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	<title>Archives des Zeineb Farhat - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Zeineb Farhat - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>El Teatro comme laboratoire de conscience </title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Feb 2026 08:37:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[El Teatro]]></category>
		<category><![CDATA[Ksar Helal]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Jebali]]></category>
		<category><![CDATA[Zeineb Farhat]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Dramaturge, metteur en scène, comédien, fondateur d’El Teatro, Taoufik Jebali a façonné un espace singulier dans le paysage culturel.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/05/el-teatro-comme-laboratoire-de-conscience/">El Teatro comme laboratoire de conscience </a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Là où la plupart des discours cherchent à rassurer,&nbsp;Taoufik Jebali&nbsp;expose l’auditeur à une instabilité féconde :&nbsp;condition première de toute conscience vivante. Chaque mot devient un miroir, non tendu vers le monde, mais offert à celui qui écoute, révélant les normes invisibles qui gouvernent nos esprits et les fissures qu’elles laissent ouvertes.</em></strong></p>



<p><strong>Manel Albouchi</strong></p>



<span id="more-18324836"></span>



<p>Il existe des paroles qui ne cherchent pas à convaincre mais à déplacer. Des paroles qui n’expliquent pas mais ouvrent. Des paroles qui ne remplissent pas l’espace sonore, mais déposent une présence, créant un léger déséquilibre à partir duquel quelque chose commence à se voir autrement.&nbsp;C’est là que commence la liberté d’expression non comme permission accordée, mais comme capacité à soutenir ce qui dérange sans se réfugier dans le consensus.&nbsp;</p>



<p>Lorsque&nbsp;Taoufik&nbsp;Jebali&nbsp;parle, on ne reçoit pas seulement un discours, mais un espace à habiter. Dans le podcast&nbsp;<em>Rachma</em>, intitulé <em>«Organique, indépendant ou détaché ?»</em> (عضوي،&nbsp;مستقل&nbsp;أم&nbsp;منفصل؟),&nbsp;il pose trois questions simples et radicales : sommes-nous enracinés dans le monde, organiques ? Avançons-nous sur notre chemin, indépendants ? Ou choisissons-nous la distance, observateurs détachés des vertiges collectifs ?&nbsp;</p>



<p>Ces questions ne proposent pas un choix de posture, mais une mise à nu. Elles interrogent l’axe à partir duquel un sujet se tient dans le monde :&nbsp;fuit-il, se protège-t-il, ou consent-il à être traversé par ce qui le dépasse ? Là où la plupart des discours cherchent à rassurer,&nbsp;Jebali&nbsp;expose l’auditeur à une instabilité féconde :&nbsp;condition première de toute conscience vivante. Chaque mot devient un miroir, non tendu vers le monde, mais offert à celui qui écoute, révélant les normes invisibles qui gouvernent nos esprits et les fissures qu’elles laissent ouvertes, à la manière de Foucault.&nbsp;</p>



<p>Ces questions réactivent le jugement au sens d’Hannah Arendt, invitant à penser plutôt qu’à s’agiter, à transformer le savoir en expérience plutôt qu’en&nbsp;éloges&nbsp;ou&nbsp;procès. Elles éclairent autant l’artiste que le spectateur, autant celui qui crée que celui qui vit.&nbsp;</p>



<p>La liberté d’expression, dans cette perspective, n’est pas le droit de dire n’importe quoi, mais la responsabilité de penser ce que l’on dit.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">El Teatro, un espace singulier </h2>



<p>Né en 1944 à Ksar&nbsp;Helal,&nbsp;Jebali&nbsp;n’a jamais été un artiste <em>«classique»</em>. Dramaturge, metteur en scène, comédien, fondateur d’El&nbsp;Teatro, il a façonné un espace singulier dans le paysage culturel tunisien et arabe.&nbsp;</p>



