h2>



<p>Pour ceux qui acceptent sa prise du pouvoir et collaborent, l’important est que l’ordre règne. Pour les autres, c’est la détention dans des conditions très dures qui se termine souvent par des exécutions, même pour des motifs futiles, comme le refus de porter la casquette française et les vêtements européens. Modarres en est l’une des victimes les plus illustres. Mais Reza Khan, qui sauvegarde d’abord ses propres intérêts politiques, ne remet pas en cause la mainmise anglaise sur le pétrole iranien qui a débuté en 1901, et qui constitue l’autre constante de la réalité politique du pays, dont l’État ne retire à peu près rien.</p>



<p>En 1933, les discussions sur le renouvellement du contrat entre l’Anglo Persian Petroleum Company et le gouvernement iranien ne remettent nullement en question la situation qui prévaut. Dès lors la question du pétrole devient pour tous ceux aspirant à l’indépendance de leur pays et à la liberté de son peuple, un point de ralliement&#8230; exceptés les communistes iraniens du Tudeh soutenus par l’Union soviétique qui désirent en concéder une partie de l’exploitation au voisin du nord, celui-ci ambitionnant de prélever sa part au même titre que les Britanniques.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="O9m5JjIJkx"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/12/the-heritage-of-persia-lesprit-eternel-dune-nation-qui-defie-le-temps/">‘‘The heritage of Persia’’ : l’esprit éternel d’une nation qui défie le temps</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘The heritage of Persia’’ : l’esprit éternel d’une nation qui défie le temps » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/12/the-heritage-of-persia-lesprit-eternel-dune-nation-qui-defie-le-temps/embed/#?secret=LXRWXhUKK4#?secret=O9m5JjIJkx" data-secret="O9m5JjIJkx" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Le Tudeh subit lui aussi une répression sévère, ses cadres, nommés les 53, sont décimés. A l’origine un rassemblement de personnalités socialisantes que Moscou veut voir soutenir l’effort de guerre contre les Nazis en s’alliant aux autres forces politiques, il deviendra avec la guerre froide un parti stalinien pur et dur.</p>



<p>La déposition de Reza Khan devenu Pahlavi, en 1941, par les Britanniques, pour philogermanisme,&nbsp;permet ainsi à Mossadegh emprisonné durant deux ans de sortir de son éclipse et de retrouver la scène politique. C’est&nbsp; le fils du monarque déposé, Mohamed Reza, que les politiques iraniens ambitionnent de voir régner sans gouverner, qui lui succède. C’est alors le début du parlementarisme, des partis, des chefs rentrés d’exil (de Grande Bretagne!!!) tels Qawam qui sera quatre fois Premier ministre et Saïd Dhia, tous deux stipendiés par leurs adversaires comme agents anglais.&nbsp;Mais le nouveau monarque est soutenu par son clan, en particulier sa sœur jumelle la princesse Achraf, qui impose des premiers ministres à sa botte, tel Abdul Hassan Hazir, qui finira assassiné par un membre de Fedayin Islam. Mais en 1949 sa carrière est véritablement relancée avec le mouvement de protestation contre le trucage des élections législatives.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Double objectif&nbsp;: indépendance et liberté</h2>



<p>Mossadegh devient vice-président du parlement. C’est à ce moment-là que se constitue le Front National dominé par l’élite libérale occidentalisée appuyée par les commerçants du Bazar et les religieux éclairés. Mossadegh en est proche sans en être dirigeant, quoiqu’on en ait dit, et pour lui l’objectif de l’Iran est double: l’indépendance et la liberté, qui ne sauraient être obtenues sans la restitution au pays de ses richesses, autrement dit sans la nationalisation du pétrole.</p>



<p>C’est l’époque du ministère du général Razmara qui est assez habile pour s’allier objectivement au parti communiste Tudeh mais sans se compromettre. Mais Razmara, qui s’oppose pourtant à la nationalisation, est assassiné, probablement à l’instigation du Chah, par un autre membre&nbsp;des Fedayin Islam qui constitue l’aile populiste révolutionnaire du mouvement religieux sans être proche du clergé chiite plutôt conservateur. En revanche, c’est un obscur religieux, Khomeiny, qui en est proche sur le plan idéologique, avec lequel il partage le panislamisme.</p>



<p>C’est pourtant l’alliance du Front National avec le plus prestigieux des ayatollahs, Kachani, qui amène en 1951 Mossadegh à la tête du gouvernement après un discours provocateur.&nbsp; Les discussions aussitôt engagées avec les Anglais sont orageuses. Ces derniers essaient de gagner du temps et préparent un coup d’État. La nationalisation décidée bute sur l’intransigeance des Anglais qui prétendent se dédommager du manque à gagner d’un pétrole qu’ils ne vont pas extraire.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="roZOL3yEXC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/05/reponse-a-lhistoire-le-testament-du-chah-diran-ou-lamerique-a-rebours/">‘‘Réponse à l’Histoire’’: le testament du chah d’Iran, ou l’Amérique à rebours  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘Réponse à l’Histoire’’: le testament du chah d’Iran, ou l’Amérique à rebours   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/11/05/reponse-a-lhistoire-le-testament-du-chah-diran-ou-lamerique-a-rebours/embed/#?secret=c7IdGpbzqJ#?secret=roZOL3yEXC" data-secret="roZOL3yEXC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Pourtant la Cour de Justice de La Haye donne raison aux Iraniens. Mais l’Iran est soumis à un embargo par le Cartel du pétrole, ses avoirs sont gelés, et il ne peut plus exporter. Malgré cela, le Premier ministre iranien arrive à gérer une économie sans pétrole, au prix d’une inflation importante mais maîtrisable, mais d’une dégradation sensible du niveau de vie des Iraniens. Et&nbsp;ses alliés politiques se retournent contre lui, en particulier Hejazi et Khouanji, deux importants dirigeants du Front National, tout comme Kachani, le porte-parole et vice-président du parlement qui n’assiste jamais à ses séances. Si les communistes pro-soviétiques ne l’ont jamais soutenu, en revanche, la défection la plus marquante est celle de Khalil El-Malki, un transfuge du Tudeh fondateur de la troisième force, aussi intègre, nationaliste et tiers-mondiste que le Premier ministre. Mais Khalil El-Malki est plus socialiste que libéral.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La chute du Premier ministre nationaliste</h2>



<p>L’attaque contre Mossadegh a trouvé un terrain propice dans sa volonté de se voir accorder des pouvoirs extraordinaires par le parlement, à deux reprises. Sa décision légalement contestable de dissoudre le parlement afin d’organiser un référendum sur la réforme constitutionnelle malgré l’avis contraire de ses amis s’avère politiquement fatale. La provocation dont il est victime lui attribuant une tentative de déposer le Chah, qui s’enfuit à Rome,&nbsp; permet aux agitateurs manipulés par la CIA de soulever la rue.</p>



<p>Enfin, la gestion de la crise sécuritaire née du premier complot du général Zahedi n’est&nbsp; pas menée avec le sérieux requis et permet aux conspirateurs initialement découverts et mis en échec, de fuir et de se reprendre, d’autant que les soutiens du Premier ministre dans la police&nbsp;et l’armée sont éliminés ou font défection.</p>



