Tunisie | Approbation de 309 projets solaires d’une puissance totale de 455 MW

Passé la tempête des coupures intempestives de l’électricité provoquées par la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg) pour éviter un black-out, en raison du déséquilibre grandissant entre la production et la consommation, les autorités commencent à communiquer, non pas sur les causes de cette crise et comment est-on arrivé là, donc sur leurs propres manquements, mais sur les projets en cours ou décidés dans la foulée pour parer à cette situation. Alors, tant qu’il s’agit d’annoncer, et non de réaliser, pourquoi rechigner sur les chiffres ? Incorrigibles Tunisiens ! (Photo : Centrale solaire photovoltaïque à Metbasta, Kairouan).

C’est ainsi que le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, vient d’annoncer l’acceptation de quelque 309 demandes d’autorisation (excusez du peu !) pour des projets de production d’électricité solaire photovoltaïque dans le cadre de la sixième phase du régime d’autorisation en Tunisie, et ce à l’issue de l’évaluation des dossiers soumis avant le 30 juin 2026.

Les projets retenus représentent une capacité totale de 455 mégawatts (MW) et comprennent 187 centrales d’un mégawatt, 119 centrales de deux mégawatts et trois projets de dix mégawatts, a précisé le ministère, ajoutant que les résultats complets de la procédure sont disponibles directement sur son site institutionnel.

Le régime d’autorisation encadre la construction de projets de production d’électricité de moyenne envergure, dont la capacité est inférieure aux seuils fixés par l’article 14 du décret n° 2016-1123 : 10 MW pour le solaire, 30 MW pour l’éolien, 15 MW pour la biomasse et 5 MW pour les autres sources d’énergie renouvelable.

Ce dispositif a été mis en place pour encourager la production indépendante d’électricité à partir de sources renouvelables ; il permet aux investisseurs privés et aux opérateurs industriels de construire des centrales photovoltaïques d’une capacité comprise entre 1 et 10 MW et de vendre la totalité de leur production à la Steg.

L’octroi des 309 dernières autorisations constitue une nouvelle étape dans le renforcement des capacités de production d’énergie renouvelable de la Tunisie, alors que le pays cherche à accroître la part du solaire dans son mix énergétique et à réduire sa dépendance à l’égard de la production conventionnelle.

Cette part ne dépasse guère aujourd’hui 5 à 6%, contre un objectif «délirant» de 30-35% en 2030, alors que l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME), censée promouvoir les énergies renouvelables dans le pays, vient de fêter son 40e anniversaire. Combien d’argent a-t-elle coûté aux contribuables en 40 ans et qu’a-t-elle aidé à réaliser sur la voie de la diversification des sources d’énergie ?

Une étude s’impose pour montrer l’inanité de certaines initiatives publiques qui servent à meubler la communication officielle, sans impact réel sur le quotidien des citoyens : les dernières coupures électriques et pénuries d’eau potable, de médicaments et d’eau minérale en bouteille sont là pour le prouver.

I. B.     

Donnez votre avis

Votre adresse email ne sera pas publique.

error: Contenu protégé !!