<p>Si l’on prend le mot <em>«Saint»</em> dans son sens premier :&nbsp;séparé, retiré de l’usage ordinaire,&nbsp;alors El&nbsp;Teatro&nbsp;apparaît comme un lieu saint et vivant : creuset d’intelligence et d’audace, laboratoire d’expérimentation, de confrontation esthétique et de formation humaine.&nbsp;</p>



<p>La signature de&nbsp;Jebali&nbsp;réside dans une fusion intime entre l’homme et l’œuvre. Le théâtre n’est pas pour lui un métier, mais un espace de transformation : le réel social y est travaillé, dissous, puis restitué sous forme symbolique. L’art y devient rituel, la scène un autel, et&nbsp;Jebali&nbsp;incarne tour à tour le Sage marginal ou le Prophète laïque : celui qui se tient à l’écart pour mieux voir, portant en lui une blessure d’exil intérieur.&nbsp;</p>



<p>Chez lui, le moi social s’efface devant le ‘je’ créateur. Loin d’être pathologique, cette organisation narcissique créative transforme l’œuvre en peau symbolique : un double réparateur qui contient l’angoisse et donne forme à l’indicible. Sa méfiance envers les institutions traduit une relation ambivalente à l’autorité, oscillant entre colère contre la norme morte et nécessité d’un cadre suffisant pour que la création puisse se déployer.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un ‘nous’ qui n’abolit pas le ‘je’</h2>



<p>Aucun lieu ne tient seul dans la durée sans une intelligence du lien, sans présence capable d’en porter la continuité invisible. El&nbsp;Teatro&nbsp;n’a jamais été le territoire d’un seul homme. La présence de&nbsp;Zeineb&nbsp;Farhat, la campagne de Taoufik Jebali et son égérie, paix à son âme, y a joué un rôle central.&nbsp;</p>



<p>Là où&nbsp;Jebali&nbsp;incarnait la fracture, le questionnement et la tension créatrice,&nbsp;Zeineb&nbsp;Farhat&nbsp;assurait la contenance, au sens psychanalytique du terme. Elle n’était pas l’ombre de l’artiste, mais le cadre vivant qui permettait à l’intuition de se déployer sans se dissoudre.&nbsp;&nbsp;</p>



<p>Dans une lecture jungienne, elle occupait une fonction d’Anima institutionnelle : non pas muse idéalisée, mais instance de médiation entre l’exigence intérieure et le monde réel, garantissant la durée, la circulation et&nbsp;l’accueil…&nbsp;tout&nbsp;ce sans quoi une création radicale se condamne à l’isolement ou à l’épuisement.&nbsp;</p>



<p>Sans cette fonction de contenance, l’axe se brise. La vision s’épuise. L’intuition devient errance. </p>



<p>Au cœur d’El&nbsp;Teatro, deux esprits intégrés ont créé un ‘nous’. Un ‘nous’ où se conjuguent tension créatrice et contenance, donnant naissance à un champ. Un ‘nous’ non fusionnel, non idéologique, symbolique, capable de contenir la différence sans l’écraser.&nbsp;</p>



<p>Ce ‘nous’ n’abolit pas le&nbsp;‘je’ : il le rend possible. Il constitue l’axe gravitationnel invisible permettant aux singularités de coexister sans se dissoudre, offrant à chacun la possibilité d’être pleinement présent tout en appartenant à un collectif vivant. On y entrait pour être déplacé, mais jamais abandonné.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Organique, indépendant, détaché </h2>



<p>Être organique&nbsp;signifie que l’art naît de la chair du monde : fractures, peurs, injustices, élans et espoirs. Il ne peut être décor : il est scène vivante.&nbsp;</p>



<p>Être indépendant n’est pas se couper du réel, mais refuser qu’il impose ses normes.&nbsp;Jebali&nbsp;construit son théâtre comme un territoire intérieur, où la loi n’est pas subie mais choisie.&nbsp;</p>



<p>Être détaché ne veut pas dire retrait : c’est se placer à distance pour clarifier, ouvrir, pour que la conscience du spectateur devienne active.&nbsp;</p>