<p>La scène finale rappelle celle qui a lieu au Chili vingt ans plus tard avec le président Allende. Elle voit&nbsp;Mossadegh encerclé avec le dernier carré de ses partisans par l’armée dans sa maison. Les combats font plusieurs centaines de morts. Le Premier ministre finit par se rendre. Il est jugé et condamné à mort. Le verdict est commué en trois années de détention, étant donné son âge et son état de santé, mais en réalité probablement parce qu’il n’a jamais eu l’intention de déposer le monarque. Il est ensuite maintenu en liberté surveillée chez lui dans sa maison située à quelques centaines de kilomètres de la capitale. Il y mourra 20 années plus tard.&nbsp;</p>



<p>Néanmoins, durant ces vingt années, il devient le symbole de la résistance au Chah dont le régime est devenu despotique, et inspire&nbsp;le second Front&nbsp; National, puis le troisième où&nbsp;la troisième force et le mouvement de libération de l’Iran de Mehdi Bazargan jouent un rôle important. Mais une fois de plus le Front National se révèle n’être qu’un conglomérat de personnalités affichant une unité de façade sur les questions importantes&nbsp;comme la liberté et l’indépendance sans véritable programme politique pour les réaliser. L’archétype en est Chapour Bakhtiar, un ambitieux à la recherche d’une assise politique lui conférant une stature nationale, et qui n’hésite pas en 1963 pour des raisons obscures à intervenir pour demander aux étudiants occupant le campus d’évacuer les lieux et de mettre fin à leur mouvement. C’est lui qui est nommé Premier ministre par le Chah lors de son départ définitif d’Iran, et qui est finalement&nbsp;balayé par les partisans triomphants de Khomeiny.</p>



<p>Les dirigeants du Front National ont donc, ainsi que cet exemple le prouvé,&nbsp;souvent été instrumentalisés par le palais qui est arrivé à les contenir et à les marginaliser, en particulier lors de la réforme agraire entreprise lors de ce qui a été qualifié de révolution blanche.</p>



<p>La jeunesse déçue se tourne donc immanquablement&nbsp;vers les mollahs les plus radicaux et&nbsp; la gauche révolutionnaire pour mener le combat souvent armé qui aboutit à la chute du régime en 1979 et à l’avènement de la République Islamique.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="04vn5HIO26"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/19/la-guerre-iran-irak-une-guerre-par-procuration/">‘‘La guerre Iran-Irak’’: une guerre par procuration ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘La guerre Iran-Irak’’: une guerre par procuration ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/19/la-guerre-iran-irak-une-guerre-par-procuration/embed/#?secret=9CQRFOgKiU#?secret=04vn5HIO26" data-secret="04vn5HIO26" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ainsi, la biographie de ce personnage extraordinaire qu’est Mossadegh  comporte plusieurs paradoxes. Ses relations avec le Palais sont tumultueuses. Mossadegh s’oppose dès le début à l’avènement de Reza Khan pourtant républicain admirateur d’Atatürk en tant que Chah et refuse toute collaboration politique avec lui à une époque où il est risqué de le faire. Cela lui vaut quinze années de traversée politique du désert. Il s’oppose ensuite au successeur sur le trône mais lorsqu’il a l’occasion d’instaurer la république afin de résoudre définitivement la question du pouvoir à son avantage, il refuse de franchir le pas. L’Iran en paie le prix puisqu’au lieu d’une république parlementaire, c’est d’une révolution islamique qu’il hérite.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’échec de la démocratie en Iran</h2>



<p>Mossadegh n’est pas républicain, il est partisan d’une monarchie constitutionnelle, mais le Chah et son clan ne le sont pas et cherchent toujours l’occasion propice pour gouverner le pays. Les relations entre les deux hommes sont tellement tumultueuses qu’on en arrive ainsi à cette situation où le Premier ministre présente sa démission que le souverain refuse, et à une autre où il est rétabli dans ses fonctions après un interlude, enfin à une troisième où il refuse de soumettre au décret le destituant lors de la dissolution (anticonstitutionnelle) du parlement.</p>



<p>Un autre paradoxe se situe dans le nationalisme du héros iranien. Il prétend lutter pour l’indépendance de son pays mais il acquiert la nationalité helvétique après ses études de droit pour pouvoir exercer.</p>



<p>Quant à la liberté, les raisons pour lesquelles ses amis l’abandonnent sont principalement la répression des manifestations contre son gouvernement et les lois liberticides qu’il veut faire voter lorsque le pays s’enfonce de plus en plus dans la crise. Il est vrai que la situation que l’Iran traverse alors, privé d’exportations pétrolières et menacé militairement par les Anglais, ne constitue pas le meilleur contexte pour l’instauration et le respect des libertés.</p>



<p>Néanmoins c’est l’accusation de communisme brandie par les Anglais qui convainc les Américains d’agir contre lui. Ces derniers craignent que l’Iran, pièce essentielle du Golfe arabo-persique, ne tombe dans l’orbite des Soviétiques.</p>



<p>Pourtant Mossadegh s’est toujours méfié du parti communiste pro soviétique Tudeh, et la Russie tout au long de l’Histoire depuis la Grande Catherine n’a cessé de constituer la menace principale en envahissant le Caucase et Bakou, et en réclamant&nbsp;des droits de pêche conséquents en mer Caspienne. L’Union Soviétique établit des républiques sécessionnistes en Azerbaïdjan occidental&nbsp;et au Kurdistan à la fin de la Seconde guerre mondiale, qu’elle abandonne à leur sort deux années plus tard. Mais quoique unissant contre lui les modernistes, le clergé,&nbsp;les libéraux conservateurs, les grands propriétaires terriens, le Bazar, les monarchistes, et les religieux radicaux de type Kachani, Mossadegh refuse de s’appuyer sur les communistes qui le préviennent&nbsp;du complot&nbsp;fomenté par le général Zahedi. Et Khalil Al-Melki (la troisième force) ainsi que le Mouvement Populaire qui peuvent constituer sa masse de réserve font l’erreur de ne pas cautionner la politique autoritaire que les circonstances lui imposent face à la mobilisation de ses adversaires soutenus et financés par les Anglo-américains.</p>



<p>Concrètement, c’est le refus obstiné des Anglais de concéder aux Iraniens les mêmes termes du contrat établi entre l’Arabie Saoudite et l’Aramco beaucoup plus avantageux pour les pays producteurs, qui déclenche le processus amenant un vieux malade, paisible partisan de la monarchie constitutionnelle photographié parfois en pyjama à symboliser les aspirations de tous les peuples de la région à l’indépendance, au bien-être, et à la liberté.</p>



<p>La dernière interrogation se rapporte évidemment à l’échec de la démocratie en Iran. Tout comme plus tard en Egypte, le régime parlementaire qui succède à un despotisme pur et dur échoue, il est suivi par l’avènement de l’homme providentiel, puis par le retour au régime autoritaire selon un schéma qui semble devenir la norme dans le monde arabo musulman, même en Turquie, pourtant toujours présentée comme l’archétype de la démocratie réussie dans un pays musulman laïc, ou bien le Pakistan, autre démocratie parlementaire en liberté surveillée. Les contraintes géostratégiques&nbsp;y sont pour beaucoup. Certes ! Cependant la Malaisie, l’Indonésie, ou même le Sénégal constituent le contre-exemple de l’alternance&nbsp;au pouvoir&nbsp;réussie dans les pays musulmans. Il y a là matière à réflexion.</p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.    </em></p>



