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	<title>Archives des Zine El Abidine Ben Ali - Kapitalis</title>
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	<description>L&#039;actualité en Tunisie et dans le monde</description>
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	<title>Archives des Zine El Abidine Ben Ali - Kapitalis</title>
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	<item>
		<title>Fatma Riahi &#124; ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Mar 2026 06:38:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[CULTURE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Dora Bouchoucha]]></category>
		<category><![CDATA[Fatma Riahi]]></category>
		<category><![CDATA[Groupe de sécurité]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Lina Chaabane]]></category>
		<category><![CDATA[Mabrouk Riahi]]></category>
		<category><![CDATA[Nomadis Images]]></category>
		<category><![CDATA[Omar Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[SVP Production]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La réalisatrice tunisienne Fatma Riahi parle de son deuxième long métrage documentaire ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/16/fatma-riahi-mon-pere-a-tue-bourguiba/">Fatma Riahi | ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans son deuxième long métrage ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’, en cours de développement, la réalisatrice tunisienne Fatma Riahi examine le rôle de son père dans un complot manqué visant à renverser le premier président de la république. Elle analyse l’impact de ses choix politiques sur la famille après son emprisonnement et comment cela a façonné sa propre vie.</em></strong></p>



<span id="more-18478373"></span>



<p>Ce film, produit par la réalisatrice en coproduction avec Nomadis Images (Dora Bouchoucha et Lina Chaabane) et SVP Production (Omar Ben Ali), a été sélectionné pour le Pitching Forum du Festival international du documentaire de Thessalonique, qui s’est déroulé du 5 au 15 mars 2026.</p>



<p><em>‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</em> est un voyage profondément personnel pour la réalisatrice, qui puise dans les archives familiales pour raconter l’histoire de son père, membre d’un groupe ayant planifié un coup d’État militaire en 1987 contre le régime d’Habib Bourguiba, premier président du pays après l’indépendance.</p>



<p>Le complot a échoué – le titre du film est inspiré d’une remarque malencontreuse faite par la petite sœur de la réalisatrice, alors âgée de cinq ans, à un gardien de prison – et pourtant, ses conséquences ont bouleversé la vie familiale et personnelle de Riahi. À partir de photos de famille et de lettres échangées il y a plus de trente ans avec son père alors qu’il était en prison, la réalisatrice tente de comprendre ses choix et leur impact <em>«sur la petite fille que j&rsquo;étais et sur la femme que je suis devenue»</em>, confie-t-elle au magazine <a href="https://variety.com/2026/film/global/my-father-killed-bourguiba-failed-plot-tunisia-1236687834/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Variety</a>, lors d’en entretien à Thessalonique.</p>



<p>Riahi — dont le premier long métrage,<em> ‘‘A Haunted Past’’</em>, a été présenté en avant-première à l’IDFA en 2018 — a expliqué que si <em>‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</em> est intimement lié à la politique de l’époque, <em>«ce n’est pas un film politique»</em>.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-18478398" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/03/Fatma-Riahi-Mon-pere-a-tue-Bourguiba.jpg 1200w" sizes="(max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /></figure>
</div>


<p><strong>Surmonter la fracture</strong></p>



<p><em>«J’ai grandi tiraillée entre deux idées apparemment opposées&nbsp;: la vision politique de mon père et celle que défendait Bourguiba»</em>, a-t-elle déclaré. Et d’ajouter&nbsp;: <em>«Plutôt que de résoudre cette contradiction, le film m’a permis de l’appréhender et d’en accepter toute la complexité.»</em> En confrontant ces points de vue divergents, elle espère que, grâce à ce travail de réflexion, elle et d’autres pourront surmonter la fracture qui continue de diviser la Tunisie aujourd’hui&nbsp;:<em> «Peut-être cela nous aidera-t-il à nous comprendre et à nous accepter mutuellement, malgré nos différences et nos divergences d’opinions»</em>, dit-elle.</p>



<p>Considéré comme le <em>«père de la Tunisie»</em>, Bourguiba a dirigé le pays pendant trois décennies après l’indépendance du pays. Malgré ses idées progressistes, il était largement perçu comme un dirigeant autoritaire et un despote. Le père de Riahi, Mabrouk, était quant à lui membre du «Groupe de sécurité», un mouvement idéologiquement plus conservateur, islamiste en l’occurrence, déterminé à renverser le régime de Bourguiba.</p>



<p>En novembre 1987, la veille du coup d’État que Mabrouk et ses complices projetaient de lancer, le Premier ministre Zine El Abidine Ben Ali réussit à renverser le régime et à assigner Bourguiba à résidence. Deux mois plus tard, Mabrouk et ses acolytes furent arrêtés et emprisonnés par le gouvernement Ben Ali.</p>



<p><strong>Le choix d’un père</strong></p>



<p>Ce fut un tournant pour Riahi et sa famille, qui, dans les années qui suivirent, subirent un harcèlement systématique de la part du régime et de ses partisans – simplement parce qu&rsquo;ils avaient été entraînés dans <em>«un conflit que je n&rsquo;avais pas choisi, un conflit causé par les choix de mon père»</em>, a-t-elle déclaré.</p>



<p>Pourtant, durant toutes ces années tumultueuses – et même après la mort de son père en 2005 – la famille est restée silencieuse sur son calvaire&nbsp;: <em>«Je parlais rarement de ce qui était arrivé à notre famille, sauf à un cercle très restreint d&rsquo;amis proches.</em> <em>Ce silence était dicté par la peur»</em>, a déclaré Riahi.</p>



<p>Tout a basculé en 2011, lorsqu’un soulèvement populaire a finalement renversé le régime honni de Ben Ali. Dans les années qui ont suivi, la Tunisie a mis en place une Commission Vérité et Dignité. Riahi et sa sœur ont été convoquées pour témoigner durant l’été 2017, aux côtés de milliers d’autres opposants au gouvernement de Ben Ali, victimes de persécutions et de harcèlement en raison de leurs opinions. Ce fut, a-t-elle confié, <em>«le moment décisif qui m&rsquo;a poussée à réaliser ce film»</em>.</p>



<p><strong>Punition collective</strong></p>



<p><em>«C’était la première fois que je parlais devant une caméra, devant des inconnus, et même devant ma sœur, de cette période de l’histoire de notre famille»</em>, a déclaré la réalisatrice. En racontant les souffrances endurées par sa famille à cause de la politique de punition collective de Ben Ali, Riahi a <em>«découvert le pouvoir de la confession»</em>. Par la suite, elle a réalisé : <em>«Je voulais en parler davantage.»</em></p>



<p><em>‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</em> n’est cependant pas qu’un dialogue avec le passé. Se remémorant son propre parcours vers la maternité, Riahi a souligné qu’elle réfléchit de plus en plus à l’héritage qu’elle transmet à ses deux enfants, consciente que – pour le meilleur ou pour le pire – ses choix pourraient façonner leur vie, tout comme ceux de son père ont influencé la sienne.</p>



<p><em>«J’essaie de ne pas transmettre de traumatisme, de peur ou de tristesse à mes enfants»</em>, a-t-elle déclaré. <em>«Je parle à mon fils aîné de la révolution, de la Tunisie et de son grand-père, mais je reste très sélective. En même temps, grâce à ce film, mes enfants sont indirectement impliqués dans ce passé, même si ce n’est que symboliquement»</em>, a-t-elle enchaîné. <em>«J’éprouve parfois un sentiment partagé à ce sujet, mais j’y vois aussi un aspect positif. Apprendre l’histoire, pratiquer l’honnêteté et être encouragés à questionner le passé peuvent les rendre plus conscients, moins craintifs et moins silencieux que nous ne l’étions.»</em></p>