<p>Dans cette perspective, El Teatro devient un antidote à la pensée formatée. Là où Bion décrit les systèmes saturant l’espace psychique de réponses toutes faites, Jebali offre un lieu de réappropriation du vrai self (Winnicott) : singularité révélée, faux self dissous, conscience active. </p>



<p>La transmission,&nbsp;chez&nbsp;Jebali,&nbsp;échappe aux protocoles académiques et aux cadres fixes. Elle surgit dans les interstices, dans la rencontre, et marque durablement.&nbsp;</p>



<p>Il y a quinze ans, alors que j’étais étudiante en psychologie, j’ai reçu de lui ma première leçon de pleine conscience, sans nom, mais par la présence : ancrage corporel, attention aux émotions et à la pensée, travail de l’incertitude et de l’angoisse. Plus qu’un enseignement, une expérience incarnée.&nbsp;</p>



<p>Cette expérience n’était pas singulière : elle dit quelque chose de la transmission chez&nbsp;Jebali, toujours indirecte, toujours incarnée, jamais théorisée avant d’être vécue.&nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le théâtre laboratoire de l’âme </h2>



<p>Aujourd’hui, le paysage tunisien regorge de workshops et de formations théâtrales. Mais derrière cette effervescence, le risque demeure : transformer la scène en produit émotionnel ou activité rapide, plutôt que d’un laboratoire vivant d’alignement conscient.&nbsp;</p>



<p>Le théâtre n’est pas divertissement ni exutoire. Il est expérience vivante, rencontre, cheminement, transformation de la conscience. La liberté d’expression, dans cette perspective, n’est pas un cri, mais un alignement : être suffisamment présent à soi pour ne pas parler à la place de ses peurs, de ses dépendances ou de ses évitements. À travers Taoufik Jebali et El Teatro, chaque lumière sur la scène ne révèle pas l’artiste, mais la conscience, le jugement et la liberté intérieure de celui qui crée et de celui qui observe. </p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="zlqvwmIUyT"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/26/vient-de-paraitre-les-confessions-de-taoufik-jebali/">Vient de paraître | Les confessions de Taoufik Jebali</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Vient de paraître | Les confessions de Taoufik Jebali » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/11/26/vient-de-paraitre-les-confessions-de-taoufik-jebali/embed/#?secret=QBIXSMs5OL#?secret=zlqvwmIUyT" data-secret="zlqvwmIUyT" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>Tunisie : « Bnet Essyassa &#8211; Détenues politiques » édité par Zeineb Farhat sort en version française</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2021/08/17/tunisie-bnet-essyassa-detenues-politiques-edite-par-zeineb-farhat-sort-en-version-francaise/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Fawz BenAli]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 17 Aug 2021 16:31:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Association Zanoobya]]></category>
		<category><![CDATA[bnet essyassa]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ouvrage collectif « Bnet Essyassa » édité par feue Zeineb Farhat vient de paraître dans une version française sous le titre « Détenues politiques ». Un recueil de récits poignants signés six militantes tunisiennes ayant connu la prison et la persécution dans les années 70. «&#160;Bnet essyassa&#160;» avait d’abord paru en version arabe en juillet 2020 suite à des...</p>
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<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Untitled-7-1.jpg" alt="" class="wp-image-359736"/></figure></div>



<p><em><strong>L’ouvrage collectif « Bnet Essyassa » édité par feue Zeineb Farhat vient de paraître dans une version française sous le titre « Détenues politiques ». Un recueil de récits poignants signés six militantes tunisiennes ayant connu la prison et la persécution dans les années 70.</strong></em></p>



<span id="more-359726"></span>



<p>«&nbsp;Bnet essyassa&nbsp;» avait d’abord paru en version arabe en juillet 2020 suite à des ateliers d’écritures dirigés par la militante et femme de culture Zeineb Farhat, décédée en mai 2021. L’ouvrage a été édité par son association Zanoobya et a permis à six militantes tunisiennes de faire entendre leurs voix, une quarantaine d’années après avoir connu la prison, la torture, le harcèlement et la radiation du travail.</p>