<h1 class="wp-block-heading"><em>‘‘Musaddiq and the Struggle for Power in Iran’’ de Homa Katouzian, éd. I.B. Tauris, 30 août 2009, 328 pages.</em></h1>
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		<item>
		<title>‘‘The accidental président’’: terminer ce que d’autres ont commencé; le curieux destin d’un Américain pas si ordinaire</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 09 Jun 2024 07:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L'arrivée de Harry Truman au poste de président des Etats-Unis fut on ne peut plus le fruit du hasard.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En avril 1945, le président Franklin D. Roosevelt, cloué par la poliomyélite sur une chaise roulante depuis deux décennies, usé par trois mandats et par la charge écrasante de la conduite de la seconde guerre mondiale, décédait brusquement d’un accident vasculaire cérébral au début de son quatrième mandat. Le vice-président Harry Truman lui succédait conformément à la Constitution américaine.</em></strong></p>



<p><strong>Dr Mounir Hanablia</strong> *</p>



<span id="more-13157206"></span>



<p>Ce propriétaire ruiné d’une mercerie, ce petit fermier endetté, ce juge intègre d’un obscur comté du Missouri soutenu par un notable local notoirement corrompu, Tom Pendergast, pilier du parti Démocrate, qui assurerait son succès aux élections sénatoriales, rien ne laissait donc prévoir qu’un jour, il présiderait&nbsp;aux destinées du pays le plus puissant du globe à une époque charnière de l’Histoire de l’humanité. Son choix au poste de vice-président fut on ne peut plus le fruit du hasard. Après s’être joué de trois candidats en leur faisant croire qu’il les soutiendrait,</p>



<p>Roosevelt finit par se ranger à l’avis d&rsquo;un membre du Congrès pour qui Truman était le candidat idéal parce que, en plus de l’efficacité qu’il avait démontrée en tant que membre de la commission chargée du contrôle des dépenses de la défense nationale, et de son intégrité, il était dépourvu d’ennemis, et dénué d’ambitions politiques. Ses sept années passées au Sénat, au cours desquelles il fut réélu sans le soutien de son protecteur, Pendergast, condamné à la prison, lui avaient permis autour des tables de poker, dans les cocktails, et étalant sa virtuosité au piano, d&rsquo;acquérir les fidélités et les soutiens nécessaires à solide une carrière politique. Il n’empêche ! En tant que vice-président, la presse ne l’avait pas épargné en l’accusant contre toute évidence d’avoir fait partie du Ku Klux Klan, avant de se rétracter.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="YA8SQ08ioH"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/no-ordinary-time-les-roosevelt-un-couple-providentiel-pour-lamerique/">‘‘No Ordinary Time’’: les Roosevelt, un couple providentiel pour l’Amérique</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« ‘‘No Ordinary Time’’: les Roosevelt, un couple providentiel pour l’Amérique » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/05/21/no-ordinary-time-les-roosevelt-un-couple-providentiel-pour-lamerique/embed/#?secret=pfcewnjun8#?secret=YA8SQ08ioH" data-secret="YA8SQ08ioH" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<h2 class="wp-block-heading">Gagner la guerre et jeter les bases d’une paix durable</h2>



<p>Truman, au moment de succéder à son prestigieux prédécesseur, avait donc pour mission de gagner la guerre en Europe et en Asie, et de jeter les bases d’une paix durable dans le monde en collaboration avec ses alliés, en particulier l’Union Soviétique, dont la politique de conquête et d’établissement de démocraties populaires à l’Est de l’Europe et en Pologne ne facilitait pas les choses. D’intenses discussions seraient nécessaires afin d’instaurer les bases de l’instance internationale chargée de résoudre les conflits entre États, que l’on nommerait Organisation des Nations Unies.</p>



<p>Néanmoins, après la chute de Berlin, la conférence de Potsdam rendue nécessaire par la menace de guerre qui pesait sur l’Italie avec l’occupation du Frioul par l’armée Yougoslave et l’affaire polonaise, n’obtiendrait pas des Soviétiques les concessions escomptées, malgré l’expérimentation de la bombe atomique. Son utilisation contre le Japon à deux reprises, les 6 et 9 août&nbsp;1945, allait précipiter la fin de la guerre du Pacifique, après une série de bombardements massifs qui réduirait en cendres les principales villes du Japon.</p>



<p>Avec l’établissement des régimes communistes en Europe de l’Est, l’octroi de la Silésie à la Pologne au détriment de l’Allemagne, et les conflits virtuels en Chine et en Corée, le monde allait passer sans transition à la guerre froide et à la politique des deux blocs dont le paroxysme sera atteint par la l’avènement du communisme en Chine, la guerre de Corée, celle du Vietnam, et le blocus de Berlin.</p>



<p>Naturellement Harry Truman ne passera à la postérité que comme le président ayant fait usage de la bombe atomique. Certes. Cependant aucun Américain ne semble alors avoir douté qu’elle pût mettre fin au conflit contre le Japon plus rapidement et à moindre coût en vies humaines américaines contre un adversaire résolument décidé à se battre jusqu’au dernier pour préserver son honneur et sa souveraineté à travers le maintien à sa tête de l’Empereur.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="6qy1SSBf6X"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/26/presidents-americains-le-bon-la-brute-le-truand/">Présidents américains : Le bon, la brute, le truand</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Présidents américains : Le bon, la brute, le truand » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2024/02/26/presidents-americains-le-bon-la-brute-le-truand/embed/#?secret=bi8Ps3itR9#?secret=6qy1SSBf6X" data-secret="6qy1SSBf6X" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Ce sont les mêmes arguments que l’on entend aujourd’hui par les sionistes et les dirigeants israéliens pour justifier leur politique d’extermination à Gaza, autrement dit l’élimination d’un adversaire fanatisé soutenu par une population complice. Si la rhétorique est la même, celle puisée dans le discours de la seconde guerre mondiale, le contexte, celui d’une lutte anticoloniale, n’est néanmoins radicalement pas le même.</p>



<p>D’autre part, il sera toujours difficile d’argumenter sur le manque de volonté des&nbsp;Américains, les seuls à détenir la puissance nucléaire à l’époque, d’imposer aux Soviétiques le respect des souverainetés nationales des peuples est-européens. Or, ils avaient les moyens nécessaires d’user à des fins politiques le prêt bail et les crédits nécessaires à la reconstruction et qu’ils étaient seuls à détenir.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La nécessité d’établir des règles d’arbitrage</h2>



<p>Néanmoins, les récents évènements en Ukraine ont démontré que les moyens de pression économiques ne jouaient que peu quand les intérêts considérés comme fondamentaux étaient en jeu, et que, avant de parler de politique expansionniste, le besoin de sécurité d’un pays ayant la taille d’un continent comme la Russie, né de siècles d’Histoire,&nbsp;primait dans sa volonté d’établir un glacis défensif autour de ses frontières, facteur que l’actuelle administration Biden, soutenue par ses alliés européens, semble peu désireuse de prendre en compte, avec les conséquences que l’on sait, y compris le risque d’un affrontement nucléaire, accru par la livraison d’armes américaines offensives, ou celui&nbsp;d’accidents majeurs dans les neuf centrales nucléaires en activité en Ukraine potentiellement comparables à ceux de Tchernobyl .</p>



