Le poème du dimanche | ‘‘Les murailles du moi’’ de Hanen Merouani

Née à Sfax (Tunisie) en1982, Hanen Merouani est poète et universitaire. Docteure en langue et littérature françaises, sa thèse est consacrée aux récits d’Albert Camus. Ses recherches l’ont menée en Tunisie, en Roumanie, en Italie et en France.

Auteure de quatre recueils de poésie, elle participe à plusieurs anthologies et revues internationales, et s’intéresse aux questions de genre, d’interculturalité et de transmission. Elle réalise également des entretiens avec des voix féminines du Machrek et du Maghreb.

Lauréate du Prix Unicef Europoésie (Paris, 2022) et du Prix Léopold Sédar Senghor de la poésie inédite (Milan, 2026), elle conjugue création littéraire, recherche et engagement culturel.

Tahar Bekri

Je brûle d’un élan ardent,

Non plus pour ce qui m’enchaîne,

Mais pour ce qui m’ouvre – large, lumineux –

Comme un feu clair au cœur du silence.

Je me fonds dans l’ivresse de l’espace,

Où chaque souffle devient élan,

Et mes veines coulent de ciel et de lumière,

Dans le vertige d’une liberté sans fin.

Là où s’effondrent les murailles du moi,

S’élève un chant pur, une force déployée,

Celle des êtres qui osent être entiers,

Portés par la vague tranquille de l’infini possible.

Je savoure l’air, la clarté, la traversée,

Car il n’est rien de plus vivant que ce qui se délivre.

Et dans le feu qui libère, je deviens plume,

Prête à s’envoler, enfin, vers l’immensité du jour.

Strasbourg 2025

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