Le mouvement Nafas — qui a organisé des manifestations contre le régime de Kaïs Saïed le jeudi 20 août 2026 à Tunis — a publié un communiqué de soutien et de solidarité avec le militant Seifeddine Arfaoui, suite à son arrestation par les autorités. Selon certaines sources, cette arrestation fait suite aux slogans qu’il a scandés et qui ont été jugées offensantes et injurieuses pour le chef de l’Etat. Nous publions ci-dessous une traduction dudit communiqué.
Le pouvoir autoritaire poursuit ses restrictions systématiques des droits et libertés, ainsi que la persécution des militants de la société civile, des acteurs politiques et des voix libres, dans une tentative désespérée d’intimider les citoyens et de les dissuader d’exercer leur droit à l’expression et de défendre leurs droits économiques et sociaux.
Dans ce contexte, ce vendredi 21 août 2026, à la suite d’une campagne systématique sur les réseaux sociaux, le blogueur, défenseur des droits humains et militant du mouvement Nafas, Seifeddine Arfaoui, a été conduit au siège de la Brigade de lutte contre la criminalité à El Gorjani pour y être interrogé. Après consultation du ministère public, celui-ci a ordonné sa garde à vue pour une durée de 48 heures, en raison d’une publication sur sa page Facebook personnelle reprenant des slogans scandés lors de la manifestation «Nafas» du 20 août 2026.
Il s’agit de la deuxième arrestation au sein du mouvement Nafas, après celle du journaliste Zied El Heni le 28 avril 2026, également intervenue à la suite d’une publication sur sa page Facebook personnelle.
Au vu de ce qui précède, le mouvement Nafas :
1- exprime son soutien total et inconditionnel au militant Seifeddine Arfaoui, exige sa libération et l’abandon de toute poursuite à son encontre, ainsi que la fin des poursuites visant les personnes exprimant leurs opinions et les militants de la société civile et du monde politique pour l’exercice de leurs droits légitimes ;
2- réitère son refus de voir l’exercice des droits et libertés ainsi que la participation à des mouvements civiques pacifiques servir de motifs de poursuites judiciaires, ou voir les appareils de l’État instrumentalisés pour intimider les militants et dissuader les citoyens d’exprimer leurs positions et de participer à des actions civiques pacifiques ;
3- fait part de sa conviction que la situation de Seifeddine Arfaoui est indissociable du climat général dans lequel la liberté d’expression, les positions dissidentes et l’engagement civique sont désormais exposés à la criminalisation et aux poursuites.
Défendre Seifeddine revient à défendre le droit de chaque Tunisien et de chaque Tunisienne à s’exprimer, à exprimer des opinions divergentes, à participer à la vie publique et à manifester pacifiquement.
Nous refusons que des publications sur les réseaux sociaux se transforment en chefs d’accusation, que l’expression d’une opinion devienne un délit et que l’engagement citoyen pacifique serve de motif à une arrestation.
Si ces pratiques visent à effrayer les gens et à les réduire au silence, nous affirmons que la répression et l’intimidation ne feront que renforcer notre détermination à exercer notre droit à l’expression, à la critique et à la contestation pacifique.
Liberté pour Seifeddine Arfaoui.
Liberté pour Zied El Heni.
Liberté pour les prisonniers d’opinion et les prisonniers politiques.
Communiqué traduit de l’arabe.



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