<p>On en revient ainsi et plus que jamais à la nécessité d’établir des règles d’arbitrage et de résolution pacifique des conflits&nbsp; entre les nations, à l’ère du nucléaire, un souci que Roosevelt avant l’usage de la bombe atomique, et Truman, après, s’étaient efforcé de concrétiser à travers les Nations Unies, une organisation qui est aujourd’hui de plus en plus critiquée, en particulier par les sionistes qui appellent à son démantèlement, parce qu’à Gaza, elle a agi selon les vœux de ses fondateurs conformément au droit international.</p>



<p>Le dramatique dans le monde actuel, c’est l’amnésie de ses dirigeants sur les faits de l’Histoire. </p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.</em></p>



<h1 class="wp-block-heading"><em>‘‘The Accidental President: Harry S. Truman and the Four Months That Changed the World’’, de </em><em>&nbsp;A. J. Baime,</em><em>&nbsp;éd. </em><em>Mariner Books, </em><em>2 octobre 2018, 64 pages , 464 pages.</em><em></em></h1>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/06/09/the-accidental-president-terminer-ce-que-dautres-ont-commence-le-curieux-destin-dun-americain-pas-si-ordinaire/">‘‘The accidental président’’: terminer ce que d’autres ont commencé; le curieux destin d’un Américain pas si ordinaire</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
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		<item>
		<title>Tunisie : la fonction publique et l’obligation d’effort et de résultat</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/25/tunisie-la-fonction-publique-et-lobligation-deffort-et-de-resultat/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 25 Mar 2024 10:59:09 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[critère de performance]]></category>
		<category><![CDATA[fonction publiqie]]></category>
		<category><![CDATA[obligation de résultat]]></category>
		<category><![CDATA[secteur public]]></category>
		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La mentalité du moindre effort a mené la Tunisie à sa situation très délicate actuelle. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2024/03/25/tunisie-la-fonction-publique-et-lobligation-deffort-et-de-resultat/">Tunisie : la fonction publique et l’obligation d’effort et de résultat</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Au crépuscule de l’Union Soviétique, les fonctionnaires récalcitrants et ne voulant pas compromettre leurs position et avantages, ont inventé le concept de résistance passive en évitant de s’engager dans une opposition franche mais en s’abstenant de faire le moindre effort et de prendre la moindre initiative en laissant le bateau couler lentement mais sûrement. Est-on aujourd’hui dans cette situation en Tunisie ?</em></strong> <em>(Illustration : palais du gouvernement).</em> </p>



<p>Par <strong>Elyes Kasri</strong> *</p>



<span id="more-12202105"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/06/Elyes-Kasri.jpg" alt="" class="wp-image-352204"/></figure></div>


<p>Gérer le statu quo en jouant la montre est devenu un principe cardinal de l’administration et du secteur publics en Tunisie dans leur écrasante majorité à tous les niveaux central, régional et local.</p>



<p>Bien sûr, les exceptions et les nageurs à contre courant existent mais sont vite rattrapés par la triste réalité et happés par la pieuvre de l’inertie, de l’immobilisme et du laisser faire les choses comme on en a pris l’habitude et su en tirer les dividendes par commission ou omission.</p>



<p>Au crépuscule de l’Union Soviétique, les fonctionnaires récalcitrants et ne voulant pas compromettre leurs position et avantages, ont inventé le concept de résistance passive en évitant de s’engager dans une opposition franche mais en s’abstenant de faire le moindre effort et de prendre la moindre initiative en laissant le bateau couler lentement mais sûrement.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="xd6LErw5c9"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/12/la-tunisie-champions-arabe-de-la-bureaucratie/">La Tunisie, champion arabe de… la bureaucratie</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« La Tunisie, champion arabe de… la bureaucratie » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/12/la-tunisie-champions-arabe-de-la-bureaucratie/embed/#?secret=qTwadlVtJr#?secret=xd6LErw5c9" data-secret="xd6LErw5c9" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>Aussi, la réforme de la fonction et du secteur publics en Tunisie gagnerait à mettre en haut de l’échelle d’évaluation des cadres à tous les niveaux un critère de performance, d’innovation et de valeur ajoutée personnelle.</p>



<p>La mentalité de <em>«mosmar fi hite»</em> ** associée au moindre effort et au risque zéro, à part quelques réunions et articles de presse ou sur les réseaux sociaux, vides de contenu, de suivi et de concrétisation, a mené la Tunisie à une situation très délicate, non pas en raison des facteurs de blocage mais surtout de régression et de perte des acquis laborieusement engrangés.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Instaurer l’obligation de résultat</h2>



<p>De nombreux responsables se targuent d’un curriculum vitae à première vue respectable, mais qui se révèle en fin de compte vide de toute réalisation et de performances à la hauteur des responsabilités assumées.</p>



<p>La Tunisie peut sortir de l’actuelle crise avec ses contraintes endogènes et exogènes en exigeant de ses cadres et responsables le courage d’entreprendre et d’être à la hauteur de la confiance et des attentes sous peine de laisser la place à plus compétent et plus dévoué à l’intérêt national.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="P6kZLAKlVv"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/en-tunisie-letat-coute-trop-cher-aux-contribuables/">En Tunisie, l’Etat coûte trop cher aux contribuables  </a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« En Tunisie, l’Etat coûte trop cher aux contribuables   » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2022/12/25/en-tunisie-letat-coute-trop-cher-aux-contribuables/embed/#?secret=QwsjY75yfC#?secret=P6kZLAKlVv" data-secret="P6kZLAKlVv" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En fin de compte, il faudra remplacer le paradigme de la gestion en jouant la montre par l’obligation d’effort et de résultats tangibles et quantifiables. Cette obligation de résultat gagnerait à être codifiée à l’échelle nationale et soumise à des critères objectifs pour éviter les effets pernicieux du pouvoir discrétionnaire et de la subjectivité qui pourraient se teinter de favoritisme régional ou autre ou bien donner lieu à la démolition programmée de ceux dont on veut se débarrasser pour des considérations plus ou moins avouables.</p>



<p>* <em>Ancien ambassadeur.</em></p>



<p>** <em>Traduire : «clou au mur», expression utilisée en Tunisie pour caractériser l’emploi sûr et garanti dans la fonction et le secteur publics, et qui est souvent synonyme de moindre effort.   </em></p>
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		<title>La parade pro-ukrainienne du parlement français  </title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/03/la-parade-pro-ukrainienne-du-parlement-francais/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Apr 2023 06:57:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[France]]></category>
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		<category><![CDATA[Union soviétique]]></category>
		<category><![CDATA[Volodymyr Zelensky]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La famine de 1932-1933 en Union  soviétique était-elle initiée et dirigée spécifiquement contre le peuple ukrainien, comme le soutient le parlement français ?  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/04/03/la-parade-pro-ukrainienne-du-parlement-francais/">La parade pro-ukrainienne du parlement français  </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Mardi du 28 mars 2023, il été annoncé que l’Assemblée nationale française a reconnu en tant que génocide «l’Holodomor», «la famine provoquée au début des années 1930 contre le peuple ukrainien par les autorités soviétiques», à l’origine de plusieurs millions de morts. Sauf que, selon tous les historiens, cette famine n’a pas touché que… des Ukrainiens.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Oleg Nesterenko</strong> *</p>