<p>Un an plus tard, l’ouvrage parait en version française sous le titre «&nbsp;Détenues politiques&nbsp;: Récits de militantes Perspectives El Amel Ettounsi, les années 1970&nbsp;» et permet de lever le voile sur une partie de l’histoire des femmes tunisiennes et de leurs combat notamment pour la liberté d’expression.</p>



<p><em>« Ce livre est dû à l&rsquo;effort déployé par Zeyneb Farhat pour rassembler les auteures, Zeyneb a finalisé l&rsquo;édition arabe et conçu l&rsquo;édition française parue après son douloureux départ. L&rsquo;ouvrage fruit d&rsquo;un travail collectif de femmes lui est dédié »</em>, indique Zeineb Cherni, l’une des auteures du livre.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>Fawz Benali</strong></p>
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		<item>
		<title>‘‘TranStyx’’ à El Téatro : Un théâtre de résistance pour une meilleure acceptation de l’autre</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/23/transtyx-a-el-teatro-un-theatre-de-resistance-pour-une-meilleure-acceptation-de-lautre/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 23 Dec 2019 08:49:50 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Amina Ben Doua]]></category>
		<category><![CDATA[El Teatro]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Zahrouni]]></category>
		<category><![CDATA[Sonia Hedhili]]></category>
		<category><![CDATA[Taoufik Jebali]]></category>
		<category><![CDATA[transgenre]]></category>
		<category><![CDATA[transsexualité]]></category>
		<category><![CDATA[TranStyx]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’espace El Téatro au Belvédère a accueilli, du 18 au 21 décembre 2019, le premier cycle de représentations de la nouvelle pièce de théâtre ‘‘TranStyx’’ du jeune metteur en scène Moncef Zahrouni. Une immersion futuriste dans les prochaines décennies en Tunisie à partir du vécu d’une personne transgenre. Par Fawz Ben Ali Quelques jours après...</p>
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<figure class="wp-block-image size-large"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx-ban.jpg" alt="" class="wp-image-266708"/></figure>



<p><strong><em> L’espace El Téatro au Belvédère a accueilli, du 18 au 21 décembre 2019, le premier cycle de représentations de la nouvelle pièce de théâtre ‘‘TranStyx’’ du jeune metteur en scène Moncef Zahrouni. Une immersion futuriste dans les prochaines décennies en Tunisie à partir du vécu d’une personne transgenre.</em></strong></p>



<p> Par <strong>Fawz Ben Ali</strong></p>



<span id="more-266705"></span>



<p> Quelques jours après la clôture des Journées théâtrales de Carthage (JTC 2019), l’espace El Téatro, géré par l’homme de théâtre Taoufik Jebali, a fait voir une œuvre engagée et audacieuse que l’on pourrait qualifier de théâtre de résistance, produite par Zeineb Farhat, écrite et mise en scène par Moncef Zahrouni et interprétée par Sonia Hedhili et Amina Ben Doua. Interdite aux moins de 16 ans, <em>‘‘TranStyx’’</em> raconte les tribulations d’une personne transgenre dans le cadre de la Tunisie post-révolution. </p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un univers de science-fiction </h3>



<p>Face à l’inefficacité du paysage médiatique dans le traitement du sujet  des identités sexuelles et des affinités amoureuses non normatives , le jeune metteur en scène Moncef Zahrouni dit avoir eu l’idée de se lancer dans ce projet après avoir été outré par une émission télévisée diffusée sur une chaîne tunisienne privée en 2015, où l’animateur avait fait preuve  d’une totale méconnaissance du sujet et d’une offensante indélicatesse envers son invité trans. La pièce illustre d’ailleurs parfaitement cette intolérance née essentiellement d’une incompréhension de ce qu’est une trans-identité sexuelle.</p>