<p><em>‘‘A Haunted past (Absences)’’</em>, premier long métrage documentaire de la réalisatrice, est sorti en 2018. C’est le portrait d’une famille tuniso-bosniaque. Taoufik, condamné pour terrorisme, est livré à son sort : il s’occupe seul de ses trois filles, encore en âge d’adolescence.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>L. B.</strong> (Avec <a href="https://variety.com/2026/film/global/my-father-killed-bourguiba-failed-plot-tunisia-1236687834/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Variety</a>). &nbsp;</p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/16/fatma-riahi-mon-pere-a-tue-bourguiba/">Fatma Riahi | ‘‘Mon père a tué Bourguiba’’</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Autoritarisme, islamisme et absence de la gauche dans les sociétés arabes</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/05/autoritarisme-islamisme-et-absence-de-la-gauche-dans-les-societes-arabes/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 05 Mar 2026 09:33:05 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[autoritarisme]]></category>
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		<category><![CDATA[Mohamed Charfi]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Zouhaïr Ben Amor]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les partis de gauche dans le monde arabe muselés au nom de la stabilité, de la sécurité nationale ou de la lutte contre l’extrémisme. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/05/autoritarisme-islamisme-et-absence-de-la-gauche-dans-les-societes-arabes/">Autoritarisme, islamisme et absence de la gauche dans les sociétés arabes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Dans de nombreux pays arabes, le pouvoir politique s’est longtemps présenté comme «au-dessus des idéologies». Au nom de la stabilité, de la sécurité nationale ou de la lutte contre l’extrémisme, les régimes autoritaires ont systématiquement neutralisé, interdit ou affaibli les forces idéologiques organisées : partis de gauche, mouvements syndicaux autonomes, courants libéraux structurés. Cette stratégie, présentée comme pragmatique, repose sur une illusion majeure : l’idée qu’une société peut fonctionner sans idéologie.</em></strong> <em>(Photo : Manifestation pro-Saïed, le 17 décembre 2025 à Tunis). </em></p>



<p><strong>Zouhaïr Ben Amor *</strong></p>



<span id="more-18438796"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg" alt="" class="wp-image-17518909" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/09/Zouhair-Ben-Amor-120x120.jpg 120w" sizes="(max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>L’histoire politique montre que lorsqu’on exclut toutes les idéologies explicites, on ne supprime pas l’idéologie ; on en impose une autre, implicite, souvent religieuse.</p>



<p>Dans les sociétés où la religion structure déjà les imaginaires collectifs, cette idéologie par défaut prend presque mécaniquement la forme de l’islam politique. L’exemple tunisien est à cet égard paradigmatique : après vingt-trois années de neutralisation méthodique de la gauche et de toute vie idéologique autonome sous Zine El-Abidine Ben Ali, la révolution de 2011 a vu l’émergence fulgurante d’Ennahdha, devenue la force politique dominante.</p>



<p>Cet article défend l’idée que la gauche – entendue comme tradition critique, sociale et rationaliste – constitue le seul contrepoids capable de modérer le dogmatisme religieux dans les sociétés arabes, non par la répression, mais par la production de sens, de justice sociale et de citoyenneté.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’impossibilité d’une société sans idéologie</h2>



<p>Louis Althusser rappelait que l’idéologie n’est pas un simple ensemble d’idées, mais une structure qui organise le rapport des individus à leur réalité sociale (Althusser, <em>Idéologie et appareils idéologiques d’État</em>, 1970). À ce titre, aucune société humaine ne peut s’en passer. La question n’est donc pas de savoir s’il y aura une idéologie, mais laquelle.</p>



<p>Dans les sociétés arabes, la religion joue historiquement un rôle structurant : elle organise le temps, les normes sociales, les rituels et une partie de la morale collective. Lorsque l’État interdit les idéologies politiques modernes – socialisme, libéralisme, nationalisme critique –, il ne fait que laisser la religion occuper l’espace idéologique vacant.</p>



<p>Hannah Arendt a montré que les régimes autoritaires détruisent les médiations intellectuelles et sociales qui permettent aux individus de penser politiquement (<em>Les origines du totalitarisme</em>, 1951). Une fois ces médiations détruites, le retour du religieux comme cadre totalisant devient presque inévitable, car il offre des réponses simples à des sociétés privées de débat.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Ben Ali ou la fabrication d’un islamisme latent</h2>



<p>Le régime de Ben Ali illustre parfaitement cette dynamique. Officiellement laïc, moderniste et hostile à l’islam politique, l’État tunisien a en réalité éradiqué toute vie idéologique autonome, en particulier la gauche syndicale, marxiste ou sociale-démocrate. Les partis existaient formellement, mais étaient vidés de toute capacité d’action réelle.</p>



<p>Ennahdha, interdite mais jamais idéologiquement combattue sur le terrain intellectuel, a survécu sous une forme diffuse : réseaux caritatifs, mosquées, solidarités informelles, exil idéologique. Comme l’explique Olivier Roy, l’islamisme prospère moins par excès de religiosité que par absence de concurrence idéologique crédible (<em>L’échec de l’islam politique</em>, 1992).</p>



<p>Ainsi, lorsque l’appareil répressif s’est effondré en 2011, le seul courant disposant d’un capital symbolique, organisationnel et moral était l’islamisme. La gauche, affaiblie, marginalisée, souvent coupée des classes populaires, n’a pas pu jouer son rôle historique de médiation sociale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’islamisme comme idéologie de substitution</h2>



<p>L’islamisme n’est pas un simple retour du religieux ; c’est une idéologie moderne, au sens où il politise la religion pour répondre à des problèmes contemporains : injustice sociale, corruption, crise morale, domination étrangère. Sayyid Qutb, l’un de ses théoriciens majeurs, proposait déjà une vision totalisante de la société islamique comme alternative aux idéologies occidentales (<em>Signes de piste</em>, 1964).</p>



<p>Mais cette idéologie repose sur une réduction du politique au moral, et du citoyen au croyant. Elle tend à naturaliser l’ordre social, à sacraliser les normes et à délégitimer le conflit politique, pourtant essentiel à toute démocratie.</p>



<p>Sans contre-idéologie structurée, l’islamisme devient la seule grille de lecture disponible. Il n’est alors pas choisi librement : il s’impose par défaut.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi la gauche est structurellement indispensable</h2>



<p>La gauche, historiquement, n’est pas seulement une force politique ; elle est une tradition intellectuelle fondée sur la critique, la rationalité, l’égalité et la justice sociale. De Marx à Gramsci, de Rosa Luxemburg à Edward Said, elle a toujours articulé le social, le politique et le culturel.</p>



<p>Antonio Gramsci insistait sur la notion d’hégémonie culturelle : une idéologie ne triomphe pas par la force, mais parce qu’elle devient le sens commun (Gramsci, <em>Cahiers de prison</em>). Dans les sociétés arabes, l’islamisme a conquis cette hégémonie faute d’alternative crédible.</p>



<p>La gauche peut modérer le dogmatisme religieux non en l’attaquant frontalement, mais en proposant une lecture sociale des injustices, réhabilitant le citoyen face au croyant, réintroduisant le conflit politique légitime, et défendant l’autonomie de la raison.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La répression ne produit pas la sécularisation</h2>



<p>L’un des grands malentendus des régimes autoritaires arabes a été de croire que la répression du religieux produirait la laïcité. L’histoire montre l’inverse. Comme l’explique Talal Asad, la sécularisation est un processus culturel et politique long, jamais imposé par décret (<em>Formations of the Secular</em>, 2003).</p>



<p>En interdisant le débat, les régimes ont sacralisé la religion. Ce qui est interdit devient pur, moral, incorruptible. La gauche, au contraire, désacralise en politisant : elle ramène les discours religieux à des enjeux sociaux concrets.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comparaison avec l’Amérique latine et l’Europe du Sud</h2>



<p>L’expérience internationale confirme ce diagnostic. En Amérique latine, la montée de la théologie de la libération – inspirée par la gauche – a permis de désamorcer le conservatisme religieux en l’articulant à la justice sociale (Gustavo Gutiérrez, <em>Théologie de la libération</em>, 1971).</p>



<p>En Espagne et au Portugal, la transition démocratique post-dictatoriale a été portée par des forces de gauche capables de canaliser les héritages religieux sans les nier, mais en les subordonnant au politique (Manuel Castells, <em>La transition démocratique en Espagne</em>, 1981).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le cas tunisien : une gauche absente, un islamisme dominant</h2>



<p>En Tunisie, la faiblesse de la gauche après 2011 n’est pas seulement organisationnelle ; elle est aussi culturelle. Coupée des quartiers populaires, souvent enfermée dans un discours élitiste, elle n’a pas su concurrencer l’islamisme sur le terrain du sens.</p>