<span id="more-7248326"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Oleg-Nesterenko-1.jpg" alt="" class="wp-image-7102360" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Oleg-Nesterenko-1.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Oleg-Nesterenko-1-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2023/03/Oleg-Nesterenko-1-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure></div>


<p>La proposition de résolution a été adoptée à la majorité écrasante des voix : 168&nbsp;voix contre 2. Le texte adopté&nbsp;<em>«condamne»</em>&nbsp;ces actes et&nbsp;<em>«affirme son soutien au peuple ukrainien dans son aspiration à faire reconnaître les crimes de masse commis à son encontre par le régime soviétique»</em>.&nbsp;</p>



<p>Dans l’élan de solidarité, les députés émus de l’Assemblée ont fait l’appel solennel au gouvernement français à faire de même, afin de «<em>répondre à la forte attente de Kiev au sujet de ce souvenir douloureux, ravivé par l’invasion russe du pays</em>».</p>



<p>Tout de suite derrière, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a exprimé dans son tweet&nbsp;sa grande satisfaction et&nbsp;<em>«reconnaissance envers les députés de l’Assemblée nationale pour cette décision historique»</em>.</p>



<p>A noter que la loi sur «<em>l’Holodomor</em>» (extermination par la faim) est la reconnaissance officielle de la famine de 1932-1933 en Ukraine en tant qu’un acte prémédité perpétré par le pouvoir soviétique, ayant pour l’objectif le génocide du peuple ukrainien, a été adoptée par&nbsp;<em>Verkhovna Rada</em>&nbsp;d’Ukraine, le 28 novembre 2006.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La propagande des médias meanstream</h2>



<p>Cette <em>«reconnaissance»</em> n’a été qu’une suite logique de la nouvelle politique ultranationaliste russophobe qui s’est instaurée en Ukraine dès la <em>«révolution orange»</em> de 2004.&nbsp;</p>



<p>Le texte adopté en France avait été cosigné par des membres de sept des dix groupes politiques de l’Assemblée, à l’exception de ceux du Rassemblement National, de La France insoumise et du Parti Communiste. Il est regrettable de constater que si les <em>«insoumis»</em> ont refusé de prendre part au vote, estimant que si&nbsp;<em>«nul ne peut nier la réalité du crime»</em>, il est nécessaire, néanmoins, de se poser la question&nbsp;<em>«s’agissait-il d’exterminer le peuple ukrainien en tant que tel?»</em>&nbsp;&#8211; le RN, de son côté, a bien joué le jeu du pouvoir actuel et a bien voté en faveur du texte. L’objectif de leur action est parfaitement clair&nbsp;: se maintenir <em>«dans les rangs»</em> du politiquement correct, afin de séduire davantage la masse électorale embrigadée et formatée par la propagande des médias meanstream.</p>



<p>Si le fait historique de la famine orchestrée par Joseph Staline (Iosif Djougashvili de son vrai nom géorgien) n’est nullement contesté par personne, y compris en Russie, il est à souligner qu’il faut être soit un ultranationaliste russophobe ukrainien, soit un inculte ou imbécile – il est difficile de donner un autre qualificatif – pour croire à ces inepties que la famine de 1932-1933 était initiée et dirigée spécifiquement contre le peuple ukrainien.</p>



<p>En attribuant des qualificatifs particulièrement durs à des partisans de la propagande mensongère du prétendu génocide du people ukrainien dans les années 30, la question qui doit bien être posée: quelle est la légitimité sur le sujet de l’auteur de ces lignes?</p>



<p>Ma prise de parole est on ne peut plus légitime.</p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="O6FLxJhOSi"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/25/le-tribunal-pour-lukraine-ou-la-chasse-aux-sorcieres-a-loccidentale/">Le «Tribunal pour l’Ukraine» ou la chasse aux sorcières à l’occidentale</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Le «Tribunal pour l’Ukraine» ou la chasse aux sorcières à l’occidentale » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/03/25/le-tribunal-pour-lukraine-ou-la-chasse-aux-sorcieres-a-loccidentale/embed/#?secret=MzVOwqlVCG#?secret=O6FLxJhOSi" data-secret="O6FLxJhOSi" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>



<p>En laissant de côté le fait qu’étant par le passé dirigeant d’un institut de recherche scientifique dans le domaine de l’histoire et disposant de connaissances précises sur le sujet, appuyées sur des documents d’archives historiques, je fais, néanmoins, savoir que&nbsp;je suis le descendant direct de victimes qui ont laissé leurs vies dans famine en question.</p>



<p>En effet, mes arrières grands parrains – le père et la mère de ma grande mère, côté maternelle – sont morts de faim en 1933. De même que 2 de leurs 4 enfants. Ma grande mère, née en 1928, faisant partie des survivants. La grande mère que je me souviens me racontant dès mon enfance les horreurs de la famine qu’elle a vécus dans sa petite enfance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une imbécilité historique</h2>



<p>Il existe, toutefois, un fait qui pose un énorme problème vis-à-vis de la <em>«version»</em> de l’histoire qui vient d’être adoptée par la France&nbsp;: les membres de ma famille sont morts dans cette famine sur un territoire qui n’a strictement rien à avoir avec l’Ukraine. Cela s’est passé sur le territoire de Russie, dans la région du Caucase du Nord.</p>



<p>Par ailleurs, en ce qui concerne mon grand-père, le mari de ma grande mère mentionnée, il était ukrainien. Lui-même, de même que toute sa famille, a vécu durant cette grande famine en Ukraine, dans la région de Zaporojié. Et, contrairement à la famille décimée de son épouse russe, sa famille ukrainienne a bien survécu à ces années terribles sans perdre un seul de ses membres.</p>



<p>Les historiens dignes de ce nom savent parfaitement&nbsp;:&nbsp;de même que sur le territoire de l’Ukraine, exactement la même famine et exactement pour les mêmes raisons a eu lieu en 1932 et 1933 non seulement dans le Caucase du Nord, mais également dans les&nbsp;régions russes de Basse et Moyenne Volga, dans la région de la Russie Centrale, en Sibérie Occidentale et Méridionale et&nbsp;en Oural. Et non seulement dans les régions énumérées, mais également au&nbsp;Kazakhstan&nbsp;et au&nbsp;Kirghizistan&nbsp;soviétiques.</p>



<p>La mortalité due à cette famine a été gigantesque. Les experts ne disposent pas des chiffres précis, mais on estime le nombre de victimes de 7 à 8 millions de personnes. Il est à souligner, que plus de 50% des victimes ont trouvé la mort en dehors du territoire de l’Ukraine.</p>



<p>La signification de la reconnaissance par l’Assemblée nationale française de cette famine en tant que génocide du peuple ukrainien n’est pas seulement une imbécilité historique dans le cadre des jeux politiques qui font honte à la France.</p>