<figure class="wp-block-gallery columns-3 is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex"><ul class="blocks-gallery-grid"><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx-4.jpg" alt="" data-id="266709" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx-4.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=266709" class="wp-image-266709"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx-5.jpg" alt="" data-id="266710" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx-5.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=266710" class="wp-image-266710"/></figure></li><li class="blocks-gallery-item"><figure><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx.jpg" alt="" data-id="266711" data-full-url="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx.jpg" data-link="http://kapitalis.com/tunisie/?attachment_id=266711" class="wp-image-266711"/></figure></li></ul></figure>



<p> Avec une mise en scène composée de différents supports visuels, notamment des sortes de cercueils mis à la verticale rappelant l’univers de la science-fiction,<em> ‘‘TranStyx’’</em> nous embarque dans une expérience théâtrale assez particulière où on est entre le ciel et la terre et entre le passé et le futur; ce qui explique le choix du titre de la pièce, car <em>‘‘TranStyx’’</em> réfère aussi bien au préfixe latin <em>«Trans»</em> pour exprimer l’au-delà et le changement, mais aussi le <em>«Styx»</em> qui était un fleuve et un point de passage dans la mythologie grecque. La pièce est ainsi construite sur ce passage d’un monde à l’autre mais également d’un corps à l’autre autour d’une expérience d’une mort imminente vécue par <em>«Tina»</em>, le personnage principal qui se remémore tout au long de la pièce un passé douloureux, ponctué de harcèlement, de jugement, de violence…</p>



<h3 class="wp-block-heading"> Un voyage obscur dans les 20 prochaines années</h3>



<p> Ce passé s’avère finalement être le futur puisque la pièce s’inscrit dans le théâtre d’anticipation : tout commence un 14 janvier 2011 et se poursuit sur les 20 prochaines années. Un voyage dans le temps à travers une sorte de parallélisme entre d’un côté le parcours personnel de <em>«Tina»</em>, et de l’autre côté l’histoire de la Tunisie qui s’islamise, s’uniformise et devient de plus en plus violente et accusatrice envers tous ceux qui osent manifester leurs différences. On y parle d’assassinats politiques, de terrorisme, de violences… Et on va jusqu’à évoquer une guerre civile qui finira par éclater. Une vision très obscure qui nous rappelle forcément <a href="http://kapitalis.com/tunisie/2019/12/20/cinema-de-la-guerre-ou-le-cri-dalarme-de-fadhel-jaziri/" target="_blank" rel="noreferrer noopener" aria-label="le dernier film de Fadhel Jaziri ‘‘De la guerre’’  (s’ouvre dans un nouvel onglet)">le dernier film de Fadhel Jaziri <em>‘‘De la guerre’’</em> </a>où il parle également d’une décadence presque inévitable dans ce pays qu’on félicite pour avoir été l’unique rescapé du dit <em>«Printemps arabe».</em></p>



<div class="wp-block-image"><figure class="aligncenter size-large is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/12/TransStyx-2.jpg" alt="" class="wp-image-266712" width="500"/></figure></div>



<p><em> ‘‘TranStyx’’</em> se distingue aussi par un texte saisissant qui tient sa force aussi bien de son langage cru que de sa poésie et de ses nombreuses références littéraires et philosophiques. Il faut également saluer l’interprétation magistrale de la comédienne Sonia Hedhili qui a réussi à relever le défi d’incarner un personnage aussi complexe et de nous transmettre une charge émotionnelle dont on se rappellera longtemps.</p>



<p> Moncef Zahrouni a annoncé qu’un livre sera prochainement publié avec le texte de la pièce, ainsi que des témoignages recueillis auprès de personnes transgenres ayant servi de matière première dans l’écriture de la pièce dont le prochain cycle de représentations est prévu pour le mois de février 2020.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2019/12/23/transtyx-a-el-teatro-un-theatre-de-resistance-pour-une-meilleure-acceptation-de-lautre/">‘‘TranStyx’’ à El Téatro : Un théâtre de résistance pour une meilleure acceptation de l’autre</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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