<p>Pourtant, comme le soulignait Mohamed Charfi, la modernité politique ne peut être importée ; elle doit être produite de l’intérieur (<em>Islam et liberté</em>, 1998). La gauche tunisienne a manqué cette production.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Réhabiliter l’idéologie pour éviter le dogme</h2>



<p>Exclure les idéologies dans les pays arabes ne produit ni neutralité ni stabilité. Cela revient à institutionnaliser une idéologie implicite, religieuse, non débattue, non critiquée. L’expérience de Ben Ali l’a démontré : en éradiquant la gauche, il a préparé le terrain à un islamisme hégémonique.</p>



<p>La véritable alternative n’est pas entre autoritarisme et islamisme, mais entre vide idéologique et pluralisme critique. Dans ce pluralisme, la gauche joue un rôle irremplaçable : elle est la seule tradition capable de transformer la foi en choix privé et la politique en espace commun.</p>



<p>Sans gauche, le dogme prospère. Avec elle, la religion redevient ce qu’elle n’aurait jamais dû cesser d’être : une conviction parmi d’autres, et non une idéologie par défaut.</p>



<p><em>* Universitaire.</em></p>



<p><strong>Références bibliographiques (sélection)</strong></p>



<p>Althusser, L. (1970). <em>Idéologie et appareils idéologiques d’État</em>.</p>



<p>Arendt, H. (1951). <em>Les origines du totalitarisme</em>.</p>



<p>Asad, T. (2003). <em>Formations of the Secular</em>.</p>



<p>Charfi, M. (1998). <em>Islam et liberté</em>.</p>



<p>Gramsci, A. (1975). <em>Cahiers de prison</em>.</p>



<p>Qutb, S. (1964). <em>Signes de piste</em>.</p>



<p>Roy, O. (1992). <em>L’échec de l’islam politique</em>.</p>



<p>Said, E. (1978). <em>L’Orientalisme</em>.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/03/05/autoritarisme-islamisme-et-absence-de-la-gauche-dans-les-societes-arabes/">Autoritarisme, islamisme et absence de la gauche dans les sociétés arabes</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Tunisie &#124; Décès de l’ancien ministre Abderrazak Kéfi</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/19/tunisie-deces-de-lancien-ministre-abderrazak-kefi/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 19 Feb 2026 11:50:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Abderrazak Kefi]]></category>
		<category><![CDATA[Béja]]></category>
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		<category><![CDATA[Radiodiffusion-télévision tunisienne]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’ancien ministre Abderrazak Kéfi est décédé ce jeudi 19 février 2026 à l'âge de 87 ans. Il sera inhumé dans sa ville natale : Kairouan. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/19/tunisie-deces-de-lancien-ministre-abderrazak-kefi/">Tunisie | Décès de l’ancien ministre Abderrazak Kéfi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’ancien ministre Abderrazak Kéfi est décédé ce jeudi 19 février 2026 à l&rsquo;âge de 87 ans. Militant du Néo-Destour, devenu Parti socialiste destourien puis Rassemblement constitutionnel démocratique, il a été associé aux régimes respectifs de Habib Bourguiba et Zine El Abidine Ben Ali. </em></strong></p>



<span id="more-18381354"></span>



<p>Né le 22 avril 1938 à Kairouan, Abderrazak Kéfi a été gouverneur de Béja de janvier à septembre 1969 et gouverneur de Jendouba de 1981 à 1982.</p>



<p>Nommé directeur général de la&nbsp;Radiodiffusion-télévision tunisienne&nbsp;en 1982, il a été ministre de l’Information de 1983&nbsp;à 1986, puis du Transport&nbsp;et du&nbsp;Tourisme&nbsp;de 1987 à 1988.</p>



<p>Le cortège funèbre partira, demain après la prière du vendredi, de son domicile situé au 16, rue Manoubia Ben Nasr, à Kairouan, pour être inhumé au cimetière Qouraich. </p>



<p>La cérémonie du farq aura lieu dimanche soir, à partir de 20 heures, à son domicile tunisois. Que Dieu ait son âme et lui accorde sa miséricorde.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong> </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/02/19/tunisie-deces-de-lancien-ministre-abderrazak-kefi/">Tunisie | Décès de l’ancien ministre Abderrazak Kéfi</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 22 Jan 2026 08:27:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[ECONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
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		<category><![CDATA[révolution]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/22/tunisie-une-revolution-qui-a-cannibalise-leconomie/">Tunisie | Une « révolution » qui a cannibalisé l’économie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><span><em style="font-weight: bold;">Le 14 janvier 2011, la Tunisie écrivait une page glorieuse de son histoire. Zine el-Abidine Ben Ali fuyait le pays, emportant avec lui des richesses spoliées et le destin pathétique d</em></span><strong><em>e finir ses jours et d’être enterré en Arabie Saoudite, loin du pays qu’il avait gouverné pendant vingt-trois ans. Ce jour-là, Tunis vibrait d’espérance. Les poètes proclamaient que «le destin répondrait aux aspirations du peuple». Le monde entier applaudissait ce petit pays maghrébin qui osait défier la tyrannie. Quinze ans plus tard, le bilan est d’une brutalité insoutenable : la Tunisie post-2011 a réussi l’exploit de transformer une révolution en catastrophe économique intégrale.</em></strong></p>



<p><strong>Moktar Lamari</strong> *</p>



<span id="more-18273412"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2019/10/Moktar-Lamari.jpg" alt="" class="wp-image-246439" style="width:200px"/></figure>
</div>


<p>Comparez la Tunisie de 2011 avec la Serbie de 2000, et vous mesurerez l’abîme qui sépare une vraie transition d’une mascarade. Lorsque Slobodan Milošević est tombé, le nouveau gouvernement serbe a agi avec détermination : rétablissement des relations avec le FMI, réouverture du commerce, stabilisation macroéconomique immédiate. L’inflation a chuté de moitié, la croissance a explosé à 6% par an, les capitaux étrangers sont revenus en masse. Les Serbes ont cru que les règles avaient changé, et l’économie a répondu.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La paix sociale à crédit</h2>



<p>La révolution du jasmin, elle, a accouché d’un monstre. Des élections compétitives, certes. Une constitution démocratique, effectivement. Mais l’économie ? Totalement sacrifiée sur l’autel de la lâcheté politique et du clientélisme généralisé. Les gouvernements successifs – qu’ils soient islamistes, laïques, technocrates ou populistes – ont tous adopté la même stratégie suicidaire : acheter la paix sociale à crédit.</p>



<p>La masse salariale du secteur public a explosé, passant de 12% du PIB en 2010 à plus de 15% aujourd’hui. Des dizaines de milliers de postes ont été créés non pas pour améliorer les services publics, mais pour calmer les manifestants.</p>



<p>L’Union générale tunisienne du travail (UGTT), ce syndicat mafieux déguisé en défenseur des travailleurs, a obtenu tout ce qu’elle voulait : augmentations salariales, primes garanties, impunité totale pour ses adhérents. Résultat ? Un État obèse, paralysé, incapable de fournir le moindre service décent malgré une armée de fonctionnaires payés à ne rien faire.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un suicide économique par consensus</h2>



<p>Pendant ce temps, les choix difficiles ont été systématiquement reportés. Les subventions – cette drogue économique qui représente aujourd’hui 6,3% du PIB – n’ont jamais été réformées. Pire : elles ont augmenté. L’essence, le pain, l’électricité, l’eau et même le gaspillage… tout est subventionné. Pas pour aider les pauvres, qui en bénéficient proportionnellement moins, mais pour éviter les émeutes. La Tunisie dépense des milliards de dinars pour subventionner les 4&#215;4 des classes aisées pendant que les hôpitaux publics manquent de gaze. Et depuis peu de médicaments vitaux.</p>



<p>Les entreprises publiques ? Toujours là, toujours aussi inefficaces, toujours aussi corrompues, toujours aussi irrespectueuses du droit citoyen à un service public digne de nom. La Tunisair perd des centaines de millions chaque année. La Steg, la Sonede, la Pharmacie centrale – toutes au bord de la faillite, toutes maintenues en vie par perfusion budgétaire. Et l’économie doit payer la facture, par une sur-fiscalisation honteuse.</p>



<p>Aucun gouvernement n’a osé les privatiser, les restructurer, ou même simplement exiger qu’elles cessent de saigner les finances publiques. Aucune évaluation sérieuse de ces vampires des taxes des contribuables. Pourquoi ? Parce que l’UGTT menace de grève générale au moindre murmure de réforme.</p>