<p>La portée de cette décision est beaucoup plus grave. C’est la négation de l’existence de plus de 3,5 millions de morts innocents dans cette grande famine en dehors de l’Ukraine, dont les membres de la famille de l’auteur de ces lignes.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Cette <em>«reconnaissance»</em> des raisons qui n’ont jamais existé n’est qu’une parade des incultes et des irresponsables. Les occupants actuels de l’Assemblée nationale française qui se montrent non pas en tant que responsables politiques, mais en tant que produits de substitution de ce que doivent être les représentants du peuple français dignes de ce nom. Ils devraient commencer à réfléchir et cesser de faire honte à leur fonction en prenant la seule décision qui sera sage pour leur cas&nbsp;: quitter les banquettes l’Assemblée et revenir sur celles de l’école où les professeurs d’histoire essayeront de combler les trous dans leurs connaissances de l’histoire et essayeront de diminuer leur ignorance, dont la profondeur ne peut être comparée qu’à la hauteur de Chimborazo.</p>



<p>* <em>Président du <a href="http://www.c-cie.eu" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Centre de Commerce et d’Industrie Européen</a>, spécialiste de la Russie, de la CEI et de l’Afrique subsaharienne</em>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title> ‘‘The Kurdish Republic of Mahabad’’: une indépendance kurde avortée en Iran</title>
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		<pubDate>Sun, 19 Feb 2023 06:45:20 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Dr Mounir Hanablia]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Si la république kurde de Mahabad ne fut qu’un pion éphémère dans un jeu géopolitique complexe au Moyen-Orient, il n’en demeure pas moins que les aspirations nationales kurdes ont fini par s’imposer comme une réalité incontournable. </p>
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<p><strong><em>Si la république kurde de Mahabad ne fut qu’un pion éphémère dans un jeu géopolitique complexe au Moyen-Orient, il n’en demeure pas moins que les aspirations nationales kurdes ont fini par s’imposer comme une réalité incontournable.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Dr Mounir Hanablia </strong>*</p>



<span id="more-6563197"></span>



<p>Parmi les principales conséquences de la guerre du Golfe de 1991 fut la création d’un Kurdistan autonome en Irak. Il serait néanmoins faux de prétendre que ce ne fut là que le fruit d’une conjoncture favorable même si les aspirations nationales des peuples hétérogènes qu’on appelle kurdes peuvent toujours susciter des interrogations légitimes.</p>



<p>La création d’une république libre dans la petite ville de Mahabad iranienne entre 1946 et 1947 englobant la région frontalière avec la Turquie autour du lac d’Oroumieh constitue un précédent important pour les indépendantistes kurdes.</p>



<p>En 1941, deux mois après le début de l’offensive allemande contre l’URSS, les Soviétiques occupaient&nbsp;l’Azerbaïdjan occidental iranien et les Britanniques la région sud du Kurdistan irakien, le but étant d’assurer un approvisionnement logistique à l’armée rouge à partir des ports du golfe Persique afin de stopper le déferlement de la Wehrmacht vers le pétrole du Caucase et du Moyen-Orient.</p>



<p>Entre ces deux zones, la petite région de Mahabad d’où l’armée&nbsp; et la police iraniennes étaient chassées devenait très vite le refuge des irrédentistes kurdes, particulièrement les Barzani en provenance d’Irak.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Naissance de la petite république kurde</h2>



<p>Si les Soviétiques transformaient très vite l’Azerbaïdjan occidental en territoire autonome géré les communistes iraniens, en général des Turkmènes, il n’était pas dans leurs intentions de créer une entité politique kurde. Pour eux les territoires à majorité kurde ne constituaient qu’une partie du territoire azerbaïdjanais. Officiellement c’est avec surprise qu’ils apprenaient la naissance de la petite république avec son gouvernement présidé par Qazi Mohamed, son parlement, son armée, sa police et son drapeau. Néanmoins prétendre qu’ils n’eussent pas été au courant serait quelque peu contraire à la réalité.</p>



<p>Le consul soviétique de Rezaieh savait parfaitement ce qu’il en était, et un officier de l’armée rouge, Yefimov, était présent lors de la proclamation de la république. Mais si les Kurdes pensaient bénéficier d’une garantie soviétique, ils allaient déchanter, tout comme les communistes iraniens et les Azéris.</p>



<p>Il s’est avéré que les Soviétiques avaient entrepris des pourparlers avec les autorités iraniennes afin d’obtenir des concessions pétrolières en échange de leur retrait militaire. Et face à l’armée iranienne qui réoccupait&nbsp;les régions occidentales du pays, les Kurdes avaient les moyens militaires et humains de s’opposer victorieusement mais le gouvernement de Qazi Mohamed choisissait la voie de la négociation, et même plusieurs unités kurdes participaient&nbsp;à la reprise de Tabriz et au rétablissement de l’autorité iranienne en Azerbaïdjan occidental.</p>



<p>Aussi c’est sans résistance que l’armée iranienne finissait par réoccuper Mahabad et sa région et mettre fin aux aspirations nationales kurdes. Mais échouant à se faire remettre l’armement de la république, les Iraniens finissaient par faire juger les trois principaux dirigeants kurdes, Qazi Mohamed, Qazi Saifi et Qazi Sadri, finalement condamnés à mort et exécutés début 1947.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Persistance des aspirations nationales kurdes</h2>



<p>Plusieurs officiers kurdes irakiens rentrés dans leurs pays étaient arrêtés et exécutés. Mais Mustafa Barzani refusait de se rendre et choisissait finalement d’émigrer des montagnes de Barzane vers l’Arménie soviétique en cheminant sur près de 320 kilomètres le long de la frontière irano-turque au nez et à la barbe de l’armée iranienne qui tentait de lui barrer la route. Deux semaines après il franchissait l’Araxe au sud du mont Ararat. Il demeurerait onze ans en Union soviétique.</p>



<p>Si la république kurde de Mahabad ne fut qu’un pion éphémère dans un jeu soviétique complexe, il n’en demeure pas moins que les aspirations nationales kurdes ont fini par s’imposer comme une réalité incontournable qu’aucune puissance internationale ou régionale ne peut plus ignorer. Il n&rsquo;est cependant pas encore établi si celles-ci aboutiront ou non à une recomposition géopolitique importante de la région, particulièrement dans le cadre du conflit qui se dessine contre l’Iran, ou des répercussions que celui-ci pourrait avoir sur l’unité de la Turquie. </p>



<p>* <em>Médecin de libre pratique.  </em></p>



<p><strong><em>‘‘The Kurdish Republic of 1946’’, de William Jr. Eagleton, 1et janvier 1963, éd. Oxford U.P., 142 pages.</em></strong></p>
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		<title>Genèse de la guerre russo-ukrainienne : mourir pour l&#8217;Ukraine ou pour l&#8217;Otan?</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 02 Apr 2022 07:52:16 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[Vladimir Poutine]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pour mieux comprendre les raisons profondes du conflit militaire dévastateur qui se déroule depuis le 24 février 2022 aux confins de l&#8217;Europe de l&#8217;Est et qui oppose la Russie à l&#8217;Ukraine, il faut remonter à l&#8217;histoire récente de cette région que tout aurait pu réunir mais où les graines de la discorde ont été semées...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2022/02/Joe-Biden-Vladimir-Poutine-Kiev.jpg" alt="" class="wp-image-382223"/><figcaption><em>La vraie guerre oppose les Etats-Unis et la Russie. </em>  </figcaption></figure></div>



