EuroMed Droits appelle à la libération immédiate de Mohamed Yousfi

EuroMed Droits exprime sa profonde préoccupation à la suite de l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre du journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du site d’information Al Katiba, et appelle à sa libération immédiate.

Mohamed Yousfi a été arrêté alors qu’il se rendait dans les locaux de la radio Express FM pour participer à une émission radiophonique, puis placé en garde à vue.

Le jour de son arrestation, Mohamed Yousfi avait subi une intervention chirurgicale urgente. Malgré les douleurs importantes dont il souffrait, il a été interrogé et le juge d’instruction a ensuite émis, le mercredi 8 septembre, un mandat de dépôt à son encontre.

EuroMed Droits exprime sa profonde inquiétude face à cette affaire, qui s’inscrit dans une tendance croissante de restrictions systématiques visant les voix indépendantes et critiques, notamment les journalistes, les syndicalistes, les responsables politiques, les défenseur·e·s des droits humains et les acteurs de la société civile.

Les avocats de la défense ont notamment affirmé que le dossier ne contenait aucun document, aucune preuve, ni même le moindre commencement de preuve justifiant l’émission d’un mandat de dépôt à son encontre.

L’affaire de Mohamed Yousfi s’inscrit dans un contexte plus large de ciblage des journalistes tunisiens indépendants. D’autres journalistes sont actuellement détenus ou font l’objet de poursuites judiciaires, notamment Mourad Zeghidi, Borhen Bsaïss et Zied El Héni.

EuroMed Droits condamne également le climat d’intimidation, de stigmatisation et de diffamation visant les journalistes et les voix critiques, et souligne que ces pratiques sont contraires à la liberté de la presse et au droit des citoyen·ne·s d’accéder à l’information.

EuroMed Droits appelle les autorités tunisiennes à :

  • Libérer immédiatement Mohamed Yousfi et poursuivre l’enquête à son encontre en état de liberté ;
  • Garantir le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et du droit à un procès équitable ;
  • Mettre fin à l’utilisation abusive du droit pénal contre les journalistes en raison de l’exercice de leur profession et de leur droit à la liberté d’expression ;
  • Garantir un environnement sûr et indépendant permettant aux journalistes d’exercer leur profession sans menaces, intimidations ni poursuites arbitraires.

Communiqué

Donnez votre avis

Votre adresse email ne sera pas publique.

error: Contenu protégé !!