<p>La rigidité du marché du travail ? Intacte. Le Code du travail tunisien, cette relique protectionniste des années 1960, rend le licenciement quasiment impossible. Résultat : les entreprises privées n’embauchent plus, ou embauchent au noir.</p>



<p>Le chômage des jeunes – le grief initial qui a déclenché la révolution – stagne autour de 40% dans certaines régions. Les diplômés universitaires attendent des années un emploi public qui ne viendra jamais, pendant que le secteur privé étouffe sous les contraintes réglementaires. Leurs diplômes ne valent plus rien, tellement l’UGTT a bourré le système éducatif par les moins compétents.</p>



<h2 class="wp-block-heading">La corruption viscérale</h2>



<p>Et la corruption ? Ah, la corruption ! Le régime de Ben Ali était une kleptocratie familiale organisée. Au moins avait-elle une certaine efficacité : tu payais la famille Trabelsi, et ton business fonctionnait.</p>



<p>Depuis 2011, la corruption s’est démocratisée. Elle est devenue diffuse, décentralisée, tentaculaire. Chaque parti politique, chaque administration, chaque niveau de gouvernement a développé ses propres réseaux de prédation.</p>



<p>En 2018, la confiance dans le gouvernement avait chuté de moitié par rapport à 2011. Les investisseurs ont compris que la <em>«nouvelle Tunisie»</em> n’était que l’ancienne en pire : plus instable, plus corrompue, plus paralysée.</p>



<p>Les IDE se sont effondrés. En 2010, malgré la dictature, la Tunisie attirait 1,5 milliard de dollars d’investissements étrangers. En 2023, après treize ans de <em>«démocratie»</em>, ce chiffre peinait à atteindre 800 millions.</p>



<p>Les investisseurs ont vu de nouvelles politiques s’empiler sur l’ancienne économie sans rien changer au fond. Pire encore : ils ont vu l’instabilité politique détruire la seule chose que Ben Ali offrait – la prévisibilité. Sous la dictature, on savait à quoi s’attendre.</p>



<p>Depuis 2011, personne ne sait rien. Les gouvernements tombent tous les dix mois. Les politiques changent au gré des coalitions et humeurs de leur patron. Les promesses ne valent rien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Du chaos démocratique au chaos autoritaire</h2>



<p>Puis vint Kaïs Saïed. Élu triomphalement en 2019 avec 73% des voix, porté par le ras-le-bol généralisé envers la classe politique. Le 25 juillet 2021, il suspend le parlement, concentre tous les pouvoirs, promet de <em>«nettoyer»</em> le système. Les Tunisiens fatigués applaudissent. Enfin, quelqu’un va agir !</p>



<p>Quatre ans plus tard, le verdict est sans appel : Saïed a encore plus enfoncé le sens du travail et du mérite. Une catastrophe intégrale véhiculée par encore moins de compréhension des principes fondamentaux de l’économie. On détruit les institutions démocratiques sans rien construire à la place. On écarte les partis politiques sans proposer d’alternative. On dissout le parlement sans améliorer la gouvernance. On concentre tous les pouvoirs pour… ne rien faire, comme réforme structurante, courageuse et conçues à l’aune des résultats.</p>



<p>Ou plutôt si : on a aggravé la situation. On a rejeté l’accord avec le FMI, ce qui aurait au moins apporté 1,9 milliard de dollars et imposé des réformes structurelles. Et pour quel argument ?</p>



<p>La <em>«souveraineté nationale»</em> et le refus des <em>«diktats néolibéraux»</em>. Noble posture. Sauf qu’il n’a aucun plan B.</p>



<p>La dette publique atteint 81% du PIB. Le service de la dette engloutit 14% du PIB – de l’argent qui ne va ni dans l’éducation, ni dans la santé, ni dans les infrastructures. Les réserves en devises fondent à vue d’œil. Les pénuries de produits de base se multiplient.</p>



<p>Pendant ce temps, l’État donne des discours surréalistes sur les <em>« complots étrangers »</em> et les «&nbsp;<em>traîtres à la nation »</em>. Il arrête des opposants politiques. Il musèle les médias. Il persécute les migrants subsahariens dans des raids racistes dignes des heures les plus sombres.</p>



<p>Et l’économie ? Elle continue de sombrer dans l’indifférence la plus totale.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le naufrage en chiffres</h2>



<p>Les chiffres sont implacables. Catastrophiques. La croissance moyenne post-2011 ? Misérable 1,5% par an, contre 4-5% sous Ben Ali. Le chômage ? Passé de 13% en 2010 à plus de 16% aujourd’hui, et toujours autour de 40% pour les jeunes diplômés. L’inflation ? Chroniquement supérieure à 7-8% ces dernières années, atteignant 10% en 2023. Les salaires réels ? En baisse constante depuis quinze ans. La paupérisation ronge les classes moyennes, alors que les affaires proposèrent pour les plus aisés à Tunis et sa banlieue nord.</p>



<p>La Tunisie de 2026 est objectivement plus pauvre, plus endettée, plus désespérée qu’en 2010. Le PIB par habitant en termes réels a à peine progressé d’un iota.</p>



<p>Des centaines de milliers de Tunisiens – souvent les plus qualifiés – ont fui le pays. Les <em>boat people</em> se noient par centaines en Méditerranée chaque année, fuyant ce paradis démocratique que le monde entier leur envie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’ancre institutionnel, ce chaînon manquant</h2>



<p>Le problème fondamental ? L’absence totale de crédibilité institutionnelle. Une rupture politique ne produit des résultats économiques que si elle établit un point d’ancrage clair : qui décide, selon quelles règles, et pour combien de temps.</p>



<p>La Tunisie post-2011 n’a jamais fourni cette clarté. Gouvernements éphémères (une quinzaine de premiers ministres et plus de 750 ministres), coalitions fragiles, constitution réécrite, institutions détruites puis reconstruites puis détruites de nouveau.</p>



<p>Aucun investisseur sensé ne peut miser sur un pays où les règles du jeu – notamment fiscales – changent tous les dix-huit mois. Aucune entreprise ne peut planifier quand elle ne sait pas si le gouvernement tiendra encore l’année prochaine. Aucun citoyen ne peut investir dans l’avenir quand cet avenir est illisible.</p>



<p>L’économie de la rupture est une question de crédibilité. La Tunisie post-2011 a détruit méthodiquement toute crédibilité. Chaque gouvernement a promis des réformes avant de capituler face à l’UGTT. Chaque coalition a juré de réduire la dépense publique avant d’augmenter les salaires pour acheter la paix sociale. Chaque président a proclamé la guerre à la corruption tout en laissant prospérer les réseaux clientélistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Le verdict final</h2>



<p>La révolution tunisienne n’a pas échoué par accident. Elle a été consciemment sabotée par une classe politique incapable, lâche et corrompue.</p>



<p>Des islamistes d’Ennahdha aux laïcs de Nidaa Tounes, des technocrates aux populistes, tous ont préféré leur survie politique immédiate à l’intérêt national à long terme. Tous ont refusé les choix difficiles. Tous ont bradé l’avenir pour acheter le présent.</p>



<p>Et les Tunisiens ? Ils paient cash. Quinze ans après avoir renversé un dictateur, ils sont plus pauvres, plus désespérés, plus impuissants. Le destin devait répondre à leurs aspirations. Il leur a craché au visage.</p>



<p>La révolution tunisienne restera dans l’histoire comme la preuve éclatante qu’un changement de régime sans transformation économique structurelle ne produit qu’une chose : le chaos stérile.</p>



<p>La Tunisie post-2011 est un cimetière d’espoirs, un monument à l’incompétence collective, une démonstration grandeur nature que la démocratie sans responsabilité économique mène droit à l’abîme. Le jasmin est mort. Il ne reste que les épines du cactus (el hindi) qui entouraient le Jasmin… de l’espoir !</p>



<p><em>* Economiste universitaire.</em></p>



<p><strong><em>Blog de l’auteur </em></strong>: <a href="https://www.facebook.com/groups/375846620757494" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Economics for Tunisia</a>.</p>