<p><strong><em>Pour mieux comprendre les raisons profondes du conflit militaire dévastateur qui se déroule depuis le 24 février 2022 aux confins de l&rsquo;Europe de l&rsquo;Est et qui oppose la Russie à l&rsquo;Ukraine, il faut remonter à l&rsquo;histoire récente de cette région que tout aurait pu réunir mais où les graines de la discorde ont été semées il y a un peu plus d&rsquo;un demi-siècle.</em></strong></p>



<p>Par <strong>Habib Glenza</strong></p>



<span id="more-386284"></span>



<div class="wp-block-image"><figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2018/05/Habib-Glenza.jpg" alt="" class="wp-image-155577"/></figure></div>



<p>Zbigniew Brzezinski, politologue américain connu pour avoir été l&rsquo;ancien conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter dans les années 1980 et grande figure de la politique étrangère américaine, révélait dans son fameux ouvrage <em>Le grand échiquier</em> paru en 1997, la stratégie géostratégique des Etats-Unis, où il écrivait notamment : <em>«L&rsquo;élargissement de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;Otan serviront les objectifs, aussi bien à court terme qu&rsquo;à plus long terme, de la politique américaine. Une Europe plus vaste permettrait d&rsquo;accroître la portée de l&rsquo;influence américaine, et avec l&rsquo;admission de nouveaux membres venus d&rsquo;Europe centrale, multiplierait le nombre d&rsquo;Etats pro-américains au sein des conseils européens, sans pour autant créer une Europe assez intégrée politiquement pour pouvoir concurrencer les Etats-Unis dans les régions importantes pour eux, comme le Moyen-Orient.»</em></p>



<p>Toute l&rsquo;ambiguïté des politiques américaines se retrouve donc dans cette approche expansionniste et, surtout, sans gêne, le géostrtège ne s&rsquo;encombrant même pas de précautions de style, surtout quand il parle de l&rsquo;avenir qu&rsquo;il entrevoit pour la Russie, héritière d&rsquo;un empire appelé Union Soviétique et qui venait juste de tomber suite à l&rsquo;effondrement du Mur de Berlin en 1989.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Aux origines d&rsquo;un conflit annoncé</h2>



<p>Pour une Russie, qui a déjà perdu une part importante de son territoire et de ses populations , Brzezinski préconise une partition en trois États : <em>«une Russie européenne, une république de Sibérie et une république extrême-orientale»</em>. On voit bien l&rsquo;idée : <em>«La Russie européenne adhère à l&rsquo;Union européenne et serait ainsi neutralisée, tandis que la Sibérie et la république extrême orientale pourraient soit tomber sous influence américaine ou servir de monnaie d&rsquo;échange dans des discussions avec la Chine ou l&rsquo;Iran»</em>.</p>



<p>Depuis les choses ont bien changé. Et alors que les Etats-Unis continuaient à adopter une politique impérialiste, deux facteurs majeurs se sont renforcés : la croissance chinoise qui ne s&rsquo;est pas essoufflée d&rsquo;une part comme le supposait Brzezinski en 1997, et d&rsquo;autre part, la Russie, forte de la hausse du prix des matières premières, a recouvré les moyens de ses ambitions et d&rsquo;une puissance retrouvée.</p>



<p>Toute guerre est détestatble, mais il n&rsquo;y a jamais de guerres sans raisons. La raison qui a conduit les Russes à envahir l&rsquo;Ukraine est le refus des Occidentaux de négocier une situation de paix et de sécurité avec la Russie depuis la chute de l&rsquo;URSS, notamment après les accords de Minsk I et II en 2014 et 2015.</p>



<p><strong>Flash-back. </strong>En 1954, Nikita Khrouchtchev<em> «donnait»</em> la Crimée à l&rsquo;Ukraine avec un simple décret. Cette cession avait surpris, mais le <em>«don»</em> était symbolique car l&rsquo;Ukraine faisait partie intégrante de l&rsquo;URSS. Ce n&rsquo;est qu&rsquo;en 1991, quand l&rsquo;Union soviétique se disloqua, que les conséquences de cette décision se sont fait sentir : la Crimée s&rsquo;est trouvée alors soumise à l&rsquo;autorité d&rsquo;un pays avec lequel elle a peu d&rsquo;histoire commune.&nbsp;</p>



<p>Pendant près de deux siècles, la péninsule avait été la tête de pont de la Russie dans les mers chaudes où la marine russe établissait le quartier général de sa flotte en mer Noire, à Sébastopol.</p>



<p>Plus tard, le don de Khrouchtchev s&rsquo;est avéré un cadeau empoisonné pour les russophones qui habitent la région du Donbass composée des villes de Oblasts, Donetsk et Lougansk.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La crise des missiles de Cuba</h2>



<p>Il s&rsquo;agit d&rsquo;une suite d’événements survenus du 16 octobre 1961 au 28 octobre 1962 et qui ont opposé les États-Unis et l’Union soviétique au sujet des missiles nucléaires soviétiques pointés en direction du territoire des États-Unis depuis l’île de Cuba, qui ont mené les deux blocs au bord de la guerre nucléaire.</p>



<p>En novembre 1961, les États-Unis déploient 15 missiles Jupiter en Turquie et 30 autres en Italie, lesquels sont capables d’atteindre le territoire soviétique.</p>



<p>Le 7 février 1962, les États-Unis annoncent un embargo contre Cuba.</p>



<p>En mai 1962, Khrouchtchev déclenche l’opération Anadyr : il envoie 50 000 soldats, 36 missiles nucléaires SS-4 et deux SS-5 ainsi que 4 sous-marins à Cuba pour empêcher les États-Unis d’envahir l’île. Toutefois, Cuba se trouve à moins de 200 km de la Floride, ce qui rend le territoire des États-Unis vulnérable aux missiles soviétiques.&nbsp;</p>



<p>Le 28 octobre 1962, Khrouchtchev annonce le démantèlement des armes offensives installées à Cuba, en contrepartie de l’engagement de John F. Kennedy à ne pas envahir l’île et du démantèlement de tous les missiles Jupiter de Turquie, de Grèce et d’Italie. Cet accord enclenche la fin de la crise.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La promesse non tenue de James Baker</h2>



<p>Le 31 décembre 1990, le ministre allemand des Affaires étrangères, Hans Dietrich Genscher déclarait que <em>«les changements en Europe de l&rsquo;Est et le processus de réunification allemande ne doivent pas conduire à une atteinte aux intérêts soviétiques»</em>. L&rsquo;Otan, a-t-il ajouté, devait exclure toute expansion vers les frontières de l&rsquo;URSS. Le diplomate allemand admettait qu&rsquo;en contrepartie de la réunification allemande, il n&rsquo;y aura pas d&rsquo;extension de l&rsquo;Otan vers l&rsquo;Est.</p>