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<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="WKS6SUKgqt"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/">Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ?</a></blockquote><iframe class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Selon l’IA, y aura-t-il une nouvelle révolution en Tunisie ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/19/selon-lia-y-aura-t-il-une-nouvelle-revolution-en-tunisie/embed/#?secret=GmlKYdWWC9#?secret=WKS6SUKgqt" data-secret="WKS6SUKgqt" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<item>
		<title>Démocratie et autoritarisme &#124; La leçon tunisienne</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/17/democratie-et-autoritarisme-la-lecon-tunisienne/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 17 Jan 2026 11:36:32 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Arab Reform Initiative]]></category>
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		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>La Tunisie demeure au cœur des débats sur la démocratie dans le monde arabe région, non comme un exemple à suivre, mais comme un laboratoire. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/17/democratie-et-autoritarisme-la-lecon-tunisienne/">Démocratie et autoritarisme | La leçon tunisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>L’échec de l’expérience démocratique en Tunisie démontre que la démocratie et l’autoritarisme ne sont pas des aboutissements, mais des processus politiques contestés au sein des sociétés de la région, en vue d’une véritable autodétermination et de la réalisation de leurs aspirations à une vie plus juste.</em></strong></p>



<span id="more-18248184"></span>



<p>Après le retour de la Tunisie au sein du cercle des États arabes autoritaires, le seizième anniversaire de la chute de Zine El Abidine Ben Ali [le 14 janvier 2011] pourrait sembler insignifiant. Pourtant, la Tunisie demeure au cœur des débats sur la démocratie dans la région. Non plus comme une <em>«exception»</em> ou un exemple à ne pas suivre, mais comme un laboratoire où les enseignements sont nombreux.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les élections ne suffisent pas</h2>



<p>Une décennie d’expérimentation démocratique a démontré que les élections et les dispositifs constitutionnels, bien que nécessaires, ne suffisent pas à eux seuls. Pour construire une véritable démocratie, il faut dépasser une conception étroite et procédurale de la participation démocratique et s’engager dans une réflexion plus approfondie sur la représentation, la communication, la responsabilité, la redistribution et la réforme institutionnelle.</p>



<p>Une police ou un système judiciaire ne deviennent pas responsables du simple fait de l’élection démocratique d’un président ou d’un parlement. Et des élections démocratiques ne peuvent compenser des décennies de répression politique qui ont anéanti les ambitions des partis politiques et leur capacité à refléter les dynamiques sociales.</p>



<p>En ce sens, la Tunisie illustre de façon frappante comment la restauration autoritaire s’installe et comment les acquis démocratiques peuvent être anéantis.</p>



<p>La consolidation du pouvoir de Kaïs Saïed repose non seulement sur la répression, mais aussi sur l’exploitation de faiblesses structurelles persistantes, telles que les inégalités économiques, la sécurisation de la société, la subordination du pouvoir judiciaire, la mainmise des médias, la polarisation, la manipulation numérique et les discours nationalistes exclusionnistes.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Sortir de l’enracinement autoritaire</h2>



<p>Les recherches de l’Arab Reform Initiative ont mis en lumière comment ces dynamiques, conjuguées à un contrat social dénué de sens, à une société civile fragilisée et à un mouvement syndical fragmenté, ont progressivement sapé le pluralisme tout en restreignant les alternatives politiques.</p>



<p>Cet anniversaire est donc une invitation à se tourner vers l’avenir plutôt que vers la nostalgie. Pour la Tunisie, la question est de savoir comment envisager des voies de sortie de l’enracinement autoritaire tout en tirant les leçons d’une décennie de pratique démocratique.</p>



<p>Pour la région, la Tunisie demeure un exemple crucial pour comprendre à la fois la fragilité démocratique et les conditions d’un renouveau démocratique encore envisageable.</p>



<p class="has-text-align-right"><em>Traduit de l’anglais.</em></p>



<p><strong><em>Source</em></strong> : Lettre d’information de <a href="https://www.arab-reform.net/" target="_blank" rel="noreferrer noopener">l’Arab Reform Initiative</a>.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/17/democratie-et-autoritarisme-la-lecon-tunisienne/">Démocratie et autoritarisme | La leçon tunisienne</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<item>
		<title>Un destin tunisien &#124; K2Rhym et les sniffeurs</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 16 Jan 2026 08:47:47 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
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		<category><![CDATA[Karim Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[Moncef Ben Ali]]></category>
		<category><![CDATA[Pablo Escobar]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Karim Gharbi, alias K2Rhym ou encore K2, le richissime rappeur tunisien, n’a pas fini de nous surprendre et de nous étonner. </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/16/un-destin-tunisien-k2rhym-et-les-sniffeurs/">Un destin tunisien | K2Rhym et les sniffeurs</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Karim Gharbi, alias K2Rhym ou encore K2, le richissime rappeur tunisien dont la fortune ne vient certainement pas de la «seule» musique, n’a pas fini de nous surprendre et de nous étonner. Et avec lui, on en apprend toujours des choses. Des vertes et des pas mûres.  </em></strong></p>



<p><strong>Latif Belhedi</strong></p>



<span id="more-18243807"></span>



<p>L’ancien gamin de Ras Ettabia et Ksar Saïd devenu maçon à Paris, puis rappeur à la petite semaine, et qui se déplace aujourd’hui de Paris à Dubaï, en passant par Rio de Janeiro et Miami, dans son avion personnel, se serait enrichi grâce à la musique et aux bitcoins, selon ce qu’il a lui-même prétendu, sauf que la source réelle de sa fortune suscite encore des interrogations.</p>



<p>On ne se serait pas intéressé à lui s’il ne s’était pas mis dans la tête qu’il a un destin politique et qu’il a les moyens (et l’intention) de devenir président de la république en Tunisie.</p>



<p>S’étant rapproché de feu l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, dans son exil en Arabie saoudite, via l’une de ses filles, qu’il a épousée et dont il a du reste divorcé, K2, comme il aime s’appeler aujourd’hui, fait toute une propagande sur les réseaux sociaux autour de sa petite personne.</p>



<p>Ayant la faiblesse de courir derrière les médias, dont certains lui courent d’ailleurs derrière, il est intervenu, il y a quelques années de cela, le 23 décembre 2023, dans l’émission <em>‘‘Klem Ennas’’</em> sur <a href="https://www.mosaiquefm.net/amp/fr/people/659538/k2rhym-s-exprime-sur-sa-relation-avec-la-fille-de-pablo-escobar" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Mosaïque FM</a>. Et que nous a-t-il appris ?</p>



<p>Karim Gharbi a indiqué qu’<em>«il est prématuré de parler d’un mariage avec la fille de Pablo Escobar, d’autant plus que son divorce avec la fille de l’ex-président Ben Ali vient à peine d’être officialisé.» </em>Il a ajouté qu’il est (ou était alors) <em>«en relation avec la fille de Pablo Escobar»</em> et qu’il travaillais avec elle sur<em> <em>«</em>un projet censé faire la lumière sur certains mythes et inexactitudes relatives à la vie de Pablo Escobar»</em>, indiquait alors Mosaïque. </p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="992" height="622" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Manuela-la-fille-de-Pablo-Escobar.jpg" alt="" class="wp-image-18243858" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Manuela-la-fille-de-Pablo-Escobar.jpg 992w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Manuela-la-fille-de-Pablo-Escobar-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Manuela-la-fille-de-Pablo-Escobar-768x482.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Manuela-la-fille-de-Pablo-Escobar-580x364.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2026/01/Manuela-la-fille-de-Pablo-Escobar-860x539.jpg 860w" sizes="auto, (max-width: 992px) 100vw, 992px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em>Manuela, la fille de Pablo Escobar, aujourd&rsquo;hui, et en 1992 avec son père, peu de temps avant sa mort. </em></figcaption></figure>
</div>


<p>On ne va pas jusqu’à établir un lien direct entre la supposée fortune de K2 et l’argent des narco-trafiquants d’Amérique Latine, et de Colombie plus particulièrement, car on n’a pas les moyens de le prouver matériellement. Et on aimerait bien écarter une telle éventualité. Mais il est tout de même curieux, pour ne pas dire louche, que parmi toutes les femmes de la planète, l’enfant de Ras Tabia ait choisi de porter son dévolu sur la fille du baron de la drogue, le célèbre trafiquant de cocaïne colombien qui était à la tête du tristement célèbre cartel de Medellin où il fût d’ailleurs tué le 2 décembre 1993. Selon ses dires, K2 se donne pour mission de réhabiliter la mémoire pas très reluisante du père de sa probable future épouse, à moins qu&rsquo;il n&rsquo;ait changé de cap depuis. On croit rêver !</p>