<p>La déclaration de James Baker de ne pas étendre l&rsquo;Otan d&rsquo;un pouce vers l&rsquo;Est a été prise au mot par Moscou, ce qui créa, plus tard, un grand malentendu entre les deux puissances. Cette promesse non tenue par les Etats-Unis et leurs alliés européens est à l&rsquo;origine de tensions dont celle qui surgit récemment entre la Russie et l&rsquo;Ukraine a propos d&rsquo;une possible adhésion de ce pays à l&rsquo;Otan, exactement comme cela a été le cas à Cuba en 1962, lorsque l&rsquo;URSS avait installé des missiles pour défendre Cuba, à la demande de Fidel Castro!</p>



<p>Aujourd&rsquo;hui, Poutine estime qu&rsquo;il n&rsquo;est pas question de laisser l&rsquo;Ukraine adhérer à l&rsquo;Otan, car cela mettrait en danger, non seulement la sécurité de la Russie, mais aussi son existence. En effet, un missile balistique à tête nucléaire peut atteindre Moscou en 4 minutes et les conséquences seront apocalyptiques</p>



<h2 class="wp-block-heading">Non respect des accords de Minsk par l&rsquo;occident</h2>



<p>L&rsquo;accord Minsk I a été signé le 8 décembre 1991 par Boris Eltsine, président de la république socialiste fédérative soviétique de Russie; Stanislaw Chouchkievitch, président de la république socialiste soviétique de Biélorussie; et Leonid Kravtchouk, président de la république socialiste soviétique d&rsquo;Ukraine.</p>



<p>La légalité de cette ratification suscite toutefois des doutes parmi certains membres du parlement russe qui notent que, selon la Constitution de la Russie de 1978, l&rsquo;examen de ce document relevait de la compétence exclusive du Congrès des députés du peuple de Russie.</p>



<p>Le protocole de Minsk, signé le 5 septembre 2014, tente de faire cesser la guerre du Donbass, dans l&rsquo;Est de l&rsquo;Ukraine.</p>



<p>L&rsquo;accord Minsk II, signé le 11 février 2015, porte sur des mesures concernant également la guerre du Donbass à la suite de l&rsquo;échec du protocole de Minsk, mentionné à l’alinéa précédent.</p>



<p>Malheureusement ces deux accords sont restés lettre morte, pour l&rsquo;Ukraine et, surtout, pour ses partis ultras nationalistes et anti-russes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Emergence du nationalisme ukrainien</h2>



<p>le mouvement Azov, qui en est le principal porte-drapeau depuis la fondation de son parti, baptisé Corps national, le 14 octobre 2016, est à l’aval de cette mutation politique favorisée par le contexte géopolitique immédiat. Centralisé autour d’Andriy Biletsky, le fondateur du régiment Azov puis du parti Corps national, le mouvement Azov peut être considéré comme l’incarnation d’un <em>«nationalisme soldatesque»</em> situé à l’intersection de l’extrême droite parlementaire de Svoboda, qui compte aujourd’hui un député à la Rada, le parlement ukrainien, et des groupuscules paramilitaires ultra-nationalistes et néo-nazis. C&rsquo;est de ceux-là que parle Poutine quand il justifie son invasion de l&rsquo;Ukraine par le nécessaire combat contre les néo-nazis.</p>



<p>Le problème c&rsquo;est que les puissances occidentales ont toujours refusé de négocier une situation de paix et de sécurité avec la Russie pour tenter de calmer les inquiétudes de ses dirigeants, faisant ainsi peser une menace sur un empire renaissant et qui cherche à le faire comprendre.</p>



<p>Depuis 2014, les russophones de la région du Donbass sont systématiquement bombardés par les ultras nationalistes et néonazis du groupe Azov. Ces bombardements ont fait plus 13.000 morts en 8 ans. Pas de réaction de la part des responsables ukrainiens et occidentaux. Pire, les puissances occidentales refusent de négocier une situation de paix et de sécurité. Au contraire, elles jettent de l&rsquo;huile sur le feu en permanence. Par ailleurs, l&rsquo;intransigeance et l&rsquo;hostilité des Américains vis-à-vis de la Russie, depuis 30 ans, cache la vision impérialiste de l&rsquo;Occident à vouloir s&#8217;emparer de l&rsquo;Ukraine pour ensuite démembrer la Russie en 3 républiques bananières. Une fois la Russie affaiblie et économiquement ruinée, les Américains et leurs alliés s&rsquo;occuperont de la Chine. Taïwan sera la prochaine Ukraine. Et d&rsquo;ici là, il se trouvera des pays soumis qui viendront défendre les intérêts géostratégiques des Américains contre des promesses qui ne seront jamais tenues!</p>



<h2 class="wp-block-heading">La Russie passe à l&rsquo;attaque </h2>



<p>L&rsquo;intervention de Poutine en Ukraine est donc due, en partie, au refus des Occidentaux de négocier un accord de paix et de sécurité, en 3 points, espéré par Moscou: 1- l&rsquo;exclusion toute expansion de l&rsquo;Otan vers les frontières de l&rsquo;ex-URSS, comme l&rsquo;avait promis James Baker en 1991 à Gorbatchev; 2- la démilitarisation de l&rsquo;Ukraine à l&rsquo;instar de la Finlande; et 3- l&rsquo;octroi d&rsquo;une autonomie à la région du Donbass.</p>



<p>Au début de cette année, la tension est montée d&rsquo;un cran et les événements se sont accélérés : le 22 janvier, les Russes ont appris que le groupe Azov allait commettre un génocide sur les russophones du Donbass. Un mois après, le 24 février, le conflit a éclaté, qui aurait pu être évité si les Américains avaient tiré les leçons du conflit qui les avait opposés à Khrouchtchev en 1962, au sujet de la crise des missiles de Cuba.</p>



<p>Pour beaucoup d&rsquo;analystes, il ne fait aucun doute, que le conflit russo-ukainien a été planifié bien avant le démembrement de l&rsquo;URSS en 1990 et surtout après les accords de Minsk I et II en 2014 et 2015.</p>



<p>Les Occidentaux ont poussé le gouvernement de Kiev à ne pas reconnaître ces accords en contrepartie d&rsquo;une promesse d&rsquo;adhésion à l&rsquo;UE et à l&rsquo;Otan. Sans réfléchir aux conséquences d&rsquo;un conflit qui peut faire trop de dégâts matériels et humains, laissant surtout s&rsquo;installer une animosité entre les deux peuples liés par la géographie, l&rsquo;histoire et la culture. Il faut rappeler, à ce propos, l&rsquo;animosité qui règne encore aujourd&rsquo;hui entre les pays de l&rsquo;ex-Yougoslavie, après les guerres menées par l&rsquo;Otan en Europe centrale de 1991 à 2001.</p>



<p>Il est difficile de comprendre la naïveté du gouvernement ukrainien à entrer en guerre contre la première puissance nucléaire mondiale en contrepartie d&rsquo;une promesse d&rsquo;adhésion à l&rsquo;UE et à l&rsquo;Otan, alors que l&rsquo;Ukraine ne répond à aucun critère pour faire partie ni de l&rsquo;Otan ni de l&rsquo;UE.</p>



<p>Anatole France disait : <em>«On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels»</em>. J&rsquo;ajouterai pour ma part : <em>«On meurt pour les industriels occidentaux»</em>.</p>



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