<p>On a déjà tout vu en Tunisie, mais avoir demain l’époux de la fille du plus célèbre baron de la drogue au Palais de Carthage, ce serait tout de même le comble&nbsp;!</p>



<p>Quand on sait que Moncef Ben Ali, le frère de l’ancien président et ex-gendre de K2, était lui-même un baron de la drogue et faisait partie de la Coucous connection, un trafic international de stupéfiants et de blanchiment d’argent – ayant impliqué principalement des Tunisiens et qui se déroula pendant les années 1980 en France, on ne peut que constater chez Karim Gharbi une propension particulière à fréquenter les sniffeurs.</p>



<p>Honni soit qui mal y pense. <strong></strong></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="7EOwGPKQ1r"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/15/k2rhym-la-nostalgie-de-ben-ali-et-nous/">K2Rhym, la nostalgie de Ben Ali et nous !</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« K2Rhym, la nostalgie de Ben Ali et nous ! » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/15/k2rhym-la-nostalgie-de-ben-ali-et-nous/embed/#?secret=SwQTc9uUyj#?secret=7EOwGPKQ1r" data-secret="7EOwGPKQ1r" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
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		<title>K2Rhym, la nostalgie de Ben Ali et nous !</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 15 Jan 2026 10:02:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[7 novembre 1987]]></category>
		<category><![CDATA[Abdelkrim Jilani Ghouma]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[K2rhym]]></category>
		<category><![CDATA[Karim Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[Leïla Trabelsi]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Berhouma]]></category>
		<category><![CDATA[Mohamed Sadok Lejri]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Les 23 de règne de Ben Ali ont réduit en cendres des choses difficilement réhabilitables en Tunisie. K2Rhym s'entête à nous le rappeler.   </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2026/01/15/k2rhym-la-nostalgie-de-ben-ali-et-nous/">K2Rhym, la nostalgie de Ben Ali et nous !</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Ceux qui s’apprêtent à regarder le <a href="https://www.youtube.com/watch?v=vF5sUr_Un2U" target="_blank" rel="noreferrer noopener">documentaire</a> de Karim Gharbi alias K2Rhym peuvent se contenter de la première demi-heure, le reste est à la gloire de notre Snoop Dogg national qui se voyait déjà au palais de Carthage. Les dix dernières minutes peuvent également s’avérer intéressantes pour ceux qui veulent en savoir un petit peu plus sur les conditions de l’inhumation de l’ancien président de la république Zine El Abidine Ben Ali en Arabie Saoudite.</em></strong></p>



<p><strong>Mohamed Sadok Lejri</strong></p>



<span id="more-18240446"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full"><img decoding="async" src="http://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2021/08/Mohamed-Sadok-Lejri-1.jpg" alt="" class="wp-image-358589"/></figure>
</div>


<p>Les témoignages de Habib Ammar (Général d’armée et ancien ministre), Abdelkrim Jilani Ghouma (ancien directeur au ministère de l’Intérieur) et Mohamed Berhouma (ancien chef du protocole à la présidence de la République) sur le coup d’Etat du 7 novembre 1987 sont dignes d’intérêt. Ils relatent les événements au cours desquels ils étaient aux avant-postes et parlent du rapport qu’ils entretenaient avec Ben Ali.</p>



<p>En revanche, on a l’impression que cette première partie est venue se greffer sur le reste du documentaire qui n’est autre chose qu’une hagiographie du rappeur K2Rhym. Ce dernier avait probablement l’intention de s’en servir comme outil de propagande lors de la campagne des dernières élections, mais, manifestement, les choses ne se sont pas déroulées comme il espérait pour les raisons que l’on connaît *.</p>



<h2 class="wp-block-heading">L’«héritier» autoproclamé d’un dictateur &nbsp;</h2>



<p>Une fois la première demi-heure passée, la vacuité prend le relais et le rappeur se met à nous raconter ses origines, son enfance et adolescence, sa vie et sa success-story, le tout sur un ton sirupeux et avec des invités qui manient bien la brosse à reluire. Bref, ça nous fait une belle jambe ! Les intervenants nous donnent parfois l&rsquo;impression qu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;une figure christique.</p>



<p>Le protagoniste du documentaire a essayé de nous faire comprendre de façon implicite qu’il entretenait un <em>«rapport filial»</em> avec l’ancien dictateur et qu’ils étaient même familiers ; un peu comme si le digne héritier était venu au chevet du patriarche pour l’assister dans ses dernières heures, et comprenne qui pourra !</p>



<p>Enfin, tous ces Tunisiens qui se réfugient depuis quelque temps dans la nostalgie de Ben Ali et qui sautent à la gorge de celui qui ne partage pas leurs regrets et leur <em>«nostalgie du bon vieux temps»</em> commencent à me taper sur le ciboulot ! Comme si Ben Ali était étranger aux turpitudes qui rongent le pays, telles entre autres les malversations et la corruption ! Comme si le défunt était étranger à cette médiocrité qui est devenue l’alpha et l’Omega de notre existence !</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-large"><img loading="lazy" decoding="async" width="1024" height="538" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-1024x538.jpg" alt="" class="wp-image-13632756" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-1024x538.jpg 1024w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-300x158.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-768x403.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-580x305.jpg 580w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-860x452.jpg 860w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi-1160x609.jpg 1160w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/07/K2Rhym-Karim-Gharbi.jpg 1200w" sizes="auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px" /><figcaption class="wp-element-caption"><em><br>Cet homme louche compte sur la crédulité intéressée de beaucoup de Tunisiens pour accéder au Palais de Carthage.</em></figcaption></figure>
</div>


<h2 class="wp-block-heading">Un gage de médiocrité intellectuelle</h2>



<p>L’homme a hypothéqué l’avenir du pays en le plaçant entre les jambes de sa femme Leïla Trabelsi, et ça geint encore ! Tous ces jeunes cons qui votent invariablement identitaire et réactionnaire ne sont-ils pas le produit du système éducatif de Ben Ali ? Ce dernier pensait lutter contre l’extrémisme religieux, mais il s’est en réalité, et à son insu, mis au service du projet obscurantiste en produisant des générations d’incultes qui votent aujourd’hui sans aucune conscience politique.</p>



<p>La médiocrité intellectuelle et l’esprit rétrograde et réactionnaire dans lesquels nous baignons aujourd’hui sont, en fait, l’héritage que nous a légué Ben Ali. Ce dernier a fait perdre à la Tunisie près d’un quart de siècle et a dilapidé un héritage d’une valeur inestimable et acquis à la suite d’immenses efforts.</p>



<p>Je persiste et signe : durant son règne, on a détruit le système éducatif, on a dévoyé la morale et certaines valeurs à des fins perverses, on a abruti les jeunes générations avec la culture des virages des stades de football et on a livré la société aux émanations populacières, sans parler des vies brisées et des bouches muselées, de la torture, des persécutions et des bouteilles en verre dans le fion, de la paranoïa qui régnait en maître dans le pays à cause des murs qui avaient des oreilles… Et la liste des réalisations historiques de l’<em>«artisan du changement»</em> est encore longue !</p>



<p>Bref, les vingt-trois de règne de Ben Ali ont réduit en cendres des choses difficilement réhabilitables. Ce ne sont pas les larmes nostalgiques de quelques surexcités ou un K2Rhym qui, à travers ce documentaire, apparaît dans les vêtements du <em>«fils»</em> qui pourrait lui succéder qui vont nous faire changer d’avis ou restaurer ce qui semble être définitivement brisé. Y en a marre de Ben Ali, bonne fête et bon 14 janvier à tout le monde ! </p>



<p><em>* Sa candidature à la présidentielle de 2024 a fait pschitt et une procédure judiciaire a été intentée à son encontre.</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-video is-provider-youtube wp-block-embed-youtube wp-embed-aspect-16-9 wp-has-aspect-ratio"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<iframe loading="lazy" title="I AM K2 - Official Movie | الفيلم الرسمي" width="1160" height="653" src="https://www.youtube.com/embed/vF5sUr_Un2U?feature=oembed" frameborder="0" allow="accelerometer; autoplay; clipboard-write; encrypted-media; gyroscope; picture-in-picture; web-share" referrerpolicy="strict-origin-when-cross-origin" allowfullscreen></iframe>
</div></figure>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="SW16P6wFmC"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/07/tunisie-k2rhym-president-de-la-republique-pourquoi-pas/">Tunisie : K2Rhym président de la république, pourquoi pas ?</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Tunisie : K2Rhym président de la république, pourquoi pas ? » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2023/02/07/tunisie-k2rhym-president-de-la-republique-pourquoi-pas/embed/#?secret=Tl2RRTXQiI#?secret=SW16P6wFmC" data-secret="SW16P6wFmC" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
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		<title>Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/culte-de-la-personne-et-etat-de-droit-en-tunisie/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 30 Dec 2025 09:04:54 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[A LA UNE]]></category>
		<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[TRIBUNE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[culte de la personne]]></category>
		<category><![CDATA[Habib Bourguiba]]></category>
		<category><![CDATA[Kaïs Saïed]]></category>
		<category><![CDATA[Salah El Gharbi]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Le soutien inconditionnel qu’une partie de la population manifeste à l’actuel chef de l’Etat participe d'une culture bien ancrée dans la population.  </p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/culte-de-la-personne-et-etat-de-droit-en-tunisie/">Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>En Tunisie, comme dans tout le monde arabe, durant des siècles jusqu’à nos jours, la population qui portait les stigmates du tribalisme, a été à la merci de l’arrogance, de l’arbitraire et de la brutalité, cette mère de toutes les lâchetés, à la merci des sauts d’humeur du «Chef». Les notions de «droit», celle de «dignité humaine», de «citoyenneté», de «raison»… restent jusqu’à aujourd’hui étrangères à notre culture.</em></strong></p>



<p><strong>Salah El Gharbi</strong> *</p>



<span id="more-18157529"></span>


<div class="wp-block-image">
<figure class="alignleft size-full is-resized"><img loading="lazy" decoding="async" width="200" height="200" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg" alt="" class="wp-image-14811974" style="width:200px;height:auto" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi.jpg 200w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2024/12/Salah-El-Gharbi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px" /></figure>
</div>


<p>Le soutien inconditionnel qu’une partie de la population continue à manifester, bruyamment, à l’actuel chef de l’Etat semble décontenancer, agacer et surtout frustrer les nostalgiques de la <em>«belle époque»</em>, en pensant particulièrement, au leadership du <em>«Combattant suprême»</em>.</p>



<p>Comme ces esprits chagrinés n’ont jamais appris à prendre du recul ni à tirer des leçons du passé, ils sont réduits à être, constamment, dans le déni, en train de débiter les mêmes litanies, vantant tantôt les mérites du <em>«libérateur des femmes»</em>, tantôt <em>«le promoteur de l’enseignement pour tous»</em>&#8230; Et comme si ces zélateurs du <em>«bourguibisme»</em> cherchaient à se donner bonne conscience, ils s’obstinent, désespérément, à laisser entendre que, de toute évidence, Kaïs Saïed ne serait qu’une création in nihilo, un accident de l’Histoire, une sorte d’épiphénomène étrange qui n’a rien à voir avec le plus prestigieux de ses prédécesseurs. &nbsp;</p>



<h2 class="wp-block-heading">De fidèles produits du <em>«Système»</em></h2>



<p>Il est vrai que l’actuel Maître du Palais de Carthage offre un profil atypique et a des attitudes et des réactions que certains trouveraient étranges. Il est aussi probant que «<em>la démocratie»</em> est loin d’être le dada du nouveau président. Néanmoins, et malgré les apparences, l’homme reste, fondamentalement, un fidèle produit du <em>«Système»</em>, héritier d’une pratique politique mise en place par <em>«le Combattant suprême»</em> en 1957.</p>



<p>En fait, et contrairement aux apparences, le péché originel, c’était Habib Bourguiba qui l’avait commis, quand ce militant, juriste de formation, qui venait de mettre fin à la présence française, au nom du <em>«droit»</em>, s’était institué comme un <em>«Bey républicain»</em>, en s’octroyant un pouvoir illimité, dans le temps, et ce, au mépris du <em>«droit»</em>.</p>



<p>Depuis, étant donné qu’il était à la tête <em>«d’une poussière d’individus, d’un magma de tributs…»</em>, autrement dit, d’une population qui n’avait jamais connu que le mépris, les brimades et l’injustice, Bourguiba et les siens étaient en terrain conquis d’avance et avaient le loisir d’imposer leurs volontés. Ainsi, malade et sénile, le vieux président allait se cramponner au pouvoir des années durant, avant d’être délogé honteusement.</p>



<p>D’ailleurs, les soutiens échaudés de l’actuel président, sortis le 17 décembre scandant le nom de leur<em> «idole»</em>, nous rappellent, étrangement, les foules surexcités et encadrées par les cellules du <em>«Parti»</em>, prêtant allégeance au <em>«Père de la nation»</em>. Même fausse ferveur, même culte de la personne, même aveuglement face aux vrais défis que le pays affrontait.</p>



<p>Zine El Abidine Ben Ali, le second président, après avoir usurpé le pouvoir, qu’avait-il fait, sinon marcher sur les traces du <em>«Père de la nation»</em>, en faisant fi du droit. Et durant son <em>«règne»</em>, c’était en manipulant l’opinion publique, en manœuvrant et en sévissant contre ses adversaires, qu’il avait réussi à se maintenir jusqu’à ce qu’il fût détrôné, à son tour, en 2011, d’une manière humiliante.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Déni du droit, répression des libertés</h2>



<p>En fait, comme dans tout le monde arabe, durant des siècles jusqu’à nos jours, la population qui portait les stigmates du tribalisme, a été à la merci de l’arrogance, de l’arbitraire et de la brutalité, cette mère de toutes les lâchetés, à la merci des sauts d’humeur du <em>«Chef»</em>. Les notions de <em>«droit»</em>, celle de<em> «dignité humaine»</em>, de <em>«citoyenneté»</em>, de <em>«raison»</em>… restent jusqu’à aujourd’hui étrangères à notre culture.</p>



<p>Chez nous, on a beau multiplier les institutions qui enseignent le droit, dans son approche moderniste qui assure la justice pour tous et qui promeut le triomphe du droit sur l’arbitraire et la tyrannie, quatre-vingts ans après, on ne fait que barboter. La même désinvolture, la même suffisance et les mêmes pratiques indignes résistent et se perpétuent.&nbsp;</p>



<p><em>«Le droit est le fondement de la civilisation»</em>, disait en substance, Ibn Khaldoun. Par conséquent, l’État de droit n’est pas un luxe, mais une nécessité. Ainsi, mépriser le droit, c’est, en quelque sorte, se priver, de facto, de trois données fondamentales de la civilisation, à savoir, la stabilité, la prospérité et le progrès.</p>



<p>Les révolutions technologiques et les progrès colossaux enregistrés en Occident n’ont été possibles que grâce à l’évolution en matière de droits de l’homme. &nbsp;Alors que les citoyens occidentaux jouissent de la liberté, des bienfaits de l’État de droit, talonnés par une sorte de fatalité historique d’arabo-musulmans, nous restons, encore, soumis aux mêmes pratiques hégémoniques, gisant sous la menace, celles de l’arbitraire et de l’injustice et de l’anarchie.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Les soubresauts de l’Histoire</h2>



<p>Néanmoins, dans ce monde en ébullition permanente, tous ceux qui continuent à s’opposer à l’inéluctable évolution vers la mise place d’un État de droit ne sont aucunement, à l’abri des soubresauts de l’Histoire. Ainsi, en favorisant le <em>«désordre ordonné»</em> aux dépens de l’État de droit, les despotes finissent, toujours, par être les premières victimes de leur arrogance et de leur propre aveuglement.</p>



<p>Même si, en cette fin d’année 2025, le septuagénaire que je suis reste sceptique, ne nourrissant que peu d’espoir d’assister, de mon vivant, au triomphe de l’État de droit contre l’arbitraire, je continue à croire qu’aussi obstinée fut l’attitude de toute force inique, tôt ou tard, le combat pour le triomphe du droit et des libertés individuelles finira, un jour ou l’autre, par triompher.</p>



<p><em>* Écrivain et essayiste. &nbsp;&nbsp;</em></p>



<figure class="wp-block-embed is-type-wp-embed is-provider-kapitalis wp-block-embed-kapitalis"><div class="wp-block-embed__wrapper">
<blockquote class="wp-embedded-content" data-secret="AjmuHBeZPR"><a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/pourquoi-je-soutiens-la-manifestation-du-17-decembre/">Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre</a></blockquote><iframe loading="lazy" class="wp-embedded-content" sandbox="allow-scripts" security="restricted"  title="« Pourquoi je soutiens la manifestation du 17 décembre » &#8212; Kapitalis" src="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/26/pourquoi-je-soutiens-la-manifestation-du-17-decembre/embed/#?secret=fjINhGsjt3#?secret=AjmuHBeZPR" data-secret="AjmuHBeZPR" width="600" height="338" frameborder="0" marginwidth="0" marginheight="0" scrolling="no"></iframe>
</div></figure>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/12/30/culte-de-la-personne-et-etat-de-droit-en-tunisie/">Culte de la personne et Etat de droit en Tunisie</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Profil &#124; Saïda Agrebi ou l’interminable exil</title>
		<link>https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/profil-saida-agrebi-ou-linterminable-exil/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 28 Aug 2025 08:06:34 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Saida Agrebi]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>A 80 ans, Saïda Agrebi ne peut encore envisager de rentrer en Tunisie. La conjoncture nationale, toujours aussi crispée et volatile, ne le permet pas.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong><em>Du fait de sa douteuse proximité avec l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, <a href="https://www.facebook.com/Agrebi.Saida" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Saida Agrebi</a>, l’ancienne présidente de l’Organisation tunisienne des mères (OTM), a dû s’exiler volontairement en France au lendemain de la chute du dictateur, le 14 janvier 2011. Cela ne l’empêche pas de se rappeler au souvenir de ses compatriotes de temps en temps.</em></strong></p>



<span id="more-17346821"></span>



<p>L’exil, qui semble devoir se prolonger, la concernée redoutant des poursuites judiciaires dans son pays, n’est pas un long fleuve tranquille. C’est ainsi que le 9 avril 2015, Saïda Agrebi a perdu son fils unique, <a href="https://www.kapitalis.com/archive/190-politik/28726-deces-a-casablanca-de-ahmed-jeribi-fils-de-saida-agrebi.html" target="_blank" rel="noreferrer noopener">Ahmed Jeribi</a>, subitement décédé à l’âge de 37 ans dans une clinique à Casablanca au Maroc, laissant une veuve et deux enfants en bas âge. Elle n’a d’ailleurs pas pu assister à ses obsèques à Tunis.</p>



<p>Comme un pied de nez aux adversaires de Mme Agrebi, en&nbsp;juin de la même année, le prix Femmes d’excellence décerné en marge du&nbsp;25<sup>e</sup>&nbsp;sommet des chefs d’État africains organisé à&nbsp;Johannesbourg&nbsp;(Afrique du Sud).</p>



<p>Plus récemment, l&rsquo;exilée politique est nommée en tant que chargée des Partenariats avec les instances internationales et les ONG au sein du Haut commissariat des diasporas africaines de France, où elle réside et où elle a obtenu l&rsquo;asile politique en 2016.</p>



<p>Pour l’ancienne députée reconnue pour ses contributions à la santé publique, aux droits des femmes, à la société civile et au dialogue institutionnel, cette reconnaissance internationale est une maigre consolation qui ne saurait lui faire oublier la douleur de l’exil. Enviée par certains (pour sa proximité avec Ben Ali) et haïe par d’autres (pour la même raison), elle n’en finit pas, onze ans après la chute de son <em>«parrain»</em>, de payer les conséquences de choix politiques qui lui ont valu d’innombrables inimitiés avant et après 2011.</p>



<p>A 80 ans, Saïda Agrebi ne peut encore envisager de rentrer au bercail. La conjoncture nationale, toujours aussi crispée et volatile, ne le permet pas. Son exemple devrait donner à réfléchir à toutes celles et tous ceux qui croient que leurs engagements outranciers d&rsquo;aujourd&rsquo;hui seront oubliés demain&#8230;  </p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>
<p>L’article <a href="https://kapitalis.com/tunisie/2025/08/28/profil-saida-agrebi-ou-linterminable-exil/">Profil | Saïda Agrebi ou l’interminable exil</a> est apparu en premier sur <a href="https://kapitalis.com/tunisie">Kapitalis</a>.</p>
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		<title>Tunisie &#124; Décès de Naïma Kefi, première épouse de Ben Ali</title>
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		<dc:creator><![CDATA[webmaster kapitalis]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 09 Apr 2025 12:30:31 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Tunisie]]></category>
		<category><![CDATA[Leïla Trabelsi]]></category>
		<category><![CDATA[Marouane Mabrouk]]></category>
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		<category><![CDATA[Slim Chiboub]]></category>
		<category><![CDATA[Slim Zarrouk]]></category>
		<category><![CDATA[Wassila Ben Ammar]]></category>
		<category><![CDATA[Zine El Abidine Ben Ali]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Naïma Kefi, première épouse de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, est décédée dans la nuit du mardi 8 et mercredi 9 avril 2025.</p>
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<p><strong><em>Naïma Kefi, première épouse de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali, est décédée dans ce mercredi 9 avril 2025. Sa discrétion était très appréciée des Tunisiens, même ceux qui étaient très hostiles à son ex-époux. &nbsp;</em></strong></p>



<span id="more-16135750"></span>



<p>La défunte, fille d’un militaire, le général Mohamed Kefi, avait partagé la vie de Ben Ali pendant une vingtaine d’années, de 1964 à 1988. Elle lui a donné trois filles : Ghazoua, épouse de Slim Zarrouk, Dorsaf,  épouse de Slim Chiboub et Syrine, épouse de Marouane Mabrouk, et a accompagné son ascension au sein de l’armée – qu’il avait intégrée au lendemain de l’indépendance en 1956 – et politique jusqu’à son accession à la présidence de la république, après avoir destitué Habib Bourguiba, suite au fameux coup d’Etat médico-légal, le 7 novembre 1987. En 1988, elle avait demandé et obtenu le divorce, refusant de partager son époux avec celle qui fut longtemps sa maîtresse avant de devenir sa légitime, l’inénarrable Leïla Trabelsi, et qui a accompagné ce dernier dans son exil en Arabie saoudite, où elle vit depuis la révolution du 14 janvier 2011.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="468" height="471" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Naima-Kefi.jpg" alt="" class="wp-image-16144361" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Naima-Kefi.jpg 468w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Naima-Kefi-298x300.jpg 298w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Naima-Kefi-150x150.jpg 150w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Naima-Kefi-120x120.jpg 120w" sizes="auto, (max-width: 468px) 100vw, 468px" /></figure>
</div>


<p>Pendant l&rsquo;année où elle a résidé au Palais de Carthage (1987-1988), Naïma Kefi était très peu apparue en public aux côtés de son époux de président. Cette discrétion était très appréciée des Tunisiens, parce qu’elle tranchait avec la flamboyance de Wassila Ben Ammar qui avait presque partagé le pouvoir avec Habib Bourguiba.</p>



<p>Naïma était très proche de ses filles, dont les époux ont été malmenés et traînés devant la justice après la chute de Ben Ali. Mais elle a toujours refusé de faire des déclarations publiques ou de témoigner pour l’histoire, et ce ne sont pas les sollicitations des médias tunisiens et étrangers qui ont manqué. Avec sa mort, un pan entier de l’histoire de la Tunisie disparaît à jamais.</p>



<p class="has-text-align-right"><strong>I. B.</strong></p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img loading="lazy" decoding="async" width="800" height="500" src="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Publication-Cyrine-Ben-Ali.jpg" alt="" class="wp-image-16135977" srcset="https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Publication-Cyrine-Ben-Ali.jpg 800w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Publication-Cyrine-Ben-Ali-300x188.jpg 300w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Publication-Cyrine-Ben-Ali-768x480.jpg 768w, https://kapitalis.com/tunisie/wp-content/uploads/2025/04/Publication-Cyrine-Ben-Ali-580x363.jpg 580w" sizes="auto, (max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>
</div>


<p></p>
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